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Et toujours : "La Ligue des Oubliés" (sur Amazon.com et Amazon.fr)

20080317

Les conservateurs poussent Clinton

Quel a été l'impact de l'appel au vote Hillary lancé par Rush Limbaugh ? Fort des ses millions d'auditeurs, L'animateur ultra-conservateur a peut-être aidé la candidate à maintenir son avance la semaine dernière au Texas comme il le soutient*. Les sondages sortie des urnes évaluent les votes de supporters Républicains en faveur de Clinton à 119.000 au Texas, 100.000 pour l'Ohio, et 38.000 au Mississipi**. Clinton a gagné largement dans l'Ohio (228.781 voix d'avance) mais de seulement 101.029 voix aux Primaires du Texas (Obama gagnant les Caucus avec 5.298 voix d'avance). Si l'on retirait les votes GOP en sa faveur dans le Mississipi, Hillary se retrouverait avec moins de 29% des votes au lieu de son score déjà peu flatteur de 37%.

Plus que les chiffres et le profil caricatural de Limbaugh (un soutien bien plus embarrassant que celui de Louis Farrakhan en faveur de Barack Hussein), c'est l'argumentaire qui fait mal : personne ne haît Obama, il a plus de chances de battre McCain et Clinton est presqu'aussi conservatrice que ce dernier, donc je préfère la voir gagner les primaires Démocrates pour que les Républicains conservent une chance de gagner en Novembre.

A rapprocher du discours de certains ultra-conservateurs, qui au plus fort de la campagne anti-McCain de l'aile droite du parti disaient qu'entre le Sénateur de l'Arizona et celui de New York ils seraient presques tentés de voter pour le second.


Electoralement parlant, ce calcul semble un poil plus efficace que l'appel au vote Nader***.

En attendant les prochaines primaires et en particulier la Pennsylvanie promise sauf coup de théâtre à Hillary, Obama grignotte quelques superdélégués à un rythme... de Sénateur. Clinton progresse encore moins vite, d'autant qu'elle voit certains soutiens se désister en faveur de son concurrent, d'autres se retirer dans une position d'attente, et même dans le cas d'Eliot Spitzer (le Gouverneur de New York), se faire surprendre dans une position évoquant moins celle de l'avocat des nobles causes que celle du missionnaire.

L'Amérique n'a pas su placer les élections de 2004 sur le bon terrain de la morale. Il est encore temps de corriger le tir pour 2008.

* cf "Measuring the Limbaugh effect" (20080308)
** cf "
Many voting for Clinton to boost GOP" (20050317)
*** cf "Never say Nader again" (20050225)
**** cf "Superdelegate Endorsement List" (actualisé presque quotidiennement)

20080306

20 ans de séparation

Je n'aime pas les anniversaires. Si vous avez le malheur d'en oublier un vous risquez d'être accusé de révisionisme, de nier l'existence d'un être cher ou pire encore, d'insulter sa mémoire. Le 18 avril 2008, j'oublierai probablement d'ouvrir un Bordeaux à la mémoire de Pierre Desproges ; j'aurai autre chose à faire la veille d'un Caen-PSG. Alors je prends les devants.

D'accord, j'ai déjà rendu hommage à cet auteur tragique au sens fort, au savoir vivre digne de quelqu'un qui sait qu'il va bientôt mourir*. Mais il me manque ce petit bonhomme. Sa plume à la fois si fine et si chargée, son timbre de voix à la fois si timide et si sûr de son talent... j'arrête là ça risque de m'exciter.

Pas comme la relève chez les humoristes. D'ailleurs des êtres doués d'humour on n'en fait plus. Le moule est cassé, victime de la sur-pêche aux moules-moules-moules, qui sait**.

L'humour se definit comme la capacité à accepter la mort et sa propre faiblesse pour rendre la vie supportable a soi-même et sa propre existence supportable aux autres.

Ceci est ma définition de l'humour, et ce n'est pas vraiment ainsi que je définirais Jean-Marie Bigard, par exemple.

Non mais vous avez vu cet intégriste en slip serrer la paluche d'un fondamentaliste en robe de chambre ? Notre PD national avait sa fierté, au moins, et une aversion pour les pince fesses. Surtout avec des culs serrés manipulateurs de masses.

Dieudonné, de l'humour ?... Elie Semoun ? Il a bien le look Woody Allen mais je le vois mal pondre "The Metterling Lists" ou "The Gossage - Vardebedian Papers". Regardez ce gringalet coincé dans un photomaton à jouer au transformiste et alterner les perruques pour enchaîner les petites annonces... Fierrot le Pou n'avait que son stylo et quelques lignes pour illuminer l'Aurore de sa rubrique des chats écrasés. Sans artifices.

Desproges, j'ai appris à l'apprécier à l'époque où Jacques Martin faisait dans la subversion et le dénichage de talents majeurs et vaccinés. A l'époque où, sous fond d'abolition théorique de la censure en France, Le Petit Rapporteur conférait un relief particulier à la télé du dimanche. Bien sûr, la rencontre avec Sagan figure parmi les OVNIs audiovisuels de la fin de siècle (signalons les nobles efforts de Raphaël Mezrahi pour raviver la flamme), mais le jeune Pierre avait déjà sa façon bien à lui d'occuper l'espace du petit écran. Dans une oeuvre collective, mais avec un regard indépendant. Solitaire et pourtant complice. Bon, clairement plus proche du pétillant Daniel Prévost que du graveleux Stéphane Collaro, l'autiste PIEM et le volubile Pierre Bonte (Jean-Pierre Pernaud avec la sincérité et l'humanité en plus) complétant la fine équipe.

La télé, Pierre Desproges y distillera quelques perles - inégales mais souvent savoureuses - au fil des ans : ses voeux avec Le Luron / VGE, ses piges sur Merci Bernard... son aventure en solo dans La Minute Nécessaire de Monsieur Cyclopède...

Avant de monter sur scène, il se bonifiera la voix en public au Tribunal des Flagrants Délires, crucifiant au passage les pipoles de l'époque avec une violence que l'on ne s'autoriserait plus dans les séances de placement produit d'aujourd'hui... à part peut-être chez Marc-Olivier Fogiel, mais cet urticant androgyne n'incarne le "bête et méchant" qu'au premier degré.

Desproges en scène, ça avait pour moi quelque chose d'émouvant : cet homme condamné bravant sa timidité dans un costume blanc, forçant sa voix douce pour déclamer des textes ciselés... Presque indécent : un authentique humoriste déguisé en "entertainer" ; un producteur d'AOC obligé de bonimenter sur un marché alors que ses bouteilles sont des merveilles se suffisant à elles-mêmes. Car le lecteur ne saurait se contenter d'avaler sans une dégustation dans les règles : un bon Desproges se mâchouille et se fait tourner en bouche avant de s'ingérer par petites gorgées chargées de sens et contre-sens.

Oui mais voilà : Desproges sur scène, ce n'était pas l'auteur mais l'homme, l'amoureux de la vie, le clown tragique exposant à la fois sa mort prochaine et son éclatante vitalité.

Avant de prendre une chambre à l'année au Père Lachaise et de maudire les pisse-au-lit par la racine.


Ave (Chateau) Petrus, morituri te salutans.


* "Peut-on rire de la mort ?" (1990)
** Sur la forme et sur le fond, je demeure plus attaché à "Mam'zelle Angèle", ce chant tragique et sysiphien qui rythma ma jeunesse plus sûrement que cette vulgaire comptine désormais piégée pour l'éternité dans le ventre de David-Michel et la bouche de Nestor le Pingouin.

20080305

Sarkozy déjà chez Carlyle

Paru dans Les Echos d'hier : "Olivier Sarkozy deviendra en avril codirigeant de l'activité mondiale de services financiers de la société d'investissement The Carlyle Group. Il sera basé à New York".*

Pierre-Olivier Sarkozy, 38 ans, est l'un des 3 fils de qui vous savez.

Sa nomination doit sans doute quelque chose à Paul Desmarais, membre influent du board de ce fonds ultra-conservateur ultra-influent.

Le 16 février dernier, Sarkozy père portait Paul Desmarais au rang prestigieux de Grand' Croix de la Légion d'Honneur. Je pensais que le Président préparait sa fin de carrière chez Carlyle, une officine bien connue dans le recyclage des bons serviteurs de USA Inc (John Major, James Baker, Bush Senior, Don Rumsfeld, Franck Carlucci, tonton Ben Laden...). De Carla à Carlyle, en somme.
J'avoue m'être trompé.

A croire que l'avaleur de couleuvres n'attend pas le nombre des années.

J'attends de voir quels fleurons nationaux vont tomber dans la besace de Carlyle. Au-delà de ses opérations immobilières et sa participation dans Le Figaro, bien sûr.

* en VO sur carlyle.com.

20080301

3:10 pour Yuma et New York

Dans la guerre des Sénateurs, le Kid de l'Illinois vient de renvoyer le Old Timer de l'Arizona et la Calamity Jane de New York dans les cordes.

Mis en doute sur sa capacité à gérer les urgences du "téléphone rouge", Barack Obama s'avère un répondeur hors pair. On savait déjà que sa voix portait fort, il prouve maintenant que ses oreilles décollées servent à quelque chose - à capter la moindre faille de ses adversaires aujourd'hui, à être vraiment à l'écoute de ses concitoyens demain (et pas au sens Echelon du terme, comme le Président actuel).

Dans la dernière ligne droite avant les primaires décisives au Texas et dans l'Ohio, l'équipe de Hillary a diffusé un spot pour le moins anxiogène et digne de Terminator : au milieu de la nuit, un téléphone sonne avec insistance. Il est trois heures du matin et les enfants dorment, sans savoir la terrible menace qui pèse sur leur existence même. "Votre vote décidera de qui répondra à ce coup de fil". Sous entendu : c'est le téléphone rouge, qui symbolise la négociation avec les plus grands Chefs d'Etat et au-delà la décision de l'usage de l'arme nucléaire, vous votez pour le Commandant en Chef, celui qui doit décider seul à tout moment de la journée et de la nuit, vous devez voter pour quelqu'un d'expérience comme le Sénateur Clinton.

En réponse, Obama a décroché... un uppercut de toute beauté : "en fait, on a déjà eu un moment "téléphone rouge" : c'était la décision d'envahir l'Irak. Le Sénateur Clinton a donné la mauvaise réponse. George Bush a donné la mauvaise réponse. John McCain a donné la mauvaise réponse".

Boum, boum, boum - K.O., la concurrence... Les puristes apprécieront le titre accordé à la seule Hillary et l'ordre d'apparition à l'écran : Clinton veut la première place ? La voilà, qu'elle assume... on voit le résultat de façon encore plus éclatante.

Cité en troisième, John McCain avait déjà eu droit à un mauvais moment sur le ring. Rebondissant sur une remarque d'Obama, qui n'écartait pas de nouvelles opérations en Irak si al Qaeda revenait après le retraît des troupes américaines, le Sénateur de l'Arizona avait claironné : "j'ai des nouvelles : al Qaeda est en Irak (...), et ça s'appelle 'al Qaeda en Irak'."

La réplique du Sénateur de l'Illinois : "j'ai des nouvelles pour John McCain, c'est qu'il n'y avait aucune trace d'al Qaeda en Irak jusqu'à ce que George Bush et John McCain decident de l'envahir."

Ouille.

Cela fait penser à un certain Cassius Clay. Au-delà de la grande gueule et du jeu de jambes, le monde a compris qu'il avait affaire à un sacré puncheur.

Et à la différence de Mohammed Ali, cet homme n'aura probablement pas besoin de se convertir à l'Islam ni de changer de nom pour parler de paix.

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