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20151112

Du Flanby, des Soufflés, un Vol au Vent

Le 4 novembre, la communauté française en Corée est venue en nombre (même avec le renfort d'un quarteron d'étudiants bien loin de la retraîte, ça faisait masse) accueillir son président de passage à Séoul après une visite en Chine.

A son habitude, Flanby est arrivé en retard pour livrer un discours aussi inspirant qu'une brève de comptoir. Mais avec un superbe sourire (avec dents), digne de The Artist, voire de 007 (sans cheveux)...:



Francois Hollande in Seoul, flashing his best James Bond smile against The Spectre of French Decline (twitter.com/stephanemot/status/661887580347084804) - also twitter.com/theseoulvillage/status/661775445877112832
... et puis surtout notre César est venu, il a vu, et il a montré son cu... rieux sens du casting:


Francois Hollande in Seoul (twitter.com/theseoulvillage/status/661765263453372416)


Au rayon politique, quelques éléphants roses, du vert, et du gros rouge qui ne tache pas tant que cela:


- Laurent Fabius, ça s'explique: l'ancien PM fait poids pour la Chine (même sans contrepet), et les affaires étrangères sont son domaine.

- Marisol Touraine silencieuse aux côtés du Lider Minimo sur le devant de la scène, ça s'explique: El Mou a lourdement insisté sur les accords d'échanges étudiants et l'importance de l'éducation pour les Français de Corée.

- Ségolène Royal (à propos de laquelle son ex a précisé "quand elle veut quelque chose, elle l'obtient") dans l'ombre, ça s'explique: la COP21 s'approche, mais Ségo est arrivée en retarditude. Sur le chemin, elle a en revanche parfaitement capté les projecteurs en passant juste derrière le prèze, enveloppée dans une sorte d'épaisse tapisserie cousue d'or fin.

- Robert Hue à dia, ça s'explique: il est non seulement Politiquement Correct vu de Beijing, mais Vice-président de la commission des Affaires Etrangères et de la Défense, Vice-président du groupe interparlementaire d’amitié France-République populaire de Chine, et ministrable. Et puis il était déjà venu en 2013 avec Ayrault, et il avait fait valider son ticket dès janvier dernier en déclarant que la Chine n'était pas une dictature

- Jean-Marie Le Guen loin de l'assemblée, ça s'explique: ce ministre serait ministrable dans un autre ministère, la Défense. Quitte à oublier son passé de dirigeant de l'Asociation des Amitiés France-Taiwan...

- Jean-Vincent Placé sur la photo, ça s'explique: il est non seulement ministrable, mais à l'instar de sa voisine, un quasi régional de l'étape. J'en profite pour dire que je trouve cet humain nettement plus sympathique depuis qu'il a ouvert son coeur à la Corée.
- Fleur Pellerin, c'est une évidence: sa double étiquette culture et communication la plaçait au coeur de l'actualité avec entre autres des annonces sur le numérique et les années Corée-France / France-Corée...*

Au rayon business, inutile de préciser que Guimauve le Conquérant s'est déplacé avec une délégation conséquente, avec Louis Gallois en tête de gondole. On notera que les chaebol n'ont pas envoyé leur famille royale pour rencontrer le Président, sauf CHO Yang-ho, le patron de Korean Air, décoré Grand Officier de la Légion d'Honneur. 

Là aussi, ça s'explique: il dirige les années culturelles entre les deux pays (2015-2016). Notons que sa fille CHO Hyun-ah était très impliquée avant sa tristement célèbre "nut rage", que le seul Coréen ayant reçu cette décoration auparavant était CHO Choong-hoon, père de CHO Yang-ho, et fondateur de ce groupe très francophile, et que courant octobre, Airbus a donné un chèque à la compagnie pour la remercier d'avoir été son premier client hors d'Europe, un geste pour le moins surprenant de la part d'un fournisseur...

"It's all about you", François? Flanby aurait vraiment besoin de bonnes ailes pour décoller dans les sondages d'ici 2017...

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* au passage, gros succès de KIM Jungman à Cernuschi. Je suis passé au vernissage la veille de la Nuit Blanche, où 5,000 visiteurs sont passés voir ses oeuvres dont ce monumental paysage autour duquel l'escalier semble avoir été construit spécialement: 
Monumental: Kim Jungman vernissage at Musee Cernuschi Paris, ahead of tomorrow's Nuit Blanche (twitter.com/theseoulvillage/status/650042178367025152)

20150209

Bienvenue à Guisin-dong

Voici un petit cadeau pour vous: 'Guisin-dong'. J'ai écrit cette brève fiction il y a quelques années, dans le cadre de ma collection de "dragédies" séoulites en Anglais. 

Franchement, il n'est pas dans votre intérêt de visiter Guisin-dong. Tenez, moi-même, qui ai pourtant parcouru chaque quartier de Séoul, je n'y ai jamais mis les pieds.

Maintenant que vous êtes prévenu(e), vous pouvez télécharger le ebook gratuitement sur mon site: Guisindong2012StephaneMOT.


Vos commentaires et critiques sont bienvenues (ex ici-même, sur la page Facebook, sur Amazon...).

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20130901

Entretien video sur 'de Vermis Seoulis' ('Impressions papier hanji')

Entretien avec / Interview with
Benjamin Joinau, Editions L'Atelier des Cahiers

Ce bref entretien vidéo avec l'éditeur d'"Impressions papier hanji" a été enregistré au coeur de l'été séoulite, et au coeur de la capitale (à Seochon, Jongno-gu - mon quartier préféré et le nouveau repaire de Benjamin). Ambiance sombre, mais il est question 'de Vermis Seoulis', de hantise, de fantastique, et du côté obscur de la ville.

This short video interview with the publisher of 'Impressions papier hanji' was recorded in the middle of the summer and in the heart of Seoul (Seochon, Jongno-gu, my favorite neighborhood and Benjamin's new lair). I'm at my Bela Lugosi best, but this is about 'de Vermis Seoulis', haunting places, and the dark side of Seoul. 





Voir aussi / See also:


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20130627

10 nuances de noir et blanc

Si Séoul explose de vie, de couleurs et de sons, elle me touche aussi par sa vulnérabilité. Voici quelques instantanés pris pendant les années 2000:





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20121220

De quoi PARK Geun-hye est-elle le nom?

A en croire le calendrier solaire des Mayas, la fin du monde est pour demain. Mais en Corée et d'après le calendrier lunaire, c'est MOON qui s'est cassé la gueule hier.

En fait, pour ces élections présidentielles en Corée du Sud, le candidat de gauche MOON Jae-in n'a jamais vraiment eu l'occasion de briller*. L'indépendant AHN Cheol-soo a longtemps donné l'illusion de pouvoir le faire, mais il s'est retiré de la course sans pour autant que MOON en profite pleinement**. Et puis une petite candidate d'extrème gauche plutôt agitée a torpillé les deux premiers débats télévisés, ne s'éclipsant qu'à quelques jours du scrutin, trop tard pour permettre un vrai face à face.

En dépit de l'impopularité de son prédécesseur et des interrogations fondamentales pesant sur elle, PARK Geun-hye aura donc traversé jusqu'à sa victoire sans surprise une campagne sans véritable adversaire ni véritable débat.

Pour autant, sa victoire n'est pas négligeable, et s'avère même un triomphe démocratique très net. Ce qui me chiffonne, qu'il est difficile de dire qui a gagné ces élections.



Le site de PGH ce matin

La démocratie Sud-Coréenne s'est choisi un vainqueur incontestable...

une participation record:
75,80%, c'est la meilleure depuis 1997 et la bagarre entre Kim Dae-jung et Lee Hoi-chang
- une vraie majorité:
51.6% pour PARK contre 48.0% pour MOON (NB: cette année, les petits candidats étaient de véritables nains de jardin)
- une victoire au-delà des clivages régionaux habituels:
Bien sûr, les habituels bastions ont tenu: MOON a fait 86-89% sur les provinces de Jeolla et même 91.97% à Gwangju, PARK a cartonné dans l'Est avec un pic à 80.4% à Daegu. Mais au-delà des scores, très différents, la carte présente une coloration très différente des élections de 1997 et 2002, où l'on pouvait tracer une verticale avec les progressistes à l'ouest et les conservateurs à l'est, et plus proche du raz de marée de 2007, où LEE Myung-bak n'avait laissé que le sud-ouest. MOON a bien regagné Séoul, mais de trop peu. En fait, la victoire de sa rivale s'est dessiné très tôt dans la soirée avec les premiers dépouillements dans la région capitale (en tête sur Gyeonggi-do et Incheon, juste derrière sur Séoul). Notons que les Coréens de l'étranger votaient pour la première fois, et que le vote conservateur s'est révélé nettement minoritaire (56-42 pour MOON, 70% de participation).
- le choc des générations s'est confirmé, mais pas tant que cela: comme prévu, le vote PARK progresse avec chaque tranche d'âge, et elle a verrouillé les plus de 50 ans. Mais elle n'a pas été trop larguée chez les plus jeunes (un tiers des votes). Et qui a gagné la bataille des réseaux sociaux? Les seniors, qui se sont Kakao Talké jusqu'à mobiliser 90% de leur tranche d'âge.
 
 

... mais au fond, qui a gagné ces élections?

Pour les media étrangers, la nouvelle combine deux événements pour la Corée: une femme devient pour la première fois présidente de la république, et la démocratie choisit l'enfant d'un dictateur pour diriger le pays.

Je ne pense pas que la dimension "glass ceiling" ait été centrale (oui il s'agit d'une femme, non mariée, et sans enfants, mais c'est totalement secondaire), ni qu'il s'agissait d'un référendum pour ou contre PARK Chung-hee (a fortiori, je ne me suis fait aucune illusion sur le poids des valeurs constitutionnelles au centre de ce non-débat***). Pour moi, les électeurs se sont au final positionnés par rapport à un niveau d'incertitude et de changement. De la gestion de risques, en somme.

Et le conservatisme l'a emporté.

Chacun sentait que la situation était mauvaise, que quelque chose devait être fait, et les deux candidats ont fait des promesses comparables sur certains points (moins de pouvoir pour les chaebols, une meilleure couverture sociale pour les plus démunis). Mais chaque candidat soulevait lui-même beaucoup de doutes - de nature il est vrai tres differents -, et y compris au sein de leurs propres camps: même en cas de victoire de leur champions respectifs, certains voyaient trop d'incertitudes pour l'avenir du pays comme pour leur propre sort personnel. Les peurs ont clairement dominé sur l'espoir, et MOON comme PARK ont passé l'essentiel de leur temps à essayer de rassurer les électeurs. Et à ce petit jeu, en général, c'est le conservateur qui l'emporte. Pas nécessairement le candidat conservateur et sa présumée supériorité sur l'économie, mais la part de conservateur dans chaque électeur.

PARK a parfaitement respecté le script en se positionnant comme la maman de tout un peuple, et en arrondissant sensiblement ses réformes (dans le style: les chaebols on trop de pouvoir mais en période de crise, on ne peut pas affaiblir les moteurs de notre économie, et puis méritent-ils que l'on soit si méchants avec eux?). A son habitude, elle n'a jamais vraiment donné l'impression de dire ce qu'elle pensait au fond. Et toujours cette voix douce de l'ajumma rassurante et averse au risque, calculant et pesant chacun de ses mots...
 
Comme les Français avec François Hollande (voir "La France dit non au changement"), les Coréens ont donc choisi de changer sans changer. Là aussi, la seule promesse certaine d'être tenue par le nouveau président c'était de faire partir l'ancien, très contesté, mais en Corée la constitution interdit de toute façon à un président de se représenter. En 2007, LEE Myung-bak avait reçu un mandat clair pour réformer, et tout le monde reconnaissait sa capaciter à mener et à agir, quitte à être franchement buldozer/kärcher par moments... mais comme avec Nicolas Sarkozy, le pays a vite déchanté****. En 2012, beaucoup d'électeurs coréens ont regretté, comme beaucoup d'électeurs français, d'avoir à choisir entre le risque républicain (craintes sur l'équilibre des pouvoirs, les fondements de la démocratie) et le risque idéologique (un parti obsolète, inconsistant, et pas prêt à gouverner). Mais la Corée n'est pas la France, et le fait qu'il ait changé de candidat a aussi aidé le parti au pouvoir à rester en place. PARK Geun-hye n'avait pas plus que Hollande l'image d'une réformatrice. Au moins a-t-elle donné l'impression de vouloir réformer son parti, mais en se contentant de le renommer, de remplacer quelques figurants, et d'espérer très fort que cela suffise pour éradiquer la corruption endémique dans le paysage politique national*****. Et puis elle a fait passer par le gouvernement des paquets de lois populaires dans les semaines précédant les élections pour donner le change. Dans le camp en face, l'interminable primaire a enlevé tout espoir de conquête des indécis.

PARK Geun-hye fait partie du paysage depuis des décennies, et tout le monde connait son histoire. Elle n'a pas choisi d'être une fille de dictateur, et on ne peut pas attendre d'une adolescente dont les deux parents ont été assassinés qu'elle devienne une adulte normale. Et puis elle a fini par se distancer du régime de son père, elle est à l'abri des scandales habituels pour les enfants de présidents parce qu'elle n'en a pas, et à l'inverse de son prédécesseur, elle ne roule - officiellement au moins - pour aucune église. Pourquoi ne pas lui donner sa chance? Même si elle n'a critiqué son papa que sur le tard, sous la pression des électeurs, et de façon à la fois très indirecte et très limitée. Même si, à ce jour, nous ne savons toujours pas ce qu'elle pense au fond d'elle même. Même si on ne peut même pas être totalement certain que ce soit vraiment elle qui mène sa propre barque.

Et hier, quand son heure de gloire est arrivée, PARK Geun-hye a quelque part réussi à éviter une fois de plus le passage au révélateur. Loin de délivrer un discours de victoire inspirant pour tout un pays, elle s'est contenté de quelques mots au QG de campagne pour fixer rendez-vous à tout le monde à Gwanghwamun Square, où elle a simplement fait une courte apparition sur le podium pour recevoir un bouquet et répondre à une brève interview, comme la patineuse KIM Yu-na à la fin d'une compétition. La scène aurait dû se passer quelques hectomètres plus au sud, sur Seoul Plaza, avec la patinoire en plein air de la ville en arrière plan plutôt que la statue du Grand Roi Sejong.

Qui a donc fait office de star à la télé coréenne hier? Gwanghwamun, CHUNG Mong-joon, et Anipang.

. Gwanghwamun? Sur sa route du retour au siège de la présidence (Cheong Wa Dae, au nord), PARK a quitté sa maison dans les quartiers riches (Gangnam, au sud - oui, le Gangnam raillé par PSY, pourtant un gars du coin), pour faire une étape chez son parti (serrer les mains de pontes dont certains ont aussi l'étiquette chaebol), avant de célébrer sa victoire devant Gwanghwamun, à l'entrée du principal palais historique du pays. Un raccourci de tous les symboles du pouvoir de la ville et du pays à travers les temps et une confirmation, pour ceux qui en doutaient encore: le centre historique et Gwanghwamun est redevenu le symbole ultime du pouvoir à Séoul et en Corée. Mention spéciale au Roi Sejong: sa statue un peu kitsch a écrasé de sa masse la nouvelle reine du pays pendant sa courte apparition, et son nom est même devenu un nouvel objet politique à conquérir (à peine sortie de terre, l'ex-future capitale Sejong City bénéficie d'un statut spécial qui l'élève au niveau des 16 autres régions du pays).

. CHUNG Mong-joon? Comme le Roi Sejong mais sans le sourire, l'homme de pouvoir est resté assis et silencieux toute la soirée, mais sa face de géant pensif a occupé tout l'écran. Y compris pendant le bref passage de son ex rivale au siège de campagne.

. Anipang? Je n'ai pas regardé une soirée électorale à la télé mais une espèce de jeu vidéo stupide avec chaque moitié d'écran remplie par des rangées de VIP d'un des grands partis (Saenuri, DUP), et des avatars 3D plus ou moins mignons de PARK et de MOON réagissant de façon plus ou moins déjantée à chacun des résultats. C'est le seul moyen que les chaînes ont trouvé pour animer une soirée où elles se sont contentées de communiquer, au fil du dépouillement, l'évolution des scores bruts pour chaque région et au niveau national. Les seuls humains sont les présentateurs, des animateurs non experts qui se gardent bien de faire des commentaires. Ne cherchez pas les experts et les invités politiques, ne cherchez pas les analyses de sondages sortie des urnes. Vous avez simplement droit à ce jeu TV stupide: un simple compte à rebours où le seul objectif est de deviner l'heure à laquelle le vainqueur sera mathématiquent certain d'être élu. J'ai zappé sur je ne sais combien de chaines et c'était partout pareil, la concurrence se faisant sur les animations 3D. Ils ont tous essayé des trucs mignons, comme cet espèce d'ourson blanc géant traversant tel Tottoro un paysage coréen idéalisé. SBS a risqué un fond d'écran nettement plus flippant: un vieux village livré à lui même et vidé de ses habitants, comme un "shoot'em up" après le départ des snipers et l'évacuation des cadavres. Mais la plupart du temps c'était MOON et PARK au pays des toons, comme ici sur newsY:




Et maintenant?

Au final, nous n'avons à ce stade pas appris grand chose. Ni pendant la campagne, ni à la lecture des résultats.

Et la Corée a décidé d'accorder à PARK Geun-hye le bénéfice du doute.

C'est donc à elle (et/ou à quiconque tient le volant) de décider où mener la nation, et quel héritage la famille laissera au final.

Voyons comment cette page blanche s'écrit.

Et avec elle l'Histoire. Avec une attention particulière sur la façon avec laquelle elle est réécrite dans les manuels d'école. 

(publié initialement sur Seoul Village - "The Anipang Election: PARK wins big, but who wins?" - également sur blogules en V.O. - "A clear democratic triumph for PARK Geun-hye, but who won the elections?")

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* voir "Time is up" (en Anglais)
** voir "Scratch that: Dynasty, Dallas, or the Twilight Zone?" (en Anglais)
*** voir "25 years later" (en Anglais)
**** je ne reviendrai pas sur le parallèle avec Sarkozy de 2008 (voir "Volonté d'impuissance"), si ce n'est pour ajouter que Lee a fini comme Bush Jr et Sarkozy par altérer la balance des pouvoirs sur l'ensemble des tableaux: exécutif, justice, media, entreprises, netizens, laïcité...
*****  voir "Saenuri, a brand "new" wor(l)d" (en Anglais)

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UPDATE 20121221

A l'attention des lecteurs francophones, plus explicite sur la nature des risques et les profils.

20120326

Mon Cher Nicolas

Mon cher Nicolas,

J'ai bien reçu ta bafouille par e-mail, et figure toi qu'au lieu de la balancer à la poubelle qu'elle mérite tant, je m'empresse de la communiquer à mes chers lecteurs (auxquels je précise au passage qu'"en tant que Français résidant hors de France", dans mon cas, signifie "en tant que Français résidant à Séoul", et non "en tant que Français cherchant à échapper au fisc, à François Hollande, à Claude Guéant, à Claire Chazal ou à Jean Dujardin"):

En tant que Français résidant hors de France, vous recevez cet email car vous êtes inscrit(e) sur les listes électorales consulaires 2012 de votre pays de résidence. Cet email vous est adressé à des fins d'informations comme la Loi l'autorise (Article L330-4 du Code électoral)




Mes chers amis,

La semaine que nous venons de vivre a été particulièrement éprouvante.

Un assassin a voulu, selon ses propres mots, « mettre la France à genoux » en enlevant la vie de trois enfants, de quatre militaires et d’un enseignant.

Comme vous le savez, j’ai immédiatement interrompu ma participation à la campagne présidentielle pour assumer pleinement mon devoir de Président de la République et de chef des armées. Je me suis rendu le jour même à Toulouse pour être aux côtés des enfants, des familles des victimes et pour donner au ministre de l’intérieur et aux forces de sécurité les instructions les plus fermes pour identifier et retrouver l’auteur de ces actes monstrueux. J’ai réuni, ensemble, en signe d’unité nationale, des représentants de la communauté juive et du culte musulman. Une minute de silence a été organisée dans toutes les écoles de France à la mémoire de ces enfants martyrisés et des mesures drastiques ont été prises pour lutter contre les propagateurs de haine et de violence, des mesures que je ferai immédiatement voter en mai, si les Français me font confiance. Mercredi, j’étais à Montauban pour rendre un hommage solennel à nos trois soldats français abattus parce qu’ils étaient l’armée française, parce qu’ils incarnaient la République. J’ai tenu également à rendre hommage aux hommes du RAID qui ont risqué leur vie pour mettre ce tueur, qui a voulu semer la haine et la terreur dans notre pays, hors d’état de nuire.

Face à cette tragédie nationale, la France rassemblée a donné une magnifique image de dignité.

Aujourd’hui, si nous ne pouvons et ne devons rien oublier, la campagne présidentielle a repris ses droits. Je me suis rendu jeudi, à Strasbourg, pour parler des valeurs morales qui sont le fondement de notre Nation et de notre République. Vendredi, j’étais avec Jean- Louis Borloo à Valenciennes, ville métamorphosée par la rénovation urbaine, pour annoncer un nouveau plan pour désenclaver nos quartiers et transformer la vie de leurs habitants. Hier encore, à Rueil Malmaison, j’ai défendu mon projet d’une France forte dans une Europe forte, de la production et de l’emploi.

Mes chers amis, il nous reste un mois pour bâtir la plus formidable aventure, un mois pour bousculer toutes les certitudes. Aidez-moi à construire la France forte, à faire triompher nos idées, nos valeurs, notre idéal. J’ai besoin de vous.

Avec toute mon amitié,

La France se construit avec vous.
La France forte, c'est vous.


Nicolas Sarkozy


Pourquoi te fais-je ainsi l'honneur de diffuser ta propagande? Parce qu'elle ne donne pas vraiment envie de voter pour toi.

D'abord, je sais que c'est la saison des promesses et du toujours plus, et je sais que tu préfères la France sur talonnettes à la France à genoux, mais ce sont trois militaires qui sont tombés sous les balles de Merah, pas "quatre". D'ailleurs tes plumes ont carrément balancé les deux chiffres dans le même message! Il faut les comprendre, les pauvres, avec toutes ces histoires de marges d'erreurs dans les sondages et de températures perçues à la météo... Mais ne chipotons pas, c'est toujours moins ridicule que Hollande bombant le torse pour faire présidentiel en te grillant la politesse sitôt le tueur éliminé (puisqu'un "suspect" est promu au statut de "tueur" une fois tué et hors de portée de la justice - 'heureusement' pour lui, Mohamed Merah était réellement coupable, mais de toute façon, même mort, Guéant a les moyens de le faire parler).

Oui, Hollande, ton probable successeur. Je sais, ça me déprime au moins autant que toi mais c'est ta faute: pourquoi tu t'es représenté nom de d'là, au lieu de laisser Fillon ou Juppé bouffer du Flanby? Tu croyais vraiment que tu avais la moindre chance? Que la République allait de pardonner de l'avoir trahie? Tu n'as toujours pas compris que ce n'était pas le président de crise qui est sur le banc des accusés, mais le traître à la nation? Tu crois franchement, que c'est ce beau moment républicain, au lendemain d'un drame abominable, qui va tout effacer?

Sincèrement, tu pense que réendosser ton vieux costume de campagne de 2007, avec ses beaux discours républicains et sa vibrante défense de la laïcité, suffira à nous convaincre? Tu nous donne un mois pour "bousculer toutes les certitudes", et dans le même souffle, tu affiches Claude Guéant en tête de gondole, et tu rameutes ton Ayatollah Emmanuelle Mignon en coulisses. Comme tu l'écris si bien (ou presque: méfie-toi de ce petit accent de travers, on en a expulsé pour moins que ça), "la France est une grande démocratie qui ne cèdera à aucune menace". Je voterai donc contre ces autres ennemis de la république.

Crois-moi, avec des copains comme ça, tu peux te faire autant de petites virées à Valenciennes avec le père Borloo que tu veux, elles auront moins de chance de faire remonter tes sondages que ton taux d'alcoolémie.

Ah, un dernier petit truc. Quand tu t'adresses à des Français de l'étranger pour parler de ta posture présidentielle, évite de le faire le jour où tous les chefs d'état sauf toi se retrouvent pour parler nucléaire à Séoul.

Comme dirait l'Ex, au revoir.

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ADDENDUM 20120329

En attendant Poutou et Cheminade, FH a pris le relais dans ma B.A.L.:

Mes Chers Compatriotes,
Chères Françaises et chers Français de l’étranger,

Vous êtes 2,5 millions de Françaises et de Français à vivre à l'étranger. Vous êtes les ambassadeurs permanents de la France dans le monde.

A ce titre, vous avez souffert, peut-être plus que d'autres, de la dégradation de l’image de la France, abîmée par la politique conduite depuis cinq ans ; vous qui êtes dépositaires des principes et des valeurs de notre pays à travers le monde, vous avez souffert de l’absence d'une Présidence qui les illustre pleinement.

Je veux restaurer un avenir pour notre jeunesse, une économie forte et un système social juste. Je veux que les Français aient confiance en notre pays, en France comme à l’international.

Dans le message que vous pourrez découvrir et partager, j’ai souhaité vous exprimer mes engagements : une école ouverte et accessible, une administration consulaire disponible pour chacun, la protection et la diffusion de notre culture partout dans le monde.

Je continuerai les prochaines semaines à aborder avec vous les sujets importants qui vous concernent et qui concernent tous les Français.

Cher-e-s ami-e-s, pour faire rayonner la France à l'international, le changement c'est maintenant !

François Hollande

Si vous ne souhaitez plus recevoir de messages de la campagne de François Hollande, cliquez ici.


(si vous ne souhaitez ni Sarko ni FH comme president, vous savez ou cliquer)

---ADDENDUM 20120330

Apres le 'on rase gratis' de FH, changement de ton. Attention, un candidat parle de la dette. FB joue au 3e homme (et je continue a respecter le temps de parole):

"Message aux Français hors de France

Chère Madame,
Cher Monsieur,

Français établis pour toujours hors de nos frontières, expatriés temporaires ou binationaux, vous êtes tous pour moi Français à part entière. Votre regard sur la France est probablement parmi les plus avertis et les plus objectifs qui soient. Mieux que quiconque, vous voyez les forces et les faiblesses de notre pays, confronté à des mutations profondes de sa société et à une concurrence économique acharnée.

Notre pays va mal : la dette écrasante qui plombe nos finances publiques, l'effondrement de notre production, l'affaiblissement de l'école, la corruption insidieuse des pouvoirs ont entrainé une profonde démoralisation de nos concitoyens, une crise comme nous n'en avons pas connu depuis les débuts de la cinquième République.

Pour autant, le redressement est possible. Notre pays a des atouts précieux : sa démographie, son excellence scientifique, sa créativité, l'énergie de sa jeunesse et de sa diversité, son rayonnement à travers le monde...

Produire pour retrouver le chemin de l'emploi, instruire pour redevenir la meilleure éducation au monde, construire une démocratie digne de ce nom, ce sont les grandes orientations que je propose à nos concitoyens, et que je vous propose que nous portions ensemble. Ce projet porte un nom : la France solidaire. Une France solidaire sur son territoire, mais aussi sur tous les continents du monde, avec chacun de ses ressortissants.

Votre présence en Europe et partout à travers le monde est une chance pour la France. Vous y faites vivre notamment notre culture et notre langue à laquelle vous connaissez mon profond attachement. Mais je n'ignore pas non plus les difficultés qui se posent encore trop souvent à vous, pour la scolarisation de vos enfants, pour la reconnaissance de votre nationalité ou pour le plein accès à la solidarité nationale en cas de besoin.

Votre expérience et votre vision depuis l'étranger sont précieuses.

Je serais heureux de recueillir vos avis et analyses. Vous pouvez me les transmettre à :
francaisdeletranger@bayrou.fr

Si vous partagez mon projet de rassemblement pour notre pays, vous pouvez aussi vous associer à ma démarche en cliquant sur le lien suivant : http://www.bayrou.fr/volontaires

Par ailleurs, je me permettrai de m'adresser de nouveau à vous dans les jours qui viennent, pour évoquer les questions spécifiques liées à votre condition de Français établis hors de France.

Dans cette attente, je vous prie de croire à l'assurance de mes sentiments les plus cordiaux.

François Bayrou"

20111215

Japon: regarde-toi, le monde te regarde

La fillette reste assise sur sa chaise, un moineau sur son épaule. Ses yeux tristes fixent le batiment de l'autre côté de la rue, attendant une réponse. En vain. Cette fois encore, l'Ambassade du Japon à Séoul reste silencieuse. Pire: le gouvernement japonais persiste à protester contre la statue de la fillette récemment érigée en face de l'ambassade en hommage aux victimes coréennes de l'esclavage sexuel organisé par l'Empire pour ses troupes. Ces victimes attendent depuis plus de 60 ans que justice soit faite et que le gouvernement japonais fasse officiellement des excuses.

Aujourd'hui, la fillette est entourée de quelques vieilles copines: forcées comme elle à devenir 'comfort women', ces survivantes sont aujourd'hui âgées de 80, 90 ans et plus. Elles habitent dans la House of Sharing, une résidence-musée dans la banlieue de Séoul, et viennent comme chaque mercredi, qu'il vente ou qu'il neige, pour protester. Pas contre la statue, mais avec elle, pour la justice.

Aujourd'hui, ces "halmoni"* sont entourées de centaines d'amis: des activistes et soutiens de longue date de la cause, ou de simples citoyens du monde, de tous âges et de tous horizons.

Aujourd'hui, le 14 décembre 2011, marque le millième mercredi de protestation depuis le 8 janvier 1992, et une foule immense s'est massée à Junghak-dong en face de l'ambassade qui jusqu'à l'arrivée de la fillette en bronze attendait tranquillement que les dernières survivantes disparaissent une à une. Mais séchant leurs larmes, les halmoni font fièrement face aux caméras: elles ont dépassé leur honte il y a 20 ans, et depuis ce moment plus encore, la honte est sur les leaders nippons.




Ce n'est pas une question de nationalisme, et certainement pas une question de type "Corée contre Japon". Cela se joue entre le Japon et la justice, entre le Japon et son propre avenir. Des crimes abominables ont été commis et les victimes ont le droit à la justice*. Une fois de plus, s'il veut avoir un futur, le Japon doit enfin faire face à l'Histoire. Et ses dirigeants ne peuvent plus continuer à cacher la vérité aux citoyens japonais.

J'ai souvent écrit la même chose
à propos d'autres sujets: il s'agit aussi de sauver le Japon. Et si j'ai joint la manifestation, c'est aussi parce que j'aime le Japon, et que je n'accepte pas de voir une minorité d'ultra-conservateurs trahir son propre peuple et torpiller l'avenir de l'archipel.

Quant aux ultra-nationalistes coréens (le Japon n'a hélas pas l'exclusivité) qui tentent de récupérer cette cause pour leurs propres tentatives révisionnistes, je leur dis ceci: mettez déjà un terme à vos propres impostures, et restaurez la Truth and Reconciliation Commission***.


Soutenez les victimes et leur cause:

House of Sharing / Nanum : houseofsharing.org / nanum.org
Rejoignez le groupe sur Facebook
NB: jusqu'à vendredi, House of Sharing organise près de Hongdae à Séoul une expo d'art sur le thème de l'esclavage sexuel, du trafic d'humains, de la violence et de l'oppression contre les femmes, avec des projections de films et des oeuvres d'artistes parmi lesquels quelques halmoni*.


blogules 2011 (initialement publié sur Seoul Village: "One Thousand Wednesdays" / également sur blogules en V.O.: "1,000th week of shame for Japan")

* terme affectueux pour "grand mère"

** "justice" veut dire, de la part du gouvernement japonais:
1. reconnaitre l'enrolement contre leur gré de filles et de femmes coréennes en esclaves sexuelles pour les militaires
2. formuler des excuses officielles
3. révéler les atrocités dans leur ensemble
4. ériger un mémorial pour les victimes
5. compenser les survivantes ou leurs familles
6. enseigner aux étudiants japonais la vérité et les faits afin que jamais ils ne se reproduisent
7. punir les criminels de guerre

*** jusqu'à vendredi au Cafe Anthracite (Hapjeong-dong 357-6, Mapo-gu, Seoul, Corée du Sud, près de Sangsu Station)

**** voir "La censure est-elle de retour en Corée du Sud ? Reconciliation ou Reconcealment ?" et les épisodes précédents sur Seoul Village, en particulier "TRCK : families of victims demand essential follow-up", "TRCK lost in translation or lost in transition ?", "Achievements and Tasks of TRCK's Activities", "Truth and Reconciliation : which model for Korea ?".

20111121

Out of Place, l'anthologie

"Out of Place", tel est le titre et le thème de la quatrième anthologie de fiction et poésie du Seoul Writers Workshop. Et hier, pour le gala de lancement et dans le cadre d'un week-end sous le signe des écrits libérés par la parole, quelques auteurs ont lu leurs contributions à une audience conquise d'avance. Protégé par mon immunité diplomatique en tant que seul Francophone du lot, j'en ai profité pour massacrer un texte qui n'en avait probablement guère besoin.

Cet ouvrage mérite d'être acheté pour faire entendre des voix bien plus importantes : cette année, les bénéfices des ventes vont à l'association
The House of Sharing qui soutient les Comfort Women coréennes exclaves sexuelles des militaires nippons pendant l'occupation.

Ont contribué à cette édition 2012 de l'anthologie (éditée par Christopher R. F. Sanders avec Kathryn Whitney, Jorge Miramontes Sandoval, Ang McLaughlin et Becky Bosshart):
- Death Metal: A Revenge Story (Sean Bienert)
- Je t’attends (Brooke Carlson)
- A Hamster Wheel (Kelly Carroll)
- Catching Butterflies (Alex Clermont)
- The Marble and I (Parag Dandgey)
- Stretch (Hamish Dee)
- Astigmatism (Dianne Despi)
- You Can Always Come Home (Ben Dowling)
- short convo (Jürgen Dünhofen)
- For Daniel Who Is 4 (Vanessa Falco)
- Speakeasy (Meriwether Falk)
- Cheap Thrills – What Price? (Pamila J. Florea)
- Dust to Dust (Grace Gallagher)
- Kodachrome (Jeff Glenn)
- I Drank from Your Hair (John Grimmett)
- Yonsei Lake (Gwee Li Sui)
- The Thirteenth Student (Aireanne Hjelle)
- Turkeys Can’t Fly (Matthew David Jenkins)
- The First Wind of the Death (Joel Killin)
- Silk on Belly (Bruce Kim)
- Cracks (Eric Lynn)
- The Beautiful People (J.C. Maxwell)
- Dawn / Daughter / Stars (Craig McGeady)
- Evening Clouds (Shaun Morris)
- Black Snow (Stephane Mot)
- The Road to Sanbuk (Valerie A. Nelson)
- Out of Place (M. Lee Nielsen)
- Date Night (Karin Roest)
- The Halmoni (Michael Solis)
- Hiking on the East Coast in October (Emily Sorrells)
- color / cockpit / the taxi driver (Ayshia Stephenson)
- Bed Solo (Jennifer Waescher)

blogules 2011 - également sur Seoul Village - et pour l'édition précédente, voir "
SWW 2010 anthology".

20110419

La fin d'Istanbul ou le début de la Turquie en Europe ?

Sous prétexte qu'Istanbul devient ingérable avec ses bientôt 17 millions d'habitants, Recep Tayyip Erdogan souhaite créer deux villes à partir d'elle.

Si Istanbul, une province de la région de Marmara à cheval sur le Bosphore, s'étale sur plus de 5000 km2, la ville stricto sensu pèse déjà 13.1 M d'habitants et 1.831 km2. Trois fois la superficie de Séoul, dix sept fois celle de Paris. Un monstre aux mensurations proches de Shanghai.

Erdogan projette de séparer les deux rives : une nouvelle ville pour la partie Européenne, une autre pour la partie Asiatique ou plutôt "Anatolienne", selon ses termes. Logique, mais terrible: Byzance perd tout son charme et son identité, comme si Lyon se coupait en une moitié Rhône et une moitié Saône.

A l'Europe le siège du pouvoir d'hier (Topkapi), à l'Anatolie celui d'aujourd'hui (la capitale Ankara). Et le seul derby aura lieu à l'Ouest du Bosphore, entre les "Européens" du Besiktas JK et du Galatasaray SK (quartier de Besiktas et de Kuloglu). Le Fenerbahce SK (Kadikoy) remplacera seul l'Orient.

Bon. La plupart des touristes ne traversent pas le pont vers l'Est, mais ça fait quand même un choc.

blogules 2011

20110327

Le Vélib à Séoul, c'est parti !

Du neuf sur le service de vélos en libre service de Séoul (pour les premiers "pas", voir "Seoul Velib'", Seoul Village 2008) : ça semble enfin se préciser avec un look franchement plus "Véliboïde", un site dédié (bikeseoul.com), une application mobile, et les 43 premières stations opérationnelles.

Le concept ressemble beaucoup à l'original*, destiné à permettre à un maximum de citoyens de circuler à bicyclette dans la ville, à commencer par ceux qui n'ont pas les moyens d'en avoir une:
- vous payez un abonnement très bon marché pour un jour, une semaine, ou une année (à Paris: respectivement 1, 5, et 29 EUR), mais Séoul propose en outre des packages d'un et six mois (cela donne 1.000, 3.000, 5.000, 15.000, et 30.000 KRW, à diviser environ par 1.600 pour avoir les tarifs en Euros).
- vous ne louez pas spécifiquement un vélo, mais vous avez l'accès illimité à des vélos spéciaux que vous devez prendre et déposer dans des stations spéciales
- vous ne payez rien de plus pour une course de moins de 30 mn, mais au moins 1.000 KRW par heure au-delà
- si vous avez besoin de rouler au-delà de 30 mn mais ne voulez pas payer, il vous suffit de faire une étape à une station ou de changer de monture avant chaque échéance de 30 mn pour remettre le compteur à zéro
- le service fonctionne 24 h sur 24, 7 jours sur 7, tous les jours de l'année, et il est entièrement automatisé grâce à un système de kiosques et de cartes sans contact
- bonus: les vélos sont beaucoup plus légers et bourrés d'électronique qu'à Paris, où les vols et dégradations sont hélas monnaie courante, où l'engin pèse autant qu'un tank Sherman (ça tombe bien, les collines ne manquent pas à Séoul), et où le guidon ne présente aucun écran (le vélib séoulien fera bon usage des services de localisation).

Avec ce concept, la couverture (nombre et densité de stations dans la ville) et la disponibilité (nombre de places par station, répartition harmonieuse entre les stations) sont les facteurs clef de succès. Paris a opté pour un scénario très agressif : dès le lancement du Velib' en juillet 2007, 750 stations et 7500 vélos pour une ville de 105 km2 et 300 stations de métro, et une 1000e station Velib' inaugurée avant la fin de la même année.

Séoul compte bien trois cent stations de métro, mais sur un espace six fois plus vaste que Paris, et même si les voies cyclables se multiplient**, les quartiers sont beaucoup moins bien connectés les uns aux autres : de vraies montagnes jalonnent une ville zébrée par des axes quasi autoroutiers, et le fleuve Han coupe réellement la capitale en deux (largeur moyenne à Séoul: environ 1 km). Je rêve depuis 2007 d'un Vélib séoulien (qui pourrait bien être proposé par le même prestataire***), mais je sais bien qu'il serait illusoire d'espérer le même niveau de service au démarrage.

Pour moi, depuis le départ, la seule solution serait de procéder progressivement en commençant par les hubs "bike friendly" existants, en connectant peu à peu ces sous-réseaux en forme d'étoile, et en réduisant avec le temps les trous dans la raquette.

C'est peut-être le scénario retenu par la ville de Séoul. Avec seulement 43 stations regroupées dans les quartiers de Sangam et Yeouido, ce programme ressemble moins à un vrai lancement qu'à un test grandeur nature sur deux zones assez proches l'une de l'autre, une de chaque côté du Han, et toutes deux connectées au principal réseau cyclable de la ville, le long du fleuve.

Autre indice: la quasi absence de branding et de publicité pour l'opération : je n'imagine pas un instant Seoul Metropolitan Government zapper sur cet élément essentiel du mix, ni conserver le nom / marque blanche actuel, sans logo, "공공 자전거" ("gonggong jajeongeo" ou "Vélo Public" de la Ville de Séoul)...

... Ou pire encore : recycler la mascotte Haechi, déjà à l'oeuvre sur tous les programmes vélo de la ville - voir ci contre, extrait du site
bike.seoul.go.kr (à ne pas confondre avec le précité bikeseoul.com, ni avec seoulbike.com, le site d'une expo vélo annuelle)...

Je suis sûr que nous assisterons à une accélération du projet d'ici la fin de l'année, et peut-être même déjà à l'émergence d'une marque digne de ce nom.

En attendant, il est déjà possible de tester le système, ou d'autres programmes municipaux de vélos en libre-service en Corée comme NUBIJA à Changwon (
nubija.changwon.go.kr), ou FIFTEEN à Goyang (très bien signalisé, y compris sur les grands axes autoroutiers, avec la campagne "Let's FIFTEEN!" et une appli iPhone).

blogules 2011 - voir le post original sur
Seoul Village ("Public bike rental services bloom in Seoul and around")

* Paris Velib', ou plutôt son modèle Velo'V à Lyon.
** ça commencerait presque à ressembler à un réseau :

*** comme JCDecaux (le leader mondial en vélo partagé avec son Cyclocity) opère auprès des deux capitales, je suppose qu'il est également en charge de ce projet.

20100602

L'Université Nationale de Séoul à coup sûr

De loin l'université la plus prestigieuse de Corée du Sud, "Seoul Dae" a toujours été victime des quolibets dès qu'il s'agit de sport : Seoul National University ne quitte jamais la dernière place des classements en sports collectifs, et une défaite par 10 buts en football ou 20 points en baseball constitue le tarif syndical.

A propos des déboires de l'équipe de baseball de SNU, le journaliste OH Tae-jin s'en est récemment donné à coeur joie dans les pages du Chosun Ilbo*. Difficile de garder son sérieux quand on considère les simples faits : depuis 1992, les matchs contre SNU ne sont tout simplement plus pris en compte dans les sacrosaintes statistiques individuelles des joueurs adverses et en 2004, l'équipe n'a mis un terme à une série de 199 défaites consécutives que pour embrayer dès le match suivant sur une série de 56 échecs. Je vous épargne les anecdotes les plus hilarantes mais s'il était question de football, SNU aurait sa place assurée à l'anti-panthéon de la Ligue des Oubliés.

Or voilà que cette équipe qui peine toujours à boucler son misérable budget vient de s'attacher les services d'un prestigieux entraîneur : LEE Gwang-hwan a remporté la ligue professionnelle coréenne KBO en 1994. Un peu comme si l'équipe universitaire de football la plus nulle du Portugal recrutait José Mourinho.

Je m'avoue pour le moins déçu : c'est quelque part manquer de respect à la grande tradition de cette vénérable institution. Le club de baseball comme l'université qui l'abrite.

En effet, Seoul Dae a beau produire l'élite du pays** dans un campus vaste comme un sixième de Paris avec un musée d'art moderne créé par Rem Koolhaas, cette université demeure le symbole de la méritocratie coréenne avec une proportion importante d'étudiants d'origine modeste, un réfectoire glacial servant une nourriture digne de l'autre côté de la DMZ, et des associations sportives incapables de trouver des sponsors. En cohérence avec les principes confucéens, le "pen" a toujours été privilégié au "bullpen".

Mais les temps ont changé : la méritocratie a fait place à l'hagwonocratie***, et SNU commence à s'inquiéter de son image sportive.

A défaut de révolution, peut-être les rares supporters du club assisteront-ils de temps en temps à un véritable tour de circuit.

blogules 2010 - voir "Seoul National University : a league of their own", l'original sur Seoul Village et sur blogules en V.O.

* "
서울대 야구감독 이광환" / "LEE Gwang-hwan Seoul National University baseball coach" (오태진 20100529 - Chosun Ilbo)
** et au-delà : SNU est le 5e "producteur" mondial de patrons du Fortune500
*** je me permets ce néologisme en hommage aux "hagwon", ces instituts privés dans lesquels les parents coréens claquent des fortunes pour booster les chances de leurs rejetons. La Corée du Sud est devenue grande grâce à son système éducatif assurant l'égalité des chances mais n'ose pas réformer un monstre devenu inarrêtable.

20100504

"The Housemaid" (Im Sang-soo)

Avant-première hier à Séoul de "The Housemaid" (하녀) : le dernier film de IM Sang-soo entrera en compétition au 63e Festival de Cannes le vendredi 14 mai prochain.

Il s'agit du remake d'un grand classique réalisé en 1960 par Kim Ki-young : un drame psychologique (déjà sulfureux à l'époque) où un homme trompe son épouse avec leur bonne. Les media coréens s'émoustillaient à l'avance pour un thriller érotique sur papier glacé, se focalisant sur le duel d'actrices annoncé entre la femme trompée (Seo Woo) et sa rivale (Jeon Do-yeon dans le rôle-titre), mais je m'attendais à d'autres surprises et à plusieurs contre-pieds de la part de cet audacieux réalisateur.

Hier, je n'ai pas été déçu : IM a une fois de plus délivré un objet cinématographique brillant animé par une direction d'acteurs jubilatoire et doublé d'une puissante satire sociale. Pour ce faire, il n'a pas hésité à inverser quelque part les rôles et les critères de normalité / moralité par rapport à l'oeuvre originale.

Le vrai triangle infernal n'est pas tant constitué par le mari, la femme et l'amante que par les deux premiers (interprétés par Lee Jung-jae et Seo Woo) associés à une belle-mère / femme fatale mâtinée de méchante reine disneyienne (Park Ji-yeong) : avec l'immense demeure servant de cadre à l'intrigue, ils forment un redoutable piège de luxe, calme et vanité.

Quant au véritable duo d'actrices, il s'articule autour du rôle pivot de la gouvernante. Dans "
The president's last bang", IM Sang-soo nous avait révélé un Baek Yoon-sik insoupçonné. Avec "The Housemaid", il pousse non seulement Jeon Do-yeon sur la voie d'une seconde Palme d'Or, mais force Yoon Yeo-jeong à déployer toutes les facettes de son talent.

Visiblement, les acteurs ont eux aussi pris beaucoup de plaisir. Au tour de la Croisette maintenant.


blogules 2010

20090522

Le bonheur selon Le Clezio

Le grand homme pose son sac en souriant sous le crépitement des appareils photos, mais ne vous y trompez pas :

- j'écris "grand homme" parce qu'avec ou sans Nobel de Littérature, le père Jean-Marie Gustave Le Clézio est bien obligé de trimballer sa longue carcasse partout où il va, c'est à dire aux quatre coins du monde

- le sac en question ne provient pas de la rue Montaigne mais de l'épicier du coin. Il n'est pas en cuir mais en papier, et ne contient que le nécessaire de survie de l'écrivain (deux bouquins, un bloc notes, et la chemise protégeant son texte du jour)

- le sourire s'avère du type géné : visiblement, faire le beau devant les caméras embarrasse cet éternel modeste plutôt qu'autre chose

Parler du bonheur, en revanche, le met nettement plus à l'aise... et c'était justement le thème de la lecture organisée en son honneur par ses deux anges gardiens habituels : la Fondation Daesan et l'Ehwa Womens University. La première avait déjà eu la bonne idée de lui faire découvrir la Corée au début de ce millénaire, et fournit le lieu de cette nouvelle rencontre : le siège de la fondation et du groupe fondés par Shin Yong-ho (Kyobo Life), un important carrefour culturel abritant la première librairie internationale du pays. Quant à la seconde, Le Clézio y a enseigné pendant deux ans et y réside de nouveau ces jours-ci. Il faut dire que Monsieur n'est pas du style à accepter le barnum habituel pour V.I.P. de passage à Séoul, avec hôtel 5 étoiles grand luxe et show à l'Américaine.

Le décor semble donc idéalement planté : une simple affiche au fond d'une salle anonyme d'un étage en travaux, deux tables d'école sur une estrade, et même un bon petit effet Larsen des familles pour faire oublier qu'on est au pays de la high-tech... sans chichis, donc, mais avec tout de même une cabine de traduction en simultané et plusieurs centaines d'oreillettes pour une assistance fournie.

Tout en douceur, JMG nous conte sa traque du bonheur dans la littérature d'ici et d'ailleurs (Europe, Mexique, Turquie, Arabie, Liban...), d'hier et d'aujourd'hui, s'efface derrière des auteurs connus, méconnus ou oubliés, nous projette leur imaginaire, puis leur image sous forme d'un diaporama aux allures de Lagarde et Michard en Version Onusienne, avec en prime une carte postale de son Ile Maurice natale.

Par ses exemples, Prof Le Clézio soigne particulièrement son auditorat féminin - au-delà des réflexes acquis à Ehwa, il s'agit de dénoncer une vision du bonheur trop souvent masculine dans la littérature mondiale. L'exposé se conclut sur une notion du bonheur somme toute classique : la liberté, le couple, la famille, les bonheurs simples du quotidien.

Relativement classique également, le passage choisi dans "Ritournelle de la faim" pour une séance de lecture toujours un peu artificielle (tradition anglo-saxonne de mise en scène du texte, avec l'auteur dans le rôle de son propre lecteur). J'ai nettement préféré le second texte, extrait de "Ballaciner" : une rencontre avec Lee Jeong-hyang où la jeune réalisatrice se livre à propos de son film "Jibeuro". Une fois de plus, si Le Clezio s'efface, il agit en révélateur. Et si l'une des voix n'est pas la sienne, l'image saisissante qu'il projette de son interlocutrice vient de lui.

L'image du bonheur que je conserve de Le Clezio, c'est plutôt son personnage de Mondo. Ce petit mendiant survivant au quotidien par la grâce de la bonté humaine et de rencontres simples. Cet enfant plein de joie sait pertinement qu'un jour il se fera éliminer de ce paradis à la fois si riche et miséreux.

Le bonheur, au fond, comme l'humour, commence par l'acceptation de la mort.
(photo SM : "Ne tirez pas sur le pianiste")


20090402

Corées : place au foot !

Sept ans après, retour au Sangam World Cup Stadium, où j'avais assisté à la victoire logique du Sénégal face à un bien pitoyable champion en titre à l'occasion du match d'ouverture de la Coupe du Monde 2002 (France - Sénégal 0-1).

Dans une atmosphère bon enfant mais un poil plus tendue que lors des précédentes éditions, le choc entre Corées a débouché sur une victoire à l'arraché du Sud : 86e mn - coup franc décalé de Kim Chi-woo, entré en jeu quelques minutes plus tôt. Séoul repasse donc devant Pyongyang dans la course à la qualification pour la Coupe du Monde 2010 avec 11 points contre 10, l'Arabie Saoudite demeurant dans la course avec 10 points suite à sa victoire face aux Emirats Arabes Unis.

Le derby coréen a tenu toutes ses "promesses" : fermé, crispant et serré jusqu'au bout, les rouges du Sud contrôlant les rouges du Nord la plupart du temps, et la Corée du Nord profitant de la moindre occasion pour balancer son missile Jong Tae-se vers le but de Lee Woon-jae.

Fidèle à sa réputation, Jong Tae-se affiche une vitesse d'exécution proprement foudroyante : ce numéro 12 démarre comme une fusée et effectue un pivot sur lui-même en un éclair. Pas étonnant que la Corée du Sud et le Japon nourrissent des regrets à son égard : né à Nagoya, Jong a renoncé à la nationalité sud-coréenne pour rejoindre le Nord tout en restant à l'Ouest - ou plutôt à l'Est, puisqu'il évolue au Kawazaki Frontale (son frère jouant pour sa part en Corée du Sud).

Puisqu'il ne reconnait pas officiellement le Nord comme un pays, le Sud n'a toujours pas avalisé la "trahison"... mais la FIFA a accordé sa bénédiction à l'union. Pour le plus grand bonheur de son compère en sélection Hong Yong-jo, le très technique maître d'orchestre (pour le coup, un enfant de Pyongyang jouant au FC Rostov).

Entre les deux stars de l'équipe (numéros 12 et 10), le très microscopique Mun In-guk (numéro 11) a correctement complété un triangle d'attaque parfaitement rôdé : pas de temps perdu à la récupération, le ballon part instantanément vers l'avant et dès la première minute, le toujours plus rondouillard Lee Woon-jae doit s'employer sur un violent tir de loin. Le portier sud-coréen sauvera également son équipe en début de seconde mi-temps sur une tête de Jong enchaînée par une reprise sur le poteau.

Il a fallu attendre l'heure de jeu pour voir des actions franches en faveur des Guerriers Taeguk, et un coup franc assez chanceux pour sceller un match néanmoins largement contrôlé par la Corée du Sud.

Solide en défense et collectivement supérieure, l'équipe a paru très empruntée en attaque. Les tauliers Park Ji-sung, Lee Won-jae et Lee Yong-pyo ont pourtant assuré le métier avec sobriété et autorité - le Mancunien m'a franchement impressionné par sa défense debout dans une course le long de la touche et par sa résistance aux chocs : visiblement, le capitaine de la sélection doit soulever pas mal de fonte les jours de pluie.

Mais sur le front de l'attaque, seul Park Chu-young bougeait pour offrir des solutions au porteur du ballon. Son partenaire Lee Keun-ho, toujours à la recherche d'un club, n'y était visiblement pas... et c'est d'ailleurs lui qui a cédé sa place au buteur du jour. Quant au toujours aussi prometteur Ki Sung-yong, s'il a régalé le public par ses grigris et talonnades, il a franchement déçu sur ses points forts habituels : qualité des centres et des coups de pieds arrêtés, accélération du jeu...

Après un premier quart d'heure très solide, le Nord a pour sa part abandonné le milieu à ses cousins, repris du poil de la bête en fin de première et début de seconde, et perdu pied le dernier quart d'heure, enchaînant passes mal ajustées et fautes de fatigue. Au vu du match, cette sélection peut nourrir des regrets mais elle a surtout affiché ses limites.

Mon rêve de voir les deux Corées participer à la grande fête du football en Afrique du Sud l'an prochain semble plus lointain. Tout se jouera le 17 juin dans le choc Arabie Saoudite-Corée du Nord... à moins que la DPRK ne sombre dès le 6 contre l'Iran au Kim Il Sung Stadium.

La Corée du Sud paraît en bien meilleure posture : elle vient d'enchaîner deux victoires chargées de symboles sur l'Irak et la Corée du Nord et si elle gagne aux Emirats le 6, elle pourra probablement se permettre de perdre l'un de ses deux derniers matchs à domicile (Arabie le 10, Iran le 17).

Bon. Ce calendrier pourrait être quelque peu chamboulé dans les jours à venir : la Corée du Nord a annoncé pour le 4 au 8 avril une mise en orbite de satellite fortement suspectée de masquer un test de missile longue portée. Et pour peu que ça dégénère (les Etats-Unis et le Japon se sont déclarés prêts à intervenir en cas de tir de missile), même les gants du bon vieux Lee Woon-jae n'y pourront pas grand chose.

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initialement publié sur
footlog
et toujours en vente : "La Ligue des Oubliés" !

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