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20100129

Jean-François Copé en embuscade

A la suite de la relaxe de Dominique de Villepin dans le cadre de l'affaire Clearstream, Pascal Riché a produit un intéressant "Après Clearstream, le tango à trois de Copé, Villepin et Sarkozy" (Rue89 - 2010128).

L'axe Copé-Villepin fait sens, mais dans ce duo le leader n'est pas celui que l'on croit.

Je n'ai jamais vraiment cru aux chances de Dominique de Villepin pour la course à l'Elysée. S'il tire une gloire légitime à avoir tenu tête à George W. Bush et Nicolas Sarkozy, il s'est définitivement grillé au sein de l'UMP après la dissolution de 97 et le CPE de 07, et je le vois mal mener des troupes à la victoire en 17 (voir mon "
Blogule rouge à Villepin - à éviter en 2017", qui remonte déjà à 2006).

En revanche, Jean-François Copé s'avère un animal politique particulièrement intéressant : il a bien sûr l'ambition qui va bien, mais aussi des atouts assez rares et précieux, comme une intelligence politique portant au-delà du tactique, de l'humour, ou une certaine forme d'empathie (sincère ou non, elle passe bien).

La grande interrogation portait sur ses capacités de chef de meute et de prédateur, et ces dernières années ont apporté pas mal d'enseignements.

Sur le papier, il me parait désormais mieux armé que DSK et bien sûr Bayrou pour fédérer le centre républicain. DSK parait naturellement beaucoup plus présidentiable aujourd'hui, mais a-t-il la capacité à mener une campagne tailléee pour les grands fauves ?

Copé a parfaitement joué le coup sur la burqa : en remettant la patate chaude à l'ordre du jour, il occupe le terrain de la république et du droit au lieu d'un président coincé par les theocons et soucieux de ne pas relancer le débat sur la laïcité avant les élections. Mieux : il interpelle sur sa droite tout en rassurant la gauche républicaine.

Je crois que Sarkozy a beaucoup plus peur de lui que de Villepin. Et je ne serais pas surpris qu'il nous ségolénise l'ancien premier ministre de Chirac pour mieux éliminer ses rivaux les plus dangereux : DSK et Copé.

blogules 2010

* voir "
La farce cachée de Clearstream"

ADDENDUM 20100206

Signalons que ce postounet a été consulté entre autres par l'UMP - je masque en partie l'URL de l'un des visiteurs : mail02.u-m-p.org (194.206.213.***).

Ce qu'il y a d'amusant, c'est que dans les bases de données internet, l'URL est bien attribuée à l'UMP et à son siège (57 rue de la Boétie 75008 Paris), mais l'adresse IP renvoie à un serveur dont le libellé demeure "RPR", avec pour coordonnées l'ancien siège du parti gaullo-chiraquien (2 boulevard de Latour Maubourg, 75017 Paris). Le nom du responsable internet d'alors (Jean-luc TRANCART) ressemble étrangement à celui du DirCom de Suez Environnement d'aujourd'hui, mais il peut ne s'agir que d'une coïncidence.

Peut-être ce post va-t-il aider tout ce beau monde à tourner la page, à actualiser les informations relative à cette vénérable institution (l'Union pour un Mouvement Populaire a tout de même été fondée le 17 novembre 2002), et pourquoi pas à s'intéresser à l'internet autrement que sous l'angle de la propagande ou de la répression.

SM

20091110

Sarkozy (re)fait le mur

Nicolas Sarkozy était-il bien, comme il l'affirme, présent à Berlin le 9 Novembre 1989 juste au moment de la chute du mur, ou le lendemain, comme le confirme Rue89* ? Avec la complicité de son Agence Fausse Presse, blogules apporte les preuves d'une troisième version.

Selon le premier intéressé, pas de doute : notre Petit Pair des Pipoles était parmi les premiers à donner des coups de pioche dans le mur le jour-même, photo à l'appui. "Je suis parti avec mon copain Juppé, j'ai croisé mes amis Madelin et Fillon, mais aussi Clotaire et Alceste. J'ai serré beaucoup de mains et discuté avec plein de Berlinois qui malheureusement, étaient trop excités pour faire l'effort de me répondre en Français".

Le témoignage d'Alain Juppé : "après vérifications, le 10 novembre semble effectivement plus proche de la réalité... Mais peu importe la date, le symbole historique demeure, fort, imposant, droit dans ses bottes."

Le témoignage du photographe Paul Clave : "cette photo je m'en souviens, je l'ai faite le 10 au soir à 22h00*. Les politicards venus se montrer ont posé une minute puis sont retourné au café du coin discuter le bout de gras. Au final, ils auront passé nettement moins de temps à vivre l'événement qu'à étudier les moyens de l'exploiter."

Le témoignage de François Fillon : "J'étais déjà sur place dans le cadre d'une importante conférence internationale, et c'est vrai, j'ai croisé Nicolas. Entre autres. Comprenez-moi : dans les jours qui ont suivi l'événement, j'ai vu tellement de V.I.P. venues se montrer que j'ai du mal à me souvenir quand et où j'ai croisé untel ou unetelle. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, j'ai un pays à gérer."

Le témoignage d'Alain Madelin : "la chute du mur ! Vous croyez que j'allais manquer ça ? La fin du communisme, le triomphe du libéralisme, et vingt ans après Disneyworld à Shanghai, c'est pas beau ? S'il y a eu un quart d'heure où on ne m'a pas pris pour un has been c'est le moment où je suis allé au pied de ce foutu mur... Sarkozy ? Il a pris le train. A l'époque c'est moi qui voyageais en jet privé. Et cet opportuniste a viré sa cuti depuis : il ne jurait que par Thatcher et Reagan et maintenant il prend des marxistes léninistes dans son gouvernement."

Le témoignage de Jean-Louis Borloo : "ouais on en a reparlé tout à l'heure de cet épisode. J'ai vu Sarko débarquer dans mon troquet berlinois le 9 au soir. On s'est jeté quelques bières derrière le col en regardant les sauvageons détruire cette affreuse barre de béton".

Le témoignage de Cécilia Sarkozy : "le 9 novembre 1989, Nicolas et moi avions un dîner en amoureux au Fouquet's - avec Rachida, Johnny, Mireille Mathieu et David Martinon. Nico s'est bien absenté à un moment, mais cinq minutes, histoire de remettre en place sa talonnette droite qui menaçait de se faire la malle."

Le témoignage de Jean-Louis Borloo (2) : "ah ouais Cécilia elle a dit ça ? Mais elle devait avoir un verre de trop la petite : c'est pas cinq minutes mais trois heures qu'il s'est absenté le Nico. Il a fait l'aller-retour express dans la Ferrari de Bolloré, avec Bernard Tapie. Et à y bien réfléchir, il a pas trop touché à sa mousse. Ce soir-là, j'étais la plupart du temps avec Jacques Mellick. Je sais pas pourquoi je les confonds souvent ces deux-là."

Le témoignage de Johnny Hallyday : "Nico il était là, pis il était plus là, pis finalement il était là. Il m'a dit j'ai fait le mur. Je lui ai dit t'as bien raison, moi aussi dès que j'peux je fais le mur, et au minimum trois fois par jûr."

Mais le témoignage le plus accablant vient de François Pinault : "ah ! cette photo, c'est toute une histoire... Le jeune Nicolas a débarqué chez moi le 9 au soir, tout essoufflé. Il avait appris pendant le dîner que le mur de Berlin était tombé et voulait à tout prix une photo de lui pour épater Cécilia. Or il s'était souvenu de ma sculpture en béton de Zbigniew Szgzbwyjezleszszky que j'avais à l'époque dans mon salon... J'ai pris un polaroïd vite fait et il est reparti aussitôt. Le lendemain il m'a appelé pour me remercier : la photo avait fait son petit effet entre le fromage et le dessert."

Témoignage de Jacques Chirac : "François m'avait raconté cet épisode, on avait bien rigolé. Moi je partais pour le Japon : le cinq étoiles, le match de sumo, les sushis à la tête de veau, la valise de dollars... la routine, quoi, alors pas question de changer mon programme pour me peler le jonc à Berlin. J'ai envoyé Alain sur place, et ce petit merdeux est venu jouer les suppléments de bagage. Non mais regardez-le s'empêtrer dans ses délires mythomanes... c'est du Facebook avec un petit "f", et un jour où l'autre ça finit par faire schnapps."

blogules 2009

* "
Nicolas Sarkozy n'était pas à Berlin le 9 Novembre 1989" (Rue89 20091109)

20091005

Les journalistes aboient, la caravane des media passe

Les 3èmes Assises du Journalisme se tiennent à Strasbourg sur fond de mouvements telluriques paradoxaux :

- la convergence triomphe, mais AOL Time Warner redevient "
AOL, Time, Warner"
- les journaux meurent et l'éthique journalistique frise l'extinction, mais le journalisme n'est pas mort
- tout le monde revendique le statut de journaliste, mais le statut de journaliste aujourd'hui, c'est de se retrouver à la rue, à hésiter entre montrer ses Facebook et tapiner jusque sur le perron de l'Elysée*.
- un grand pays ne devrait pas tarder à recruter massivement des journalistes du monde entier, mais pas nécessairement pour faire leur métier : le fonds d'état China Media Capital a été institué pour que des boîtes comme Shanghai Media Group rivalisent rapidement avec les majors internationales (pourquoi pas en rachetant des fleurons comme Time ?)
- ...

Enfin, ce que j'en dis...

Une fois de plus, je ne suis pas journaliste mais auteur. Ces misérables lignes** me servent de défouloir quand je ne produis pas des
objets proto-littéraires à peine plus lisibles.

Dans une vie antérieure (1993-2003), j'ai néanmoins eu l'occasion d'étudier les impacts des nouveaux media sur de nombreux secteurs d'activité, et de constater à chaque fois que si internet / le web a une vertu, c'est bien de forcer chacun et chacune à se poser les bonnes questions sur son propre métier.

Le journaliste n'échappe bien sûr pas à cette évidence, même s'il a résisté un peu plus longtemps que prévu à l'inéluctable remise en cause. A sa décharge : comme on a pu le voir avec Ruppert Murdoch, les moguls à l'ancienne ont persisté dans leur logique jusqu'à très récemment. Et encore aujourd'hui, ils ne considèrent souvent le changement que sous l'angle d'une migration du papier vers la toile, se contentant de demander à leurs journalistes de produire pour les deux supports (plus la video quand ils ont la chance de bien passer à la tévé)....

Qu'est-ce que le métier de journalisme ? Comment le définir de façon intemporelle, quels en sont les dimensions-clef ? Sur quelle partie de la chaîne / du nuage de valeur tel ou tel individu, en fonction de ses qualités propres, a-t-il intérêt à se renforcer, se désengager, ou au contraire à se positionner de façon... inédite ?

Chacun a sa façon de définir son métier par ses fins plus que par ses moyens, à partir d'une vision ou d'une mission plus que d'une technique. Par exemple, en tant qu'auteur, mon métier n'est pas d'écrire mais d'ouvrir des portes pour me créer des courants d'air dans la caboche, écouter ma voix non sonore, éviter de devenir complètement dingue... et laisser entrer, le plus tard possible, cette putain de mort.

Je serais bien infichu de savoir ce qui se passe dans sa caboche du journaliste, même si je me doute bien qu'il se définira au-delà de son seul savoir faire du faire savoir. Si l'on descend sur le plan technique, la qualité de son oeuvre reposera en partie sur sa capacité à :
- Sourcer (sélectionner, vérifier, valider - parfois en faisant le boulot lui-même, parfois en sous-traitant / out-sourçant, voire en crowdsourçant)
- Analyser (un journaliste avec sa propre opinion, ça existe, j'en ai rencontré - d'autres s'en remettent aux commentaires des lecteurs avec la bienveillance des actionnaires - plus juteux pour les revenus publicitaires, moins casse gueule sur le plan juridique... et lorsqu'à l'opposé l'opinion prend le pas sur le reste, le journaliste cesse d'être journaliste pour devenir une star de l'Op-Ed / opinion-editorial - les actionnaires sont là aussi bienveillants, mais avec la trouille de voir la signature changer d'écurie ou s'installer en solo)
- Illustrer (c'est la "majeure" du photojournaliste, du champion du cartoon qui cartonne)
- Composer (le coeur de la mise en forme, pas au sens mécanique du typist, mais noble du compositeur : l'art d'écrire, de mettre en musique, mais aussi parfois de jouer pour un acteur / reporter)
- Editer (la mise en valeur / en page en page du contenu, son inscription dans une ligne éditoriale, mais aussi l'art de polir ou de censurer - une tâche que le journaliste assure toujours en partie, même à l'insu de son plein gré)
- ...

Le journaliste se retrouvant brusquement livré à lui-même, Sans Media Fixe, se voit trop souvent obligé de remonter dans la chaîne de valeur en assurant sa propre diffusion, la promotion et la vente de son contenu. Celui qui reste bien au chaud dans l'écurie, lui, se voit trop souvent obligé de descendre dans la chaîne des valeurs en acceptant la vente de son âme.

Les brebis égarées trouvent parfois des étables de passage, du 2.0 avec une petite touche rétro :
- très eighties pour le HuffPost, avec Arianna Huffington dans le rôle de Larry Hagman ou Joan Collins, mais version côte ouest : son meta-media ouvre le portail pour attirer le maximum de têtes de bétail, plante des derricks tous azimuts pour pomper un barril de plus, et dynamite les montagnes entières pour lever une nouvelle pépite
- plus seventies pour Politico, mais ne dites pas à Ben Smith qu'il ressemble à Robert Redford, j'en ai marre de le voir en tête de gondole.

Parfois, le journaliste aboie quand la caravane des médias passe. Comme Caroline Fourest lorsqu'elle dénonce, au-delà de l'imposteur Tariq Ramadan, un grand media mélangeant délibérément les genres entertainment et debat en ouvrant la porte a toutes les propagandes et désinformations (et ça marche : chaque semaine, Laurent Ruquier continue à faire debat sur son émission… qui consiste en revanche à tourner le débat en ridicule).

Pour les media aussi, il convient de ne pas confondre les risques du métier et les risques encourus lorsque l'on oublie son coeur de métier. Dans un cas on peut parler de malchance, dans l'autre de faute.


blogules 2009


* Attention : le "journalisme citoyen" masque généralement une imposture, mais il y a un saut entre finir à la rue et sur Rue89 (voir "
Journalisme citoyen - témoignage participatif"). Par ailleurs, le perron de l'Elysée n'a rien à envier aux canivaux les plus sordides... Au moins le sarkolâtre officiel assume-t-il sans hypocrisie sa ligne éditoriale : ça facilitera la tâche de ceux qui voudront le tondre à la Libération, le jour où notre Barack Hussein à nous sera élu.

** En fait, pour être totalement transparents, mes
blogules pourraient afficher, à défaut du talent, l'avertissement du Daily Show de Jon Stewart et se définir comme "a news parody - its stories are not fact checked, its reporters are not journalists, and its opinions are not fully thought through". Je préfère parler d'"Armes de Désinformation Massive", en hommage à la période trouble à laquelle ce site a vu le jour (peu avant l'invasion de l'Irak).

*** "
Caroline Fourest répond à Tariq Ramadan" (sce Rue89 20091003)

20090822

"Mein Kampf" et domaine public, salut nazi et salut public

Le manifeste d'Adolph Hitler tombera dans le domaine public le 31 décembre 2015, et la question se pose déjà* de savoir s'il faut maintenir l'interdiction de sa publication en Allemagne, ou en autoriser des éditions encadrées par des notes et préambules rappelant le caractère abject de cette oeuvre comme des crimes commis dans son prolongement.

Il ne s'agit plus seulement de disserter sur une "simple" oeuvre de fiction chargée de racisme et de colonialisme comme l'édition originale de "Tintin au Congo" (déjà à l'origine de nombreuses polémiques), mais sur un programme absolument criminel, responsable de millions de morts.

A mon sens, une oeuvre comme celle d'Hergé ne peut plus être diffusée dans sa version originale, mais ne doit pas pour autant être censurée. Elle doit servir à des fins pédagogiques, ce qui entend pour le lecteur non seulement un avertissement clair en préambule et en conclusion, mais aussi des notes de lecture mettant systématiquement en évidence les éléments condamnables. Cela nuit à la lecture d'une oeuvre de fiction mais justement au profit de l'objectif pédagogique : ce lecteur doit comprendre ce qui pose problème et maintenir une distance avec ce qu'il lit. Il s'agit, sans remettre en cause le talent d'Hergé, de dénoncer un état d'esprit intolérable, un comportement et un type de société que nous souhaitons révolus.

Il serait évidemment tout autant intolérable de comparer RG et AH. Je suis toutefois partisan d'une approche similaire : interdiction de publier l'oeuvre sans un cahier des charges bien précis.

Précision : au-delà de rares extraits, je n'ai pas lu "Mein Kampf". Pour les délires psychotiques je préfère la fiction, et pour comprendre l'origine du fascisme,
je préfère consulter un autre agité du bocal : Mussolini.

Au moins trois éléments semblent à prendre en compte dans cette affaire :
- La chute dans le domaine public
- Le devoir de prohiber l'incitation à la haîne et le révisionnisme
- Le devoir de mémoire et d'enseigner l'histoire

L'entrée dans le domaine public rendra caduque toute interdiction d'une publication déjà très accessible sur la toile. Celui qui veut se procurer le texte maudit y arrivera, et une publicité massive sera faite sur cette... publicité.

Autant prendre les devants pour ne pas laisser le terrain libre aux marchands de haîne, et au contraire exposer l'imposture de la propagande (neo) nazie qui ne manquera pas de proliférer.

Et après tout, d'autres extrémistes n'exploitent-ils pas aujourd'hui des textes bien moins polémiques mais tout aussi sulfureux s'ils sont appréhendés par des esprits pervers ? Certains passages de la Bible ou du Coran pris brut de décoffrage choquent bien plus que les aventures rocongolesques du petit reporter à la houpe.

"Mein Kampf" (avec sa suite "Zweites Buch") constitue un document historique majeur et doit faire l'objet d'un soin particulier. Toutes les analyses ne se valent pas et des "pseudos" chercheurs se feront un plaisir de faire l'hagiographie d'Hitler sous couvert de décrypter son livre fondateur.

Je me demande si une solution acceptable serait de former une commission internationale sous s'autorité des Nations Unies afin de produire une édition pédagogique universelle labellisée UNESCO commercialisée par les Editions de l'UNESCO dans des conditions à définir.

Cette époque a besoin de référentiels clairs pour lutter contre la montée du révisionnisme. L'existence d'une édition au label UNESCO rend de facto les autres éditions "alternatives".

C'est une mission de salut public face au salut nazi.


blogules


* exemple sur Rue89 "
Rééditer Mein Kampf, un mal nécessaire" (20090821)

20090430

"Abus de pouvoir" - François Bayou (gros Plon) - Le Coup d'Etat Permanent V2

Hier, à l'occasion de la sortie d'"Abus de pouvoir", son essai sur la présidence Sarkozy, François Bayrou rendait visite à un David Pujadas visiblement aussi heureux de son scoop que terrorisé à l'idée de commettre un faux pas devant sa hiérarchie.

En fait, la mission du "journaliste" transpirait par tous ses pores : nous on assure juste le minimum syndical pour le temps d'antenne en prime-time histoire de conserver le label "démocratie", et toi tu n'es surtout pas là pour informer sur un non-événement... si polémique il y a, que ce soit sur la personnalité de Bayrou, pas sur les méthodes d'exercice du pouvoir par le Lider Maximo.

Car les dirigeants de France 2 sont prévenus : on ne badine pas impunément avec l'image de Notre Petit Pair des Pipoles. Quand l'Elysée ne traîne pas directement en justice les terroristes commercialisant des poupées vaudou à son effigie (à en croire Sarko, une secte beaucoup plus dangereuse pour la démocratie que les Scientologues), quand elle n'envoie pas une swat team pour intimider un journaliste trop indépendant, elle fait pression sur des tiers pour coller un procès à un media coupable de faire son boulot d'information (les cousins de France 3 ont finalement consenti à porter plainte pour les images "off" révélées par Rue89).

Notre Hyper Hype Président n'a évidemment pas oublié le coup d'éclat de son rival en 2006 face à Claire Chazal* : en guise de lancement de sa campagne présidentielle, Bayrou avait ouvertement dénoncé la mainmise de ses puissants copains sur les media français...

De toute évidence, TF1 n'a pas non plus oublié : "il y a des chaines sur lesquelles je ne suis pas, vous l'aurez observé" a même lâché, goguenard, le Béarnais dans sa seule saillie digne de cet acte majeur de bravitude face à la Grande Muraille de Bling.

Comme l'élève obséquieux les preuves de bonne conduite devant son professeur (de l'autre côté de l'oreillette), David a donc multiplié les attaques directes face à cet improbable Goliath médiatique : son brûlot à charge ne comprendrait que 6-7 pages de propositions par ailleurs très floues, ce ne serait qu'un simple coup "tactique" motivé par la haîne personnelle, de la "politique politicienne" avec en ligne de mire "le second tour des présidentielles 2012"...

Visiblement peu préparé à un tel tir de barrage, Bayrou n'a jamais pu vraiment dérouler son argumentaire :

0) la France va mal, et pas seulement au niveau économique et social. Les Français le sentent clairement, mais ne parviennent pas à formuler précisément leurs inquiétudes... d'où ce bouquin.

1) en fait, la République Française est en danger et son modèle unique est sur le point de perdre ses atouts les plus précieux. L'"égocratie" clanique à la sauce Sarkozy remet même en cause ce principe fondateur : "La France n'accepte pas la loi du plus fort".

2) il devient donc urgentissime de réaffirmer le modèle républicain français et de rétablir les contre-pouvoirs. A fortiori dans de telles circonstances, le droit de vote est un devoir.

3) C'est marrant, y'a des élections dans quelques semaines. Et oh, j'allais oublier : coucou, j'existe. Vous pouvez compter pour moi pour défendre les valeurs de la République. D'ailleurs c'est théoriquement le job du Président...

Enfin je reconstitue le puzzle d'après les rares bribes collectées sous le feu nourri de la mitraillette marionette à talonettes du Sévice Public.

Je n'ai pas lu le bouquin. Mais je me souviens avoir lu il y a une trentaine d'années un exemplaire usé d'un lointain prédécesseur.

En 1964, un autre François avait dénoncé les dérives anti-républicaines d'un autre Président dans un autre pamphlet également paru chez Plon. A l'époque, l'auteur évoquait "Le Coup d'Etat Permanent" au lieu d'un "Abus de pouvoir".

Mais Sarkozy n'est pas de Gaulle.

Et Bayrou n'est pas Mitterrand.

Du moins je l'espère pour lui et pour nous : je n'ai vraiment compris François Mitterrand qu'à la lecture de ces pages où, en totale contradiction avec ses nobles déclarations pro-républicaines, il exsudait une jalousie vénéneuse et un égotisme autocratique proprement terrifiant.

Ambitieux, Bayrou ? Oui, sinon il resterait le cul sur son tracteur au lieu de faire ce métier. Aigri ? Peut-être un peu (on le serait à moins après ce qu'il a subi !)... mais pas au point de perdre le sens des valeurs. Comme l'a confirmé l'épisode d'hier, cet homme joue mieux le rôle de la proie que celui du prédateur.



* voir "
Blogule blanc a Francois Bayrou en access prime time" (20060902)

20090112

Journalisme citoyen - témoignage participatif (commentaires)

Tous les journalistes ne sont pas citoyens, tous les citoyens ne sont pas journalistes, et peu de journalistes citoyens méritent le label... parmi les pros comme parmi les amateurs.

Pour ma part, en "qualité" d'auteur, je refuse fondamentalement le statut de journaliste pour assumer librement mes opinions en toute subjectivité.

La compartimentation journaliste / témoin n'est pas si simple. Récemment, un journaliste de la Beeb est intervenu sur l'antenne en qualité de témoin sous les bombardements à Gaza. Par ailleurs, à quelque stade que ce soit, toute présentation de faits s'avère subjective. Dans le secteur, il y a une tendance générale à confondre le métier, le media, la plateforme et le contenu.


En réalité, c'est plus une question de contexte. A un moment donné, l'info ou l'analyse la plus pertinente est susceptible d'émerger de n'importe où.

Au petit jeu de la compartimentation, le concept d'"Enquêtes Participatives" façon AgoraVox me parait extrême : un "pro" pour synthétiser les contributions, expressément limitées aux seuls faits, de "journalistes citoyens" en réalité réduits au statut de petites mains / search engine bots...

Au petit jeu de la non-compartimentation et de l'ouverture, le Huffington Post a pas mal tiré son épingle du jeu en 2008. Cela reste un modèle assez classique et pas nécessairement pérenne, surtout si le Huff persiste à mettre en avant Arianna. En France, AgoraVox a longtemps bénéficié de la supériorité technique de sa plateforme, mais refuse toujours d'assumer sérieusement le métier d'éditeur. Rue89 capitalise sur une véritable expertise métier au niveau éditorial, où réside l'essentiel de la valeur... et pour le moment, me semble sur une dynamique plus saine.

20081015

Dennis Hopper dit non à Apocalypse Now

Rue89 a eu la gentillesse de transmettre ma question à Dennis Hopper sur le chat maison.

Trad. (aprox.) de la question : "Vous pensez que les Etats-Unis peuvent se permettre de laisser le camp qui a tant insulté les valeurs de ce pays depuis huit ans choisir encore un juge de la Cour Suprême ?" (traduction à l'attention des habitués de mes misérables blogules : "
Apocalypse now, là, tout de suite, ça vous dit ?").

En 24", la question et le début de la ("utterly PC") réponse :

justice


Transcription de la réponse : "Non! Mais surtout, je voudrais dire que nous ruinons notre classe moyenne qui a été la force de l’Amérique. Des millions de personnes perdent leur logement. Des désastres naturels ont laissé des millions de personnes sans eau ni nourriture. Il y a tellement à faire chez nous avant de jouer aux gendarmes du monde. On devrait commencer par là".

L'article et l'intégrale de la vidéo sur "
Be wild ! Dennis Hopper a répondu à vos questions" (20081013)

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