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20121108

Le changement, c'est quatre ans après

Il y avait des élections aux Etats Unis mardi, ainsi que dans la République Bananière de Floride:


Barack Obama a remporté un scrutin qu'il ne pouvait tout simplement pas perdre face à un brave type dont l'Histoire oubliera le nom, absolument pas taillé pour endosser les fonctions de plus haut représentant du service public, a fortiori pour représenter un parti trop déchiré pour gouverner*.

Sur le visage de Mitt Romney, j'ai lu le même soulagement que sur celui de John McCain quatre ans plus tôt**. Enfin libéré de ses impossibles contradictions après six ans de campagne, l'ancien Gouverneur du Massachusetts est pour la première fois apparu sincère et tourné vers l'avenir. Son discours de concession est le plus beau que j'aie entendu.

La course a été serrée, mais le résultat incontestable. Le seul leader au monde a avoir survécu à la Grosse Dépression a même pu se permettre d'entretenir tout seul le suspense en oubliant de faire campagne pendant le premier débat, un faux pas qui lui a sans doute coûté une encore plus nette victoire. Sans oublier les invraisemblables entorses à la démocratie constatées en Floride, dont on ne sait toujours pas si elles le priveront d'un paquet de grands électeurs bien mérités.

Une fois de plus, la supposée démocratie modèle a failli: six milliards de dollars ont été claqués dans une campagne très divisive, des fraudes obscènes révélées un peu partout (comme d'habitude, souvent en faveur du même parti), et une poignée d'Etats auront attiré trop d'attention pour les mauvaises raisons.

Nous revoici donc à la case départ:
- les Obama à la Maison Blanche (ne nous y trompons pas, Michelle Obama, le véritable cerveau dans cette superbe famille, est la première responsable de cette victoire, avant même son mari ou la formidable armada démocrate sur le terrain)
- les Démocrates au Sénat
- les Républicains à la Chambre des Représentants
- les gros chantiers à l'horizon (le budget, l'Euro, Israel-Palestine-Iran-Syrie, et un premier appel à 3h du mat' de la part de la Turquie)

Mais il y a de nouvelles raisons d'espérer:
- Sandy a fait tonner la voix des modérés au moment où celle des extrémistes était censée culminer: Chris Christie et Michael Bloomberg ont occulté les Karl Rove et autres Rush Limbaugh,
- les électeurs ont renvoyés à leurs chères études quelques protégés du Tea Party, ainsi que Richard Mourdoch, le dernier Républicain en date à s'être distingué par des commentaires odieux à propos du viol,
- signe des temps, il y a quatre ans la Proposition 8 rendait illégal le mariage gay en Californie et mardi, il a gagné du terrain dans trois Etats,
- J Street a placé 70 de ses 71 candidats, confirmant l'alternative progressiste à la toute puissante AIPAC

Une nouvelle chance est donnée aux Etats Unis d'Amérique souhaités par Obama dans son discours de victoire. John Boehner a de nouveau ouvert la porte de la négociation, espérant que sa propre base déchirée ne la lui reclaquera pas au nez.

Obama pourrait remplacer Hillary Clinton par John Kerry, le meilleur Secretaire d'Etat possible, et je l'espère aussi, Tim Geithner par quelqu'un de moins conciliant avec Wall Street.

Surtout, cette fois-ci, le Parti Républicain pourrait enfin imprimer le message et mener à bien sa nécessaire réforme, en commençant par écarter les extrémistes qui le rendent incapable de rassembler la nation: envoyer les néocons et les théocons aux oubliettes des années Bush-Cheney, terrasser le Tea Party avec un consensus ambitieux et raisonnable sur le budget, pointer du doigt les aboyeurs haîneux responsables de tant de défaites électorales, et bien sûr éjecter les racistes et sexistes scotchés dans un moyen âge encore plus repoussant. Pour 2016, le GOP devrait logiquement porter une candidature plus jeune et reflétant mieux la diversité ethnique de la nation.

L'homme qui a accéléré la réforme des Démocrates il y a vingt ans, Bill Clinton, n'a pas ménagé ses efforts pour sauver le soldat Obama, préparant le terrain pour Hillary Clinton 2016. Espérons que d'ici-là, il n'aura pas trop besoin d'Obamacare.

De toute façon, l'heure est également venue pour les Démocrates de dénicher de nouveaux talents.

blogules 2012 (initialement sur blogules en VO: "Forward. Hopefully, including for the GOP")
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* voir "Between balance and Ryan, Romney made his choice"
 ** voir "The Maverick is free again"
 *** voir "Grand Old Parting: fix your party before causing more damage to your country"

20120910

Passage à l'heure du thé: le Non-Président nous pose un lapin

Je viens d'embrayer la Convention Républicaine sur FoxNews*, la Convention Démocrate sur CNN**, et François Hollande sur TF1. Un joli arc démarré dans un univers parallèle, continué dans les étoiles, et achevé au beau milieu d'un champ de Corrèze, pieds nus dans la bouse.

Si la comparaison entre Romney et Obama était cruelle, que dire de Mr Trierweiler? 10 ans à fuir les décisions qui fâchent au PS, 10 mois à fuir les sujets qui fâchent en campagne, 10 semaines à fuir les dossiers qui fâchent à l'Elysée, Hollande avait tout du lapin paralysé sur la chaussée, les phares d'un poids lourd en pleine face.

Quand je dis "poids lourd", je ne fais naturellement pas référence à Claire Chazal, ce poids plume du non-journalisme de non-investigation, ni même à ces millions d'électeurs enfumés au printemps dernier, mais à ces décisions qui fâchent, à ces sujets qui fâchent, à ces dossiers qui fâchent, à tout ce sur quoi le père François a bâti sa carrière en le tartinant sur ses concurrents ou en le planquant sous le tapis.

Dire que François Hollande n'est pas à la hauteur est un euphémisme. Sarkozy non plus remarquez, mais pour différentes raisons. Non non, pas la taille: tous deux culminent à peu près au même nombre de centimètres. Sarko avait rabaissé la Présidence au caniveau? Flanby a purement et simplement refusé le job.

Hier, Hollande a dû enfiler le costume sombre de son prédécesseur, et après avoir joué la montre toutes ces années, fait - par écrans interposés - tomber la nuit sur Paris avec plus d'une heure d'avance. Manque de bol, au lieu de le rendre plus présidentiel, tout ça a fait ressembler notre pauvre lapin perdu sur la route au Lapin Blanc d'Alice. Il ne manquait plus que le Chapelier Fou et le Chat du Cheshire.

Résultat: donnez moi jusqu'à la fin de l'année pour que d'autres esquissent pour moi un embryon d'alternative crédible à mon non-programme et peut-être, d'ici deux ans, les mauvaises courbes finiront-elles par s'inverser, peut-être la dégringolade commencera-t-elle à ralentir, et avec un peu de chance, peut-être apercevrons-nous enfin le bout du tunnel de l'autre côté du miroir Made in China.

Le Non-Président nous a posé un lapin, et ne nous a pas franchement donné envie de le suivre puisque lui-même se pose en suiveur.

Contraste saisissant avec Barack Hussein Obama l'autre soir. Le Président, Le CEO, The Man in Charge. Cool et ferme, il tient le cap et mène le monde. Pas son meilleur discours, mais le meilleur possible compte tenu des circonstances. Bill Clinton s'est chargé d'électrifier la base, John Kerry de prendre de la hauteur, et Michelle Obama de recimenter la nation.

Autour de François Hollande, je ne vois personne. Tout juste des concurrents qui attendent que le ballon d'hélium se perde dans les limbes de l'Histoire, une Première Twitteuse de France qui règle ses comptes personnels, et des éléphants prolongeant leur éternel combat fratricide au beau milieu du magasin de porcelaine.

blogules 2012
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* voir "J'ai survécu à trois jours de Convention Républicaine sur FoxNews"

** voir "Sorry, Mitt. Barack is The President. And THE. Chief. Executive. Officer" (3/3), "Bubba Clinton rocks DNC 2012: GOP Unity My Ass!" "DNC 2012 Day 1: Come Together, Now"

20110404

Obama V2.0

Barack m'a envoyé un email sobrement titré "2012". Inutile de l'ouvrir pour comprendre de quoi il retourne : le POTUS ne veut pas causer du calendrier Maya mais de sa candidature aux présidentielles de l'an prochain.

A ce petit jeu, Obama demeure le favori. En dépit de sa claque reçue aux élections de mi-mandat. En dépit du relatif désamour dont il souffre auprès de la base "libérale au sens US" du Parti Démocrate (une base déçue par les compromis concédés lors des réformes de la santé et des finances). En dépit du regain de forme du Parti Républicain (il s'agit surtout d'un gain de formes : comme annoncé, ce parti s'avère plus éclaté que jamais).

Au rayon des satisfactions, quelques jolies breloques : un Prix Nobel, des paquets de lois ambitieux, deux nouvelles têtes modérées à la Cour Suprême, une gestion assez bonne du dossier Tunisien, et une image des States relativement restaurée à l'international malgré la formidable cagade des câbles révélés par WikiLeaks...

Au rayon des déceptions, je ressortirais une très mauvaise gestion de la communication pour la politique intérieure (totalement déconnecté du terrain, peut être trop protégé par Rahm Emanuel), et Israel pour l'international (n'a visiblement pas cherché à fâcher AIPAC pour faire passer ses lois, puis pour limiter la casse en Novembre dernier). A sa décharge, un contexte pour le moins rock'n roll : une grosse dépression sur le front économique, la pire catastrophe de l'histoire des States sur le plan écologique, le soulèvement populaire le plus vaste depuis la décolonisation sur le plan international...

Au final, le sieur Obama a gouverné au centre, plutôt convenablement, et montré certaines limites pas insurmontables pour peu qu'il se décide à changer quelques têtes dans son entourage. Dans un monde idéal, il serait confortablement réélu, puis virerait les Tim Geithner et autres Larry Summers, avant de se concentrer sur sa place dans l'Histoire et en particulier le cas Israélo-Palestinien. Largement défait, le Parti Républicain pourrait alors envisager sa réforme et un candidat pragmatique en 2016.

Dans le pire des scénarios, les Américains porteront un pseudo-Républicain populiste au pouvoir et couperont définitivement le pays en deux.

blogules 2011

20100323

De Cheri Bibi à Maudit Netanyahu ?

Dans la foulée du passage de la réforme du système de santé par les Démocrates ce week-end, les voix peuvent enfin s'élever aux Etats Unis pour dénoncer les provocations du gouvernement de Tel Aviv qui ces derniers temps cherchait une fois de plus* à exploiter le calendrier électoral américain pour faire bouger les lignes en faveur de l'extrème droite israélienne.

Et ça n'a pas trainé :
- J Street vient de publier une pleine page dans le New York Times pour denoncer les percées illégales en Palestine, qui "mettent en danger l'existence même d'Israël" (voir "
J Street : It's Time")
- Bibi vient de se faire chahuter devant l'AIPAC par le mouvement Codepink qui le met au défi de "construire la paix, pas des implantations" (voir sur Al Jazeera "
Netanyahu disrupted at AIPAC gala".

Il est encore temps de sauver Israël mais pour cela, Barack Obama doit pousser beaucoup plus fort qu'Hillary Clinton (encore trop conciliante avec l'AIPAC aujourd'hui) et Joe Biden (humilié par Netanyahu la semaine dernière). Sans craindre pour les élections de mi-mandat de novembre prochain. Si la réforme de l'assurance médicale était sa priorité en politique intérieure, le monde entier l'attend sur le dossier le plus fondamental pour la paix dans le monde.

blogules 2010

* voir posts précédents
en VF et en VO, ex "Il est encore temps de sauver Israël", "Netanyahu's al Aqsa intifada"

20090515

Cher Karl,

Cher Karl,

Dans ta dernière livraison révisionniste bi-hebdomadaire*, tu a pointé ton gros doigt ensanglanté vers Nancy Pelosi : VOUS avez supporté le waterboarding et les EIT ("Enhanced Interrogation Techniques" ou "Techniques Avancées d'Interrogation"). VOUS avez encouragé ce que vous les Démocrates appelez de la 'torture'.

Avant toute chose, Karl : quoi qu'ait dit ou fait Pelosi, le waterboarding EST de la torture. Pas de la 'torture' entre guillemets, et certainement pas tes très édulcorées "EIT".

Deuxièmement : beaucoup d'Américains (parmi lesquels des Démocrates) ont soutenu le Patriot Act, applaudi l'invasion de l'Irak, et même voté pour George W. Bush en 2004. Mais cela ne veut pas dire qu'ils étaient en faveur du fascisme, de la torture, d'Abu Ghraib, ou de
ce dangereux fondamentaliste qui a dynamité les initiatives de paix internationales pendant 8 ans. Tu n'as sans doute pas oublié cet homme... Lui n'a cessé de louer tes bons et loyaux services à sa cause en qualité d'"Architect" ou, pour reprendre son registre plus intime et affectueux, en qualité de "Turd Blossom".

Ces votes et soutiens massifs prouvent une seule chose, Karl : l'efficacité de vos Armes de Désinformation Massive, ce système fondé sur les mensonges délibérés et une propagande éhontée. Vous avez délibérément menti à Pelosi comme à Bob Graham** et à tous les Américains, vous avez trahi non seulement les valeurs fondamentales de votre pays mais la confiance de votre peuple.

Bon là j'ai peut-être l'air un peu mécontent mais en réalité, je suis très très soulagé que tu aies évoqué le sujet.

Puisque tu as choisi de braquer les projecteurs dans cette direction, ce ne seront plus seulement les infâmies commises par l'Administration Bush qui seront exposées, mais aussi sa machine à broyer les consciences qui a rendu possible leur acceptation par un peuple supposé vivre dans une démocratie modèle.

Enfin... J'adore t'écouter donner des leçons de morale sur la torture (elles feront aussi beaucoup rire les historiens), mais je tiens également à te rappeler que l'heure est venue de t'expliquer sur tes propres crimes, et en particulier dans cette affaire d'éviction de procureurs***...

En te priant d'accepter, Cher Turd Blossom, l'expression de mon mépris le plus sincère


* voir "
Congress and Waterboarding" - Wall Street Journal (20090514) et le dossier "spam" de ma boîte à lettres
** "
Graham: CIA Gave Me False Information About Interrogation Briefings" - Sam Stein, Huffington Post (20090514)
*** "
Rove to Be Interviewed Over Attorney Firings" - David Johnston - New York Times (20090514)
---
Initialement publié sur blogules en V.O. ("
Rove v. Pelosi v. Rove v. America")

20081022

Le dernier combat

John McCain n’a plus le choix : son seul moyen de gagner l’élection est de faire perdre Obama, et avec les moyens dont il dispose (quatre fois moins de staff que son rival en Floride, 3 fois moins d’investissements publicitaires), les robocalls et les rumeurs negatives ont de loin le meilleur rendement.

Et ça marche : McCain limite fortement la casse et remonte dans certains Etats clefs dont la Floride (du moins avant l’annonce du ralliement de Powell a Obama).

A ce stade, peu lui importe les moyens et les incoherences de son argumentaire :

Obama a fait ami-ami avec un "terroriste" ? Le Bill Ayers qu'il a connu est un ancien citoyen de l'année à Chicago, suffisamment respectable pour figurer au même conseil d'une association caritative gérée par des Républicains. McCain se garde bien de parler de sa présence au board de l'USWCF au moment précis où ce repaire de nazillons notoires semait la terreur en Amérique Centrale.

Obama "menace la démocratie" avec les faux électeurs d'ACORN ? Pour gonfler leurs stats de recrutement des indélicats ont bien enregistré des célébrités comme Mickey Mouse à l'insu de leur plein gré, mais ACORN n'a rien à voir avec la campagne Obama-Biden ni même avec le Parti Démocrate. Et McCain se garde bien de parler de YPM*, de ces 200,000 électeurs interdits de vote en Ohio avant que la Cour Suprême fédérale ne vole à leur secours**, de ce site chargé de gérer le vote (toujours en Ohio) piraté, ou encore de ces très étranges bugs constatés sur les machines de vote électronique dans la plupart des Etats proposant le vote anticipé***.

Obama propose une plateforme "socialiste" ? Mais bien au contraire, le Sénateur de l'Illinois se bat pour sauver l'économie de marché que John McCain a contribué à enfoncer dans la crise... et que je sache, John McCain a bien voté le même plan socialisant les pertes de Wall Street et autorisant les prises de participation dans les grands groupes privés US.

Obama ne partage pas les valeurs de l'Amérique profonde ? Mais justement, Barack veut restaurer les valeurs qui ont fait rayonner ce pays dans le monde, tandis que John McCain s'est littéralement prostitué auprès des pires ennemis de l'Amérique pour devenir président. Quant à la foi, celle d'Obama est sincère et profonde, tandis que l'opportuniste McCain se contente de réciter sans conviction les mantras de ceux qu'il cherche à séduire.

Comme le disait fort justement Bertrand Russell, "tout le problème de ce monde, c'est que les idiots et les fanatiques sont toujours tellement sûrs d'eux-même, alors que les sages sont tellement pleins de doutes".

* Young Political Majors : cette officine mandatée par le Parti Républicain fait l'objet de nombreuses enquêtes pour des fraudes électorales couvrant plusieurs états (ex plusieurs dizaines de Démocrates ont découvert qu'une pétition qu'ils avaient signée à la sortie d'un mall les avait fait basculer dans le camp Républicain). Le patron de YPM vient d'être arrêté au Canada (cf "
Drop ACORN, pick up YPM").
** d'où
une fois de plus l'importance vitale de cette élection
*** ex en Virginie Occidentale, le nom du candidat Républicain apparaît quand on choisit le candidat Démocrate - au New Jersey, la Cour Suprême enquête sur les défauts de sécurité des équipements de vote - en Floride, nombreuses pannes hier, jour d'ouverture et d'affluence record...

20080827

Service Minimum

Un hommage aux personnalités de Michelle Obama, Joe Biden et son épouse, rien de franchement chaleureux pour Barack himself : Hillary Clinton a rempli sa mission à l'occasion de la Convention Nationale Démocrate de Denver, mais sans faire plus que le job demandé et dans ce qui ressemblait un peu trop à un discours de sa propre campagne.

Au lieu de pousser crescendo le candidat officiel dans la foulée de Brian Schweitzer (le Gouverneur du Montana avait parfaitement chauffé la salle au préalable), Clinton est revenue en boucle sur elle-même. Parfois, on sentait qu'elle pouvait franchir le pas et faire basculer jusqu'au plus récalcitrant de ses militants : elle a tenu à plusieurs reprises toute la salle avec brio, mais c'était pour mieux revenir à chaque fois sur sa relation personnelle avec ses fidèles, et casser la dynamique unitaire.

A l'inverse, ses appels au vote Obama partaient systématiquement à contre-temps, sans lien logique avec ce qui précédait. Le vote Obama apparait comme un vote contre Bush et un vote pour les Démocrates, pas un vote pour Barack Obama.

Le Sénateur de New York a néanmoins parfaitement maîtrisé son body language, et ordonné à ses troupes de se poser les bonnes questions : ont-elles voté pour Hillary ou pour elles-même, pour leurs proches, pour l'Amérique ? Peuvent-elles voter ensuite McCain et se regarder dans une glace ou pire, confronter le regard de leurs descendants ? "You haven't worked so hard over the last 18 months, or endured the last eight years, to suffer through more failed leadership. No way. No how. No McCain."

Au final : une prestation par moment brillantissime mais insuffisante pour totalement effacer le malaise.

20080524

Hillary en appelle au meurtre

La candidate a une fois de plus franchi la ligne jaune.

Dans le pire des contextes (quelques jours après l'annonce de la tumeur maligne de Ted Kennedy), Clinton n'a pas trouvé mieux, pour justifier l'intérêt de continuer les primaires en juin, de rappeler que c'est en juin que le candidat Robert Kennedy s'était fait assassiner*.

Si je suis un supporter fanatique d'HRC, je me pose des questions : c'est un appel au meurtre ou quoi ? Après avoir agité le spectre d'une "October Surprise" des conservateurs au cas où Obama remportait les primaires, ma candidate ne me livre-t-elle pas ici la recette d'une "June Surprise" encore plus abjecte ?

Bien sûr, tout comme MLK, RFK, JFK ou même Bill Clinton, Barack Obama n'est certainement pas Mr Perfect. Il est capable d'être dur, macho et pire encore dans ce métier un peu naïf. Mais ce n'est pas une raison pour le descendre.


Bien sûr, HRC n'est pas le mal incarné. Bien sûr, elle ne souhaite pas la mort de son adversaire. Mais quelque part qu'elle évoque indirectement ce cas de figure en dit long sur sa détermination à l'emporter à tout prix**. Ce faux pas pourrait lui coûter très cher à quelques jours d'une réunion décisive du comité du parti sur le cas de la Floride et du Michigan.

Il est grand temps d'en finir avec des Primaires qui n'ont jamais autant justifié leur nom.


* "We all remember Bobby Kennedy was assassinated in June in California" - ses excuses quelque temps après, devant le tollé soulevé : "I regret that if my referencing that moment of trauma for our entire nation and in particular the Kennedy family was in any way offensive. I certainly had no intention of that whatsoever".
** Quand j'évoquais le risque d'un attentat contre Obama en sinistre écho aux meurtres de Martin Luther King Jr et Robert Francis Kennedy 40 ans après (cf "
I had a nightmare" - 20080214), ce n'était tout de même pas à l'ex-first lady que je pensais !

20080507

Obama - Pelosi vs Operation Chaos

Cette fois c'est sans doute la bonne.

La courte victoire d'Hillary en Indiana avec l'aide décisive de Rush Limbaugh (une fois de plus - cf "
Les conservateurs poussent Clinton") ne pèse pas grand chose au regard de l'éclatant triomphe d'Obama en Caroline du Nord.

Le culbuto compte encore se relever en obtenant le 31 mai prochain la prise en compte de ses "victoires" au Michigan et en Floride (après avoir pendant des mois communiqué sur la barre des 2025 superdélégués nécessaires à la victoire, l'équipe de campagne mentionne désormais un "chiffre magique" de 2209)... mais la troupe des fidèles risque encore de s'amenuiser.

Les meilleurs ont déjà fui sa campagne persillentielle pour rejoindre le camp Obama ou attendre des jours meilleurs. Parmi les superdélégués non commis, plus grand monde ne voudra prendre le risque de prolonger inutilement la guerre de tranchées en affichant sa préférence pour Hillary.

Inversement, un tombereau de ralliements devrait venir gonfler les rangs d'Obama dans les heures qui viennent.

Aux supporters d'Hillary qui rêvaient d'une femme présidente, Obama pourrait apporter la meilleure des réponses en choisissant Nancy Pelosi comme co-listière. Pour le coup, un chef d'Etat dont on peut respecter le jugement.

Pendant ce temps-là, McCain a passé sa journée du 6 mai à courtiser l’extrème droite de son parti en se déclarant favorable à des nominations ultraconservatrices à la Cour Suprême (quitte à réviser sa position de 1999 sur Roe vs Wade).


A l’heure où le parti Démocrate termine sa petite guerre interne, le parti Républicain semble bien loin d’en avoir fini avec sa guerre civile.

20080317

Les conservateurs poussent Clinton

Quel a été l'impact de l'appel au vote Hillary lancé par Rush Limbaugh ? Fort des ses millions d'auditeurs, L'animateur ultra-conservateur a peut-être aidé la candidate à maintenir son avance la semaine dernière au Texas comme il le soutient*. Les sondages sortie des urnes évaluent les votes de supporters Républicains en faveur de Clinton à 119.000 au Texas, 100.000 pour l'Ohio, et 38.000 au Mississipi**. Clinton a gagné largement dans l'Ohio (228.781 voix d'avance) mais de seulement 101.029 voix aux Primaires du Texas (Obama gagnant les Caucus avec 5.298 voix d'avance). Si l'on retirait les votes GOP en sa faveur dans le Mississipi, Hillary se retrouverait avec moins de 29% des votes au lieu de son score déjà peu flatteur de 37%.

Plus que les chiffres et le profil caricatural de Limbaugh (un soutien bien plus embarrassant que celui de Louis Farrakhan en faveur de Barack Hussein), c'est l'argumentaire qui fait mal : personne ne haît Obama, il a plus de chances de battre McCain et Clinton est presqu'aussi conservatrice que ce dernier, donc je préfère la voir gagner les primaires Démocrates pour que les Républicains conservent une chance de gagner en Novembre.

A rapprocher du discours de certains ultra-conservateurs, qui au plus fort de la campagne anti-McCain de l'aile droite du parti disaient qu'entre le Sénateur de l'Arizona et celui de New York ils seraient presques tentés de voter pour le second.


Electoralement parlant, ce calcul semble un poil plus efficace que l'appel au vote Nader***.

En attendant les prochaines primaires et en particulier la Pennsylvanie promise sauf coup de théâtre à Hillary, Obama grignotte quelques superdélégués à un rythme... de Sénateur. Clinton progresse encore moins vite, d'autant qu'elle voit certains soutiens se désister en faveur de son concurrent, d'autres se retirer dans une position d'attente, et même dans le cas d'Eliot Spitzer (le Gouverneur de New York), se faire surprendre dans une position évoquant moins celle de l'avocat des nobles causes que celle du missionnaire.

L'Amérique n'a pas su placer les élections de 2004 sur le bon terrain de la morale. Il est encore temps de corriger le tir pour 2008.

* cf "Measuring the Limbaugh effect" (20080308)
** cf "
Many voting for Clinton to boost GOP" (20050317)
*** cf "Never say Nader again" (20050225)
**** cf "Superdelegate Endorsement List" (actualisé presque quotidiennement)

20080225

Propagande + contre-propagande = tout bénef pour les extrémistes

Je reprends ici ma réaction à une nième publication d'article d'autocongratulation des révisionistes du 9/11 sur AgoraVox*.

Que Bush ait exploité par la propagande le 11 septembre parait une évidence, que tout n’ait pas été mis en oeuvre pour prévenir les attentats un euphémisme... Mais les théories révisionistes niant la culpabilité d’al Qaeda relèvent tout autant de la propagande, et l’observateur peut se demander à qui profite cette comédie (à part le media AgoraVox, rémunéré à l’audience): aux islamistes certes, mais tout autant aux ultraconservateurs américains - en réalité, aux marchands de haîne de tous poils et de tous horizons.

Je ne m’adresse pas ici aux manipulateurs d’opinion qui contribuent à cette débauche de propagande / contre propagande mais à leurs victimes, qui les suivent en toute bonne foi. En tant que modéré et favorable à une victoire Démocrate cet automne, je les invite à prendre un peu de recul bien sûr par rapport à la propagande d’Etat de Bush, mais aussi par rapport à certaines théories du complot parfois orchestrées par les mêmes personnes.

Il y a eu et c’est incontestable une instrumentalisation du 11 septembre aux Etats-Unis par l’Administration Bush. La propagande a perverti la réalité pour déclencher l’invasion de l’Irak, mais surtout maintenu un état de terreur dans le pays pour mieux faire passer des lois liberticides et enfoncer le pays dans l’obscurantisme.

La contre-propagande niant de la culpabilité d’al Qaeda profite certes aux mouvements islamistes cherchant à recruter auprès des populations les plus crédules dans les communautés musulmanes choquées par la violence des attentats ("en fait c’est un coup des sionistes"). Mais elle profite bien au-delà à l’ensemble des extrémistes qui cherchent à miner la démocratie: soit en décridibilisant les media et en cherchant à séduire les amateurs de théories du complot, soit au contraire en renforçant la crédibilité de la propagande officielle en lui opposant une caricature tenant encore moins la route. En période électorale aux US, cela permet de ridiculiser le discours de l’opposition tout en le détournant des véritables accusations, beaucoup plus dangereuses pour le pouvoir en place.

Au final et indépendamment du nombre de "convertis", tout ce bruit contribue au climat de haîne et de doute des institutions, le terreau dont le fondamentalisme a besoin pour s’épanouir.


* "Le 11 septembre au Parlement Européen de Bruxelles" - 20070222. Sur le fond, l’argumentaire n’évolue pas. Bien que démonté à mille reprises il revient à la charge inlassablement avec une régularité de métronome. Sur la forme, le titre peut habilement faire croire que l’Union Européenne veut se pencher sur le sujet alors qu’il ne s’agit que d’une poignée de lobbyistes faisant son show dans les locaux de la démocratie européenne.

Never say Nader again

C'est cette période de l'année. Au moment où tout le monde se prépare pour le duel final, Ralph Nader annonce sa candidature.

Cette fois-ci encore, son étiquette d'Indépendant n'est qu'un leurre.

Et cette fois-ci, sa cause est ouvertement personnelle : l'ancien avocat des nobles causes se déclare essentiellement motivé par une revanche contre le Parti Démocrate, coupable à ses yeux d'avoir comploté contre sa candidature en 2004, où il n'avait finalement pu se présenter que dans 34 Etats et ne récolter que quelques dizièmes de pourcent de votes au niveau fédéral.

Ralfie ne peut décemment pas blâmer le Parti Républicain, compte tenu du soutien sans faille que lui avaient accordé les lobbies conservateurs dans cette quête - je n'ai pas oublié non plus l'appel sans ambage des Citizens for a Sound Economy - see "
Red blogule to Ralf Nader - Independent Days are over" - 20040822).

L'assassin du Président Gore a une nouvelle mission : tuer le candidat Démocrate, homme ou femme, noir ou blanc. Et compte tenu de sa capacité à syphoner les votes "liberals" comme des termes presqu'élogieux employés pour qualifier Obama, Hillary peut réellement s'exclamer : "wow - ça c'est vraiment un mauvais signe".

Le Sénateur de l'Illinois est un poil plus précis dans sa lecture de l'événement : il rappelle amicalement à Nader la qualité de ses actions passées au service des plus faibles, un peu moins amicalement la qualité médiocre de son jugement en 2000, lorsqu'il qualifiait Bush et Gore de bonnet blanc et blanc bonnet, et termine en affirmant avec l'accent de populisme propre à cette dernière semaine de campagne avant le choc Texas-Ohio que "sa fonction d'éternel candidat n'apporte pas de quoi manger sur la table des travailleurs".

Dans une comédie de boulevard, Mike Bloomberg choisirait ce moment pour arriver par la fenêtre, sans attendre les résultats des Primaires : le duel Obama-Clinton risque de s'éterniser jusqu'à la Convention Démocrate, et les théocons sont en passe de réussir l'"impeachment" du candidat McCain (au point de remettre Huckabee en scène et de donner des regrets à Romney ?).

Et on n'en est même pas à cette époque de l'année où on commence à compter les trous dans les cartes de bingo dans les urnes en Floride...

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Initialement publié sur blogules en VO : "
Never say Nader again" (20080225)

20080210

Le Super Saturday de Barack Obama

La Louisiane semble aussi bien partie que les autres scrutins du jour pour BHO : outre l'Etat du Sud, le Sénateur de l'Illinois raflerait donc la mise sur le Nord (Nebraska), le Nord-Ouest (Washington) et même par-delà les mers (Iles Vierges Américaines).

Nouvelle tendance ? Son solide Super Tuesday avait déjà été prolongé par une chasse aux donateurs plus fructueuse que celle de sa rivale Billary. S'il limite la casse en Nouvelle Angleterre ce soir (et a fortiori s'il l'emporte dans le Maine), Obama pourrait bien se présenter en position de force le 12 pour ce qui sera probablement la journée clef : le District de Colombia, la Virginie et le Maryland se prononceront, c'est à dire la capitale fédérale et ses alentours ; le coeur du pouvoir politique.

Bien au-delà des 240 délégués Démocrates en jeu sur ces trois Etats, une décision nette pourrait influencer de façon décisive les Superdélégués dans la perspective de la Convention. C'est confirmé depuis mardi, la différence se fera comme on le pressentait sur ces 796 représentants sur lesquels le commun des Démocrates n'a aucune prise les primaires et caucus en cours. Hillary Clinton aura le plus à perdre : le moindre signe de lâchage de l'establishment et de Washington, DC, et personne ne misera plus le moindre kopek sur elle.

Côté Républicains, le sursaut de Huckabee prouve à ceux qui en doutaient encore le poids des ultraconservateurs et des theocons dans le pays. McCain n'a plus Romney face à lui et les mathématiques ne sont pas en faveur de l'ex pasteur mais comme le rappelle fort justement Huck : "je n'ai pas réussi mes études dans les maths mais dans les miracles".

20061112

Blogule blanc aux Dems - la seule sortie possible de l'Irak

Sitôt Rumsfeld débarqué, Dubya a refilé la patate chaude irakienne aux Démocrates. Ceux-ci ont valeur à se dégriser vite fait de leur nette victoire aux élections de mi-mandat pour faire le ménage.

J'ai suggéré trois temps :

- une formulation claire d'excuses à l'attention de la communauté internationale et surtout du peuple irakien : l'Amérique a échoué parce qu'elle a renié sa propre identité, elle doit maintenant regagner le respect en redevenant respectueuse de ses propres valeurs. Les forces présentes en Irak ne doivent donc plus être considérées comme des forces d'occupation et d'invasion. Un mandat dans ce sens pourrait être à titre temporaire émis par le Congrès avec un appel du pied vers l'ONU - à défaut de renforts, une mini bénédiction permettrait de sauver la face et la vie des soldats sur place.

- ce délai sera mis à profit pour remettre à plat la stratégie, en commençant par la vision stratégique et la compréhension du contexte, de l'environnement, des dynamiques d'acteurs. Je vois bien un commando de congressmen faire la tournée des popotes (en excluant aucune partie ouverte au dialogue, y compris en Iran)*. Qui veut quoi, quels sont les éventuels terrains d'entente, où se situent précisément les différents, quels sont les scénarios... tout ceci entend un premier retrait d'Irak : le retrait de la méthode et de la doctrine Bush (vous êtes soit avec soit contre nous, je refuse de discuter avec l'"ennemi" que je cherche à détruire). Face à de nouveaux visages, même certaines têtes bien connues de Washington pourraient se dévoiler sous un autre jour. Cette démarche n'abaisse pas l'Amérique et lui permet au contraire de confirmer sa neutralité tout en mettant une pression amicale sur ses partenaires : les USA n'endossant plus le costume du bouc émissaire, les fronts vont pouvoir bouger et les véritables fauteurs de trouble seront contraints de jouer à découvert.

- cette démarche participative facilitera le 3e temps, celui de la mise en oeuvre d'une stratégie de sortie en Irak. Le peuple Américain doit cependant comprendre une chose : il lui sera impossible de quitter le pays avant d'avoir réparé les dégâts causés. La charge peut lui sembler immense mais il ne pourra pas dire qu'il n'ait pas été prévenu** des conséquences de cette guerre.

* James Baker n'avait aucun mandat populaire
** cf épisodes précédents (
2003, 2004, 2005...)

20061008

Blogule rouge aux Democrates - 2006 avant 2007 et 2008

En dépit d'une invraisemblable litanie d'insultes à la justice, à la démocratie et aux valeurs sur lesquelles elle est sensée avoir été bâtie, l'Amérique a massivement voté Bush en 2004 *.
En dépit d'une invraisemblable collection de scandales reléguant le Watergate, l'Irangate ou le Monicagate au rayon des faits divers les plus insignifiants, les Républicains semblent bien partis pour conserver leur majorité cette année.
Bien sûr, Ken Mehlman et Karl Rove pourront une fois de plus revendiquer leur rôle décisif dans ce nouveau forfait, mais l'Histoire retiendra également la désolante démission de Démocrates trop occupés à se crêper le chignon sur la Présidentielle de 2008 pour s'intéresser aux joutes de novembre prochain, pourtant critiques pour l'avenir de leur pays.

De la Démocratie en Amérique, passons à l'Europe où les grands démocrates mènent une lutte implacable contre les principaux ennemis de la patrie : les journalistes indépendants. En Russie, Vlad Poutine a fini par faire empaler Anna Politkovskaïa aussi efficacement que son voisin Belarus Alyaksandr Lukashenka avec Veronika Cherkasova. En France, le Petit Nicolas, tsar de tous les medias, avait eu plus symboliquement la peau du rédac chef de Paris Match. Aujourd'hui encore, les grands patrons de presse audiovisuelle et écrite dépendant des oligarches Sergei Marcelovitch, Arno Jeanlucovitch et Martin Francisovitch se lamentent off the record de devoir faire chaque jour des sujets à la gloire du futur nain de jardin de l'Elysée sous peine de licenciement pour faute grave.

En Belgique, le cordon sanitaire démocrate vise à empêcher l'extrême droite du Vlaams Belang de prendre le pouvoir. En France, il vise à empêcher Ségolène Royal de passer. Cette passionaria du néant idéologique ferait certes une présidente moins pire que Laurent Fabius, cet incompétent notoire reconverti dans l'imposture (de gauche, lui ?), mais à mon sens Dominique Strauss-Kahn incarne l'avenir le plus sain pour le PS parmi les trois candidats à la candidature au qu'en dira-t-on.

En guise de cordon sanitaire contre Le Pen, Sarkozy bourre Philippe de Villiers de signatures et lui promet un maroquin s'il remplit son office - même si pour cela, le Vendéen doit critiquer le Petit Nicolas plus vertement encore que le président du Front National, l'objectif étant de rassurer les électeurs les plus naïfs sur la distance séparant Sarko de l'extrême droite.

Quelque chose me dit que ni cet apprenti flamand ni la mère Hollande ne décrocheront le pompon.

Si les apprentis démocrates pouvaient nous éviter un Le Pen - Bové au second tour...



* voir épisodes précédents.

20060407

Blogule blanc a Scooter "Webring Crasher" Libby

Scoot the scoop Libby a avoué : à travers Dick Cheney, le Président a donné son aval pour lâcher aux journalistes l'info qui tue dans l'affaire Valerie Plame Wilson.
Ce coup-ci, à moins que l'Amérique ait définitivement vendu son âme, le dernier cercle doit sauter : soit George Bush se démet, soit son Vice-Président se sacrifie pour lui.
Favorite pour le poste de VP, Condi Rice se rapprocherait ainsi de "son mari" dans la dernière ligne droite avant 2008. Voire de l'investiture suprême, pour peu que Dubya Himself chute dans le premier double impeachment de l'Histoire.
En attendant, elle n'a pas grand chose à craindre des Démocrates : toujours en retard d'une guerre, Hillary Clinton a dégainé sa Bible pour séduire les fondamentalistes... et le reste de la bande laisse le débat politique aux seuls Républicains ! Le vrai choix de société ? Bushites vs Reaganiens.

Bah... ces ânes ne sont pas à une élection perdue près...

20060302

Blogule blanc a America vs Amerika - une action de classe

Récapitulons les épisodes précédents* :
. L'idée n'est pas encore venue aux Américains d'entamer une procédure d'impeachment (destitution) de leur Président, en dépit des efforts remarquables de ce dernier (guerre illégale, écoutes illégales, enlèvements illégaux, usage illégal d'armes interdites, négation du droit international, révisionnisme et fondamentalisme appliqués aux secteurs éducatif et scientifique, propagande d'état, falsification de rapports, torture...).
. Les Démocrates demeurent aux abonnés absents et le Congrès (à majorité Républicaine) se contente de tousser quand King Dubya signe avec l'Inde un accord sur le nucléaire en contradiction totale avec son discours tenu vis à vis de l'Iran et de la Corée du Nord**.
Bon.
Heureusement, la révélation de l'enregistrement du briefing sur Katrina par la FEMA vient prouver si besoin était la responsabilité du Président dans la mort de milliers de personnes. Aux citoyens de Louisiane de porter plainte contre le citoyen George W. Bush. Une telle class action constituerait (faux amis mis à part) une véritable action de classe.

Je suggère d'appeler ce cas d'école "America vs Amerika".


* cf
blogules de 2003 à 2006.
** Tous deux rescapés de l'Axe du Mal, c'est à dire qu'ils n'ont pas rejoint l'Irak du bon côté de la force (au bord de la guerre civile, après une invasion américaine responsable de 30.000 morts en trois ans).

20060116

Blogule rouge aux Democrates - desersion en rase campagne

Comme aucun Démocrate ne s'est révélé capable de le titiller en dépit d'un agenda en tout point conforme aux attentes des radicaux, Alito se dirige tout droit vers la Cour Suprême.
Le second terme de George W. Bush restera donc dans l'histoire comme celui de la consécration durable du fondamentalisme dans le pays, conformément au base case scenario envisagé avant les élections de 2004.
Ni les élections de 2006 (que les Dems pourraient bien perdre au rythme auquel ils vont) ni même la prochaine présidentielle ne changeront rien à cette évolution... Excusez-moi, je me reprends : ne changeront rien à ce pur fruit du "dessein intelligent".

Pour inverser la tendance, il faudrait un président et une majorité modérés combinés à une nouvelle vague de départs. Peut-être d'ici vingt ans si tout va bien*.
D'ici là, Washington, DC se sera donné de jolis airs de Taliban City. Quant à Colorado Springs, CO, ou Armpit, TN, je n'ose pas même y penser.

* et encore : si une Cour Suprême reaganienne a accordé la victoire à Bush en 2000, je ne vois pas comment un président Démocrate ni même un Républicain modéré pourra passer sous une Cour Suprême façonnée par King Dubya himself.

20050805

Blogule rouge aux neolibs

Une force de réaction-miroir à la déferlante "neocon" se cristallise de jour en jour : en capitalisant sur une plateforme idéale (le radicalisme de Bush & Co) et en surfant sur la popularité de thèmes "alternatifs" (non à l'ultralibéralisme, non aux pollueurs, non à la guerre...), elle recrute sans peine bien au-delà de la base traditionnelle d'extrème-gauche. Au sein de ces nébuleuses, les (pas toujours) anciens Trotskystes apportent leur savoir faire établi d'infiltration via le milieu enseignant - étudiant (déjà relevé pendant la campagne européenne, et nettement confirmé in Le Figaro de ce jour "Enquête : comment ATTAC infiltre l'école" ). Le débat interne à l'ATTAC (tour à tour promoteur de la taxe injustement appelée "Tobin", de manifs anti-Davos ou G8, du non au référendum sur la constitution européenne...) nous renvoie quelques décennies en arrière : nous agissons déjà comme un parti politique, devons-nous l'assumer jusqu'au bout et présenter un candidat aux présidentielles 2007 (= accélérer l'implosion du PS) ?
Je note un intéressant parallèle avec les faucons US dans la façon avec laquelle les radicaux "altermondialistes" terrorisent les plus faibles au sein de leur mouvement : si tu n'es pas d'accord avec nous tu es contre nous et donc tu es un fasciste.
Ce que je redoutais se confirme : les extrèmes progressent en se nourissant mutuellement, pulvérisent au passage les modérés entre le marteau, la faucille et l'enclume, et consacrent au global le discours radical comme majoritaire.
Côté américain, Howard Dean semble viser le centre droit sans chercher à verrouiller son aile gauche (à sa décharge, "Yeehaa" a déjà donné dans l'extrème). Fort à propos, l'édition internationale de Newsweek fait de l'avenir de Roe vs Wade un test pour les Démocrates (cf article :
"A Case of Roh vs. Reality"). J'ignore combien de temps le système bi-partite américain tiendra, mais sa survie tient sans doute pour beaucoup dans la durée très courte des mandats présidentiels (4 ans).

20050210

Blogule Rouge aux chaises musicales irakiennes

Pour sortir du bourbier irakien, les Américains ne sont plus à une couleuvre près. Après avoir accepté la médiation de l'ONU et l'émission d'une fatwa d'un ayatollah iranien pour réussir les élections, il leur faudra peut-être avaler le retour en grâce d'Ahmad Chalabi, qui a fait son nid auprès des leaders religieux de la majorité chiite.
Aux dernières nouvelles, l'ancien chouchou des neocons avait quitté les faveurs de Bush & Co, les Américains menant une descente dans ses locaux - officiellement en raison de ses liens supposés (et avérés depuis) avec les Iraniens, mais surtout pour récupérer ses fiches sur les méfaits commis par les uns et par les autres autour de l'invasion de l'Irak.
Le visage souriant d'un habitué des couloirs du pentagone au costume bien coupé faisant meilleur effet dans l'opinion publique qu'un barbu enturbanné pour symboliser le succès de la démocratie en Irak, le jeu de ping-pong entre les frères ennemis Allawi et Chalabi reprendrait donc en faveur du second... pour peu que le premier se laisse faire, maintenant qu'il a la main sur les principaux leviers du pouvoir.
Peu importe pour Bush, qui a une autre guéguerre entre corrompus et fondamentalistes à gérer à domicile autour de son projet de budget. En tout cas, ce n'est pas le parti démocrate qui pourra le déranger : McAuliffe frise de plus en plus le ridicule à en juger par l'embarrassant appel à pétition que j'ai reçu l'autre jour par mail.

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