Affichage des articles dont le libellé est PCF. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est PCF. Afficher tous les articles

20071123

Le Facteur Crésus

Si les grèves de 2007 marquent une rupture, c'est au sein de la gauche de la gauche. Pendant que les dirigeants de la CGT basculent dans le camp des pragmatiques en ne s'opposant pas dans le fond à une réforme, l'axe SUD / LCR reprend le flambeau révolutionnaire / anticapitaliste / antisystème / antitout.

Visiblement, le candidat Sarkozy a accordé suffisamment de garanties à Bernard Thibault pour qu'il se livre à la petite comédie de ces derniers jours (je fais la grève mais pour la forme ; ça fait plus crédible). Pas dupe, la base la plus radicale viendra probablement gonfler les rangs des "antis"... mais quelque chose me dit que quelque part, les syndicats acceptant de jouer le jeu se retrouveront dans les rangs des nantis.

En attendant, Besancenot capitalise. Sur son aura "présidentielle", mais surtout sur la déliquescence de la gauche traditionnelle. Car pendant que les éléphants tergiversaient dans un interminable épisode de Jauressic Park, le RPR et l'UDF ont fait leur révolution (l'UMP et ses satellites, le Modem...), et voici que le facteur de Neuilly s'apprête à créer le principal parti de gauche radicale. Un syphon idéal pour dés-altérer les Verts, ATTAC et les autres groupuscules systèmicides (Besancenot ne parviendra pas à réunifier les Trotskistes pour autant - la pierre philosophale n'est pas pour demain).

Dans l'histoire - et devant l'Histoire -, seuls le PS et le PC n'ont pas bougé.

L'eau a bien coulé sous les ponts depuis Epinay mais visiblement, les dirigeants de ces vénérables partis en sont encore à se demander dans quel sens.

20070423

Tout sauf Royal - Blogule rouge a la Segosphere - Segobulle

Le premier tour d'hier me satisfait avec ses 84% de votants, les 31% accordés au premier et les millions d'électeurs reconquis par les partis républicains aux groupuscules extrémistes. Il m'eût comblé si la Ségobulle s'était dégonflée à temps, épargnant à la gauche le spectacle désolant de l'abandon des convictions les plus sincères à la recherche de compromis impossibles.
Mes lecteurs le savent, je ne porte pas précisément Nicolas Sarkozy dans mon coeur. Je n'apprécie guère ses liaisons dangereuses avec les theocons US et Israëliens, l'influence de son Architecte Brice Hortefeux, sa façon toute berlusconienne de contrôler son image dans les media, et tant d'autres signaux qui doivent appeler les démocrates à la plus grande vigilance.
Cela surprendra donc sans doute beaucoup d'entre vous d'apprendre que j'ai voté pour lui hier.

Le moins que l'on puisse dire est que je n'ai pas fait d'appel à voter pour lui, et ce n'était certainement pas le choix du coeur, mais le seul possible à mes yeux compte tenu de l'incapacité des socialistes à se réformer et de l'incapacité de Bayrou à affirmer une vision positive concrète (son discours d'hier soir a bien commencé, mais je doute que ses électeurs aient été satisfaits par l'absence de contenu).
Sarkozy a d'emblée joué cartes sur table, déroulé sa vision et sa stratégie, démontré sa capacité à mobiliser et à rassembler sur d'autres modes que la terreur. A convaincre parce qu'il est convaincu. A respecter l'enjeu et le débat - seule Marie George Buffet aura mené une campagne aussi cohérente.
Hier, il a prouvé qui était le leader et qui était le suiveur. Son discours assumé a fixé les règles du jeu : bas les masques pour tout le monde, place au débat d'idées. J'ai aussitôt imaginé Ségo et son Architecte trotskyste paniquant du côté de Melle, obligées de revoir totalement leurs notes pour répondre aux questions qu'elles éludent depuis tant de temps : qui est Ségolène Royal au-delà du label creux de "femme libre", quel est son programme au-delà des labels creux de "pacte présidentiel" ou d'"ordre juste", quelles sont ses idées au-delà des gadgets démagogiques piochés au hasard de sa pseudo-Wikicampagne, quelles sont ses convictions et sa vision au-delà du refus du Front National et de Sarkozy... A mesure que la soirée s'avançait sans signe de vie je la sentais calculer son coup pour minimiser l'audience et l'impact de sa prestation. Je l'ai imaginée à la tribune, dépassée par les événements et face à son propre néant...

Mais je ne m'attendais tout de même pas à un tel spectacle.
J'invite tous ceux qui envisagent ne serait-ce qu'un instant de voter pour Ségolène Royal au second tour de bien visionner son intervention d'hier soir. Du moment où elle apparaît à l'écran au moment où elle le quitte. Et je les mets au défi de me prouver que ce candidat mérite de prendre la plus haute charge de l'Etat.

Regardez bien cet automate face à une foule pourtant acquise à sa cause, regardez bien ce personnage totalement concentré sur l'image qu'il donne et sur la terreur qui l'anime : ces gens boivent mes paroles - pourquoi ne comprennent-ils pas que je n'ai rien à cirer de ce qu'ils disent et de ce qu'ils sont ? je ne crois ni à ce que je dis ni à ce que je fais et je ne suis pas à ma place ici, est-ce que ça va finir par se voir ? comment peuvent-ils être si crédules ? j'aurais presque envie de crier "réveillez vous et oubliez moi" !
Le danger pour la France, il est au moins autant sinon plus du côté de Royal que du côté de Sarkozy. Pour parodier Hélène Carrère d'Encausse je dirais que l'on risque d'un côté L'Empire Eclaté, de l'autre Le Pouvoir Confisqué.
Au moins, je sais comment et avec qui Sarkozy va gouverner. Je sais que seule cette équipe est aujourd'hui en mesure de mener les réformes nécessaires à ce pays et qu'elle le fera avec une véritable politique de centre droit à dimension sociale, majoritaire dans l'UMP et au-delà dans le pays.
Je sais aussi à quel prix cela se fera. Qu'au-delà de Nicolas, les grands vainqueurs s'appelleront Arnaud, Serge ou Martin.
Mais je sais aussi à quel point Sarkozy sera obligé de composer, quels soutiens il perdra s'il s'égare, qu'au delà des résultats il sera jugé sur le fond et la forme, et que ses principaux concurrents sont aujourd'hui dans son camp, à fond derrière lui mais qu'ils n'hésiteront pas à le mettre hors jeu s'il ne respecte pas les règles. Les compromis d'entre deux tours, il les a déjà concédés l'année dernière.
Et je sais aussi que seule une défaite provoquera la nécessaire recomposition de la gauche française, incapable de porter ses propres valeurs, de l'écologie à la justice sociale. Il est grand temps pour elle d'embrasser le troisième millénaire. Certes, Ségolène Royal peut gagner ces élections, mais elle ne pourra pas faire gagner le pays et certainement pas apporter la sérénité dans son propre camp. Son camp, d'ailleurs, c'est celui du oui ou celui du non ? celui des progressistes ou celui des réactionnaires ? celui de la relance suicidaire ou celui de la rigueur budgétaire ? L'ultra gauche ayant choisi son champion (Besancenot), n'est-il pas temps d'acter la mort du PS et du PCF et la renaissance au centre de la social démocratie pour redessiner le paysage ?

A ceux qui disent "Tout sauf Sarko" je réponds "Tout sauf Ségo", mais avec en prime "tout sauf un chèque en blanc pour Sarkozy".
Dans quinze jours, j'apporterai mon vote à Nicolas Sarkozy, assorti de ce message : le pouvoir tu le voulais tu l'as alors pas de blague - tu as l'occasion de devenir un grand président et peut-être même quelqu'un de bien*. Si tu dérapes je serai là et d'autres avec moi, bien plus forts et cohérents qu'aujourd'hui. Et tu seras seul. Très seul.


* on a tout de même senti de nouveau, dans son discours d'hier, qu'il avait toujours plus d'amour à prendre qu'à donner.

20070408

Pour voter futile, votez Demagolene Royal - la peu franche Presidente

J'ai de plus en plus de mal à supporter Ségolène Royal. C'est comme avec Bush pendant la campagne de 2004 : épidermique. Tant de faussitude, d'imposturitude, de foutagedegueulitude, de décalagitude entre le discours et le personnage... je me demande comment le grand public peut être aussi aveugle pour continuer à la soutenir. En revanche, je ne suis guère surpris de constater que ses critiques les plus virulents sont ceux qui la connaissent le mieux.
Royal donne des leçons d'écoute mais ne sait pas écouter, Royal donne des leçons de démocratie participative mais n'accepte ni critique ni débat, Royal donne des leçons de proximité mais ne se livre jamais et ne dit jamais réellement ce qu'elle pense, Royal donne des leçons de fermeté mais ne donne jamais suite à ses déclarations, Royal donne des leçons de modernité mais alterne sans aucune cohérence les propositions les plus conservatrices et les plus alterno-pipo-démago-utopiques, Royal donne des leçons de don Quichotte mais excelle dans le rôle du moulin à vent... et sa seule façon de rebondir à chaque fois qu'elle trébuche, c'est de dénoncer le machisme de ses adversaires.
Si vous voulez vraiment rendre service au Parti Socialiste, ne votez surtout pas pour ce personnage et ne renvoyez surtout pas ce parti au pouvoir dans cet état, la France n'en a vraiment pas besoin en ce moment. Et puis n'assassinez pas une seconde fois les Gracques : c'est maintenant que la gauche moderne doit se moderniser, que le PS doit se réinventer.

Si vous tenez absolument à voter dès cette année pour une femme sincère, convaincue, convaincante, ferme, à l'écoute et défenseure de l'ordre juste, votez plutôt Marie George Buffet. Je ne partage pas ses opinions mais au moins je les connais et je les respecte. Et je la respecte parce qu'elle est respectueuse de ses électeurs et de l'enjeu. Avec elle, on tiendrait peut-être La Franche Présidente. Même sans l'accent de Chamalières.

20070202

Sarko devisse, Sego cravache, Jacquot derape - Blogule rouge a la rase campagne

Le Petit Nicolas n'y est visiblement pas. J'avais déjà été surpris par son langage corporel pendant sa grand messe d'intronisation* le mois dernier mais depuis, l'impression se confirme : un ressort semble s'être brisé. Comme si... comme s'il savait déjà qu'il allait plonger. Le coup des RG ? Une nouvelle Céciliade ? Une planche savamment savonnée par un quarteron de crypto-gaullistes pas encore à la retraîte ?

On pense bien sûr à un ultime coup de poignard de Chirac à son ancien protégé. Le sortant ne s'est pas encore avoué sorti et guette avec intérêt les errements des 46 candidats déclarés.
Mais Jacques a sorti une belle bourde à des journalistes français et américains médusés. Une réflexion en off sur la crise irano-américaine plus proche de la blague antisoviétique de Reagan que des errements peu diplomatiques de Madame Michu Royal, mais une bourde tout de même.
Bové s'est présenté malgré des intentions de vote inférieures à celles de Marie-George Buffet, sans même attendre une petite semaine pour avoir le verdict sur son nième jugement. Une petite semaine qui rappelle le délai généreusement accordé par le Gouvernement aux candidats pour la collecte des 500 signatures. Une semaine qui lui permettra de jouer aux martyrs en cas de condamnation : vous voyez, on veut me faire taire.

Ségolène se l'est joué cuir noir hier. Une rupture sur la forme à défaut d'avancer sur le fond. Peut-être cette nouvelle carapace retardera-t-elle l'inéluctable dégonflement de la bulle, ou plutôt le démasquage de l'imposture.

François Bayrou se décide enfin à avancer timidement sur le boulevard qui s'ouvre devant lui depuis des lustres*. Malgré les bâtons peu élégamment déposés dans ses roues par l'Union Médiatique Prosarkozienne. Dernière pique en date ? Sarko Matin (Le Figaro) vient de ressortir des archives de l'INA les images de la claque portée par Saint François à un jeune beur soupçonné de lui faire les poches.

Je me demande ce que va donner ce choc des civilisations entre la droite la plus bête du monde, la gauche la plus archaïque d'Europe et l'extrême gauche la plus suicidaire de France.




* cf "Blogule rouge à Royal + ISF + Arnaud Montebourg = à gauche toute ?" (20070119)
** cf "
Blogule blanc a Francois Bayrou en access prime time" (20060902)

20070119

Blogule rouge à Royal + ISF + Arnaud Montebourg = à gauche toute ?

"Carton jaune" à Arnaud Montebourg. Le porte-parole de la candidate socialiste sera suspendu un mois pour ses propos désobligeants à l'égard du futur premier monsieur de France, François Hollande*.
Au football, il faut au moins deux cartons jaunes pour être suspendu mais passons... Ségolène Royal a décidément du mal à afficher des positions claires sur le fond, et autre chose qu'un sourire crispé sur la forme.
Comme prévu, sa nomination en tête de liste passe mal au sein de son propre parti puisqu'elle ne le représente pas. Ségo roule pour elle-même, son programme se résume à sa pomme et ça commence à se voir.
Le PS commence aussi à comprendre qu'il s'est piégé tout seul : à l'inverse des Verts de 2002, il lui sera impossible de changer de roue en cas de crevaison, sous peine de passer pour un parti d'abominables phallocrates rétrogrades. Les éléphants visant la victoire avant 2012 prient donc (même les plus athées d'entre eux) pour que la bulle résiste jusqu'aux élections.
Voici qui ouvre deux boulevards :

  • vers le centre, ceux qui ne se reconnaissent ni dans cette "égolène" ni dans Sarkozy finiront peut-être par remarquer l'existence du candidat François Bayrou
  • vers l'extrème gauche, pour peu que ça se décante, la probabilité d'un second tour progresse spectaculairement. Marie-George Buffet ayant le coffre sur le fond mais pas le charisme sur la forme, l'entrée en scène d'un cador médiatique semble inéluctable
Pendant ce temps-là, Le Petit Nicolas a brillamment passé l'examen du sacre. Comme prévu là aussi**, en l'absence totale de débat. Ce qui m'a le plus frappé pourtant dans ce barnum pipolitique, c'est son "body language" au moment du triomphe à la tribune : l'arrogant petit coq donnait l'impression de réaliser brusquement l'ampleur de la tâche, de douter de sa capaciter à avoir la taille de ses ambitions. Etrange...
Drôle de semaine : autant le malaise du PS devant le néant ségolènien était prévisible, autant celui de Nabot-léon devant le Pont d'Arcole laisse pantois.


* reconnaissons à ce dernier l'erreur de ne pas avoir démissionné de ses fonctions une fois sa camarade de compagne intronisée... mais cette erreur a ses raisons : imaginez la foire d'empoigne pour la succession !
** cf "Blogule rouge à la chasse au Hulot - tu es des nôtres, tu as bu ton Vert comme les autres" (20061124) : j'avais annoncé un plébiscite saddamien à 96% au lieu de 98,1% en faveur de Sarko, mais dans un scénario à deux candidats à la candidature (Nicolas Dupont d'Aignan).

Copyright Stephane MOT 2003-2025 Welcome to my personal portal : blogules - blogules (VF) - mot-bile - footlog - footlog archives - Seoul Village - La Ligue des Oubliés - Dragédies - Kim Mudangnim - Citizen Came - Stephanemot.com - archives blogules - archives blogules (VF)
Copyright Stephane MOT - Attention: Armes de Désinformation Massive