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20201218

Bonne année 2022

Après ce qui s'est passé l'an dernier, je me dois de reprendre la tradition des meilleurs voeux pour la prochaine prochaine année. Pour rappel*, c'est l'absence de ce crucial exorcisme qui a provoqué cette bon sang de 2020.

Donc désolé, mais comme d'habitude*, je suis dans l'incapacité de vous souhaiter mes meilleurs voeux pour l'an prochain. C'est la moindre des choses quand on sait ce qu'il va se passer en 2021:


Janvier 2021
Le 20 janvier, au moment précis où Joe Biden devient Président, Donald Trump annonce sa candidature pour 2024, suivi une heure plus tard par Donald Trump Junior et Ivanka. Dans la soirée, Eric se retire des primaires, Barron forme un comité pour 2032, et Melania demande le divorce.

Fevrier 2021
L'Irlande accueille les premiers refugiés britanniques de la Grande Famine du Brexit.

Mars 2021
Après le raz de marée de l'extrême gauche et l'extrême droite aux élections régionales, Macron se plaint que nos partenaires Européens se tiennent encore plus à distance que les deux mètres règlementaires: '10 ans après Fukushima, la France est devenue radioactive'. 

Avril 2021
Raul Castro quitte le pouvoir. La famille Trump se propose pour régner les 62 prochaines années.

Mai 2021
L'Eurovision revient sur les écrans. Pour protester, l'Europe reprend le confinement.

Juin 2021
Donald Trump gagne les présidentielles en Iran. Ali Khamenei demande un recompte.

Juillet 2021
La France tombe lourdement en quarts de finale des Championnats d'Europe de football. Selon Didier Deschamps, Les Bleus ont fait preuve de complaisance: 'mes joueurs sont trop habitués au champagne et à la jet set, j'espère qu"ils sont enfin revenus sur terre avec ce voyage à Bakou'.

Aout 2021
Dans son discours célébrant sa victoire éclatante aux éléctions en Ethiopie, Xi Jinping annonce que les élections à Hong Kong seront reportées de Septembre 2021 à Octobre 2047.

Septembre 2021
Enfin, Angela Merkel est libre de se lâcher, de dire et de faire tout ce qui lui plait. La désormais ex-chancelière retourne immédiatement à l'université pour approfondir ses études en science et en russe. Commentaire de Donald Trump sur Twitter: 'Quelle LOSER
!!! A sa place, je jouerai au golf du soir au matin. Je préfère même de loin mes journées passées devant la TV en prison.'

Octobre 2021
Un soulèvement populaire renverse Jair Bolsonaro après sa promesse de détruire la dernière portion de la forêt vierge amazonienne (un terrain de trois mètres carrés à côté d'une fosse commune).

Novembre 2021
Nicolas Sarkozy continue à faire son footing tous les jours. Il a décidé de garder la santé même à La Santé.

Decembre 2021
Didier Raoult obtient le Prix Nobel de Médecine pour avoir mis au point le vaccin contre la vérité. Son hydroxyQanonoquine a démontré un taux de réussite de 100 pourcent une fois couplé à la javel. 


Plus sérieusement, je nous souhaite à tous une très, très, très bonne année 2022.

 




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* voir 'Bonne année 2021 (un peu tard, mais il y avait pénurie de blogules)'

** voir "Happy New Year 2010" (Jan 2009), "Happy New Year 2011" (Dec 2009), "Happy New Year 2012" (Dec 2010), "Happy New Year 2013" (Dec 2011), "Happy New Year 2014" (Dec 2012), "Happy New Year 2015" (Dec 2013), "Happy New Year 2016" (Dec 2014), "Happy New Year 2017" (Dec 2015), "Happy New Year 2018" (Dec 2016), "Happy New Year 2019" (Dec 2017), "Happy New Year 2020" (Jan 2019), "Happy New Year 2021" (Apr 2020), "Happy New Year 2022" (Dec 2020)... et en Francais: "Bonne Année 2009" (Jan 2008), "Bonne Année 2010" (Dec 2008), "Bonne Année 2011" (Dec 2009), "Bonne Année 2012" (Dec 2010), "Bonne Année 2013" (Dec 2011), "Bonne Année 2014" (Dec 2012), "Bonne Année 2015" (Dec 2013), "Bonne Année 2016" (Dec 2014), "Bonne année 2017" (Dec 2015), "Bonne Année 2018" (Dec 2016), "Bonne année 2019" (Dec 2017), "Bonne année 2020" (Jan 2019), "Bonne année 2021" (Avr 2020), "Bonne année 2022" (Dec 2020).

20190905

Macron: "j'ouvre une filiale de LREM à Londres"

Plus d'un an après notre premier entretien exclusif (voir "Macron en mode G.I."), le Président a accepté de recevoir à nouveau notre Agence Fausse Presse. Morceaux choisis d'une rencontre (Jupi)ter à terre:

blogules: "Tant de choses se sont passées depuis notre dernière conversation: entre la deuxième étoile sur la tunique des Bleus* et la première Place de l'Etoile des Gilets Jaunes, entre les Européennes et le G7 de Biarritz, que retenez-vous de ces seize mois?"

Emmanuel Macron: "Un sentiment de grande fierté, pour avoir réussi à transformer le plomb en or".

blogules: "???"

EM: "C'est toute la magie de faire partie des grands de ce monde. Vous avez une espèce d'aura qui vous protège de tout. Regardez: à la maison, quand Notre Dame brûle, des centaines de millions d'euros sont affectés et tout de suite on m'accuse de précipiter les travaux, sans prendre compte de l'importante pollution au plomb générée par la fonte des vitraux. Mais quand c'est l'Amazonie qui part en flammes, je lève à peine quelques millions et on m'encense comme le plus grand défenseur de l'environnement, alors que dans cette même forêt primaire (et dans le même temps), j'ai accordé le droit de tout détruire à la plus titanesque mine d'or de notre histoire."

blogules: "En tant que 'grand de ce monde', pensez-vous avoir rétabli le rôle de président dans toute sa jupitérité?"

EM: "C'est facile de briller après François Hollande, ou face à des anencephales comme Jair Bolsonaro ou Donald Trump. Et c'est encore plus facile de s'affirmer en pôle de stabilité quand le Royaume Uni part en vrille, ou quand Angela Merkel entame une danse de Saint Guy à chaque réunion officielle."

blogules: "Au moins, Angie n'a pas tremblé à Biarritz".

EM: "Si, mais de trouille, avant les élections. Heureusement, la poussée de l'AfD n'a pas été aussi dramatique que l'on pouvait le craindre."

blogules: "Tout comme les démocraties ont réduit la casse aux Européennes, en dépit de la montée des populistes et des nationalistes."

EM: "Je ne veux surtout pas ajouter à la sinistrose ambiante, mais les gens ont peur, comme avec les Gilets Jaunes. Passé le stade du raz-le-bol, ils commencent à comprendre que tout casser ne sert à rien, que ça met en danger l'ensemble de la communauté en faisant le jeu des extrèmes, et que même imparfaite, notre démocratie est aussi précieuse et menacée que notre 'environnement. "

blogules: "Personnellement, vous êtes a priori tranquille jusqu'en 2022 et on y reviendra, mais comment percevez-vous la situation politique de nos supposés alliés britanniques et américains? Allez-vous accorder un nouveau sursis aux premiers dans le cadre du feuilleton du Brexit? Pour qui voteriez-vous aux primaires démocrates."

EM: "Les partisans de la démocratie de l'autre côté de la Manche ont eu droit à deux réveils brutaux: en 2016 avec la surprise du référendum avec l'aide de Poutine, en 2019 avec la tentative de coup constitutionnel de Boris Johnson et Dominic Cummings. Si j'ai longtemps espéré l'annulation du Brexit, j'en ai désormais fait mon deuil, et j'estime que cet immense gâchis doit aller au bout. Si Boris veut que ce soit conflictuel, ça le sera, mais avant tout vis à vis du peuple britannique et des fondements de leur démocratie."

blogules: "Donc no deal, no delay?"

EM: "J'ai bien un plan B, mais ça s'annonce un peu compliqué. Je travaille depuis peu à la branche londonienne de LREM. On monte un parti pro-européen autour des indépendants, des déçus du Labour et des Tories, de ceux qui ne veulent ni du Brexit, ni de Boris, ni de Jeremy Corbyn."

blogules: "Vous aurez le temps de présenter des candidats en cas d'élections anticipées?"

EM: "En fait nous avons déjà une majorité de députés. Le plus dur sera de faire avaler ça au public. Que pour éviter d'être croqué par Vladimir ou Donald, la perfide Albion a décidé de rejoindre le giron français."

blogules: "Wouah, c'est effectivement assez osé, mais sait-on jamais, ça parait un moindre mal par rapport aux alternatives. Et pour les primaires américaines, quel serait votre poulain?"

EM: "En tout cas, pas Joe Biden: il s'intéresse un peu trop à Brigitte. Aucun risque avec Pete Buttigieg, qui semble un type très bien pour le job, même s'il met un peu trop de religion dans la politique. Malheureusement pour lui, Trump sera réélu. Vladimir me l'a confirmé l'autre jour au Fort de Brégançon."

blogules: "Et vous, pensez-vous que vous serez réélu?"

EM: "Malheureusement pour vous, non. Je vais bientôt me taper une crise économique de folie entre la bulle des Collaterized Loan Obligations, l'effondrement de la Chine, ou Jupiter sait quoi. Et même avant que ça pète sur le plan économique, ma réforme des retraites va mettre la France dans la rue."

blogules: "C'est pas un peu risqué, cette réforme maintenant, au moment où tout se calme un peu?"

EM: "Quitte à tomber, autant essayer."



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* "Deux étoiles petit luxe"

20100323

De Cheri Bibi à Maudit Netanyahu ?

Dans la foulée du passage de la réforme du système de santé par les Démocrates ce week-end, les voix peuvent enfin s'élever aux Etats Unis pour dénoncer les provocations du gouvernement de Tel Aviv qui ces derniers temps cherchait une fois de plus* à exploiter le calendrier électoral américain pour faire bouger les lignes en faveur de l'extrème droite israélienne.

Et ça n'a pas trainé :
- J Street vient de publier une pleine page dans le New York Times pour denoncer les percées illégales en Palestine, qui "mettent en danger l'existence même d'Israël" (voir "
J Street : It's Time")
- Bibi vient de se faire chahuter devant l'AIPAC par le mouvement Codepink qui le met au défi de "construire la paix, pas des implantations" (voir sur Al Jazeera "
Netanyahu disrupted at AIPAC gala".

Il est encore temps de sauver Israël mais pour cela, Barack Obama doit pousser beaucoup plus fort qu'Hillary Clinton (encore trop conciliante avec l'AIPAC aujourd'hui) et Joe Biden (humilié par Netanyahu la semaine dernière). Sans craindre pour les élections de mi-mandat de novembre prochain. Si la réforme de l'assurance médicale était sa priorité en politique intérieure, le monde entier l'attend sur le dossier le plus fondamental pour la paix dans le monde.

blogules 2010

* voir posts précédents
en VF et en VO, ex "Il est encore temps de sauver Israël", "Netanyahu's al Aqsa intifada"

20081016

Obama adopte Joe Le Plombier

"Lui c'est lui, moi c'est moi".

Voici la VF du "Senator Obama, I'm not President Bush" de John McCain.

Si on prend ce dernier débat comme un match de boxe, le Sénateur de l'Arizona l'a clairement emporté. Mais il ne s'agit pas d'un match de boxe, et les Américains n'ont pas vraiment la tête à compter ce type de points dans le contexte actuel. Obama, pourtant dans un jour assez médiocre, en a sans doute marqué beaucoup plus en confortant son profil présidentiel face à un adversaire toujours aussi tendu et peu sincère.

McCain a mené la première moitié du débat en essayant de tenir son adversaire dans les cordes, sur la défensive. Ce vieux catcheur a cherché à lui imposer un troisième larron sur le ring : "Joe The Plumber", un plombier de l'Ohio supposé déçu de l'Obamisme, incapable de racheter l'affaire où il travaille depuis des années sous prétexte que ce vilain bonhomme chercherait à l'accabler de taxes. Obama a poliment intercepté l'intrus en dégainant calmement son programme et en continuant à s'adresser aux Américains les yeux dans les yeux... un privilège que Mac n'aura réservé qu'à son seul ami plombier (à part dans un emballage final moins plat que celui de son concurrent).

John a tout de même survécu au sujet casse-gueule par excellence : la pertinence du choix de Vice-Président. Obama a tout simplement oublié de rappeler que Joe Biden était prêt à tout moment à assumer le job le plus dur du monde... Dommage.

Le Sénateur de l'Illinois a une fois de plus dominé le débat sur les questions de santé et d'éducation, et une fois de plus laissé échapper de belles occasions sur l'économie et la façon de mener une campagne. Il a savoureusement rappelé qu'il avait fréquenté le "terroriste" Bill Ayers dans un organisme piloté par des Républicains, et parfaitement exprimé sa pensée sur Roe v. Wade (au fond, "personne n'est pro-avortement"). Et sa façon de courtiser l'Ohio et le Michigan était un poil plus subtile.

Au final, McCain donnait l'impression de savourer sa victoire, mais Obama était venu pour débattre, pas pour se battre. Il est amusant de voir comment tous les adversaires d'Obama finissent par s'énerver et se tirer une balle dans le pied en dépassant les limites. S'il n'a pas franchi la ligne jaune ce soir, McCain apparaît de nouveaux comme un vieux grincheux et le perdant dans l'histoire.

---

Les débats précédents pour rappel :
"
Second débat : le XXIe siècle l'emporte sur le XXe"
"
Palin dans la peau de Ross Perot "
"
Premier débat Présidentiel - un air de déjà vu"

---

retrouvez cet article sur blogules en V.O. "Debate #3 : That One tamed The Whipper"

20081008

Second débat : le XXIe siècle l'emporte sur le XXe


Mac est parvenu à ne pas péter les plombs... mais la caméra a fini par le trahir, vert de rage en arrière-plan, à se cramponner au dossier de sa chaise pendant qu'Obama déroulait son propre tapis rouge vers la Maison Blanche (le matériel n'a pas cédé et c'était bien là la seule différence avec Amy Poehler / Hillary Clinton pendant le premier sketch de Tina Fey / Sarah Palin sur SNL).

Peu importe. John McCain n'était pas là ce soir. On a eu droit à une espèce de débat très, très, très mal géré par Tom Brokaw*, mais le héros était Missing In Action. Inaudible, ratatiné dans une moquette aux couleurs d'un parti trop grand pour lui, sonnant creux dans toutes ses attaques comme dans toutes ses envolées supposées lyriques, scotché avec Teddy Roosevelt et Reagan quand son adversaire parlait du XXIe siècle. Ringard, fini, avec un énorme "loser" imprimé sur le front. 

Il n'a même pas osé prononcer une seule fois le mot "maverick", c'est tout dire. "I know how to" ("je sais comment faire"), ça, oui, à maintes reprises... mais sans plus de précisions. Barack Obama s'est permis de concéder ironiquement qu'effectivement, "il ne comprenait pas"... pourquoi Bush et McCain avaient engagé l'invasion de l'Irak au lieu de lutter contre le terrorisme là où il était réellement, qu'effectivement, il était en faveur d'un "gouvernement plus intrusif"... pour s'intéresser de près à ce que les grosses entreprises faisaient des faveurs qu'il leur accordait.

Barack Obama n'a rien apporté de vraiment nouveau depuis le dernier débat, mais il est autrement plus clair sur qui il est, où il veut aller et comment il compte le faire. Surtout, le public américain doit se sentir de plus en plus confortable avec l'idée de l'avoir pour Président. 

Quelques cheveux blancs de plus (merci Hurricane Hillary), un costume mieux taillé (moins de galons sur les épaules, mais quelles épaules !), et un discours sans équivoque sur son rapport aux vrais terroristes ("kill Bin Laden")... Obama en impose, il a les idées claires, il est le Commandant en Chef qu'on a envie d'écouter, le leader auquel on a envie de confier la barre dans la tempête.

Inversement, la "vision du futur" de John McCain ressemble de moins en moins à la Maison Blanche. A la limite, une "october surprise" à la Dick Cheney (genre Ben Laden sort un CD de ses greatest hits) ne suffirait pas à le sortir du trou.

McCain a perdu la bataille sur l'économie. McCain a perdu la bataille sur la santé. McCain a perdu la guerre sur l'Irak et l'Afghanistan***...

McCain a tout simplement perdu la guerre en McCainistan.


* le grand perdant du soir : incapable de respecter les règles du jeu (y compris quand McCain a serré la main d'un membre de l'audience), et ridicule sur le coup du prompteur à la fin du débat.
** merci Sarah d'avoir définitivement grillé cette cartouche contre Biden le 2 octobre
*** Il a limité la casse sur la Géorgie de son ami Sakashvili ; drôle de compensation

20081003

Palin dans la peau de Ross Perot


Après quelques jours de fine tuning dans le ranch de McCain à Sedona, AZ, la dernière version de Sarah Palin a été présentée à la presse.

Moins crispé que lors de ses dernières sorties, et désormais autoproclamé expert national sur les questions énergétiques, le Gobernator d'Alaska nous a joué la partition du pitbull mâtiné de Ross Perot.

Quelques clins d'oeil forcés, une floppée de "Maverick" en veux-tu en voilà, et puis un déluge de Joe Six Pack, Hockey Mom, Heck of a lot, mainstreeter, walk-the-walk-talk-the-talk... décochés avec un accent résonnant de façon beaucoup moins "naturelle" que chez George W. Bush (ce fameux "Texan du peuple" élevé avec une cuiller d'argent dans la bouche en Nouvelle Angleterre).

Joe Biden a joué la sobriété. Comme Obama lors du débat précédent**, il a manqué d'incisivité sur l'économie - son adversaire s'inscrivait en plus totalement dans le registre de la "peur" pour gagner l'audience.

Pour le plus grand plaisir de Mme Palin de Main Street Wasilla, AK, Mr Biden s'est parfois embarqué tout seul dans le jargon d'arrière-cuisine des Sénateurs au long cours, et il a une fois de plus gaffé en s'aliénant une partie de sa base sur la question-piège du mariage gay-lesbien (Palin se félicitant de le compter dans son camp), mais il n'a pas mâché ses mots au moment de régler leurs comptes à l'héritage de George W. Bush ("un échec abject") et de son âme damnée Dick Cheney ("le Vice-Président le plus dangereux de l'Histoire").

Surtout, il est apparu comme l'authentique "natural" dans ce débat. Quand le "body language" de Sarah Palin hurlait à l'imposture, son seul moment d'émotion à lui a sonné fort et juste**. Avec lui, le soutien à Israël (un passage obligé dans toute campagne) semble venir du coeur ; avec elle, tout droit d'une brochure de l'AIPAC.

Comme prévu, Sarah Palin a plus que tenu le choc, retrouvant la confiance en soi qui avait dynamisé la base conservatrice il y a un mois. Les comtés reculés sont donc saufs pour le ticket McCain. Reste à rebâtir une dynamique de victoire sur cette nouvelle non-défaite.


* cf "
Premier débat Présidentiel - un air de déjà vu"
** l'équivalent US du "vous n'avez pas le monopole du coeur" : quand Palin joue très basiquement sur la fibre maternelle, lui a la gorge serrée au moment d'évoquer sa responsabilité d'élever seul ses enfants (il avait à l'époque considéré le suicide).

20080928

Un Maverick ou un joueur invétéré ?

Jo Becker et Don van Natta Jr du The New York Times viennent de nous livrer un édifiant papier sur John McCain, ses relations au jeu et à l'industrie du jeu*.

Cet homme est un joueur, et une quarantaine de membres de son équipe de campagne ou de ses principaux donateurs présente des liens étroits avec l'industrie du jeu.

Cela ne surprendra vraiment personne, et explique beaucoup de choses sur le personnage et son comportement, en particulier pendant cette semaine où la chance ne l'a pas vraiment servi (cf son coup de poker manqué sur le plan de sauvetage de Wall Street).

Au-delà du "quoi" (un vice peu glamour pour une personne ayant accès aux codes nucléaires), il convient de se poser la question du timing. Pourquoi ce type de sujets ressort maintenant ?

Les media avaient jusqu'à présent relativement épargné John McCain sur la question du "character". Sa nervosité lors du premier débat ravive certes le spectre de ses colères légendaires, mais je ne serais pas surpris de lire beaucoup de sujets relatifs à la moralité du personnage : un joueur invétéré, coureur de jupons, capable de plaquer sa femme, défigurée par un accident de voiture, pour une plus jeune, plus belle et plus riche... pas vraiment le candidat modèle pour la droite religieuse US.

Cette droite religieuse US ne l'a rallié que grâce à la bénédiction officielle du très theocon George W. Bush à la Convention Républicaine**, et la nomination de la tout aussi illuminée Sarah Palin.

Pour obtenir la nomination, Maverick John a tenté le grand écart entre son passé d'indépendant et un futur totalement soumis à ses ennemis d'hier, et ça commence à se voir. La nullité crasse de Palin aussi : elle n'a accordé que 3 interviews depuis sa nomination contre une centaine pour Biden, et chaque sortie la montre moins crédible et plus fébrile. McCain et Bush devront trouver une sacrée diversion (une petite bombe sur Téhéran ?) pour faire annuler le prochain débat supposé opposer Joe et Sarah***.

Pour peu que les media braquent encore plus les projecteurs sur ses contradictions et sur le profil réellement effrayant de sa colistière, McCain pourrait bien perdre le soutien d'une partie des fondamentalistes sur sa droite, et de sa base indépendante au centre.

Il semble que de plus en plus de Républicains ne voient pas d'un mauvais oeil un échec de ce ticket contre nature : s'ils souhaitent réformer le parti, le purger des théocons et néocons, et accessoirement sauver leur pays, il est préférable que McCain-Palin échoue et si possible lourdement.

Si les media veulent se racheter de leur compromission avec l'administration Bush pendant les années 2002-2006, c'est le moment de faire du journalisme d'investigation et d'éclairer l'électeur US sur qui sont réellement Barack Obama, Joe Biden, John McCain et Sarah Palin.


* cf "
McCain and Team Have Many Ties to Gambling Industry" (NYT 20080928)
** cf "
Le véritable "changement" selon McCain-Palin-Bush " / "Change is coming" and Mac "will fight", but for whom and for what ?"
*** elle pourra néanmoins réciter les mantras pondues par Steve Schmidt sans risquer d'être contredite par son adversaire : les Républicains ont obtenu un format excluant le débat direct pour protéger leur candidate.

---
initialement publié sur blogules VO ("
A Maverick or a Gambler ? ")

20080830

Sarah Palin, le non choix de McCain

Il veut raccoler les déçues d’Hillary ? Prenons une femme. Peu importe si elle incarne tout ce qu’abhorrent les féministes (ex beauty queen, contre l’avortement)*.

Il fête ses 72 ans ? Prenons un jeune, quitte à ne pas être regardant sur l’expérience, principal sujet de ses attaques contre Obama.

Il veut rassurer les conservateurs ? Prenons un chasseur militant NRA géniteur de 5 enfants.

Il veut rassurer les théocons et fondamentalistes ? Prenons un adversaire acharné de l’avortement et de Roe vs Wade. Peu importe si Mac lui même est pro-choice et n’a rallié les adversaires de Roe vs Wade que récemment pour obtenir l’investiture...

Obama a choisi son co-listier sur son jugement et sa capacité à assumer la plus haute charge, sur sa capacité à former un véritable partenariat avec lui. Obama respecte sincèrement Joe Biden et réciproquement.

McCain-Palin ? Ce tandem improbable ne peut tout simplement pas fonctionner.

Mac a toujours méprisé le poste de VP et a fait un choix vilement calculateur**, ou plutôt un non-choix sur le plan stratégique : le "Maverick" a décidé à la dernière minute***, sur un coup de tête, exposant sa posture foncièrement défensive et son absence de vision à long terme.

Mac est en train de perdre sa guerre****. Mac est en train de se perdre.

* à Hillary de mener la campagne pour dénoncer cette imposture, histoire de prouver qu'elle veut vraiment une victoire Démocrate en Novembre, histoire de terminer le travail amorcé pendant la Convention ("Service Minimum")
** ne manque à l'appel que la dimension géographique : Palin n'apportera qu'une poignée de Grands Electeurs de son cher Alaska
*** il ne connait Palin que depuis 6 mois, et très superficiellement (cf "The story behind the Palin surprise" - Jonathan Martin sur Politico 20080829)
**** cf "The McCainistan War"

20080828

Meg Whitman avec McCain ?

John McCain vient d'annoncer qu'il avait fait son choix à la vice-présidence et Meg Whitman redevient populaire auprès des bookmakers.

L'ancien PDG de eBay apporterait deux dimensions-clef au ticket Republicain : une femme pour mieux récuperer les Hillaristes réfractaires à Obama, un dirigeant d'entreprise donnant le pouvoir aux consommateurs pour renforcer le volet économique en période de recession.

Les rumeurs sur Whitman ont commencé avec son retrait de la présidence de eBay, et se sont renforcés avec sa
récente et massive cession des actions qu'elle detenait a sa fondation caritative*. Son profil serait moins polémique que celui de Carly Fiorina, plus orienté GOP-friendly, mais ne résoudrait pas vraiment le déficit de Saint John auprès des fondamentalistes. A defaut, Meg se verrait bien jouer le rôle de Governator de Californie à la place de Schwarzie.

Quel que soit son choix au final, McCain compte le rendre public demain soir, histoire de limiter l'impact du discours de son concurrent à Denver.

Ce dernier a fait une courte apparition en solo aux côtés de son co-listier Joe Biden, nettement moins brillant au pupitre que son fils Beau. La performance de la soirée revient clairement au Big Fella : Bill Clinton a été absolument impeccable dans son soutien à Obama.


John Kerry, le meilleur quasi-président démocrate depuis Roosevelt, a également livré la meilleure charge contre deux hommes qu'il connait bien, George Bush et John McCain :

20080827

Service Minimum

Un hommage aux personnalités de Michelle Obama, Joe Biden et son épouse, rien de franchement chaleureux pour Barack himself : Hillary Clinton a rempli sa mission à l'occasion de la Convention Nationale Démocrate de Denver, mais sans faire plus que le job demandé et dans ce qui ressemblait un peu trop à un discours de sa propre campagne.

Au lieu de pousser crescendo le candidat officiel dans la foulée de Brian Schweitzer (le Gouverneur du Montana avait parfaitement chauffé la salle au préalable), Clinton est revenue en boucle sur elle-même. Parfois, on sentait qu'elle pouvait franchir le pas et faire basculer jusqu'au plus récalcitrant de ses militants : elle a tenu à plusieurs reprises toute la salle avec brio, mais c'était pour mieux revenir à chaque fois sur sa relation personnelle avec ses fidèles, et casser la dynamique unitaire.

A l'inverse, ses appels au vote Obama partaient systématiquement à contre-temps, sans lien logique avec ce qui précédait. Le vote Obama apparait comme un vote contre Bush et un vote pour les Démocrates, pas un vote pour Barack Obama.

Le Sénateur de New York a néanmoins parfaitement maîtrisé son body language, et ordonné à ses troupes de se poser les bonnes questions : ont-elles voté pour Hillary ou pour elles-même, pour leurs proches, pour l'Amérique ? Peuvent-elles voter ensuite McCain et se regarder dans une glace ou pire, confronter le regard de leurs descendants ? "You haven't worked so hard over the last 18 months, or endured the last eight years, to suffer through more failed leadership. No way. No how. No McCain."

Au final : une prestation par moment brillantissime mais insuffisante pour totalement effacer le malaise.

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