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20070423

Tout sauf Royal - Blogule rouge a la Segosphere - Segobulle

Le premier tour d'hier me satisfait avec ses 84% de votants, les 31% accordés au premier et les millions d'électeurs reconquis par les partis républicains aux groupuscules extrémistes. Il m'eût comblé si la Ségobulle s'était dégonflée à temps, épargnant à la gauche le spectacle désolant de l'abandon des convictions les plus sincères à la recherche de compromis impossibles.
Mes lecteurs le savent, je ne porte pas précisément Nicolas Sarkozy dans mon coeur. Je n'apprécie guère ses liaisons dangereuses avec les theocons US et Israëliens, l'influence de son Architecte Brice Hortefeux, sa façon toute berlusconienne de contrôler son image dans les media, et tant d'autres signaux qui doivent appeler les démocrates à la plus grande vigilance.
Cela surprendra donc sans doute beaucoup d'entre vous d'apprendre que j'ai voté pour lui hier.

Le moins que l'on puisse dire est que je n'ai pas fait d'appel à voter pour lui, et ce n'était certainement pas le choix du coeur, mais le seul possible à mes yeux compte tenu de l'incapacité des socialistes à se réformer et de l'incapacité de Bayrou à affirmer une vision positive concrète (son discours d'hier soir a bien commencé, mais je doute que ses électeurs aient été satisfaits par l'absence de contenu).
Sarkozy a d'emblée joué cartes sur table, déroulé sa vision et sa stratégie, démontré sa capacité à mobiliser et à rassembler sur d'autres modes que la terreur. A convaincre parce qu'il est convaincu. A respecter l'enjeu et le débat - seule Marie George Buffet aura mené une campagne aussi cohérente.
Hier, il a prouvé qui était le leader et qui était le suiveur. Son discours assumé a fixé les règles du jeu : bas les masques pour tout le monde, place au débat d'idées. J'ai aussitôt imaginé Ségo et son Architecte trotskyste paniquant du côté de Melle, obligées de revoir totalement leurs notes pour répondre aux questions qu'elles éludent depuis tant de temps : qui est Ségolène Royal au-delà du label creux de "femme libre", quel est son programme au-delà des labels creux de "pacte présidentiel" ou d'"ordre juste", quelles sont ses idées au-delà des gadgets démagogiques piochés au hasard de sa pseudo-Wikicampagne, quelles sont ses convictions et sa vision au-delà du refus du Front National et de Sarkozy... A mesure que la soirée s'avançait sans signe de vie je la sentais calculer son coup pour minimiser l'audience et l'impact de sa prestation. Je l'ai imaginée à la tribune, dépassée par les événements et face à son propre néant...

Mais je ne m'attendais tout de même pas à un tel spectacle.
J'invite tous ceux qui envisagent ne serait-ce qu'un instant de voter pour Ségolène Royal au second tour de bien visionner son intervention d'hier soir. Du moment où elle apparaît à l'écran au moment où elle le quitte. Et je les mets au défi de me prouver que ce candidat mérite de prendre la plus haute charge de l'Etat.

Regardez bien cet automate face à une foule pourtant acquise à sa cause, regardez bien ce personnage totalement concentré sur l'image qu'il donne et sur la terreur qui l'anime : ces gens boivent mes paroles - pourquoi ne comprennent-ils pas que je n'ai rien à cirer de ce qu'ils disent et de ce qu'ils sont ? je ne crois ni à ce que je dis ni à ce que je fais et je ne suis pas à ma place ici, est-ce que ça va finir par se voir ? comment peuvent-ils être si crédules ? j'aurais presque envie de crier "réveillez vous et oubliez moi" !
Le danger pour la France, il est au moins autant sinon plus du côté de Royal que du côté de Sarkozy. Pour parodier Hélène Carrère d'Encausse je dirais que l'on risque d'un côté L'Empire Eclaté, de l'autre Le Pouvoir Confisqué.
Au moins, je sais comment et avec qui Sarkozy va gouverner. Je sais que seule cette équipe est aujourd'hui en mesure de mener les réformes nécessaires à ce pays et qu'elle le fera avec une véritable politique de centre droit à dimension sociale, majoritaire dans l'UMP et au-delà dans le pays.
Je sais aussi à quel prix cela se fera. Qu'au-delà de Nicolas, les grands vainqueurs s'appelleront Arnaud, Serge ou Martin.
Mais je sais aussi à quel point Sarkozy sera obligé de composer, quels soutiens il perdra s'il s'égare, qu'au delà des résultats il sera jugé sur le fond et la forme, et que ses principaux concurrents sont aujourd'hui dans son camp, à fond derrière lui mais qu'ils n'hésiteront pas à le mettre hors jeu s'il ne respecte pas les règles. Les compromis d'entre deux tours, il les a déjà concédés l'année dernière.
Et je sais aussi que seule une défaite provoquera la nécessaire recomposition de la gauche française, incapable de porter ses propres valeurs, de l'écologie à la justice sociale. Il est grand temps pour elle d'embrasser le troisième millénaire. Certes, Ségolène Royal peut gagner ces élections, mais elle ne pourra pas faire gagner le pays et certainement pas apporter la sérénité dans son propre camp. Son camp, d'ailleurs, c'est celui du oui ou celui du non ? celui des progressistes ou celui des réactionnaires ? celui de la relance suicidaire ou celui de la rigueur budgétaire ? L'ultra gauche ayant choisi son champion (Besancenot), n'est-il pas temps d'acter la mort du PS et du PCF et la renaissance au centre de la social démocratie pour redessiner le paysage ?

A ceux qui disent "Tout sauf Sarko" je réponds "Tout sauf Ségo", mais avec en prime "tout sauf un chèque en blanc pour Sarkozy".
Dans quinze jours, j'apporterai mon vote à Nicolas Sarkozy, assorti de ce message : le pouvoir tu le voulais tu l'as alors pas de blague - tu as l'occasion de devenir un grand président et peut-être même quelqu'un de bien*. Si tu dérapes je serai là et d'autres avec moi, bien plus forts et cohérents qu'aujourd'hui. Et tu seras seul. Très seul.


* on a tout de même senti de nouveau, dans son discours d'hier, qu'il avait toujours plus d'amour à prendre qu'à donner.

20060902

Blogule blanc a Francois Bayrou en access prime time

D'une manière générale, je ne regarde pas le JT de la Une mais cet été, j'avoue avoir suivi avec plaisir Harry Roselmack dans sa métamorphose du rouge i-tele au bleu TF1. Le retour au Pujadas a fait encore plus mal que je ne craignais mais c'est toujours mieux que la trop claire Chazal...
Pourtant ce soir, match des Bleus oblige, je me suis surpris à me brancher sur Bouygues TV.
Bien m'en a pris : je n'ai rien loupé du duel Bayrou - Chazal, sans conteste le meilleur moment de télé de ces dernières semaines.
Moi qui me demandais si ce brave homme n'avait pas atteint les limites exposées dans le Principe de Peter (incapable de faire son beurre sur le hara-kiri villepinien, cherchant désespérément le réconfort dans la compagnie des rares hommes politiques dignes de ce nom - Rocard, Barnier...), j'en ai été pour mes frais.

D'abord je retrouve un Bailleroux fidèle à lui-même : sympatique mais perdant un peu ses moyens au moment d'exploiter son temps de parole. Et puis soudain miracle, il se souvient pourquoi il est là : pour changer la donne. Alors dans un remarke cinéma parlé du vieux coup du bayon de Le Pen*, le gentil François s'en va exposer au grand public la censure dont il est la victime. La forme laisse à désirer (on repassera pour la vertu de la biographe de Balladur), mais sur le fond rien à dire : la campagne est menée de mains de maîtres par les amis du Petit Nicolas (Martin, Arnaud et Serge, pour rappel**), les autres n'ont qu'à se taire. Ce n'est ni Le Monde, ni Libé et encore moins l'Huma qui feront le contrepoids.
Ni Claire Chazal non plus d'ailleurs car, heureusement pour le patron de ce qu'il reste de l'UDF, il n'affrontait pas le meilleur avocat de la chaîne ce soir...
Tant mieux pour l'intérêt de la compétition.



* sur le coup, rappelons que le borgne avait la dent un peu dure pour sa mère nouricière : le Front National bénéficiait bien au contraire des coups de projecteurs bienveillants de médias encore trop roses à l'époque pour rougir de honte devant leur soutien éhonté à l'extrème droite.
** cf "
Blogule rouge au pluralisme de la presse occidentale" (20051029)

20051129

Blogule rouge au denier du culte de la personnalite - Saint Nicolas sur Seine

La cote de notre Ministre des Faux Cultes se fissure ? Qu'à cela ne tienne : ses industrieux amis des media (Martin, Arnaud, Serge & co) s'empressent de lui rafistoler l'image. L'Express se fend d'un positif "Sarkozy contre-attaque" pour soutenir le visage déterminé du héros en couverture. Et si Kouchner fait la une du Point, Le Ministre de l'Intérieur de la Presse n'y figure pas moins... tout simplement dans la liste de ceux qui "cassent les clivages gauche-droite"*.
Nicolas Sarkozy est un casseur, certes. Qui à l'instar de ses sponsors d'Outre-Atlantique fait son beurre en exacerbant la haîne et en radicalisant le discours politique. Gauche-droite, il connait, mais version marchez au pas, de l'oie si nécessaire.

Afin de faciliter le travail de son équipe d'experts en propagande, je suggère d'exploiter au maximum les ressources mises à sa disposition par ses généreux mécènes :

  • TF1-LCI ? JT matin, midi et soir pendant 15 jours, ordonnance renouvelable - si les troubles persistent consulter la grille des programmes et passer à un traitement plus orienté sur le coeur. Dans la foulée de la reconstitution de Supersarko contre Human Bomb, penser à développer un personnage récurent pour un polar du jeudi soir genre "Le bon flic et le mauvais juge".
  • Lagardère et Dassault ? Couper tout ce qui dépasse à la Hachette et Socpresser le citron jusqu'à plus soif : le réveillon dans Paris-Match, la gueule de bois dans Choc, le régime post-fêtes dans Elle, la remplaçante de Cécilia dans Jeune et Jolie, les sauteries entre amis dans Corse Matin, l'analyse des sondages dans L'Expansion et Maximal, le café du matin dans L'Express, le jogging dans Paris-Turf, les brainstormings de l'UMP dans L'Eclair, les délibérations du Conseil du 92 dans Mieux Vivre Votre Argent et Picsou Magazine, les argumentaires néocons dans Côté Ouest, les pensées du rasage du matin dans Le Figaro...

Pour rappel : en 2004, la France a perdu 11 places au classement mondial de la liberté de la presse, rétrogadant à la 22e. Seule l'Amerika de Dubya a fait pire en chutant de la 22e à la 44e. Le "Turd Blossom" de Saint Nicolas a encore du pain sur la planche pour rejoindre son maître, mais Brice Hortefeux peut à loisir s'inspirer d'un autre grand agité spécialiste de l'éloge des grands de ce monde. Stéphane Bern tient la corde (quitte à tromper son monde), mais on vient juste d'éditer la VF du journal de Joseph G**...

* authentique !!! Dans le même numéro, un article sur les "10 ans de système Chirac" et un autre sur Villepin, recalé au banc d'essai dans son face à face avec Saint Nicolas...

** rien à voir avec Joseph K. - autres origines, et pour le coup authentique littérature.

20051029

Blogule rouge au pluralisme de la presse occidentale

L'an dernier, la France a perdu onze places au classement mondial de la liberté de la presse. Nicolas Sarkozy peut se vanter d'avoir le soutien inconditionnel de MM. Lagardère et Dassault, mais ne peut en revanche rien contre les attaques qui déferlent depuis son flanc gauche ou le petit écran.
L'an dernier, les Etats-Unis ont perdu vingt deux places au classement mondial de la liberté de la presse. Désormais loins derrière la France et scotchés dans un peloton peu reluisant, les grands défenseurs de la démocratie débattent de la forme plus que du fond. Parfois, la réalité rattrape les fautifs (Miller, Libby), mais le pouvoir reste droit dans ses bottes.
Au moment de remiser son Scooter au garage, George W Bush se fend d'un vibrant plaidoyer sur la présomption d'innocence. Touchant de la part de quelqu'un qui a toujours pris soin de recueillir des preuves avant chacune de ses actions (quitte à les fabriquer). Là aussi, le jugement a porté sur la forme (Libby a menti pendant les interrogatoires) plus que sur le fond (qui a fait quoi quand), mais peu importe : personne n'ignore pour qui travaillait Libby ni qui lui a demandé d'embellir le dossier Irakien.
Et pourtant, au 29 octobre 2005, personne n'envisage la moindre action contre le Président ou son Vice-Président. N'attendez pas du quatrième pouvoir qu'il aille au bout de la démarche : depuis le Watergate, il a appris à ouvrir des portes (Irangate, Monicagate, Palmegate...), mais il a désappris à les enfoncer.

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