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20200911

La Seconde Grande Régression

Le plus grand exploit de Donald Trump est peut-être de nous faire presque regretter George W. Bush tout en faisant fructifier le pire de son héritage.

Les deux derniers présidents républicains n'ont pas qu'en commun d'avoir volé leur élection (Dubya avec l'aide de Jeb, Donald avec celle de Vlad), et dans la foulée deux membres de la Cour Suprême*: c'est sous leur présidence que l'Europe aura subi ses deux pires - jusqu'à présent tout du moins - défaites de la pensée depuis la seconde guerre mondiale.

Le premier grand recul, bien sûr, correspond à la montée des fondamentalismes religieux. Pas seulement au sein de l'Islam, mais aussi et surtout au coeur de la Chrétienté, cet affaiblissement de la laïcité à la base même de la démocratie encourageant encore plus le basculement généralisé vers le fondamentalisme (voir "Universal Declaration of Independence from Fundamentalism"). Les catalyseurs les plus efficaces furent bien évidemment W. (le Fondamentaliste en Chef), Benoit XVI (le torpilleur de Vatican II), mais aussi ce lobbying intensif à Bruxelles, ou encore ces millions dépensés pour promouvoir l'imposture de l'Intelligence Design**. A l'époque, les réseaux sociaux ne dominent pas encore la toile, et la manipulation des opinions comme l'encouragement de la haîne mutuelle passent souvent par les fora en ligne et les commentaires d'articles à sensation.

Après ce retour au Moyen-Age sur le plan religieux, nous voici projetés en arrière vers les pires années du XXème siècle au niveau des extrémismes politiques. La seconde grande régression prolonge donc la première tout en s'en nourrissant, puisqu'à la base, le fondamentalisme relève de la politique et non de la religion. L'extrême droite bénéficie d'une avance naturelle sur l'extrême gauche compte tenu de ses liens historiques avec l'ultra-conservatisme religieux. Les dictateurs exploitent souvent ces caricatures de religions au même titre que le nationalisme pour souder leur base autour d'un discours monolithique le plus étendu possible, ce qui peut fonctionner à des niveaux plus ou moins intenses et avec plus ou moins de conviction personnelle (ex Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine, Victor Orban, Donald Trump), mais aussi bien au-delà d'un leader lorsque celui-ci s'appuye sur un lobby combinant dès le départ  ultranationalisme fascisant et fondamentalisme religieux (ex Narendra Modi avec le RSS, Shinzo Abe avec Nippon Kaigi). Le mauvais modèle vient du haut, et Trump a dès le départ donné le ton en dynamitant, avec la bénédiction de Vladimir, tout ce qui constituait l'ordre mondial d'après guerre, des organisations et traités internationaux à la séparation des pouvoirs en passant par les règles les plus élémentaires de courtoisie et de transparence. On a pu ausi voir comment les mêmes équipes de trolls Américains et pseudo-media russes ont influé dès les primaires*** sur les élections présidentielles en France, où Poutine a comme aux Etats-Unis joué en parallèle sur les candidats radicaux à gauche comme à droite.

La première offensive a commencé au lendemain du 11 septembre 2001, la seconde au lendemain du 8 novembre 2016. L'Europe allait de toute façon avoir à faire face au retour du fondamentalisme et des extrêmismes politiques, mais l'Histoire allait être totalement différente avec Al Gore et Hillary Clinton.

Le 3 novembre prochain ne livrera pas seulement un verdict sur le futur de la démocratie aux Etats-Unis, mais sur celui de l'Europe.

La France a évité le pire en 2017, mais à voir sa perméabilité aux campagnes de torpillage entretenues depuis l'étranger (gilets jaunes, anti-masques...), elle ne résistera pas si son puissant allié outre-Atlantique reste dans le camp de ses pires ennemis.


'Heil to the Chief - #TrumpIsNotLikeYou #VoteTrumpOut' (@stephanemot - 20200910) (NB: 'L'extrême droite en Allemagne voit Trump comme un sauveur' - New York Times)   


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*  Pour rappel: John Roberts et Samuel Alito pour W, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh pour DJT (pourvu qu'on en reste là - tiens bon Ruth!)
** voir "En finir avec l'Intelligent Design" 

*** voir "Les Media à l'heure de la Guerre Asymétrique", puis  "Onze Mondial"; puis "La France ou Poutine ?"

20180418

Macron en mode G.I.

Quelques semaines après son modèle Nicolas Sarkozy (voir 'Sarkozy: "j'ai la Libye en béton"'), Emmanuel Macron a accepté de se livrer en exclusivité sur nos lignes. 

blogules: "Des frappes en Syrie, un grand oral au Parlement Européen à Strasbourg... définiriez-vous cette semaine comme Jupiterienne?"

Emmanuel Macron:  "Totalement: Jupiter est non seulement le maître de la foudre, mais le dieu romain qui reprend les mythes associés à Zeus. Or ce dernier est bien parvenu, sous forme de taureau blanc, à ravir Europe."

b: "Ravir oui, mais au sens premier du terme: il s'agit là d'un enlèvement franchement très limite au niveau #metoo..."

EM: "Pardon de vous le dire, mais contrairement à mes prédécesseurs je ne cours pas les jupons - et d''ailleurs Brigitte préfère les pantalons. Dans le même temps, je constate que suite à cette union, Europe a donné naissance à Minos le juste, Radhamante la vertueuse, et Sarpédon le valeureux."

b: "Je me demande si je n'assiste pas à la naissance de Macron le pédant. Vous ne faites pas vraiment d'effort pour améliorer votre image de jeune homme arrogant, entre vacuité et vanité - ça ne vous gène pas, même si votre cote de popularité en pâtit?"

EM: "De toute façon je ne ferai qu'un mandat, c'est écrit. Même si je veux rempiler, et c'est le cas, je suis parti pour vous faire une Giscard ou une Sarko, ça parait clair. Alors autant passer mon temps sur les réformes, et ne comptez pas sur moi pour aller dîner chez l'habitant ou vous jouer de l'accordéon."

b: "Parader sous le maillot de l'Ohème, en revanche..."

EM: "Mais là c'est différent. Le foot c'est une figure imposée, je ne peux pas y couper. Comme le Salon de l'Agriculture."

b: "Donc cet été, vous allez tâter le croupion des Bleus en Russie?"

EM: "Seulement si on atteint la finale. Pas envie de me faire Novichoker par Vladimir."

b: "Vous lui avez pourtant sorti le grand jeu, à Poutine, en l'invitant à Versailles, et à sa très chère Cathédrale de la Sainte Trinité."

EM: "Mais ça c'est du marketing, délibérément Tapis Rouge. Comme pour Trump avec la Tour Eiffel, le défilé du 14 juillet, et les Invalides avec son énorme dôme doré et son monumental tombeau de Napoléon. A Vladimir, j'ai déroulé les ors du Roi Soleil, et son bébé fétiche du quai Branly. Vous ne pouvez pas savoir combien il a bombé le torse en voyant ses coupoles brillant devant la Tour Eiffel. Après ça, ils ne peuvent pas me refuser grand chose."

b: "Sur le coup, l'honneur de la république est tout de même un peu bafoué..."

EM: "Désolé, mais je suis du type pragmatique. Les grands principes, les droits de l'homme, c'est bien pour les discours, pas pour faire avancer le schmilblick quand tous les autres leaders qui pèsent sont des salopards: Vlad, Don, Jinping, Narindra, Shinzo, Rodrigo, Tayyip, j'en passe et des pires. A l'heure où même Aung San Suu Kyi soutient un génocide, vous n'allez pas me reprocher des petits compromis de protocole."

b: "Alors toutes ces belles paroles à Strasbourg sur la démocratie face aux nationalismes et aux extrémismes, c'était du vent, La République en Charme?"

EM: "Pas du vent, mais du marketing. Avec des marqueurs clairs, pour rappeler qu'on est pas passé loin de la catastrophe l'année dernière*."

b: "Parlons-en, de vos marqueurs clairs. L'autre jour, aux Bernardins, les défenseurs de la laïcité auraient aimé que vous soyez plus ferme sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Jean-Luc Mélenchon vous qualifiant même de 'sous-curé'".

EM: "Là-dessus c'est un peu l'hopital qui se moque de la charité. Mélenchon en petit père la vertu, défenseur de la république et de la laïcité? Un bon soldat de Poutine, oui, qui n'a pas réussi à créer le chaos en arrivant au second tour, mais fait tout son possible au troisième pour torpiller le débat républicain."

b: "Le débat républicain, justement. Ou son absence. Comment faire lorsque LREM truste tous les leviers de l'Etat à part le Sénat? Quand les seuls contre-pouvoirs sont les syndicats?"

EM: "Les syndicats ne représentent plus rien. Des employés organisés en groupes Facebook défendraient mieux leurs intérêts, comme ceux de Cambridge Analytica d'ailleurs. On est au XXIème siècle, il est grand temps de passer là aussi aux 'surgical strikes'."

b: "Revenons aux frappes contre Bashar el Assad..."

EM: "... contre l'usage d'armes chimiques en Syrie. Nous ne voulons pas déloger Bashar, juste rappeler les règles du jeu, et aider Jean-Yves Le Drian à écouler nos armes de destruction conventionnelles sur le marché."

b: "Le Drian est passé au Quai d'Orsay, vous avez oublié?"

EM: "Non. Et lui non plus d'ailleurs. Défense et Affaires Etrangères, c'est pareil. Et puis c'est plus simples de regrouper les équipes pour réduire les effectifs."

b: "Un serrage de Clausewitz, en somme."

EM: "Notre gouvernement est réellement taillé pour la guerre comme pour la politique. Avec deux G.I. à sa tête."

b: "Edouard Philippe et vous en G.I., vous n'exagérez pas un peu, vous qui vous voyez déjà pour commencer en taureau blanc?"

EM: "Vous n'y êtes pas. Avec le petit glabre châtain adoubé par les Socialistes, et le grand hipster brun issu des Républicains, bien propres sur eux, nous sommes les prototypes même des Gendres Idéaux."

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* voir "La France ou Poutine ?"

20150531

Sarkozy et Blatter sont dans des bateaux

Si Les Républicains n'étaient pas là...
... il faudrait les inventer?
... nous serions tous en Marinie, à saluer je ne sais qui?
... nous aurions le choix entre Ripouxblicains et Repusblicains?

Le Petit Nicolas a donc imposé sa vision binaire à l'Américaine, et comme si la marque "Les Républicains" ne suffisait pas, les primaires à droite (pas de centre s'il te plait, Alain, enfin, un peu de tenue) coïncideront avec le sprint final "us vs them" aux Etats-Unis... qui néanmoins ne souhaitent pas plus un choix entre Jeb Bush et Hillary Clinton que la France ne veut un remake du Hollande-Sarko de 2012.

Le Petit Nicolas nous a donc ressorti son argumentaire de 2007 sur la République, avec le même laïus sur la laïcité qui va bien (ne t'inquiète pas Emmanuelle Mignon, je te remets en tête de gondole dès la fin des élections comme d'habitude).

Le Petit Nicolas a donc tué le père. Pas Pál Sarközy de Nagy-Bocsa, mais Edouard Balladur. Edouard qui? vous savez, le Alain Juppé de 1995. Alain qui? vous savez, le gars qui avait créé l'UMP en 2002. L'UM quoi? vous savez, le groupuscule qui autorisait encore des courants dans ses statuts.

Le Petit Nicolas a donc avoué qu'il pensait toujours aussi fort en se rasant à son job de dans deux ans d'il y a trois ans.

Le Petit Nicolas, comme Le Petit Sepp Blatter, s'est donc réjoui que son organisation l'ait confirmé comme l'homme de la situation. Comme si, chez Les Républicains comme à la FIFA, le seul homme capable de remettre un empire éclaté dans le droit chemin était celui-là même qui l'avait conduit à son implosion.

Sarkozy et Juppé, Blatter et Platini - Drôles de poignées d'amour
"Je pardonne, mais je n'oublie pas"




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20130320

Invasion de l'Irak: les 3 impostures de "L'Héritage Bush"

10 ans déjà depuis l'invasion de l'Irak... je vais essayer de ne pas trop répéter mes mantras habituelles, mais au cas où vous avez loupé les épisodes précédents, je vous invite à prendre connaissance des 3 messages suivants:


***


1) L'invasion de l'Irak était destinée à répandre le fondamentalisme dans le monde, pas la démocratie en Irak:

Conservez toujours ceci à l'esprit: "George W. Bush n'a pas agit en tant que Président des Etats Unis d'Amérique dans l'intérêt de son pays, ni même en Républicain dans l'intérêt de son parti, mais avant tout en fondamentaliste dans l'intérêt du fondamentalisme."

J'ai écrit mon "Universal Declaration of Independence from Fundamentalism"* pour exposer cette imposture Bush et au-delà, celle du fondamentalisme, ce projet politique totalitaire déguisé en projet religieux universel, à la fois le pire ennemi de la démocratie et le pire ennemi de la religion.

Comme je l'ai rappelé pour le 5ème anniversaire de cette mascarade ("Iraq - 5 years of success for fundamentalists"), l'invasion de l'Irak fut un triomphe dans le sens où comme prévu, elle a renforcé les fondamentalistes partout dans le monde. Dubya avait donc mérité de poser devant la banderole "Mission accomplie".

Et nous pouvons nous estimer heureux d'avoir évité le pire, parce que ces fous furieux avaient l'intention d'aller encore plus loin (voir "Iran : who wants war and why" / "Iran : qui veut la guerre et pourquoi").


***


2) Le pétrole n'était qu'un moyen de corrompre, pas le but du jeu. Et l'affaiblissement de la démocratie en Amérique n'était pas qu'un dommage collatéral:

Pour la faire simple: les théocons ont fixé l'agenda avec l'aide des néocons (et quel tandem plus adéquat pour la tâche que Bush-Cheney?), et vendu la guerre aux paléocons**.

En d'autres termes: le but ultime du jeu est d'anéantir la démocratie (l'objectif des théocons et autres fascistes), et la justification morale une intervention pour libérer un pays de son dictateur (un objectif néocon tout ce qu'il y a de plus classique), mais pour lancer une guerre, la bénédiction des lobbies pétroliers et militaro-industriels est nécessaire (un travail pour nos bons vieux paléocons).

Seul manquait un alibi pour passer à l'action dès que possible. Un danger clair et immédiat. C'est le rôle des mensonges et fabrications éhontés autour des Armes de Destruction Massive et des liens prétendus entre Saddam Hussein et Osama Ben Laden.

Bien sûr, il y avait toujours le risque de voir un journaliste curieux faire son boulot, ou un citoyen désireux d'exercer son droit à la transparence.

Le Patriot Act étant entré en vigueur plus d'un an avant l'invasion, le principal problème venait des media, et c'est là que l'Administration Bush a offert un pacte aux grands du secteur: si vous ne nous attaquez pas avant les élections de 2004***, nous vous aiderons à consolider votre pouvoir. A la tête du régulateur (FCC), le fils de Colin Powell a fait de son mieux pour affaiblir les lois anti-monopole dans les media, et de fait la concentration s'est opérée à ce moment clef de l'histoire de la presse traditionnelle, des diffuseurs radio-TV, et des media internet. Michael Powell a été jusqu'à monter un forum bidon quelques semaines avant l'invasion, comme pour rassurer tout le monde sur ses bonnes intentions. Il a par la suite rejoint la célèbre RAND Corporation.

Notons que ce procédé "pas de bâton contre carotte" a été repris par Nicolas Sarkozy avec les media en France (voir "Armes de Désinformation Massive - Redux"), et avec plus de succès par Lee Myung-bak en Corée du Sud.

D'une façon générale, l'Administration Bush a cherché systématiquement - avec certes plus ou moins de succès - à modifier l'équilibre et la séparation des pouvoirs à la base de la démocratie:
. exécutif? pouvoirs abusifs multipliés, opacité maximale, y compris vis à vis des Républicains
. législatif? corruption généralisée, production de lois anti-démocratiques à la pelle
. judiciaire? promotion de la torture, négation de tous les droits élémentaires
. media? complaisante au mieux, en charge de la propagande officielle au pire (FoxNews)
. netizens? noyés sous la propagande, les électeurs suivent docilement. les réfractaires font l'objet de surveillance par big brother
. ....
. et bien sûr, la priorité des priorités pour les théocons: anéantir la laïcité, ce pilier essentiel de la démocratie. A nouveau: mélanger la religion avec la politique, l'éducation, ou la science, c'est le meilleur moyen d'attaquer à la fois la démocratie et la religion (voir "Non à la Burqa = Non au fondamentalisme... Chrétien y compris" / "France, secularism and burqa : a political issue, not a religious one").

Naturellement, il y avait aussi beaucoup d'argent en jeu. Pour les lobbies religieux luttant contre la séparation de l'église et de l'état comme pour les lobbies pétroliers ou militaro-industriels. Et le pillage des ressources naturelles irakiennes ne constitue qu'un pan d'un système qui a également converti des excédents budgétaires record en déficits records (entre autres missions vitales: soutenir les copains comme Halliburton, une action caritative qui s'est même poursuivi dans un autre Golfe, après Kathrina - voir "Red blogule to Halliburton and the 40 thieves").

Mais la corruption a frappé bien plus loin, au coeur des fondamentaux de la démocratie.
 

***


3) Le Printemps Arabe ne doit rien à la Guerre en Irak, bien au contraire:

 
George W. Bush et son fan club essayent de nous vendre le Printemps Arabe comme la conséquence de son aventure en Irak, une "guerre de libération" qui a "fait rayonner la démocratie dans la région", mais cette imposture est totalement inacceptable.
 
Premièrement, la croisade de Bush a surtout contribué à réduire au silence les modérés et à renforcer les islamistes radicaux, les confortant comme seule force politique capable de prendre le pouvoir à la chute des régimes en place.
 
Deuxièmement, son invasion illégale et à des fins anti-démocratiques ne saurait être comparée avec des mouvements populaires d'auto-détermination portée par des idéaux universels de liberté et de démocratie. L'idéal de nation de Bush est la théocratie, un idéal partagé par les islamistes, et certainement pas par les authentiques combatants de la liberté.
 
Troisièmement, l'Administration Bush a bien servi d'exemple dans la région, mais pas dans le monde arabe (voir "Israel accepted as true the choice between its security and its ideals", "Persiste et signe" et "Le rideau de sable et la renaissance musulmane").


 
***

Dix ans après, la justice n'a toujours pas été rendue, et je pense que les derniers mots de Tomas Young (dans "The Last Letter") méritent d'être reproduits ici:
"Un message à George W. Bush et Dick Cheney de la part d'un Vétéran sur le point de mourir": "J'espère que vous serez trainés en justice. Mais surtout j'espère, dans votre intérêt, que vous trouverez le courage moral pour faire face à ce que vous avez fait pour moi et pour beaucoup, beaucoup d'autres qui méritaient de vivre. J'espère qu'avant que votre temps sur terre touche à sa fin, comme il se termine pour moi, vous trouverez la force de caractère pour vous présenter devant le public Américain et devant le monde, et en particulier devant le peuple irakien, et implorer leur pardon".

Et comme toujours, il est de notre devoir à tous d'exposer et de dénoncer les impostures, de siffler hors jeu chaque fois qu'un gouvernement essaye d'affaiblir la séparation des pouvoirs ou de jouer avec les fondamentaux de la démocratie.


blogules 2013
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* "Déclaration Universelle d'Indépendance Contre le Fondamentalisme", prolonge et complète "En finir avec le fondamentalisme"
** voir aussi "Neocons, theocons et paleocons"... NB: si les "anticons" évoluaient alors encore sous la surface radar, ils ne constituent en rien un modèle démocratique: "le Tea Party n'est pas une alternative au duo Parti Républicain - Parti Démocrate, mais la négation même de la république, la négation même de la démocratie (voir "Grand Old Parting - enter the anticons")
*** Souvent même jusqu'aux élections 2008 (see "The Silence of the Lambs (War in Iraq and US networks)"). Et certains collabos ont eu le culot de donner des leçons à Bush après une telle disgrâce (voir "What Fareed Zakaria got wrong")!

20120127

Hollande pense a la Presidence en me rasant

La semaine Hollande a culminé hier soir avec le duel tant attendu sur France 2: non pas Pujadas face à son incompetence, cet éternel classique odieux-visuel, mais le president de dans trois mois face à celui qui était taillé pour le job.

Il fut un temps où j'avais de l'affection pour François Hollande, ce bonhomme libre, debout, certes maqué avec un drôle de numéro, mais plutôt rafraichissant dans le paysage. Puis FH a révélé sa nature en "qualité" de dirigeant de parti: non seulement incapable de réformer le PS, mais responsable de son enkystement, ajoutant à la culture de la procrastination de graves lacunes morales (Tristane Banon,Jean-Noël Guérini...).

Ces derniers temps, Hollande commençait sérieusement à m'irriter avec ses pseudos accents mitterrandiens, ces râclements de gorge à la tribune à peine plus forcés que ceux du Fabius des eighties, et surtout ce ton faux à chaque fois qu'il joue la carte de la compassion.

Hier, il m'a franchement énervé. Cet homme ne me convainc pas parce que fondamentalement lui-même n'est pas convaincu. Il joue un rôle pour être élu, mais ne porte ni un projet ni une vision.

Bien sûr, j'adhère à son discours républicain, à sa défense de la Loi de 1905, notre Roe v. Wade à nous. Bien sûr, je voterai pour lui dans le cas fort probable où il se retrouverait au second tour face à Marine Le Pen. Tiens, je lui accorde même le bénéfice du doute sur sa capacité à présider un conseil des ministres, lui qui n'en a jamais vu le moindre autrement qu'à la télé, lui qui n'a même pas réussi à faire bouger une poignée d'éléphants sur le déclin. Je n'irai pas jusqu'à le croire capable de faire bouger d'autres chefs d'état sur des sujets qui fâchent, mais peut-être une France en troisième division politique et économique vaut-elle mieux qu'une France en faillite morale.

Mais fondamentalement, cet homme n'est clairement pas prêt pour le job. S'il a bien tenté de nous convaincre du contraire hier, de faire semblant de tomber le masque le week-end dernier, il demeure trop loin du compte. Rien à voir avec ses (probables) prédécesseurs, ou même avec le Bayrou de 2007.

Plus grave: tant que ce PS n'aura pas fait sa propre réforme, il sera incapable de mener à bien les réformes dont le pays a besoin. C'est triste à dire mais s'il fallait faire une comparaison avec les Etats-Unis, politiquement,ce Parti Socialiste tient aujourd'hui beaucoup plus du Parti Républicain que du Parti Démocrate. Les Démocrates US ont fait leur révolution culturelle il y a déjà 20 ans, j'attends toujours de ce côté-ci de l'Atlantique.

Le programme présenté ces derniers temps confirme l'impasse idéologique: on sent bien un progrès vers la social-démocratie et le pragmatisme, mais l'équation ne tient toujours pas la route. La France va encore faire fuir ses derniers créateurs de richesse, plomber ce qu'il reste de classes moyennes, et reprendre la fuite en avant budgétaire. Ce pays a besoin d'un leader avec une véritable appétence pour l'innovation, pas d'un frein au progrès.

Je le rappelle (voir "
Ballots-centre"), sur le fond, cette élection se jouera sur les valeurs républicaines, et non sur l'économie. Et à ce petit jeu, François Bayrou reste le candidat le plus cohérent et le plus constant. Et si à la fin février Sarko reste à 20 points de Hollande dans les sondages, le patron du MoDem aura l'occasion de s'imposer comme le champion des républicains.

Hier soir, ce rôle était joué par Alain Juppé, peu crédible comme défenseur du candidat Sarkozy mais impeccable en Président idéal. Un stratège enfin détendu et apaisé, en contraste saisissant face à un imposteur pas encore dans la peau de l'emploi.

Clairement, François Hollande pense à la Présidence en me rasant.

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