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20091121

Herman van Rompuy, les haikus, l'humour et la religion

Le nouveau Président du Conseil européen est loué pour ses qualités de négociateur, son humour et son goût pour les haikus, mais ce qui m'intéresse avant tout de savoir, c'est quel a été le véritable critère de choix déterminant pour la nomination de Herman van Rompuy.

J'ai bien peur d'avoir la réponse.

Si je m'étais fortement opposé à une nomination de Blair à ce nouveau poste prestigieux, c'était moins pour son rôle dans l'invasion de l'Irak que pour son appartenance au clan des fondamentalistes Chrétiens qui, après avoir
contribué à mettre à feu et à sang le monde en partenariat avec leurs collègues islamistes, sont en train de mettre le grappin sur la politique continentale (voir "Tony Blair : un Fondamentaliste Président de l'Europe ?").

Or si HVR passe pour un modéré et "déteste les extrémistes", il a la fâcheuse tendance à prôner une relation fusionnelle entre politique et religion.

A la base, son appartenance au CD&V (Christen-Democratisch en Vlaams), le parti démocrate-chrétien flamand belge, signale un mélange des genres. Certes, les PDC européens présentent généralement des plateformes plutôt saines et équilibrées tant sur les plans politiques, économiques et sociaux... mais par construction, ils illustrent une vision de la politique soumise à une pensée religieuse, incompatible avec le principe même d'une démocratie républicaine laïque.

Difficile de parler de fondamentalisme à ce stade, je vous le concède volontiers. Je note toutefois que l'ami Van Rompuy, qui s'écharpe régulièrement avec Luc Van den Brande sur l'avenir politique de la Belgique, soutient son collègue du CD&V au niveau européen, là où cet ayatollah défend le plus efficacement la destruction de l'idéal démocratique en assurant la
promotion de l'Intelligent Design.

De plus, ce modéré qui "déteste les extrémistes" n'hésite pas à employer le discours des ultra-conservateurs fondamentalistes chrétiens partisans de la ligne dure en Europe. Les Turcs n'ont pas oublié sa sortie à l'occasion des débats sur l'entrée de leur pays dans l'Union : "les valeurs universelles de l’Europe, et qui sont aussi des valeurs fondamentales du christianisme, perdront de leur vigueur avec l’entrée d’un grand pays islamique tel que la Turquie".

Par ailleurs, le sieur Herman Van Rompuy ne montre son KUL que sous un certain angle : si tout le monde sait qu'il a été diplômé en économie à l'Université Catholique de Louvain (Katholieke Universiteit Leuven), moins nombreux sont ceux qui savent qu'il a aussi brillé en philosophie. Et que là aussi, il apprécie le mélange des genres.

En effet, si Monseigneur Van Rompuy affirme ne pas avoir fait campagne pour le poste de Président du Conseil européen, il donnait bien, en toute candeur, une conférence sur la dernière encyclique d'un certain Benoît XVI sur la Doctrine sociale de l’Eglise. Conférence qui ressemble bigrement à un examen de passage... le 19 Octobre 2009, un mois pile poil avant sa nomination.

Dans ce texte ("
Conférence de Herman Rompuy sur Caritas in Veritate", en ligne sur LaCroix.com), l'expert en économie et en philosophie Van Rompuy parle d'amour et d'humanisme, mais aussi et surtout, comme Benoît XVI, de politique :

. "Aucun régime politique, aucune organisation sociale et aucun système économique ne peut revendiquer la réalisation du salut ultime" - tout cela n'a aucune valeur face à la foi
. "Selon la Doctrine sociale, la communauté politique est au service de la société civile dont elle est née. Cette société civile représente l’ensemble des relations et des biens, culturels ou associatifs, qui sont relativement indépendants de la politique et de l’économie" - la politique ne saurait se placer au-dessus de tout, il existe quelque part le besoin de matérialiser un pouvoir supérieur
. "Le principe de subsidiarité est contraignant, chaque homme devant avoir la chance d’apporter sa contribution à la construction du bien-être et de la prospérité. La question difficile est cependant de savoir comment nous pouvons, aujourd’hui, réaliser ce principe au sein d’une Europe unifiée et dans un monde globalisé, où de plus en plus de décisions sont prises à un haut niveau inaccessible pour l’homme concret, sachant que, pourtant, elles sont déterminantes pour le bien-être et la prospérité de son environnement, de son travail et de sa responsabilité" - c'est marrant mais les religions sont à la fois pertinentes pour adresser ce sujet, et déjà organisées pour faire face à des contraintes de subsidiarité, au plus proche des individus.
. HvR prolonge très clairement l'appel de Benoît XVI, en reprenant les termes les plus directs de son encyclique : "Il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale telle qu’elle a déjà été esquissée par mon Prédécesseur, le bienheureux Jean XXIII".


Pour rappel, dans "Caritas in Veritate", Ratzie écrivait "Le développement intégral des peuples et la collaboration internationale exigent que soit institué un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale de type subsidiaire pour la gouvernance de la mondialisation et que soit finalement mis en place un ordre social conforme à l’ordre moral et au lien entre les sphères morale et sociale, entre le politique et la sphère économique et civile que prévoyait déjà le Statut des Nations Unies". J'ai déjà évoqué l'habileté du discours de ce fondamentaliste qui milite ardemment pour le retour de la religion au coeur de l'éducation, de la science et de la politique, les fondements de la démocratie (voir entre autres "Le mauvais plan de Benoît XVI"). Et il suffisait de le voir l'autre jour exulter à la tribune de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) pour comprendre ce qu'il entend par "une véritable Autorité politique mondiale" : une autorité politique où les autorités religieuses aient toute leur place. Il a dans cette perspective le soutien de Ban Ki-moon à l'ONU (discret sur sa propre foi mais militant acharné des dialogues inter-religieux dans le cadre des institutions dont il a la charge), et désormais de Herman van Rompuy au Conseil européen, en complément de sa dream team actuelle (Barroso, van den Brande & Co). Je suis curieux de savoir si ce "démocrate chrétien" sera plutôt "démocrate" ou "chrétien" au moment de défendre la Cour Européenne des Droits de l'Homme face aux prochaine attaques des fondamentalistes*...

Décidément un "Drôle de moine ce Van Rompuy", pour reprendre les termes de Paul Piret (in La Libre Belgique du 19/11/2009).

Maintenant, s'il n'était guère difficile de trouver le talon d'Herman Achille Van Rompuy, je n'ai pour le moment rien trouvé de bien suspect dans le profil de Cathy Ashton, alias Lady Catherine, a.k.a Baroness Ashton of Upholland, notre premier Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

blogules 2009

* voir "La Cour Européenne des Droits de l'Homme crucifie les fondamentalistes" puis "Traditions, conservatismes, obscurantismes et fondamentalismes"

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ADDENDUM

Dans la version Anglaise de ce post sur blogules en V.O. ("Herman van Rompuy, haikus, humor and religion"), je développe plus clairement le sujet, en particulier à travers un parallèle entre cette conférence de Van Rompuy pour Benoît XVI et celle de John McCain au Discovery Institute, en amont de sa campagne de séduction des theocons US.

SM

20091111

Adoption et homoparentalité

La France semble enfin progresser sur l'homoparentalité, une réalité au quotidien pas du tout reconnue sur les plans légaux et juridiques : hier, le Tribunal Administratif de Besançon a ordonné mardi au Conseil Général du Jura d'autoriser une enseignante homosexuelle à adopter un enfant.

C'est un pas important mais insuffisant : les droits des deux parents doivent être reconnus, et la République doit prendre en compte cette réalité sur l'ensemble de la chaîne.

Le raisonnement qui consiste a dire "un enfant ne peut venir que d'une homme et d'une femme donc seul un couple hétérosexuel doit être autorisé à adopter" est tout simplement erroné : avoir la capacité à adopter, c'est avoir la capacité à être parent, pas la capacité à enfanter - et d'ailleurs le recours à l'adoption ne prolonge-t-il pas souvent la non-capacité à enfanter ?

J'attends donc avec impatience la suite...

... tout comme j'attends avec impatience la sortie d'"Approved for Adoption", le docu-fiction réalisé par Laurent Boileau sur le parcours de Jung, et dont voici la superbe bande annonce :





blogules 2009

20091110

Sarkozy (re)fait le mur

Nicolas Sarkozy était-il bien, comme il l'affirme, présent à Berlin le 9 Novembre 1989 juste au moment de la chute du mur, ou le lendemain, comme le confirme Rue89* ? Avec la complicité de son Agence Fausse Presse, blogules apporte les preuves d'une troisième version.

Selon le premier intéressé, pas de doute : notre Petit Pair des Pipoles était parmi les premiers à donner des coups de pioche dans le mur le jour-même, photo à l'appui. "Je suis parti avec mon copain Juppé, j'ai croisé mes amis Madelin et Fillon, mais aussi Clotaire et Alceste. J'ai serré beaucoup de mains et discuté avec plein de Berlinois qui malheureusement, étaient trop excités pour faire l'effort de me répondre en Français".

Le témoignage d'Alain Juppé : "après vérifications, le 10 novembre semble effectivement plus proche de la réalité... Mais peu importe la date, le symbole historique demeure, fort, imposant, droit dans ses bottes."

Le témoignage du photographe Paul Clave : "cette photo je m'en souviens, je l'ai faite le 10 au soir à 22h00*. Les politicards venus se montrer ont posé une minute puis sont retourné au café du coin discuter le bout de gras. Au final, ils auront passé nettement moins de temps à vivre l'événement qu'à étudier les moyens de l'exploiter."

Le témoignage de François Fillon : "J'étais déjà sur place dans le cadre d'une importante conférence internationale, et c'est vrai, j'ai croisé Nicolas. Entre autres. Comprenez-moi : dans les jours qui ont suivi l'événement, j'ai vu tellement de V.I.P. venues se montrer que j'ai du mal à me souvenir quand et où j'ai croisé untel ou unetelle. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, j'ai un pays à gérer."

Le témoignage d'Alain Madelin : "la chute du mur ! Vous croyez que j'allais manquer ça ? La fin du communisme, le triomphe du libéralisme, et vingt ans après Disneyworld à Shanghai, c'est pas beau ? S'il y a eu un quart d'heure où on ne m'a pas pris pour un has been c'est le moment où je suis allé au pied de ce foutu mur... Sarkozy ? Il a pris le train. A l'époque c'est moi qui voyageais en jet privé. Et cet opportuniste a viré sa cuti depuis : il ne jurait que par Thatcher et Reagan et maintenant il prend des marxistes léninistes dans son gouvernement."

Le témoignage de Jean-Louis Borloo : "ouais on en a reparlé tout à l'heure de cet épisode. J'ai vu Sarko débarquer dans mon troquet berlinois le 9 au soir. On s'est jeté quelques bières derrière le col en regardant les sauvageons détruire cette affreuse barre de béton".

Le témoignage de Cécilia Sarkozy : "le 9 novembre 1989, Nicolas et moi avions un dîner en amoureux au Fouquet's - avec Rachida, Johnny, Mireille Mathieu et David Martinon. Nico s'est bien absenté à un moment, mais cinq minutes, histoire de remettre en place sa talonnette droite qui menaçait de se faire la malle."

Le témoignage de Jean-Louis Borloo (2) : "ah ouais Cécilia elle a dit ça ? Mais elle devait avoir un verre de trop la petite : c'est pas cinq minutes mais trois heures qu'il s'est absenté le Nico. Il a fait l'aller-retour express dans la Ferrari de Bolloré, avec Bernard Tapie. Et à y bien réfléchir, il a pas trop touché à sa mousse. Ce soir-là, j'étais la plupart du temps avec Jacques Mellick. Je sais pas pourquoi je les confonds souvent ces deux-là."

Le témoignage de Johnny Hallyday : "Nico il était là, pis il était plus là, pis finalement il était là. Il m'a dit j'ai fait le mur. Je lui ai dit t'as bien raison, moi aussi dès que j'peux je fais le mur, et au minimum trois fois par jûr."

Mais le témoignage le plus accablant vient de François Pinault : "ah ! cette photo, c'est toute une histoire... Le jeune Nicolas a débarqué chez moi le 9 au soir, tout essoufflé. Il avait appris pendant le dîner que le mur de Berlin était tombé et voulait à tout prix une photo de lui pour épater Cécilia. Or il s'était souvenu de ma sculpture en béton de Zbigniew Szgzbwyjezleszszky que j'avais à l'époque dans mon salon... J'ai pris un polaroïd vite fait et il est reparti aussitôt. Le lendemain il m'a appelé pour me remercier : la photo avait fait son petit effet entre le fromage et le dessert."

Témoignage de Jacques Chirac : "François m'avait raconté cet épisode, on avait bien rigolé. Moi je partais pour le Japon : le cinq étoiles, le match de sumo, les sushis à la tête de veau, la valise de dollars... la routine, quoi, alors pas question de changer mon programme pour me peler le jonc à Berlin. J'ai envoyé Alain sur place, et ce petit merdeux est venu jouer les suppléments de bagage. Non mais regardez-le s'empêtrer dans ses délires mythomanes... c'est du Facebook avec un petit "f", et un jour où l'autre ça finit par faire schnapps."

blogules 2009

* "
Nicolas Sarkozy n'était pas à Berlin le 9 Novembre 1989" (Rue89 20091109)

20091106

Traditions, conservatismes, obscurantismes et fondamentalismes

(discussions suite au blogule "La Cour Européenne des Droits de l'Homme crucifie les fondamentalistes")

Le "retard" Italien sur la présence des signes religieux dans les lieux publics relève plus du poids des traditions et conservatismes classiques que du fondamentalisme à proprement parler, mais ce sont bien les fondamentalistes qui montent le plus au creneau. Je note toutefois comment le Vatican de Benoît XVI se garde bien de s'exposer en première ligne, laissant ses proxys politiques habituels porter les attaques : l'idée est justement de gommer le caractère religieux du crucifix pour plaider la cause de la tradition nationale.

Je profite de l'occasion pour faire la distinction entre traditions, conservatismes, obscurantismes et fondamentalismes.

Le mot tradition relève plutot du domaine social et culturel, le mot obscurantisme du registre scientifique, et le conservatisme et le fondamentalisme de la sphère politique.

Il est essentiel de prendre la mesure de ce qui se passe à notre époque, où il n'est tout simplement plus possible de considérer un crucifix à l'école comme anodin. Associer un signe religieux à un Etat est un message politique majeur, un statement sur une certaine vision de la démocratie.

Nous ne sommes plus dans un débat sur les traditions mais au coeur d'une guerre.

Mais il ne s'agit certainement pas d'une guerre de religions, et encore moins du prétendu choc des civilisations, ces impostures inventées et orchestrées par les neocons, theocons et fondamentalistes : je parle de
la guerre menée par les fondamentalistes de tous poils contre la démocratie d'une part et la religion d'autre part.

Les vrais gens de foi ne doivent surtout pas se braquer et se tromper d'adversaires en se laissant abuser par l'imposture fondamentaliste : les modérés doivent agir de concert pour lutter contre le fondamentalisme, surtout pas le suivre en adhérant à son discours entretenant l'incompréhension, la division, la haîne de l'autre.

blogules 2009

Mahmoud Abbas à Barack Obama : veux-tu notre sang sur tes mains ?

Abandonné par les USA, humilié par Benjamin Netanyahu, handicapé par son comportement ambigü pendant le pilonnage de Gaza, Mahmoud Abbas a annoncé qu'il n'avait "aucun désir de se présenter aux élections à venir".

Ce n'est pas un appel du pied à Ségolène Royal et son Désir d'Avenir, mais un appel au secours.

Difficile d'éviter le parallèle avec Yasser Arafat : les faucons de Tel Aviv ont mené exactement la même stratégie d'étouffement. Mais pour "Abu Mazen" la plus grande déception vient de Barack Obama, incapable d'empêcher l'extrême droite israélienne de mener son agenda radical (voir "
Israel accepted as true the choice between its security and its ideals").

Pourtant, Abbas n'a pas dit qu'il n'allait pas se présenter en 2010. Il y a toujours une chance, une envie de retrouver le "désir". Mais le message est limpide : mon "autorité" est une mascarade, seuls Israël et les Etats-Unis peuvent décider du futur de la Palestine. Ce sont eux qui ont porté le Hamas au pouvoir et castré le Fatah. Mon échec est leur échec. Les USA peuvent continuent à s'en laver les mains : si je crève comme "Abu Ammar", ce seront eux l'autorité responsable de mon martyre.

Avant ce discours, Mahmoud Abbas n'avait tout simplement aucune chance de gagner en 2010. Avec ces quelques paroles, il fait bouger les lignes : si Washington maintient le status quo ou laisse traîner, c'est comme si Hillary et Barack eux-même enfonçaient les clous dans la chair des Palestiniens.

Son vrai message n'est pas d'affirmer "j'abandonne", mais "je suis abandonné, dis-moi Barack, tu veux vraiment notre sang sur tes mains ?"

Une fois de plus (voir "Il est encore temps de sauver Israël"), si les Israéliens modérés veulent se faire entendre c'est maintenant : J Street commence à faire du bruit à Washington, les Nations Unies font pression pour que le rapport Goldstone donne lieu à des suites, et il existe toujours un espoir de paix.

Les Palestiniens ont besoin d'un espoir tangible. Si le Hamas triomphe, Netanyahu triomphe, et Israël perd son âme.

blogules 2009

initialement publié sur blogules en V.O. : "After Arafat, will Tel Aviv hawks terminate Mahmoud Abbas ?"

20091104

La Cour Européenne des Droits de l'Homme crucifie les fondamentalistes

Les Italiens devront faire une croix sur les crucifix en classe, ainsi en a jugé la Cour Européenne des Droits de l'Homme en donnant raison à Mme Soile Lautsi contre l'Italie* :

CRUCIFIX DANS LES SALLES DE CLASSE : CONTRAIRE AU DROIT DES PARENTS D'ÉDUQUER LEURS ENFANTS SELON LEURS CONVICTIONS ET AU DROIT DES ENFANTS À LA LIBERTÉ DE RELIGION
Violation de l'article 2 du protocole n° 1 (droit à l'instruction) examiné conjointement avec l'article 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion) de la Convention européenne des droits de l’homme.
En application de l'article 41 (satisfaction équitable) de la Convention, la Cour alloue 5 000 euros (EUR) à la requérante pour dommage moral.
D'origine Finlandaise, Mme Lautsi a obtenu gain de cause après avoir vainement plaidé sa cause pendant des années auprès de la justice italienne. Les crucifix devraient également disparaître des cours de justice, pour le plus grand plaisir du juge Luigi Tosti, qui militait lui aussi en faveur de cette marque de respect évidente envers les valeurs démocratiques et républicaines.

Car cette décision fera normalement jurisprudence pour l'ensemble des édifices publics européens, et le communiqué le stipule clairement : "L'Etat doit s'abstenir d'imposer des croyances dans les lieux où les personnes sont dépendantes de lui. Il est notamment tenu à la neutralité confessionnelle dans le cadre de l’éducation publique où la présence aux cours est requise sans considération de religion et qui doit chercher à inculquer aux élèves une pensée critique".

Inutile de préciser que La Ligue du Nord, l'Eglise ReRéformée de Benoît XVI, et l'ensemble des fondamentalistes (Chrétiens ou non) du continent ont modérément apprécié ce sursaut laïc à la veille de l'intronisation probable d'un des leurs à la tête de l'Europe (voir "Tony Blair : un Fondamentaliste Président de l'Europe ?").

Hier, Mariastella Gelmini, la Ministre de l'Education, a essayé de faire passer le crucifix pour un "symbole de la tradition italienne". On reconnait déjà la technique des néo-créationnistes : multiplier les écrans de fumée et bannir du vocabulaire tout référentiel religieux pour avancer ses pions plus discrètement en entretenant les confusions (cf "
En finir avec l'Intelligent Design").

La bataille n'est donc pas terminée : un jugement avait déjà interdit les crucifix dans les écoles et les cours de justice italiennes en 2003, avant que la Cour Suprême ne le casse en 2004 devant la levée de boucliers ultraconservateurs... sans pour autant étayer juridiquement cette décision. La Cour Européenne des Droits de l'Homme a bien une autorité supérieure, mais elle pourrait subir les assauts des fondamentalistes, de plus en plus influents dans la politique continentale.

Le combat n'est pas nouveau, mais c'est désormais officiel : comme l'Amérique avant elle, l'Europe joue sa survie en tant que symbole démocratique face à ses pires ennemis, les imposteurs qui la minent de l'intérieur.

blogules 2009

* "
Communiqué du Greffier - Arrêt de chambre - Lautsi c. Italie (requête n° 30814/06)"

20091103

Obama Saison II

Je n'aime pas trop gâcher les suspense alors si vous avez l'intention de suivre tranquilement depuis votre sofa la seconde saison des aventures de Barack Obama, bouchez vous les yeux et les oreilles. Sinon, bouchez-vous le nez.

Car la Saison II annonce quelques épisode chauds :
- Prison Break : Barack parviendra-t-il à s'échapper de Guantanamo ?
- Desperate Housewives : Barack convaincra-t-il Israël d'arrêter de martyriser Palestine en présence de leurs enfants et de faire passer Iran pour un promoteur de la paix des ménages ?
- 24 Hours : Barack arrivera-t-il à temps pour empêcher Jong-il de faire sauter la moitié de l'Asie plus Pearl Harbor ?
- Heroes : Barack réussira-t-il à aider les Afghanes à se promener sans masque ni costume dans la rue, en toute liberté et sans risquer les attaques des supervillains fondamentalistes ?
- Dexter : Barack va-t-il enfin mettre en taule les vrais responsables des crimes odieux en série commis sous l'administration précédente (Gonzales, Cheney...) ?
- House : en dépit de ses handicaps, sa très bancale réforme de la Santé va-t-elle passer, et à quel prix ? quel sera le niveau d'effritement de la majorité Démocrate à l'issue des élections de mi-mandat ?
- The Office : Barack pourra-t-il éviter le retour de W (pas l'homme, la forme de la crise économique) ?
- ...

Difficile de faire mieux que la Saison I, couronnée par deux récompenses prestigieuses :
- Prix Nobel de la Paix pour avoir éjecté George W. Bush le 20 Janvier 2009
- Prix Nobel de Chimie pour avoir rendu George W. Bush transparent dès le 4 Novembre 2008


blogules 2009

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