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20140112

La République Molle

Vue d'ici, la France fait de plus en plus peine à voir.

. Economiquement à la traîne, la nation ne parvient même plus à compenser avec ses atouts géostratégiques et démographiques pour maintenir son rôle de co-moteur européen. Englué dans ses propres contradictions idéologiques, le gouvernement a définitivement dégoûté tous ceux qui tentaient encore d'y croire, provoquant au pire moment une nouvelle vague d'expatriation des forces vives. Non seulement toute dynamique de réforme de l'Etat a été abandonnée, mais en plus les bulles grossissent de plus belle au niveau des collectivités locales.

. Politiquement prisonnier de son calendrier quinquennal non décalé entre l'exécutif et le législatif, le pays sombre dans un conservatisme stérile qui fait le jeu des extrêmes. Le choix de l'ex syndicaliste Edouard Martin pour limiter la casse face au FN et au sein de la majorité en dit long sur l'absence de courage et la fuite idéologique du PS. En face, l'UMP persiste lui-aussi a vouloir maintenir une union contre nature et suicidaire entre forces démocrates et forces anti-républicaines.

. Socialement en faillite, la République ne propose aucun contrat valable pour recoller les morceaux, et ne survit qu'à travers des réflexes démocratiques conditionnés de plus en plus difficilement préservés par une constitution étouffée sous le mammouth législatif national et par l'incurie d'une classe politique affligeante.

La question n'est pas de savoir si la "quenelle" de Dieudonné est un geste raciste, anti-sémite, et/ou anti-républicain, de savoir si les croissants portés par un fonctionnaire de l'Etat à la présumée maitresse du président* constituent un abus de bien social, ou de savoir qui est pour ou contre le mariage Gayet ou un Grenelle de la Quenelle. La question est de savoir si la République veut attendre 2017 pour tenter de se réveiller.




La claque des Européennes serait une bonne occasion pour les modérés de monter au créneau. Aux réformateurs de gauche, de droite et du centre de marquer leur refus de cette République Molle qui part en quenelle.



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* remercions au passage Closer d'avoir retenu la leçon Kate Middleton, et de nous avoir épargné des photos des seins de François Hollande.

20110726

Message personnel aux fans d'Anders Behring Breivik

Si Anders Behring Breivik est votre héros, quelques rappels utiles :

- Anders Behring Breivik n'est pas fou, même si son avocat joue la carte habituelle pour lui éviter un procès. Anders Behring Breivik est un dangereux psychopathe, nuance, et doit donc faire face à la justice.

- Nous nous sommes déjà rencontrés. Probablement pas face à face (qui sait ?), mais nous avons déjà croisé le fer sur la toile. Vous à assurer la promotion de discours de haîne comparables à celui de Breivik, moi à vous renvoyer le miroir de vos propres contradictions. Je connais votre laïus : l'Islam est en guerre contre l'Occident et doit être éradiqué d'Europe, le multiculturalisme signe la mort de l'identité européenne, l'habituelle imposture du prétendu "Choc des Civilisation".

- Anders Behring Breivik n'est pas un héros mais un loser qui s'est enfoncé dans une impasse par peur d'affronter sa propre crise d'identité, en se goinfrant de diatribes haîneuses pondues par le même genre d'imposteurs qui transforment des esprits fragiles en terroristes au Moyen Orient. Vous croyez naïvement que des gens comme Geert Wilders défendent l'Occident contre l'Islam alors que c'est VOUS leur cible prioritaire, pas les Musulmans.

- Demandez vous simplement pourquoi vous admirez Breivik, et vous trouverez probablement la même colère, le même désespoir, le même manque d'assurance en vous-même. Vous vous vantez d'avoir le "sang pur", mais êtes vous seulement à l'aise avec votre propre identité ?

- A propos : saviez-vous que vos parents étaient originaires d'Afrique ? Eh oui, nous les humains venons tous de ce beau continent. Même moi, le Caucasien blondasse aux yeux bleus, même moi, le Parigot à la nième génération, je suis un fier Africain. Et saviez-vous que les premières civilisations ont fleuri au Moyen Orient, que c'est grâce à des scientifiques musulmans qu'une grande partie du savoir antique de l'Europe a pu être sauvée ?

- Ne vous laissez pas avoir par les imposteurs : l'Islam n'est pas la menace, mais une autre victime des fondamentalismes*. Et souvenez-vous : le pire ennemi vient de l'intérieur, et aujourd'hui le pire ennemi de l'Europe c'est le fondamentalisme chrétien. Ne soyez pas votre propre pire ennemi.

blogules 2011 (également en VO : "To all Anders Behring Breivik wannabes")

* voir "
Universal Declaration of Independence from Fundamentalism"

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UPDATE 201108 - lien vers V.O., "Andreas" actual ID corrected

20090924

"Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme"

Lisez ce témoignage : "Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme" (Le Monde - 20090923).

Sur le fond : des chroniques de la violence ordinaire - traumatisant.

Sur la forme : un texte à la fois simple, abominable et beau, emprunt de douceur et d'une extreme lassitude.

Au final, une oeuvre utile, à faire connaitre le plus largement possible. Un acte journalistique et éditorial citoyen.

PS: Merci à Pierre Haski pour le lien

20090822

"Mein Kampf" et domaine public, salut nazi et salut public

Le manifeste d'Adolph Hitler tombera dans le domaine public le 31 décembre 2015, et la question se pose déjà* de savoir s'il faut maintenir l'interdiction de sa publication en Allemagne, ou en autoriser des éditions encadrées par des notes et préambules rappelant le caractère abject de cette oeuvre comme des crimes commis dans son prolongement.

Il ne s'agit plus seulement de disserter sur une "simple" oeuvre de fiction chargée de racisme et de colonialisme comme l'édition originale de "Tintin au Congo" (déjà à l'origine de nombreuses polémiques), mais sur un programme absolument criminel, responsable de millions de morts.

A mon sens, une oeuvre comme celle d'Hergé ne peut plus être diffusée dans sa version originale, mais ne doit pas pour autant être censurée. Elle doit servir à des fins pédagogiques, ce qui entend pour le lecteur non seulement un avertissement clair en préambule et en conclusion, mais aussi des notes de lecture mettant systématiquement en évidence les éléments condamnables. Cela nuit à la lecture d'une oeuvre de fiction mais justement au profit de l'objectif pédagogique : ce lecteur doit comprendre ce qui pose problème et maintenir une distance avec ce qu'il lit. Il s'agit, sans remettre en cause le talent d'Hergé, de dénoncer un état d'esprit intolérable, un comportement et un type de société que nous souhaitons révolus.

Il serait évidemment tout autant intolérable de comparer RG et AH. Je suis toutefois partisan d'une approche similaire : interdiction de publier l'oeuvre sans un cahier des charges bien précis.

Précision : au-delà de rares extraits, je n'ai pas lu "Mein Kampf". Pour les délires psychotiques je préfère la fiction, et pour comprendre l'origine du fascisme,
je préfère consulter un autre agité du bocal : Mussolini.

Au moins trois éléments semblent à prendre en compte dans cette affaire :
- La chute dans le domaine public
- Le devoir de prohiber l'incitation à la haîne et le révisionnisme
- Le devoir de mémoire et d'enseigner l'histoire

L'entrée dans le domaine public rendra caduque toute interdiction d'une publication déjà très accessible sur la toile. Celui qui veut se procurer le texte maudit y arrivera, et une publicité massive sera faite sur cette... publicité.

Autant prendre les devants pour ne pas laisser le terrain libre aux marchands de haîne, et au contraire exposer l'imposture de la propagande (neo) nazie qui ne manquera pas de proliférer.

Et après tout, d'autres extrémistes n'exploitent-ils pas aujourd'hui des textes bien moins polémiques mais tout aussi sulfureux s'ils sont appréhendés par des esprits pervers ? Certains passages de la Bible ou du Coran pris brut de décoffrage choquent bien plus que les aventures rocongolesques du petit reporter à la houpe.

"Mein Kampf" (avec sa suite "Zweites Buch") constitue un document historique majeur et doit faire l'objet d'un soin particulier. Toutes les analyses ne se valent pas et des "pseudos" chercheurs se feront un plaisir de faire l'hagiographie d'Hitler sous couvert de décrypter son livre fondateur.

Je me demande si une solution acceptable serait de former une commission internationale sous s'autorité des Nations Unies afin de produire une édition pédagogique universelle labellisée UNESCO commercialisée par les Editions de l'UNESCO dans des conditions à définir.

Cette époque a besoin de référentiels clairs pour lutter contre la montée du révisionnisme. L'existence d'une édition au label UNESCO rend de facto les autres éditions "alternatives".

C'est une mission de salut public face au salut nazi.


blogules


* exemple sur Rue89 "
Rééditer Mein Kampf, un mal nécessaire" (20090821)

20090812

Persiste et signe

Au vu des nombreuses réactions au blogule précédent "Israël ouvertement sur la voie du fascisme" (sur blogules en V.O. : "Israel openly embraces fascism"), quelques rappels semblent s'imposer, en particulier à l'attention des lecteurs peu familiers avec mes billets d'humeur.

Je vais tenter de les regrouper sous forme de macro questions-réponses mais auparavant, cette précision importante :

Je persiste et signe :

- Je persiste. Je maintiens ce que j'ai écrit : mon objectif est d'interpeler la majorité des modérés Israéliens pour qu'elle se réveille et se désolidarise de ses dirigeants, que je considère comme fascistes, ainsi que des minorités extrémistes dangereuses pour leur avenir comme celui du monde. Les Etats-Unis y sont parvenus en 2008 et je ne désespère pas de voir Israël en faire de même. Rien de neuf sous le soleil : j'avais émis la même accusation de fascisme envers l'administration Bush-Cheney avant les élections de 2004 (
"Let's face it they're fascists"), et sérieusement préparé le terrain en comparant Israel 2009 et USA 2004 avant les élections de février dernier ("Come Feb. 10th, Will Israel Embrace History Or Vote Bush-Cheney 2004 ?").

- Je signe. Comme toujours, de mon vrai nom. Sans me réfugier derrière un pseudo ni un nom de plume. J'assume mes opinions en toute transparence et en toute indépendance. Leur formulation laisse souvent à désirer, et il m'arrive de heurter des sensibilités comme de pondre des inepties, mais jamais de vouloir de mal à quelqu'un. Lorsque je veux voir quelqu'un croupir en prison, c'est avant tout parce que je tiens à ce que justice soit faite.

Je ne reprends donc pas la plume pour me défendre mais pour enfoncer le clou.


Q: LES TERMES EMPLOYES NE SONT-ILS PAS EXCESSIFS ? LES ISRAELIENS NE SONT TOUT DE MEME PAS DES NAZIS !

- Avant tout je parle de fascisme et non de nazisme. En m'appuyant sur les éléments constitutifs du fascisme tel que définis par Bénito Mussolini lui-même (j'y reviens par la suite). Les Israéliens ne sont évidemment pas des Nazis, et il n'est nullement question ici de revenir sur la page la plus sombre de l'humanité.

- Deuxièmement je critique la politique des dirigeants d'Israël. Ni le pays, ni son peuple... à part peut-être pour son apathie devant les dérapages de ses gouvernants. J'ai également publié cette tribune sous le titre plus pointu "Les citoyens Israéliens souhaitent-ils réellement être dirigés par des fascistes ?"

- Troisièmement, le caractère "excessif" est assumé et c'est tout le sens du préambule du
blogule en question : devant les excès commis, vient un moment où l'on est obligé d'employer des termes forts. Mon registre de vocabulaire n'est pas innocent : l'objectif n'est pas de jeter de l'huile sur le feu mais de réveiller la majorité silencieuse israélienne, qui en a en moins autant besoin que les Americains il y a quelques années. En 2003, j'ai compris une chose : défendre les modérés n'est pas incompatible avec un discours fort, bien au contraire. En particulier au moment où les extrêmes des camps opposés trustent les antennes, il est urgent de réveiller les modérés en exposant en pleine lumière les impostures dont ils sont victimes. Moderation ne veut pas dire neutralité : quand des extrémistes mettent en danger l'ensemble de la communauté, il ne faut pas les laisser gagner la moindre parcelle de terrain (à ce titre, je souhaite qu'on en finisse avec l'imposture fondamentaliste qui hélas menace tout autant les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans). Le modéré a le devoir d'ouvrir sa gueule, ne serait-ce que pour clamer "ce n'est pas le locataire du sixième qui est anti-fasciste, c'est le fascisme qui est anti-locataire du sixième". Ce n'est pas la critique du fascisme qu'il convient de rejeter vigoureusement, mais le fascisme lui-même.

- Quatrièmement, ce registre est employé par d'autres, et pas seulement en Iran ou en Palestine. Ce débat existe en Israël même, et aux preuves de crimes de guerre d'Amnesty International s'ajoutent maintenant des accusations d'apartheid en provenance d'Afrique du Sud : l'ancien ministre Ronnie Kasrils, le Media Review Network, la Palestine Solidarity Alliance, et le Human Sciences Research Council souhaitent voir 70 Israéliens traduits en justice pour ce motif ("
Kasrils wants 'war criminals' prosecuted").


Q: AU FOND, VOUS NE SERIEZ PAS UN PEU ANTI-SEMITE OU BEAUCOUP ANTI-ISRAEL ?

- C'est parce que j'aime les Etats-Unis que j'ai critiqué le gouvernement qui voulait leur perte. De même, c'est parce que j'aime Israël que je demande aujourd'hui à ceux qui l'aiment vraiment de le sauver en refusant les dérives fascisantes de ses pires ennemis : ses propres dirigeants. J'ai été qualifié d'anti-américanisme primaire en 2004, je ne suis pas surpris de recevoir ce genre d'insultes déplacées aujourd'hui. Depuis plus de 6 ans que je tiens ce misérable blog, je renvoie dos a dos les extrêmes de tous bords, qui sont
plus souvent partenaires qu'adversaires les uns des autres. Et si je me fais traîter alternativement d'anti-américain et d'agent de Washington, de sionniste et d'islamiste par des personnes qui ont tendance à voir le monde en noir et blanc, cela ne m'empeche pas d'avoir des amis juifs et musulmans, Israéliens, Iraniens ou Pakistanais.

- Mes lecteurs réguliers le savent, je lutte régulièrement sur la toile contre des racistes, des antisémistes, et des révisionnistes mettant plus ou moins ouvertement en doute l'Holocauste. Mon argument se résume généralement à ceci : le racisme comme l'antisémitisme sont non seulement une abomination mais une négation de sa propre humanité... Si vous êtes raciste ou antisémite, c'est souvent que vous avez un problème avec votre propre identité.

- Je ne crois pas être raciste : à mes yeux, tous les humains appartiennent par définition à la même race, d'origine africaine : les humains. Chaque voyage me conforte dans le respect de la diversité et des échanges qui font la richesse et la beauté de notre planète, et je me réjouis d'apprendre chaque jour dans un climat résolument multiculturel.

- J'ai par nature un a priori positif pour tout le monde, et je m'efforce d'éviter les amalgames entre une nation, ses habitants, et ses dirigeants. J'adore le Japon, la Chine, la France, l'Iran, le Pakistan ou la Corée du Nord comme du Sud, mais cela ne m'empêche pas de réagir si quelque chose me fait... réagir. J'estime qu'Israël est aujourd'hui dirigé par des fascistes, je sais que les citoyens Israeliens ne sont pas fascistes, et j'attends d'eux qu'ils le fassent savoir. C'était le sens de mon billet.

- Je ne crois pas être antisémite. J'assume mon héritage culturel judéo-chrétien au même titre que toutes les autres composantes de mon être. Je visite une synagogue avec le même respect que je visite une église, un temple ou une mosquée. J'ai le même respect pour toutes les religions (
les déviances fondamentalistes relevant de politique et non de religion), et si la religion n'entre en aucune manière dans mes critères d'affinités relationnelles, il se trouve que je suis lié par le sang comme par l'amitié à des juifs de tous horizons. J'attache beaucoup d'importance au devoir de mémoire concernant la Shoah sur un plan privé (par exemple dans le cadre de mes voyages), comme dans ces misérables blogules (par exemple lorsque je déplore une résurgence du nazisme ou une faillite du devoir de mémoire).

- Je ne crois pas être anti-Israël. Sur un plan politique,
comme je l'ai expliqué, je suis plus J Street qu'AIPAC*. Ces deux organismes sont pro-Israéliens, mais les premiers souhaitent réellement la paix et savent bien que l'on n'y parviendra jamais avec des dirigeants qui fondamentalement refusent la paix et ont besoin de la guerre pour rester au pouvoir. Sur la question de l'Etat d'Israël, ma position est claire : je ne suis pas anti-Israël et pro-Palestine mais pro-Israël ET pro-Palestine. Israël et Palestine doivent coexister pacifiquement comme deux Etats souverains, et des concessions sont nécessaires de part et d'autre. Je crois en particulier que chacun doit être très clair sur sa propre nature et dans ses propres statuts. Je déplore les circonstances dans lesquelles l'Etat d'Israël a été créé. Tout le monde a perdu dans l'affaire : les Palestiniens bien sûr, mais aussi l'ensemble de la communauté internationale (et en particulier les membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, les vrais coupables sur le coup), et les Israéliens eux-même. Je ne remets pas en cause la légitimite de l'Etat, je remet en cause sa légitimité à aller au-delà de ce qui est légitime (et qui avait d'ailleurs été accepté), et je déplore surtout l'absence de constitution, qui a mon sens pose problème essentiel sur un plan interne et doit être réglé au plus vite. Israël ne peut plus faire l'économie d'une mise au clair : la fuite en avant n'est pas une solution durable, et le pays ne saurait se définir par rapport au seul Hamas.

- Ce n'est pas moi qui suis anti-Israël, mais les Benjamin Netanyahu et autres Avigdor Lieberman. Je ne veux pas condamner Israel mais au contraire qu'Israel se sauve pendant qu'il en est encore temps. On a pu mesurer l'impact de 8 ans de Bush-Cheney sur la paix dans le monde et sur le niveau d'anti-américanisme... Si l'on veut que le modèle démocratique se répande, il est essentiel que les rares démocraties de la region se montrent exemplaires.


Q: EN QUOI LES DIRIGEANTS ISRAELIENS JUSTIFIENT-ILS LE QUALIFICATIF DE "FASCISTES" ?

- Je renvoyais à la definition du fascisme selon Mussolini sachant que chaque pays, chaque époque a ses particularités. Aujourd'hui, le fascisme prend des formes nouvelles et très variées en raison d'innombrables paramètres, mais aucun continent n'est à l'abri (Italie, Japon, Israel, Russie, USA, Iran...), et l'on peut difficilement nier le regain fasciste au niveau global, en compagnie de / en synergie avec d'autres idéologies tout aussi nauséabondes.

- Israël n'est pas une dictature fasciste, mais une démocratie actuellement dirigée par des fascistes, et qui menace de s'engager plus loin encore sur la voie du fascisme. Israel n'est pas un pays fasciste, mais un pays dont le premier ministre peut se faire descendre parce qu'il prône la paix. Israël est une démocratie, mais une démocratie où deux partis arabes ont été interdits de participer aux dernières elections, où certains souhaiteraient aller jusqu'à enlever leur citoyenneté ou leur droit de vote aux Israéliens arabes ou non juifs, et où une colonisation extensive vise a fausser les réalites démographiques pour créer artificiellement une majorité ethnique (l'abandon de Gaza procède de la même logique comptable). Je ne suis pas sûr que tous les Israéliens se reconnaissent dans ces exactions iniques, ces bruits de bottes, l'anschluss de territoires Palestiniens ou la constitution de véritables ghettos. Si comme en 2003, la Cour Suprême a finalement annulé l'interdiction des partis arabes, il n'en demeure pas moins qu'au-delà du Likud et de Kadima, même le Parti Travailliste a poussé en faveur de cette interdiction proposée par l'extrême droite... ce qui en dit long sur le glissement loin du centre de l'ensemble du spectre politique local. Au passage, ici comme ailleurs, tout risque de basculer encore plus vite si la Cour Suprême évolue mal. Et comme aux States**, valeur à surveiller de très très près le moindre pet de travers des membres de la Cour Suprême israélienne.

- Le terme de fascisme est traditionnellement assumé par une partie de l'extrême droite israélienne depuis les années 30. Evidemment, à l'époque, le modèle était Italien et non Allemand, même s'il eut par la suite des échanges directs avec le régime Nazi. Le mouvement Brit Habirionim et son spin off Maximalisme Revisioniste cher à Abba Ahimeir (un proche de Benzion Netanyahu, père de qui vous savez) revendiquaient fièrement le label fasciste. Aujourd'hui encore, en Israël comme aux Etats-Unis, une frange radicale d'essence fasciste demeure active.

- Pour moi, l'élément clef dans l'Israël d'après Rabin est l'importance de la guerre : le conflit n'est plus seulement un moyen de défendre le territoire. Sans même évoquer l'"impérialisme" cher à Mussolini, et de conflits "justifiés" par des ambitions de conquête de nouveaux territoires (ou reconquête suivant le point de vue), c'est l'état permanent de conflit qui compte, comme un moyen de renforcer l'Etat, ou plutôt un certain idéal d'état et les dirigeants actuels d'une démocratie supposée basculer vers cet idéal. Dans le cas des faucons de Tel Aviv, l'Etat couvre un sens particulier et complexe, parfois au-delà de l'ultra-nationalisme, et il implique tous les individus qui y participent et y font corps. Mais s'il entretient l'état de conflit permanent et s'il présente des relents théocratiques, cet idéal ne ressemble pas à celui du tandem Bush-Cheney (d'autant que Yisrael Beiteinu, le parti de Lieberman, est plutôt laïc) : il obéit à une logique bien à lui, qui exclut à terme une partie des citoyens. De nos jours, un Etat ne peut se permettre de priver ouvertement des citoyens de leurs droits ou de leurs libertés aussi facilement que par le passé. Bush et Cheney y sont parvenus partiellement sous couvert de "guerre contre le terrorisme", Netanyahu aura plus de mal dans des circonstances pourtant proches. Parce qu'il ne peut pas tout se permettre dans le cadre d'une démocratie, son Gouvernement n'agit pas seulement directement en tant qu'Etat (déjà assez interventionniste et "instrumental" dans la radicalisation des rapports avec les Palestiniens, comme on peut le voir avec la construction du mur par exemple), mais plus souvent et de façon parfois encore plus efficace en soutenant des factions radicales non gouvernementales.

- Fondamentalement, les dirigeants actuels d'Israël sont fascistes parce qu'ils rejettent la démocratie actuelle (ils souhaitent redéfinir la notion de citoyenneté, affirmer une notion d'Etat incompatible avec le droit international), et surtout parce qu'ils ne veulent pas de la paix car sans la guerre et la haîne ils disparaissent. C'est pareil du côté du Hamas et d'ailleurs, les faucons de Tel Aviv ont tout fait pour assurer leur succès en Palestine afin de conforter leur propre pouvoir.

- En Israël, tout le monde sait que Netanyahu ne veut pas de la paix et fait tout pour l'empêcher. Il avait déjà fortement contribué à l'entreprise de torpillage d'Oslo, preparant le terrain aux fanatiques qui ont assassiné Rabin. Depuis, Israël n'a jamais été dirigé par quelqu'un qui fondamentalement souhaite la paix, Ehud Barak y compris (ce que confirme d'ailleurs son parcours depuis).


Q: Y'A PIRE AILLEURS, ET TOUS LES PALESTINIENS NE SONT PAS DES ENFANTS DE CHOEUR NON PLUS !

- Premièrement, mon propos porte avant tout sur une question de politique intérieure israélienne : indépendamment de l'Iran ou du Hamas, comment les citoyens Israéliens envisagent-ils leur avenir, qu'attendent-ils de leur propre pays et de leurs propres dirigeants, se reconnaissent-ils dans un idéal fascisant ? Si j'attends une réaction, ce n'est pas des habituelles escouades d'extrémistes des deux camps, mais de la majorité moderée israélienne. Je me doute bien que ce n'est pas facile de prendre du recul lorsqu'on reçoit une roquette tous les soirs mais c'est parfois nécessaire.

- Deuxièmement, je renvoie dos à dos les extrémistes des deux camps. Le Hamas ne reconnait pas Israël, mais le gouvernement d'Israël ne reconnait plus la Palestine. Tous deux sont coupables de refuser la paix et le compromis péniblement atteint par leurs prédécesseurs pacifistes. On peut faire le parallèle entre les fondamentalistes colons israéliens et les fondamentalistes du Hamas, les deux instrumentalisant d'ailleurs des enfants pour assurer la perennité de leurs idéologies de haîne par-delà les générations.

- Mais c'est déjà une question de posture. Tant que les fondamentalistes des deux camps s'entretiennent les uns les autres, on n'en sort pas. Il faut un changement de leadership avec une coupure claire pour marquer le coup. Meme si c'est de façon unilatérale pour commencer, cela déstabilise les radicaux adverses et les expose brutalement aux yeux du monde. De même, le discours d'Obama au Caire (voir "
State Of The World Union") et son message de Nowruz (voir "Beyond the Iranian people, Obama is addressing Israel") n'empechent pas Khamenei de s'enfoncer en refusant la main tendue, mais vont dans le bon sens et contribuent à marginaliser les marchands de haîne.

Un beau jour, un homme a clamé haut et fort "we reject as false the choice between our safety and our ideals ". J'attends la même chose des Israéliens et des Palestiniens... et qu'il n'y ait plus la moindre ambiguïté sur les "idéaux" en question.



* et plus Woody Allen que Paul Wolfowitz.

** Les USA ne sont pas un pays fasciste, mais ils sont vraiment passés tout près.

20080719

Néofascisme et racisme au programme

En réponse aux réactions à l'article "Le Japon décide de recoloniser Dokdo" (20080714)

Si l'on compare les deux principales attaques portées actuellement à l'histoire et la culture coréennes, elles ne sont pas du même ordre :

- La démarche de Beijing est à la source politique et culturelle, avec des enjeux économiques majeurs, mais secondaires. Vu de la Chine, il n'existe qu'un pays. Tout ce qui est autour a été un jour, est et/ou fera à nouveau un avec l'Empire du Milieu. Les Coréens assument parfaitement leur héritage culturel chinois mais pas la tentative d'anschluss actuelle de la civilisation koguryo, qui se fonde sur une armée d'"historiens" chargés de réécrire l'histoire*.

- Pour les ultranationalistes japonais, c'est avant tout une question de race, de supériorité et d'antériorité. On peut parler d'une forme de fondamentalisme à ce titre tant cela impacte la vision qu'ils cherchent à imposer à leur pays, à la région, et même au monde (ils viennent obtenir de la Librairie du Congrès US que toutes les références à "Dokdo", "l'Ile de Tok" ou autres soient remplacées par "Iles de la Mer du Japon**" ou au pire "Liancourt" et que "Takeshima" fasse son apparition). La question de l'antériorité les a même poussés à forger de fausses preuves archéologiques pour prouver l'antériorité d'une civilisation mythique sur l'archipel (cf scandales il y a qq années). Toute référence à l'héritage coréen dans la culture japonaise est éradiqué. C'est l'une des raisons pour lesquelles ils ont détruit une grande partie de leurs édifices bouddhiques au Japon, et des temples antérieurs aux leurs en Corée, et cela depuis des siècles, sans attendre la phase impérialiste du XXe siècle. Il fut un temps où la Corée était beaucoup plus avancée que le Japon et dépêchait des missions culturelles pour aider son voisin à se développer. Beaucoup d'éléments de la culture nippone ont une origine coréenne (ex le kimono, le maki-sushi) et c'est proprement insupportable pour ces fanatiques.
La culture coréenne a été bannie sous l'occupation nippone. Les coréens ont été forcés à changer de nom, à ne plus apprendre leur langue... et en représailles les importations de biens culturels nippons ont été longtemps restreintes après la guerre. Les générations anciennes conservent un ressentiment de victimes mais il n'y a pas de racisme sous latent, et un respect de la supériorité économique du voisin.
La jeunesse nippone, qui n'a bien sûr aucune idée de ce qui se trame dans son dos, a totalement craqué pour la vague coréenne (hallyu) des soap opéras lamentables (grosse source à l'export pour la Corée) et beaucoup d'ados se sont mis à apprendre le Coréen. Cela n'a pas vraiment calmé les ardeurs des néofascistes, bien au contraire. C'est aussi pourquoi ils misent tant sur l'éducation des générations futures et le contenu des livres d'histoire.
C'est un moment clef pour le Japon : soit il leur résiste et prend le temps de faire le point sur son passé (sans tabou mais dans la serenite) soit il se laisse faire et sombre durablement dans les griffes des bellicistes.

* cf "
Koguryo / Goguryo : halte à l'anschluss culturel chinois"
** à la remarque "Mer du Japon" n'a pas remplacé "Mer de Corée" mais "Mer de l'Est", je réponds que vu des ultranationalistes Japonais, les deux derniers se valent: si une mer a été baptisée "Mer de l’Est", ce n’est évidemment pas par le pays dont elle vient lêcher la côte Ouest ! La cartographie joue un rôle essentiel dans les débats sur Dokdo, et à ce petit jeu, les ultranationalistes nippons ne peuvent pas gagner. A moins d’effacer les preuves ou de les modifier (c’est pour cela qu’ils viennent d’obtenir de la Librairie du Congrès US une modification du système de référencement. Exit "Dokdo", bienvenue aux "Iles de la Mer du Japon").

20070710

L'Hiver Démocratique Russe - scénario long terme

(forum - à propos des dérives anti-démocratiques en Russie)

Poutine joue un jeu dangereux en combinant la restoration de certains codes staliniens et la stimulation d’un ultranationalisme xénophobe. La migration en masse de juifs russes vers Israël a par ailleurs accéléré la montée d’un antisémitisme très inquiétant et violent. Les musulmans feront de nouveau l’objet de discriminations au point de provoquer des départs en masse.

A l’échelle historique, je pense toutefois que la crise démographique russe finira par s’inverser: le réchauffement climatique va bouleverser l’habitabilité de nombreuses régions à la densité quasi nulle, et la pression du sud ne pourra être éternellement contenue.

Entretemps (au minimum plusieurs décennies), le nationalisme va atteindre des sommets et je ne serais pas surpris d’assister à l’émergence d’une forme inédite d’apartheid. Le pouvoir sera plus que jamais détenu par les instances en charge de la nationalité et donc du droit de vote. Au niveau international, priorité sera donnée à un panslavisme plus ou moins maffieux.

La Russie sortira un jour de cet hiver démocratique, et cela ira de pair avec une ouverture brutale aux flux étrangers.

En tout état de cause, je ne vois pas trop de calme à l’horizon, ce qui s’inscrit d’ailleurs dans la grande tradition du pays.

20061216

Blogule rouge a Shinzo Abe - l'Empire contre attaque

Le successeur de Koizumi n'a jamais caché ses penchants ultranationalistes : favorable à la réhabilitation des criminels de guerre japonais, visiteur régulier de Yasukuni, promoteur du retour à une constitution militariste, négationniste notoire (cf "comfort women")... Shinzo Abe vient logiquement d'apporter son soutien à une très inquiétante réforme de l'éducation.
Conformément aux souhaits du Ministre Bunmei Ibuki, le sentiment nationaliste sera de nouveau exacerbé auprès des élèves et les professeurs refusant d'entonner l'hymne à l'Empereur ou de rendre hommage au drapeau national seront punis. Loin de réparer le vide sidéral de l'enseignement de l'histoire du pays (le peuple ignorant généralement les crimes contre l'humanité commis sous le règne de Hirohito), cette réforme marque la fin du pacifisme nippon soixante ans après Hiroshima.
A ce rythme, les restaurateurs du fascisme extrème-oriental, au premier rang desquels Abe et sa clique, disposeront bientôt de toute la chair à canon dont ils rêvent... pour peu qu'une politique nataliste vienne stimuler les autres instincts basiques de la copu... pardon population.

A ceux qui prennent encore Abe pour un modéré, je rappellerai que ce type a confié le maroquin des Affaires Etrangères à Taro Aso, un ultranationaliste honni de tous les voisins de l'Archipel qui claironnait encore l'an dernier que le Japon était le seul pays au monde à avoir "une nation, une civilisation, une langue, une culture, une race". Désormais, il pourra tranquilement embrayer sur "ein Reich, ein Volk, ein Führer".

20061209

Blogule rouge a Pascal Sevran - la chance aux fachos

La Barbara Cartland de la chanson française fait désormais dans le James Ellroy le plus sordide. Je vous épargne le langage pour le moins imagé, mais en substance Pascal Sevran souhaiterait que la moitié de la planète soit à son image : émasculée. La faim dans le monde ? Mais mon bon monsieur Malthus, ce sont ces pauvres sauvages qui la créent en se reproduisant comme des lapins. Ce qu'il nous faudrait, c'est une bonne stérilisation de masse de tous ces parasites. J'oserai même dire que ce serait le Pérou, n'est-ce pas Alberto Fujimori ? Ah du temps où Trénet rayonnait, on savait balayer tout ça, et avec des jolis balais bleus qui plus est...
A croire que ce grand admirateur de Tonton cherche à séduire l'électorat FN sur ses terres. Var Matin, quel journal !

20060203

Blogule blanc a la caricature - rouge a l'incitation a la haine

L'épisode des "Visages de Mahomet" nous renvoie à celui des Versets Sataniques de Rushdie. Il donne surtout au Hamas l'occasion de marquer son territoire en phase avec ses nouveaux sponsors iraniens.
J'ai aperçu de loin (illustrations sans commentaires) quelques uns des dessins du prophète initialement publiés par Jyllands-Posten, et ils me semblent couvrir un large spectre : du plus réaliste au plus caricatural, du plus anodin (un homme dans sa simplicité) au plus provoquant (un guerrier l'arme au poing, un terroriste la bombe au couvre-chef).
A mon sens et au même titre que le port du hijab, l'interdiction de représenter Mahomet (en tant que prophète comme en tant que personnage historique majeur) ne doit s'imposer qu'aux croyants qui l'acceptent comme un choix personnel et positif. Mais la loi laïque s'avère par ailleurs très claire sur l'incitation à la haîne raciale et religieuse, et certains de ces dessins m'ont immédiatement fait penser à une littérature foisonnante dans l'Europe des années 1933-1945...
Pour autant et dans le respect de cette loi, le droit à la caricature doit pouvoir s'appliquer, sans nécessairement prendre des pincettes (cf l'excellent Plantu dans Le Monde d'hier). Je regrette que Sarkozy soit le premier à dégainer dans ce sens, la Bouygues Broadcasting Corporation s'empressant dans la foulée de diffuser en boucle son TOC de triomphe ; une moue d'autosatisfaction de plus en plus dickcheynesque et têtaclaquoire...
Bon, je l'avoue, il m'arrive de pratiquer la caricature. Et de subir la critique de personnes dépourvues d'humour. Voire, pire encore, de subir la critique de personnes pourvues d'humour. Mais même si je me suis cogné des extrémistes, des fondamentalistes un révisionniste, jamais ma vie n'a été en jeu. Tout au plus mon amour propre.

On n'en meurt pas, mais ça peut faire mal.

20051226

Blogule rouge a 2005

Di Canio se déclare "fasciste mais pas raciste"
Dieudonné se déclare candidat à la présidentielle de 2007 mais simple humoriste
Delors se déclare confiant dans l'existence d'un plan B en cas de non à la Constitution Européenne mais sans préciser s'il s'agit du B de Bordel ou du B de Blair-Bush
Dubya se déclare opposé à la torture mais demande à y être autorisé par la loi
Décidément, une année
que l'on pouvait qualifier d'annus horribilis dès le 6 juillet ne mérite pas que l'on s'y attarde.

20051102

Blogule rouge aux brames de destruction massive

A défaut de raisonner sous le choc d'un tragique incident, Clichy sous Bois aura résonné plusieurs nuits du brâme poussé par Nicolas SARKOZY à Corbeille-Essonnes. L'extension coordonnée de la guerilla urbaine vers d'autres banlieues la nuit dernière ne doit en revanche rien au hasard : au-delà des véhicules particuliers sont visés des entreprises à franchises et des écoles. Le message : nous dénions à ceux qui souhaitent s'intégrer l'accès à la république et à son enseignement, nous dissuadons les entrepreneurs d'investir dans des quartiers difficiles, nous souhaitons séparer ces cités de la Cité pour mieux recruter et fanatiser.
Il est regrettable d'en arriver là pour entendre le discours de modérés comme Azouz BEGAG, Ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances. Maintenant que le mal est fait, d'autres voix doivent s'élever pour marginaliser au plus vite les discours radicaux, dans les grands medias et surtout sur le terrain.

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