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20100116

La censure est-elle de retour en Corée du Sud ? Reconciliation ou Reconcealment ?

Selon OhMyNews, des traducteurs envisageraient de poursuivre en justice Lee Young-Jo, le nouveau président de la Truth and Reconciliation Commission, Korea (TRCK) pour diffamation*. L'occasion de braquer les projecteurs sur un incident pour le moins troublant et révélateur des tensions animant actuellement cette démocratie encore très jeune.

A l'instar des autres TRC nationales, la Commission Vérité et Réconciliation Corée est une structure indépendante créée pour faire toute la lumière sur le passé trouble du pays. En l'occurence, les exactions commises pendant l'occupation nippone ou sous les dictatures sud-coréennes jusqu'à l'avènement de la démocratie au tournant des années 90.

Si elle est loin d'avoir achevé cette oeuvre délicate mais essentielle, la TRCK a déjà traité plusieurs milliers de cas, couvrant des abus et massacres des deux camps en toute neutralité. Elle prône la réconciliation nationale et la réhabilitation de milliers de victimes injustement accusées, leurs familles ayant souvent été harcelées pendant des générations.

Mais ses recommandations ne sont pas toujours suivies par le gouvernement conservateur de Lee Myung-bak, pressé par les ultra-conservateurs de mettre un terme à cette Commission née pendant la présidence du très progressiste Roh Moo-hyun (disparu tragiquement en mai dernier, pour rappel : "Roh Moo-hyun, le promeneur du champ de mai"). Mais une mesure aussi radicale enverrait un message désastreux sur l'état de la démocratie dans le pays, surtout à l'heure où l'opposition dénonce des attaques répétées contre la liberté d'expression y compris sur la toile, contre le droit de grêve, ou encore contre l'indépendance des media et de la justice.

La TRCK doit remettre au printemps prochain son rapport final structurant pour l'avenir de la justice transitionnelle en Corée. Les observateurs nationaux et internationaux le décoquilleront de près pour juger de l'effort du pays pour affronter son passé. Toute inflexion serait naturellement interprétée comme un très mauvais signe.

Dans ce contexte électrique, l'une des premières décisions du nouveau président Lee Young-Jo a été d'interdir la diffusion d'un référentiel essentiel, le rapport publié en Anglais par la TRCK en mars 2009 sur le bilan des trois années précédentes ("Truth and Reconciliation - Activities of the Past Three Years") et dont 800 des 2000 exemplaires avaient déjà été distribués. La raison de cette interdiction ? Cette publication serait "biaisée et l'Anglais non correct". Mais les traducteurs rejettent fermement l'accusation, et la nouvelle direction n'a pas été en mesure de leur communiquer (ni à OhMyNews) le moindre exemple d'erreur de traduction.

N'étant pas Anglophone de naissance, je ne me permettrai pas de juger du grammaticalement correct. Mais "la junte militaire de Park (Chung-hee) a introduit un régime fasciste d'extrème droite dans la société coréenne pendant une période où la nation manquait de réflexion, valeurs, et conscience démocratiques" pourrait sembler politiquement incorrect dans un pays où l'ancien dictateur jouit toujours d'une certaine popularité**. Je conçois également que la couverture du rapport montrant un massacre de civils puisse embarrasser les partisans de l'omerta, mais elle se passe de traduction.

Commissaire à la TRCK depuis 2005 et très à l'aise en Anglais, Lee Young-jo ne s'était pas opposé à cette publication avant sa nomination. Je n'irai pas jusqu'à imaginer que sa propre nomination, avec la bénédiction du gouvernement de Lee Myung-bak, s'inscrit dans une stratégie délibérée de torpillage de la Commission et du formidable travail accompli par ses prédécesseurs, mais je m'étonne qu'un organisme en charge de rétablir la vérité historique commence à faire disparaitre des éléments de sa propre enquête en totale absence de transparence, et je note que de nombreux media n'hésitent pas à franchir ce pas.

Que Lee Young-jo lui-même présente un profil très marqué conservateur est une chose (Lee Young-jo a été President du Capitalism Economy and Nationalism Research Center and Secretary General et du Citizens United for Better Society / cubs-korea.org), mais le site SisaIN précise que son mouvement "New Right" s'est par le passé distingué par des tentatives de révision de manuels d'histoire, et évoque clairement un risque de sabotage de la TRCK***.

Si cette interdiction venait à relever de la censure, on peut se demander quels autres changements sont déjà discrètement à l'oeuvre dans cette organisation jusqu'ici irréprochable.

Une chose est sûre : cette interdiction va au contraire forcer les media étrangers à y regarder d'encore plus près. Il y a encore quelques semaines (voir "Binding praise for South Korea"), la presse internationale se félicitait à juste titre des avancées considérables réalisées grâce à l'admission des exactions passées, et je la vois mal accepter qu'on lui interdise de comparer le rapport final avec un rapport intermédiaire destiné à l'opinion internationale et validé par l'équipe précédente, Lee Young-jo y compris.

Si tel était l'objectif de la manoeuvre, la transformation de la Truth and Reconciliation Commission en une espèce d'"Untruth and Reconcealment Commission" ne passerait donc pas inaperçue et au contraire, rejaillirait très négativement sur Lee Myung-bak : bien au-delà des clivages politiques, elle marquerait une défaite tragique pour l'ensemble de la démocratie coréenne. Le président de la république serait alors obligé de choisir entre le soutien d'une poignée d'irréductibles cramponnés à un passé honteux, et l'humiliation publique devant l'ensemble de la communauté internationale comme devant l'Histoire.


blogules 2010 - initalement publié sur Seoul Village ("TRCK lost in translation or lost in transition ?") et blogules en V.O. ("Truth and Reconciliation Commission, Korea Under Revision ?").


* Pour la TRCK, voir tous les épisodes précédents sur Seoul Village (dont "Achievements and Tasks of TRCK's Activities", où j'évoquais cette nomination en décembre dernier. Pour l'article sur OhMyNews, voir "Translators upset by 'New Right Truth and Reconciliation Commission'" ("번역자들, '뉴라이트 진실화해위'에 뿔났다" - 20100113 updated 20100114).
** "the Park military junta introduced an extreme right-wing Fascist regime into Korean society during a time when the nation lacked thoughts, values, and awareness of democracy". Signalons par ailleurs que l'ancien dictateur figure en bonne position dans la liste des principaux collabos coréens pendant l'occupation japonaise, également publiée l'an dernier... avec en prime la très belle lettre de motivation envoyée par le jeune Park Chung-hee aux autorités japonaises pour rejoindre l'élite de la collaboration ! Dans une tentative désespérée de sauver la face, les ultra-conservateurs se sont fendus d'une liste de collabos "communistes" incluant les deux prédécesseurs de Lee Myung-bak décédés en 2009 (Roh Moo-hyun et Kim Dae-jung).
*** "New Right received by past Commission" ("
뉴라이트가 접수한 과거사정리위원회" - SisaIN 20091221)

20091009

Le Japon est enfin une grande nation

Enfin, le Japon s'est décidé à regarder en face son propre passé.

Confirmant les espoirs suscités par l'élection de Yukio Hatoyama (voir "Le pays du soleil lavant ?") et à la veille de la rencontre de ce dernier avec Lee Myung-bak, le nouveau Ministre des Affaires Etrangères Katsuya Okada a lancé un appel à l'élaboration de manuels d'histoire communs entre le Japon, la Chine et la Corée*.

Okada a également rappelé qu'en 1995, l'ancien Premier Ministre Tomiichi Murayama avait eu la sagesse de présenter à ses voisins des excuses pour les "dommages et souffrances" causés pendant l'occupation, de dénoncer l'impasse nationaliste, et d'appeler ses concitoyens à accepter les pages sombres de leur propre histoire.

Personne n'a oublié comment les ultra-nationalistes nippons avaient corrigé le tir par la suite, poussant les successeurs de Murayama aux provocations les plus extrêmes dans un nauséabond retour en arrière**. L'heure semble venue de remettre les pendules à l'heure et de renvoyer aux oubliettes de l'histoire les nationalistes de tous bords.

De tous bords ? Tout comme les discours fondateurs d'Obama dénonçant les errements passés de l'Amérique ont privé de munitions de nombreux marchands de haîne dans son pays comme à travers le monde, cet appel du Japon à ce que toute la lumière soit faite sur ses propres exactions pourrait mettre à nu un paquet d'imposteurs qui, dans la région, faisaient leur propre beurre nationaliste sur les provocations des neofascistes nippons.

Si les Chinois sont ravis que la vérité soit rétablie sur le Massacre de Nankin, je ne suis pas sûr que Beijing accepte de jouer le jeu jusqu'au bout et de jeter aux orties ses propres programmes révisionnistes***.

La Corée du Sud elle-même n'a pas encore totalement fait le ménage dans ses propres placards. Elle continue, comme il convient, d'investiguer, de déterrer des cadavres, et de corriger les erreurs passées, en particulier sous la dictature... mais cela ne plait pas à tout le monde, et en particulier à son arrière garde nationaliste à elle, qui fait pression pour que le mandat de la Truth and Reconciliation Commission ne soit pas reconduit****. Ce faisant, ces prétendus patriotes minent en réalité les efforts du pays pour accéder vraiment au statut de grande nation : contrairement à ce qu'ils affirment, ces révélations n'apportent pas de la honte au pays mais en font la fierté et inspirent le respect des autres nations.

En tant que citoyen français, j'ai toujours admiré l'Allemagne pour la façon avec laquelle elle a assumé les atrocités nazies et oeuvré à l'éducation des générations suivantes... et par effet miroir j'ai eu encore plus honte de mon pays, qui aura attendu un demi-siècle avant de commencer à reconnaitre son rôle dans le génocide (combien de siècles pour reconnaitre la vraie nature du colonialisme ?).

Lorsqu'un pays admet ses faiblesses passées, il se renforce pour l'avenir et envoie le meilleur message possible à son peuple comme au monde. Une nation respectant les leçons de l'Histoire est une grande nation.

Au moment où le Japon l'invite à la vérité et à la réconciliation, la Corée doit plus que jamais soutenir sa commission du même nom.

Et ensemble, la Corée et le Japon ont le devoir d'envoyer le bon message à la région et au monde, à devenir la locomotive modèle d'une Asie plus forte puisqu'enfin en paix avec son passé.

blogules 2009 - également sur blogules V.O. ("Change has come to Japan") et sur Seoul Village ("A Common History")

* voir "
Japanese foreign minister suggests joint history texts" (JoongAng Daily 20091009)
** voir trop de blogules rouges précédemment versés sur le Japon et la Chine.
*** à propos : des chercheurs Anglais ont d'ailleurs récemment dénoncé la tentative de vol - pour ne pas dire "
hanschluss" - de la culture Goguryeo. Selon eux, c'est comme si l'Angleterre revendiquait la civilisation Germanique et la porte de Brandenburg !
**** voir Seoul Village : "
President Lee, please keep digging".

ADDENDUM 20091012
Ce blogule a été publié dans le JoongAng Ilbo de ce jour sous le titre "Japan may face its history".

20090818

KIM Dae-jung en Statue du Commandeur

Triste année pour les anciens présidents sud-coréens : la pneumonie a emporté KIM Dae-jung (1998-2003) aujourd'hui*, quelques semaines après le suicide** de son successeur ROH Moo-hyun (2003-2008).

Le premier Coréen lauréat d'un Prix Nobel (celui de la Paix en 2000) avait été admis il y a plus d'un mois au Severance Hospital. Et lorsque son sort a commencé à ne plus laisser le moindre espoir, tous ses anciens ennemis politiques se sont succédés un à un pour rendre visite à un homme alors trop faible pour parler, mais dont la mort allait nécessairement provoquer le retour des projecteurs vers les moments les moins glorieux de leur propre passé.

Parmi les plus prestigieux notables venus "faire la paix" dans cette parodie de "Sunshine Policy", trois présidents :
- l'ancien dictateur CHUN Doo-hwan, qui l'avait fait arrêter et condamner à mort, a déjà été jugé
- KIM Yong-sam, qui avait rejoint le camp conservateur pour le battre aux présidentielles en 1993, espérait encore équilibrer son peu reluisant bilan,
- mais le passé de LEE Myung-bak avec KIM Dae-jung se conjugue au présent, et son histoire reste pour beaucoup à écrire

Or KIM Dae-jung a été particulièrement critique envers le président actuel. Son dernier souffle en public a été pour denoncer des attaques répétées à la démocratie, en particulier dans les cadre des polémiques ayant suivi la disparition de ROH Moo-hyun (voir "
A Yellow Sea for Roh Moo-hyun").

Au minimum pour les quelques semaines à venir, KIM Dae-jung risque de s'élever comme une embarrassante Statue du Commandeur à côté de ce Don Juan déjà sérieusement en délicatesse dans sa reconquête de l'opinion publique coréenne.


* voir "
Former President Kim dies at 85" (Yonhap 20090818)
** voir "
Roh Moo-hyun, le promeneur du champ de mai" ("Roh Moo-hyun follows Pierre Beregovoy" sur Seoul Village et blogules VO).


blogules 2009

ADDENDUM 20090819

La famille de KIM Dae-jung a choisi le grand ordonnateur des hommages : KIM Young-sam. Enterrer la hâche de guerre entre YS et DJ ne pouvait constituer un plus bel hommage a sa Sunshine Policy.

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initialement publié
Seoul Village and blogules VO.

20090602

Kim Jong-Un Deux Trois

Après dissipation des brumes (radioactives ?) matinales, Kim Jong-un semblerait émerger comme le successeur officiel de Kim Jong-il*. Jeune (26 ans), anglophone, formé à l'Ouest (Suisse), mais réputé aussi disgrâcieux que son paternel, le 3e fils chéri du "Cher Leader" a été sans grande surprise préféré à ses aînés : Kim Jong-nam s'était lamentablement grillé lors d'une virée foireuse à Disneyland Tokyo et selon l'ex-cuistot familial, Kim Jong-chul traînerait une réputation de "petite fille" à Papa.

N'en déduisons pas pour autant que la secte-dynastie crypto-stalinienne fondée par Kim Il-sung a déjà embrayé en douceur vers sa troisième génération.

A mon humble avis, cette promotion n'a pas été si simple et surtout, n'est pas certaine de se confirmer au moment venu.

Pour la faire simple, il existe trois voies à moyen terme pour le régime Nord-Coréen : le maintien du Juche et du statu quo, la réforme et une ouverture progressive vers le Sud, et l'Hanschluss par Beijing*. Je n'ose pas imaginer la quatrième voie.

De toute evidence, les trois courants cohabitent plutôt mal que bien au sein de cet Etat d'apparence monolithique. Il n'est pas impossible que Kim Jong-il ait échappé à un ou plusieurs attentats (on repense à cette étrange explosion ferroviaire), et la propagande n'a pas préparé la succession de façon aussi fluide qu'entre son père et lui. La dégradation de sa santé a visiblement renforcé les collabos pro-Beijing, et les spectaculaires démonstrations de force de ces derniers temps me paraissent s'adresser plus clairement au voisin chinois qu'aux Etats-Unis (en dépit du choix de frapper un jour férié US, comme précédemment) et même à la Corée du Sud, pourtant beaucoup moins coulante depuis le retour au pouvoir des conservateurs (ne parlons même pas de la Russie ou du Japon).

Le message de Kim Jong-il, si c'est vraiment lui qui pilote l'avion (avec son influent beau-frère Chang Sung-taek / Jang Seong-taek) : nous réaffirmons notre indépendance, nous ne nous soumettrons pas.

Le leader n'a vraiment pu pousser la candidature de Kim Jong-un que depuis le début de cette année, une fois recouvré une partie de son mojo. Il aurait annoncé sa décision le jour de l'anniversaire du petit (8 janvier), mais les rumeurs ont longtemps couru par la suite sur sa candidature ou non aux élections de mars. Une première réponse arriva fin avril avec sa promotion au Comité de Défense Nationale fin avril, associée à celle de Jang (futur chaperon ou futur traître ?). Papa a vraiment marqué le coup en lui attribuant des fonctions clef au sein de l'Armée, du Présidium, et du Gouvernement le jour du second essai nucléaire supposé (25 mai).

Quelque part, Kim sauve la face quoi qu'il advienne par la suite : vu de l'extérieur, c'est lui qui a décidé et c'est la chair de sa chair qui prend la suite.

Vu de l'extérieur.


* "
Spy agency confirms N.K. leader's third son as successor: lawmakers" (Yonhap 20090602)

** voir "
La Grande Muraille de Chine à l'assaut de la Corée (l'ultime Hanschluss)"

20090523

Roh Moo-hyun, le promeneur du champ de mai

L'ancien Président de la République de Corée (2003-2008) vient de décéder ce matin des suites d'une chute à quelques mètres de sa maison*, dans le petit village de Bongha à côté de Gimhae, dans le sud-est du pays.

La chute s'est produite vers 6h50 et la mort a été prononcée vers 7h05 à l'hôpital. Roh Moo-hyun était accompagné d'un aide dans cette mortelle randonnée.

Difficile de ne pas penser à un suicide : toute la famille fait l'objet d'une enquête très avancée dans une affaire de corruption, et lui même venait de subir un interrogatoire il y a quelques jours.

Sa paisible retraîte avait déjà plutôt mal commencé : Roh était parti avec les enregistrements de sa présidence, et avait dû les restituer après une embarrassante joute juridique.

Le concept même de retraîte présidentielle paisible n'existe pas dans le pays : aucun de ses prédécesseurs n'a réussi à échapper aux scandales après son mandat.

La différence, notable, est que Roh a visiblement assumé sa faute jusqu'au bout. Plus tôt, il avait déjà absous son collaborateur Chung Sang-moon en avouant que l'accusation devait porter sur sa famille et non sur lui, puisque c'est sa famille qui avait demandé et obtenu l'argent. Sa capacité à battre sa coulpe tranchait déjà du temps de sa présidence, et lui a valu la défiance de nombreux membres de son propre parti. A bien y réfléchir, à l'exception notable de son élection au poste suprême, Roh Moo-hyun avait une approche parfois suicidaire de la politique, déchiré entre des beaux principes et l'amère réalité du pouvoir.

Cet homme s'est construit sur une image de probité et de respect de la loi et s'est révélé dans une dénonciation de la corruption, mais n'a pas réussi à changer les mauvaises habitudes du pays. Même si personne n'était dupe des moyens mis en oeuvre pour parvenir à son élection (inférieurs pourtant à ceux de son adversaire Lee Hoi-chang), beaucoup espéraient qu'il apporte du changement dans le milieu. En vain : Roh a plus passé de temps à rattraper ses propres gaffes qu'à mettre en oeuvre les réformes annoncées, et a même dû céder quelques mois les rênes du pouvoir à son premier ministre Goh Gun le temps de survivre à une procédure d'impeachment.

Dans un pays récemment converti à la démocratie et où la loi interdit plus d'un mandat présidentiel, tout président devient un "lame duck" sitôt élu. Mais le pauvre Roh Moo-hyun a n'a pas eu le temps d'exposer autre chose que ses propres faiblesses.

Le virage à droite de l'an dernier était prévisible, mais essentiellement en raison de la personnalité diamétralement opposée de son successeur, le hyperconfiant LEE "Bulldozer" Myung-bak... Un style pas non plus exempt de reproches**.

Par ses origines simples, son profil décalé dans le monde politique et sa fin tragique (suicide ou non, peu importe finalement), Roh Moo-hyun peut faire penser à Pierre Bérégovoy. Mais avec un charisme et une image beaucoup plus nets. Esperons que son départ force la Corée à s'interroger sur sa façon de concevoir la politique, à engager une vaste opération de transparence pour faciliter non seulement l'émergence de talents motivés par le changement, mais aussi leur protection dans leur ascension.


* "
Former S. Korean President Roh Dead: Police" (Yonhap 20090523)
** voir "
Une présidence en travaux", puis "Volonté d'impuissance"

20090403

Le G20 twitté par les Maîtres du Monde

@barackobama.com : "uh... hum... Bon : plus que 110 caractères. Good day : on tient un accord. Bonus: évité un pugilat entre Sarko & Hu."

@nicolassarkozy.fr : "Good day : j'ai fait la une et sauvé le monde, comme d'hab'. Bonus : évité la guerre entre les US & la Chine."

@hujintao.com.cn : "Good day : sauvé Macao & HK, rachété les US, coupé liens entre France & Dalai Lama. Bonus: en ai profité pour espionner UK."

@gordonbrown.co.uk : "Good day : j'ai gardé le menton bien haut, et la mâchoire pas trop bas."

@tayyiperdogan.com.tr : "Good day : Shimon Peres n'était pas là."

@robertzoellick.us : "Good day : si un Bushite comme moi se fait augmenter, y'a toujours de l'espoir pour l'argent facile."

@bankimoon.un.org : "Good day : si seulement on avait les mêmes au Conseil de Sécurité..."

@abhisitvejjajiva.com.th : "Good day : j'étais juste derrière Obama sur la photo. Bad day : son sourire a éclipsé le mien."

@taroaso.co.jp : "Good day : personne ne m'a surpris à siroter mon saké."

@dmitrymedvedev.ru : "Good day : j'ai tenu la jambe de ces abrutis pendant que Vlad atomisait la Géorgie. Même eu l'autographe d'Obama."

@stephenharper.ca : "Bad day : coincé aux toilettes pendant la photo officielle."

@mbtious.co.kr : "Good day : Kim Jong-il a réussi à m'obtenir une itw avec BO."

@lula.com.br : "Good day : j'ai été employé comme bodyguard par Brown et la Reine. Tenu ce fou furieux de Frenchie à distance de Barack."

@angelamerkel.de : "Good day : assise à côté d'Oby au dîner, loin de Sarko sur la photo de famille."

@dskimf.com : "Good day : j'ai un budget pour acheter des fleurs à Michelle Obama."

@silvioberlusconi.it : "Good day : sur les images, je parais plus jeune qu'Obama et Medvedev réunis."

@kevinrudd.com.au : "G'day and seeya."

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initialement publié sur blogules en V.O.

20090320

Reconstruire, d'accord, mais en étant constructif

La France dans la rue, le gouvernement dans l'impasse, un boulevard pour l'opposition (y compris celle interne à l'UMP)... pour fêter les beaux jours, la nation décide de redécouvrir la ville...

... sous le regard ébahi des observateurs étrangers : drôle de moment pour demander des augmentations de salaires, même dans un pays aussi réputé pour la protection de ses administrés.

Bon. Si l'on met de côté les sujets économiques (pourtant au coeur du problème), que voit-on au fond ? Des mouvements sociaux et des mouvements politiques.

Les mouvements sociaux ne datent pas d'hier : le malaise républicain gagne une part croissante de la population, en particulier les éléments les plus précieux de sa jeunesse. Pas celle qui défile ; celle qui a réellement envie de contribuer à la société et des projets plein la tête, mais trop souvent - et il faut bien l'admettre - la tête en question ne revient pas à la société. La république se prive ainsi de la base la plus prometteuse de sa refondation.

Les mouvements politiques s'avèrent plus superficiels. Une fois de plus, l'opposition se soude sur le seul ciment de l'opposition et ne propose aucune alternative. Et comme la nature politique a horreur du vide idéologique, les "anti" (
NPA, atermoyistes...*) continuent à tenir le haut du pavé. Plus intéressants à mes yeux, les mouvements browniens animant enfin l'UMP : comme prévu, la machine à fabriquer des présidents se grippe dès que le locataire actuel de l'Elysée se dévie de son mandat de réformateur pour son autre agenda, de moins en moins caché (cf "Démocratie et conservatisme").

S'il cherche à resouder le parti autour de Sarkozy, Xavier Bertrand fonce droit dans le mur... mais ça tombe bien : il a une autre personnalité en tête. S'il la joue fine, XB peut même faire passer l'échec des Européennes pour celui de Sarko et dans la foulée s'imposer tranquilement comme le chantre de la diversité au centre-droit. En tout cas, il n'est peut-être plus si pressé de récupérer Matignon : si les réformes internationales pataugent, la France semble mal partie pour amorcer un redressement avant 2011.

Condamné depuis plus d'un an à sauter après le scrutin européen, François Fillon connait peut-être déjà le nom de son successeur : Christine Lagarde. A moins qu'il ne s'agisse de MAM ? Kouchner ? Juppé ? DSK ? Bigard ? Laporte ? Ingrid Bétancourt ? Fillon François ? Liliane Bettencourt ? Jamel Debbouze ? un Raffarin black ?... ? Dominique Strauss-Kahn préfèrera peut-être sa galère actuelle à une mission suicide dans la perspective 2012 : s'il traîne une sacrée casserole au FMI, Obama a envie de lui donner les moyens d'y tester de nouvelles recettes tout aussi stimulantes mais un poil moins embarrassantes.

En attendant, Nicolas Sarkozy partage le sort de Lee Myung-bak, cet autre président élu sur un programme de réformateur, mais descendu dans les sondages pour avoir gaspillé sur des sujets controversés les mois les plus précieux avant l'effondrement financier international.

Ils ont des amis en commun : l'ultra-libéral Guy Sorman figure parmi les conseillers de "2MB". Mais comme le signale fort justement Sorman, Sarkozy n'est pas un libéral.

D'ailleurs, la Corée est en avance sur la France : c'est l'an dernier qu'elle a connu ses manifs monstres.


* voir "Nouveau Parti Anticapitaliste - vieille rengaine".

20080622

Volonté d'impuissance

Ce Président atlantiste a été élu sur un programme de réformes dont il n'a finalement pas vraiment fait sa priorité, et s'est vite retrouvé signalé hors jeu après avoir pris sans concertation l'initiative sur des terrains pour le moins glissants.

Mais LEE Myung-bak est descendu encore plus bas dans les sondages que son modèle* Nicolas Sarkozy. Et son terrain le plus glissant n'a rien à voir avec la religion : même s'il a largement ouvert des portes bien utiles aux membres de son église Somang, Lee ne cherche pas à remettre en cause la laïcité de la république.


Le peuple coréen reproche à son nouveau leader d'avoir trop facilement donné le feu vert aux accords de libre-échange avec les Etats-Unis, et les risques sanitaires associés aux importations alimentaires (en particulier la psychose de la "vache folle") cristallisent toutes les colères, et au-delà toutes les craintes d'un pays en pleine crise.

L'inflation s'envole, la croissance s'essoufle (les deux taux convergeant autour de 4.5% pour cette année), le won bat de l'aile et les piliers historiques de la prospérité marquent le pas : les perspectives à l'export s'assombrissent avec la conjoncture internationale et l'immobilier émet des signaux inquiétants (la bulle commence à se dégonfler au sud de Séoul, les promoteurs les moins solides font faillite, les foyers peinent de plus en plus sous une forte pression financière...).


Les manifestations massives de ces dernières semaines** ont contraint le président à tirer brutalement la chasse de son cabinet, mais si la rue a obtenu des têtes elle n'entrevoit pas pour autant la sortie du tunnel.

Comme avec Sarkozy, j'ai le sentiment d'un immense gâchis : la France comme la Corée sont en train de manquer des occasions historiques de se réformer et le contexte international peu favorable ne suffit pas pour expliquer ce phénomène.

Si les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, c'est avant tout parce que les nouveaux dirigeants, massivement choisis par le peuple en dépit de leurs défauts connus de tous, se sont avérés très décevants sur ce qui était supposé leur point fort : Sarkozy a failli dans la mobilisation et la focalisation, Lee au coeur même de ce qui fait un bon manager.

Fonctionnement autocratique, absence de prise en compte de l'environnement, autisme dans le décision making... le "CEO President" a piloté son entreprise comme la caricature de dirigeant coréen qu'il était supposé effacer. Et comme pour Sarkozy, la majorité se retrouve au bord de l'implosion en raison de l'existence d'un véritable gouvernement parallèle, source de crise institutionnelle (en particulier entre l'exécutif et le législatif) mais aussi source de dissensions au sein même des cercles supposés les plus proches du pouvoir.

Les réformes n'ont que trop tardé, et ces deux pays le constatent tous les jours, à mesure qu'ils s'enfoncent dans une crise pour laquelle ils se trouvent moins bien armés que leurs concurrents. Ces deux dirigeants seraient décidément inspirés de revoir leur copie et leur mode de fonctionnement. Ils en ont la capacité, mais il n'est pas sûr qu'ils le veuillent vraiment. Et le jour où ils se décideront à assumer leur mission, ils risquent de ne plus trouver aussi facilement qu'avant de bonnes volontés pour les suivre.


* cf "
Une présidence en travaux" (20071206)
** cf "
Haka and axing in Gwanghwamun" (20080608) : tous les soirs, 45.000 policiers bouclent mon quartier... qui se trouve abriter également le siège de la police municipale (de l'autre côté de la rue), celui du gouvernement (à 300 mètres) et la Maison Bleue présidentielle (à moins d'un km). J'ai pris la photo ci-dessus le 10 juin 2008 au soir. Son titre "Blue Man Group" rend hommage à la fois aux entertainers de Vegas (dont cela devait être la première à Séoul), et aux hommes en bleu qui ont finalement régné sur le Sejong Cultural Center ce soir-là : la première a finalement été annulée en raison de la manifestation la plus importante depuis 1987, des barrages de containers bloquant Sejongno (dont la chaussée était totalement dégagée à part quelques milliers de policiers, quelques dizaines de cars de CRS, deux journalistes et votre serviteur).

20071206

Une présidence en travaux

En cette année d'élection présidentielle, l'ancien maire de la capitale tremble pour la trace qu'il laissera dans l'Histoire. Les casserolles qu'il traîne depuis des années tintent sérieusement et la justice a décidé d'aller jusqu'au bout.

Mais les procureurs viennent de lever toutes les charges contre lui dans l'affaire BBK, et LEE Myung-bak se voit donc ouvrir un boulevard pour les élections présidentielles du 19 décembre prochain.

Quand il est question de tracer des boulevards, cet ambitieux bâtisseur n'est décidément jamais bien loin. Aux manettes de la filiale construction de Hyundai, LEE avait déjà contribué à redessiner la Corée du Sud et le Moyen-Orient, mais son passage à la mairie de Séoul aura laissé une empreinte digne du préfet Haussmann : restauration spectaculaire du cours d'eau Cheonggyecheon au coeur de la ville à la place d'un disgrâcieux autopont de béton, création d'un parc géant peuplé de biches, revitalisation des transports terrestres par la création de couloirs de bus... personne n'ignore ses faits d'armes dans un pays pourtant habitué à voir le paysage recomposé par les bulldozers et les grues à longueur d'année.

Certes, on peut difficilement réussir dans la construction et la politique en Corée sans se salir les mains. Et le grand public n'est pas vraiment dupe des faveurs accordées au candidat conservateur par une justice elle-même sous le feu des projecteurs après les révélations de KIM Yong-chul sur les liaisons dangereuses entre le principal chaebol et les principaux membres de l'appareil judiciaire du pays. Mais le peuple redoute une nouvelle crise asiatique et l'explosion de la bulle immobilière, au coeur de ses préoccupations. Sans oublier l'impact que pourraient avoir les enquêtes sur les grands chaebols sur l'économie et les exportations, cet autre moteur de la croissance... Enfin, le pays n'a plus à craindre pour sa démocratie, et tant qu'il n'a droit qu'à un mandat, le président ne présente plus beaucoup de dangers, alors... pourri pour pourri, va pour un profil CEO pour les cinq années qui viennent.

Citizen LEE vient donc de passer un nouvel obstacle sur sa route vers la Maison Bleue. Il avait déjà éliminé PARK Geun-hye, fille de l'ancien dictateur PARK Chung-hee, lors des primaires du Grand National Party (GNP), et son absolution signifie probablement la fin des espoirs de LEE Hoi-chang dans sa troisième campagne présidentielle.

Mais ce conservateur né de l'autre côté de la DMZ ne lâchera pas comme ça l'ambition de toute une vie : victime de la crise asiatique face à KIM Dae-jung en 1997 puis de la poussée des netizens en faveur de ROH Moo-hyun en 2002, retiré de la politique et accusé de corruption, dissuadé de se présenter par un GNP privé de pouvoir depuis 10 ans, LEE Hoi-chang avait cette fois-ci tout misé sur les déboires judiciaires du candidat officiel du parti. Les sondages lui donnaient presque raison : en moins d'un mois, il rafflait 20% d'intentions de vote en faisant chuter de 10 points les deux leaders (LEE Myung-bak de 51.9 à 39.8% et CHUNG Dong-young de 20.2 à 10.5% entre le 16/10 et le 7/11). Mais bien avant le verdict du 5 décembre, le soufflé avait déjà commencé à retomber de 3 points.

Le troisième homme conserve-t-il une chance ? CHUNG Dong-young n'a clairement pas l'aura de ROH. Son parcours manque de profondeur et d'engagement. Ancien journaliste TV et Ministre de la Réunification, il a pris les commandes du parti Uri du président sortant au moment où les deux implosaient, l'a rebaptisé United New Democratic Party (UNDP) et s'en est servi de rampe de lancement pour sa candidature. Pas de quoi mobiliser les foules, y compris dans son Jeollanam-do natal. CHUNG plafonne à 13% et ce ne sont pas les 6-8% de MOON Kook-hyun qui changeront profondément la donne (le candidat du Creative Korea Party suggère une primaire "de gauche" avant le 16/12).

Au-delà du vainqueur, on surveillera le taux d'abstention. Le nombre record de candidats (les 12 ci-dessous) favorise la dillution, mais cette présidentielle risque de ne pas motiver des électeurs toujours plus désabusés par la chose publique. L'espoir fantastique né de l'élection de ROH Moo-hyun a été déçu : les projets de réformes ont souffert de sa soif d'indépendance, et cet ancien modèle de vertu a comme les autres profité du système corrompu gangrénant le milieu politique.

L'heure est peut-être venue de restaurer une partie de la dignité des présidents. Les garde-fous de la démocratie ont prouvé leur efficacité et le retour de la dictature semble impossible. Pourquoi ne pas autoriser deux mandats au lieu d'un seul, pourquoi ne pas instaurer deux tours de scrutin pour assainir les stratégies d'alliance de dernière heure ? Au futur élu de proposer cette réforme pour ses successeurs. Si rien ne bouge, les netizens risquent de se replier sur leurs terres virtuelles.

Les 12 candidats :
1 - CHUNG Dong-young (United New Democratic Party - UNDP)
2 - LEE Myung-bak (Grand National Party - GNP)
3 - KWON Young-gil (Democratic Labor Party)
4 - RHEE In-je (Democratic Party)
5 - SIM Dae-pyong (People First Party) - a quitté la course
6 - MOON Kook-hyun (Creative Korea Party)
7 - JEONG Geun-mo (True Owner Coalition)
8 - HEO Gyeong-yeong (Republican Party)
9 - JEON Gwan (Chamsaram Society True Full Act)
10 - GEUM Min (Korea Socialist Party)
11 - LEE Soo-sung (People's Coalition for Harmony and Advance)
12 - LEE Hoi-chang (Indépendant)

20050506

Blogule blanc a Cheonggyecheon II

L'eau n'a toujours pas coule sous les ponts de Cheonggyecheon depuis mon coup de sang de decembre 2003, mais la situation n'est pas desesperee pour autant. J'ai d'abord eu tres peur, l'hiver dernier, en voyant la pitoyable assemblee regroupee dans le vieux stade de Dongdaemun qualifiee de "marche des antiquites", mais quelques echoppes plus dignes de l'ancien quartier se sont depuis installees autour du jardin de Dongmyo, de l'autre cote du futur cours d'eau. Autre motif d'esperer : le marche traditionnel de Hwanghakdong a ete restaure sans perdre son ame pour autant : l'allee principale a gagne en lisibilite ce qu'elle a perdu en charme mais tout le monde est reste (y compris le vendeur de viande pour bosingtang....). Le lieu peut desormais accueillir des touristes etrangers moins temeraires qu'avant, l'occasion pour les promoteurs du quartier d'encourager des ballades groupees style marche de Dongdaemun - marche de Hwanghakdong - antiquaires de Dongmyo autour d'une decouverte du nouveau site de Cheonggyecheon.
Pour ce dernier, je peux difficilement masquer ma deception. C'etait plutot bien vu de rapprocher la ballade du lit de la riviere en reduisant celui-ci afin d'assurer, je suppose, un debit minimum tout au long de l'annee. Mais l'acces semble reduit a des escaliers escapes et surtout la circulation des pietons au niveau de la rue est reduite a sa plus simple expression, le trottoir ne permettant pas a une personne de marcher confortablement et chaque depassement ou croisement menacant d'envoyer l'un des promeneurs dans le flux des voitures. Dommage : la promenade pouvait etre egalement tres agreable depuis la rue, surtout si la ville ne cede pas a la constructivite aigue et limite les constructions adjacentes aux deux niveaux actuels (un ahurissant compromis pour ne pas deloger les derniers commerces : les etages superieurs ont tout simplement ete scies et evacues !!!).

Encore un effort... Il s'agit de ne pas gacher cette opportunite unique de rendre la ville plus belle encore et ce quartier de Seoul merite vraiment un traitement a part.

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