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20090522

Le bonheur selon Le Clezio

Le grand homme pose son sac en souriant sous le crépitement des appareils photos, mais ne vous y trompez pas :

- j'écris "grand homme" parce qu'avec ou sans Nobel de Littérature, le père Jean-Marie Gustave Le Clézio est bien obligé de trimballer sa longue carcasse partout où il va, c'est à dire aux quatre coins du monde

- le sac en question ne provient pas de la rue Montaigne mais de l'épicier du coin. Il n'est pas en cuir mais en papier, et ne contient que le nécessaire de survie de l'écrivain (deux bouquins, un bloc notes, et la chemise protégeant son texte du jour)

- le sourire s'avère du type géné : visiblement, faire le beau devant les caméras embarrasse cet éternel modeste plutôt qu'autre chose

Parler du bonheur, en revanche, le met nettement plus à l'aise... et c'était justement le thème de la lecture organisée en son honneur par ses deux anges gardiens habituels : la Fondation Daesan et l'Ehwa Womens University. La première avait déjà eu la bonne idée de lui faire découvrir la Corée au début de ce millénaire, et fournit le lieu de cette nouvelle rencontre : le siège de la fondation et du groupe fondés par Shin Yong-ho (Kyobo Life), un important carrefour culturel abritant la première librairie internationale du pays. Quant à la seconde, Le Clézio y a enseigné pendant deux ans et y réside de nouveau ces jours-ci. Il faut dire que Monsieur n'est pas du style à accepter le barnum habituel pour V.I.P. de passage à Séoul, avec hôtel 5 étoiles grand luxe et show à l'Américaine.

Le décor semble donc idéalement planté : une simple affiche au fond d'une salle anonyme d'un étage en travaux, deux tables d'école sur une estrade, et même un bon petit effet Larsen des familles pour faire oublier qu'on est au pays de la high-tech... sans chichis, donc, mais avec tout de même une cabine de traduction en simultané et plusieurs centaines d'oreillettes pour une assistance fournie.

Tout en douceur, JMG nous conte sa traque du bonheur dans la littérature d'ici et d'ailleurs (Europe, Mexique, Turquie, Arabie, Liban...), d'hier et d'aujourd'hui, s'efface derrière des auteurs connus, méconnus ou oubliés, nous projette leur imaginaire, puis leur image sous forme d'un diaporama aux allures de Lagarde et Michard en Version Onusienne, avec en prime une carte postale de son Ile Maurice natale.

Par ses exemples, Prof Le Clézio soigne particulièrement son auditorat féminin - au-delà des réflexes acquis à Ehwa, il s'agit de dénoncer une vision du bonheur trop souvent masculine dans la littérature mondiale. L'exposé se conclut sur une notion du bonheur somme toute classique : la liberté, le couple, la famille, les bonheurs simples du quotidien.

Relativement classique également, le passage choisi dans "Ritournelle de la faim" pour une séance de lecture toujours un peu artificielle (tradition anglo-saxonne de mise en scène du texte, avec l'auteur dans le rôle de son propre lecteur). J'ai nettement préféré le second texte, extrait de "Ballaciner" : une rencontre avec Lee Jeong-hyang où la jeune réalisatrice se livre à propos de son film "Jibeuro". Une fois de plus, si Le Clezio s'efface, il agit en révélateur. Et si l'une des voix n'est pas la sienne, l'image saisissante qu'il projette de son interlocutrice vient de lui.

L'image du bonheur que je conserve de Le Clezio, c'est plutôt son personnage de Mondo. Ce petit mendiant survivant au quotidien par la grâce de la bonté humaine et de rencontres simples. Cet enfant plein de joie sait pertinement qu'un jour il se fera éliminer de ce paradis à la fois si riche et miséreux.

Le bonheur, au fond, comme l'humour, commence par l'acceptation de la mort.
(photo SM : "Ne tirez pas sur le pianiste")


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