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20120901

J'ai survécu à trois jours de Convention Républicaine sur FoxNews

J'en tremble encore: trois jours à me cogner la grand-messe républicaine sur Murdoch TV... pour vous donner une idée de la torture, même Dick Cheney a séché l'événement, et seul Karl Rove a semblé apprécier l'atmosphère irrespirable de Tampa, Fantasy Land*. Un peu normal pour celui que George W. Bush surnomme affectueusement "Fleur d'étron" ("Turd Blossom").

Dubya n'a fait qu'une apparition par écran interposé, son papa à ses côtés. Ron Paul voulait bien participer, mais le parti a jugé plus sage de le cantonner à une vidéo soigneusement éditée: un best of de ses messages à l'exception des plus dissonnants avec ceux du ticket Romney-Ryan... autant dire un clip musical parsemé de quelques courtes citations. Son fiston Rand a eu le droit de délivrer un discours totalement édulcoré. L'ouragan Ron s'est fait entendre par un discours dans son festival off de la Convention à Tampa, puis en refusant d'apporter ses délégués au candidat officiel: Romney n'aura que 90% des voix contre 99% pour son prédécesseur John McCain, pourtant loin de faire l'unanimité au sein de l'empire éclaté républicain en 2008.

Le vétéran du Vietnam a pour sa part succédé à Rand Paul à la tribune pour demander une augmentation du budget de la défense... à l'opposé de Paul Junior, qui venait de demander le contraire, mais c'est tout à fait cohérent pour un parti totalement divisé supposé soutenir un candidat aussi insaisissable qu'une girouette en folie, cyclone Isaac ou non.

Les messages de soutien des poids lourds du parti, au propre (Chris Christie) comme au figuré (Newt Gingrich) ont plus souvent tenu du coup de poignard dans le dos que de la tape amicale. Et à chaque fois qu'une idée sonnait juste, elle se trouvait contredire le programme de Mitt et renforcer celui de Barack. Le reste? Un storytelling saturé d'idéologies rétrogrades, un déni tragi-comique des réalités de ce jeune millénaire, l'ultime preuve que ce grand parti déchiré par des extrêmes totalement incompatibles ne peut plus retarder sa nécessaire réforme.

Condi Rice a eu le culot de venir donner des leçons de politique étrangère à Obama. Sans doute en soutien aux 17 des 24 conseillers de Romney en la matière ayant auparavant travaillé pour Bush-Cheney, la pire équipe de l'histoire des Etats-Unis. Peut-être Condi a-t-elle oublié que sa cible a entre autres reçu le Nobel de la Paix pour avoir restauré l'image des States à l'étranger, et contribué à débarrasser le monde de Ben Laden et Khadafi sans accuser la moindre perte militaire.

Plus fort: Condi Rice a souligné qu'il fallait un leader capable de bien réagir en cas de crise alors que son W. chéri avait fixé le standard absolu de l'absence de réaction au moment le plus critique de ses 2 mandats (revoir l'épisode "My Pet Goat"), puis qu'il fallait se tenir fermement debout face aux tyrans - oui, elle qui a joué assis au piano pour Vladimir Poutine!!!

La mission d'Ann Romney était d'humaniser "I, RomnBot" et de relever sa côte auprès des femmes. Elle n'a réussi qu'à rassurer la base ultra-conservatrice sur son appartenance à la famille des clones de femmes de candidates républicains:
 



Paul Ryan a objectivement réussi son grand oral. A l'aise, drôle, il a totalement mis la salle dans sa poche. Quitte à mentir sans vergogne, mais son texte était écrit par la même plume responsable des discours de Dan Quayle, Dick Cheney ou Sarah Palin, c'est dire. Ryan a même eu le culot d'accuser Obama de ne pas avoir tenu sa promesse de maintenir une usine de General Motors ouverte. Non seulement cette usine a fermé pendant la Présidence Bush, mais Obama a sauvé GM de la faillite que préconisait Mitt Romney.

Le dernier jour a été à la fois le plus long et le plus drôle. Aux comiques habituels invités par Sean Hannity sur FoxNews (Sarah Palin, Rick Perry, Karl Rove...) s'est ajouté Clint Eastwood. Cette caricature d'Inspecteur Harry mêlée du Charlton Heston au pire de ses années NRAlzheimer a tout simplement totalement torpillé la convention. Et avec son charisme d'enclume, Mitt Romney s'est fait voler la vedette par le fantôme d'une star hollywoodienne balbutiant une discussion sans queue ni tête avec une chaise vide.

Pour clore le spectacle, Romney a fait du Romney. Commençant par fendre la foudre avec la grâce d'un robot mal huilé (il n'a visiblement pas l'habitude de serrer des mains sans signer de contrat dans la foulée), puis terminant perdu dans une mer de ses congénères, des ballon d'hélium peinturlurés aux couleurs de l'Amérique.

Romney a pourtant failli atteindre le graal que les storytellers du GOP s'étaient fixés, humaniser une personnalité sans âme, mais au moment où l'émotion a pointé dans sa voix, il s'est mis à livrer sa vision ultra-conservatrice du rôle de la femme au foyer. Ce candidat du IIIe millénaire est visiblement resté scotché dans les années 1950 avec ses idées du XIXe siècle.

La dernière journée était supposée faire le double parallèle entre Reagan-Carter et Romney-Obama, elle n'a fait que renforcer le ticket Obama-Biden, et ridiculiser Romney-Ryan en caricature de Bob Dole - Dan Quayle.

Sur le fond comme sur la forme, il n'y a absolument aucune photo entre les deux propositions. Romney ne peut plus compter que sur l'Europe pour bénéficier d'une rechute brutale de l'économie, et bien sûr sur ses puissants SuperPACs pour arroser les écrans publicitaires d'une propagande mensongère un peu plus efficace que cette interminable farce odieuvisuelle.


blogules 2012
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* voir sur blogules en V.O.:
3/3 - Romney's big night? A bitter sleeping pill:
http://e-blogules.blogspot.com/2012/08/romneys-big-night-bitter-sleeping-pill.html
2/3 - Lies, damned lies, and RNCs:
http://e-blogules.blogspot.com/2012/08/lies-damned-lies-and-rncs.html
1/3 - Total Un-Recall: RNC 2012 In Denial, Welcome to Tampa, FL (Fantasy Land)
http://e-blogules.blogspot.com/2012/08/total-un-recall-rnc-2012-in-denial.html
Bonus: Attack of the GOP First Lady Wannabe Clones:
http://e-blogules.blogspot.com/2012/08/attack-of-gop-first-lady-wannabe-clones.html

20100910

La chienlit n'est pas une fatalité

Un été animé par les scandales (bérézina sudafricaine, gloubi-boulga Woerth-Bettencourt...), une rentrée marquée par les grèves (savamment préparées par les attaques ciblées sur l'acteur clef de la réforme), une image internationale ternie par les expulsions de Roms (cette surprenante forme d'"émigration choisie" vient d'être condamnée par l'Europe)... la France a tendance à se disperser façon puzzle au moment où elle devrait concentrer toute son énergie sur le coeur de son réacteur républicain, dont l'existence est tout simplement menacée.

C'est d'ailleurs probablement le but de la manoeuvre. Au lieu de "correctionner", la Sarkozie "éparpille, disperse, ventile". C'est joli, les media adorent, et le public en redemande. Mais si l'on enlève tout ce "bruit", que nous reste-t-il au fond ? Des priorités essentielles, mais pas franchement partagées au plus haut niveau :
- économie : rétablir la dynamique du système en le faisant évoluer
- société : rétablir le respect mutuel au coeur du pacte républicain
- politique : rétablir les principes de séparation des pouvoirs au sein d'une république laïque

Economie ? Le "modèle français" ne peut tout simplement pas survivre en l'état (c'est le cas de le dire !), et fonce tout droit dans le mur. On ne peut pas demander plus - ni même autant qu'avant - à l'Etat sans lui redonner auparavant les moyens de ses ambitions. Cela passe par des réformes adaptées à ce siècle et aux tendances démographiques : on ne peut couper à une réforme des retraites, de la santé, de l'éducation, des services publics... Evidemment, en évitant le "modèle" Thatchero-Reaganien, et sans stigmatiser des éléments essentiels de la communauté : sa compétitivité de demain, la France doit également la forger par l'éducation, la santé, les services publics... Or si les réformes étaient plutôt parties d'un bon pied en 2007, l'approche a sensiblement changé, et le conflit n'est pas entretenu que par les "usual suspects", des syndicats arc-boutés sur leurs propres privilèges. On compte désormais des jeteurs d'huile sur le feu dans chaque camp : l'opposition joue la carte populiste pour 2012 quitte à pénaliser le pays tout entier, et au sein de la majorité, des petits malins s'amusent à ressusciter des antagonismes dépassés pour radicaliser le paysage politique national.

Société ? S'il y a un mot que M. Sarkozy n'a pas dans son dictionnaire, c'est bien "respect". Ou alors de façon dévoyée, comme le faisait George W. Bush en le grimant délibérément sous les couleurs de la crainte : un brillant marketing de la peur, de la haîne, de l'incompréhension mutuelle, de l'imposture du clash des civilisations, avec pour objectif l'implosion de la république au profit de ses pires ennemis, ceux de l'intérieur (voir
déclaration universelle). Rétablir le respect mutuel, c'est aller plus loin qu'avant, là où la république avait failli, en particulier vis à vis de ses fils et de ses filles issus de l'immigration. "Déporter" le débat en ostracisant la population "rom" relève du B.A.BA pseudo-nationaliste le plus abject. L'identité de la France se perd dans le repli identitaire. La priorité n'est pas d'expulser telle ou telle ethnie mais de redonner vie au pacte républicain, que tous les citoyens retrouvent l'envie d'y adhérer plutôt qu'à des discours radicaux d'ici ou d'ailleurs. Si l'on cesse d'atteindre aux libertés et si l'on rétablit l'égalité des chances, on donne sa chance à la fraternité.

Politique ? Je ne reviendrai pas sur l'imposture du "
traitre à la nation" : la trajectoire de Nicolas Sarkozy depuis son pacte de 2003-2004 ne laisse aucun doute sur sa volonté d'anéantir la république laïque, même s'il décide de réduire sa "surface radar" d'ici les élections. Il existe pourtant dans ce pays (et même ce gouvernement) des hommes et des femmes de bonne volonté, soucieux de réaffirmer les principes vitaux de la république et exposer les imposture, mais c'est dans les six mois à un an qu'ils doivent former leur plateforme dans la perspective de 2012.

Les Etats-Unis sont certes capables de redonner en Novembre prochain la majorité à ceux qui ont plongé leur pays et le monde au bord du précipice, mais ils ont été aussi capables, grâce à un sursaut unanime de la majorité modérée, d'empêcher le pasteur Jones, un authentique ennemi de la nation, d'autodafer des Corans ce 11 Septembre.

La destruction de la république française n'est pas une fatalité.

blogules 2010

20100713

RightNetwork

Une filiale de Comcast va prochainement lancer sur les réseaux câblés RightNetwork, une chaîne TV déjà partiellement en place sur le web, et qui comme son nom l'indique penche plutôt à droite et n'envisage pas un instant de douter d'elle-même.

La bande-annonce ci-dessous donne un aperçu du positionnement : conservateur de chez conservateur, revendiquant clairement l'héritage Washington, Lincoln, Reagan, et une ligne éditoriale "pro-America, pro-business and pro-military", également formulée "All that's right with the World" (! ... RightNetwork a au moins la décence de ne pas se présenter comme pro-oil en pleine crise au Golfe du Mexique) :



Vous l'avez reconnue, c'est l'Amérique qui se lève tôt et travaille plus pour gagner plus, les bonnes industries qui font les bons emplois, la bonne agriculture qui nourrit de bons gros bébés, la bonne TV qui éduque les bonnes masses : des sport de real men, de l'humour "Right2Laugh", et un cocktail "Politics&Poker" auquel ne manquent que le whisky et les petites pépées. Comme souvent avec les trailers politicards US, on se voit infliger une musique et des sourires aussi naturels qu'une parodie Naked Gun, et ça marche. L'oeil exercé notera la quasi absence de mystique religieuse, une rupture assumée avec la mouvance Bush Fils - Palin.

Derrière ce nouveau venu du paysage audio-visuel américain : l'acteur Kelsey Grammer, alias "Frasier" ou plus récemment le Stinky Pete de Toy Story 2... et ces derniers temps "La Cage aux Folles", dans le rôle "viril" de Georges - pas très Bible Belt non plus.

Ce Républicain bon ton se verrait bien faire carrière dans la politique : à 55 ans, il est plus jeune que Schwarzie et a l'avantage d'être né aux States. Enfin dans les Iles Vierges US, qui ont techniquement été rattachées aux Etats-Unis en 1917, pour les ceusses qui voudraient refaire le coup du passeport haïtien d'Obama. Question notoriété et légitimité politique, il part avec un handicap par rapport à Lou Dobbs, candidat possible pour 2012, mais Grammer tentera probablement d'abord un job de Gouverneur plus à sa portée. Difficile de faire aussi bien qu'Al Franken, l'ancien de SNL élu Sénateur du Minnesota pour les Démocrates.

Tout cela confirme quelque part le néant idéologique dans lequel navigue le Parti Républicain, et le fait que la politique relève plus de l'entertainment de ce côté-là de l'Atlantique.

Quoique.

Notre comique sur talonnettes et son compère italien ne se défendent pas mal non plus.

blogules 2010

20081008

Second débat : le XXIe siècle l'emporte sur le XXe


Mac est parvenu à ne pas péter les plombs... mais la caméra a fini par le trahir, vert de rage en arrière-plan, à se cramponner au dossier de sa chaise pendant qu'Obama déroulait son propre tapis rouge vers la Maison Blanche (le matériel n'a pas cédé et c'était bien là la seule différence avec Amy Poehler / Hillary Clinton pendant le premier sketch de Tina Fey / Sarah Palin sur SNL).

Peu importe. John McCain n'était pas là ce soir. On a eu droit à une espèce de débat très, très, très mal géré par Tom Brokaw*, mais le héros était Missing In Action. Inaudible, ratatiné dans une moquette aux couleurs d'un parti trop grand pour lui, sonnant creux dans toutes ses attaques comme dans toutes ses envolées supposées lyriques, scotché avec Teddy Roosevelt et Reagan quand son adversaire parlait du XXIe siècle. Ringard, fini, avec un énorme "loser" imprimé sur le front. 

Il n'a même pas osé prononcer une seule fois le mot "maverick", c'est tout dire. "I know how to" ("je sais comment faire"), ça, oui, à maintes reprises... mais sans plus de précisions. Barack Obama s'est permis de concéder ironiquement qu'effectivement, "il ne comprenait pas"... pourquoi Bush et McCain avaient engagé l'invasion de l'Irak au lieu de lutter contre le terrorisme là où il était réellement, qu'effectivement, il était en faveur d'un "gouvernement plus intrusif"... pour s'intéresser de près à ce que les grosses entreprises faisaient des faveurs qu'il leur accordait.

Barack Obama n'a rien apporté de vraiment nouveau depuis le dernier débat, mais il est autrement plus clair sur qui il est, où il veut aller et comment il compte le faire. Surtout, le public américain doit se sentir de plus en plus confortable avec l'idée de l'avoir pour Président. 

Quelques cheveux blancs de plus (merci Hurricane Hillary), un costume mieux taillé (moins de galons sur les épaules, mais quelles épaules !), et un discours sans équivoque sur son rapport aux vrais terroristes ("kill Bin Laden")... Obama en impose, il a les idées claires, il est le Commandant en Chef qu'on a envie d'écouter, le leader auquel on a envie de confier la barre dans la tempête.

Inversement, la "vision du futur" de John McCain ressemble de moins en moins à la Maison Blanche. A la limite, une "october surprise" à la Dick Cheney (genre Ben Laden sort un CD de ses greatest hits) ne suffirait pas à le sortir du trou.

McCain a perdu la bataille sur l'économie. McCain a perdu la bataille sur la santé. McCain a perdu la guerre sur l'Irak et l'Afghanistan***...

McCain a tout simplement perdu la guerre en McCainistan.


* le grand perdant du soir : incapable de respecter les règles du jeu (y compris quand McCain a serré la main d'un membre de l'audience), et ridicule sur le coup du prompteur à la fin du débat.
** merci Sarah d'avoir définitivement grillé cette cartouche contre Biden le 2 octobre
*** Il a limité la casse sur la Géorgie de son ami Sakashvili ; drôle de compensation

20080520

Neocons, theocons et paleocons

En cette année électorale, un rapide point sur les trois familles de conservateurs les plus suivies aux Etats-Unis. Chacune "évoluant" avec ses tendances propres:

* le phénomène neocon retombe :
A l'opposé du conservatisme traditionnel relativement peu interventionniste à l'international, les neocons se sont vu confier les commandes du navire avec les résultats que l'on connait. Totalement déconsidérés (certains leaders charismatiques se sont désolidarisés du mouvement), les néocons ont été partiellement remplacés par des Reaganiens dans l'entourage de Bush. Dick Cheney lui-même commence à sentir le vent du boulet : des Républicains mettent l'inattendue défaite de Greg Davis au Congrès sur le compte de la récente visite du Vice-Président au Mississipi. De moins en moins en odeur de sainteté, Dick Perle et compagnie ne désespèrent pas d'un nouveau grand soir. Et à propos d'odeur de sainteté...

* la vague theocon se cherche un nouveau leader :
Ces fondamentalistes (à ne pas confondre avec les évangélistes light dont certains seraient près à suivre Obama) sont les véritables gagnants du double mandat Bush - l'un des leurs. En dépit des actes d'allégeance de McCain (conférence au Discovery Institute, déclarations en faveur d'une Cour Suprême ultraconservatrice révoquant Roe vs Wade, discours messianiques invoquant la lutte contre le Mal...), ils n'ont toujours pas confiance en lui et cherchent à le renverser d'ici la Convention Républicaine, ou a minima à lui imposer un véhicule plus proche de leurs "valeurs" à la Vice-Présidence (Huckabee ?). Sans leur soutien, McCain n'a aucune chance... et s'il obtenait leur soutien, il donnerait à Obama l'occasion idéale de le swiftboater en exposant ses contradictions fondamentales.

* les paleocons ne savent plus où donner de la tête :
Ils n'ont pas évolué depuis des lustres et avaient déjà beaucoup perdu d'influence après la révolution "idéologique" reaganienne. Ils conservent néanmoins un certain poids électoral et suivront le mouvement. Une partie pourrait rejoindre, à l'instar des Reagan Democrats, la voie Obamienne ou pourquoi pas - acte contestataire suprême -libertarienne avec Bob Barr (cf "
Bob Barr - pro-liberté ou anti-Obama ?" - 20080513).

En bref et comme prévu (cf "
Red Blogule to the Bush system - Prevent a New War of Secession" - 20041101, ou plus récemment "GOP : Time to Split" - 20080113), le GOP va mal, et la meilleure chose qui pourrait lui arriver serait une nette victoire d'Obama en Novembre.

Même si certaines valeurs conservatrices ont gagné du terrain sur l'échiquier, et même si la droite religieuse marque des points à gauche, le pays ne peut toujours pas faire l'économie d'une déclaration d'indépendance contre le fondamentalisme (cf "
Universal Declaration of Independence From Fundamentalism" - 20070809).

20070715

USA - confusion entre Etat et Parti Républicain ?

(en réponse à un article dénonçant la confusion entre l'Etat US et le Parti Républicain depuis 2001)

Bush n’est pas un Républicain: il est avant tout un fondamentaliste. Et son premier mandat a été caractérisé par un shuntage systématique des organes de contrôle nationaux et internationaux à commencer par le Congrès, pourtant du même bord. Le cercle restreint autour du président s’est ainsi mis à dos les conservateurs reaganiens, dont certains ont même milité contre Bush en 2004.


Pendant cette campagne, j’essayais également de convaincre des Républicains de ne pas voter pour Bush puisqu’il ne défendait ni les intérêts ni les valeurs de leur parti, et qu’une victoire de Bush en 2004 signifierait une implosion du parti. Au-delà du rift conservateurs / néo-conservateurs / pragmatiques, la fracture s’annonçait entre démocrates (sans la majuscule) et théocrates.

Car si confusion il y a eu au plus haut niveau de l’Etat, c’est bien entre politique et religion... ce qui me semble autrement plus dangereux, comme en atteste le "succès" de cette dream team.

Si Dubya conserve tout son pouvoir de nuisance depuis les élections de 2006, son entourage direct se trouve sur la sellette et Cheney a quelque peu perdu de son influence au profit de l’arrière garde reaganienne et d’amis de papa George Herbert Walker Bush.

Notons que ce dernier n’est pas un fondamentaliste mais quelqu’un de plus pragmatique et porté sur l’argent, ce qui se sent au niveau de ses fréquentations (plutôt le Révérend Moon que Billy Graham). 41 a de qui tenir: son propre père Prescot Sheldon Bush aura plutôt bien travaillé avec les Nazis...

20070202

Sarko devisse, Sego cravache, Jacquot derape - Blogule rouge a la rase campagne

Le Petit Nicolas n'y est visiblement pas. J'avais déjà été surpris par son langage corporel pendant sa grand messe d'intronisation* le mois dernier mais depuis, l'impression se confirme : un ressort semble s'être brisé. Comme si... comme s'il savait déjà qu'il allait plonger. Le coup des RG ? Une nouvelle Céciliade ? Une planche savamment savonnée par un quarteron de crypto-gaullistes pas encore à la retraîte ?

On pense bien sûr à un ultime coup de poignard de Chirac à son ancien protégé. Le sortant ne s'est pas encore avoué sorti et guette avec intérêt les errements des 46 candidats déclarés.
Mais Jacques a sorti une belle bourde à des journalistes français et américains médusés. Une réflexion en off sur la crise irano-américaine plus proche de la blague antisoviétique de Reagan que des errements peu diplomatiques de Madame Michu Royal, mais une bourde tout de même.
Bové s'est présenté malgré des intentions de vote inférieures à celles de Marie-George Buffet, sans même attendre une petite semaine pour avoir le verdict sur son nième jugement. Une petite semaine qui rappelle le délai généreusement accordé par le Gouvernement aux candidats pour la collecte des 500 signatures. Une semaine qui lui permettra de jouer aux martyrs en cas de condamnation : vous voyez, on veut me faire taire.

Ségolène se l'est joué cuir noir hier. Une rupture sur la forme à défaut d'avancer sur le fond. Peut-être cette nouvelle carapace retardera-t-elle l'inéluctable dégonflement de la bulle, ou plutôt le démasquage de l'imposture.

François Bayrou se décide enfin à avancer timidement sur le boulevard qui s'ouvre devant lui depuis des lustres*. Malgré les bâtons peu élégamment déposés dans ses roues par l'Union Médiatique Prosarkozienne. Dernière pique en date ? Sarko Matin (Le Figaro) vient de ressortir des archives de l'INA les images de la claque portée par Saint François à un jeune beur soupçonné de lui faire les poches.

Je me demande ce que va donner ce choc des civilisations entre la droite la plus bête du monde, la gauche la plus archaïque d'Europe et l'extrême gauche la plus suicidaire de France.




* cf "Blogule rouge à Royal + ISF + Arnaud Montebourg = à gauche toute ?" (20070119)
** cf "
Blogule blanc a Francois Bayrou en access prime time" (20060902)

20060407

Blogule blanc a Scooter "Webring Crasher" Libby

Scoot the scoop Libby a avoué : à travers Dick Cheney, le Président a donné son aval pour lâcher aux journalistes l'info qui tue dans l'affaire Valerie Plame Wilson.
Ce coup-ci, à moins que l'Amérique ait définitivement vendu son âme, le dernier cercle doit sauter : soit George Bush se démet, soit son Vice-Président se sacrifie pour lui.
Favorite pour le poste de VP, Condi Rice se rapprocherait ainsi de "son mari" dans la dernière ligne droite avant 2008. Voire de l'investiture suprême, pour peu que Dubya Himself chute dans le premier double impeachment de l'Histoire.
En attendant, elle n'a pas grand chose à craindre des Démocrates : toujours en retard d'une guerre, Hillary Clinton a dégainé sa Bible pour séduire les fondamentalistes... et le reste de la bande laisse le débat politique aux seuls Républicains ! Le vrai choix de société ? Bushites vs Reaganiens.

Bah... ces ânes ne sont pas à une élection perdue près...

20050313

Blogule rouge au Contra-terrorisme

Le scandale des Contras aura contribué à ternir les années Reagan, mais les Etats-Unis ont vite oublié cette époque (révolue ?) où ils sponsorisaient la torture et le terrorisme. L'ambassadeur au Honduras de l'époque a longtemps traîné ce boulet, mais tout le monde a le droit à l'erreur et John Negroponte aura moins essuyé de critiques pour sa nomination à la tête de la sécurité nationale que pour sa nomination aux Nations Unies. Le problème c'est que 3 autres hommes impliqués dans le scandale des Contras ont reçu d'importantes promotions depuis les élections de novembre :

  • John Poindexter : le nouveau directeur de l'Information Awareness au Pentagone avait été condamné à 5 reprises dont une pour avoir menti au Congrès.
  • Elliot Abrams : il plaida coupable avoir caché de l'information à propos du scandale, mais 5 ans après Bush Ier le réhabilita et maintenant Bush II l'a placé à la tête de sa division Moyen-Orient.
  • Otto Reich : il avait mené une propagande totalement illégale en faveur des Contras et il est maintenant en charge des affaires relatives à l'Occident.

Donc, dans cette merveilleuse Administration, le chef de la justice a assuré la promotion de la torture, et les personnes en charge du contre-terrorisme et de la diplomatie ont supporté des actions illégales de terrorisme et de torture. Vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous voulez une promotion.

20050223

Blogule rouge aux illuminés - Fou d'Ali

Un jeune Saoudien croupit en prison depuis plusieurs mois pour avoir projetté un attentat contre Bush. En la matière, Chirac aura été un poil plus "reaganien" en essuyant l'écho du feu d'un illuminé... Mais depuis le Vietnam, il est écrit que Dubya éviterait les balles le plus en amont possible.

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