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20110822

Egypte - Israel : le dessous des cartes

Des attentats terroristes en provenance de Gaza, Bibi Netanyahu pratiquant l'escalade au quart de tour... malheureusement, sauf une surprise à quelques jours de l'offensive pacifiste de la Palestine à l'ONU : une fois de plus, les radicaux des deux bords relancent leur partie de ping-pong dès que les modérés menacent de faire entendre leur voix*.

Le gouvernement Israélien saute d'autant plus sur l'occasion qu'il est challengé de l'intérieur sur le front économique : les "indignés" israéliens défilent comme les autres peuples aux quatre coins du monde.

Il est peut-être aussi temps pour Netanyahu de revigorer le Hamas et le Hezbollah, ses meilleurs ennemis connaissant un petit coup de mou à l'image de leur sponsor syrien Assad. Pas d'inquiétude en revanche sur l'ex (futur ?) front Egyptien : la Muslim Brotherhood n'avait pas attendu ce meurtrier coup de pouce de Tel Aviv - une bavure plus que "regrettable" - pour reprendre des couleurs. Comme prévu, hélas**, les Islamistes gagnent du terrain dès que les révolutions populaires s'essoufflent en Egypte ou en Tunisie face aux réalités politiques (gabégie, corruption, inorganisation démocratique) et surtout aux réalités économiques.

Même espoir et inquiétude en Libye : Muammar al Gaddafi tombera bientôt, et l'avenir dira si le pays lui survivra.

Quoi qu'il arrive, on se dirige vers une redistribution des cartes au niveau mondial. Au sens fort, avec de nouveaux pays et de nouvelles frontières. Une nouvelle phase commence après un demi-siècle de post-colonisation, la notion de nation comme celle de peuple évolue à toute vitesse, de nouvelles communautés économiques et politiques se dessinent***, et sur le plan social l'humanité se découvre enfin une forme de vécu commun. Rien de bien précis à ce stade, mais je ne pense pas que cela prenne plusieurs décennies pour que l'on passe vraiment à quelque chose d'autre.

blogules 2011

* les "radicaux" étant également au pouvoir en Israel, pour rappel : "
persiste et signe"
** voir "
Le rideau de sable et la renaissance musulmane"
*** point positif : la notion de fair market (voir "
Mondialisation : du "free market" au "fair market".") progresse inexorablement

20090109

Le 10 Février 2009, Israël vote Obama '08 ou Bush '04 ?

Avant même le début des bombardements sur Gaza, il était possible de prévoir la suite : une attaque terrestre, la menace d'une nouvelle Intifada en Palestine, d'un nouveau front au Nord avec le Hezbollah, et bien sûr d'un embrasement dans le monde musulman avec en prime le retour en grâce des marchands de haîne, sur la sellette depuis le 4 Novembre.

Le tout, bien sûr, suffisamment avant le 20 Janvier et l'arrivée aux manettes d'Obama, histoire de rafler une large majorité radicale le 10 Février aux élections pour la 18e Knesset 1.

Une dizaine de jours avant l'intronisation de Barack, force est de constater que les extrémistes frôlent la "perfection" (on a même eu droit aux habituels débordements anti-sémites en France, un triste rituel dans ce type de circonstances...).

Mais leur triomphe n'est pas une fatalité.

Et la sensation de déjà vu nous projette bien avant le fiasco de l'IDF au Liban en 2006 : comment ne pas faire le parallèle entre l'Israël de 2009 et les Etats-Unis de 2003-2004 ?

- Une prétendue "guerre contre le terrorisme" en réalité délibérément menée pour
répandre de l'huile sur le feu, renforcer les fondamentalismes, affaiblir la démocratie, et assurer la victoire politique durable d'une idéologie subtilement fascisante

- L'alibi fallacieux du renversement d'un régime "diabolique" ; en réalité un partenaire bien pratique pour mobiliser l'extrême droite religieuse... et pour montrer aux autres que finalement, si l'on se permet quelques libertés avec les conventions internationales, il y a toujours pire ailleurs

- L'adhésion massive d'un peuple traumatisé, mais manipulé par une propagande savamment orchestrée par des spin doctors et des media au pire complices, au mieux privés de toute image contradictoire.

- La vaine gesticulation de l'ONU et même - tout arrive ! - de l'Etat Français (pour Sarkouchner, l'occasion unique de se redorer le blason façon Chirac-Villepin ?).

- ...


Bien sûr, Obama et Clinton auront trois semaines entre le 20 Janvier et le 10 Février pour tenter, s'ils y tiennent vraiment, de sauver Israël de son pire ennemi : celui qui le mine de l'intérieur, celui qui détruit méthodiquement tout espoir de paix, celui qui a eu la peau de Rabin et aura les os de ce qu'il reste de Cisjordanie.

Mais ce n'est pas le silence, logique, d'Obama qui m'inquiète ; c'est celui, assourdissant, des modérés Israéliens, c'est l'absence d'opposition politique dans un pays dont le centre de gravité a fortement basculé à droite (entre Ehud Barak et le Likoud...). Elle finira bien par émerger un jour, mais l'incontournable implosion n'est pas pour demain 2.

Sincèrement, je ne pensais pas, après le 2 Novembre 2004, que l'Amérique allait
se recentrer aussi vite et se racheter aussi spectaculairement.

Mais pour tout le monde, il serait franchement préférable que le 10 février 2009, Israël dise tout de suite "Yes we can" à l'Histoire au lieu de voter pour Bush-Cheney 2004.



1- voir blogules en V.O. "
Come Feb. 10th, Will Israel Embrace History Or Vote Bush-Cheney 2004 ?" et "A Christmas Gift for Fundamentalists ?"
2- "Happy new year 2010", mais pas de "guerre civile" pour le moment...

PS : quand des mouvements néo-nazis commencent à applaudir Israël, c’est que quelque chose ne tourne pas rond : "Neo-Nazis For Israel?"... Tout aussi significatif : le très conservateur et AIPACien WSJ publie une tribune de George E. Bisharat intitulée "Israel Is Committing War Crimes"... is change coming ?

20080510

Le Hezbollah invite Israël à se radicaliser encore plus

En guise de cadeau d'anniversaire pour les 60 ans d'Israël et alors qu'il frise l'asphyxie dans une sordide affaire de corruption, Ehud Olmert se voit offrir un bol d'air vicié par ses amis du Hezbollah : leur Coup d'Etat au Liban risque fort de provoquer l'arriver d'un nouveau dirigeant encore plus radical à la tête d'Israël.

Pour rappel : les fondamentalistes les plus forcenés des trois principales religions monothéistes rêvent d'une guerre finale dans la région*, Bush veut la déclencher impérativement avant la fin de son mandat, et à ses yeux Olmert n'est probablement plus l'homme de la situation après sa perte de face en 2006 face à Sayyed Hassan Nasrallah.

Ordoncques ce dernier lance une offensive destinée à causer une rupture définitive dans la région : saisissant le prétexte que son réseau téléphonique a été déclaré illégal par le gouvernement libanais, le mouvement radical chiite a brutalement mis la main sur l'ouest de Beyrouth et manqué de peu d'éliminer Saad Hariri. Peu importe : le Liban est déjà mort, son cadavre en décomposition avancée exposé depuis deux ans aux vautours qui ne supportaient pas l'idée d'une démocratie multiconfessionnelle au coeur de leur champ de bataille.

Comme d'habitude, légitime levée de boucliers de la communauté internationale.

Comme d'habitude, Tel Aviv et Washington accusent Téhéran et Téhéran accuse Tel Aviv et Washington. Le
Teheran Times évoque sans rire une proposition de médiation perse entre Libanais.

Ce n'est sans doute pas la priorité des priorités vu de Beyrouth mais le candidat Obama peut s'attendre à une nouvelle batterie de tests de la part de ses opposants.


* cf "
Iran : qui veut la guerre et pourquoi" (20070928) et "En finir avec le fondamentalisme" (20070627)

20060817

Blogule rouge a Olmert m'a tuer

L'entrée triomphale de l'armée régulière libanaise au Liban sud doit se savourer à sa juste mesure, mais le plus dur commence. La reconstruction doit se bâtir sur l'amour du Liban et non sur la haîne d'Israël et à entendre les populations locales découvrant le champ de ruines qui fut leur terre, la partie s'annonce délicate.
Plus probablement et grâce à l'attitude suicidaire du gouvernement Olmert, la reconstruction s'opèrera sur le respect d'un Hezbollah sorti vainqueur moral du conflit et donc sur le respect de valeurs prônées par l'Iran. Avec toute la bonne volonté de la force d'interposition FINUL 2.0, je vois mal comment on pourra éviter le dilemme suivant : soit le Liban sud sombre dans le chaos en devenant le nouveau terrain de jeu de l'internationale des terroristes nomades (ces drôles de gens du voyage bivouaquent actuellement du côté de Baghdad), soit il découvre les vertus de l'ordre mais au sens où l'entend Teheran...

De Charybde en Sylla, somme toute.

20060816

Blogule rouge a la prochaine fois

"La prochaine fois - parce qu'il y aura une prochaine fois -, on fera mieux". Dans ce surréalite aveu d'échec devant la Knesset, Ehoud Olmert signe déjà sa lettre de démission. Il sera remplacé par un faucon encore pire que Nettanyahu mais c'était l'objectif visé. Le Hezbollah, organisation terroriste sponsorisée par des états, sera quant à elle remplacée par des clônes d'al Qaida, groupuscules informels incontrôlables et plus dangereux encore pour l'équilibre de la région, mais c'était là aussi l'objectif visé : pour survivre durablement, l'extrème droite israelienne a besoin d'ennemis terrifiants à ses portes.
Le bilan du liban était écrit d'avance : Israël passe pour la puissance de destruction et renforce le Hezbollah comme force de reconstruction. Désormais, même les Chrétiens le soutiennent dans le pays. Si au lendemain du meurtre d'Hariri les modérés étaient majoritaires dans le pays, nul doute qu'ils seront marginalisés à la prochaine consultation. Sans attendre que le gouvernement libanais se remette au travail, Nassan Nasrallah offre déjà $20.000 à quiconque souhaite reconstruire sa maison. Ce n'est certainement pas le genre de preuve de faiblesse qu'attendait l'opinion publique israëlienne... et d'ailleurs celle-ci commence enfin à réaliser l'ampleur de la contre-productivité de l'offensive menée par son gouvernement. Les pires ennemis d'Israël ? Ils se partagent le pouvoir depuis l'assassinat de Rabin et n'ont aucune intention de le lâcher.
De l'autre côté de l'Atlantique, le discours messianique de Saint George célébrant le cessez le feu résonne comme une nouvelle invitation "Bring'em on" lancée aux terroristes de tous horizons : venez passer vos vacances au Liban les gars, c'est là qu'il faut être, là qu'il faut se montrer. Sans rire, Dubya élève la déroute de Beyrouth au même plan que la débandade de Baghdad, au plus haut niveau des succès de sa diplomatie au Moyen-Orient. Voici un deuxième pôle de démocratie et de liberté où chaque individu sera enfin libre de choisir sa confession : le respect du fanatisme ou la tombe.

Dans ces conditions, on comprend mieux que dans un pays comme l'Egypte, même l'opposition modérée en vienne à souhaiter qu'Hosni Moubarak reste en bonne santé...

20060803

Blogule rouge a Fidel Castro - un modele pour Jeb Bush ?

L'histoire retiendra probablement George W. Bush comme le président qui a fini par avoir la peau de Fidel Castro. Sans rien faire. Enfin si, tout de même quelque chose comme un peu de benchmarking : la dynastie fondée par Prescott peut s'inspirer du passage de témoin au frère le plus proche, par exemple. Bon à savoir si le plus dangereux ennemi personnel de W venait à avoir sa peau (pas Osama, mais une véritable arme de destruction massive : un pretzel).
L'histoire retiendra surtout George W. Bush comme le président qui aura fini par avoir la peau du Liban. Sans rien faire.

Pendant ce temps là, Ehoud Olmert continue à pilonner le pays en déclarant sans rire qu'une force d'intervention sera la bienvenue pour établir un cesser le feu alors que justement, cette force ne pourra intervenir sans cesser le feu préalable. La "diplomatie" israëlienne rivalise avec ses collègues américains pour utiliser le vocabulaire de paix des tiers modérés à contre-emploi - dans la plus pure tradition de la propagande version Karl "The Architect" Rove. Olmert laissera à d'autres le soin de recoller ce qu'il restera des morceaux : aux pays arabes la charge du financement des infrastructures (avec vraisemblablement des mosquées plus iso 9002 aux yeux des wahhabites), à la France la charge de mener la force de paix (avec les attentats terroristes qui iront avec merci les gars).
La bonne nouvelle ? L'objectif du désarmement du Hezbollah se rapproche inexorablement, grâce aux efforts... du Hezbollah qui, loin de souffrir d'attaques plus dommageables à la population civile et à l'image d'Israël, épuise méthodiquement ses stocks sur le nord de l'état hébreu...

20060726

Blogule blanc a l'ONU - hommage collateral

J'ai de plus en plus de mal à lire Le Figaro ces jours-ci. Il faut vite zapper les six-sept pages à la gloire du Grand Candidat - Petit Nicolas, avaler quelques couleuvres néoconnes du style "Les Etats-Unis s'impliquent dans la quête d'une solution au Liban"*, et au final se retrouver avec un clone du Parisien entre les mains. Heureusement, on n'a pas encore droit aux cours de Scientologie ou aux exposés créationnistes. Mais hier, j'ai eu droit à cette jolie réponse d'Ehoud Olmert à la demande de cesser le feu de l'ineffable et très effaçable Philippe Douste-Blazy : "notre dilemme est le suivant : détruire le Hezbollah sans détruire le gouvernement libanais, dont le Hezbollah est membre. Vous avouerez que ce n'est pas simple !"

J'ai trouvé cela au contraire aussi simple que limpide, et surtout totalement en cohérence avec la doctrine Bush, qui vise à détruire l'
ONU dont sont membre quelques nations déviantes comme l'Iran et la Syrie. De fait et en écho à ces peu avouables bien que désormais avouées pensées, Israël a la nuit dernière bombardé une position de la FINUL au sud Liban.

Comme ça. Et par un heureux hasard, la veille de la première réunion de la dernière chance.

Soyons clairs. Ni Olmert ni Bush ne souhaitent une paix durable dans la région pour la bonne et simple raison que la paix signifierait la mort des faucons des deux camps. Une fois de plus, ce n'est pas la survie d'Israël qui est en jeu mais la survie des extrémistes qui y ont pris le pouvoir depuis l'assassinat de Rabin. De la même façon, il ne faut pas chercher au Moyen-Orient les raisons de la guerre en Irak : il s'agit avant tout d'une opération réussie de politique intérieure. La preuve ? L'Administration Bush a été réélue avec une confortable majorité et le fondamentalisme s'est fortement ancré dans les comtés les plus reculés des Etats-Unis.

Regardez d'ailleurs comment, avec la bénédiction de Tel Aviv et de Washington, Hassan Nasrallah est aujourd'hui érigé en icône avec la même efficacité qu'un Al Zarkaoui en Irak.



* Histoire d'éviter un jeu de mots du style de ceux proférés depuis le bunker lepeniste de Saint Cloud, je n'oserai pas demander s'ils la souhaitent finale... Mais je ne mets pas pour autant en doute la volonté de détruire le Liban (cf "
Blogule blanc au Liban - survivez je vous en prie" - 20060720). A mon sens, ce pays n'existe déjà plus et son dépeçage a d'ores et déjà commencé.

20060720

Blogule blanc au Liban - survivez je vous en prie

Israel fait le jeu des terroristes de la même façon que l'Administration Bush : au lieu de répondre intelligemment à d'authentiques agressions terroristes (9/11, les provocations du Hezbollah), d'accepter le soutien d'une communauté internationale compatissante et de marginaliser les extrémistes, les faucons jettent de l'huile sur le feu, attaquent aveuglement et unilatéralement, refusent obstinément toute solution politique, endossent sciemment la tunique de l'agresseur et apportent le chaos là où il n'était certainement pas nécessaire (Irak, Liban). Ici aussi, il n'est de solution que militaire ; on écarte toute option politique ou diplomatique et surtout on évite de respecter les règles élémentaires du droit international comme celles des droits de l'homme.
Cette fois-ci, ceux qui partent ne reviendront plus et j'ignore si le Liban pourra se relever. C'est pire que la guerre civile : une annihilation pure et simple d'une nation, la destruction massive d'une entité politique, économique et sociale. En à peine une semaine, sans avoir le moins du monde affaibli le Hezbollah, Israel a fait des centaines de victimes civiles (pour moitié des enfants) et jeté un demi million de Libanais sur les routes. Le pays se meurt mais qui s'en soucie ? Le Liban n'a d'intérêt que culturel et sa disparition ne fera que clarifier la situation dans une région plus que jamais livrée aux mains des radicaux...
Bush applaudit, l'Europe se tait, les pays arabes se drapent dans leur propre trouille de choper le virus et les Nations Unies sont aussi mortes que l'a voulu John Bolton. Bienvenue au Ground Zero de la diplomatie.

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