Bienvenue sur blogules ! - Accueil - blogules in English - mes autres sites et blogs : mon site évolutif - mot-bile - footlog - Seoul Village - Dragédies - Citizen Came - Little Shop Of Errors - Facebook: facebook.com/Blogule - twitter: @stephanemot
NOUVEAUTE !!! mes "dragédies" (la mer amarrée et autres dragédies) viennent de paraitre ! Commandez votre exemplaire sur Amazon.fr.
Et toujours : "La Ligue des Oubliés" (sur Amazon.com et Amazon.fr)

20180716

Deux étoiles petit luxe

Il semble bien loin, le temps où Les Bleus se contentaient d'être champions du monde des matchs amicaux. Les voilà qui bouclent (de justesse) une quatrième décennie consécutive avec au moins un trophée international: deux Coupes du Monde, deux Championnats d'Europe, deux Coupes des Confédérations, avec à chaque fois une victoire à domicile et une victoire à l'étranger, et même un Trophée Artémio Franchi et une médaille d'or aux JO pour compléter le tableau...


Pour la première fois, la France gagne en subissant le jeu. Sur ce plan, son quart contre l'Italie en 1998 n'était pas du niveau de cette demie contre la meilleure équipe du tournoi (Belgique), ou a fortiori de cette finale contre une admirable Croatie. Les Bleus l'ont remporté à l'Allemande, avec une rigueur collective, quelques fulgurances offensives, et un peu de chance. A moins que Griezmann, Ronaldo le Juventino, ou Mbappé ne nous sortent un second semestre de folie, le Ballon d'Or tend les bras à Luka Modric, qui avec ses faux airs de Johan Cruyff, renforce l'écho à la finale de 1974.

Deschamps a composé un groupe à la fois rassurant et brillant. Pas intuitif d'imposer Benjamin Pavard et Lucas Hernandez, ou d'oser remplacer en finale le meilleur joueur du tournoi N'Golo Kanté par Steven Nzonzi, pas évident de canaliser tous ces jeunes talents sans brider leur créativité. DD a su très intelligemment leur inculquer sa culture de la gagne, et capitaliser sur la haine de la défaite et l'échec de l'Euro 2016 comme de celui de 2006. J'ai autant adoré les promesses tenues de Kylian que l'abnégation d'Olivier Giroud.

Bizarre de finir sur la bourde absurde de Hugo Lloris, le pétage de plombs de Macron, les free hugs de son homologue Croate, et ce déluge de buts, de flotte, et de Pussy Riot sur la pelouse de Moscou. Cette drôle de finale aura couronné une Coupe du Monde très spectaculaire et réussie. Pas aussi intense au niveau du jeu et des émotions que 1982, mais joueuse, offensive, ouverte jusqu'au bout. Sans grande innovation au niveau du jeu si ce n'est un nettoyage bienvenu grâce à l'arbitrage vidéo. Même les Russes auront réussi un joli parcours sans aide suspecte.

Avant les huitièmes j'avais parié sur une victoire de l'Angleterre sur la Belgique, mais si leur tableau s'est avéré aussi facile que prévu, ils n'ont jamais su élever leur jeu. Gareth Southgate aura tout de même tiré le meilleur de joueurs finalement plus limités qu'espéré. Sur le plan du jeu pur, mention spéciale à la vraie finale avant la lettre, le somptueux Brésil-Belgique.

Reste aux Bleus de se qualifier pour le Qatar pour espérer viser une troisième étoile sans attendre 2038.

blogules 2018
Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide blogules transfusion in English)
NEW: rejoignez blogules sur Facebook!!! (V.F.) / join blogules on Facebook!!! (V.O.) and Twitter (@stephanemot, @blogules)
Bookmark and Share
Follow Us

.

20180418

Macron en mode G.I.

Quelques semaines après son modèle Nicolas Sarkozy (voir 'Sarkozy: "j'ai la Libye en béton"'), Emmanuel Macron a accepté de se livrer en exclusivité sur nos lignes. 

blogules: "Des frappes en Syrie, un grand oral au Parlement Européen à Strasbourg... définiriez-vous cette semaine comme Jupiterienne?"

Emmanuel Macron:  "Totalement: Jupiter est non seulement le maître de la foudre, mais le dieu romain qui reprend les mythes associés à Zeus. Or ce dernier est bien parvenu, sous forme de taureau blanc, à ravir Europe."

b: "Ravir oui, mais au sens premier du terme: il s'agit là d'un enlèvement franchement très limite au niveau #metoo..."

EM: "Pardon de vous le dire, mais contrairement à mes prédécesseurs je ne cours pas les jupons - et d''ailleurs Brigitte préfère les pantalons. Dans le même temps, je constate que suite à cette union, Europe a donné naissance à Minos le juste, Radhamante la vertueuse, et Sarpédon le valeureux."

b: "Je me demande si je n'assiste pas à la naissance de Macron le pédant. Vous ne faites pas vraiment d'effort pour améliorer votre image de jeune homme arrogant, entre vacuité et vanité - ça ne vous gène pas, même si votre cote de popularité en pâtit?"

EM: "De toute façon je ne ferai qu'un mandat, c'est écrit. Même si je veux rempiler, et c'est le cas, je suis parti pour vous faire une Giscard ou une Sarko, ça parait clair. Alors autant passer mon temps sur les réformes, et ne comptez pas sur moi pour aller dîner chez l'habitant ou vous jouer de l'accordéon."

b: "Parader sous le maillot de l'Ohème, en revanche..."

EM: "Mais là c'est différent. Le foot c'est une figure imposée, je ne peux pas y couper. Comme le Salon de l'Agriculture."

b: "Donc cet été, vous allez tâter le croupion des Bleus en Russie?"

EM: "Seulement si on atteint la finale. Pas envie de me faire Novichoker par Vladimir."

b: "Vous lui avez pourtant sorti le grand jeu, à Poutine, en l'invitant à Versailles, et à sa très chère Cathédrale de la Sainte Trinité."

EM: "Mais ça c'est du marketing, délibérément Tapis Rouge. Comme pour Trump avec la Tour Eiffel, le défilé du 14 juillet, et les Invalides avec son énorme dôme doré et son monumental tombeau de Napoléon. A Vladimir, j'ai déroulé les ors du Roi Soleil, et son bébé fétiche du quai Branly. Vous ne pouvez pas savoir combien il a bombé le torse en voyant ses coupoles brillant devant la Tour Eiffel. Après ça, ils ne peuvent pas me refuser grand chose."

b: "Sur le coup, l'honneur de la république est tout de même un peu bafoué..."

EM: "Désolé, mais je suis du type pragmatique. Les grands principes, les droits de l'homme, c'est bien pour les discours, pas pour faire avancer le schmilblick quand tous les autres leaders qui pèsent sont des salopards: Vlad, Don, Jinping, Narindra, Shinzo, Rodrigo, Tayyip, j'en passe et des pires. A l'heure où même Aung San Suu Kyi soutient un génocide, vous n'allez pas me reprocher des petits compromis de protocole."

b: "Alors toutes ces belles paroles à Strasbourg sur la démocratie face aux nationalismes et aux extrémismes, c'était du vent, La République en Charme?"

EM: "Pas du vent, mais du marketing. Avec des marqueurs clairs, pour rappeler qu'on est pas passé loin de la catastrophe l'année dernière*."

b: "Parlons-en, de vos marqueurs clairs. L'autre jour, aux Bernardins, les défenseurs de la laïcité auraient aimé que vous soyez plus ferme sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Jean-Luc Mélenchon vous qualifiant même de 'sous-curé'".

EM: "Là-dessus c'est un peu l'hopital qui se moque de la charité. Mélenchon en petit père la vertu, défenseur de la république et de la laïcité? Un bon soldat de Poutine, oui, qui n'a pas réussi à créer le chaos en arrivant au second tour, mais fait tout son possible au troisième pour torpiller le débat républicain."

b: "Le débat républicain, justement. Ou son absence. Comment faire lorsque LREM truste tous les leviers de l'Etat à part le Sénat? Quand les seuls contre-pouvoirs sont les syndicats?"

EM: "Les syndicats ne représentent plus rien. Des employés organisés en groupes Facebook défendraient mieux leurs intérêts, comme ceux de Cambridge Analytica d'ailleurs. On est au XXIème siècle, il est grand temps de passer là aussi aux 'surgical strikes'."

b: "Revenons aux frappes contre Bashar el Assad..."

EM: "... contre l'usage d'armes chimiques en Syrie. Nous ne voulons pas déloger Bashar, juste rappeler les règles du jeu, et aider Jean-Yves Le Drian à écouler nos armes de destruction conventionnelles sur le marché."

b: "Le Drian est passé au Quai d'Orsay, vous avez oublié?"

EM: "Non. Et lui non plus d'ailleurs. Défense et Affaires Etrangères, c'est pareil. Et puis c'est plus simples de regrouper les équipes pour réduire les effectifs."

b: "Un serrage de Clausewitz, en somme."

EM: "Notre gouvernement est réellement taillé pour la guerre comme pour la politique. Avec deux G.I. à sa tête."

b: "Edouard Philippe et vous en G.I., vous n'exagérez pas un peu, vous qui vous voyez déjà pour commencer en taureau blanc?"

EM: "Vous n'y êtes pas. Avec le petit glabre châtain adoubé par les Socialistes, et le grand hipster brun issu des Républicains, bien propres sur eux, nous sommes les prototypes même des Gendres Idéaux."

blogules 2018
Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide blogules transfusions in English)
NEW: rejoignez blogules sur Facebook!!! (V.F.) / join blogules on Facebook!!! (V.O.) and Twitter (@stephanemot, @blogules)
Bookmark and Share
Follow Us



* voir "La France ou Poutine ?"

20180321

Sarkozy: "j'ai la Libye en béton"

C'est au beau milieu de la suspension de sa garde à vue, la nuit dernière, que Nicolas Sarkozy nous a confié en exclusivité (comme à son habitude*) ses impressions à un moment clef de sa très mouvementée vie politique.

blogules: "Merci Nico pour ce nouveau scoop"

Nicolas Sarkozy: "Je t'en prie, c'est la moindre des choses, tu veilleras juste, cette fois-ci, à ne pas te gourer de compte offshore pour le virement. La dernière fois, j'ai dû envoyer Olivier aux Bahamas à mes frais. Bon, sur un yacht de Bolloré, mais c'est pareil."

b: "Désolé boss. Revenons à nos moutons - ça se passe comment pour ta garde à vue?"

NS: "Plutôt bien. Pour le moment ils ne s'intéressent qu'aux millions de Muammar al Gaddafi. Par exemple, je n'ai encore eu aucune question sur mon invitation de Bashar el Assad à assister au défilé Dassaut."

b: "?!?"

NS: "La collection Automne-Hiver, tu sais, son défilé du 14 juillet".

b: "Bien sûr - tiens, à propos, l'invitation de Macron à Trump lors du dernier défilé, ça t'inspire quoi?"

NS: "Décidément, ce petit morveux me pique toutes mes idées... à part bien sûr son goût pour les antiquités: alors que sa Brigitte lui dure 20 ans, je change de femme comme de Rolex."

b: "Ces Rolex, justement, tu ne penses pas que ton côté Bling Bling finira par mal passer auprès des juges?"

NS: "Ne t'inquiète pas, pour Gaddafi j'ai la Libye en béton. C'est Martin Bouygues qui me l'a construit, d'ailleurs."

b: "Edwy Plenel ne va pas te lacher. Il laisse maintenant entendre que ton acharnement contre Gaddafi visait à effacer les traces et les témoins de l'affaire."

NS: "Tu as vu comme le fils de Muammar a tout déclenché en ouvrant sa grande gueule? Il y avait sans doute des moyens plus discrets. Si c'était à refaire, j'aurais investi dans des solutions chimiques plus subtiles, comme Kim Jong-un ou Poutine. Mais je voulais être un vrai chef de guerre, c'est bon pour la campagne de réelection."

b: "Pas vraiment un succès... remarque, Flanby ne s'en est pas mieux tiré."

NS: "En plus, Monsieur Occasions Manquées n'a probablement rien tiré du Mali pour ses affaires personnelles. Quel loser!"

b: "Euh. Je ne veux pas te faire de peine, mais ton image de winner n'est pas vraiment au top depuis un bon moment."

NS: "Ne t'en fais pas pour moi. Regarde Silvio Berlusconi : 81 balais et toujours au top, malgré toutes les casseroles qu'il traîne. Vous n'avez vraiment pas fini de m'avoir sur le dos."

blogules 2018Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide blogules transfusion in English)
NEW: rejoignez blogules sur Facebook!!! (V.F.) / join blogules on Facebook!!! (V.O.) and Twitter (@stephanemot, @blogules)
Bookmark and Share
Follow Us



* petit florilège: "Tout pour ma pomme - conversations privées avec les présidents", "Liliane, fais les valises de billets (Sarko revient parmi les siens)", "Sarkozy : je vous ai compris", "Sarkozy: le grand emprunt"

20180202

Une Dead Zone autour de la DMZ ?


Si vous avez lu 'The Dead Zone' (1979), la comparaison entre Donald Trump et Greg Stillson ne peut que vous sauter aux yeux. Dans ce classique de Stephen King, un homme capable de voir l'avenir (Johnny Smith) cherche à empêcher un populiste incompétent (Greg Stillson) de devenir président des Etats-Unis parce qu'il a 'vu' ce narcissique malfaisant déclencher la troisième guerre mondiale.

Stillson débute dans la vente en porte à porte (des Bibles dans le New Hampshire, mais son bagoût lui permettrait de fourguer tout aussi facilement des voitures dans le Tennessee, ou des penthouses à Manhattan), puis prend goût au pouvoir et à ses abus en s'entourant de gangsters pour mieux forcer son destin. Ses rivaux politiques ne le prennent pas au sérieux, avant de comprendre que la machine infernale sera impossible à arrêter. Si Smith échoue dans son projet d'assassiner Stillson lors d'un meeting de campagne, il réussit à changer l'histoire, puisque le candidat utilise un bébé pour se protéger du tireur, détruisant irrémédiablement son image juste avant l'élection.

Tous les lecteurs de The Dead Zone (dont votre serviteur, voir ci-dessous) ont trouvé Trump le plus Stillsonien quand, en pleine campagne, il a très sèchement demandé à réduire au silence un bébé un peu trop bruyant, révélant une nième facette sombre de son personnage:

"Donald Trump's babygate reminds me of Stephen King's The Dead Zone, the moment when Greg Stillson loses the election (20160803 -twitter.com/stephanemot/status/760661014371119105)" - voir aussi dans blogules en V.O. "It's all about character"

Malheureusement, la réalité est bien plus terrifiante que la fiction: Trump n'est pas Stillson, ses méthodes peu orthodoxes ont réussi à le porter à la présidence (avec le soutien de Russes à peine plus orthodoxes et d'évangélistes peu regardants sur les valeurs morales), et l'image du Néron déclenchant le feu nucléaire continue de me hanter.

D'autant que Trump a la furieuse envie de mener dans les semaines qui viennent une opération hautement risquée, et susceptible de provoquer des millions de morts.

A de rares exceptions près comme Jim Mattis, la Maison Blanche a la ferme intention de frapper un coup en Corée du Nord pour dissuader Kim Jong-un de poursuivre son programme d'armement nucléaire. Cela fait des mois que ça les démange, mais comme annoncé (voir "Bonne année 2019"), ils devraient au moins attendre la fin des Jeux Olympiques de Pyeongchang. 

Les motivations avancées par les partisans les plus acharnés des frappes préventives font froid dans le dos:
  • H. R. McMaster, le principal conseiller de Trump en matière de sécurité, et un vétéran plus habitué aux conflits sur des territoires eloignés, se trompe en pensant que KJU est un leader moins rationnel que son propre boss. Comme si des centaines de milliers d'Américains ne vivaient déjà pas à portée des armes conventionnelles de Pyongyang, et comme si un conflit n'allait pas avoir de répercussion majeures dans la la péninsule et sur le reste du monde, il n'a aucun état d'âme à voir s'empiler les cadavres loin des States plutôt que sur le sol américain. Lindsay Graham ne dit pas autre chose quand il avance qu'il vaut mieux que ça se passe 'là bas' que 'ici'. Le summum de cette vision 'Shithole Country' de l'extrême orient est peut-être David Alan Adams, un ancien capitaine de la Navy qui a réussi a planter son sous-marin nucléaire, et qui affirme qu'il vaut mieux prendre le risque maintenant pour être fixé tout de suite (voir "Alert!").
  • Les conseillers politiques du Président, une équipe d'extrémistes réputés pour leur incompétence crasse en matière diplomatique, semblent l'avoir persuadé qu'une frappe serait bonne pour la campagne législative de novembre prochain. Comme si la situation dans la péninsule était aussi 'simple' que celle en Syrie.
  • Victor CHA, ce faucon sur le point de rejoindre Séoul comme Ambassadeur des Etats-Unis, qui avait même retweeté l'essai corrosif d'Adams en signe de bonne volonté, a visiblement fini par refuser d'aller jusqu'au bout - écarté au dernier moment par la Maison Blanche, il a écrit une tribune libre* dans le Wall Street Journal rappelant les enjeux et exposant la légèreté - pour ne pas dire l'incompétence - avec laquelle certains envisagent de telles frappes.

Pour la faire simple: il y a clairement des risques de ne rien faire, mais il y a des risques encore plus clairs de frapper, et il y a clairement d'autres options moins risquées.

Les risques de ne rien faire: Pyongyang a développé des armes nucléaires d'une part, et des missiles capables d'atteindre l'ensemble du territoire américain d'autre part. Si la combinaison des deux n'est pas déjà au point, cela n'est probablement qu'une question de mois, et cette réalité, Washington refuse de l'accepter. Mais au-delà, l'ensemble de la communauté internationale redoute une accélération de la prolifération nucléaire. Si on laisse faire la Corée du Nord, comment empêcher d'autres de s'armer? L'idée fait déjà son chemin chez les voisins du Sud comme au Japon, surtout au moment où l'Amérique de Trump cède du terrain à la Chine de Xi Jinping. Par ailleurs, étouffée par les sanctions mais experte dans les échanges illicites, Pyongyang pourrait chercher à monnayer ses technologies auprès d'organisations encore plus difficiles à contrôler et enclines à les utiliser...

Les risques de frappes préventives: frapper c'est bien joli, mais avec quelles conséquences, et quels objectifs? 
  • Quelles conséquences? Sachant que la guerre de Corée n'est officiellement toujours pas terminée, frapper le premier le sol nord coréen, même de façon limitée, constituerait un acte de guerre légitimant une réponse immédiate. Or sans même parler d'armes nucléaires, Pyongyang braque déjà vers le Sud des milliers de missiles conventionnels (certains munis d'armes chimiques), beaucoup plus que ne pourraient gérer les systèmes de défense combinés de Séoul et Washington. Il n'existe tout simplement aucun scénario où une frappe préventive ne provoquerait pas des dommages humains et matériels considérables, et la seule évacuation des populations américaines en prévision d'un conflit, même s'il venait à ne pas se réaliser, aurait déjà des effets destructeurs massifs sur l'ensemble de l'économie sud-coréenne. 
  • Quels objectifs? Supprimer KJU? Impossible à localiser, probabilité d'échec maximale. Anéantir ses capacités de lancement? Impossible à évaluer et a fortiori à garantir, d'autant que Pyongang a prouvé qu'avec ses unités mobiles, des tests pouvaient être réalisés au dernier moment depuis n'importe quel site. Si Trump décide par exemple de détruire un pas de tir juste après le prochain test, il ne réduit en rien la capacité de nuire de Kim Jong-un, mais lui offre sur un plateau l'occasion de taper, et l'escalade est inévitable. La tactique du 'bloody nose' pouvait fonctionner en Syrie, dans le cadre d'un conflit en pleine action, où Bashar el Assad même doté d'armes chimiques n'allait pas frapper les voisins en représailles. Ici, le succès de l'opération la plus chirurgicale possible reposerait sur des conditions quasi impossibles à réunir: le très improbable accord du président le plus pro-Corée du Nord de l'Histoire, MOON Jae-in, et la présence encore plus illusoire sur place de renseignements de qualité. Nous ne sommes plus dans la situation de 1994, où Kim Young-sam avait empêché Bill Clinton de détruire les installations nord-coréennes, à un moment où la capacité de nuisance du Nord était bien moindre.
  • La seule intervention potentiellement légitime aux yeux de l'ONU pourrait consister à intercepter, à l'occasion d'un prochain essai, un missile à son entrée dans l'espace aérien nippon, sud-coréen, ou américain. Mais échouer affaiblirait considérablement l'image des USA, et réussir pourrait causer d'important dommages collatéraux. En tout état de cause, même en cas de succès, aucune frappe ne serait de nature à freiner ou dissuader Pyongyang, et renforcerait bien au contraire sa propagande et la priorité pour son programme de défense.
Les autres options moins risquées: il convient de toute façon de se préparer au conflit, mais en gardant la tête froide, ce qui n'est visiblement pas vraiment le cas actuellement, que ce soit en terme de préparation ou en terme de sérénité. Il faut également continuer à augmenter la pression politique et diplomatique, et à fermer les points d'entrée et de sortie permettant encore à la Corée de contourner les sanctions - y compris désormais via la Russie. Les Etats-Unis ne doivent par ailleurs surtout pas réduire leur soutien à la Corée du Sud.


"BREAKING - au lieu de Victor Cha, Trump choisit Slim Pickens comme Ambassadeur en Corée du Sud" (20180201 - twitter.com/theseoulvillage/status/958504056309219328)




La tension risque donc de remonter dès le 26 février, au lendemain des JO de Pyeongchang (rebaptisés ironiquement JO de Pyongyang par les critiques de MOON Jae-in au vu des concessions accordées au Nord pour obtenir leur participation).

Au-delà des provocations de KIM Jong-un, on suivra de près les éléments de contexte susceptibles de faire plonger notre Greg Stillson: pour peu que l'un de ses sbires lui suggère une diversion militaire au moment où l'enquête menée par Robert Mueller se fait trop pressante, ou dans le chaos d'un krach boursier...

Voici, tirée du film The Dead Zone (1983), la scène où le Président Greg Stillson salue son fidèle bras droit Sonny Elliman, un criminel sans scrupules, au moment de pousser le bouton. De l'autre côté de la malette, un militaire forcé** d'accepter la décision la plus incompétentément meurtrière de l'Histoire:


Toute ressemblance avec Donald Trump dans sa robe de chambre, le très extrémiste Stephen Miller, et le résigné Jim Mattis n'est pas vraiment fortuite: Stephen King a lui aussi le don de voir l'avenir.

 
blogules 2018
Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide blogules transfusion in English)
NEW: rejoignez blogules sur Facebook!!! (V.F.) / join blogules on Facebook!!! (V.O.) and Twitter (@stephanemot, @blogules)
Bookmark and Share
Follow Us



* "Victor Cha: Giving North Korea a ‘bloody nose’ carries a huge risk to Americans" (WSJ 20180130)
** Greg Stillson: 'Put your hand on the scanning screen, and you'll go down in history with me!'
Five Star General: 'As what? The world's greatest mass murderers?' 

Greg Stillson: 'You cowardly bastard! You're not the voice of the people, I am the voice of the people! The people speak through me, not you! (...) You put your god damn hand on that scanning screen, or I'll hack it off and put it on for you!'

20180106

Sommaire - liste des blogules 2017

blogules parus en 2017 (Saison XV - voir plus bas les saisons I à XIV - ou l'ensemble des listes depuis 2003).
 
Cette liste récapitulative annuelle est réalisée à la main, avec tous les risques que cela entend (omissions, erreurs). Utilisez également la colonne de navigation de gauche du site web (n'existe pas dans la version mobile du site) pour les liens vers les derniers blogules, les archives mensuelles, les mots-clef les plus souvent utilisés, ou une recherche dans l'ensemble de mon portail personnel...


Et pour des blogules plus nombreux mais en 140 caractères, suivez-moi sur Twitter: @stephanemot., @blogules, @theseoulvillage

. "Bonne année 2019" 
. "De quoi Merkel est-elle le nom ?" 
. "Poignant" 
. "La France ou Poutine ?" 
. "Onze Mondial" 
. "Les Media à l'heure de la Guerre Asymétrique"         
   

Rappel des saisons précédentes: 




blogules 2018
Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide blogules transfusion in English)
NEW: rejoignez blogules sur Facebook!!! (V.F.) / join blogules on Facebook!!! (V.O.) and Twitter (@stephanemot, @blogules)
Bookmark and Share
Follow Us


Welcome to my personal portal : blogules - blogules (VF) - mot-bile - footlog - footlog archives - Seoul Village - La Ligue des Oubliés - Dragédies - Kim Mudangnim - Citizen Came - Stephanemot.com - archives blogules - archives blogules (VF)
Copyright Stephane MOT - Attention: Armes de Désinformation Massive