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20160219

La Réforme du Temps de Réponse aux Attentes des Français

Pour 2017, la situation s'est franchement éclaircie : 

1) La gauche ne veut pas de Hollande, le centre de Sarkozy, les talents de demain du Centre, la France de Le Pen, et les écolos de n'importe quel écolo appartenant à une autre chapelle que la leur.

2) Le gouvernement de cohabitation a été remanié autour des derniers gusses se réclamant de gauche et capables de cocher les trois cases suivantes : "n'appellera pas à voter contre les réformes de droite sensées donner à Hollande une chance de se représenter", "ne se présentera pas contre Hollande en 2017", et "est prêt à tout pour obtenir un maroquin, même à lécher toutes les bottes juste après Jean-Vincent Placé"

3) Pour chacun des trois scrutins supposés clarifier la situation d'ici 2017, personne n'est capable de dire aujourd'hui qui sera habilité à voter : le gouvernement à annoncé un référendum sur Notre-Dame-des-Landes sans préciser qui sera concerné, les Républicains une Primaire sans préciser si le Centre sera invité, et les Socialistes la possibilité houellebecquienne d'une Primaire sans préciser si les soumissions seront acceptées.

Donc à ce stade, le candidat le mieux positionné pour remporter les Présidentielles de 2017 en France est sans nul doute Michael Bloomberg.

En attendant que cet archi favori déclare ses intentions, la logique voudrait qu'Emmanuel Macron se présente manu militari face à Manuel Valls et Emmanuelle Mignon aux Primaires des Républicains, Alain Juppé face à François Bayrou aux Primaires du MoDem, et Nicolas Sarkozy face à Marine Le Pen aux Primaires du Rassemblement Patriote (le futur petit nom du FN qui, après avoir dévergondé La Pucelle d'Orléans, cherche à nous fourguer sa version révisionniste du dictionnaire). Montebourg a commandé une perruque de Bernie Sanders, mais n'est pas sûr d'être livré à temps par le concurrent français d'Amazon.com, la bievre point fr. Myriam El Khomri devra quant à elle patienter encore plus longtemps, ayant raté de quelques jours les Primaires du FMI face à Christine Lagarde.

Ayons une pensée pour Laurent Fabius qui, à part l'Elysée, aura fait un grand chelem des honneurs de la Ve République : après avoir servi de colonne vertébrale virtuelle à Flanby, son prochain job consistera, au Con Con, à apporter des oranges à Sarko et des bavoirs à Chirac.

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20151112

Du Flanby, des Soufflés, un Vol au Vent

Le 4 novembre, la communauté française en Corée est venue en nombre (même avec le renfort d'un quarteron d'étudiants bien loin de la retraîte, ça faisait masse) accueillir son président de passage à Séoul après une visite en Chine.

A son habitude, Flanby est arrivé en retard pour livrer un discours aussi inspirant qu'une brève de comptoir. Mais avec un superbe sourire (avec dents), digne de The Artist, voire de 007 (sans cheveux)...:



Francois Hollande in Seoul, flashing his best James Bond smile against The Spectre of French Decline (twitter.com/stephanemot/status/661887580347084804) - also twitter.com/theseoulvillage/status/661775445877112832
... et puis surtout notre César est venu, il a vu, et il a montré son cu... rieux sens du casting:


Francois Hollande in Seoul (twitter.com/theseoulvillage/status/661765263453372416)


Au rayon politique, quelques éléphants roses, du vert, et du gros rouge qui ne tache pas tant que cela:


- Laurent Fabius, ça s'explique: l'ancien PM fait poids pour la Chine (même sans contrepet), et les affaires étrangères sont son domaine.

- Marisol Touraine silencieuse aux côtés du Lider Minimo sur le devant de la scène, ça s'explique: El Mou a lourdement insisté sur les accords d'échanges étudiants et l'importance de l'éducation pour les Français de Corée.

- Ségolène Royal (à propos de laquelle son ex a précisé "quand elle veut quelque chose, elle l'obtient") dans l'ombre, ça s'explique: la COP21 s'approche, mais Ségo est arrivée en retarditude. Sur le chemin, elle a en revanche parfaitement capté les projecteurs en passant juste derrière le prèze, enveloppée dans une sorte d'épaisse tapisserie cousue d'or fin.

- Robert Hue à dia, ça s'explique: il est non seulement Politiquement Correct vu de Beijing, mais Vice-président de la commission des Affaires Etrangères et de la Défense, Vice-président du groupe interparlementaire d’amitié France-République populaire de Chine, et ministrable. Et puis il était déjà venu en 2013 avec Ayrault, et il avait fait valider son ticket dès janvier dernier en déclarant que la Chine n'était pas une dictature

- Jean-Marie Le Guen loin de l'assemblée, ça s'explique: ce ministre serait ministrable dans un autre ministère, la Défense. Quitte à oublier son passé de dirigeant de l'Asociation des Amitiés France-Taiwan...

- Jean-Vincent Placé sur la photo, ça s'explique: il est non seulement ministrable, mais à l'instar de sa voisine, un quasi régional de l'étape. J'en profite pour dire que je trouve cet humain nettement plus sympathique depuis qu'il a ouvert son coeur à la Corée.
- Fleur Pellerin, c'est une évidence: sa double étiquette culture et communication la plaçait au coeur de l'actualité avec entre autres des annonces sur le numérique et les années Corée-France / France-Corée...*

Au rayon business, inutile de préciser que Guimauve le Conquérant s'est déplacé avec une délégation conséquente, avec Louis Gallois en tête de gondole. On notera que les chaebol n'ont pas envoyé leur famille royale pour rencontrer le Président, sauf CHO Yang-ho, le patron de Korean Air, décoré Grand Officier de la Légion d'Honneur. 

Là aussi, ça s'explique: il dirige les années culturelles entre les deux pays (2015-2016). Notons que sa fille CHO Hyun-ah était très impliquée avant sa tristement célèbre "nut rage", que le seul Coréen ayant reçu cette décoration auparavant était CHO Choong-hoon, père de CHO Yang-ho, et fondateur de ce groupe très francophile, et que courant octobre, Airbus a donné un chèque à la compagnie pour la remercier d'avoir été son premier client hors d'Europe, un geste pour le moins surprenant de la part d'un fournisseur...

"It's all about you", François? Flanby aurait vraiment besoin de bonnes ailes pour décoller dans les sondages d'ici 2017...

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* au passage, gros succès de KIM Jungman à Cernuschi. Je suis passé au vernissage la veille de la Nuit Blanche, où 5,000 visiteurs sont passés voir ses oeuvres dont ce monumental paysage autour duquel l'escalier semble avoir été construit spécialement: 
Monumental: Kim Jungman vernissage at Musee Cernuschi Paris, ahead of tomorrow's Nuit Blanche (twitter.com/theseoulvillage/status/650042178367025152)

20130112

Guignol à Kolwezi

Maintenant que Sarkozy, La Grande Finance et Gérard Depardieu sont allés s'exiler au Qatar, au Royaume-Uni et en Russie, Guignol ne sait plus où donner du bâton. Flanby règlerait bien son affaire au chômage, mais il s'obstine à taper sur les mauvaises cibles. Et Gnafron n'a pas encore dégrisé des dernières fêtes de l'UDI pour l'aider à y voir plus clair. Flageolet, lui, pète la forme dans les sondages, mais il vole de ses propres ailes... pire: avec cette abominable affaire de militantes kurdes assassinées en plein Paris, Valls le superflic a encore l'occasion de lui faire de l'ombre.

Toute l'assistance s'époumonne à alerter Guignol sur un très très vilain personnage, Bashar el Assad. Mais notre héros semble vouloir regarder partout sauf au beau milieu de la scène internationale. Fidèle à sa ligne fuyante directrice, le procrastinateur en chef attend que la situation dégénère au point de non retour pour envisager de penser à l'action (je dis bien "penser", pas "passer").

Le point de non-retour a été franchi par al Qaeda au Mali, obligeant Mr Trierweiler à abandonner sa posture d'autruche.

Enfin... Rien de tel qu'une bonne guerre pour regonfler une côte de popularité.

A condition de soigner son look présidentiel.

Et là, manque de bol, au pupitre, François Hollande évoque plutôt le maire d'une obscure commune rurale soulevant l'épineux problème de la recrudescence du braconnage sur les terres du père Foutrac. Même Giscard avait fait mieux pour Kolwezi, c'est tout dire.

Rien n'y fait: Flany n'est toujours pas habité par la fonction, et ça se voit. Se cacher derrière son petit doigt, il sait faire, mais il en faut plus pour animer la marionnette.

A côté de lui, Laurent Fabius donnerait presque l'impression d'avoir la carrure d'un premier ministre (!) - laissez lui quelques semaines, disons d'ici le prochain Salon des Antiquaires, et Fafa va nous faire une petite chiraquerie taïno à la sauce Dogon, vous pariez?


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20120510

Flanby au Grand Palais

Notre Agence Fausse Presse a récemment coincé* le nouveau Président de la République Française à l'exposition Monumenta, au Grand Palais. Une interview exclusive, sans fard, et même sans far breton s'agissant de notre Flanby national:

blogules: "Monsieur le Président, merci de nous consacrer votre premier entretien..."

François Hollande: "Alors là je vous arrête tout de suite."

- "Comment ça? Vous avez viré votre cuti à propos des méthodes Guéant?"

- "Rassurez-vous, bien au contraire, je souhaitais simplement vous demander de ne pas m'appeler 'Monsieur le Président'. Je compte rester normal, voyez-vous. Un simple 'François' fera parfaitement l'affaire."

- "Très bien François. Fort joli prénom, d'ailleurs, pour un président socialiste."

- "Permettez-moi de vous passer de nouveau les menottes: je suis le président de tous les Français, pas un 'président socialiste'. Je ne suis plus socialite, et ne l'ai d'ailleurs jamais été."


- "Un peu comme François Mitterrand, en somme."

- "Exactement: comme François Mitterrand, mon modèle, celui sur lequel j'ai calqué mes pas pour cette campagne."

- "Sans vergogne, à ce qu'on a vu et entendu: vous avez été jusqu'à utiliser les mêmes faux râclements de gorge dans vos discours."

- "Je sais, ça sonnait aussi faux que chez l'original, mais les militants n'y voient que du feu. Pour autant, ne comptez pas sur moi pour entretenir les flanbylâtres ou pour organiser des escalades annuelles de la roche de Tulle avec tout le gratin de Solferino. Déjà que je dois me cogner Buren avec le père Lang... Non mais vous avez vu le machin? Avec toutes ces rayures et tous ces papiers bonbon on dirait Jeff Koons à Alcatraz. Je crains le pire pour le 3e François de la Ve République. Ce type est capable de nous sortir les Dalton version Hello Kitty."

- "Chut, pas si fort, vous risquez de donner des idées à Delanoë... Enfin heureusement pour vous le cirque est bientôt terminé, et vous allez pouvoir vous libérer du modèle Mitterrand."

- "Si seulement vous pouviez avoir raison ! Hélas tout ne fait que commencer."

- "Comment cela? Vous ne nous cacheriez pas une Mazarine ou un vilain crabe, par hasard?

- "Pas que je sache, non. Je faisais référence à mes premiers ministres."

- "VOS premiers ministres?"

- "Bien sûr. D'abord je dois commencer par Pierre Mauroy."

- "Vous n'allez tout de même pas..."

- "Si j'ai le sens du sacrifice, je ne suis pas suicidaire. Mon Pierre Mauroy à moi c'est Jean-Marc Ayrault. L'homme d'appareil à la tête d'une grande ville de province, plutôt conservateur de gauche. Et deux ans après je lance Manuel Valls. Et que je te flingue le jeune ambitieux de service en lui collant la responsabilité d'assumer la rigueur ! Fabius II le Retour !"

- "Aaaah, d'accord... si je vous suis bien, vous enchaînez ensuite avec une cohabitation. Mais maintenant, avec le quinquennat collé sur les législatives, ça ne peut plus marcher."

- "Vous pensez bien que j'ai prévu le coup. Je dissouds l'assemblée dans ma quatrième année, la droite gagne et envoie son Chirac du moment à Matignon. Fillon refusera, mais Copé est suffisamment aveuglément ambitieux pour tomber dans le panneau et se faire sanctionner pour mon bilan en 2017."

- "Brillant! Vous prenez alors Martine Aubry, votre meilleur ennemi, dans le rôle de Rocard..."

- "... puis Ségolène dans celui de Cresson. Vous voyez que vous pouvez y arriver ! Le plus dur, ce sera de choisir le Bérégovoy que je ferai suicider."

- "Un choix humainement difficile, en effet."

- "Surhumain vous voulez dire. Essayez de trouver un brave gars qui s'est construit tout seul et soucieux de l'intérêt général au bureau national du PS."

- "Là-dessus, re-dissolution et re-cohabitation... Et vous voyez qui, dans les mocassins de Balladur?"

- "C'est là mon principal problème. Je n'ai pas encore trouvé le Judas du chef de l'opposition en 2022. Dans le rôle du traître, je verrais bien Eric Besson, mais..."

- "... laissez-moi deviner: ça pourra jamais coller pour le côté 'ami de 30 ans'".

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* Aux toilettes hommes, c'était le seul moyen d'échapper à la surveillance de Valérie Trierweiler.

20120504

Moi Président de la République gonflé à l'hélium

. Si vous avez loupé le débat d'entre-deux tours, voilà ce qu'il convient de retenir:

- David Pujadas a été le meilleur, c'est tout dire
- Seule Laurence Ferrari n'a pas vu le temps passer: quand elle annonçait la fin de la première heure de débat, elle oubliait de faire l'addition des compteurs de temps des deux candidats (effectivement, 1 heure chacun)
- sans doute bercé par cette Pimprenelle et le Nounours lui faisant face, Nicolas Sarkozy a terminé à moitié endormi, remerciant ses électeurs du premier tour pour leur fidélité, et invitant ceux de François Bayrou et Marine Le Pen à zapper pour ORTF1
- François Hollande a terminé sur une tirade absolument pas improvisée et à l'image de sa non-campagne avec un ton sonnant archi-faux, une mantra destinée à nous asséner la triste vérité: il faut vous y faire les gars, et même moi j'ai du mal à y croire, mais c'est ma tronche qui va décorer toutes les mairies de France. C'est toujours mieux que celle du clebs de Villepin, qui aurait également raflé la mise s'il s'était retrouvé au second tour face à Sarko. Des "Moi Président de la République" je pouvais vous en débiter 175.200, autant que les quarts d'heure warholiens que je viens de gagner au loto.

. Si vous avez loupé mes réactions en ligne:

3 mai 2012

"9h54. Fin du Classico en differe sur TV5monde. Comme prevu, un mauvais zero-zero. A la base, il ne fallait pas attendre Hollande ou Sarkozy comme le Messi."

(...)

"Beaucoup de tirs sur les poteaux aussi (ex Manuel Valls, Laurent Fabius...). Match difficilement gerable avec 60 millions d'arbitres (trop permissifs selons certains, trop laxistes selon d'autres, qui voudraient plus d'expulsions).
A ce niveau d'indigence pour le jeu, notre indice UEFA n'est pas pret de remonter.
Et si personne n'arrive a marquer alors que la rigueur n'est pas encore vraiment en place, ce 0-0 en annonce d'autres."

(...)

4 mai 2012

"La seule promesse que Hollande tiendra, c'est de debarrasser le pays de Sarkozy, et je concois que cela suffise a certains. Le plus tot il engagera les reformes qu'il refuse d'envisager, le mieux le pays se portera. Mais est-il seulement capable de se changer lui-meme? En 10 ans Hollande n'a jamais cherche a reformer le PS - au grand desespoir de Rocard. Et au vu de sa gestion des cas Guerini et Banon, ce sympatique imposteur n'a aucune lecon de morale et de courage a donner. Bayrou a pris la seule decision possible pour lui. Ce n'est pas la mienne: comme le vainqueur devra necessairement revoir sa copie, je lui offre la page blanche."

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20120127

Hollande pense a la Presidence en me rasant

La semaine Hollande a culminé hier soir avec le duel tant attendu sur France 2: non pas Pujadas face à son incompetence, cet éternel classique odieux-visuel, mais le president de dans trois mois face à celui qui était taillé pour le job.

Il fut un temps où j'avais de l'affection pour François Hollande, ce bonhomme libre, debout, certes maqué avec un drôle de numéro, mais plutôt rafraichissant dans le paysage. Puis FH a révélé sa nature en "qualité" de dirigeant de parti: non seulement incapable de réformer le PS, mais responsable de son enkystement, ajoutant à la culture de la procrastination de graves lacunes morales (Tristane Banon,Jean-Noël Guérini...).

Ces derniers temps, Hollande commençait sérieusement à m'irriter avec ses pseudos accents mitterrandiens, ces râclements de gorge à la tribune à peine plus forcés que ceux du Fabius des eighties, et surtout ce ton faux à chaque fois qu'il joue la carte de la compassion.

Hier, il m'a franchement énervé. Cet homme ne me convainc pas parce que fondamentalement lui-même n'est pas convaincu. Il joue un rôle pour être élu, mais ne porte ni un projet ni une vision.

Bien sûr, j'adhère à son discours républicain, à sa défense de la Loi de 1905, notre Roe v. Wade à nous. Bien sûr, je voterai pour lui dans le cas fort probable où il se retrouverait au second tour face à Marine Le Pen. Tiens, je lui accorde même le bénéfice du doute sur sa capacité à présider un conseil des ministres, lui qui n'en a jamais vu le moindre autrement qu'à la télé, lui qui n'a même pas réussi à faire bouger une poignée d'éléphants sur le déclin. Je n'irai pas jusqu'à le croire capable de faire bouger d'autres chefs d'état sur des sujets qui fâchent, mais peut-être une France en troisième division politique et économique vaut-elle mieux qu'une France en faillite morale.

Mais fondamentalement, cet homme n'est clairement pas prêt pour le job. S'il a bien tenté de nous convaincre du contraire hier, de faire semblant de tomber le masque le week-end dernier, il demeure trop loin du compte. Rien à voir avec ses (probables) prédécesseurs, ou même avec le Bayrou de 2007.

Plus grave: tant que ce PS n'aura pas fait sa propre réforme, il sera incapable de mener à bien les réformes dont le pays a besoin. C'est triste à dire mais s'il fallait faire une comparaison avec les Etats-Unis, politiquement,ce Parti Socialiste tient aujourd'hui beaucoup plus du Parti Républicain que du Parti Démocrate. Les Démocrates US ont fait leur révolution culturelle il y a déjà 20 ans, j'attends toujours de ce côté-ci de l'Atlantique.

Le programme présenté ces derniers temps confirme l'impasse idéologique: on sent bien un progrès vers la social-démocratie et le pragmatisme, mais l'équation ne tient toujours pas la route. La France va encore faire fuir ses derniers créateurs de richesse, plomber ce qu'il reste de classes moyennes, et reprendre la fuite en avant budgétaire. Ce pays a besoin d'un leader avec une véritable appétence pour l'innovation, pas d'un frein au progrès.

Je le rappelle (voir "
Ballots-centre"), sur le fond, cette élection se jouera sur les valeurs républicaines, et non sur l'économie. Et à ce petit jeu, François Bayrou reste le candidat le plus cohérent et le plus constant. Et si à la fin février Sarko reste à 20 points de Hollande dans les sondages, le patron du MoDem aura l'occasion de s'imposer comme le champion des républicains.

Hier soir, ce rôle était joué par Alain Juppé, peu crédible comme défenseur du candidat Sarkozy mais impeccable en Président idéal. Un stratège enfin détendu et apaisé, en contraste saisissant face à un imposteur pas encore dans la peau de l'emploi.

Clairement, François Hollande pense à la Présidence en me rasant.

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20070708

DSK@imf.org - blogule blanc a l'ouverture

Finement joué : Sarko caresse les éléphants dans le sens du poil en offrant le FMI à DSK et le champ libre à Fabius. Même Jack Lang se voit élever au rang de grand constitutionaliste - et l'Elysée de rappeler que le chantre de la fête de la musique, du cinema et de la tontolâtrie avait orienté sa formation sur cet obscur mais noble versant de la politique...

Les dépités UMP grondent : en jachère la tête du parti, aux grognards les votes utiles à l'Assemblée (au pilori ceux qui n'obéissent pas aux consignes), et aux lieutenants de l'ennemi les bâtons de maréchaux.

Mais justement : si la République de Sarkosie empire, c'est à ces maréchaux que l'on finira par couper la tête. Ouverture oui, mais ouverture de la chasse, avec les rabatteurs pour lever les pigeons, les appeaux pour attirer les mâles en rut de pouvoir, et les fusils postés aux points stratégiques du Château pour dégommer ceux qui se sentiront pousser des ailes...

La cohabitation nouvelle formule n'a pas fini de nous surprendre.

20070507

Sarko triomphe - Blogule blanc aux reformes

Après le non à l'extrème droite en 2002 et le non à l'Europe en 2005, la France a fini par dire oui aux réformes. Afin d'appliquer son ambitieux programme, Nicolas Sarkozy doit maintenant obtenir une majorité claire à l'Assemblée. Et ces élections promettent un tournant important dans la politique française.

Dès jeudi prochain, François Bayrou saura si son nouveau Mouvement Démocrate parviendra à conserver son aile centre droit et les élus UDF refusant de joindre l'opposition.
Mais dès hier soir, un surréaliste remake des primaires a commencé au PS. Et cette fois-ci, promis juré, on se dit tout direct et sans langue de bois. A part pour Ségo, naturellement : la candidate refuse comme prévu d'admettre son propre échec et l'échec de l'indécision idéologique - elle revendique même le leadership de la gauche dans le prolongement de sa campagne centrée sur sa seule image et le seul refus de Sarkozy. Laurent Fabius, a comme prévu, dénoncé sa campagne en solo et appelé au rapprochement de la gauche de la gauche, dont il se définit comme le centre. Dominique Strauss-Kahn a, comme prévu, dénoncé la vacuité de la candidate et le refus du parti de se réformer, de clarifier sa vision et son idéologie, rappelant sa propre "disponibilité" à l'engager sur la voie de la modernité et de la social démocratie.
Dès hier soir également, l'extrème gauche révolutionnaire, adoubée par les appels pour le moins risqués à la résistance de Ségo en dernière semaine, a commencé à tester les autorités et la police, provoquant des incidents mineurs dans des villes majeures. Olivier Besancenot a marqué des points dans les urnes et compte bien préempter la rue et l'opposition radicale à quelque réforme que ce soit.
Dès hier soir toujours, Jean-Marie Le Pen est mort politiquement. Sarkozy l'avait déjà blessé mortellement avant le premier tour, conduisant une bonne partie de ses électeurs sur la voie de la république... mais le vieux leader extrémiste s'est tiré dessus tout seul avant le deuxième tour, appelant à une abstention massive et obtenant une participation record.

Pendant ce temps-là, Sarko s'élève au-dessus du noeud de vipères et prend quelques jours pour se débarrasser de sa peau de candidat. Il a déjà pris la posture présidentielle dans un discours brillant (je parle de son concert Salle Gaveau, pas de sa guinguette Place de la République avec la crème de la chanson ringuarde, après un habile placement produit du dernier palace de son copain baulois Lucien Barrière - à peine moins discret que la soirée Pinault de Chichi en 1995).
Sarkozy a brillamment parlé au monde (à l'exception notable du Moyen Orient et de l'Asie mais ne boudons pas notre plaisir), et Sarkozy a brillamment parlé du respect.
Le pouvoir il le voulait il l'a désormais, à lui de prouver sa capacité à changer. Le pays comme lui-même. Je serai particulièrement vigilant sur sa notion du respect de la séparation des pouvoirs (exécutif - législatif, exécutif - judiciaire, exécutif - médias, temporel - intemporel...).

20070427

Blogule blanc a l'autre pacte presidentiel

Le feuilleton du débat Bayrou-Royal et le vrai-faux rendez-vous sur Canal+, iTele et France Inter font le jeu de tout le monde sauf des Français : Sarko peut se gausser de ses rivaux, Bayrou clamer tenir la preuve éclatante de la Berlusconite aigüe du Petit Nicolas, et Ségolène se draper dans le linceuil des martyrs pour mieux masquer son soulagement d'éviter le débat de trop.

Mais si une personne a "le cul entre deux chaises" aujourd'hui, c'est bien Ségolène Royal - en s'engageant sans filet dans le fameux débat avec Bayrou, elle s'est stupidement contrainte à répondre au pire moment (entre les 2 tours) à la question qui tue le PS : réactionnaire ou réformateur ? archaïque ou moderne ? Fabius ou Strauss Kahn ? Eluder le débat demeure la seule voie possible pour Ségo. C'est ce qui l'a permis de tromper la masse inculte des militants PS aux primaires, et de récupérer les "votes utiles" au premier tour.
Ce candidat fuyant est enfin obligée de faire un choix et de dévoiler le fond de sa pensée aux électeurs... il serait grand temps.

Le "pacte présidentiel" à géométrie variable de Royal n'est qu'un vide poche où s'accumulent les inepties à mesure qu'elle brasse les vents d'est, d'ouest, du nord et du sud.
A choisir, je préfère celui de Sarkozy : son programme tient la route, son équipe aussi, et son pacte présidentiel n'est pas un pacte avec le diable mais au contraire un pacte contre ses propres démons
: si la social démocratie de droite l'a rallié massivement, c'est tardivement et sous conditions. Sarko sait pertinement que s'il dérape, des "hommes libres" comme Borloo et Barnier, mais aussi toute la Chiraquie du centre et la quasi totalité de sa dream team iront voir ailleurs. Sans doute pour se poser sur "la troisième chaise" chère à Bayrou.

20070316

Qui connait Madame Royal ? Blogule blanc a Eric Besson !

Ségolène Royal a pu mesurer l'impact du "soutien" des éléphants dans sa campagne. Un soutien subi d'un côté comme de l'autre et ça s'est immédiatement ressenti. Dans les esprits* et dans les sondages.
Alors Ségolène décide de "reprendre sa liberté". Une façon comme une autre de positiver un échec annoncé. Parce que ce candidat n'est pas fait pour mener le Parti Socialiste. Il serait bien plus à l'aise dans un groupe comme le Front National, tout à la gloire d'un individu et où les seuls courants tolèrés restent les colleurs d'affiches d'autres partis, dans le cadre de ce jeu potache où l'on lance à leur poursuite des skinheads armés de battes de baseball.

J'avais senti quelque chose de Poutine dans son caractère** mais c'était lui faire trop d'honneur (à Ségo, pas à Vlad l'Empaleur). Je persiste cependant à croire que pour elle aussi, l'humain est accessoire, qu'elle n'écoute que ce qu'elle veut entendre. Humilié en public, Eric Besson se fend d'un témoignage édifiant sur la vacuité et la dangerosité du personnage. Une ancienne assistante traînée dans la boue par la présidente de la région PC (Poitou Charente, pas Colonel Fabien) en avait fait autant il y a quelques mois.

Ce serait rendre service au PS que d'autres voix s'élèvent de ses rangs pour préserver ce qui peut encore l'être en disant, comme Besson : "Je pense en conscience que Ségolène Royal ne doit pas devenir présidente de la République. Je ne le souhaite pas pour mon pays. Je le redoute pour mes enfants." Ni DSK ni Fabius ne pouvant jouer (ni ne voulant assumer) ce rôle de matador, il est peut être temps de ressortir l'appel des passionarias prévu au cas où...

La plus belle réalisation de la carrière de Royal pourrait bien être d'avoir servi de catalyseur à la nécessaire réforme de ce parti. Faisons en sorte que ce ne soit pas au prix de la ruine du pays.

Je souhaite sincèrement une présidente à la France, mais pas ce président-là, pas ce personnage-là. Le PS devrait avoir retenu la leçon Edith Cresson : un mauvais casting desservirait durablement la cause féminine.


* les bons comme les mauvais, cf "Désir d'avenir ou envie de Jospin ? Blogule rouge au cimetière des éléphants" (20070223)
** cf "
Blogule rose à Ségolène Royal - courage fuyons" (20061102)

20070314

Blogule blanc au choc des a-civilisations

Le PS est mort le 29 mai 2005. Je l'ai dit et Rocard l'a répété*, il ne reste plus aux Pieds Nickelés des dernières primaires qu'à procéder à l'exécution en bonne et dûe forme.
Dominique Strauss Kahn sait le PS incurable et prépare déjà 2012. Le vaisseau doit nécessairement se scinder en deux et lui se pose en candidat pour la section réformiste.
Laurent Fabius, lui, compte récupérer l'aile gauche du parti. Enfin "gauche"... disons plutôt maladroite, irrécupérable et ultra conservatrice. Bébé Cadum cherchera aussi à absorber ce qu'il restera du PCF et des groupuscules altermondialistes. Il risque surtout de créer un parti Vert bis, où les Trotskystes ne seront pas les derniers à semer la zizanie. Cela risque de s'apparenter à de l'entrisme dans une auberge espagnole, autant dire de l'entrisme dans la dernière demeure, façon "entre ici, Jean Moulin".
Ségolène Royal, elle, doit composer avec les derniers intellectuels debout : Jeanne Moreau et Emmanuelle Béart, la version féminine du duo Johnny Hallyday - Doc Gynéco... bonjour le choc des a-civilisations.
Les théoriciens dits de gauche ? Muets, deshérités au sens propre du terme : ils se laissent impassiblement déposséder de leur héritage. Alors que l'analyse de Marx n'a jamais autant été d'actualité*, ce n'est pas dans sa famille qu'il faudra trouver les bons praticiens : la gauche française n'a pas réformé sa pensée depuis le XIXe siècle et si elle ne le fait pas maintenant, d'autres le feront pour elle. Ceux qui se contentent de rabacher les mêmes mantras n'ont même pas le mérite des néoconservateurs américains, qui font au moins l'effort de changer l'emballage et les formulations. Ces ringards peuvent rejoindre Fabius, personne ne les pleurera.
Ségolène Royal n'est pas encore ringarde. Elle reste debout, mais son programme se résume à "je suis une femme, les Français veulent une femme présidente, votez pour moi ou vous êtes un ignoble phallo". Les idées ? Pas son truc - demandez plutôt à son âme damnée, une Trotskiste pur jus. Le combat ? Pas son truc non plus - Ségo lutte seule, ne mène pas ses troupes. Son seul moteur demeure l'opinion des autres et tant que ça tiendra, elle restera debout.
Paradoxalement, elle peut tenir jusqu'au second tour. Surtout si Sarkozy poursuit sa campagne suicidaire en remettant Le Pen dans la course pour flinguer Bayrou.
Une semaine après la publication de la liste finale des candidats, on devrait y voir plus clair. Si Bayrou reste au-dessus des 20% il a une forte chance de se retrouver au second tour. Si Le Pen se rapproche de la même barre, Royal aura moins de mal à provoquer l'union sacrée et à se qualifier pour la finale et des deux favoris, Sarko aura le plus à perdre.

Le Petit Nicolas risque beaucoup à jouer ainsi l'apprenti sorcier : le FN est certes un esprit malin capable de provoquer un retour d'amour dans une campagne délicate ou jeter un mauvais sort à la partie adverse, mais il peut aussi se retourner contre celui qui l'invoque, et tout le monde n'a pas les talents de marabout de François Mitterrand.


* cf "
Blogule rouge aux occasions perdues" (20060607) et "Blogule blanc a Michel Rocard - si six cent six scissions" (20060824)
** cf "
The end of financial safe havens - Red blogule to speculation" (20070303)

20070223

Desir d'avenir ou envie de Jospin ? Blogule rouge au cimetiere des elephants

Le changement en 2007, ce serait donc de revenir en l'an 1997 où, lassée de subir de nécessaires réformes et de voir les comptes de l'Etat s'améliorer, la France s'était jetée dans les bras des 35 heures. Une drogue dure aux effets pervers : à la sensation de planer et de libérer l'emploi succède irrémédiablement une phase autodestructive de paupérisation et de stress intensif au boulot, pour ceux qui l'ont conservé.
Ordoncques, Ségolène Royal décide de dresser une table ronde avec 13 couverts de ridicule : Lionel Jospin l'austère qui se barre mais a cet inextingible désir de revenir, Laurent Fabius le pseudo-crypto-archaïque qui a exhumé un vieil opuscule de Marx-Engels dans les réserves de son papa antiquaire, Dominique Strauss-Kahn l'alibi réformateur obligé d'entrer dans la photo de famille pour faire passer la pilule de la démission de l'économiste renégat Eric Besson... Ne manquent à l'appel que Michel Rocard (en dépit des efforts d'Olivier Besancenot, le 4e âge n'est pas encore au centre de la campagne) François Mitterrand et Pierre Mendes-France. Léon Blum et Jean Jaurès ont été excusés, étant déjà mobilisés sur un meeting concurrent.

Le jury participatif est enfin en place.
Bizarre autant qu'étrange : le candidat officiel du PS semble avoir quitté le fauteuil du procureur pour le banc des accusés.

20070212

Le paraitre et le neant - Blogule rouge a Segolene

Ségolène Royal est éminément prévisible. Tout de blanc vêtue lorsqu'elle joue la carte de la pureté, elle se pare de cuir noir pour feindre la dûreté. Elle ne pouvait choisir que le rouge pour séduire la base de gauche et ça n'a pas manqué.
Sur la forme, tous les codes ségoliens ont d'ailleurs été exploités hier. Comme lors des débats internes, elle signifie la détermination en élevant le ton et l'émotion en se tenant le ventre et en rappelant son statut de mère.
Et comme d'habitude, tout a sonné faux. Fabriqué. Même après cette démonstration supposée de force, je ne vois pas encore un candidat "habité" par ses convictions, alors que Bayrou, Sarko, ou même Buffet sont déjà clairement dans cette zone. Ne pas avoir convaincu sa propre base y contribue mais ne suffit pas à tout expliquer. Je ne vois toujours qu'un personnage de façade, et je suis toujours incapable de dire si cette façade masque un vide sidéral, un être manipulateur et inquiétant, ou un mélange des deux.
Nicolas Sarkozy continue à m'inquiéter mais pour d'autres raisons. Je ne doute pas de sa capacité à améliorer une situation économique que l'entourage de Ségolène a déjà prouvé sa capacité à gréver. Le Petit Nicolas a tout à fait le droit de rééquilibrer les relations internationales de la France avec les Etats-Unis et Israël, deux pays amis. Je crains toutefois qu'il ne prête une oreille trop généreuse à ces fondamentalistes dont j'ai si souvent dénoncé l'agenda dans ces lignes. Je n'apprécie pas plus ses tentatives de supprimer les garde-fous de la République contre le développement des sectes, ou pour la défense des principes de laïcité.
Mais je n'ai pas de doute sur la personnalité de Sarkozy, qui se lit comme un livre ouvert.
Hier, il attaquait son principal rival au premier tour sur son propre terrain : l'homme au-delà des partis et des clivages ne serait pas François Bayrou mais Saint Nicolas en personne. Il a en revanche contré Ségolène sur son point faible : les convictions. On connait les préférences du président de l'UMP en matière de fiscalité, d'Europe ou d'orthodoxie budgétaire, trois points soigneusement éludés par Sainte Ségo dans sa reconquête mitterrandienne du peuple de gauche.
La fiscalité ? Royal avait déminé le terrain la veille de son grand raout en recevant symboliquement une clef DSK des mains de USB, à moins que ce ne soit l'inverse. L'Europe ? Le sourire narquois de Fabius en disait long hier : ma présence contre ton silence, tu achètes ? L'orthodoxie budgétaire ? Terra Incognita de l'extrème gauche, à éviter comme la peste. Mieux vaut reprendre les termes, les promesses et même la gestuelle de Saint François, pour le coup un vrai maître dans l'art de l'imposture (le Sphynx, pas Flanby).

Hier, je n'ai pas découvert le programme de Ségolène Royal. J'ai simplement assisté à une parodie de caricature de remake de la prequel du 10 mai 1981.

20061102

Blogule rose a Segolene Royal - courage fuyons

Plus les primaires socialistes avancent, plus le candidat Ségo m'inquiète. Pour résumer, les débats internes au PS ont révélé trois personnalités : d'un côté un imposteur d'autant moins convainquant qu'il n'est pas convaincu par les idées qu'il a pompées à d'autres (Fabius), à l'autre extrême un homme cohérent et convaincu mais trop fin pour convaincre les masses ou descendre efficacement dans le registre démagogique (DSK), et au milieu un individu qui refuse de se dévoiler (Royal).

De toute évidence, Ségolène Royal présente une ambition aussi puissante que celle de Nicolas Sarkozy, mais là où Sarko met toute son énergie à affirmer sa personnalité, Ségo s'ingénie à effacer la sienne, à la mettre hors de portée des observateurs.

Histoire de dépolluer le débat, je règle tout de suite la question du sexe : un président femme ferait le plus grand bien à notre pays, mais celle-ci est loin de figurer au sommet de ma liste (même Simone Veil la dépasserait de 100 coudées, comme dirait l'autre).

De toute façon Ségolène ne raisonne ni en "mec" ni en "fille"... Elle exploite régulièrement le registre "mère" pour les caméras, d'accord, mais fondamentalement je suis incapable de dire si elle est plutôt de gauche ou de droite. Je suis incapable de dire quel cap elle donnerait au pays dans le concert des nations, je suis incapable de décrypter ses échelles de valeurs. Malgré sa voix d'Arlette, les termes de "gens", de "peuple", de "proximité" sonnent désespérément creux et faux dans son discours, et leur accumulation ne fait que renforcer l'immense vide derrière lequel elle masque sa véritable personnalité.

Royal ne semble pas du genre à s'effondrer ni à imploser mais à anéantir et exploser. Ce n'est ni la conquête du pouvoir ni le pouvoir qui la motivent, et je serais curieux de creuser l'importance du contrôle de soi et de la relation aux autres. Elle parait moins vouloir imposer ses idées que sa présence, comme pour se persuader qu'elle existe sans avoir les moyens de l'affirmer autrement que par la terreur. Il y a décidément quelque chose de glacial et de Poutinien dans ce personnage.

20061014

Blogule rouge a Segolene Royal - quand le debat fait pschitt

La bulle Ségolène Royal se dégonfle à vue d'oeil. Après avoir déclaré sans rire "mon opinion sera celle du peuple français" à propos de l'entrée de la Turquie dans l'UE (une bordée populo-démagogique d'amplitude 12 sur l'échelle de Chavez), la voilà en plein déni de démocratie avec sa désormais célèbre sortie sur les débats prévus dans le cadre de la campagne interne du PS : "s'ils sont trop nombreux, s'ils sont détournés de leur véritable destination, je me réserve le droit de ne pas m'y assujettir". Pour une femme que Pierre Bourdieu pensait à droite, je la trouve au mieux bien malhabile.
Car refuser le débat à des Science-Po - ENArques, ça ne se fait pas. C'est comme priver des footballeurs de ballon ou Jack Lang du feu des projecteurs. De toute évidence, la "machine à perdre est en marche", et à ce rythme-là Ségo n'aura pas besoin des mécaniciens Fabius et DSK.

Les primaires s'annoncent également musclées côté UMP, où l'on doit sérieusement s'inquiéter de passer deux mois après les socialistes, juste avant une dernière ligne droite que je ne souhaite pas aussi extrême qu'en 2002. Le père Sarkozy n'aura peut-être pas comme seul adversaire demain le maire d'Yerres (Nicolas Dupont-Aignan) : MAM revendique l'héritage du Général sous prétexte qu'elle pilote le porte-avions du même nom, et Villepin semble faire un calcul foireux à la Chirac style je flingue VGE en 1981 pour récupérer le job de Mitterrand en 1988...
Nous n'en serions pas là si le débat en 1981 avait opposé Simone Veil à Michel Rocard. Le problème de la France demeure plus que jamais le verrouillage de la politique par des prédateurs.

20061008

Blogule rouge aux Democrates - 2006 avant 2007 et 2008

En dépit d'une invraisemblable litanie d'insultes à la justice, à la démocratie et aux valeurs sur lesquelles elle est sensée avoir été bâtie, l'Amérique a massivement voté Bush en 2004 *.
En dépit d'une invraisemblable collection de scandales reléguant le Watergate, l'Irangate ou le Monicagate au rayon des faits divers les plus insignifiants, les Républicains semblent bien partis pour conserver leur majorité cette année.
Bien sûr, Ken Mehlman et Karl Rove pourront une fois de plus revendiquer leur rôle décisif dans ce nouveau forfait, mais l'Histoire retiendra également la désolante démission de Démocrates trop occupés à se crêper le chignon sur la Présidentielle de 2008 pour s'intéresser aux joutes de novembre prochain, pourtant critiques pour l'avenir de leur pays.

De la Démocratie en Amérique, passons à l'Europe où les grands démocrates mènent une lutte implacable contre les principaux ennemis de la patrie : les journalistes indépendants. En Russie, Vlad Poutine a fini par faire empaler Anna Politkovskaïa aussi efficacement que son voisin Belarus Alyaksandr Lukashenka avec Veronika Cherkasova. En France, le Petit Nicolas, tsar de tous les medias, avait eu plus symboliquement la peau du rédac chef de Paris Match. Aujourd'hui encore, les grands patrons de presse audiovisuelle et écrite dépendant des oligarches Sergei Marcelovitch, Arno Jeanlucovitch et Martin Francisovitch se lamentent off the record de devoir faire chaque jour des sujets à la gloire du futur nain de jardin de l'Elysée sous peine de licenciement pour faute grave.

En Belgique, le cordon sanitaire démocrate vise à empêcher l'extrême droite du Vlaams Belang de prendre le pouvoir. En France, il vise à empêcher Ségolène Royal de passer. Cette passionaria du néant idéologique ferait certes une présidente moins pire que Laurent Fabius, cet incompétent notoire reconverti dans l'imposture (de gauche, lui ?), mais à mon sens Dominique Strauss-Kahn incarne l'avenir le plus sain pour le PS parmi les trois candidats à la candidature au qu'en dira-t-on.

En guise de cordon sanitaire contre Le Pen, Sarkozy bourre Philippe de Villiers de signatures et lui promet un maroquin s'il remplit son office - même si pour cela, le Vendéen doit critiquer le Petit Nicolas plus vertement encore que le président du Front National, l'objectif étant de rassurer les électeurs les plus naïfs sur la distance séparant Sarko de l'extrême droite.

Quelque chose me dit que ni cet apprenti flamand ni la mère Hollande ne décrocheront le pompon.

Si les apprentis démocrates pouvaient nous éviter un Le Pen - Bové au second tour...



* voir épisodes précédents.

20060604

Blogule rose a la synthese socialiste - nivellement par le bas

Avant même le début du débat sur la prochaine débâcle du PS, Ségo a réalisé une ouverture à la Kasparov pour se positionner en challenger officiel du Petit Nicolas : si vous voulez des idées qui aient du poids, ralliez vous à mon panache blanc et n'attendez pas une nouvelle synthèse de ventre mou (nothin' personal, Dear François).
De son côté, Fabius sort la kalachnikov et nous prépare un final à la Al Pacino dans Scarface : je vide mon chargeur et une floppée de jurons sur tout ce qui bouge - comptez sur moi, personne n'en sortira vivant. S'il a réussi à flinguer l'héritage européen de Delors, ce bourgeois gentilhomme peut bien descendre l'avenir national de Royal.
De toute façon, le Parti Socialiste est déjà mort. Au-delà des courants progressistes et révolutionnaires, il pourrait se scinder sur son fonctionnement même : un cimetierre des éléphants d'un côté, une machine de guerre dévouée à un individu de l'autre. Une chose semble sûre, ce n'est pas le parti dans son ensemble qui suivra une direction et Ségolène ne peut pas miser sur un scénario Blair.

20051203

Blogule rouge au primaires - partis de rien

Résumé des épisodes précédents : pour réussir 2007, le Parti Socialiste a décidé de reconstituer l'équipe de 2002, en gardant simplement le frisé austère en réserve de la république. Et pour éviter tout risque de changement, on débarque Montebourg. Fabius donne du "camarade" à tout bout de champ, Hollande rosit comme un bon parmesan qui n'a rien appris de son maître florentin, et DSK persiste à ne rien livrer de son programme - les dernières propositions avaient au moins le mérite de dérider l'atmosphère. Ségolène, quant à elle, n'a plus qu'à se taire.
Résumé des épisodes précédents : pour réussir 2007, l'UMP a décidé de reconstituer l'équipe de 1995, en renvoyant simplement Balladur phosphorer sur les rives du Bosphore et en rendant gentillement à Chirac son look lunettu de 1974.

Résultat des courses : on a plus de chances de se retrouver au second tour avec un Sarkozy - Bové qu'avec un Royal - Canin (avec Bayrou dans le rôle du caniche ou Villepin dans le rôle du lévrier afghan). Et j'ai du mal à dire qui de Bush bis ou de Chavez bis ferait le plus de dégâts dans ce qu'il nous restera de république.

20050824

Blogule blanc a Michel Rocard - si six cent six scissions

Sans Mitterrand (paix à son ignominie), il pouvait devenir le meilleur président post-charlesque. Mais Michel Rocard se contente de dispenser ses perles et ses piques du haut de sa lamasserie.
Dernière en date : la scission du PS.
Inévitable depuis le 29 mai, la voici enfin exprimée clairement par le plus cryptique mais le moins crypto-marxiste des socialistes.
Le Nouveau Parti Socialiste étant déjà une marque déposée et Fabius un monarque déposé (lui, chef de parti ? au XXIème siècle ???), reste à trouver de nouvelles terminologies. Mes suggestions :

  • à ma gauche, le PSP (Parti Socialite Progressiste ou encore PlayStation Portable)
  • à la gauche de ma gauche, l'ATTAC (Accordons aux Trotskystes une Tirelire Adaptée à leurs Charrues)

20050607

Blogule rouge aux occasions perdues

A ceux qui se réjouissent de l'échec d'un "oui" signifiant à leurs yeux la vente des intérêts français à l'étranger, je réponds que leur "non" couronne parfaitement la vente du pays à ses destructeurs de l'intérieur, cette lente démission des gouvernements préférant acheter la paix sociale en abandonnant toute dynamique d'avenir. L'échec de 2005 est avant tout l'échec des années de non réforme 1955-2005.
Au-delà du bonnet d'âne européen, le gâchis de la décennie Chirac se résume à cinq ans d'échec outsourcé (le dogmatisme socialisme des 35 heures) et à cinq ans d'échecs personnels (deux immenses occasions perdues ; les majorités inexploitées de 1995 et 2002). La suite ne s'annonce guère plus brillante.
Si l'implosion du PS ne se traduit pas encore dans les structures, ce parti a d'ores et déjà vécu, faute de mener à bien l'impossible synthèse des "forces de progrès" ("le socialisme est mort mais il existe tout de même des pragmatiques de qualité dans l'assemblée") et des "forces réactionnaires" ("je me cramponne à la révolution sans évoluer, et puis c'est tellement plus simple de gagner des voix sur un discours négatif"). Fabius parade avec son nouveau bâton de maréchal sans se douter du ridicule de son camouflage. Si le XIXème et l'anti le fascinent tant, qu'il se fasse antiquaire comme son frère...
De son côté, l'UMP présente un avenir plus facilement améliorable puisqu'il ne se fonde pas sur des idées complexes mais sur des hommes basiques. Comme dans un document animalier, l'observateur embrasse toute la savanne du regard (personne ne se distingue par son QI) en se concentrant sur les actes fondamentaux (la chasse, la reproduction, la récupération). Ici, le vieux mâle dominant accepte déjà son futur exil et l'échec de son improbable successeur : si Villepin arbore une ravissante crinière, son rugissement se fait bien terne depuis son triomphe de l'ONU (p... deux ans déjà), et l'animal renâcle trop à sortir les griffes pour mener à bien les indispensables réformes. Suçant son ombre, une étrange hyène dont on ne sait trop si elle sera le prochain calife à la place du calife ou si elle se contentera de jouer aux charognards le moment venu.

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