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20081126

Démocratie et conservatisme

(discussion sur la pertinence d'un nouveau clivage entre "démocrates" et "conservateur")

Opposer "démocrate" et "conservateur" n’a pas de sens : cela revient à mélanger deux plans au risque d’introduire de la confusion.

1) Pour sortir du schéma gauche / droite, j’avais proposé les distingos suivants : "Comme ce qui compte au fond, c’est la vision de l’avenir et la vision de l’homme, je suggère d’abandonner l’axe gauche / droite pour retenir les deux suivants : réformateur / conservateur et humaniste / déterministe.*" Cela permet de "mapper" les principaux partis en France et d’acter l’inéluctable** scission du PS, par exemple.

2) Ces nuances demeurent naturellement secondaires par rapport au clivage démocrate / théocrate, au coeur de la plupart des crises politiques de ce jeune siècle***. Les Etats-Unis viennent de faire un choix très positif (cf "The Stolen Election" ), mais la France doit rester particulièrement vigilante.

Et à l’instar du Parti Républicain (cf "GOP : time to split"), l’UMP pourrait à son tour imploser si Sarko venait à persister dans ses dérives bushiennes.

La chance de Sarkozy, c'est de ne pas avoir de rival capable de mobiliser les énergies positives comme Obama a su le faire si brillamment. Le Président a réussi à assassiner politiquement François Bayrou et à imposer par ses amis media interposés Ségolène Royal pour torpiller l'opposition. Je ne vois pas pour le moment de talent suffisamment prometteur à la fois au niveau des valeurs et du leadership.

La surprise pourrait venir de son propre camp pendant son second mandat, voire plus tôt s'il tente à nouveau d'attaquer la laïcité. Pour peu que la vague Obama emporte ses alliés européens comme Berlusconi ou Barroso, ce grand opportuniste pourrait finir par suivre le courant de l'Histoire et surfer sur la reprise de l'économie à temps pour les prochaines élections présidentielles de 2012.


* cf "De l’hémiplégie à la paralysie "
** pour rappel (cf "Blogule blanc a Michel Rocard - si six cent six scissions" ) : mai 2005 a marqué la mort du PS et la naissance du NPA. Les réformateurs n'en ont pas pris acte depuis, avec les résultats que l'on connait en 2007.
*** cf "Universal Declaration of Independence from fundamentalism"

20080829

Nouveau Parti Anticapitaliste - vieille rengaine

Olivier Besancenot annonce la mort de sa LCR et la naissance d'un nouveau parti dont le label reflète la faille fondamentale : le seul moyen de rassembler est CONTRE quelque chose et non POUR un projet.

Besancenot ne peut évidemment ni proposer une synthèse ni résoudre la quadrature du cercle des révolutionnaires (supposés) disparus : il se contente de récupérer sur des motivations certes légitimes mais fondamentalement négatives (colère, sentiment d'injustice...).

Une dynamique qui fait beaucoup penser à celle du Front National.

Il est naturellement impossible de mettre sur le même plan un parti raciste et antisémite et un parti anticapitaliste, mais quelque part les deux systèmes tendent bien, au-delà, vers des logiques alternatives à la démocratie.

C'est comme avec le fondamentalisme religieux, qui cherche à fusionner le politique et le religieux* : il est toujours préférable de bien distinguer les projets économiques des projets politiques. On l'a vu par le passé : un diagnostic économique pertinent (Marx au XIXe siecle) ne garantit pas un traitement pertinent (systèmes marxistes du XXe).

Si une solution doit émerger, elle ne saurait se fonder autrement que sur le respect**.


* cf "
En finir avec le fondamentalisme" ou "Universal Declaration of Independence from fundamentalism"
** cf "
Du free market au fair market" ou "This is not a financial crisis"

20080102

Bonne année 2009

Autant le dire tout de suite, je n'ai pas, mais alors pas du tout aimé cette année 2008.

Passe encore pour la relégation du PSG en CFA suite au scandale des "fauxligans" : provoquer des incidents pour ne plus jouer le moindre match sur la pelouse maudite du Parc des Princes, ça n'était vraiment pas très malin. Mais l'idée de voir le sourire de Bruce K. Chapman à la tribune le 20 janvier prochain me donne carrément mal au coeur.

On se souvient comment, dans la course aux voix des fondamentalistes, Huckabee et McCain avaient fini par proposer le même job au fondateur du Discovery Institute en cas de victoire aux primaires : la place du numéro 2 sur leur ticket présidentiel. Moi qui espérais voir Obama accepter la charge suprême la main sur la constitution US et zappant les quatre derniers mots traditionnels, j'en serai pour mes frais : non seulement j'aurai droit au sempiternel "so help me God", mais en plus de la Bible, le nouveau président prêtera serment sur une édition du "Dianetics" de L. Ron Hubbard dédicacée par John Travolta et Tom Cruise.

Tout ça parce que Hillary s'est plantée dans son propre choix de co-listier. Bill lui avait pourtant donné un conseil plein de bon sens : "prends un Afro-Américain au background international, jeune et beau gosse, peut-être quelques problèmes avec la dope dans le passé mais rien de bien sérieux, juste histoire de le rendre moins lisse... suis mon regard..."

Manque de bol, elle a suivi son regard. Et comme son mari sirotait une mousse devant SportsCenter elle a choisi un joueur de baseball d'origine cubaine. Les Républicains n'ont pas eu besoin de rameuter Karl Rove pour la fusiller avec la sordide affaire des Sniff Boats. Il était trop tard pour changer de cheval en cours de route, et les Démocrates ont perdu l'élection imperdable en dépit des appels du pied de dernière minute de Michael Bloomberg et Michel Rocard.

Sale année pour les US, mais la France n'a guère fait mieux.

Déjà, il a fallu se coltiner Kim Jong-il pendant quarante sept jours aux six coins de l'hexagone. Le Cher Leader a tenu absolument à visiter toutes les salles de cinéma d'art et d'essai du pays et à se faire prendre en photo à Disneyland entre Minnie et Bruni. Il aura même épuisé trois ministres de la culture pendant son séjour : l'intérimaire Albanel, l'éphémère Cavada et l'amer remplaçant d'ouverture François Cavanna.

Ensuite, l'économie s'est effondrée comme un chateau de cartes par un triple effet subprime aux US, surprime au CAC40 et supprime au rayon créations de postes (à part pour Olivier Besancenot qui dans le cadre du programme "travailler plus pour gagner plus" a hérité de la tournée des postiers encartés LO à Neuilly).

Toutes les catégories socio professionnelles ont été touchées, y compris les sans abris. Dans le cadre des partenariats public-privé Boutin avait bien lancé un programme de ville nouvelle en partenariat avec Décathlon, mais Quechuaville n'est pas encore sortie de terre pour autant : "pour en sortir, il faut d'abord y entrer, et essayez de planter un piquet dans un sol aussi gelé... au moins avec ces HLM en toile on vous épargne la cérémonie de la pose de la première pierre".

Annus horribilis aussi pour la classe politique française : l'UMP Canal Laïque a fait sécession pour prendre le maquis, le PS a fait sa révolution en nommant Hollande nouveau Secrétaire Général avec un directoire innovant constitué de Fabius, Mauroy et Mélenchon (Royal se console en plaçant son manager Dominique Besnehard au poste de porte-parole), Besancenot a fondé le Renouveau des Partis Révolutionaires ("avec ce RPR-là, j'espère bien que les emplois ne seront pas fictifs") et le MoDem a réussi à diviser par huit son nombre de députés (initialement 4) suite à la nouvelle grève de la faim de Jean Lassalle

Pour couronner le tout, les Farc ont gardé Carla Bruni que Le Petit Nicolas avait dépêché en Colombie pour récupérer les otages en échange d'une centrale EPR.

Non, vraiment, une année à ne souhaiter à personne.

20071123

Le Facteur Crésus

Si les grèves de 2007 marquent une rupture, c'est au sein de la gauche de la gauche. Pendant que les dirigeants de la CGT basculent dans le camp des pragmatiques en ne s'opposant pas dans le fond à une réforme, l'axe SUD / LCR reprend le flambeau révolutionnaire / anticapitaliste / antisystème / antitout.

Visiblement, le candidat Sarkozy a accordé suffisamment de garanties à Bernard Thibault pour qu'il se livre à la petite comédie de ces derniers jours (je fais la grève mais pour la forme ; ça fait plus crédible). Pas dupe, la base la plus radicale viendra probablement gonfler les rangs des "antis"... mais quelque chose me dit que quelque part, les syndicats acceptant de jouer le jeu se retrouveront dans les rangs des nantis.

En attendant, Besancenot capitalise. Sur son aura "présidentielle", mais surtout sur la déliquescence de la gauche traditionnelle. Car pendant que les éléphants tergiversaient dans un interminable épisode de Jauressic Park, le RPR et l'UDF ont fait leur révolution (l'UMP et ses satellites, le Modem...), et voici que le facteur de Neuilly s'apprête à créer le principal parti de gauche radicale. Un syphon idéal pour dés-altérer les Verts, ATTAC et les autres groupuscules systèmicides (Besancenot ne parviendra pas à réunifier les Trotskistes pour autant - la pierre philosophale n'est pas pour demain).

Dans l'histoire - et devant l'Histoire -, seuls le PS et le PC n'ont pas bougé.

L'eau a bien coulé sous les ponts depuis Epinay mais visiblement, les dirigeants de ces vénérables partis en sont encore à se demander dans quel sens.

20070507

Sarko triomphe - Blogule blanc aux reformes

Après le non à l'extrème droite en 2002 et le non à l'Europe en 2005, la France a fini par dire oui aux réformes. Afin d'appliquer son ambitieux programme, Nicolas Sarkozy doit maintenant obtenir une majorité claire à l'Assemblée. Et ces élections promettent un tournant important dans la politique française.

Dès jeudi prochain, François Bayrou saura si son nouveau Mouvement Démocrate parviendra à conserver son aile centre droit et les élus UDF refusant de joindre l'opposition.
Mais dès hier soir, un surréaliste remake des primaires a commencé au PS. Et cette fois-ci, promis juré, on se dit tout direct et sans langue de bois. A part pour Ségo, naturellement : la candidate refuse comme prévu d'admettre son propre échec et l'échec de l'indécision idéologique - elle revendique même le leadership de la gauche dans le prolongement de sa campagne centrée sur sa seule image et le seul refus de Sarkozy. Laurent Fabius, a comme prévu, dénoncé sa campagne en solo et appelé au rapprochement de la gauche de la gauche, dont il se définit comme le centre. Dominique Strauss-Kahn a, comme prévu, dénoncé la vacuité de la candidate et le refus du parti de se réformer, de clarifier sa vision et son idéologie, rappelant sa propre "disponibilité" à l'engager sur la voie de la modernité et de la social démocratie.
Dès hier soir également, l'extrème gauche révolutionnaire, adoubée par les appels pour le moins risqués à la résistance de Ségo en dernière semaine, a commencé à tester les autorités et la police, provoquant des incidents mineurs dans des villes majeures. Olivier Besancenot a marqué des points dans les urnes et compte bien préempter la rue et l'opposition radicale à quelque réforme que ce soit.
Dès hier soir toujours, Jean-Marie Le Pen est mort politiquement. Sarkozy l'avait déjà blessé mortellement avant le premier tour, conduisant une bonne partie de ses électeurs sur la voie de la république... mais le vieux leader extrémiste s'est tiré dessus tout seul avant le deuxième tour, appelant à une abstention massive et obtenant une participation record.

Pendant ce temps-là, Sarko s'élève au-dessus du noeud de vipères et prend quelques jours pour se débarrasser de sa peau de candidat. Il a déjà pris la posture présidentielle dans un discours brillant (je parle de son concert Salle Gaveau, pas de sa guinguette Place de la République avec la crème de la chanson ringuarde, après un habile placement produit du dernier palace de son copain baulois Lucien Barrière - à peine moins discret que la soirée Pinault de Chichi en 1995).
Sarkozy a brillamment parlé au monde (à l'exception notable du Moyen Orient et de l'Asie mais ne boudons pas notre plaisir), et Sarkozy a brillamment parlé du respect.
Le pouvoir il le voulait il l'a désormais, à lui de prouver sa capacité à changer. Le pays comme lui-même. Je serai particulièrement vigilant sur sa notion du respect de la séparation des pouvoirs (exécutif - législatif, exécutif - judiciaire, exécutif - médias, temporel - intemporel...).

20070423

Tout sauf Royal - Blogule rouge a la Segosphere - Segobulle

Le premier tour d'hier me satisfait avec ses 84% de votants, les 31% accordés au premier et les millions d'électeurs reconquis par les partis républicains aux groupuscules extrémistes. Il m'eût comblé si la Ségobulle s'était dégonflée à temps, épargnant à la gauche le spectacle désolant de l'abandon des convictions les plus sincères à la recherche de compromis impossibles.
Mes lecteurs le savent, je ne porte pas précisément Nicolas Sarkozy dans mon coeur. Je n'apprécie guère ses liaisons dangereuses avec les theocons US et Israëliens, l'influence de son Architecte Brice Hortefeux, sa façon toute berlusconienne de contrôler son image dans les media, et tant d'autres signaux qui doivent appeler les démocrates à la plus grande vigilance.
Cela surprendra donc sans doute beaucoup d'entre vous d'apprendre que j'ai voté pour lui hier.

Le moins que l'on puisse dire est que je n'ai pas fait d'appel à voter pour lui, et ce n'était certainement pas le choix du coeur, mais le seul possible à mes yeux compte tenu de l'incapacité des socialistes à se réformer et de l'incapacité de Bayrou à affirmer une vision positive concrète (son discours d'hier soir a bien commencé, mais je doute que ses électeurs aient été satisfaits par l'absence de contenu).
Sarkozy a d'emblée joué cartes sur table, déroulé sa vision et sa stratégie, démontré sa capacité à mobiliser et à rassembler sur d'autres modes que la terreur. A convaincre parce qu'il est convaincu. A respecter l'enjeu et le débat - seule Marie George Buffet aura mené une campagne aussi cohérente.
Hier, il a prouvé qui était le leader et qui était le suiveur. Son discours assumé a fixé les règles du jeu : bas les masques pour tout le monde, place au débat d'idées. J'ai aussitôt imaginé Ségo et son Architecte trotskyste paniquant du côté de Melle, obligées de revoir totalement leurs notes pour répondre aux questions qu'elles éludent depuis tant de temps : qui est Ségolène Royal au-delà du label creux de "femme libre", quel est son programme au-delà des labels creux de "pacte présidentiel" ou d'"ordre juste", quelles sont ses idées au-delà des gadgets démagogiques piochés au hasard de sa pseudo-Wikicampagne, quelles sont ses convictions et sa vision au-delà du refus du Front National et de Sarkozy... A mesure que la soirée s'avançait sans signe de vie je la sentais calculer son coup pour minimiser l'audience et l'impact de sa prestation. Je l'ai imaginée à la tribune, dépassée par les événements et face à son propre néant...

Mais je ne m'attendais tout de même pas à un tel spectacle.
J'invite tous ceux qui envisagent ne serait-ce qu'un instant de voter pour Ségolène Royal au second tour de bien visionner son intervention d'hier soir. Du moment où elle apparaît à l'écran au moment où elle le quitte. Et je les mets au défi de me prouver que ce candidat mérite de prendre la plus haute charge de l'Etat.

Regardez bien cet automate face à une foule pourtant acquise à sa cause, regardez bien ce personnage totalement concentré sur l'image qu'il donne et sur la terreur qui l'anime : ces gens boivent mes paroles - pourquoi ne comprennent-ils pas que je n'ai rien à cirer de ce qu'ils disent et de ce qu'ils sont ? je ne crois ni à ce que je dis ni à ce que je fais et je ne suis pas à ma place ici, est-ce que ça va finir par se voir ? comment peuvent-ils être si crédules ? j'aurais presque envie de crier "réveillez vous et oubliez moi" !
Le danger pour la France, il est au moins autant sinon plus du côté de Royal que du côté de Sarkozy. Pour parodier Hélène Carrère d'Encausse je dirais que l'on risque d'un côté L'Empire Eclaté, de l'autre Le Pouvoir Confisqué.
Au moins, je sais comment et avec qui Sarkozy va gouverner. Je sais que seule cette équipe est aujourd'hui en mesure de mener les réformes nécessaires à ce pays et qu'elle le fera avec une véritable politique de centre droit à dimension sociale, majoritaire dans l'UMP et au-delà dans le pays.
Je sais aussi à quel prix cela se fera. Qu'au-delà de Nicolas, les grands vainqueurs s'appelleront Arnaud, Serge ou Martin.
Mais je sais aussi à quel point Sarkozy sera obligé de composer, quels soutiens il perdra s'il s'égare, qu'au delà des résultats il sera jugé sur le fond et la forme, et que ses principaux concurrents sont aujourd'hui dans son camp, à fond derrière lui mais qu'ils n'hésiteront pas à le mettre hors jeu s'il ne respecte pas les règles. Les compromis d'entre deux tours, il les a déjà concédés l'année dernière.
Et je sais aussi que seule une défaite provoquera la nécessaire recomposition de la gauche française, incapable de porter ses propres valeurs, de l'écologie à la justice sociale. Il est grand temps pour elle d'embrasser le troisième millénaire. Certes, Ségolène Royal peut gagner ces élections, mais elle ne pourra pas faire gagner le pays et certainement pas apporter la sérénité dans son propre camp. Son camp, d'ailleurs, c'est celui du oui ou celui du non ? celui des progressistes ou celui des réactionnaires ? celui de la relance suicidaire ou celui de la rigueur budgétaire ? L'ultra gauche ayant choisi son champion (Besancenot), n'est-il pas temps d'acter la mort du PS et du PCF et la renaissance au centre de la social démocratie pour redessiner le paysage ?

A ceux qui disent "Tout sauf Sarko" je réponds "Tout sauf Ségo", mais avec en prime "tout sauf un chèque en blanc pour Sarkozy".
Dans quinze jours, j'apporterai mon vote à Nicolas Sarkozy, assorti de ce message : le pouvoir tu le voulais tu l'as alors pas de blague - tu as l'occasion de devenir un grand président et peut-être même quelqu'un de bien*. Si tu dérapes je serai là et d'autres avec moi, bien plus forts et cohérents qu'aujourd'hui. Et tu seras seul. Très seul.


* on a tout de même senti de nouveau, dans son discours d'hier, qu'il avait toujours plus d'amour à prendre qu'à donner.

20070320

12 candidats, combien d'apotres, combien de salopards ?

Blogule blanc aux bulletins blancs avec ce petit sujet de bac blanc :
Si l'abstention s'élève à 30% et si le cycliste part de A à 18 heures en roulant à 30 km / h, sachant qu'il y a 12 candidats dont un quart de trotskystes, un tiers de femmes, et une moitié d'Hollande, attendu que la baignoire se vide de dix litres toutes les minutes, de quel pourcentage les bulletins blancs auront-ils besoin a minima pour faire de ce treizième candidat le premier parti de France ?

Je ne suis pas tenu aux contraintes de la CSA sur l'égalité de traîtement des douze candidats mais vous aurez tout de même droit à une bio sans OGM de chacun d'entre eux :
François Bayrou (UDF)
- il en a rêvé, il va enfin pouvoir en profiter : à lui d'exploiter l'égalité du temps de parole avec des suggestions moins ségolènesques que ce "Grand Ministère des Attentes de la Société Française", un séisme d'amplitude 11 sur l'échelle de Démagochter (même Roland Castro n'avait pas oser l'inclure dans les 89 propositions de son Mouvement de l'Utopie Concrète - à croire que FB vise les rares voix des candidats à moins de 500 parainnages - Corine Lepage hier, Nicolas Miguet demain ?).
Olivier Besancenot (LCR) - le facteur sonne toujours deux fois, et ne vous fiez pas à sa bouille sympathique de Gaston Lagaffe : ce krypto trotsko colissimo va foutre le feu à votre boîte à lettre si vous ne votez pas pour sa révolution du grand matin de la veille du lendemain qui chante.
José Bové (Pour une Alternative Antilibérale) - Bové fait partie des pro-antis : l'alternative antilibérale, en ce qui le concerne, c'est d'éviter à la source la libéralisation et donc, dans un premier temps, d'éviter d'entrer en prison. Le plein air présente d'autres dangers : s'il ne débroussaille pas sa moustache d'ici l'été, l'affreux Jojo s'expose à un feu de forêt carabiné.
Marie-George Buffet (PC) - sans doute le meilleur candidat du PCF depuis l'ère pré-Marchaisienne et le plus sincère, ce Buffet a du coffre. Son objectif : enrayer l'asymptote du parti vers le zéro absolu pour négocier un portefeuille garni dans un gouvernement de programme commun (le programme en question : supprimer le capital travail en France et renforcer le capital des autres pays, supprimer l'ISF à force de faire fuir les riches, et surtout repeindre le dôme Place du Colonel Fabien).
Arlette Laguiller (LO) - LCL, demandez en plus à votre argent. L'ex Crédit Lyonnais a pu financer la retraîte de la mère de tous les candidats sur les seules économies réalisées sur le poste photocopies.
Jean-Marie Le Pen (FN) - De père marin et de fille Marine, Le Pen a vu le jour en 1928, à une époque où Hitler faisait 2,6% en Allemagne. L'un comme l'autre ont besoin d'entretenir un climat de haîne et de crise pour s'épanouir. Le krach de 1929 aura été la chance du premier, le second joue à fond la carte de la mondialisation pour s'imposer.
Frédéric Nihous (CPNT) - Chasse, Pêche, Nature et Tradition, Famille et Patrie, Palombe et Truite, Fromage et Fromage... le programme fleure bon le terroir, mais son porte parole émet des effluves inquiétantes : avec sa tête de videur de boîte de nuit et son flingue à la main, Nihous devrait même être interdit de circuler en forêt - il a dû provoquer pas mal de fausses couches chez les rats musqués.
Ségolène Royal (PS) : l'imposteur en chef vient de réhabiliter Montebourg et sa Sixième République. Histoire de rajouter une couche de couleur changement sur le traditionnel bâti en briques roses - un épais mélange de paille, de poutre, et de bouse d'éléphant séchée. Histoire, aussi, de
répliquer à l'identité nationale version Sarko : moi aussi, je peux focaliser l'actualité en balançant des formules choc. Maintenant qu'on se retrouve tous les deux dans la nasse avec les dix autres nases, il va falloir ressortir les bonnes vieilles recettes de la réclame radio pour se faire entendre. Un débat sur le fond ? Pour quoi faire ? Et surtout, pour dire quoi ?
Nicolas Sarkozy (UMP) : Simone veille sur son image, Jacques ne tardera pas à l'adouber, Le Petit Nicolas va lui aussi reprendre sa liberté. Il souhaite abandonner tous ses mandats pour se consacrer à la quête du Graal, et il pourrait bien se retrouver sans aucun mandat à la fin. Un mois pour s'élever au-dessus des partis, il va bien lui falloir ça avec son mètre cinquante huit.
Gérard Schivardi (Parti des Travailleurs) - sans doute le trotskyste le plus doué en marketing, Schivardi a focalisé ses efforts sur les prescripteurs plutôt que sur les clients finaux. Mais si les maires l'ont choisi, ses pairs préfèreront sans doute Bové.
Philippe de Villiers (MPF) - en marketing (décidément), ça s'appelle un me-too product et ça sert à éviter qu'un concurrent bouffe tout un segment de marché. Cela se ressent jusque dans les initiales, le MPF prolonge l'UMP : vous enlevez le U d'Union, vous ajoutez le F de Front National, vous prenez un aristo dégénéré pour couronner le tout et vous agitez. Il fut un temps où ça se Vendée comme des petits pains...
Dominique Voynet (Les Verts) - le parti peau de chagrin s'avère à l'image de la forêt amazonienne : tous les jours, des pans entiers de biodiversité sont détruits au profit des grandes multinationales altermondialistes (orpailleurs sans scrupules) et des petits producteurs locaux pratiquant la déforestation pour subsister (agriculture, élevage d'ovidés, bovidés et autres bovés). Comme Ségo, Domi lutte en priorité contre l'effet de serres de rapaces nichant dans son propre parti. La différence : Voynet a au moins des convictions authentiques et une certaine honnêteté intellectuelle.

20070223

Desir d'avenir ou envie de Jospin ? Blogule rouge au cimetiere des elephants

Le changement en 2007, ce serait donc de revenir en l'an 1997 où, lassée de subir de nécessaires réformes et de voir les comptes de l'Etat s'améliorer, la France s'était jetée dans les bras des 35 heures. Une drogue dure aux effets pervers : à la sensation de planer et de libérer l'emploi succède irrémédiablement une phase autodestructive de paupérisation et de stress intensif au boulot, pour ceux qui l'ont conservé.
Ordoncques, Ségolène Royal décide de dresser une table ronde avec 13 couverts de ridicule : Lionel Jospin l'austère qui se barre mais a cet inextingible désir de revenir, Laurent Fabius le pseudo-crypto-archaïque qui a exhumé un vieil opuscule de Marx-Engels dans les réserves de son papa antiquaire, Dominique Strauss-Kahn l'alibi réformateur obligé d'entrer dans la photo de famille pour faire passer la pilule de la démission de l'économiste renégat Eric Besson... Ne manquent à l'appel que Michel Rocard (en dépit des efforts d'Olivier Besancenot, le 4e âge n'est pas encore au centre de la campagne) François Mitterrand et Pierre Mendes-France. Léon Blum et Jean Jaurès ont été excusés, étant déjà mobilisés sur un meeting concurrent.

Le jury participatif est enfin en place.
Bizarre autant qu'étrange : le candidat officiel du PS semble avoir quitté le fauteuil du procureur pour le banc des accusés.

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