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20080520

Neocons, theocons et paleocons

En cette année électorale, un rapide point sur les trois familles de conservateurs les plus suivies aux Etats-Unis. Chacune "évoluant" avec ses tendances propres:

* le phénomène neocon retombe :
A l'opposé du conservatisme traditionnel relativement peu interventionniste à l'international, les neocons se sont vu confier les commandes du navire avec les résultats que l'on connait. Totalement déconsidérés (certains leaders charismatiques se sont désolidarisés du mouvement), les néocons ont été partiellement remplacés par des Reaganiens dans l'entourage de Bush. Dick Cheney lui-même commence à sentir le vent du boulet : des Républicains mettent l'inattendue défaite de Greg Davis au Congrès sur le compte de la récente visite du Vice-Président au Mississipi. De moins en moins en odeur de sainteté, Dick Perle et compagnie ne désespèrent pas d'un nouveau grand soir. Et à propos d'odeur de sainteté...

* la vague theocon se cherche un nouveau leader :
Ces fondamentalistes (à ne pas confondre avec les évangélistes light dont certains seraient près à suivre Obama) sont les véritables gagnants du double mandat Bush - l'un des leurs. En dépit des actes d'allégeance de McCain (conférence au Discovery Institute, déclarations en faveur d'une Cour Suprême ultraconservatrice révoquant Roe vs Wade, discours messianiques invoquant la lutte contre le Mal...), ils n'ont toujours pas confiance en lui et cherchent à le renverser d'ici la Convention Républicaine, ou a minima à lui imposer un véhicule plus proche de leurs "valeurs" à la Vice-Présidence (Huckabee ?). Sans leur soutien, McCain n'a aucune chance... et s'il obtenait leur soutien, il donnerait à Obama l'occasion idéale de le swiftboater en exposant ses contradictions fondamentales.

* les paleocons ne savent plus où donner de la tête :
Ils n'ont pas évolué depuis des lustres et avaient déjà beaucoup perdu d'influence après la révolution "idéologique" reaganienne. Ils conservent néanmoins un certain poids électoral et suivront le mouvement. Une partie pourrait rejoindre, à l'instar des Reagan Democrats, la voie Obamienne ou pourquoi pas - acte contestataire suprême -libertarienne avec Bob Barr (cf "
Bob Barr - pro-liberté ou anti-Obama ?" - 20080513).

En bref et comme prévu (cf "
Red Blogule to the Bush system - Prevent a New War of Secession" - 20041101, ou plus récemment "GOP : Time to Split" - 20080113), le GOP va mal, et la meilleure chose qui pourrait lui arriver serait une nette victoire d'Obama en Novembre.

Même si certaines valeurs conservatrices ont gagné du terrain sur l'échiquier, et même si la droite religieuse marque des points à gauche, le pays ne peut toujours pas faire l'économie d'une déclaration d'indépendance contre le fondamentalisme (cf "
Universal Declaration of Independence From Fundamentalism" - 20070809).

20080225

Never say Nader again

C'est cette période de l'année. Au moment où tout le monde se prépare pour le duel final, Ralph Nader annonce sa candidature.

Cette fois-ci encore, son étiquette d'Indépendant n'est qu'un leurre.

Et cette fois-ci, sa cause est ouvertement personnelle : l'ancien avocat des nobles causes se déclare essentiellement motivé par une revanche contre le Parti Démocrate, coupable à ses yeux d'avoir comploté contre sa candidature en 2004, où il n'avait finalement pu se présenter que dans 34 Etats et ne récolter que quelques dizièmes de pourcent de votes au niveau fédéral.

Ralfie ne peut décemment pas blâmer le Parti Républicain, compte tenu du soutien sans faille que lui avaient accordé les lobbies conservateurs dans cette quête - je n'ai pas oublié non plus l'appel sans ambage des Citizens for a Sound Economy - see "
Red blogule to Ralf Nader - Independent Days are over" - 20040822).

L'assassin du Président Gore a une nouvelle mission : tuer le candidat Démocrate, homme ou femme, noir ou blanc. Et compte tenu de sa capacité à syphoner les votes "liberals" comme des termes presqu'élogieux employés pour qualifier Obama, Hillary peut réellement s'exclamer : "wow - ça c'est vraiment un mauvais signe".

Le Sénateur de l'Illinois est un poil plus précis dans sa lecture de l'événement : il rappelle amicalement à Nader la qualité de ses actions passées au service des plus faibles, un peu moins amicalement la qualité médiocre de son jugement en 2000, lorsqu'il qualifiait Bush et Gore de bonnet blanc et blanc bonnet, et termine en affirmant avec l'accent de populisme propre à cette dernière semaine de campagne avant le choc Texas-Ohio que "sa fonction d'éternel candidat n'apporte pas de quoi manger sur la table des travailleurs".

Dans une comédie de boulevard, Mike Bloomberg choisirait ce moment pour arriver par la fenêtre, sans attendre les résultats des Primaires : le duel Obama-Clinton risque de s'éterniser jusqu'à la Convention Démocrate, et les théocons sont en passe de réussir l'"impeachment" du candidat McCain (au point de remettre Huckabee en scène et de donner des regrets à Romney ?).

Et on n'en est même pas à cette époque de l'année où on commence à compter les trous dans les cartes de bingo dans les urnes en Floride...

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Initialement publié sur blogules en VO : "
Never say Nader again" (20080225)

20080210

Le Super Saturday de Barack Obama

La Louisiane semble aussi bien partie que les autres scrutins du jour pour BHO : outre l'Etat du Sud, le Sénateur de l'Illinois raflerait donc la mise sur le Nord (Nebraska), le Nord-Ouest (Washington) et même par-delà les mers (Iles Vierges Américaines).

Nouvelle tendance ? Son solide Super Tuesday avait déjà été prolongé par une chasse aux donateurs plus fructueuse que celle de sa rivale Billary. S'il limite la casse en Nouvelle Angleterre ce soir (et a fortiori s'il l'emporte dans le Maine), Obama pourrait bien se présenter en position de force le 12 pour ce qui sera probablement la journée clef : le District de Colombia, la Virginie et le Maryland se prononceront, c'est à dire la capitale fédérale et ses alentours ; le coeur du pouvoir politique.

Bien au-delà des 240 délégués Démocrates en jeu sur ces trois Etats, une décision nette pourrait influencer de façon décisive les Superdélégués dans la perspective de la Convention. C'est confirmé depuis mardi, la différence se fera comme on le pressentait sur ces 796 représentants sur lesquels le commun des Démocrates n'a aucune prise les primaires et caucus en cours. Hillary Clinton aura le plus à perdre : le moindre signe de lâchage de l'establishment et de Washington, DC, et personne ne misera plus le moindre kopek sur elle.

Côté Républicains, le sursaut de Huckabee prouve à ceux qui en doutaient encore le poids des ultraconservateurs et des theocons dans le pays. McCain n'a plus Romney face à lui et les mathématiques ne sont pas en faveur de l'ex pasteur mais comme le rappelle fort justement Huck : "je n'ai pas réussi mes études dans les maths mais dans les miracles".

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