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20160822

Tout pour ma pomme - conversations privées avec les présidents

Ne vous fatiguez pas à chercher les meilleures feuilles des derniers opuscules consacrés à Hollande et Sarkozy - je vous propose en exclusivité les moments de candeur trop honnêtes pour avoir été conservés dans ces "entretiens vérité".

Pour rappel, les farces en présence:
- à ma droite "Tout pour la France", de, avec, et pour Sarko himself, où l'ex dévoile le scoop le moins bien protégé de l'histoire: "j'ai décidé d'être candidat à la présidentielle de 2017*".
- à ma gauche "Conversations privées avec le président" menées par Antonin André et Karim Rissouli, où Flanby déclare en toute fermeté: "pour 2017 j'hésite, je me tâte, et ça prend du temps vous savez, avec tous ces replis et triples mentons"

Passons donc en revue les positions des candidats sur les principaux dossiers:

  • SUR LE POUVOIR: 
    • Nicolas Sarkozy: "Le pouvoir, c'est ma dope. Je n'arrête pas d'y penser, et plus seulement le matin quand je me rase. D'ailleurs maintenant, le rasoir, je le laisse de côté deux jours sur trois - ça fait viril sans faire hipster, et d'après les sondages de Patrick Buisson (que je viens de réembaucher), c'est ce que cherche mon coeur de cible marketing, la ménagère de moins de 50 ans qui écoute Mireille Mathieu mais hésite encore à voter Marine Le Pen."
    • François Hollande: "Le pouvoir? Je ne connais pas le sens de ce mot. Et pis je n'ai jamais pu. Ni au PS, ni à l'Elysée. Moi, Président de la République? Sérieusement? Je ne fais pas ça pour le pouvoir, mais pour faire croire."
  • SUR L'ECONOMIE:
    • NS: "L'économie, c'est mon dada. Comme le cheval pour Omar Sharif, et dans l'ordre s'il vous plait: j'ai été ministre du budget, puis ministre de l'économie, et enfin président pendant la pire crise depuis la Grande Dépression de DSK. Personne ne m'arrive à la cheville quand je mets mes talonettes XXXL. Et à propos de plateforme, mon programme pour les primaires c'est de lancer cet appel sincère aux sympathisans des Républicains: 'vous avez raqué au Sarkothon? vous allez payer au Sarkobis!'"
    • FH: "L'économie, c'est mon truc. J'ai fait HEC, j'ai donné des cours d'économie, et en toute modestie, dans le domaine, je me balade. Je ne fais d'ailleurs que ça, me balader dans les jardins de l'Elysée, pendant que Macron fait le beau. Franchement, on devrait me donner le Nobel de l'Economie. D'ailleurs, le coup de la taxe à 75%, ma plus belle connerie, eh bien elle n'était même pas de moi. Mais rassurez-vous, au cas où vous en douteriez, je suis parfaitement capable de ce genre de conneries."
  • SUR LA SECURITE:
    • NS: "La sécurité, c'est mon petit nom. J'ai tout de même tenu tête à Human Bomb et à Liliane Bettencourt à Neuilly, et ça prouve bien que je n'ai pas froid aux yeux - surtout avec mes nouvelles Ray Ban. Une fois de retour à l'Elysée en 2017, je ferai ajouter dans la constitution le droit de porter des armes pour tous les citoyens, et je construirai un mur pour empêcher les immigrés de rentrer. C'est ce que me conseille le dernier sondage de Patrick Buisson, qui vient de rejoindre l'équipe de campagne de Donald Trump."
    • FH: "La sécurité, c'est important, et ça fait partie des leçons que j'ai appris dans la douleur pendant ce quinquennat. On ne sait jamais quelle tragédie peut frapper la nation à tout moment. Moi, c'est en allant voir Julie que je me suis vautré sur une peau de banane laissée par Delanoe. C'est pour cela que j'ai pris la décision de mettre un casque chaque fois que je prends le scooter. La deuxième grande leçon, c'est de ne jamais baisser la garde: le jour même où j'ai annoncé que j'enlevais le casque, je me suis pris une crotte de pigeon sur la tête."
  •  SUR LA POLITIQUE ETRANGERE:
    • NS: "La politique étrangère, j'ai toujours eu raison avant les autres. Si on avait laissé mes copains Assad, Khadafi et Ben Ali en place, tout serait plus simple. C'est tellement plus difficile aujourd'hui de se faire offrir des Rolex. C'est confirmé par l'institut de sondages de Patrick Buisson, que Kim Jong-un vient de recruter."
    • FH: "La politique étrangère, c'est mon bâton de maréchal. Et comme Valérie le disait toujours, mon François, il n'a pas le bâton tous les jours, à part pour se faire battre. Cela dit, VGE a eu son Tchad, et j'ai eu mon Mali, mais j'attends toujours mes diamants."
  • SUR LE PAYSAGE POLITIQUE FRANCAIS:
    • NS: "Le paysage politique français est en ruines, et c'est essentiellement grâce à moi. Si vous croyez pouvoir m'enterrer bientôt, sachez que mon pouvoir de nuisance demeure intact. Vous avez vu dans quel état je vous ai rendu la droite après 5 ans à la tête du pays et bientôt deux à la tête du parti? Outragée, brisée, martyrisée, mais toujours pas libérée de moi. J'ai réussi à créer une copie conforme du Parti Républicain américain, un empire éclaté capable de porter à sa tête un dangereux égotique. Mes maîtres à penser en politique sont Edouard Balladur et Charles Pasqua: le premier m'a appris qu'on n'avait rien à gagner à être poli, le second m'a appris que le karcher rapportait plus de points que le pastis dans les sondages de Buisson, qui vient d'ailleurs d'être embauché par Rodrigo Duterte."
    • FH: "Le paysage politique français est en ruines, et c'est essentiellement grâce à moi. Si vous croyez pouvoir m'enterrer bientôt, sachez que mon pouvoir de nuisance demeure intact. Vous avez vu dans quel état je vous ai rendu la gauche après 10 ans à la tête du PS et bientôt 5 ans à la tête du pays? Littéralement amorphe, sans queue ni tête, sans colonne vertébrale, sans cerveau, et sans dents. C'est ça, tout l'art du consensus mou. Mes maîtres à penser en politique sont François Mitterrand, Jacques Chirac, et Michel Rocard: le premier m'a appris à être de droite en passant pour un gars de gauche, le second m'a appris à être de gauche en passant pour un gars de droite, et le troisième m'a appris à briller en société sans jamais réussir à être président."
  • SUR LES FEMMES:
    • NS: "Les femmes m'adorent. Comme moi, elles ne peuvent pas se passer de moi. Je ne peux toujours pas me passer de Cécilia, comme je ne pourrai jamais me passer de Carla, ou de Cruella. Cruella, c'est celle qui remplacera Carla au début de mon prochain mandat, parce que les Français attendent vraiment de moi que je présente un nouveau visage: c'est ce que me disent tous les sondages de Patrick Buisson, qui vient de signer chez Paris Match.
    • FH: "Les femmes m'adorent. Elles savent qu'au fond, sous mon armure de graisse, se cache un coeur prêt à fondre à tout moment. Ségolène, Valérie , Julie, Anne, Beyoncé, elles sont toutes à mes pieds. Littéralement: je me suis fait tatouer leurs noms sous la voute plantaire - ça chatouille!"
  • LEUR SLOGAN POUR LA CAMPAGNE 2017:
    • NS: "Compétitivité, Liberté, Autorité, Vérité, Identité, ne pas dépasser la date de Validité."
    • FH: "Tout devient impossible."

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* pour son précédent retour, voir "Liliane, fais les valises de billets (Sarko revient parmi les siens)" 

20110616

Humour Corrézien

Nouvelle interview exclusive de notre Agence Fausse Presse : Monsieur Jacques Chirac, jeune retraîté, justiciable, membre du Conseil Constitutionnel de la République Française.

- "Alors, Monsieur le Président, allez-vous voter pour Nicolas Sarkozy en 2012 ?"
- "C'est simple : si Juppé ne se présente pas je voterai Hollande, si Hollande ne se présente pas je voterai Villepin, et si Villepin ne se présente pas je voterai Marine."
- "Le Pen ?!?"
- "Non Marine la Limousine. Je lui ai tâté le croupion au dernier Salon de l'Agriculture et croyez-moi elle a la carrure pour tenir le choc dans les grandes réunions internationales. Et si tous les politiciens français produisaient autant de méthane on n'aurait plus besoin du nucléaire : j'appelle ça de la politique avec un grand P".
- "Si je vous suis bien, Nicolas Sarkozy passerait donc après une vache".
- "Bien après. Tenez : je voterai blanc ou E Coli plutôt que de refiler mon bulletin à cet énergumène."
- "Vous avez pourtant appelé à voter pour lui en 2007."
- "En 2007 le nabot avait bien promis juré craché qu'il ne toucherait pas à la laïcité. Et puis en 2007 j'avais encore deux trois bricoles à régler avec la justice. Sans oublier que Bernadette ne m'aurait plus parlé pendant des jours, et ça c'est dur."
- "C'est si important pour vous ?"
- "D'habitude, elle ne me parle pas pendant des semaines voire des mois et ça me fait des vacances. Quand elle veut obtenir quelque chose de moi ça vire vite au harcèlement : et que je te sermonne trois fois par phrase (chaque fois que je jure), et que je t'oblige à aller à la messe... et en plus elle me pique mes pièces jaunes la mère Chirac ! Un enfer."
- "Seriez-vous jaloux de l'attention que votre épouse porte à l'égard du Président ?"
- "(la vache ça fait toujours aussi bizarre de le voir appeler Président ce faux derche) Non non : notre couple ne fonctionne pas vraiment sur le mode de la jalousie, vous savez."
- "Un peu comme chez les Strauss Kahn ?"
- "Vous n'allez pas me comparer avec ce
sadique tout de même ? En plus la Bernadette n'a pas vraiment les yeux d'Anne Sinclair... enfin elle m'aura quand même pas mal financé et ouvert les portes à mes débuts."
- "Et maintenant ?"
- "Regardez la liste des donateurs de ma Fondation Chirac : la Financière Pinault, la Fondation Bettencourt Schueller, la Fondation Pierre Fabre, GDF Suez, JCDecaux, Institut Merieux, Lazard, Fitch, Veolia Environnement... et je ne vous parle même pas de mes revenus de Conseiller Spécial de la Fédération Internationale de Sumo, de Secrétaire Général de l'Association de Défense des Taïnos Fictifs, ou de Président Honoraire de l'Amicale Corona-Saké. Désormais, même avec ses jetons de présence chez LVMH et ses foutues pièces jaunes, plus besoin de Bernadette Thérèse Marie Chodron de Courcel."
- "Sauf pour vos entrées à l'Elysée."
- "Ouuuais, pour les petites questions juridiques qui font pschitt et dont je vous parlais tout à l'heure peut-être, mais pour le reste, pour ce qui compte vraiment, j'y ai toujours mes antennes."
- "Qui ? Claude Guéant ?"
- "Ce dangereux Ayatollah intégriste ? Un autre copain de bobonne. Non, mon principal relais à l'Elysée c'est Carla."
- "La première dame ?"
- "Non, la seconde de cuisine. Carla Dugommier, c'est la reine de la tête de veau sauce gribiche. Elle m'en fait passer en douce tous les mois avec en prime deux bonnes bouteilles de la cave du Château."

blogules 2011

20090620

Non à la Burqa = Non au fondamentalisme... Chrétien y compris

Faut-il interdire le port de la Burqa dans les lieux publics en France ?

Cela me semble une évidence, et ce avant même d'aborder les questions, pourtant essentielles à ce titre, de religions ou de Droits de l'Homme*.

En France plus encore qu'ailleurs, le port de la burqa relève au-delà de la religion d'un acte politique. La burqa ne soustrait pas la femme aux regards des hommes pour la protéger : elle soustrait avant tout un individu au regard de la société et nie à celle-ci la légitimité, le pouvoir, et la responsabilité de connaître et protéger cet individu. Homme ou femme, peu importe là aussi... et de toute façon, il serait impossible de faire la distinction sous une telle chappe**.

Que cet individu soit consentant ne change rien sur le fond de cette évidence : fondamentalement - et le terme s'impose -, la burqa marque la négation absolue de la République en inscrivant un individu en-deçà ou au-delà des lois. A travers son autorisation, c'est bien au-delà de la femme asservie la République elle-même qui fait acte de soumission à une loi fondamentaliste par essence vouée à sa destruction. Ni Putes Ni Soumises, c'est aussi vrai pour Marianne.

Comme toujours ("
Universal Declaration of Independence from fundamentalism"), le coeur de l'imposture fondamentaliste consiste à faire passer un agenda politique pour de la religion. Et puisqu'il vise à se substituer au pouvoir de l'Etat, le fondamentalisme religieux sous toutes ses formes est tout bonnement anti-légal et anticonstitutionnel en France.

Peu importe donc ce que dit le Coran à propos de la burqa. Bon... Il me semble bien que le concept de burqa intégrale a été inventé au Pakistan des lustres après la mort du Prophète (le tristement célèbre chadri Afghan arrivant bien plus tard encore)... mais enfin passons. Loin de moi l'idée de vouloir (et a fortiori la légitimité pour) interprêter Le Livre*...

Une fois de plus, le choix n'est pas entre la religion et la république mais entre la religion et le fondamentalisme d'une part, la démocratie et le fondamentalisme d'autre part.

Par ses fonctions au sein du CFCM, Dalil Boubakeur se devait de prendre toutes les précautions pour dénoncer la recrudescence du phénomène burqa en France. Mais s'il déplore au départ le repli "identitaire" puis le "communautarisme", il n'hésite pas à évoquer la progression du "fondamentalisme".

Ceci vaut naturellement également pour le fondamentalisme Chrétien, en pleine offensive en Europe, comme on a pu le voir ("
N'ayez pas peur"), avec le soutien sans réserve de deux fondamentalistes déclarés (George W. Bush puis Benoît XVI), la complicité de gouvernements noyautés parfois au plus haut niveau... et un soin particulier pour l'exception laïque française. La France doit donc résister avec fermeté tout en évitant les pièges de la victimisation et des faux débats : comme toujours, les fondamentalistes cherchent à faire croire que la religion est en danger alors même que ce sont eux-même qui la menacent en priorité.

La propagation des burqas sur le territoire conforte naturellement les fondamentalistes Chrétiens et les partisans du "Choc des Civilisations", l'imposture théocon / néocon par excellence. Et quand le très peroxydé nazillon néerlandais Geert Wilders exige l'interdiction du port de la burqa, il ne cherche pas à protéger la démocratie mais bien au contraire à l'affaiblir en alimentant ce fameux "choc", en provoquant des fractures confessionnelles au sein de la société. Wilders demande tout simplement l'interdiction de l'ensemble des manifestations de l'Islam (la religion authentique, ses fidèles, ses mosquées...) en les amalgamant de façon délibérément mensongère avec les manifestations de l'imposture Islamiste (les signes extérieurs de fondamentalisme).

Alors oui, au Caire, Barack Obama a défendu les droits des femmes musulmanes à se couvrir les cheveux quand elles le voulaient vraiment (
"State of The World Union : The Obama Doctrine"). Et un jour ou l'autre, il sera bien obligé de se prononcer sur la question autrement plus délicate de la burqa. Mais comme on a hélas pu le déplorer trop souvent, la démocratie américaine est la moins bien armée pour résister au fondamentalisme, et sa constitution favorise l'émergence de mouvement radicaux à tous les niveaux, au-delà de la religion (voir encore récemment "Intelligence supremacy").

La France a la chance de pouvoir s'appuyer sur des textes sans ambigüité...
- Article X de la Déclaration des Droits de l'Homme : "Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi." Le droit administratif définit l'Ordre Public comme "le bon ordre, la sécurité, la salubrité et la tranquilité publique".
- Article IV de la Déclaration des Droits de l'Homme : "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi".
- Préambule de la Constitution : "La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme"
Article premier de la Constitution Française : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée."
- ...

... donc idéalement, on ne devrait pas avoir besoin de légiférer. Mais la tradition veut que l'on adresse sans délai chaque sujet avec une loi spécifique, quitte à alourdir encore plus une barque déjà impossible à manoeuvrer. Il convient donc de ne pas tergiverser et empêcher au plus vite les marchands de haîne de se nourrir du moindre flou ambiant. L'exemple Belge démontre la nécessité de légiférer au niveau national : l'intégrité de la République est du ressort de l'Etat et non des collectivités.

Naturellement, il faudra faire preuve de plus de tact, de diplomatie et de pédagogie que dans ces misérables lignes.

Naturellement, je n’ai aucune confiance en Nicolas Sarkozy pour sortir de lui-même la loi idéale. Jusqu’à présent, il a surtout démontré
sa capacité à faire le jeu des fondamentalistes, en particulier depuis que Chirac est sur la touche.

Mais c’est depuis la touche que les juges de ligne signalent les hors jeu. Et l’éternel oublié de la justice se retrouve reconverti gardien du temple laïc ! Alors en attendant que Le Petit Nicolas installe Emmanuelle Mignon au Conseil Constitutionnel, esperons que ce qu’il reste de media independants expose ses tentatives répétées - et pour le coup à peine voilées - pour faire tomber le bastion.

Bas les masques. Y compris en dehors des périodes de carnaval.


* rassurez-vous, il est toujours et plus que jamais question de défendre la liberté religieuse et les droits des femmes
** s'il n'occulte pas le reste du corps, le niqab relève de la même logique
*** je n'ai d'ailleurs lu le Coran qu'une fois en entier, il y a un quart de siècle, et dans une version française remontant qui plus est aux calendes grecques (1970)

20090603

Bientôt un Bac C comme Créationniste ?

Edifiant message d'alerte de Catherine Kintzler au nom du Collectif pour la promotion de la laïcité* :

Dans la lignée des discours sur la « laïcité positive » prononcés par Nicolas Sarkozy à Latran et à Riyad, la France a signé le 18 décembre avec le Saint-Siège un accord ayant pour objet « la reconnaissance mutuelle des grades et des diplômes de l'enseignement supérieur délivrés sous l'autorité de l'une des parties ».

Cela veut dire qu'un diplôme délivré par l'enseignement supérieur catholique habilité par le Saint-Siège sera reconnu, à niveau comparable, par la République.
Cette inquiétante nouvelle s'accompagne fort heureusement d'un appel à la mobilisation et à la signature d'une pétition. Le Collectif envisage de saisir le Conseil d'Etat, mais j'aimerais assez connaitre le point de vue du Conseil Constitutionnel sur cette nouvelle forfaiture : je ne me lasse pas de voir Debré métamorphosé dans ses fonctions actuelles... et suis curieux de voir si Le Petit Nicolas osera nommer Emmanuelle Mignon l'an prochain (plus vraisemblablement, un hérault fondamentaliste un peu moins marqué).

Pour le cas où le duo infernal Sarkozy - Benoît XVI venait à concrétiser ce nouveau succès pour le fondamentalisme en Europe (voir épisodes précédents, en particulier "
Le mauvais plan de Benoît XVI"), je suggère que l'on officialise tout de suite les réformes suivantes :

=> Réforme du Primaire et du Secondaire : enseignement obligatoire de l'Intelligent Design**

=> Réforme du Baccalauréat : retour aux Bacs C et S (Bac Creationniste, Bac Scientologue)

=> Réforme de l'Enseignement Supérieur : restructuration de l'ENST (Ecole Normale Scientologue pour Thétans), de l'ENA (Etudes Négationnistes Avancées), d'HEC (Hautes Etudes Creationnistes)...


* voir "
Diplômes du Vatican homologués en France : la riposte s'organise" (Rue89 20090602):

** sur cette dangereuse imposture, (re)voir "
En finir avec l'Intelligent Design"

20090418

Le complexe Sarko : je suis venu, j'ai vu, G20cu

Obama immature, Merkel à sa botte, Zapatero simplet...

Les Français traînaient déjà une sale réputation d'arrogants prétentieux et voilà que Notre Petit Pair des Pipoles délivre à la presse du monde entier (par voie d'un quarteron de parlementaires en préretraite) suffisamment de Berlusconneries pour nous faire tous passer pour des complexés aussi ridicules que lui.

Ben oui Barack a une tête de plus que lui.

Ben oui celle d'Angela est plus grosse que la sienne (d'économie, j'entends).

Ben oui Zapatero est peut-être moins intelligent que toi mais il est aussi et surtout moins con*.

Ben oui, Sarkozy à éparpillé l'UMP de Chirac façon puzzle : terminée l'Union, hadopisée la Majorité... et que dire de la Popularité ? Sacrifiée, humiliée, martyrisée : que le Che colle 82% à Le Pen passe encore, mais 74% contre Nico himself franchement là, ça la fout mal.

Notre Grand Homme a atteint son point haut le 7 mai 2007 et il en est malade. Il a pourtant tout essayé, mais du sauvetage des infirmières bulgares on ne retiendra que les caprices de Cécilia et la parade victorieuse de Khadafi en France, de l'échapée d'Ingrid le coup de génie des libérateurs colombiens, de sa tentative de récup' du G20 sa rixe avec HU Jintao lamentablement achevée par une intervention d'Obama et une désersion honteuse sur la cause Tibétaine...

Rien à faire : les Français préfèrent ce grand escroc-griffe de Chichi qui au moins pouvait regarder Bush de haut, et le monde préfère la France de Villepin à la tribune de l'ONU.


Nicolas Sarkozy en est réduit à ne louer que le seul leader international à son image : Sylvio Berlusconi, cet éternel bronzé bling-bling s'affichant aux bras de femmes plus jeunes, et corrigeant à coup de bistouris (plus courageux que la talonnette) les effets de la vieillesse.

Pathétique.


* il capte peut-être pas bien toutes les subtiliés de la haute finance, mais il a bien compris que la priorité était de protéger la constitution. l'histoire retiendra qu'il a courageusement commencé son mandat en jurant sur ce document sacré pendant que toi tu t'amusais à rallumer les guerres de religion en t'évertuant à torpiller la laïcité (cf "
N'ayez pas peur").

20080218

Laïcité sélective, mémoire sélective... ci gît la République Française

Les Français ne se contentent plus d'arracher des pseudo orphelins tchadiens à leurs parents : ils envisagent désormais d'exploiter sans scrupule la mémoire des plus jeunes victimes de l'Holocauste.

Cette fois-ci, il ne s'agit plus de pallier aux carences des filières d'adoption nationales pour renflouer les caisses d'une Organisation Non Gouvernementale, mais de profiter des carences des médias nationaux pour renforcer l'habile campagne de manipulation de l'opinion orchestrée par une Organisation Para Gouvernementale ; Nicolas Sarkozy et sa garde rapprochée de théocons, au premier rang desquels la sulfureuse DirCab Emmanuelle Mignon.

Comme d'habitude, sous couverts de bons sentiments (ici, une saine pédagogie de l'horreur, là, la modernisation de la loi de 1905), l'objectif est bien la destruction massive de la République une, indivisible, et surtout apaisée.

Sur la forme, le Président de la République n'a déjà pas à parler de religion devant les représentants du CRIJF, a fortiori en évoquant l'organisation de l'Islam dans le pays.

Sur le fond, de même que sa "laïcité sélective" insulte le principe même de "laïcité"*, son système de mémoire sélective (étrenné dès son premier jour de pouvoir avec Guy Môquet) insulte le principe même de mémoire.

Le politique a le droit et le devoir d'assumer les actes commis par le pouvoir (Chirac avec les crimes de la Collaboration, l'Australie avec le traîtement infligé aux Arborigènes), mais le politique n'a pas à réécrire l'histoire, à en imposer une lecture biaisée, à instrumentaliser des individus dans un but de propagande. Manipuler par l'exemple n'a rien d'exemplaire, et au moins Staline et Goebbels avaient-ils la décence d'exploiter l'image de "héros" vivants.

Plus modestement, Sarkozy prétend privilégier une pédagogie positive à une approche culpabilisatrice, mais c'est le propre de la propagande de façonner les esprits par un discours simpliste, fort et positif. D'autant que l'objectif n'est pas de réconcilier ni de souder la nation mais d'en accélérer le déchirement. Les media évoquent le traumatisme des enfants, mais c'est bien au-delà la République que l'on terrorise.

Une fois de plus, Simone Veil au grain et évoque fort justement le risque d'attiser les conflits interreligieux. Sur un sujet aussi risqué, on doit proposer et non imposer, faire parler des historiens et non des politiques, préparer la paix et non la guerre. Ce Président a décidemment la fâcheuse habitude de fournir des munitions aux marchands de haîne*.

Les petites victimes de la Shoah ne méritaient pas cette ultime infâmie.


* cf "N'ayez pas peur" (20080118)



20070826

Voyage avec Raymond Barre

Ma seule rencontre avec l'unique Premier Ministre de VGE (Chirac ne s'étant jamais fait vraiment remettre les clefs de Matignon) remonte aux derniers jours de la campagne du premier tour des élections présidentielles de 1988.

J'étais confortablement installé en première, attendant le départ du TGV Paris - Lyon, lorsqu'un individu de corpulence conséquente est venu s'asseoir juste devant moi - pas au centre, dans la file indienne de droite.

Je n'ai levé les yeux qu'en reconnaissant le filet velouté de sa voix : le candide candidat recommandait à ses quatre adjoints la lecture d'un bouquin et les remerciait de faire avancer les dossiers pendant que lui piquait un petit somme. La ronflette a commencé avant le départ du train et s'est achevée miraculeusement, sans aide extérieure, deux secondes avant son arrêt en gare de Lyon Perrache.

Pendant tout le trajet, les quatres cerveaux sont parvenus, à l'issue d'âpres débats, à régler une question cruciale : la date et le lieu de leur prochaine réunion commune.

Je n'ai pas été surpris de voir ce brave homme se prendre une gamelle quelques jours plus tard.

Il y a trois types d'hommes politiques : ceux qui ont la cité à l'esprit, ceux qui souhaitent être cité dans tous les esprits, et ceux qui ne vivent que pour leur parti. Raymond Barre avait trop le sens de l'intérêt général pour pouvoir concurrencer des prédateurs comme Mitterrand ou Chirac.


Et comme si cela ne suffisait pas, son intendance ne suivait pas.

20070710

Clearstream & muddy waters

Notes prises par Bernadette C.
Mars 2007 - petit déjeuner hebdo entre Jacques C. ("PR") et Nicolas Paul Stéphane S. de Nagy-Bocsa ("Petit P").

PR : "on est bien d'accord ? tu me fais voter mon immunité à Versailles et je te donne ma bénédiction urbi et orbi pour ton job de dans deux mois"
PP : "votre bénédiction, vous pouvez la garder pour vous - faites en le moins possible et je ne m'en porterai que mieux. Par contre, il faut que vous me présentiez Hariri : j'ai déjà des fournisseurs pour les transports et le couvert mais pour le gîte, la maison que m'offre Martin manque un peu de classe..."
PR : "je vois le truc - genre gros bunker orange avec vue sur le quai d'Issy, c'est ça ?"
PP : "à peu près... j'ai entendu parler de votre futur pied à terre face au Louvre..."
PR : "aaah... tu vas pas me le piquer celui-là aussi !"
PP : "sinon quoi ? C'est pas pour tout de suite, rassurez-vous. D'ici 10 ans, vous aurez sans doute appris à faire une réussite dans la grande tradition de votre cher Général... et puis pourquoi ne vous rapprocheriez vous pas de votre musée des arts premiers, quelque chose de plus contemporrain de vous que les pièces médiévales de Jacqueline Boccador... Enfin, dans l'immédiat, je vais déjà récupérer la Lanterne : ça fait partie des attributs du Premier Ministre et j'ai bien l'intention de cumuler les fonctions."
PR : "à propos de premier ministre... tu as vraiment besoin de liquider les deux ? Le grand poète de la dissolution, passe encore, mais mon petit Alain, tu trouves pas qu'il a déjà suffisamment payé comme ça ?"
PP : "il faut bien que le meilleur d'entre vous tombe - vous tenez absolument à ce que ce soit le meilleur des escrocs ?"
PR : "lui, il avait préparé sa sortie... tout juste avant la date de péremption. Moi, je ne suis qu'une petite frappe, rien de bien méchant..."
PP : "... mais un récidiviste"
PR : "ah non, tu vas tout de même pas me Karcheriser ?"
PP : "je pensais plutôt vous Kouchneriser - je vous vois bien en tandem tous les deux ; le French doctor faisant la tournée des réfugiés et le VRP d'occase fourguant la came à ses vieux copains dictateurs cacochymes"
PR : "tu peux te moquer, toi qui vas picorer dans la main des Scientologues et de cet imposteur Texan"
PP : "c'est ça la rupture, il faut changer les bonnes mauvaises habitudes..."
PR : "tu dis ça, mais tu finiras bien par en faire toi aussi, des écoutes..."
PP : "je ne dis pas le contraire, mais avec moi s'ouvre l'ère du multimedia. Imaginez : des millions de caméras, chaque citoyen suivi plusieurs centaines de fois dans la journée..."
PR : "tout ça pour quoi ? pour savoir qui voit Cécilia avant d'ouvrir Gala ?
PP : "non non. C'est juste une commande pour des copains : Bolloré et compagnie ont besoin de constituer des stocks d'images pour la TNT et le web 2.0"

20070626

Tony Blair - La Cherry sur le catho

Born again Tony a visité Joseph R. en son château : le futur-ex Premier Ministre sera bientôt aussi catholique que son épouse et ses enfants, et plus en phase avec son ami George.
C'est là où l'on saisit le mieux la véritable personnalité des grands fauves politiques : au moment où ils quittent la fonction suprême, s'abandonnent enfin à leur passion, à ce rêve qu'ils n'avaient jamais eu ni le temps ni la liberté d'assumer.
Lassé d'années de combats, de Gaulle s'était mis à d'innocentes crapettes et réussites. Chirac entame une tournée des grands tribunaux. Tony part en croisade.

20070425

Bayrou flingue Sarko et piege Sego

Obligée d'assumer son invitation suicidaire à un débat télévisé, Ségolène Royal se défausse en proposant finalement à François Bayrou de "partager avec lui son temps de parole durant un forum de la presse régionale, prévu vendredi à 11 heures, à Paris".
Autant dire : comme pour les primaires socialistes, pas un vrai débat mais une simple juxtaposition de discours. Pas face aux Français mais face aux gratte papier de La Nouvelle République du Centre Ouest. Et surtout pas dans un cadre aussi formel que le débat télévisé, désormais impossible à accepter par Royal, puisqu'équivalent à accepter une position d'égalité avec cet éliminé du premier tour. De challenger, elle apparaîtrait ainsi à sa vraie place (la 3e, 2 bis au mieux), et torpillerait ce qui lui resterait de légitimité à participer à la finale - en "qualité", rappelons-le, de candidat ayant suscité le moins d'adhésion auprès de son propre électorat, un comble pour cet apprenti rassembleuse.
Bailleroux a donc logiquement contredragué massivement sur sa gauche, étant entendu qu'il s'agit de son principal réservoir de croissance. Sur sa droite, il a décoché une jolie fausse fuite avant sa conf' de presse, histoire de rappeler aux Chiraquiens le pacte proposé par Sarko en 2004 (le coup de l'âne au vieux lion usé avait modérément servi Jospin en 2002).
De toute façon, le Béarnais n'a pas le choix s'il veut que la sauce tienne : c'est à l'offensive qu'il est le meilleur et il doit exploiter au mieux cette quinzaine partie sur les chapeaux de roue.
J'approuve plus que jamais son diagnostic sur les deux candidats (que je présentais l'autre jour comme "Le Pouvoir Confisqué" face à "L'Empire Eclaté"*), au bémol près que sur le plan du caractère, Ségo me paraît bien plus psychorigide que Sarko, et son mode de gouvernement à elle me fait tout aussi peur (c'est simplement une autre forme de terreur, demandez à ceux qui travaillent sous ses ordres).
Le problème de Bayrou ne se situe pas au niveau du diagnostic, ni même dans l'absence de prescription claire, mais dans la difficulté à réquisitionner le bloc opératoire. Si je n'ai pas voté pour lui (et vous vous en étiez douté, c'était pourtant bien parti pour l'an dernier), c'est parce qu'il semble avoir une difficulté à jouer en équipe et à transformer l'essai - un comble pour un gars du Sud-Ouest. Des trois, il est clairement celui dont je me sens le plus proche en terme de valeurs personnelles - je le rejoins souvent sur le fond, et j'aurais une grande confiance dans la qualité de son jugement à la plus haute fonction de l'Etat... mais comme Villepin et pour des raisons plus difficiles à cerner**, Bayrou a une propension parfois remarquable à gaspiller la bonne occasion. Je lui souhaite sincèrement de réussir pour la suite, même si DSK devra se faire violence pour accepter un strapontin de lieutenant sous ses ordres dans les mois qui viennent.

Tout à l'heure, j'ai retrouvé par moments - mais sans illusions - le Bayrou de l'an dernier face à Chazal***, et je me suis régalé du paradoxe : dans ce drôle d'entre deux tours, lui seul peut tout se permettre et rassembler tout en balançant des attaques directes. FB doit cependant se souvenir que son meilleur coup de pouce serait une nette défaite socialiste le 6 mai.
Je conserve naturellement mon cap pour le vote du second tour. Tout en sachant pertinement que d'autres révélations vont égayer le portrait de Sarko, je demeure certain que la France a besoin d'urgence d'une politique réformatrice de centre droit bien calée, et surtout pas d'une politique de gauche bien dépassée.
Ne parlons pas d'une politique de centre gauche pas encore née et au casting plus qu'incertain.



* cf "Tout sauf Royal - Blogule rouge a la Segosphere - Segobulle" (20070423)
** DdV a clairement des pulsions suicidaires, je ne vois que ça. Il doit se fantasmer en Saint Sébastien criblé de flèches ou en Maréchal succombant à un assaut condamné à l'avance, finissant dans un cas ou dans l'autre sous la plume ou le pinceau lyrique d'un peintre / poète romantique.
*** cf "Blogule blanc a Francois Bayrou en access prime time" (20060902). A propos de Claire Chazal, j'ai bien aimé son petit mot glissé à PPDA qui voulait zapper Douste "non laisse, il est bon". Elle a toujours eu un nez pour repérer les grands orateurs... Dans mon zapping à moi, j'ai aussi bien aimé la nette victoire de la femme debout face au petit nerveux visiblement pas à la hauteur du premier tour (Lucet 1 - 0 Pujadas). Et j'ai trouvé Douste presque moins mauvais sur le service public (l'émulation du fakir Tapie ?).

20070320

12 candidats, combien d'apotres, combien de salopards ?

Blogule blanc aux bulletins blancs avec ce petit sujet de bac blanc :
Si l'abstention s'élève à 30% et si le cycliste part de A à 18 heures en roulant à 30 km / h, sachant qu'il y a 12 candidats dont un quart de trotskystes, un tiers de femmes, et une moitié d'Hollande, attendu que la baignoire se vide de dix litres toutes les minutes, de quel pourcentage les bulletins blancs auront-ils besoin a minima pour faire de ce treizième candidat le premier parti de France ?

Je ne suis pas tenu aux contraintes de la CSA sur l'égalité de traîtement des douze candidats mais vous aurez tout de même droit à une bio sans OGM de chacun d'entre eux :
François Bayrou (UDF)
- il en a rêvé, il va enfin pouvoir en profiter : à lui d'exploiter l'égalité du temps de parole avec des suggestions moins ségolènesques que ce "Grand Ministère des Attentes de la Société Française", un séisme d'amplitude 11 sur l'échelle de Démagochter (même Roland Castro n'avait pas oser l'inclure dans les 89 propositions de son Mouvement de l'Utopie Concrète - à croire que FB vise les rares voix des candidats à moins de 500 parainnages - Corine Lepage hier, Nicolas Miguet demain ?).
Olivier Besancenot (LCR) - le facteur sonne toujours deux fois, et ne vous fiez pas à sa bouille sympathique de Gaston Lagaffe : ce krypto trotsko colissimo va foutre le feu à votre boîte à lettre si vous ne votez pas pour sa révolution du grand matin de la veille du lendemain qui chante.
José Bové (Pour une Alternative Antilibérale) - Bové fait partie des pro-antis : l'alternative antilibérale, en ce qui le concerne, c'est d'éviter à la source la libéralisation et donc, dans un premier temps, d'éviter d'entrer en prison. Le plein air présente d'autres dangers : s'il ne débroussaille pas sa moustache d'ici l'été, l'affreux Jojo s'expose à un feu de forêt carabiné.
Marie-George Buffet (PC) - sans doute le meilleur candidat du PCF depuis l'ère pré-Marchaisienne et le plus sincère, ce Buffet a du coffre. Son objectif : enrayer l'asymptote du parti vers le zéro absolu pour négocier un portefeuille garni dans un gouvernement de programme commun (le programme en question : supprimer le capital travail en France et renforcer le capital des autres pays, supprimer l'ISF à force de faire fuir les riches, et surtout repeindre le dôme Place du Colonel Fabien).
Arlette Laguiller (LO) - LCL, demandez en plus à votre argent. L'ex Crédit Lyonnais a pu financer la retraîte de la mère de tous les candidats sur les seules économies réalisées sur le poste photocopies.
Jean-Marie Le Pen (FN) - De père marin et de fille Marine, Le Pen a vu le jour en 1928, à une époque où Hitler faisait 2,6% en Allemagne. L'un comme l'autre ont besoin d'entretenir un climat de haîne et de crise pour s'épanouir. Le krach de 1929 aura été la chance du premier, le second joue à fond la carte de la mondialisation pour s'imposer.
Frédéric Nihous (CPNT) - Chasse, Pêche, Nature et Tradition, Famille et Patrie, Palombe et Truite, Fromage et Fromage... le programme fleure bon le terroir, mais son porte parole émet des effluves inquiétantes : avec sa tête de videur de boîte de nuit et son flingue à la main, Nihous devrait même être interdit de circuler en forêt - il a dû provoquer pas mal de fausses couches chez les rats musqués.
Ségolène Royal (PS) : l'imposteur en chef vient de réhabiliter Montebourg et sa Sixième République. Histoire de rajouter une couche de couleur changement sur le traditionnel bâti en briques roses - un épais mélange de paille, de poutre, et de bouse d'éléphant séchée. Histoire, aussi, de
répliquer à l'identité nationale version Sarko : moi aussi, je peux focaliser l'actualité en balançant des formules choc. Maintenant qu'on se retrouve tous les deux dans la nasse avec les dix autres nases, il va falloir ressortir les bonnes vieilles recettes de la réclame radio pour se faire entendre. Un débat sur le fond ? Pour quoi faire ? Et surtout, pour dire quoi ?
Nicolas Sarkozy (UMP) : Simone veille sur son image, Jacques ne tardera pas à l'adouber, Le Petit Nicolas va lui aussi reprendre sa liberté. Il souhaite abandonner tous ses mandats pour se consacrer à la quête du Graal, et il pourrait bien se retrouver sans aucun mandat à la fin. Un mois pour s'élever au-dessus des partis, il va bien lui falloir ça avec son mètre cinquante huit.
Gérard Schivardi (Parti des Travailleurs) - sans doute le trotskyste le plus doué en marketing, Schivardi a focalisé ses efforts sur les prescripteurs plutôt que sur les clients finaux. Mais si les maires l'ont choisi, ses pairs préfèreront sans doute Bové.
Philippe de Villiers (MPF) - en marketing (décidément), ça s'appelle un me-too product et ça sert à éviter qu'un concurrent bouffe tout un segment de marché. Cela se ressent jusque dans les initiales, le MPF prolonge l'UMP : vous enlevez le U d'Union, vous ajoutez le F de Front National, vous prenez un aristo dégénéré pour couronner le tout et vous agitez. Il fut un temps où ça se Vendée comme des petits pains...
Dominique Voynet (Les Verts) - le parti peau de chagrin s'avère à l'image de la forêt amazonienne : tous les jours, des pans entiers de biodiversité sont détruits au profit des grandes multinationales altermondialistes (orpailleurs sans scrupules) et des petits producteurs locaux pratiquant la déforestation pour subsister (agriculture, élevage d'ovidés, bovidés et autres bovés). Comme Ségo, Domi lutte en priorité contre l'effet de serres de rapaces nichant dans son propre parti. La différence : Voynet a au moins des convictions authentiques et une certaine honnêteté intellectuelle.

20070312

Fluctuat nec mergitur ? Y a-t-il un maire pour sauver le PSG ?

Le vieux lion fait ses adieux télévisés, mais si Jacques Chirac s'en va mener des combats justes (contre le réchauffement climatique, contre le choc des civilisations, contre le choc des menottes autour de ses propres poignets...), sauver le PSG ne figure plus parmi ses priorités.
Grand serreur de paluches devant l'éternel, ce maire savait jouer de la fibre populaire, tâter le croupion du footballeur dans le vestiaire sous l'oeil attendri des éleveurs, défendre la PAC (PSG d'Attaque Continentale) dans les joutes européennes, décreter l'union sacrée quand le club était menacé.
Les temps ont changé : Bertrand Delanoë se lave les mains pendant que ses adjoints gèrent tranquillement la mise en bière du club, et Notre Dame de Paris veut débarrasser la Porte d'Auteuil de sa cour des miracles. Les effusions viriles sur le pré l'indisposent, tout comme ces 4x4 de luxe parqués au Camp des Loges. En Ligue 2, les joueurs se mettront au vélo. Et les supporters se trouveront d'autres passions. L'important est de dégager la piste puisque, comme le tramway des boulevards extérieurs, la cession du PSG à Colony Capital se résume à une opération immobilière sous couvert de nobles sentiments.
Car le maire ne compte pas pas prolonger Paris Plage par un désert à Auteuil : un beau complexe marchand et de jolis concerts remplaceront définitivement cette ringardissime foire à la ferraille et aux jambons. Exit le Stade Français, exit le PSG. Les gens du village cèderont la place aux Village People. Colony Capital retrouvera ses billes quoi qu'il advienne. Si son projet voit le jour, il pourra sportivement laisser échapper quelques dizaines de millions d'euros. Le PSG peut toucher le fond, le fonds finira par toucher.
Paris a perdu hier. Face à un club du terroir sur le chemin du retour du Salon de l'Agriculture ; un troupeau d'Auxerrois venus paisiblement brouter l'herbe verte de la nouvelle pelouse du Parc. Car en se débarrassant d'un champ de pomme de terre, Paul Le Guen s'est privé de sa spécialité AOC, la fameuse Patate de Pencran. Les jeunes pousses bio ont certes de la saveur mais restent tendres. Youssouf Mulumbu, Clément Chantôme et Mamadou Sakho auront du temps de jeu en Ligue 2. A ces Gavroches des années 2000 de faire aussi bien que les Minots des années 1980.
Paris a perdu hier. L'occasion de sortir de la zone rouge avant deux périlleux déplacements à Rennes et Lens, sans oublier un épuisant combat à Lisbonne face au Benfica.
Paris a perdu hier. Quand ses concurrents directs gagnaient.
Paris a perdu hier, et perdra vraisemblablement encore demain.
Paris peut encore se sauver. Malgré lui, malgré ses édiles. Le combat de la remontée est déjà engagé.
Le 7 avril prochain, après la réception du Mans, le club aura déjà une idée assez claire de ses chances de survie.


PS : retrouvez ce post et mes blogules sur gazon dans footlog, mon futcheblog sur le site France Football.

20070209

Scoop : Chirac candidate

Le couple Clinton a donné des idées aux locataires actuels de l'Elysée : si Jacques Chirac ne se présente pas aux prochaines présidentielles, c'est pour mieux préparer la candidature de Bernadette.
Celle-ci a levé un véritable trésor de guerre en détournant un centième des pièces jaunes collectées durant le long règne de son mari. Elle est désormais prête à en découdre avec Ségo et surtout Le Petit Nicolas, ce chenapan qui a piqué le job d'il y a douze ans du Chi.
Le programme de la Dame de Fer à Friser se résume en un mot : ultraconservateur. Dépénalisation des alcools doux, rétablissement de la peine de mort pour les voleurs de truffes, port du voile obligatoire pour la messe du dimanche, et mesure phare sur le plan économique, retour à l'Ancien Franc. Au-delà du caractère nationaliste, cette dernière promesse tend à redonner tout son sens au programme No Yellow Coin Left Behind (les reflets cuivrés des centimes d'euro désobligent fortement Dédette).

Pour sa part, Jacques souhaite apporter une nouvelle dimension au métier de première dame du pays. Il compte bien remplacer les lambris de la République par des statuettes Taïnos et se construire une hutte masaï au milieu du parc du Château pour mieux servir son fameux thé à la Corona à Akie Abe, épouse de Shinzo Abe et experte reconnue en cuites.
Enfin débarrassé des corvées de VRP de luxe, le vieux guerrier pourra pleinement justifier son nouveau surnom de Lézard Premier.

20070202

Sarko devisse, Sego cravache, Jacquot derape - Blogule rouge a la rase campagne

Le Petit Nicolas n'y est visiblement pas. J'avais déjà été surpris par son langage corporel pendant sa grand messe d'intronisation* le mois dernier mais depuis, l'impression se confirme : un ressort semble s'être brisé. Comme si... comme s'il savait déjà qu'il allait plonger. Le coup des RG ? Une nouvelle Céciliade ? Une planche savamment savonnée par un quarteron de crypto-gaullistes pas encore à la retraîte ?

On pense bien sûr à un ultime coup de poignard de Chirac à son ancien protégé. Le sortant ne s'est pas encore avoué sorti et guette avec intérêt les errements des 46 candidats déclarés.
Mais Jacques a sorti une belle bourde à des journalistes français et américains médusés. Une réflexion en off sur la crise irano-américaine plus proche de la blague antisoviétique de Reagan que des errements peu diplomatiques de Madame Michu Royal, mais une bourde tout de même.
Bové s'est présenté malgré des intentions de vote inférieures à celles de Marie-George Buffet, sans même attendre une petite semaine pour avoir le verdict sur son nième jugement. Une petite semaine qui rappelle le délai généreusement accordé par le Gouvernement aux candidats pour la collecte des 500 signatures. Une semaine qui lui permettra de jouer aux martyrs en cas de condamnation : vous voyez, on veut me faire taire.

Ségolène se l'est joué cuir noir hier. Une rupture sur la forme à défaut d'avancer sur le fond. Peut-être cette nouvelle carapace retardera-t-elle l'inéluctable dégonflement de la bulle, ou plutôt le démasquage de l'imposture.

François Bayrou se décide enfin à avancer timidement sur le boulevard qui s'ouvre devant lui depuis des lustres*. Malgré les bâtons peu élégamment déposés dans ses roues par l'Union Médiatique Prosarkozienne. Dernière pique en date ? Sarko Matin (Le Figaro) vient de ressortir des archives de l'INA les images de la claque portée par Saint François à un jeune beur soupçonné de lui faire les poches.

Je me demande ce que va donner ce choc des civilisations entre la droite la plus bête du monde, la gauche la plus archaïque d'Europe et l'extrême gauche la plus suicidaire de France.




* cf "Blogule rouge à Royal + ISF + Arnaud Montebourg = à gauche toute ?" (20070119)
** cf "
Blogule blanc a Francois Bayrou en access prime time" (20060902)

20061207

Blogule blanc a France 24 - en attendant mieux

Alain de Pouzilhac a beau venir de la pub, le logo de France24 craint un peu et son "look and feel" évoque plutôt ARD ou une chaîne de l'ex bloc soviétique que la BBC. Va pour le bleu et la sobriété, qu'importe le flacon pourvu que l'ivresse dépasse la dose prescrite par TV5...
L'idée est de faire rayonner la Francophonie en faisant entendre la voix de la France et en la matière Chirac pourra difficilement faire pire que Mitterrand : l'Afrique se souvient comment, moins versé dans la techno, le Sphynx s'était amusé à distribuer des machettes aux Rwandais...
Pour le moment, l'ex-CII joue la carte de la diplomacie au niveau de l'info (visite inédite des bureaux du Secrétaire Général de l'ONU) comme de la météo (la Turquie survolée sans commentaires après le Moyen-Orient et bien après l'Europe).
France 24 n'existe pour le moment que sur le web, et cela suffit à mon bonheur. Une chance de plus de zapper gratuitement depuis partout dans le monde après le mondrianoïde iTele et la telenovela BFMTV (où l'on tente de faire passer des acteurs de troisième catégorie pour des stars en exhibant leur gueule en tête de gondole).
La petite nouvelle diffuse en VF, en Anglais (mais avec tout de même 25% de Français et bientôt un décrochage de 4 heures en Arabe), et ce sans afficher la tronche de Sarko à tout bout de champ. S'il devient calife à la place du calife, Le Petit Nicolas se fera un plaisir de réparer cette injustice, et par la même occasion l'affront fait à son ami Martin Bouygues (LCI écarté dès les qualifs, TF1 avant le départ). Devant la montée en puissance de la concurrence et après la double claque TNT / TPS, le lider maximo de l'audiovisuel gaulois vient d'ailleurs de grimper juste au-dessous du seuil de véto dans le Groupe AB, un partenaire historique lui aussi peu versé dans les missions de service public.
Après France2, France3, France4 et France5, France Télévisions s'autorise certes un saut jusqu'à France24, mais d'ici à ce qu'elle concurrence XXL avec France69...

20061030

Blogule rouge a Francois Pinault - La tentation de Venise

François Ier avait fait venir l'Italie en France, fournissant le gîte et le couvert à Leonardo da Vinci... mais Pinault, lui, préfère fourguer ses contemporains à Venise, son Printemps à Rinascente ("Renaissance", tout un programme), et même GDF à Enel.
François Pinault s'était déjà prouvé bonne pâte pour nos voisins transalpins dès 2000, en nouant un accord avec Telecom Italia pour son 9 Telecom. On le retrouve avec Berlusconi dans TV Breitz, ce géant de l'audiovisuel peuplé de Bretons comme Silvio (petit), Le Lay (moyen) et Murdoch (grand breton ascendant Aussie)...
Pizza Pinault aurait-il troqué les passe-droits de Chirac pour un passeport italien ?

20060911

Blogule rouge a 5 ans de regression - 9/11 + 5

Au lendemain du 11 septembre 2001, le monde entier est derrière les Etats-Unis, victimes d'une attaque terroriste sans précédent par son ampleur. Le premier chef d'état étranger à survoler Ground Zero apporte tout son soutien au Président Bush, et l'expérience de cet homme peut s'avérer précieuse : Jacques Chirac a lui-même dirigé un pays sujet au terrorisme islamiste, un pays où les fanatiques ne parviennent cependant pas à faire basculer une majorité musulmane modérée.
Cinq ans plus tard, les Etats-Unis ont endossé le rôle de l'agresseur et affublé les terroristes de la prestigieuse cape des héros, intronisant eux-même dans leur frénésie médiatique les plus dangereux d'entre eux au panthéon des martyrs. Bush a finalement (et même pas poliement) refusé les conseils de Chirac pour suivre ceux de ses faucons et ainsi inviter le chaos et le terrorisme en Irak.
Cinq ans après 9/11, le terrorisme ne s'est jamais aussi bien porté et le Moyen-Orient jamais aussi mal. L'Afghanistan ? Revenu à ses bonnes pas si vieilles habitudes : surproduction de pavot, lapidations en public, restauration d'un Ministère des Vices et de la Vertu... Les extrémistes se rapprochent du pouvoir à chaque scrutin dans le monde musulman, et partout ailleurs les démocraties n'hésitent pas à opter pour des ultranationalistes ou des populistes. Le fondamentalisme a enfin pris pied en France et s'épanouit ailleurs en Europe et dans le monde ; la plus grande menace vient désormais des fils et des filles oubliées de nations fragilisées par la montée des extrémismes. Personne ne s'étonne de voir Le Pen favori pour le 1er tour des présidentielles de 2007, personne ne tique quand le parti nazi américain sponsorise une autoroute dans l'Oregon ou défile fièrement dans l'Ohio. Personne ne s'étonnera de voir l'Amérique du Sud, l'Afrique de l'Est ou l'Asie Centrale devenir les principaux pôles de croissance de la franchise al Qaeda.
Bush a trahi l'espoir que le monde avait placé dans sa démocratie la plus puissante, anéanti les fondements de toute justice, déshonoré son pays et tué une seconde fois les victimes du 11 septembre. C'était écrit* et pire encore, c'était voulu. Car une fois de plus, ce qui apparait comme une succession d'erreurs stratégiques à un observateur objectif n'est autre qu'une succession de choix pertinents aux yeux de ces fanatiques qui font la pluie et le mauvais temps au Bureau Ovale. Eux peuvent se frotter les mains en dressant le bilan de ces 5 ans de malheur : non seulement ils ont brillament réélu leur pantin en 2004, mais ils sont en prime devenus une composante incontournable de la vie politique, économique et sociale du pays et ce jusqu'au comté le plus reculé de ce que l'on a un jour appelé avec admiration les Etats Unis d'Amérique.



* cf blogules 2003-2004-2005.

20060715

Blogule blanc au Musee du Quai Branly - de Tintin au Congo a Disneyland sur Seine

La visite du MQB* (pas encore rebaptisé MJC - Musee Jacques Chirac**) figurait au sommet de ma to do list après la Coupe du Monde. La demi-décennie d'attente valait-elle le coup ?

Pas vraiment : ce formidable espace parait assez mal exploité et la forme y prime sur le fond. On se croirait presque chez Disney avec ce décor de carton pâte déjà sérieusement abimé par une quinzaine d'exploitation. Souvent confus, le musée ne donnera pas envie à des grands parents de revenir avec leurs petits enfants de peur de les perdre. Et que dire des Ombres, invisibles (il faut payer pour voir, repérage interdit).

Heureusement, les collections sont à la hauteur de mes attentes. Je retrouve avec plaisir de sublimes pièces jadis croisées dans de poussiéreux édifices stalino-mussoliniens, et me laisse submerger dans une formidable débauche de formes et de sons, de couleurs et de textures. Au-delà du concept d'alcoves, déjà testé par Jean Nouvel au Leeum de Lee Gun-hee à Séoul, j'apprécie cet effet enveloppant. J'ignore si c'est fait exprès mais cela inverse le traditionnel rapport de force du musée occidental où le visiteur domine les oeuvres des "primitifs". Ici, l'individu est à sa place, noyé dans un océan de diversité, minoritaire mais totalement intégré à la grande famille de l'humanité. Bien joué également : le contemporain fait partie du paysage, tout comme les stocks, intelligemment valorisés.

Au final, un bilan mitigé : si l'époque de Tintin au Congo est heureusement révolue, cette mondialisation culturelle-ci a des petits airs de Disneyland sur Seine.



* quaibranly.fr
** "Blogule rouge a l'en France de l'art" (20050509)

20060625

Blogule rouge au Musee VGE - l'immortel en habit vert de rage ?

La dernière fois que j'ai eu des nouvelles de Jean-Pierre Raffarin, c'était une invitation (payante) à rejoindre son club Dialogue & Initiative.
Sa nouvelle initiative ne va pas me motiver pour le rejoindre : ce charmant Poitevin milite tout simplement pour que le Musée d'Orsay soit rebaptisé Musée Valéry Giscard d'Estaing. Son sur-ex serait effectivement vert de rage de voir Pompidou, Mitterrand et pire encore ce grand dadais de Chirac* laisser leur empreinte culturelle sur la capitale quand lui, le plus génial de tous (inventeur de l'Europe, Pinay des temps modernes et icône vivante des livreurs de laits parisiens), doit se contenter du Musée de l'Accordéon à Monte-sur-Yvette-Horner dans la proche banlieue de Chamalières.

Certes, VGE fut celui qui donna son aval à la reconversion de la Gare d'Orsay en musée. Mais cela relève de l'administratif, pas du culturel. Nul n'ignore l'amour que vouaient Georges Pompidou à l'art contemporain, François Mitterrand aux livres et Jacques Chirac aux arts premiers. Ce n'est tout de même pas parce qu'il a commis une oeuvre libertine ("2 Français sur 3") que l'Ex peut se prétendre grand défenseur de l'art pompier du XIXe.
Par ailleurs, lui ne peut pas se vanter d'avoir défiguré la capitale comme ses collègues Pompidou (le Périf' sans le métro qui devait aller avec), Mitterrand (les burnes du colonel - oups les colonnes de Buren -, sa pharaonique bibliotek dans laquelle dix millions d'arbres ont été coupés et autant de livres grillés...) et Chirac (les Halles, le PSG...) : emplafonner un camion de livraison à 4h du mat' ou se faire giffler par Piccoli, ça fait de jolis happenings mais ça laisse peu de traces.

* à propos du MJC, voir également "Blogule rouge à l'en France de l'Art" (20050510)

20060510

Blogule rouge a Clearstream - cria cuervos

Je trouve les Japonais un peu radins, mais pour 300 millions d'euros Chirac n'a qu'à se cogner un combat de sumo de temps en temps, pas à faire des courbettes à Yasukuni tous les six mois.
Enfin de la politique comme on l'aime, bien dégoulinante à souhait. Corruption, délation, coups bas... il ne manque que l'odeur du sang façon Robert Boulin ou François de Grossouvre.
Tout ce dont le pays a besoin. Ou plutôt les extrêmistes de gauche et de droite, les fondamentalistes d'orient et d'occident, les mouches vertes qui se repaissent des rejets les plus nauséabonds de la République.
Aujourd'hui, je ne suis pas fâché d'être à plus de 10.000 km de Paris.

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