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20130518

AbeIGNomics - Shinzo Abe a fait son coming out: il est bien le pire ennemi du Japon

Je mets à profit une pose relative dans la course au provocations en Extreme Orient pour faire une petite synthèse en Français d'une série de posts dégainée ces derniers jours sur mon blog Seoul Village (voir plus bas). C'est à nouveau à propos d'une démocratie mise en danger par ses propres dirigeants, en l'occurence le Japon.

La dernière fois que je m'épanchais à propos de ce beau pays sur ces lignes, je déplorais une fois de plus l'apathie et l'inaction du peuple Japonais devant le refus de ses dirigeants de formuler des excuses aux dernières survivantes victimes de l'exclavage sexuel organisé par l'armée impériale (voir "Japon: regarde-toi, le monde te regarde" - 20121115, repris par la suite sur Rue89). Depuis, les dirigeants ont changé, et ils sont déterminés à passer à l'action. Malheureusement, c'est pour aller encore plus loin dans l'ignominie.

En 2013, personne n'oserait imaginer l'Allemagne porter au pouvoir un Chancelier qui aurait soutenu une association ouvertement révisionniste et régulièrement nié les atrocités nazies. En 2013, personne n'oserait imaginer que le peuple Allemand resterait silencieux si une fois élu, ce Chancelier se permettait de dire qu'en fait les déportés avaient rejoint les camps de leur plein gré, ou qu'il n'est pas juste d'employer le terme "invasion" pour qualifier l'aggression de la Pologne en 1939. En 2013, personne n'oserait imaginer que ce Chancelier paraderait en se prenant pour Joseph Mengele, l'Ange de la Mort d'Auschwitz.

Incroyable? Et pourtant vrai. Vous êtes bien en 2013, mais au Japon, un pays où le système politique est totalement verrouillé par des familles impliquées jusqu'au cou dans les années de plomb du Japon Impérial, et où aucun Premier Ministre ne peut arriver ou rester au pouvoir sans leur donner des gages de bonne conduite, comme par exemple visiter le sanctuaire de Yasukuni, où des criminels de guerre sont vénérés au milieu des héros de guerre. Et le Premier Ministre auteur de ces ahurissantes provocations se nomme Shinzo Abe, un fasciste dont le rêve consiste à détruire le Japon démocratique pour voir renaitre le Japon impérialiste.

Abe a succédé à Yoshihiko Noda, parti le 26 décembre dernier après un règne de 481 jours, un score honorable pour un pays où, depuis 1970, seuls Yasuhiro Nakasone et Junichiro Koizumi ont dépassé le cap des 1000 jours. Shinzo Abe lui-même a tenu pile poil un an lors de son précédent passage (2006-2007), passage pendant lequel il avait déjà oeuvré du "mieux" qu'il pouvait pour son grand projet, par exemple:

  • En soutenant la Société japonaise pour la réforme des manuels d'histoire. Notons qu'en France, un négationniste et un révisionniste de cette trempe serait trainé en justice, mais la classe politique corrompue veille depuis la guerre à ce qu'aucun cadre juridique n'émerge sur ce plan. Un seul Premier Ministre a osé émettre un timide erzatz de début d'embryon de semi-proto-excuse pour les atrocités commises par le régime impérial pendant la Seconde Guerre Mondiale, et encore à titre personnel. C'était en 1995, pour les 50 ans de la fin du conflit. Peut-être le socialiste Tomiichi Murayama pensait-il déjà les élections de novembre de toute façon perdues après les critiques essuyées pour la gestion du tremblement de terre de Kobé. En attendant, sa déclaration demeure une épine dans le pied des nostalgiques de l'Empire, et Shinzo Abe avait clairement exprimé le souhait de la remplacer à l'occasion du soixante dixième anniversaire de la fin de la guerre en 2015 - nous y reviendrons.
  • En révisant la loi fondamentale de l'éducation pour y encourager fortement "l'amour du pays", autrement dit de promouvoir l'endoctrinement nationaliste des jeunes générations.
  • En militant en faveur de la modification de l'Article 9 de la Constitution Japonaise, celui qui établit clairement le Japon comme une nation pacifique:
    "Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l'ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l'usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux.Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l'État ne sera pas reconnu." Inutile de dire que les nazillons locaux abhorrent ce garde fou constitutionnel - là aussi nous y reviendrons.
"Malheureusement", Abe I n'a pas pu aller au bout de ses rêves, torpillé par des scandales dans son gouvernement. Cette fois-ci, il revient à la tête d'une majorité très très fortement marquée à droite dans un paysage politique de plus en plus irrespirable. Son prédécesseur Noda, supposé de centre gauche (DPJ) a joué à fond sur la fibre ultra-nationaliste pour rester au pouvoir, n'hésitant pas à friser la guerre avec la Chine pour garantir sa présence en tête de liste aux élections. Bien sûr, il s'est fait dans la foulée démolir par les plus extrêmes qu'il était venu chercher sur leur terrain.

Si le LDP d'Abe II n'a pas la majorité absolue à lui tout seul, il contrôle tout avec ses alliés d'extrême droite Your Party et Japan Restoration Party. Le leader de ce dernier, le jeune maire d'Osaka Toru Hashimoto, a récemment soulevé un tollé planétaire en déclarant que les "femmes de réconfort" victimes de l'esclavage sexuel organisé par l'armée impériale* avait constitué un phénomène somme toute "nécessaire". Une provocation destinée à renforcer son contrôle sur son parti au bord de l'implosion, à l'heure où son partenaire Shintaro Ishihara menaçant de voler de nouveau de ses propres ailes (l'ancien gouverneur de Tokyo a le pédigrée requis pour aller loin en politique: il est raciste et considère le massacre de Nanjin comme un mythe).

Ces provocations, qui déclenchent aussitôt des réactions indignées des pays victimes des exactions du régime impérial au premier rang desquels la Corée et la Chine, sont malheureusement désormais le seul moyen d'exister politiquement au Japon. Le jour suivant le quart d'heure Warholien de Hashimoto, Shinzo Abe a cru bon d'en rajouter une couche, histoire de rappeler qui était le patron en la matière: il a posé avec un grand sourire en pilote d'avion de chasse, mais en choisissant le numéro 731, une référence sans équivoque à l'Unité 731 de triste mémoire, celle où le Josef Mengele nippon menait ses expérimentation abominables sur des humains. Afin de bien faire comprendre au monde entier qu'il n'avait pas choisi cet avion au hasard, le Premier Ministre a fait ajouter la mention "Leader S. Abe" au-dessus du numéro, en Anglais.

Le leader de l'Unité 731 s'appelait Shiro Ishii, un criminel de guerre qui a évité tout procès en négociant sa liberté auprès des Américains en échange des résultats de ses petites expériences. Une fois de plus, ces petits arrangements avec la morale continuent à coûter très cher aujourd'hui: non seulement ils constituent l'un des moments les plus indignes de l'histoire de la démocratie américaine, mais l'absence de justice et de condamnation d'un grand nombre de crimes de guerres impériaux a permis dès le départ la corruption de la démocratie japonaise et l'impunité des révisionnistes comme Abe.


Shinzo Abe en Shiro Ishii (twitter.com/theseoulvillage/status/334463426694873088)
Reagissez sur twitter: #abeignomics
Shinzo Abe a tellement bien réussi son Vol 731 que la presse internationale a ressorti les atrocités commises par l'Unité 731, braquant les projecteurs sur une partie de l'histoire que précisément lui et ses amis cherchent à nier et effacer des mémoires. L'extrême droite nippone n'est jamais très subtile et l'an dernier, les pressions menées contre le mémorial de Pacific Palissades dans le New Jersey pour les victimes de l'esclavage sexuel pour l'armée impériale avaient déjà provoqué un retour de manivelle: non seulement les autorités locales avaient obtenu un soutien encore plus fort de leurs administrés, mais les media internationaux avaient repris l'affaire et remis une couche sur cette partie de l'histoire méconnue en occident (voir "We reject as false the choice between revisionism and nationalism - for a Global Truth and Reconciliation Network"). Dans la même veine, la visite de Jean-Marie Le Pen et compagnie à Yasukuni avait eu des retombées assez fortes.***

Les Etats-Unis ont joint la Corée du Sud et la Chine dans un concert d'indignation et le lendemain, Shinzo Abe a été obligé d'effectuer une petite mise au point, pour le moins floue, et sur le fond pas franchement dans le sens de la marche arrière:
  • Concernant la déclaration de Murayama de 1995: Abe a dit que finalement, il ne reviendrait pas dessus en 2015. C'est une bonne chose, mais pas franchement une surprise, car au sein même de son parti, certains pensaient que c'était risqué de s'y attaquer avant d'avoir réglé la question de l'Article 96.
  • Concernant la définition du mot "invasion" pour qualifier les aggressions impériales: Abe a dit qu'il "n'avait jamais dit que le Japon n'avait pas envahi d'autres pays". C'est vrai sur la forme, mais sur la forme comme sur le fond, cette mise au point ne change rien: Abe n'a pas pour autant dit qu'il pensait que le Japon avait envahi d'autres pays.
  • Concernant la sortie de Hashimoto sur les esclaves sexuels de l'armée impériale (ses "nécessaires" comfort women): Abe a dit que ni lui ni personne dan son parti ne partageaient les vues de Hashimoto sur le sujet. Mais là aussi, Abe ne livre pas le fond de sa propre pensée sur le sujet**.
En réalité Abe marque une pause sans reculer. Il constate simplement les limites à ne pas dépasser tant qu'il n'a pas modifié la constitution pour avoir les coudées franches. Il a été de plus en plus loin dans les provocations sans rencontrer d'opposition notable dans son pays, et n'a en rien cédé à la pression internationale. C'est surtout sa majorité d'extrême droite qui lui a rappelé de ne pas se disperser et de ne pas oublier que la priorité reste de faire tomber l'Article 96.

L'Article 96 fixe des conditions contraignantes pour toute modification de la Constitution: une majorité des deux tiers est requise dans chaque chambre, et le texte doit ensuite être ratifié par référendum populaire. Cet article technique est plus facile à faire tomber que l'Article 9, et ouvre grand la porte à des altérations encore plus spectaculaires.

Et Shinzo Abe veut mettre toutes les chances de son côté. Pas question de tomber pour un scandale financier ou une crise économique. Au contraire, le dopage artificiel de l'économie à court terme (quitte un peu plus à plomber les comptes) renforce l'adhésion du public, et là où ses prédécesseurs avaient déjà chuté de 20 à 40 points dans les opinions favorables après 5 mois en place, Abe a même grapillé quelques points à 72%.

Ne nous y trompons pas: Shinzo Abe est bien le pire ennemi de la démocratie au Japon, et ses fameux "Abenomics" ne sont qu'un moyen de corrompre les électeurs pour mener à bien ses "vraies" réformes de fond, ce que j'appelle les "AbeIGNomics".

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ADDENDUM 20130520: ce post a ete repris en Tribune sur Rue89 "Le Japon prisonnier de son extrême droite révisionniste"
ADDENDUM 201306: ... et la Tribune sur Rue89 a ete traduite aux US, avec quelques consequences facheuses sur ma virilite : voir "Mirrors are abominable"

Participez aussi au debat sur Twitter #abeignomics
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Voir la liste des posts relatifs au Japon sur blogules en V.F. et sur Seoul Village (en Anglais), en particulier ces derniers jours:
. "ABE forced to back down a bit. For the moment. Next PR stunt: KIM Jong-un" (20130515)
. "Can't top that? Shinzo Abe posing as Shiro Ishii, the Josef Mengele of Imperial Japan" (2013514)
. "So you want to know what is 'necessary', Mr Hashimoto?" (20130514)
. "Dear Japan, Please Say No To Abeignomics" (20130424)

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* au sujet de ces "Comfort Women", voir "Japon: regarde-toi, le monde te regarde" (également sur Rue89 "A Séoul, les "femmes de réconfort" de l'armée japonaise réclament justice", ou en Anglais "One Thousand Wednesdays" sur Seoul Village, "1,000th week of shame for Japan" sur blogules en V.O.")
** ADDENDUM 20130518 notez que Nippon Ishin (le JRP d'Hashimoto) a dû virer l'un de ses membres après une nouvelle provocation: Shingo Nishimura a tout simplement dit que le Japon était plein d'"essaims" de prostituées Sud-Coréennes ("Nippon Ishin to oust member over South Korean prostitute claim" - The Japan Times 20130518)
*** voir "L'extreme-droite Japonaise invite Le Pen... et les projecteurs" (également sur Rue89 "La visite de Le Pen au Japon, coup de com pour l'extrême droite nippone")

20061216

Blogule rouge a Shinzo Abe - l'Empire contre attaque

Le successeur de Koizumi n'a jamais caché ses penchants ultranationalistes : favorable à la réhabilitation des criminels de guerre japonais, visiteur régulier de Yasukuni, promoteur du retour à une constitution militariste, négationniste notoire (cf "comfort women")... Shinzo Abe vient logiquement d'apporter son soutien à une très inquiétante réforme de l'éducation.
Conformément aux souhaits du Ministre Bunmei Ibuki, le sentiment nationaliste sera de nouveau exacerbé auprès des élèves et les professeurs refusant d'entonner l'hymne à l'Empereur ou de rendre hommage au drapeau national seront punis. Loin de réparer le vide sidéral de l'enseignement de l'histoire du pays (le peuple ignorant généralement les crimes contre l'humanité commis sous le règne de Hirohito), cette réforme marque la fin du pacifisme nippon soixante ans après Hiroshima.
A ce rythme, les restaurateurs du fascisme extrème-oriental, au premier rang desquels Abe et sa clique, disposeront bientôt de toute la chair à canon dont ils rêvent... pour peu qu'une politique nataliste vienne stimuler les autres instincts basiques de la copu... pardon population.

A ceux qui prennent encore Abe pour un modéré, je rappellerai que ce type a confié le maroquin des Affaires Etrangères à Taro Aso, un ultranationaliste honni de tous les voisins de l'Archipel qui claironnait encore l'an dernier que le Japon était le seul pays au monde à avoir "une nation, une civilisation, une langue, une culture, une race". Désormais, il pourra tranquilement embrayer sur "ein Reich, ein Volk, ein Führer".

20060502

Blogule rouge aux Jeunesses Japonaises - idees et chemises noires

Roppongi Hills n'a pas le charme artificiel d'Omotesando - cette espèce de Disney Mall mal dégrossi fête ses 3 ans en étalant des logos connus sous des appartements anonymes. Néanmoins, je m'balladais sur l'avenue, le coeur ouvert à l'inconnu.
Mais je n'avais pas envie de me faire dire bonjour par n'importe qui, et certainement pas par les Jeunesses Japonaises.
Cela a commencé par des hurlements hystériques à faire trembler la pauvre maman de Louise Bourgeois, perdue au milieu de cette installation de carton pâte : quatre fourgonettes noires tournoient dans le quartier au mépris des limites de vitesse, une vingtaine de hauts parleurs poussés à fond. C'est un appel aux armes, missiles de plastique à l'appui. Les Jeunesses Japonaises recrutent des patriotes prêts à prendre le relais des conducteurs des dites fourgonnettes ; des nostalgiques de l'ère Showa version impérialiste, des septuagénaires don corléoniens au visage encore plus figé que Brejnev à son dernier premier mai.
Pendant ce temps là, le site du MOFA (Ministère Japonais des Affaires Etrangères) persiste à afficher son hallucinante position concernant les îlets coréens de Dokdo* :

"(1) Based on historical facts and international law, it is apparent that Takeshima is an integral part of Japan's sovereign territory.
(2) The occupation of Takeshima by the Republic of Korea is an illegal occupation undertaken with absolutely no basis whatsoever in international law. Any measures taken with regard to Takeshima by the Republic of Korea based on such an illegal occupation have no legal justification."


Les "faits historiques" sont pourtant têtus :
1) Dokdo a effectivement été japonais, mais uniquement pendant des vagues d'occupation, à chaque fois que le Japon a agressé son pacifique voisin. Si le Japon revendique Dokdo, il doit donc revendiquer l'ensemble de la péninsule.
2) Dans sa longue tradition d'éradiction de toute trace de coréanitude, Tokyo a renommé Dokdo Takeshima comme il avait renommé la Mer de Corée Mer du Japon. La première fois était en 1905.
3) De façon assez significative, Dokdo signifie "île lointaine" en Coréen, ce qui reflète la difficulté pour un peuple au pied peu marin de défendre ce bout de pierre si loin de ses côtes.
4) De façon assez significative, Takeshima signifie "île bambou" en Japonais. Un nom pour le moins incongru pour quelques rochers où ne poussent guère que des montagnes de guano, mais un nom pour le moins pertinent pour qui connait le mode de reproduction et de diffusion du bambou : par son nom même, "Takeshima" symbolise la première implantation de l'occupation nippone sur le sol coréen.

Noh Moo-hyun a mis Koizumi face à ses responsabilités : la question doit être réglée une bonne fois pour toute et le Japon doit aller jusqu'au bout de sa logique, si le pays persiste à revendiquer Dokdo, qu'il le fasse en assumant clairement sa politique néo-impérialiste et revendique l'ensemble de ses anciennes colonies.
Je suis sûr que Beijing appréciera que Tokyo lui demande de libérer le Mandchukuo...



* cf blogule précédent ("Blogule blanc a Ban Ki-moon - drapeau blanc sur Dokdo" 20060420).

20060420

Blogule blanc a Ban Ki-moon - drapeau blanc sur Dokdo

Le Ministre sud-coreen des Affaires Etrangeres joue gros. Il en va de sa candidature au Secretariat General de l'ONU et plus fondamentalement de l'avenir de la diplomatie au sens noble du terme.
Si personne n'a tousse quand Ehud Olmert a illegalement investi une prison palestinienne pour garantir son election, Koizumi compte bien declencher des represailles internationales si la Coree venait a reagir legitimement a sa prochaine provocation.
La provocation en question ? Une pretendue mission d'etude scientifique japonaise dans l'espace maritime de l'archipel, avec une carte de la zone a etudier ou les bouts d'ile de Dokdo ont ni plus ni moins ete annexes. Depuis que Koizumi a restaure l'ultranationalisme d'Etat ayant conduit le pays a sa perte au siecle dernier, Tokyo revendique regulierement ce territoire Coreen et ne recule devant aucun scandale.

Dans son droit, la Coree a alerte l'opinion internationale sur ce nouveau coup de force, et fort logiquement envisage de regler militairement cette agression dans la mesure ou elle serait mise a execution. Rien de nouveau sous le soleil levant ; les Japonais se sont deja plusieurs fois arreter dans des circonstances comparables.
Cette fois ci, aucune election japonaise n'explique cette nouvelle provocation. Le remplacant de Koizumi comme son concurrent de l'opposition ont deja promis de prolonger la scandaleuse tradition des visites a Yakusuni. C'est de la candidature de Ban Ki-moon au poste de Secretaire General de l'ONU qu'il s'agit. Le Japon a deja du remettre a plus tard sa candidature a un poste au Conseil de Securite*, mais la nomination d'un Coreen constituerait une perte de face pour les ultranationalistes.

* cf "Blogule rouge au Japon - Pas de siège au conseil de sécurité de l'ONU pour les révisionnistes" (20050410)

20050410

Blogule rouge au Japon - Pas de siège au conseil de sécurité de l'ONU pour les révisionnistes

Il serait inconcevable que le Japon obtienne un siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU sans que le pays ne fasse des excuses complètes pour ses erreurs passées et surtout pour son inacceptable comportement actuel, accordant aux thèses révisionnistes tous les dérapages sur l'ensemble des sujets (ex île de Dokdo, hommages répétés à Yasukuni, réécriture des manuels scolaires, fraudes archéologiques...).
L'Allemagne a montré le chemin et peut en être fière. Son comportement est digne d'une grande nation et d'un grand peuple, à la fois responsable et respectable.
Le gouvernement japonais, lui, est tout simplement dans l'erreur. Tout comme son ami Bush, Junichiro Koizumi émet en permanence les mauvais messages au mauvais moment et au mauvais endroit. Il ne comprend pas qu'en essayant de protéger la vieille garde d'une perte de face il fait perdre la face à son pays tout entier aux yeux du monde et de l'Histoire. Seule l'humilité peut les sauver de l'humiliation mais ce concept parait trop perturbant pour une telle assemblée de fanatiques.
Je soutiens totalement l'opposition actuelle à l'attribution d'un siège permanent pour le Japon au Conseil de Sécurité de l'ONU : la communauté internationale doit au contraire saisir l'occasion et montrer un exemple positif à tous en exigeant un véritable acte de contrition (sans la connotation religieuse). Loin de représenter un geste dégradant, cela constituerait un acte de grandeur digne d'un tel pays.
Stéphane MOT

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