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20070119

Blogule rouge à Royal + ISF + Arnaud Montebourg = à gauche toute ?

"Carton jaune" à Arnaud Montebourg. Le porte-parole de la candidate socialiste sera suspendu un mois pour ses propos désobligeants à l'égard du futur premier monsieur de France, François Hollande*.
Au football, il faut au moins deux cartons jaunes pour être suspendu mais passons... Ségolène Royal a décidément du mal à afficher des positions claires sur le fond, et autre chose qu'un sourire crispé sur la forme.
Comme prévu, sa nomination en tête de liste passe mal au sein de son propre parti puisqu'elle ne le représente pas. Ségo roule pour elle-même, son programme se résume à sa pomme et ça commence à se voir.
Le PS commence aussi à comprendre qu'il s'est piégé tout seul : à l'inverse des Verts de 2002, il lui sera impossible de changer de roue en cas de crevaison, sous peine de passer pour un parti d'abominables phallocrates rétrogrades. Les éléphants visant la victoire avant 2012 prient donc (même les plus athées d'entre eux) pour que la bulle résiste jusqu'aux élections.
Voici qui ouvre deux boulevards :

  • vers le centre, ceux qui ne se reconnaissent ni dans cette "égolène" ni dans Sarkozy finiront peut-être par remarquer l'existence du candidat François Bayrou
  • vers l'extrème gauche, pour peu que ça se décante, la probabilité d'un second tour progresse spectaculairement. Marie-George Buffet ayant le coffre sur le fond mais pas le charisme sur la forme, l'entrée en scène d'un cador médiatique semble inéluctable
Pendant ce temps-là, Le Petit Nicolas a brillamment passé l'examen du sacre. Comme prévu là aussi**, en l'absence totale de débat. Ce qui m'a le plus frappé pourtant dans ce barnum pipolitique, c'est son "body language" au moment du triomphe à la tribune : l'arrogant petit coq donnait l'impression de réaliser brusquement l'ampleur de la tâche, de douter de sa capaciter à avoir la taille de ses ambitions. Etrange...
Drôle de semaine : autant le malaise du PS devant le néant ségolènien était prévisible, autant celui de Nabot-léon devant le Pont d'Arcole laisse pantois.


* reconnaissons à ce dernier l'erreur de ne pas avoir démissionné de ses fonctions une fois sa camarade de compagne intronisée... mais cette erreur a ses raisons : imaginez la foire d'empoigne pour la succession !
** cf "Blogule rouge à la chasse au Hulot - tu es des nôtres, tu as bu ton Vert comme les autres" (20061124) : j'avais annoncé un plébiscite saddamien à 96% au lieu de 98,1% en faveur de Sarko, mais dans un scénario à deux candidats à la candidature (Nicolas Dupont d'Aignan).

20061102

Blogule rose a Segolene Royal - courage fuyons

Plus les primaires socialistes avancent, plus le candidat Ségo m'inquiète. Pour résumer, les débats internes au PS ont révélé trois personnalités : d'un côté un imposteur d'autant moins convainquant qu'il n'est pas convaincu par les idées qu'il a pompées à d'autres (Fabius), à l'autre extrême un homme cohérent et convaincu mais trop fin pour convaincre les masses ou descendre efficacement dans le registre démagogique (DSK), et au milieu un individu qui refuse de se dévoiler (Royal).

De toute évidence, Ségolène Royal présente une ambition aussi puissante que celle de Nicolas Sarkozy, mais là où Sarko met toute son énergie à affirmer sa personnalité, Ségo s'ingénie à effacer la sienne, à la mettre hors de portée des observateurs.

Histoire de dépolluer le débat, je règle tout de suite la question du sexe : un président femme ferait le plus grand bien à notre pays, mais celle-ci est loin de figurer au sommet de ma liste (même Simone Veil la dépasserait de 100 coudées, comme dirait l'autre).

De toute façon Ségolène ne raisonne ni en "mec" ni en "fille"... Elle exploite régulièrement le registre "mère" pour les caméras, d'accord, mais fondamentalement je suis incapable de dire si elle est plutôt de gauche ou de droite. Je suis incapable de dire quel cap elle donnerait au pays dans le concert des nations, je suis incapable de décrypter ses échelles de valeurs. Malgré sa voix d'Arlette, les termes de "gens", de "peuple", de "proximité" sonnent désespérément creux et faux dans son discours, et leur accumulation ne fait que renforcer l'immense vide derrière lequel elle masque sa véritable personnalité.

Royal ne semble pas du genre à s'effondrer ni à imploser mais à anéantir et exploser. Ce n'est ni la conquête du pouvoir ni le pouvoir qui la motivent, et je serais curieux de creuser l'importance du contrôle de soi et de la relation aux autres. Elle parait moins vouloir imposer ses idées que sa présence, comme pour se persuader qu'elle existe sans avoir les moyens de l'affirmer autrement que par la terreur. Il y a décidément quelque chose de glacial et de Poutinien dans ce personnage.

20060715

Blogule blanc au Musee du Quai Branly - de Tintin au Congo a Disneyland sur Seine

La visite du MQB* (pas encore rebaptisé MJC - Musee Jacques Chirac**) figurait au sommet de ma to do list après la Coupe du Monde. La demi-décennie d'attente valait-elle le coup ?

Pas vraiment : ce formidable espace parait assez mal exploité et la forme y prime sur le fond. On se croirait presque chez Disney avec ce décor de carton pâte déjà sérieusement abimé par une quinzaine d'exploitation. Souvent confus, le musée ne donnera pas envie à des grands parents de revenir avec leurs petits enfants de peur de les perdre. Et que dire des Ombres, invisibles (il faut payer pour voir, repérage interdit).

Heureusement, les collections sont à la hauteur de mes attentes. Je retrouve avec plaisir de sublimes pièces jadis croisées dans de poussiéreux édifices stalino-mussoliniens, et me laisse submerger dans une formidable débauche de formes et de sons, de couleurs et de textures. Au-delà du concept d'alcoves, déjà testé par Jean Nouvel au Leeum de Lee Gun-hee à Séoul, j'apprécie cet effet enveloppant. J'ignore si c'est fait exprès mais cela inverse le traditionnel rapport de force du musée occidental où le visiteur domine les oeuvres des "primitifs". Ici, l'individu est à sa place, noyé dans un océan de diversité, minoritaire mais totalement intégré à la grande famille de l'humanité. Bien joué également : le contemporain fait partie du paysage, tout comme les stocks, intelligemment valorisés.

Au final, un bilan mitigé : si l'époque de Tintin au Congo est heureusement révolue, cette mondialisation culturelle-ci a des petits airs de Disneyland sur Seine.



* quaibranly.fr
** "Blogule rouge a l'en France de l'art" (20050509)

20060209

Blogule blanc a Brokeback Mountain - un mois apres

Les Bronzes 3 ont fait trois millions d'entrees en cinq jours. Je n'y suis pas allé.
En fait, un mois après, je ne suis toujours pas revenu de Brokeback Mountain.
Entretemps, j'ai bien recroisé Hulk, mais cet homme en colère* ne m'a pas plus convaincu que la première fois. Sa forme novatrice a même pris un sacré coup de vieux après 96 heures chrono de Jack Bauer (dont je n'ai pourtant suivi - et encore d'un derrière distrait - qu'environ neuf secondes trente six étalées sur une vingtaine d'épisodes, c'est vous dire si je dégaine vite la zapette).
A ce StAng Lee marvellien, je préfère nettement le Ang Lee de The Ice Storm et Eat Drink Man Woman, ou même celui de The Wedding Banquet et Sense and Sensibility... mais revenons à nos moutons.
Brokeback Mountain n'est pas un chef d'oeuvre, et ses imperfections le rendent plus touchant encore. Ne vous y trompez pas, je ne suis pas en train de chercher des Proulx : la perfection, elle est bien là ; dans la capture du son, de l'image et de l'émotion, dans le don des acteurs - de tous les acteurs de ce drame intemporel, y compris cette bonne vieille nature...

J'espère sincèrement que ce film repartira du Kodak Theatre avec La Statuette (celle avec les grandes oreilles)... mais quelque part un tel happy end sonnerait un peu faux, surtout dans ce temple du mauvais goût.

* "ang lee man" avé l'assent de Canal Street

20051102

Blogule rouge aux brames de destruction massive

A défaut de raisonner sous le choc d'un tragique incident, Clichy sous Bois aura résonné plusieurs nuits du brâme poussé par Nicolas SARKOZY à Corbeille-Essonnes. L'extension coordonnée de la guerilla urbaine vers d'autres banlieues la nuit dernière ne doit en revanche rien au hasard : au-delà des véhicules particuliers sont visés des entreprises à franchises et des écoles. Le message : nous dénions à ceux qui souhaitent s'intégrer l'accès à la république et à son enseignement, nous dissuadons les entrepreneurs d'investir dans des quartiers difficiles, nous souhaitons séparer ces cités de la Cité pour mieux recruter et fanatiser.
Il est regrettable d'en arriver là pour entendre le discours de modérés comme Azouz BEGAG, Ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances. Maintenant que le mal est fait, d'autres voix doivent s'élever pour marginaliser au plus vite les discours radicaux, dans les grands medias et surtout sur le terrain.

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