Affichage des articles dont le libellé est Kim Jong-un. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kim Jong-un. Afficher tous les articles

20180202

Une Dead Zone autour de la DMZ ?


Si vous avez lu 'The Dead Zone' (1979), la comparaison entre Donald Trump et Greg Stillson ne peut que vous sauter aux yeux. Dans ce classique de Stephen King, un homme capable de voir l'avenir (Johnny Smith) cherche à empêcher un populiste incompétent (Greg Stillson) de devenir président des Etats-Unis parce qu'il a 'vu' ce narcissique malfaisant déclencher la troisième guerre mondiale.

Stillson débute dans la vente en porte à porte (des Bibles dans le New Hampshire, mais son bagoût lui permettrait de fourguer tout aussi facilement des voitures dans le Tennessee, ou des penthouses à Manhattan), puis prend goût au pouvoir et à ses abus en s'entourant de gangsters pour mieux forcer son destin. Ses rivaux politiques ne le prennent pas au sérieux, avant de comprendre que la machine infernale sera impossible à arrêter. Si Smith échoue dans son projet d'assassiner Stillson lors d'un meeting de campagne, il réussit à changer l'histoire, puisque le candidat utilise un bébé pour se protéger du tireur, détruisant irrémédiablement son image juste avant l'élection.

Tous les lecteurs de The Dead Zone (dont votre serviteur, voir ci-dessous) ont trouvé Trump le plus Stillsonien quand, en pleine campagne, il a très sèchement demandé à réduire au silence un bébé un peu trop bruyant, révélant une nième facette sombre de son personnage:

"Donald Trump's babygate reminds me of Stephen King's The Dead Zone, the moment when Greg Stillson loses the election (20160803 -twitter.com/stephanemot/status/760661014371119105)" - voir aussi dans blogules en V.O. "It's all about character"

Malheureusement, la réalité est bien plus terrifiante que la fiction: Trump n'est pas Stillson, ses méthodes peu orthodoxes ont réussi à le porter à la présidence (avec le soutien de Russes à peine plus orthodoxes et d'évangélistes peu regardants sur les valeurs morales), et l'image du Néron déclenchant le feu nucléaire continue de me hanter.

D'autant que Trump a la furieuse envie de mener dans les semaines qui viennent une opération hautement risquée, et susceptible de provoquer des millions de morts.

A de rares exceptions près comme Jim Mattis, la Maison Blanche a la ferme intention de frapper un coup en Corée du Nord pour dissuader Kim Jong-un de poursuivre son programme d'armement nucléaire. Cela fait des mois que ça les démange, mais comme annoncé (voir "Bonne année 2019"), ils devraient au moins attendre la fin des Jeux Olympiques de Pyeongchang. 

Les motivations avancées par les partisans les plus acharnés des frappes préventives font froid dans le dos:
  • H. R. McMaster, le principal conseiller de Trump en matière de sécurité, et un vétéran plus habitué aux conflits sur des territoires eloignés, se trompe en pensant que KJU est un leader moins rationnel que son propre boss. Comme si des centaines de milliers d'Américains ne vivaient déjà pas à portée des armes conventionnelles de Pyongyang, et comme si un conflit n'allait pas avoir de répercussion majeures dans la la péninsule et sur le reste du monde, il n'a aucun état d'âme à voir s'empiler les cadavres loin des States plutôt que sur le sol américain. Lindsay Graham ne dit pas autre chose quand il avance qu'il vaut mieux que ça se passe 'là bas' que 'ici'. Le summum de cette vision 'Shithole Country' de l'extrême orient est peut-être David Alan Adams, un ancien capitaine de la Navy qui a réussi a planter son sous-marin nucléaire, et qui affirme qu'il vaut mieux prendre le risque maintenant pour être fixé tout de suite (voir "Alert!").
  • Les conseillers politiques du Président, une équipe d'extrémistes réputés pour leur incompétence crasse en matière diplomatique, semblent l'avoir persuadé qu'une frappe serait bonne pour la campagne législative de novembre prochain. Comme si la situation dans la péninsule était aussi 'simple' que celle en Syrie.
  • Victor CHA, ce faucon sur le point de rejoindre Séoul comme Ambassadeur des Etats-Unis, qui avait même retweeté l'essai corrosif d'Adams en signe de bonne volonté, a visiblement fini par refuser d'aller jusqu'au bout - écarté au dernier moment par la Maison Blanche, il a écrit une tribune libre* dans le Wall Street Journal rappelant les enjeux et exposant la légèreté - pour ne pas dire l'incompétence - avec laquelle certains envisagent de telles frappes.

Pour la faire simple: il y a clairement des risques de ne rien faire, mais il y a des risques encore plus clairs de frapper, et il y a clairement d'autres options moins risquées.

Les risques de ne rien faire: Pyongyang a développé des armes nucléaires d'une part, et des missiles capables d'atteindre l'ensemble du territoire américain d'autre part. Si la combinaison des deux n'est pas déjà au point, cela n'est probablement qu'une question de mois, et cette réalité, Washington refuse de l'accepter. Mais au-delà, l'ensemble de la communauté internationale redoute une accélération de la prolifération nucléaire. Si on laisse faire la Corée du Nord, comment empêcher d'autres de s'armer? L'idée fait déjà son chemin chez les voisins du Sud comme au Japon, surtout au moment où l'Amérique de Trump cède du terrain à la Chine de Xi Jinping. Par ailleurs, étouffée par les sanctions mais experte dans les échanges illicites, Pyongyang pourrait chercher à monnayer ses technologies auprès d'organisations encore plus difficiles à contrôler et enclines à les utiliser...

Les risques de frappes préventives: frapper c'est bien joli, mais avec quelles conséquences, et quels objectifs? 
  • Quelles conséquences? Sachant que la guerre de Corée n'est officiellement toujours pas terminée, frapper le premier le sol nord coréen, même de façon limitée, constituerait un acte de guerre légitimant une réponse immédiate. Or sans même parler d'armes nucléaires, Pyongyang braque déjà vers le Sud des milliers de missiles conventionnels (certains munis d'armes chimiques), beaucoup plus que ne pourraient gérer les systèmes de défense combinés de Séoul et Washington. Il n'existe tout simplement aucun scénario où une frappe préventive ne provoquerait pas des dommages humains et matériels considérables, et la seule évacuation des populations américaines en prévision d'un conflit, même s'il venait à ne pas se réaliser, aurait déjà des effets destructeurs massifs sur l'ensemble de l'économie sud-coréenne. 
  • Quels objectifs? Supprimer KJU? Impossible à localiser, probabilité d'échec maximale. Anéantir ses capacités de lancement? Impossible à évaluer et a fortiori à garantir, d'autant que Pyongang a prouvé qu'avec ses unités mobiles, des tests pouvaient être réalisés au dernier moment depuis n'importe quel site. Si Trump décide par exemple de détruire un pas de tir juste après le prochain test, il ne réduit en rien la capacité de nuire de Kim Jong-un, mais lui offre sur un plateau l'occasion de taper, et l'escalade est inévitable. La tactique du 'bloody nose' pouvait fonctionner en Syrie, dans le cadre d'un conflit en pleine action, où Bashar el Assad même doté d'armes chimiques n'allait pas frapper les voisins en représailles. Ici, le succès de l'opération la plus chirurgicale possible reposerait sur des conditions quasi impossibles à réunir: le très improbable accord du président le plus pro-Corée du Nord de l'Histoire, MOON Jae-in, et la présence encore plus illusoire sur place de renseignements de qualité. Nous ne sommes plus dans la situation de 1994, où Kim Young-sam avait empêché Bill Clinton de détruire les installations nord-coréennes, à un moment où la capacité de nuisance du Nord était bien moindre.
  • La seule intervention potentiellement légitime aux yeux de l'ONU pourrait consister à intercepter, à l'occasion d'un prochain essai, un missile à son entrée dans l'espace aérien nippon, sud-coréen, ou américain. Mais échouer affaiblirait considérablement l'image des USA, et réussir pourrait causer d'important dommages collatéraux. En tout état de cause, même en cas de succès, aucune frappe ne serait de nature à freiner ou dissuader Pyongyang, et renforcerait bien au contraire sa propagande et la priorité pour son programme de défense.
Les autres options moins risquées: il convient de toute façon de se préparer au conflit, mais en gardant la tête froide, ce qui n'est visiblement pas vraiment le cas actuellement, que ce soit en terme de préparation ou en terme de sérénité. Il faut également continuer à augmenter la pression politique et diplomatique, et à fermer les points d'entrée et de sortie permettant encore à la Corée de contourner les sanctions - y compris désormais via la Russie. Les Etats-Unis ne doivent par ailleurs surtout pas réduire leur soutien à la Corée du Sud.


"BREAKING - au lieu de Victor Cha, Trump choisit Slim Pickens comme Ambassadeur en Corée du Sud" (20180201 - twitter.com/theseoulvillage/status/958504056309219328)




La tension risque donc de remonter dès le 26 février, au lendemain des JO de Pyeongchang (rebaptisés ironiquement JO de Pyongyang par les critiques de MOON Jae-in au vu des concessions accordées au Nord pour obtenir leur participation).

Au-delà des provocations de KIM Jong-un, on suivra de près les éléments de contexte susceptibles de faire plonger notre Greg Stillson: pour peu que l'un de ses sbires lui suggère une diversion militaire au moment où l'enquête menée par Robert Mueller se fait trop pressante, ou dans le chaos d'un krach boursier...

Voici, tirée du film The Dead Zone (1983), la scène où le Président Greg Stillson salue son fidèle bras droit Sonny Elliman, un criminel sans scrupules, au moment de pousser le bouton. De l'autre côté de la malette, un militaire forcé** d'accepter la décision la plus incompétentément meurtrière de l'Histoire:


Toute ressemblance avec Donald Trump dans sa robe de chambre, le très extrémiste Stephen Miller, et le résigné Jim Mattis n'est pas vraiment fortuite: Stephen King a lui aussi le don de voir l'avenir.

 
blogules 2018
Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide blogules transfusion in English)
NEW: rejoignez blogules sur Facebook!!! (V.F.) / join blogules on Facebook!!! (V.O.) and Twitter (@stephanemot, @blogules)
Bookmark and Share
Follow Us



* "Victor Cha: Giving North Korea a ‘bloody nose’ carries a huge risk to Americans" (WSJ 20180130)
** Greg Stillson: 'Put your hand on the scanning screen, and you'll go down in history with me!'
Five Star General: 'As what? The world's greatest mass murderers?' 

Greg Stillson: 'You cowardly bastard! You're not the voice of the people, I am the voice of the people! The people speak through me, not you! (...) You put your god damn hand on that scanning screen, or I'll hack it off and put it on for you!'

20141228

Bonne Année 2016

Désolé, mais pour la huitième année consécutive*, je suis dans l'incapacité de vous souhaiter mes meilleurs voeux pour l'an prochain. C'est la moindre des choses quand on sait ce qu'il va se passer en 2014:

Janvier 2015

Dans son brûlot "Merci pour cette passe", Julie Gayet raconte comment François Hollande l'a laissé tomber pour Marinette Pichon, l'ancienne avant-centre de l'Equipe de France Féminine de Football.

Février 2015

La Corée du Nord pirate le film "Cinquante nuances de Grey" avant sa sortie: Kim Jong-un voulait jeter un oeil en exclusivité aux attractions prévues dans la future section adulte du parc d'attractions Universal Studios.

Mars 2015

Un tsunami titanesque engloutit totalement la Coupe du Monde de Cricket en Australie et en Nouvelle Zélande. Le reste du monde ne découvre la tragédie qu'en Janvier 2016, à l'occasion de l'Open d'Australie de Tennis.

Avril 2015

Le Parti Républicain déclenche une procédure d'impeachment contre Barack Obama, qui a osé évoquer la possibilité de mettre en oeuvre les lois déjà votées sur le contrôle des armes à feu à la suite d'une série de fusillades ayant tué 1,715 enfants dans les écoles sur la dernière semaine de mars. Il est vrai que cela ne représentait que 0,2% d'augmentation par rapport à la même période l'année précédente.

Mai 2015

Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen s'affrontent par avocats interposés sur la succession de Liliane Bettencourt. Cette lutte fratricide a raison du coeur du vieux lion borgne: les cendres de Jean-Marie Le Pen reposent désormais au sanctuaire de Yasukuni qu'il avait visité quelques années auparavant.

Juin 2015

ISIS a planté son drapeau au Vatican, et menace de décapiter un cardinal chaque jour si le Pape François ne se rend pas. Mais bien avant que les terroristes se décident sur leur première victime, tous les otages sont déjà morts de vieillesse.

Juillet 2015

Désormais officiellement chinois, le Club Med inaugure ses nouveaux villages à Guantanamo et Abu Ghraib.

Août 2015

Dans sa déclaration du 15 Août, à l'occasion du 70ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Shinzo Abe précise: "je suis désolé que les gens puissent être désolés que le Japon ne se soit jamais excusé, mais encore plus désolé que ses campagnes de pacification en Asie dans la première moitié du siècle dernier soient toujours perçues comme des guerres d'aggression, ou que ses héros qui se sont battus pour juguler une démographie galopante dans les pays occupés ou pour tester la diffusion de maladies mortelles sur des cobayes humains soient toujours considérés comme des criminels de guerre. Afin d'aplanir tout malentendu dans la région, je promets de détruire toutes les preuves à disposition de notre gouvernement, et de mettre en prison pour dix ans toute personne tentée de les diffuser".

Septembre 2015

A peine le Roi Bhumibol Adulyadej disparu, le pays est découpé en deux: son fils Vajiralongkorn règne désormais sur la Thailande Jaune, et Thaksin Shinawatra sur la Thailande Rouge. Le point de passage au milieu du mur séparant Bangkok Ouest de Bangkok Est est baptisé Check Point Chili.

Octobre 2015

Laisser le Japon seul candidat pour le siège asiatique au Conseil de Sécurité des Nations Unies étant moralement inacceptable, un rival se déclare à la dernière minute et l'emporte largement. La Chine accueille le nouveau venu dans le saint des saints: "la Corée du Nord apporte clairement de meilleures garanties pour la stabilité et la continuité dans la région".

Novembre 2015

D'où vient l'épidémie d'Ebola au Kremlin? Officiellement du baiser à la Brejnev déposé par Poutine sur la bouche de Mougabe, officiellement du fait que Vladimir a laissé tomber l'éprouvette avec la souche qu'il avait spécialement développée pour l'Ukraine.

Décembre 2015

Le Prix Nobel de la Paix est accordé à George W. Bush, Dick Cheney, et Alberto Gonzales, pour avoir démocratisé la torture et encouragé la prolifération du terrorisme.



blogules 2014
Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide blogules transfusion in English)
NEW: rejoignez blogules sur Facebook!!! (V.F.) / join blogules on Facebook!!! (V.O.) and Twitter (@stephanemot, @blogules)
Bookmark and Share
Follow Us


* voir "Bonne Année 2009" (Jan 2008), "Bonne Année 2010" (Dec 2008), "Bonne Année 2011" (Dec 2009), "Bonne Année 2012" (Dec 2010), "Bonne Année 2013" (Dec 2011), "Bonne Année 2014" (Dec 2012), "Bonne Année 2015" (Dec 2013)... et en Anglais: "Happy New Year 2010" (Jan 2009), "Happy New Year 2011" (Dec 2009), "Happy New Year 2012" (Dec 2010), "Happy New Year 2013" (Dec 2011), "Happy New Year 2014" (Dec 2012), "Happy New Year 2015" (Dec 2013), "Happy New Year 2016" (Dec 2014).

20131213

Corée du Nord: on purge tonton

La Corée du Nord s'est livré à une purge à montrer dans tous les manuels du parfait dictateur (voir sur Seoul Village "JANG Sung-taek "sledge-hammered" out (tu quoque, patrui mi?)"). La principale victime est bien connue: JANG Song-taek, beau-frère du peu regretté KIM Jong-il et oncle de KIM Jong-un, l'homme supposé avoir commandité le nettoyage.

JANG avait déjà été à deux reprises écarté du pouvoir par KIM Jong-il, qui avait dû se résoudre à rappeler cet intriguant bien apprécié des voisins chinois pour former son jeune successeur alors qu'il récupérait de ses problèmes de santé. Récupération toute relative puisque le père de Jong-un et fils du fondateur de la dynastie meurt le 17 décembre 2011 (le second anniversaire promet d'être spectaculaire). Jong-un se retrouve donc plus tôt que prévu bombardé à la tête du Barnum, flanqué d'un bien encombrant chaperon rouge.

Quitte à se débarrasser du numéro 2, autant lui faire porter le chapeau pour tout ce qui cloche dans le pays: non content de trahir le régime politique, JANG est jugé responsable de toutes les crises économiques et morales noyautant la nation (corruption, drogue, sexe, casino, tout y passe).

Bien sûr, la propagande met pour la première fois en valeur une crise majeure au sommet de la hiérarchie, mais le message est ailleurs: personne n'est à l'abri, n'importe quelle tête peut tomber à tout instant, fini de rigoler.

Bon, ça n'a jamais franchement rigolé dans le coin, mais tout le monde a ses petites combines à droite à gauche pour tenir la tête hors de l'eau, et le régime alterne régulièrement les coups de pouce et de frein à l'attention des militaires, des apparachiks du parti, des élites de Pyongyang, et même de la classe montante des entrepreneurs pour asseoir son pouvoir. Cette purge ne ressemble pas aux précédentes et préfigure une possible redistribution des cartes et concentration des pouvoirs. A tout le moins, le défi s'annonce de taille sur le plan des ressources humaines...

En revanche, ça se simplifie au niveau de la famiglia. Si l'influente veuve de JANG, KIM Kyong-hui, est supposée avoir échappé à la grande lessive en donnant son feu vert pour la liquidation de son mari, la branche de son frère sort naturellement renforcée dans l'arbre généalogique "royal".

Théoriquement c'était à l'aîné de la fratrie de succéder à KIM Il-sung, mais KIM Jong-nam a été totalement discrédité à la suite de l'épisode rocambolesque de son arrestation à Narita en 2001, et il évite soigneusement de jouer les rivaux en profitant des douceurs de Macao. Son fils KIM Han-sol, qui éudie désormais à Sciences Po Le Havre, n'a pas hésité à qualifier son oncle de dictateur (voir "KIM Han-sol - Episode IV, Striking Back At The Empire?").

Le second fils KIM Jong-chul va-t-il enfin sortir de l'ombre? Il aurait participé à la purge en tenant en joue les gardes de son oncle. Son jeune frère KIM Jong-un apparaitrait alors moins seul sur un échiquier brusquement rajeuni. Mais le régime souhaite-t-il monter en épingle un potentiel rival?


I'm a poor lonesome dictator (voir l'interview exclusive de KIM Jong-un)

Comme toujours avec la Corée du Nord, les rumeurs les plus folles continuent de circuler, tout et son contraire demeurent possibles, l'aventure peut cesser demain comme se prolonger vingt ans.

Difficile de prolonger vingt ans sans l'aide de la Chine. Celle-ci a perdu un point d'entrée, mais rien ne dit qu'elle n'a pas joué un rôle dans une purge menée relativement peu de temps après son dernier Plénum, et qu'elle ne sorte pas renforcée dans l'histoire.



Veuillez me suivre (2 officiers arrêtent JANG Sung-taek en plein comité, silence dans les rangs)
Peu après (quelques jours à en croire la propagande), Judas conserve profil bas à son arrivée devant le tribunal militaire. Deux non gradés l'encadrent désormais, YTN détecte des mains un peu rouges et un visage tuméfié - le froid? la torture? du henné? du crayola? du Photoshop?
Oncle Jang du temps de sa splendeur


blogules 2013
Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide blogules transfusion in English)
NEW: rejoignez blogules sur Facebook!!! (V.F.) / join blogules on Facebook!!! (V.O.) and Twitter (@stephanemot, @blogules)
Bookmark and Share
Follow Us

20130518

AbeIGNomics - Shinzo Abe a fait son coming out: il est bien le pire ennemi du Japon

Je mets à profit une pose relative dans la course au provocations en Extreme Orient pour faire une petite synthèse en Français d'une série de posts dégainée ces derniers jours sur mon blog Seoul Village (voir plus bas). C'est à nouveau à propos d'une démocratie mise en danger par ses propres dirigeants, en l'occurence le Japon.

La dernière fois que je m'épanchais à propos de ce beau pays sur ces lignes, je déplorais une fois de plus l'apathie et l'inaction du peuple Japonais devant le refus de ses dirigeants de formuler des excuses aux dernières survivantes victimes de l'exclavage sexuel organisé par l'armée impériale (voir "Japon: regarde-toi, le monde te regarde" - 20121115, repris par la suite sur Rue89). Depuis, les dirigeants ont changé, et ils sont déterminés à passer à l'action. Malheureusement, c'est pour aller encore plus loin dans l'ignominie.

En 2013, personne n'oserait imaginer l'Allemagne porter au pouvoir un Chancelier qui aurait soutenu une association ouvertement révisionniste et régulièrement nié les atrocités nazies. En 2013, personne n'oserait imaginer que le peuple Allemand resterait silencieux si une fois élu, ce Chancelier se permettait de dire qu'en fait les déportés avaient rejoint les camps de leur plein gré, ou qu'il n'est pas juste d'employer le terme "invasion" pour qualifier l'aggression de la Pologne en 1939. En 2013, personne n'oserait imaginer que ce Chancelier paraderait en se prenant pour Joseph Mengele, l'Ange de la Mort d'Auschwitz.

Incroyable? Et pourtant vrai. Vous êtes bien en 2013, mais au Japon, un pays où le système politique est totalement verrouillé par des familles impliquées jusqu'au cou dans les années de plomb du Japon Impérial, et où aucun Premier Ministre ne peut arriver ou rester au pouvoir sans leur donner des gages de bonne conduite, comme par exemple visiter le sanctuaire de Yasukuni, où des criminels de guerre sont vénérés au milieu des héros de guerre. Et le Premier Ministre auteur de ces ahurissantes provocations se nomme Shinzo Abe, un fasciste dont le rêve consiste à détruire le Japon démocratique pour voir renaitre le Japon impérialiste.

Abe a succédé à Yoshihiko Noda, parti le 26 décembre dernier après un règne de 481 jours, un score honorable pour un pays où, depuis 1970, seuls Yasuhiro Nakasone et Junichiro Koizumi ont dépassé le cap des 1000 jours. Shinzo Abe lui-même a tenu pile poil un an lors de son précédent passage (2006-2007), passage pendant lequel il avait déjà oeuvré du "mieux" qu'il pouvait pour son grand projet, par exemple:

  • En soutenant la Société japonaise pour la réforme des manuels d'histoire. Notons qu'en France, un négationniste et un révisionniste de cette trempe serait trainé en justice, mais la classe politique corrompue veille depuis la guerre à ce qu'aucun cadre juridique n'émerge sur ce plan. Un seul Premier Ministre a osé émettre un timide erzatz de début d'embryon de semi-proto-excuse pour les atrocités commises par le régime impérial pendant la Seconde Guerre Mondiale, et encore à titre personnel. C'était en 1995, pour les 50 ans de la fin du conflit. Peut-être le socialiste Tomiichi Murayama pensait-il déjà les élections de novembre de toute façon perdues après les critiques essuyées pour la gestion du tremblement de terre de Kobé. En attendant, sa déclaration demeure une épine dans le pied des nostalgiques de l'Empire, et Shinzo Abe avait clairement exprimé le souhait de la remplacer à l'occasion du soixante dixième anniversaire de la fin de la guerre en 2015 - nous y reviendrons.
  • En révisant la loi fondamentale de l'éducation pour y encourager fortement "l'amour du pays", autrement dit de promouvoir l'endoctrinement nationaliste des jeunes générations.
  • En militant en faveur de la modification de l'Article 9 de la Constitution Japonaise, celui qui établit clairement le Japon comme une nation pacifique:
    "Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l'ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l'usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux.Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l'État ne sera pas reconnu." Inutile de dire que les nazillons locaux abhorrent ce garde fou constitutionnel - là aussi nous y reviendrons.
"Malheureusement", Abe I n'a pas pu aller au bout de ses rêves, torpillé par des scandales dans son gouvernement. Cette fois-ci, il revient à la tête d'une majorité très très fortement marquée à droite dans un paysage politique de plus en plus irrespirable. Son prédécesseur Noda, supposé de centre gauche (DPJ) a joué à fond sur la fibre ultra-nationaliste pour rester au pouvoir, n'hésitant pas à friser la guerre avec la Chine pour garantir sa présence en tête de liste aux élections. Bien sûr, il s'est fait dans la foulée démolir par les plus extrêmes qu'il était venu chercher sur leur terrain.

Si le LDP d'Abe II n'a pas la majorité absolue à lui tout seul, il contrôle tout avec ses alliés d'extrême droite Your Party et Japan Restoration Party. Le leader de ce dernier, le jeune maire d'Osaka Toru Hashimoto, a récemment soulevé un tollé planétaire en déclarant que les "femmes de réconfort" victimes de l'esclavage sexuel organisé par l'armée impériale* avait constitué un phénomène somme toute "nécessaire". Une provocation destinée à renforcer son contrôle sur son parti au bord de l'implosion, à l'heure où son partenaire Shintaro Ishihara menaçant de voler de nouveau de ses propres ailes (l'ancien gouverneur de Tokyo a le pédigrée requis pour aller loin en politique: il est raciste et considère le massacre de Nanjin comme un mythe).

Ces provocations, qui déclenchent aussitôt des réactions indignées des pays victimes des exactions du régime impérial au premier rang desquels la Corée et la Chine, sont malheureusement désormais le seul moyen d'exister politiquement au Japon. Le jour suivant le quart d'heure Warholien de Hashimoto, Shinzo Abe a cru bon d'en rajouter une couche, histoire de rappeler qui était le patron en la matière: il a posé avec un grand sourire en pilote d'avion de chasse, mais en choisissant le numéro 731, une référence sans équivoque à l'Unité 731 de triste mémoire, celle où le Josef Mengele nippon menait ses expérimentation abominables sur des humains. Afin de bien faire comprendre au monde entier qu'il n'avait pas choisi cet avion au hasard, le Premier Ministre a fait ajouter la mention "Leader S. Abe" au-dessus du numéro, en Anglais.

Le leader de l'Unité 731 s'appelait Shiro Ishii, un criminel de guerre qui a évité tout procès en négociant sa liberté auprès des Américains en échange des résultats de ses petites expériences. Une fois de plus, ces petits arrangements avec la morale continuent à coûter très cher aujourd'hui: non seulement ils constituent l'un des moments les plus indignes de l'histoire de la démocratie américaine, mais l'absence de justice et de condamnation d'un grand nombre de crimes de guerres impériaux a permis dès le départ la corruption de la démocratie japonaise et l'impunité des révisionnistes comme Abe.


Shinzo Abe en Shiro Ishii (twitter.com/theseoulvillage/status/334463426694873088)
Reagissez sur twitter: #abeignomics
Shinzo Abe a tellement bien réussi son Vol 731 que la presse internationale a ressorti les atrocités commises par l'Unité 731, braquant les projecteurs sur une partie de l'histoire que précisément lui et ses amis cherchent à nier et effacer des mémoires. L'extrême droite nippone n'est jamais très subtile et l'an dernier, les pressions menées contre le mémorial de Pacific Palissades dans le New Jersey pour les victimes de l'esclavage sexuel pour l'armée impériale avaient déjà provoqué un retour de manivelle: non seulement les autorités locales avaient obtenu un soutien encore plus fort de leurs administrés, mais les media internationaux avaient repris l'affaire et remis une couche sur cette partie de l'histoire méconnue en occident (voir "We reject as false the choice between revisionism and nationalism - for a Global Truth and Reconciliation Network"). Dans la même veine, la visite de Jean-Marie Le Pen et compagnie à Yasukuni avait eu des retombées assez fortes.***

Les Etats-Unis ont joint la Corée du Sud et la Chine dans un concert d'indignation et le lendemain, Shinzo Abe a été obligé d'effectuer une petite mise au point, pour le moins floue, et sur le fond pas franchement dans le sens de la marche arrière:
  • Concernant la déclaration de Murayama de 1995: Abe a dit que finalement, il ne reviendrait pas dessus en 2015. C'est une bonne chose, mais pas franchement une surprise, car au sein même de son parti, certains pensaient que c'était risqué de s'y attaquer avant d'avoir réglé la question de l'Article 96.
  • Concernant la définition du mot "invasion" pour qualifier les aggressions impériales: Abe a dit qu'il "n'avait jamais dit que le Japon n'avait pas envahi d'autres pays". C'est vrai sur la forme, mais sur la forme comme sur le fond, cette mise au point ne change rien: Abe n'a pas pour autant dit qu'il pensait que le Japon avait envahi d'autres pays.
  • Concernant la sortie de Hashimoto sur les esclaves sexuels de l'armée impériale (ses "nécessaires" comfort women): Abe a dit que ni lui ni personne dan son parti ne partageaient les vues de Hashimoto sur le sujet. Mais là aussi, Abe ne livre pas le fond de sa propre pensée sur le sujet**.
En réalité Abe marque une pause sans reculer. Il constate simplement les limites à ne pas dépasser tant qu'il n'a pas modifié la constitution pour avoir les coudées franches. Il a été de plus en plus loin dans les provocations sans rencontrer d'opposition notable dans son pays, et n'a en rien cédé à la pression internationale. C'est surtout sa majorité d'extrême droite qui lui a rappelé de ne pas se disperser et de ne pas oublier que la priorité reste de faire tomber l'Article 96.

L'Article 96 fixe des conditions contraignantes pour toute modification de la Constitution: une majorité des deux tiers est requise dans chaque chambre, et le texte doit ensuite être ratifié par référendum populaire. Cet article technique est plus facile à faire tomber que l'Article 9, et ouvre grand la porte à des altérations encore plus spectaculaires.

Et Shinzo Abe veut mettre toutes les chances de son côté. Pas question de tomber pour un scandale financier ou une crise économique. Au contraire, le dopage artificiel de l'économie à court terme (quitte un peu plus à plomber les comptes) renforce l'adhésion du public, et là où ses prédécesseurs avaient déjà chuté de 20 à 40 points dans les opinions favorables après 5 mois en place, Abe a même grapillé quelques points à 72%.

Ne nous y trompons pas: Shinzo Abe est bien le pire ennemi de la démocratie au Japon, et ses fameux "Abenomics" ne sont qu'un moyen de corrompre les électeurs pour mener à bien ses "vraies" réformes de fond, ce que j'appelle les "AbeIGNomics".

*
ADDENDUM 20130520: ce post a ete repris en Tribune sur Rue89 "Le Japon prisonnier de son extrême droite révisionniste"
ADDENDUM 201306: ... et la Tribune sur Rue89 a ete traduite aux US, avec quelques consequences facheuses sur ma virilite : voir "Mirrors are abominable"

Participez aussi au debat sur Twitter #abeignomics
*

Voir la liste des posts relatifs au Japon sur blogules en V.F. et sur Seoul Village (en Anglais), en particulier ces derniers jours:
. "ABE forced to back down a bit. For the moment. Next PR stunt: KIM Jong-un" (20130515)
. "Can't top that? Shinzo Abe posing as Shiro Ishii, the Josef Mengele of Imperial Japan" (2013514)
. "So you want to know what is 'necessary', Mr Hashimoto?" (20130514)
. "Dear Japan, Please Say No To Abeignomics" (20130424)

blogules 2013
Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide blogules transfusion in English)
NEW: rejoignez blogules sur Facebook!!! (V.F.) / join blogules on Facebook!!! (V.O.) and Twitter (@stephanemot, @blogules)
Bookmark and Share

* au sujet de ces "Comfort Women", voir "Japon: regarde-toi, le monde te regarde" (également sur Rue89 "A Séoul, les "femmes de réconfort" de l'armée japonaise réclament justice", ou en Anglais "One Thousand Wednesdays" sur Seoul Village, "1,000th week of shame for Japan" sur blogules en V.O.")
** ADDENDUM 20130518 notez que Nippon Ishin (le JRP d'Hashimoto) a dû virer l'un de ses membres après une nouvelle provocation: Shingo Nishimura a tout simplement dit que le Japon était plein d'"essaims" de prostituées Sud-Coréennes ("Nippon Ishin to oust member over South Korean prostitute claim" - The Japan Times 20130518)
*** voir "L'extreme-droite Japonaise invite Le Pen... et les projecteurs" (également sur Rue89 "La visite de Le Pen au Japon, coup de com pour l'extrême droite nippone")

20090713

Kim Jong-ill (avec deux ailes)

A en croire la chaîne d'infos YTN (scoop fondé sur des sources chinoises et sud-coréennes, repris par Reuters*), le leader Nord-Coréen souffrirait d'un cancer du pancréas.

Les chances de survie à 5 ans d'un tel cancer s'élèvent à seulement 5%, mais ce pourrait être une simple question de mois :
- à en juger par les deux dernières apparitions publiques de KIM Jong-il (67 ans), sa santé semble se détériorer très très rapidement
- d'autres sources coréennes font état d'un arrêt des médicaments occidentaux par le "Cher Leader", qui s'en remettrait à la médecine traditionnelle.

Tout ceci vient renforcer l'impression de précipitation dans la désignation du successeur officiel : le 3e fils Kim Jong-un, vraisemblablement chaperonné par le beau-frère Chang Sung-taek.

Comme on a pu le voir (cf
Kim Jong-un deux trois" puis "KIM Jong-nam : Dernier Empereur ou premier gouverneur ?"), cette succession ne paraît pas vraiment réglée pour autant.

C'est maintenant que l'on va pouvoir mesurer les chances de survie de la dynastie : si Kim Jong-il souhaite réellement pousser Junior, la propagande devrait enfin commencer à l'exhiber, et de préférence si possible aux côtés de son Cher Paternel.

A moins que le culte de la personnalité ne survive pas à ce dernier...
- le régime a peut-être déjà décidé d'amorcer une transition en douceur vers un système plus durable (passant de la Société en Nom Collectif "KIM" à la Société Anonyme "Corée du Nord")
- l'après Kim Jong-il a déjà commencé depuis un bon moment. Kim Jong-un a certes reçu la bénédiction des cardinaux locaux, mais du bout des lêvres. Pas question d'aller plus loin, surtout s'ils souhaitent s'en débarrasser sitôt son père mis définitivement sur la touche

... ou bien sûr, à moins que le maître des lieux ait déjà passé l'arme à l'extrême gauche.


* "
North Korea leader Kim has pancreatic cancer: report" (Reuters - 20090712)

20090605

KIM Jong-nam : Dernier Empereur ou premier gouverneur ?

Des rumeurs persistantes* voient le fils aîné de Kim Jong-il, actuellement à Macao, chercher refuge en Chine.

Pas vraiment une surprise : Kim Jong-nam, connu pour fréquenter les casinos, sait parfaitement où il a le plus de chances de gagner non seulement le droit de survivre dans l'immédiat**, mais aussi celui de diriger la Corée du Nord à l'avenir.

Papa Kim a officiellement choisi le plus jeune frère de Jong-nam, Kim Jong-un, comme son successeur, et comme prévu*** la Chine enrage littéralement devant cette déclaration d'indépendance : Kim Jong-nam pourrait servir de pantin idéal à Beijing pour préparer un coup contre le leader finissant ou son successeur désigné.

Le sang de Kim Il-sung et de Kim Jong-il coule dans les veines de Kim Jong-nam, ce qui pourrait facilement légitimer la manoeuvre. Beijing pourrait essayer de discréditer le régime de Pyeongyang et héberger un mouvement de "résistance", "au service du peuple coréen". Après tout, le Gouvernement Provisoire de la République de Corée était bien exilé à Shanghai...

Mais ici, il faudrait s'attendre à une ville plus en phase avec le sulfureux Projet du Nord-Est : dans la logique de la propagande révisionniste, un tel gouvernement fantoche ne serait pas considéré en exil puisque sur le sol coréen, ou plus précisément sur la partie de la Corée située dans les frontières actuelles de la Chine. Une fois de plus****, Beijing ne saurait tolérer une réunification de la Corée autrement que sous la forme d'une province chinoise.

La future marionnette de Beijing Kim Jong-nam ne serait donc pas Le Dernier Empereur de la Corée, mais son premier gouverneur...


* et le Shankei Shimbun (voir "Kim Jong Il’s Eldest Son May Defect to China, Sankei Says" (Bloomberg 20090605). Dans son édition du 1er mai 2009, Shankei mentionnait des conversations téléphoniques parfois sérieusements imbibées entre Kim Jong-nam et la soeur de Kim Jong-il, Kim Kyung-hee. La réhabilitation de son mari Chang Sung-taek par Pyeongyang pourrait contribuer à l'isolation de Kim Jong-nam.

** la rumeur laisse aussi comprendre que Kim Jong-nam est sous la menace d'un enlèvement (deux de ses aides ont été arrêtés à Pyongyang)

*** voir "Kim Jong-Un Deux Trois" (20090602)

**** voir "La Grande Muraille de Chine à l'assaut de la Corée (l'ultime Hanschluss)"

---
initialement publié sur Seoul Village et blogules V.O..
---
20090617 update : lors d'une interview plus qu'informelle à la TV japonaise, Kim Jong-nam l'a jouée profil très bas, prenant ses distances avec la politique et acceptant sans le moindre état d'âme le choix de son père. Le temps de l'appaisement est venu pour Pyeongyang, qui a envoyé Kim Jong-un à la rencontre de Hu Jintao. Le Nord ne peut se fâcher éternellement avec son voisin... Culture du secret oblige, les rumeurs continuent à circuler... La tentative d'assassinat de Jong-nam serait partie non de Kim Jong-il mais de sa soeur, et la Chine aurait pris les mesures pour l'empêcher... Pour ceux qui se demandent comment les "dramas" peuvent être aussi populaires en Corée...

20090602

Kim Jong-Un Deux Trois

Après dissipation des brumes (radioactives ?) matinales, Kim Jong-un semblerait émerger comme le successeur officiel de Kim Jong-il*. Jeune (26 ans), anglophone, formé à l'Ouest (Suisse), mais réputé aussi disgrâcieux que son paternel, le 3e fils chéri du "Cher Leader" a été sans grande surprise préféré à ses aînés : Kim Jong-nam s'était lamentablement grillé lors d'une virée foireuse à Disneyland Tokyo et selon l'ex-cuistot familial, Kim Jong-chul traînerait une réputation de "petite fille" à Papa.

N'en déduisons pas pour autant que la secte-dynastie crypto-stalinienne fondée par Kim Il-sung a déjà embrayé en douceur vers sa troisième génération.

A mon humble avis, cette promotion n'a pas été si simple et surtout, n'est pas certaine de se confirmer au moment venu.

Pour la faire simple, il existe trois voies à moyen terme pour le régime Nord-Coréen : le maintien du Juche et du statu quo, la réforme et une ouverture progressive vers le Sud, et l'Hanschluss par Beijing*. Je n'ose pas imaginer la quatrième voie.

De toute evidence, les trois courants cohabitent plutôt mal que bien au sein de cet Etat d'apparence monolithique. Il n'est pas impossible que Kim Jong-il ait échappé à un ou plusieurs attentats (on repense à cette étrange explosion ferroviaire), et la propagande n'a pas préparé la succession de façon aussi fluide qu'entre son père et lui. La dégradation de sa santé a visiblement renforcé les collabos pro-Beijing, et les spectaculaires démonstrations de force de ces derniers temps me paraissent s'adresser plus clairement au voisin chinois qu'aux Etats-Unis (en dépit du choix de frapper un jour férié US, comme précédemment) et même à la Corée du Sud, pourtant beaucoup moins coulante depuis le retour au pouvoir des conservateurs (ne parlons même pas de la Russie ou du Japon).

Le message de Kim Jong-il, si c'est vraiment lui qui pilote l'avion (avec son influent beau-frère Chang Sung-taek / Jang Seong-taek) : nous réaffirmons notre indépendance, nous ne nous soumettrons pas.

Le leader n'a vraiment pu pousser la candidature de Kim Jong-un que depuis le début de cette année, une fois recouvré une partie de son mojo. Il aurait annoncé sa décision le jour de l'anniversaire du petit (8 janvier), mais les rumeurs ont longtemps couru par la suite sur sa candidature ou non aux élections de mars. Une première réponse arriva fin avril avec sa promotion au Comité de Défense Nationale fin avril, associée à celle de Jang (futur chaperon ou futur traître ?). Papa a vraiment marqué le coup en lui attribuant des fonctions clef au sein de l'Armée, du Présidium, et du Gouvernement le jour du second essai nucléaire supposé (25 mai).

Quelque part, Kim sauve la face quoi qu'il advienne par la suite : vu de l'extérieur, c'est lui qui a décidé et c'est la chair de sa chair qui prend la suite.

Vu de l'extérieur.


* "
Spy agency confirms N.K. leader's third son as successor: lawmakers" (Yonhap 20090602)

** voir "
La Grande Muraille de Chine à l'assaut de la Corée (l'ultime Hanschluss)"

Copyright Stephane MOT 2003-2025 Welcome to my personal portal : blogules - blogules (VF) - mot-bile - footlog - footlog archives - Seoul Village - La Ligue des Oubliés - Dragédies - Kim Mudangnim - Citizen Came - Stephanemot.com - archives blogules - archives blogules (VF)
Copyright Stephane MOT - Attention: Armes de Désinformation Massive