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20160219

La Réforme du Temps de Réponse aux Attentes des Français

Pour 2017, la situation s'est franchement éclaircie : 

1) La gauche ne veut pas de Hollande, le centre de Sarkozy, les talents de demain du Centre, la France de Le Pen, et les écolos de n'importe quel écolo appartenant à une autre chapelle que la leur.

2) Le gouvernement de cohabitation a été remanié autour des derniers gusses se réclamant de gauche et capables de cocher les trois cases suivantes : "n'appellera pas à voter contre les réformes de droite sensées donner à Hollande une chance de se représenter", "ne se présentera pas contre Hollande en 2017", et "est prêt à tout pour obtenir un maroquin, même à lécher toutes les bottes juste après Jean-Vincent Placé"

3) Pour chacun des trois scrutins supposés clarifier la situation d'ici 2017, personne n'est capable de dire aujourd'hui qui sera habilité à voter : le gouvernement à annoncé un référendum sur Notre-Dame-des-Landes sans préciser qui sera concerné, les Républicains une Primaire sans préciser si le Centre sera invité, et les Socialistes la possibilité houellebecquienne d'une Primaire sans préciser si les soumissions seront acceptées.

Donc à ce stade, le candidat le mieux positionné pour remporter les Présidentielles de 2017 en France est sans nul doute Michael Bloomberg.

En attendant que cet archi favori déclare ses intentions, la logique voudrait qu'Emmanuel Macron se présente manu militari face à Manuel Valls et Emmanuelle Mignon aux Primaires des Républicains, Alain Juppé face à François Bayrou aux Primaires du MoDem, et Nicolas Sarkozy face à Marine Le Pen aux Primaires du Rassemblement Patriote (le futur petit nom du FN qui, après avoir dévergondé La Pucelle d'Orléans, cherche à nous fourguer sa version révisionniste du dictionnaire). Montebourg a commandé une perruque de Bernie Sanders, mais n'est pas sûr d'être livré à temps par le concurrent français d'Amazon.com, la bievre point fr. Myriam El Khomri devra quant à elle patienter encore plus longtemps, ayant raté de quelques jours les Primaires du FMI face à Christine Lagarde.

Ayons une pensée pour Laurent Fabius qui, à part l'Elysée, aura fait un grand chelem des honneurs de la Ve République : après avoir servi de colonne vertébrale virtuelle à Flanby, son prochain job consistera, au Con Con, à apporter des oranges à Sarko et des bavoirs à Chirac.

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20140826

Fluctuat et merditur

Dès le départ, Montebourg à Bercy, ça sentait le Sapin. Mais Manuel Valls ne doit pas se réjouir trop tôt du départ du chantre du Rassemblement Bleu Marinière: non seulement il doit continuer à se coltiner Ségo, mais en plus il risque de récupérer un autre grand comique zizaniste, Jean-Vincent Placé - l'ex de Cécile Duflot est prêt à tout pour devenir ministre, même à renier les Verts et le Grand Orient. Et s'il est gentil, Manu aura en bonus un Bertrand Delanoë en Jack Lang II. Sans oublier évidemment Jean-Michel Baylet, il faut bien que le PRG justifie une longue tradition de pièces détachées pour gouvernements en perdition.


François Hollande continue à gérer le pays comme il a géré son parti, incapable de trancher et toujours à tenter de caresser tous les courants dans le sens du poil. La bonne nouvelle, c'est que d'autres se mettent à décider pour lui en quittant le Titanic.


Une glace à deux boules sur l'Ile de Sein. "Et un grand verre d'eau s'il vous plait".

L'autre bonne nouvelle, c'est qu'il peut toujours s'appuyer sur une nette majorité présidentielle, celle qui l'a porté à L'Elysée: le "Tout Sauf Sarkozy".

Tiens, à propos: quel troisième homme profitera du duel Juppé-Fillon?


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20111010

Martine à la charge

Au soir du premier tour des primaires socialistes, François Hollande ne compte que 8 points d'avance sur Martine Aubry (39 vs 31%), Arnaud Montebourg confirmant sa troisième place loin devant les autres "petits candidats" : 17 points pour le chantre de la "démondialisation"*, 5.7 pour le chantre du réalisme budgétaire (Manuel Valls), 0.6 pour le chancre venu du PRG se greffer sur le show PS (Jean-Michel Baylet). 7% d'indécrottables continuent en croire en la candidatude permanente de Ségolène Royal, la femme (K.O.) debout.

Avec le concours de Montebourg, parfait dans son rôle de Fabius 2007 (l'imposteur supposé défendre les valeurs historiques de la gauche), l'heure est venue pour les deux finalistes d'afficher au grand jour toutes les contradictions d'un parti qui n'a toujours pas renoncé au grand écart entre le XIXe et le XXIe siècle.

Ce n'est pas la gauche qui fera tomber Sarkozy mais la république. Le Petit Pair des Pipoles se prépare à livrer bataille sur le terrain économique et à allumer le futur porteur des 110 propositions socialistes parce que la France a fondamentalement peur de placer un Front Populaire en réponse à la crise, parce que la France sait que ce n'est pas le moment de revenir sur les réformes des retraîtes.

La France aspire fondamentalement à un recentrage autour des valeurs républicaines. Une union sacrée contre les extrêmes : des marchés plus régulés, un état fort mais agile, des citoyens plus sûrs dans leurs droits et leurs devoirs, une croissance plus respectueuse de l'environnement, une laïcité inviolable...

Jean-Pierre Chevènement a fait son beurre sur un discours républicain. Et s'il n'a pas participé à la primaire, ses affiches côtoyaient ces derniers temps celles de Royal ou Montebourg du côté de la République...

Bien sûr, les Français ne voteront pas Chevènement, et le vainqueur des primaires sera le(la) mieux placé(e) pour l'emporter. Mais Sarkozy tombera encore plus certainement si le centre droit se trouve un champion. Bayrou refuse l'étiquette, Borloo refuse le combat, Villepin refuse d'admettre qu'il n'a aucune chance.

Droit dans ses bottes, Juppé attend tranquillement le printemps et guette la faute du "candidat naturel".

blogules 2011

* tiens, même score que le NPS (Nouveau Parti socialiste) au Congrès de Dijon en 2003

20071013

ADN et Ouverture Choisie

Dans le cadre de l'Ouverture Choisie, Brice Hortefeux a imposé des tests ADN à tout prétendant au gouvernement étranger à l'UMP.

Si Jack Lang n'a eu aucun mal à prouver son pédigrée remontant au Tontonien Supérieur et si Pierre Mauroy a rapidement obtenu la tête du Fonds Viticole International, la sévérité des contrôles fait désormais hésiter les jeunes loups ambitieux de la rue de Solferino.

Le jour où Arnaud Montebourg a été recalé, un tollé général a animé le Landernau politique. Même François Hollande a volé à son secours, alors qu'a priori, le Secrétaire Général du PS se réjouissait plutôt du départ d'un élément aussi encombrant vers d'autres horizons : "le procédé de l'ADN était déjà scandaleux, mais barrer Arnaud à cause de son SIDA, c'est franchement dégueulasse". Le député de Saône et Loire n'a effectivement jamais caché sa Ségolènomanie Irresponsable Déficitaire Acquise.

Pour sa part, Bertrand Delanoë a tout simplement refusé de prendre le risque d'un test : "j'ai peur d'en apprendre trop sur moi-même, et puis la famille d'Yves Montand serait capable de me coller un procès si elle apprenait que j'étais l'enfant de Pierre Barouh et Francis Lai, auteurs de "à bicyclette"."

Parmi les rares qualifiés, une personne aux dents longues : Mazarine Pingeot les a pointues comme son papa. Mais au propre et pas encore au figuré. Pas question pour le moment d'en faire une fifille à Fillon : contrairement à François Mitterrand, Mazette ne prétend pas à un poste politique, et n'ira pas jusqu'à se faire limer les canines pour devenir calife à la place du calife.

Or le Calife actuel Nicolas Sarkozy a pour elle les yeux de Chimène ; après tout, Mazarine doit sa notoriété à son Journal Officiel (Paris Match de Novembre 1994), et son compagnon a été l'un des premiers lauréats de la Fondation Lagardère. Le Petit Pair des Pipoles a donc d'abord pensé à la Culture, quitte à débouter Christine Albanel et remplacer l'ex présidente du chateau de Versailles par la fille de la conservatrice du Musée d'Orsay. Mais celle-ci a décliné poliment : "je souhaite continuer à écrire - imaginez que je gagne le Goncourt en ayant l'étiquette de ministre..." Le Président a répliqué "vous rejoindrez alors Malraux et - je l'espère bientôt - Bernard Laporte au Panthéon - on a connu des cimetières plus sinistres, et votre famille connait déjà le chemin si je ne m'abuse..." En vain.

De son côté, Rachida Dati a dévoré "Le Cimetière des Poupées" et beaucoup apprécié la verve populo-judiciaire de la jeune romancière : "j'aimerais lui confier une mission sur les solutions alternatives à la prison classique comme la congélation - Nicolas négocie déjà des accords de stockage avec la grande distribution, et pour négocier les accords logistiques pour les extradition sur la zône Méditerranée elle pourra s'appuyer sur l'expérience de Cecilia María Sara Isabel Ciganer Albéniz".

Mais le vainqueur pourrait bien s'appeler Jean-Louis Borloo : "on a besoin de législateurs de sa trempe pour le Grenelle de l'Environnement : voilà quelqu'un qui a divisé par 5 son empreinte carbone en deux ans, passant de 60.000 exemplaires pour son "Premier Roman" à 12.000 pour "Zeyn ou la Reconquête". Pour faire mieux, Yasmina Reza serait obligée d'embrayer sur la bio de Henri Emmanuelli mais Nico l'a déjà branchée sur Christian Clavier."

Mazarine réserve sa réponse : "si Al Gore a obtenu le Nobel de la Paix pour un reportage sur le réchauffement climatique, je peux obtenir le Nobel de Littérature pour un papier sur le réchauffement au sein de l'Assemblée Nationale". Et figurer en bonne place sur la biblio en tek géante de papa.

Bon sang ne saurait mentir.

20070622

Foutagedegueulitude

Désormais, seule la masse des Ségophiles papillonnant vainement dans la Ségosphère persiste à croire aveuglément en la Ségobulle. Peut être aussi Montebourg, sauvé par le gong et la désastreuse gestion de l'entre-deux tours par la bande à Fillon...

Mais ses plus fervents supporters sont bien obligés d'exprimer leur perplexité devant l'aveu de leur candidate : je ne croyais pas en ce projet que j'incarnais avec tant de conviction, je me suis battue pour des idées que je savais mauvaises, et ce n'est naturellement pas ma faute si nous avons perdu. C'est pourquoi je suis la mieux placée pour rénover le parti en portant une nouvelle idéologie totalement cohérente et durable, avec le courage et la franchise que vous me connaissez... Au passage, je signifie par voie d'édition ma volonté de séparation à celui auquel je signifiais il y a quelques mois ma volonté de mariage par voie de presse.

Ségolène Royal s'est donc royalement foutu de la gueule de ses électeurs et elle le leur dit très clairement... mais le pire c'est qu'elle n'a pas vraiment l'air de s'en rendre compte.

Car je l'ai déjà dit et répété, il y a bien longtemps que cette personne a perdu tout sens des réalités. Ségo n'a d'autre objectif que le maintien de son état de Candidatude Permanente.

Le Petit Nicolas l'a parfaitement compris. Il a tout intérêt à entretenir le paradis artificiel de la Ségobulle, à gonfler les rangs de cette passionaria du néant qu'il sait pertinement incapable de réformer le PS, mais redoutablement efficace pour conduire la troupe au cimetière des éléphants.

C'est donc elle qu'il a choisi pour représenter le PS dans ses rencontres préparatoires au sommet Européen et à l'affrontement des 27 (il y a bien 26 pays en Europe en dehors de la France mais il faut compter avec les jumeaux polonais). Ségo n'a aucune légitimité mais ça tombe juste avant le comité central du plénum, ou plutôt ce grand péplum où Hannibal s'apprête à traverser les Alpes à dos de pachyderme.

Pendant que nos héros hésitent encore entre le versant ouest, la face est et la mythique troisième voie, Bayrou exhorte ses bédouins à enfourcher leurs chameaux pour s'attaquer au désert, non sans leur avoir offert un fromage pour le moins indigeste.

Napoléon contemple la vaste plaine conquise en observant sans trop y croire ses ennemis se battre sur des fronts lointains qu'ils se sont eux-même ouverts contre leurs propres troupes.

20070615

Premier bilan sur la présidence de Ségolène

Dans la foulée de son triomphe du 6 mai et au lendemain du raz de marée rose des législatives, Ségolène Royal a d'ores et déjà profondément bouleversé le paysage politique français.

Rien ne semble vouloir résister à la nouvelle femme forte de la république, et ce depuis les premières heures de son mandat et ce voyage officiel à Bruxelles couronné de succès : "José Manuel Barroso a accepté sans concession ma proposition de faire immédiatement entrer en Europe et sans référendum la région Poitou - Charentes".


La mise en place de la TVA Sociale n'a pas plus soulevé de résistance de la part des partenaires sociaux : tous ont fini par jeter l'éponge au bout de 48 heures de monologue d'une présidente déterminée à s'engager à fond dans la mise en oeuvre de son pacte présidentiel.

Plus rapide encore, le Garde des Sceaux Henri Emmanuelli a réussi à rendre illégal le délit de sale gueule à l'instant même où il a hérité de son maroquin. Le Ministère des Relations Avec Les Jurys Populaires a en revanche décidé de prendre le temps de la réflexion, Régis Debray ayant chargé Jacques Vergès d'un benchmark avec la méthode Pol Pot. Le Ministre de l'Economie et des Finances doit également s'armer de patience et de pédagogues chevronnés pour parvenir à ses fins : DSK n'est toujours pas parvenu à faire comprendre à la présidente le concept de débit et de crédit, le concept d'intérêt et de dette, et pour commencer le concept d'économie.

Ministre d'Etat chargé de la Réforme du Parti Socialiste, Arnaud Montebourg a pour sa part livré la première mouture de son projet de VIe République : "la République des VI répartira équitablement les pouvoirs entre les Fabiusiens, les Strauss-Kahniens, les Royalistes, les Rocardiens, les Delanoïstes canal historique et les Delanoïstes tendance SM." Par ailleurs, Arnaud de Montebourg chapeautera désormais le Secrétariat d'Etat à l'Ouverture vers François Hollande, dont la première mission portera sur le recrutement du Secrétaire d'Etat. Le Premier Ministre verrait bien un baroudeur ayant déjà fait ses preuves sur des terrains hostiles, dans le genre Bernard Kouchner.

Rappelé sous les drapeaux, Jean-Pierre Chevènement peine encore à imprimer sa marque sur le nouveau Ministère de la Marseillaise, des Drapeaux Tricolores et des Camps des Jeunesses Ségolèniennes : "J'ai menacé de démissionner si l'on me refusait les modifications du couplet destinées à faciliter la remobilisation des sauvageons sur la voie républicaine ("qu'un son impur abreuve nos microsillons"), mais il parait que maintenant personne n'a de platines pour mes 78 tours, alors j'ai dû CD".

10 ans après, Bernard Tapie a également eu du mal à reconnaître la Santé : "marrant, la dernière fois les tauliers portaient pas de blouses blanches, mais question bouffe pas de doute, c'est toujours aussi dégueu". Moins dépaysé, Jack Lang a vite retrouvé ses repères au Ministère de la Cultitude, en paradant dans une chemise à col Hu Jintao qui lui valut un accueil triomphal pour son premier voyage officiel à Beijing, au même titre que ses félicitations adressées au pouvoir central pour avoir offert à tous les dissidents de ravissants costumes visiblement designés par Daniel Buren.

Les relations internationales sont clairement au beau fixe, comme en témoigne l'accueil chaleureux réservé à Ségolène Royale au G8. La présidente a conquis Vladimir Poutine en s'enthousiasmant devant l'efficacité de son système de nettoyage des rues moscovites : "si ça marche aussi bien pour les crottes de chiens que pour les joueurs d'échecs, il faut que j'en parle à Bernard". Elle a ensuite reçu le soutien de George W. Bush dans son projet de lutte contre le réchauffement climatique : pour s'habiller plus léger, les Africains bénéficieront de tarifs ultracompétitifs sur le coton américain. Seule ombre au tableau : le départ précipité de François Hollande juste avant le dîner des épouses du G8, furieux de constater que Joachim Sauer portait le même costume que lui. Le mari d'Angela Merkel a immédiatement minimisé l'incident en complimentant le Premier Sieur de France pour sa très élégante cravate rose.

Cette anecdote n'entâche en rien les premiers pas de Ségolène Royal dans ses nouvelles fonctions. Si les analystes s'inquiètent, c'est avant tout sur sa capacité à tenir le rythme pendant cinq ans. Rappelons qu'à raison de six à huit heures par jour et tous les jours, la Présidente - Premier Ministre s'adresse aux Français sur les ondes suivant la méthode éprouvée par Hugo Chavez et son modèle Fidel Castro. L'audience a sensiblement baissé depuis les premiers jours mais contrairement à son prédécesseur, le nouveau président de France Télévisions a décidé de laisser plus de temps à l'émission "La Femme Debout" pour s'imposer dans la grille.

Le sort de l'autre protagoniste du 6 mai suscite clairement plus d'inquiétudes : les medias sont toujours sans nouvelle de Nicolas Sarkozy depuis son départ le 7 mai au matin en croisière sur la barque 367 du lac du Bois de Boulogne. Selon certaines sources refusant d'être citées, ce confortable vaisseau à huit places équipé de deux rames et de deux authentiques dames de nage de la haute époque fin Pompidou début Giscard aurait été grâcieusement mis à la disposition du candidat malheureux par un gardien de nuit qui connaîtrait très bien la concierge de l'amant du chauffeur de Christian Clavier. Sur eBay, les invendus de "Qui connaît Nicolas Sarkozy ?" sont désormais bradés à vingt centimes d'euro par les éditions Maspero.

20070320

12 candidats, combien d'apotres, combien de salopards ?

Blogule blanc aux bulletins blancs avec ce petit sujet de bac blanc :
Si l'abstention s'élève à 30% et si le cycliste part de A à 18 heures en roulant à 30 km / h, sachant qu'il y a 12 candidats dont un quart de trotskystes, un tiers de femmes, et une moitié d'Hollande, attendu que la baignoire se vide de dix litres toutes les minutes, de quel pourcentage les bulletins blancs auront-ils besoin a minima pour faire de ce treizième candidat le premier parti de France ?

Je ne suis pas tenu aux contraintes de la CSA sur l'égalité de traîtement des douze candidats mais vous aurez tout de même droit à une bio sans OGM de chacun d'entre eux :
François Bayrou (UDF)
- il en a rêvé, il va enfin pouvoir en profiter : à lui d'exploiter l'égalité du temps de parole avec des suggestions moins ségolènesques que ce "Grand Ministère des Attentes de la Société Française", un séisme d'amplitude 11 sur l'échelle de Démagochter (même Roland Castro n'avait pas oser l'inclure dans les 89 propositions de son Mouvement de l'Utopie Concrète - à croire que FB vise les rares voix des candidats à moins de 500 parainnages - Corine Lepage hier, Nicolas Miguet demain ?).
Olivier Besancenot (LCR) - le facteur sonne toujours deux fois, et ne vous fiez pas à sa bouille sympathique de Gaston Lagaffe : ce krypto trotsko colissimo va foutre le feu à votre boîte à lettre si vous ne votez pas pour sa révolution du grand matin de la veille du lendemain qui chante.
José Bové (Pour une Alternative Antilibérale) - Bové fait partie des pro-antis : l'alternative antilibérale, en ce qui le concerne, c'est d'éviter à la source la libéralisation et donc, dans un premier temps, d'éviter d'entrer en prison. Le plein air présente d'autres dangers : s'il ne débroussaille pas sa moustache d'ici l'été, l'affreux Jojo s'expose à un feu de forêt carabiné.
Marie-George Buffet (PC) - sans doute le meilleur candidat du PCF depuis l'ère pré-Marchaisienne et le plus sincère, ce Buffet a du coffre. Son objectif : enrayer l'asymptote du parti vers le zéro absolu pour négocier un portefeuille garni dans un gouvernement de programme commun (le programme en question : supprimer le capital travail en France et renforcer le capital des autres pays, supprimer l'ISF à force de faire fuir les riches, et surtout repeindre le dôme Place du Colonel Fabien).
Arlette Laguiller (LO) - LCL, demandez en plus à votre argent. L'ex Crédit Lyonnais a pu financer la retraîte de la mère de tous les candidats sur les seules économies réalisées sur le poste photocopies.
Jean-Marie Le Pen (FN) - De père marin et de fille Marine, Le Pen a vu le jour en 1928, à une époque où Hitler faisait 2,6% en Allemagne. L'un comme l'autre ont besoin d'entretenir un climat de haîne et de crise pour s'épanouir. Le krach de 1929 aura été la chance du premier, le second joue à fond la carte de la mondialisation pour s'imposer.
Frédéric Nihous (CPNT) - Chasse, Pêche, Nature et Tradition, Famille et Patrie, Palombe et Truite, Fromage et Fromage... le programme fleure bon le terroir, mais son porte parole émet des effluves inquiétantes : avec sa tête de videur de boîte de nuit et son flingue à la main, Nihous devrait même être interdit de circuler en forêt - il a dû provoquer pas mal de fausses couches chez les rats musqués.
Ségolène Royal (PS) : l'imposteur en chef vient de réhabiliter Montebourg et sa Sixième République. Histoire de rajouter une couche de couleur changement sur le traditionnel bâti en briques roses - un épais mélange de paille, de poutre, et de bouse d'éléphant séchée. Histoire, aussi, de
répliquer à l'identité nationale version Sarko : moi aussi, je peux focaliser l'actualité en balançant des formules choc. Maintenant qu'on se retrouve tous les deux dans la nasse avec les dix autres nases, il va falloir ressortir les bonnes vieilles recettes de la réclame radio pour se faire entendre. Un débat sur le fond ? Pour quoi faire ? Et surtout, pour dire quoi ?
Nicolas Sarkozy (UMP) : Simone veille sur son image, Jacques ne tardera pas à l'adouber, Le Petit Nicolas va lui aussi reprendre sa liberté. Il souhaite abandonner tous ses mandats pour se consacrer à la quête du Graal, et il pourrait bien se retrouver sans aucun mandat à la fin. Un mois pour s'élever au-dessus des partis, il va bien lui falloir ça avec son mètre cinquante huit.
Gérard Schivardi (Parti des Travailleurs) - sans doute le trotskyste le plus doué en marketing, Schivardi a focalisé ses efforts sur les prescripteurs plutôt que sur les clients finaux. Mais si les maires l'ont choisi, ses pairs préfèreront sans doute Bové.
Philippe de Villiers (MPF) - en marketing (décidément), ça s'appelle un me-too product et ça sert à éviter qu'un concurrent bouffe tout un segment de marché. Cela se ressent jusque dans les initiales, le MPF prolonge l'UMP : vous enlevez le U d'Union, vous ajoutez le F de Front National, vous prenez un aristo dégénéré pour couronner le tout et vous agitez. Il fut un temps où ça se Vendée comme des petits pains...
Dominique Voynet (Les Verts) - le parti peau de chagrin s'avère à l'image de la forêt amazonienne : tous les jours, des pans entiers de biodiversité sont détruits au profit des grandes multinationales altermondialistes (orpailleurs sans scrupules) et des petits producteurs locaux pratiquant la déforestation pour subsister (agriculture, élevage d'ovidés, bovidés et autres bovés). Comme Ségo, Domi lutte en priorité contre l'effet de serres de rapaces nichant dans son propre parti. La différence : Voynet a au moins des convictions authentiques et une certaine honnêteté intellectuelle.

20070119

Blogule rouge à Royal + ISF + Arnaud Montebourg = à gauche toute ?

"Carton jaune" à Arnaud Montebourg. Le porte-parole de la candidate socialiste sera suspendu un mois pour ses propos désobligeants à l'égard du futur premier monsieur de France, François Hollande*.
Au football, il faut au moins deux cartons jaunes pour être suspendu mais passons... Ségolène Royal a décidément du mal à afficher des positions claires sur le fond, et autre chose qu'un sourire crispé sur la forme.
Comme prévu, sa nomination en tête de liste passe mal au sein de son propre parti puisqu'elle ne le représente pas. Ségo roule pour elle-même, son programme se résume à sa pomme et ça commence à se voir.
Le PS commence aussi à comprendre qu'il s'est piégé tout seul : à l'inverse des Verts de 2002, il lui sera impossible de changer de roue en cas de crevaison, sous peine de passer pour un parti d'abominables phallocrates rétrogrades. Les éléphants visant la victoire avant 2012 prient donc (même les plus athées d'entre eux) pour que la bulle résiste jusqu'aux élections.
Voici qui ouvre deux boulevards :

  • vers le centre, ceux qui ne se reconnaissent ni dans cette "égolène" ni dans Sarkozy finiront peut-être par remarquer l'existence du candidat François Bayrou
  • vers l'extrème gauche, pour peu que ça se décante, la probabilité d'un second tour progresse spectaculairement. Marie-George Buffet ayant le coffre sur le fond mais pas le charisme sur la forme, l'entrée en scène d'un cador médiatique semble inéluctable
Pendant ce temps-là, Le Petit Nicolas a brillamment passé l'examen du sacre. Comme prévu là aussi**, en l'absence totale de débat. Ce qui m'a le plus frappé pourtant dans ce barnum pipolitique, c'est son "body language" au moment du triomphe à la tribune : l'arrogant petit coq donnait l'impression de réaliser brusquement l'ampleur de la tâche, de douter de sa capaciter à avoir la taille de ses ambitions. Etrange...
Drôle de semaine : autant le malaise du PS devant le néant ségolènien était prévisible, autant celui de Nabot-léon devant le Pont d'Arcole laisse pantois.


* reconnaissons à ce dernier l'erreur de ne pas avoir démissionné de ses fonctions une fois sa camarade de compagne intronisée... mais cette erreur a ses raisons : imaginez la foire d'empoigne pour la succession !
** cf "Blogule rouge à la chasse au Hulot - tu es des nôtres, tu as bu ton Vert comme les autres" (20061124) : j'avais annoncé un plébiscite saddamien à 96% au lieu de 98,1% en faveur de Sarko, mais dans un scénario à deux candidats à la candidature (Nicolas Dupont d'Aignan).

20051203

Blogule rouge au primaires - partis de rien

Résumé des épisodes précédents : pour réussir 2007, le Parti Socialiste a décidé de reconstituer l'équipe de 2002, en gardant simplement le frisé austère en réserve de la république. Et pour éviter tout risque de changement, on débarque Montebourg. Fabius donne du "camarade" à tout bout de champ, Hollande rosit comme un bon parmesan qui n'a rien appris de son maître florentin, et DSK persiste à ne rien livrer de son programme - les dernières propositions avaient au moins le mérite de dérider l'atmosphère. Ségolène, quant à elle, n'a plus qu'à se taire.
Résumé des épisodes précédents : pour réussir 2007, l'UMP a décidé de reconstituer l'équipe de 1995, en renvoyant simplement Balladur phosphorer sur les rives du Bosphore et en rendant gentillement à Chirac son look lunettu de 1974.

Résultat des courses : on a plus de chances de se retrouver au second tour avec un Sarkozy - Bové qu'avec un Royal - Canin (avec Bayrou dans le rôle du caniche ou Villepin dans le rôle du lévrier afghan). Et j'ai du mal à dire qui de Bush bis ou de Chavez bis ferait le plus de dégâts dans ce qu'il nous restera de république.

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