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20100523

10bis Downing Street vs The Rand Paul Corporation

La lune de miel entre John Steed / David Cameron et Emma Peel / Nick Clegg ne devrait pas durer bien longtemps. S'ils ne s'étripent pas sur les réformes électorales, les co-locataires du 10 et du 10bis Downing Street ont suffisamment de points de discorde pour en venir aux mains.

Le budget et les impôts, tiens : de quoi renforcer la côte de popularité de Gordon Brown, désormais voué au rôle de sage de Saint Chamond Ecossais. Les électeurs ont la mémoire courte : ils retiendront le Brown de 2008, pas celui qui torpillait l'économie de la nation aux côtés de Tony Blair...

Aux States, Ron Paul vient de placer son fiston Rand en contrepoids à Sarah Palin pour récupérer le Tea Party. Et si Junior a la capacité d'animateur de réseaux sociaux de papa, Palin a du souci à se faire pour 2012. Les électeurs de la droite alternative US auront le choix entre deux dystopies : l'anarchie "libertaire" des Paul et la dictature théocratique des Bush-Cheney.

Cette dernière vient de marquer des points au Texas : le State Education Board vient de passer des réformes pour apprendre aux jeunes élèves que la séparation de l'église et de l'Etat ne figure pas dans la Constitution, ouvrant la porte au fondamentalisme et à son avatar l'Intelligent Design. Espérons que la Cour Suprême mettra un terme à cette nouvelle attaque contre la démocratie.


Mais revenons à nos Shetlands. Tout le mal que je souhaite aux Travaillistes britanniques est de profiter de ce moment de repit pour revoir leurs fondamentaux. Ils ont fait un premier pas au milieu des années 90 en introduisant un peu de réalisme dans leur programme économique, mais à l'instar des Travaillistes israéliens**, c'est plus sur le plan moral que le gros du travail reste à faire.

blogules 2010

* voir "
The Avengers (2010)"
** voir "
Il est encore temps de sauver Israël"

20080317

Les conservateurs poussent Clinton

Quel a été l'impact de l'appel au vote Hillary lancé par Rush Limbaugh ? Fort des ses millions d'auditeurs, L'animateur ultra-conservateur a peut-être aidé la candidate à maintenir son avance la semaine dernière au Texas comme il le soutient*. Les sondages sortie des urnes évaluent les votes de supporters Républicains en faveur de Clinton à 119.000 au Texas, 100.000 pour l'Ohio, et 38.000 au Mississipi**. Clinton a gagné largement dans l'Ohio (228.781 voix d'avance) mais de seulement 101.029 voix aux Primaires du Texas (Obama gagnant les Caucus avec 5.298 voix d'avance). Si l'on retirait les votes GOP en sa faveur dans le Mississipi, Hillary se retrouverait avec moins de 29% des votes au lieu de son score déjà peu flatteur de 37%.

Plus que les chiffres et le profil caricatural de Limbaugh (un soutien bien plus embarrassant que celui de Louis Farrakhan en faveur de Barack Hussein), c'est l'argumentaire qui fait mal : personne ne haît Obama, il a plus de chances de battre McCain et Clinton est presqu'aussi conservatrice que ce dernier, donc je préfère la voir gagner les primaires Démocrates pour que les Républicains conservent une chance de gagner en Novembre.

A rapprocher du discours de certains ultra-conservateurs, qui au plus fort de la campagne anti-McCain de l'aile droite du parti disaient qu'entre le Sénateur de l'Arizona et celui de New York ils seraient presques tentés de voter pour le second.


Electoralement parlant, ce calcul semble un poil plus efficace que l'appel au vote Nader***.

En attendant les prochaines primaires et en particulier la Pennsylvanie promise sauf coup de théâtre à Hillary, Obama grignotte quelques superdélégués à un rythme... de Sénateur. Clinton progresse encore moins vite, d'autant qu'elle voit certains soutiens se désister en faveur de son concurrent, d'autres se retirer dans une position d'attente, et même dans le cas d'Eliot Spitzer (le Gouverneur de New York), se faire surprendre dans une position évoquant moins celle de l'avocat des nobles causes que celle du missionnaire.

L'Amérique n'a pas su placer les élections de 2004 sur le bon terrain de la morale. Il est encore temps de corriger le tir pour 2008.

* cf "Measuring the Limbaugh effect" (20080308)
** cf "
Many voting for Clinton to boost GOP" (20050317)
*** cf "Never say Nader again" (20050225)
**** cf "Superdelegate Endorsement List" (actualisé presque quotidiennement)

20080301

3:10 pour Yuma et New York

Dans la guerre des Sénateurs, le Kid de l'Illinois vient de renvoyer le Old Timer de l'Arizona et la Calamity Jane de New York dans les cordes.

Mis en doute sur sa capacité à gérer les urgences du "téléphone rouge", Barack Obama s'avère un répondeur hors pair. On savait déjà que sa voix portait fort, il prouve maintenant que ses oreilles décollées servent à quelque chose - à capter la moindre faille de ses adversaires aujourd'hui, à être vraiment à l'écoute de ses concitoyens demain (et pas au sens Echelon du terme, comme le Président actuel).

Dans la dernière ligne droite avant les primaires décisives au Texas et dans l'Ohio, l'équipe de Hillary a diffusé un spot pour le moins anxiogène et digne de Terminator : au milieu de la nuit, un téléphone sonne avec insistance. Il est trois heures du matin et les enfants dorment, sans savoir la terrible menace qui pèse sur leur existence même. "Votre vote décidera de qui répondra à ce coup de fil". Sous entendu : c'est le téléphone rouge, qui symbolise la négociation avec les plus grands Chefs d'Etat et au-delà la décision de l'usage de l'arme nucléaire, vous votez pour le Commandant en Chef, celui qui doit décider seul à tout moment de la journée et de la nuit, vous devez voter pour quelqu'un d'expérience comme le Sénateur Clinton.

En réponse, Obama a décroché... un uppercut de toute beauté : "en fait, on a déjà eu un moment "téléphone rouge" : c'était la décision d'envahir l'Irak. Le Sénateur Clinton a donné la mauvaise réponse. George Bush a donné la mauvaise réponse. John McCain a donné la mauvaise réponse".

Boum, boum, boum - K.O., la concurrence... Les puristes apprécieront le titre accordé à la seule Hillary et l'ordre d'apparition à l'écran : Clinton veut la première place ? La voilà, qu'elle assume... on voit le résultat de façon encore plus éclatante.

Cité en troisième, John McCain avait déjà eu droit à un mauvais moment sur le ring. Rebondissant sur une remarque d'Obama, qui n'écartait pas de nouvelles opérations en Irak si al Qaeda revenait après le retraît des troupes américaines, le Sénateur de l'Arizona avait claironné : "j'ai des nouvelles : al Qaeda est en Irak (...), et ça s'appelle 'al Qaeda en Irak'."

La réplique du Sénateur de l'Illinois : "j'ai des nouvelles pour John McCain, c'est qu'il n'y avait aucune trace d'al Qaeda en Irak jusqu'à ce que George Bush et John McCain decident de l'envahir."

Ouille.

Cela fait penser à un certain Cassius Clay. Au-delà de la grande gueule et du jeu de jambes, le monde a compris qu'il avait affaire à un sacré puncheur.

Et à la différence de Mohammed Ali, cet homme n'aura probablement pas besoin de se convertir à l'Islam ni de changer de nom pour parler de paix.

20080225

Never say Nader again

C'est cette période de l'année. Au moment où tout le monde se prépare pour le duel final, Ralph Nader annonce sa candidature.

Cette fois-ci encore, son étiquette d'Indépendant n'est qu'un leurre.

Et cette fois-ci, sa cause est ouvertement personnelle : l'ancien avocat des nobles causes se déclare essentiellement motivé par une revanche contre le Parti Démocrate, coupable à ses yeux d'avoir comploté contre sa candidature en 2004, où il n'avait finalement pu se présenter que dans 34 Etats et ne récolter que quelques dizièmes de pourcent de votes au niveau fédéral.

Ralfie ne peut décemment pas blâmer le Parti Républicain, compte tenu du soutien sans faille que lui avaient accordé les lobbies conservateurs dans cette quête - je n'ai pas oublié non plus l'appel sans ambage des Citizens for a Sound Economy - see "
Red blogule to Ralf Nader - Independent Days are over" - 20040822).

L'assassin du Président Gore a une nouvelle mission : tuer le candidat Démocrate, homme ou femme, noir ou blanc. Et compte tenu de sa capacité à syphoner les votes "liberals" comme des termes presqu'élogieux employés pour qualifier Obama, Hillary peut réellement s'exclamer : "wow - ça c'est vraiment un mauvais signe".

Le Sénateur de l'Illinois est un poil plus précis dans sa lecture de l'événement : il rappelle amicalement à Nader la qualité de ses actions passées au service des plus faibles, un peu moins amicalement la qualité médiocre de son jugement en 2000, lorsqu'il qualifiait Bush et Gore de bonnet blanc et blanc bonnet, et termine en affirmant avec l'accent de populisme propre à cette dernière semaine de campagne avant le choc Texas-Ohio que "sa fonction d'éternel candidat n'apporte pas de quoi manger sur la table des travailleurs".

Dans une comédie de boulevard, Mike Bloomberg choisirait ce moment pour arriver par la fenêtre, sans attendre les résultats des Primaires : le duel Obama-Clinton risque de s'éterniser jusqu'à la Convention Démocrate, et les théocons sont en passe de réussir l'"impeachment" du candidat McCain (au point de remettre Huckabee en scène et de donner des regrets à Romney ?).

Et on n'en est même pas à cette époque de l'année où on commence à compter les trous dans les cartes de bingo dans les urnes en Floride...

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Initialement publié sur blogules en VO : "
Never say Nader again" (20080225)

20071031

Scoop : une execution, ça fait mal

Contre l'avis de ses membres les plus conservateurs (Samuel A. Alito Jr. et Antonin Scalia), la Cour Suprême a décidé de suspendre l'exécution d'un condamné à mort au Mississipi en attendant de statuer sur un autre cas au Kentucky*. Pas sur le fond de la culpabilité du condamné, mais sur la forme de l'exécution : le cocktail chimique provoquant la mort par injection provoquerait des douleurs assimilables à une punition "cruelle et inhabituelle" et violerait ainsi le 8e amendement de la Constitution**.

Si je me réjouis naturellement de ce mini moratoire sur la peine de mort, il me semblerait tout aussi utile de se pencher sur d'autres cas de "cruel and unusual punishments" pratiquées par les Etats-Unis, en particulier dans le cadre de la prétendue lutte contre le terrorisme.

Le sulfureux Alberto Gonzales a décidément quitté à temps l'Administration Bush : si on commence à prendre des pincettes pour des criminels jugés en plus ou moins bonne et dûe forme par la justice américaine, que penser des anonymes enlevés illégalement, privés de tout droit et torturés aux quatre coins du monde avec la bénédiction des membres les plus éminents du gouvernement à commencer par un Commandeur en Chef anciennement Gouverneur du Texas et détenteur à ce titre des records d'exécutions capitales, avec le soutien sans faille de son conseiller de l'époque, un certain Alberto Gonzales ?

Envoyer des boys se faire déchiqueter en Irak au nom de la liberté et de la démocratie mais avec l'intention de renforcer la haîne, le terrorisme et le fondamentalisme, cela n'aurait rien de cruel et d'inhabituel ?

Exécuter l'esprit critique d'un peuple tout entier en lui diffusant Fox News ou Rush Limbaugh à longueur de journée, cela n'aurait rien de cruel et d'inhabituel ?

En attendant, la chaise électrique n'aurait pour sa part rien de cruel et d'inhabituel... il est vrai qu'à l'ère du S.U.V. roi, une petite pointe de consommation d'électricité ne change pas vraiment la donne.

* Baze vs. Rees, et non Raze vs. Bees. La piqûre fatale attendra donc (ô taon suspends ton vol).

** "Excessive bail shall not be required, nor excessive fines imposed, nor cruel and unusual punishments inflicted"

20060414

Blogule rouge aux visites d'Etat... de Washington

Hu n'aura pas droit à une Visite d'Etat en majuscule à DC, ainsi en a décidé George II. Washington déroulera néanmoins le tapis rouge devant le souverain chinois. Washington l'Etat, pas Washington la ville. Toute la royauté locale y mettra du sien : Microsoft, Starbucks, et même Boeing dont le siège a pourtant été déplacé à Chicago...
La délégation chinoise suivra de près le brief anti-terroristes que lui a concocté l'homme le plus puissant du monde. Bill Gates est aussi concerné que Hu Jintao : ces voyous (les terroristes) ne se contentent pas de menacer la propagande officielle de Beijing en évoquant l'emploi de bombes aussi sales que les droits de l'homme ; ils le font sans payer leur license à la firme de Redmond.

Mais l'Amérique d'en bas se passionne pour un sujet autrement plus stratégique : Houston déplore un Rocket défectueux made in China. L'objet mesure 2 m 28, s'appelle Yao Ming, et en aurait pour 6 mois d'indisponibilité. Un autre article importé par la NBA est carrément renvoyé à l'usine. A sa déchage (!), Wang Zhizhi a un nom aussi ridicule en Anglais que son prénom l'est en Français.

20051011

Blogule rouge a Harriet E. Miers - l'avocat du diable

La famille Bush est bénie, le Texas est béni, et Mr Bush est tellement "cool"... C'est l'avocate de 43bis qui parle. Et son boss vient ni plus ni moins de proposer à cette gentille courtisane une place à la Cour Suprême.
De qui se moque-t-on ?
De la proximité je veux bien, mais voilà un bien étrange raccourci pour prendre de la hauteur dans les sondages...
Dubya pouvait aussi bien nommer son garde du corps à la Défense et son épicier du coin au Commerce...
Oups. Autant pour moi : j'oubliais que Rummy faisait partie des anges gardiens de Junior et que Don Evans, avant d'être nommé Secrétaire au Commerce, récoltait les fonds de campagne du Tex Mec...

20050929

Blogule blanc au nettoyage ethique - impeachment please, et sans DeLay

Avec la mise en accusation de Tom DeLay pour un scandale de corruption remontant aux années Gouverneur du Texas de George W. Bush, le cercle se referme autour d'un homme qui ne doit un casier judiciaire vierge qu'à la puissante gomme de son puissant papa. Mais 41 ne pourra pas éternellement réparer les erreurs de 43bis*.
Désormais, aucun des aides du président n'a échappé à une mise en accusation, au feu nourri d'une commission ou (pour les plus faibles) au déshonneur de la démission. Plus que jamais, le pays est en faillite économiquement, socialement et moralement.
Un véritable samourai n'hésiterait pas une seconde : sepukku. Mais pour ce personnage amoral et sans scrupules, il n'existe qu'une issue : l'impeachment. Le plus tôt sera le mieux.

* pour ceux qui ont loupé les infos : la présidence d'Al Gore a été détournée en Novembre 2000 par GW Bush, et ce dangereux pirate de l'air a fait s'écraser le pays contre les tours jumelles de la honte et de l'infamie.

20050823

Blogule rouge a Tourminator et a Maury - drole de bras de fer avec Armstrong

J'aime beaucoup les éditions Amaury : leur indépendance vis à vis des Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne, leur bible du mardi et du vendredi (jamais sans mon France Football), ou encore l'Equipe quand elle se lance dans des enquêtes de fond...
J'aime un peu moins leur USA Today made in France (malgré la délicieuse campagne ciné "Le Parisien, il vaut mieux l'avoir en journal"), leur Stratégies / CB News du samedi (je préférais l'Equipe Magazine façon Sports Illustrated - évidemment pas pour le très teamsterien SI Swimsuit Calendar), ou encore l'Equipe quand elle se prend les pieds dans ses propres conflits d'intérêt.
J'organise le Tour de France par exemple : je lance une enquête sur Lance Armstrong des mois avant l'événement, je couvre l'événement en le magnifiant à outrance et je lance mon scoop suffisamment après l'événement pour ne pas ruiner la fête. C'est bien joli de laisser L'Equipe TV jouer aux Discovery Channel, mais la frontière se révèle ténue entre calendrier cyclique et calendrier cynique...

A propos d'acteurs, notons que Leblanc comme neige joue toujours aussi bien les vierges effarouchées et Hein Verbruggen les Ponce Pilate de service. Quant à Tourminator, à force de rouler aux côtés de son Texan préféré, il finira bien par décrocher un Tour du Capitol et qui sait, un poste d'éditeur dans une revue de culturisme.

20050405

Blogule rouge à Saint George

Les petits hommes aiment souvent rencontrer les grands hommes - sait-on jamais, avec leur rayonnement, il est toujours possible d'attraper un coup de soleil et une meilleure mine -, mais George II n'aimait pas trop rencontrer Jean Paul II de son vivant : un homme aussi têtu que lui mais un authentique homme de foi et de compassion, très critique envers son action en Irak... voilà qui lui renvoyait en pleine figure ses contradictions.
Alors Bush viendra se recueillir sur sa dépouille sans risquer grand chose : une couche de plomb filtre les rayonnements les plus nocifs entre les deux cercueils de bois. Saint George déploiera son immaculée auréole en faisant l'éloge d'un défenseur de la liberté (lui qui a aboli les droits de l'homme dans sa folie totalitaire), qui aura oeuvré pour le rapprochement des peuples (lui qui a attisé les haînes et les rancoeurs au service des fondamentalistes de tous bords), et d'un homme de compassion défendant la vie jusqu'au bout de l'espérance (lui qui a exécuté en masse les détenus dans les couloirs de la mort au Texas, en refusant systématiquement tout recours et toute grâce)... enfin, tous deux auront partagé quelques privilèges : se déclarer élus par Dieu et célébrer tout cela en brûlant quelques bulletins de vote.
Amérique, fille aînée de l'Eglise Télévangélique, qu'as-tu fait de ton prime time ? Mais je défends la liberté, très Saint Père, je défends la liberté, et par tous les moyens : agent orange hier, torture aujourd'hui... et si nécessaire, habemus napalm.

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