Affichage des articles dont le libellé est Benjamin Netanyahu. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Benjamin Netanyahu. Afficher tous les articles

20120226

Iran: on remet le couvert

Et nous voilà repartis pour un tour! Comme d'habitude, à mesure que s'approchent les élections aux Etats-Unis, les ultraconservateurs de Washington, Tel Aviv et Téhéran s'amusent à se renvoyer la balle pour faire monter la pression.

Cette fois-ci, tous partagent la même cible: Barack Obama. Et l'ami "44" a beaucoup moins de mouron à se faire du côté de Romney ou Santorum que de celui de ces fous furieux de tous horizons:

- Pour représenter l'Iran, j'appelle au perchoir Ali Khamenei et Mahmoud Ahmadinejad. Ce tandem infernal n'a pas oublié le message d'Obama au peuple Iranien, juste après son élection, à l'occasion du Nowruz*: le message est si bien passé qu'ils ont dû réprimer le premier soulèvement populaire non-palestinien de la région, perdant définitivement ce qui leur restait de crédibilité sur leurs propres terres**. Comme pour la Corée du Nord, les "progrès" affichés sur le dossier nucléaire ne parviennent pas à masquer la faillite du régime sur le fond (idéologie) comme sur la forme (propagande).

- Ce sont donc paradoxalement leurs partenaires extrémistes israéliens qui se retrouvent en position de force. Il y a quatre ans, les faucons de Tel Aviv ont parfaitement su exploiter la phase de transition entre Bush et Obama en déclenchant leur abominable opération sur Gaza pour gagner le vote de février 2009, puis en rajoutant régulièrement de l'huile sur le feu tout au long du mandat***. Avec Netanyahu de retour et les modérés totalement éradiqués du débat national, l'arrière garde est parvenue à survivre au Printemps Arabe en jouant à fond la carte de la menace au lieu d'encourager les modérés d'en face. N'attendez pas d'eux qu'ils relachent la pression, bien au contraire: Benjy & co. vont tout faire pour soutenir l'AIPAC face à J Street et s'assurer le soutien du Congrès US quoi qu'il advienne aux présidentielles de Novembre prochain. Bien sûr, les Démocrates ne peuvent pas se permettre d'exposer l'imposture. Une fois de plus, c'est aux défenseurs de la démocratie et de la république israélienne (s'ils existent encore) de se faire entendre. Pas facile quand les ultra-orthodoxes eux-même font la claque pour pousser le gouvernement à aller encore plus loin (à force de singer les wahabbites et les ayatollahs, les extrémistes de Tel Aviv devaient pourtant s'attendre à se faire eux aussi déborder par des fous encore plus furieux au sein de leur propre camp !!!).

- Mais comme précisément les pires ennemis sont toujours ceux qui viennent de l'intérieur, Barack Obama doit avant tout se méfier des marchands de haîne avançant déguisés sous la bannière étoilée. Leur frange la plus frappadingue n'a toujours pas abdiqué: une minorité de fondamentalistes chrétiens milite toujours en faveur d'une guerre entre Israel et l'Iran supposée déclencher le retour du Messie****, mais au moins ils n'ont plus l'un des leurs au Bureau Ovale. Autre grand classique: le Gang des Cassandre continue à brandir le spectre d'un Iran prêt à balancer un chapelet de bombes atomiques sur la région, mais ces lobbyistes cherchent avant tout à sécuriser le budget de la défense pour leurs clients habituels, et n'ont pas nécessairement besoin d'aller jusqu'à la guerre (l'aventure irakienne en a douché plus d'un et pourtant on n'a pas affaire à des vierges effarouchées). Les plus dangereux, dans l'histoire, restent les Frank Carlucci, Dick Cheney, Donald Rumsfeld, et autres Paul Wolfowitz: des êtres amoraux et prêts à tout pour parvenir à leurs fins, même si cela passe par l'humiliation de la nation ou la perte de milliers de vies. De préférence quand un Carter ou un Obama est au pouvoir, mais ça marche aussi pour aider un copain à conserver son poste (suivez mon regard).

Il n'est jamais très souhaitable de laisser longtemps ce genre de garnement jouer avec ce genre de jouets, et cette tragicomédie récurrente a déjà causé des dégats considérables, mais à court terme, pour se débarrasser d'Obama, tout ce beau monde pourrait se contenter d'une bonne petite rechute économique dans la dernière ligne droite avant les élections. La solution de facilité demeure le choc pétrolier: simple, efficace, et au passage on renfloue les coffres des copains. Pas très original, je sais, mais ces gars donnent plus souvent dans le créationnisme que dans la créativité...


blogules 2012 - voir sur blogules en V.O. ("
Deja vu all over again")
Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide
blogules transfusion in English)
NEW: rejoignez blogules sur Facebook!!! (V.F.) / join blogules on Facebook!!! (V.O.)

*et au-delà aux leaders israéliens ("
Beyond the Iranian people, Obama is addressing Israel")
**voir "
Khamenei sous pression" / "Khamenei's death wish"
***"
Bush's Farewell : Mission Accomplished... as Fundamentalist in Chief", "Netanyahu's al Aqsa intifada" / "Le rideau de sable et la renaissance musulmane"
****"
Iran : qui veut la guerre et pourquoi"

20110921

Etat Palestinien : la Jurisprudence DSK

Dimanche dernier, Benjamin Netanyahu paraissait très confiant : aucun vote sur la reconnaissance d'un Etat Palestinien n'allait avoir lieu cette semaine. Et de fait, le candidat Barack Obama semble faire en sorte d'épargner aux gouvernements Israélien et Etasunien l'humiliation d'une reconnaissance par la communauté internationale suivi du véto d'un supposé promoteur de l'accession de la Palestine au rang de nation.

Mahmoud Abbas a eu néanmoins raison de tenter le coup dans la foulée du Printemps Arabe. Puisqu'aucun dialogue n'est possible entre les factions radicales en place à Gaza et Tel Aviv, les modérés doivent rappeler à l'opinion publique l'injustice fondamentale au coeur de la région.

Mais ces derniers temps, New York n'est pas la meilleure destination pour obtenir justice, ni même obtenir l'attention de la justice. La Jurisprudence Dominique Strauss-Kahn a établi que la victime d'un viol n'a pas le droit à la considération du système pénal si elle n'est pas la Vierge Marie*, et c'est exactement le principe sur le point d'être appliqué pour la Palestine.

Remarquez, ça pourrait être pire : si le siège de l'ONU était en Géorgie, Mahmoud Abbas pourrait même partager le sort du pauvre Troy Davis.

blogules 2011 (également en VO : "Palestinian Statehood and the DSK Jurisprudence")

* voir "
DSK pas encore 'non coupable' - tout juste OJSimpsonisé" (en VO: "DSK is not 'not guilty' : US Justice's standards are poor")

20110822

Egypte - Israel : le dessous des cartes

Des attentats terroristes en provenance de Gaza, Bibi Netanyahu pratiquant l'escalade au quart de tour... malheureusement, sauf une surprise à quelques jours de l'offensive pacifiste de la Palestine à l'ONU : une fois de plus, les radicaux des deux bords relancent leur partie de ping-pong dès que les modérés menacent de faire entendre leur voix*.

Le gouvernement Israélien saute d'autant plus sur l'occasion qu'il est challengé de l'intérieur sur le front économique : les "indignés" israéliens défilent comme les autres peuples aux quatre coins du monde.

Il est peut-être aussi temps pour Netanyahu de revigorer le Hamas et le Hezbollah, ses meilleurs ennemis connaissant un petit coup de mou à l'image de leur sponsor syrien Assad. Pas d'inquiétude en revanche sur l'ex (futur ?) front Egyptien : la Muslim Brotherhood n'avait pas attendu ce meurtrier coup de pouce de Tel Aviv - une bavure plus que "regrettable" - pour reprendre des couleurs. Comme prévu, hélas**, les Islamistes gagnent du terrain dès que les révolutions populaires s'essoufflent en Egypte ou en Tunisie face aux réalités politiques (gabégie, corruption, inorganisation démocratique) et surtout aux réalités économiques.

Même espoir et inquiétude en Libye : Muammar al Gaddafi tombera bientôt, et l'avenir dira si le pays lui survivra.

Quoi qu'il arrive, on se dirige vers une redistribution des cartes au niveau mondial. Au sens fort, avec de nouveaux pays et de nouvelles frontières. Une nouvelle phase commence après un demi-siècle de post-colonisation, la notion de nation comme celle de peuple évolue à toute vitesse, de nouvelles communautés économiques et politiques se dessinent***, et sur le plan social l'humanité se découvre enfin une forme de vécu commun. Rien de bien précis à ce stade, mais je ne pense pas que cela prenne plusieurs décennies pour que l'on passe vraiment à quelque chose d'autre.

blogules 2011

* les "radicaux" étant également au pouvoir en Israel, pour rappel : "
persiste et signe"
** voir "
Le rideau de sable et la renaissance musulmane"
*** point positif : la notion de fair market (voir "
Mondialisation : du "free market" au "fair market".") progresse inexorablement

20100323

De Cheri Bibi à Maudit Netanyahu ?

Dans la foulée du passage de la réforme du système de santé par les Démocrates ce week-end, les voix peuvent enfin s'élever aux Etats Unis pour dénoncer les provocations du gouvernement de Tel Aviv qui ces derniers temps cherchait une fois de plus* à exploiter le calendrier électoral américain pour faire bouger les lignes en faveur de l'extrème droite israélienne.

Et ça n'a pas trainé :
- J Street vient de publier une pleine page dans le New York Times pour denoncer les percées illégales en Palestine, qui "mettent en danger l'existence même d'Israël" (voir "
J Street : It's Time")
- Bibi vient de se faire chahuter devant l'AIPAC par le mouvement Codepink qui le met au défi de "construire la paix, pas des implantations" (voir sur Al Jazeera "
Netanyahu disrupted at AIPAC gala".

Il est encore temps de sauver Israël mais pour cela, Barack Obama doit pousser beaucoup plus fort qu'Hillary Clinton (encore trop conciliante avec l'AIPAC aujourd'hui) et Joe Biden (humilié par Netanyahu la semaine dernière). Sans craindre pour les élections de mi-mandat de novembre prochain. Si la réforme de l'assurance médicale était sa priorité en politique intérieure, le monde entier l'attend sur le dossier le plus fondamental pour la paix dans le monde.

blogules 2010

* voir posts précédents
en VF et en VO, ex "Il est encore temps de sauver Israël", "Netanyahu's al Aqsa intifada"

20091106

Mahmoud Abbas à Barack Obama : veux-tu notre sang sur tes mains ?

Abandonné par les USA, humilié par Benjamin Netanyahu, handicapé par son comportement ambigü pendant le pilonnage de Gaza, Mahmoud Abbas a annoncé qu'il n'avait "aucun désir de se présenter aux élections à venir".

Ce n'est pas un appel du pied à Ségolène Royal et son Désir d'Avenir, mais un appel au secours.

Difficile d'éviter le parallèle avec Yasser Arafat : les faucons de Tel Aviv ont mené exactement la même stratégie d'étouffement. Mais pour "Abu Mazen" la plus grande déception vient de Barack Obama, incapable d'empêcher l'extrême droite israélienne de mener son agenda radical (voir "
Israel accepted as true the choice between its security and its ideals").

Pourtant, Abbas n'a pas dit qu'il n'allait pas se présenter en 2010. Il y a toujours une chance, une envie de retrouver le "désir". Mais le message est limpide : mon "autorité" est une mascarade, seuls Israël et les Etats-Unis peuvent décider du futur de la Palestine. Ce sont eux qui ont porté le Hamas au pouvoir et castré le Fatah. Mon échec est leur échec. Les USA peuvent continuent à s'en laver les mains : si je crève comme "Abu Ammar", ce seront eux l'autorité responsable de mon martyre.

Avant ce discours, Mahmoud Abbas n'avait tout simplement aucune chance de gagner en 2010. Avec ces quelques paroles, il fait bouger les lignes : si Washington maintient le status quo ou laisse traîner, c'est comme si Hillary et Barack eux-même enfonçaient les clous dans la chair des Palestiniens.

Son vrai message n'est pas d'affirmer "j'abandonne", mais "je suis abandonné, dis-moi Barack, tu veux vraiment notre sang sur tes mains ?"

Une fois de plus (voir "Il est encore temps de sauver Israël"), si les Israéliens modérés veulent se faire entendre c'est maintenant : J Street commence à faire du bruit à Washington, les Nations Unies font pression pour que le rapport Goldstone donne lieu à des suites, et il existe toujours un espoir de paix.

Les Palestiniens ont besoin d'un espoir tangible. Si le Hamas triomphe, Netanyahu triomphe, et Israël perd son âme.

blogules 2009

initialement publié sur blogules en V.O. : "After Arafat, will Tel Aviv hawks terminate Mahmoud Abbas ?"

20090812

Persiste et signe

Au vu des nombreuses réactions au blogule précédent "Israël ouvertement sur la voie du fascisme" (sur blogules en V.O. : "Israel openly embraces fascism"), quelques rappels semblent s'imposer, en particulier à l'attention des lecteurs peu familiers avec mes billets d'humeur.

Je vais tenter de les regrouper sous forme de macro questions-réponses mais auparavant, cette précision importante :

Je persiste et signe :

- Je persiste. Je maintiens ce que j'ai écrit : mon objectif est d'interpeler la majorité des modérés Israéliens pour qu'elle se réveille et se désolidarise de ses dirigeants, que je considère comme fascistes, ainsi que des minorités extrémistes dangereuses pour leur avenir comme celui du monde. Les Etats-Unis y sont parvenus en 2008 et je ne désespère pas de voir Israël en faire de même. Rien de neuf sous le soleil : j'avais émis la même accusation de fascisme envers l'administration Bush-Cheney avant les élections de 2004 (
"Let's face it they're fascists"), et sérieusement préparé le terrain en comparant Israel 2009 et USA 2004 avant les élections de février dernier ("Come Feb. 10th, Will Israel Embrace History Or Vote Bush-Cheney 2004 ?").

- Je signe. Comme toujours, de mon vrai nom. Sans me réfugier derrière un pseudo ni un nom de plume. J'assume mes opinions en toute transparence et en toute indépendance. Leur formulation laisse souvent à désirer, et il m'arrive de heurter des sensibilités comme de pondre des inepties, mais jamais de vouloir de mal à quelqu'un. Lorsque je veux voir quelqu'un croupir en prison, c'est avant tout parce que je tiens à ce que justice soit faite.

Je ne reprends donc pas la plume pour me défendre mais pour enfoncer le clou.


Q: LES TERMES EMPLOYES NE SONT-ILS PAS EXCESSIFS ? LES ISRAELIENS NE SONT TOUT DE MEME PAS DES NAZIS !

- Avant tout je parle de fascisme et non de nazisme. En m'appuyant sur les éléments constitutifs du fascisme tel que définis par Bénito Mussolini lui-même (j'y reviens par la suite). Les Israéliens ne sont évidemment pas des Nazis, et il n'est nullement question ici de revenir sur la page la plus sombre de l'humanité.

- Deuxièmement je critique la politique des dirigeants d'Israël. Ni le pays, ni son peuple... à part peut-être pour son apathie devant les dérapages de ses gouvernants. J'ai également publié cette tribune sous le titre plus pointu "Les citoyens Israéliens souhaitent-ils réellement être dirigés par des fascistes ?"

- Troisièmement, le caractère "excessif" est assumé et c'est tout le sens du préambule du
blogule en question : devant les excès commis, vient un moment où l'on est obligé d'employer des termes forts. Mon registre de vocabulaire n'est pas innocent : l'objectif n'est pas de jeter de l'huile sur le feu mais de réveiller la majorité silencieuse israélienne, qui en a en moins autant besoin que les Americains il y a quelques années. En 2003, j'ai compris une chose : défendre les modérés n'est pas incompatible avec un discours fort, bien au contraire. En particulier au moment où les extrêmes des camps opposés trustent les antennes, il est urgent de réveiller les modérés en exposant en pleine lumière les impostures dont ils sont victimes. Moderation ne veut pas dire neutralité : quand des extrémistes mettent en danger l'ensemble de la communauté, il ne faut pas les laisser gagner la moindre parcelle de terrain (à ce titre, je souhaite qu'on en finisse avec l'imposture fondamentaliste qui hélas menace tout autant les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans). Le modéré a le devoir d'ouvrir sa gueule, ne serait-ce que pour clamer "ce n'est pas le locataire du sixième qui est anti-fasciste, c'est le fascisme qui est anti-locataire du sixième". Ce n'est pas la critique du fascisme qu'il convient de rejeter vigoureusement, mais le fascisme lui-même.

- Quatrièmement, ce registre est employé par d'autres, et pas seulement en Iran ou en Palestine. Ce débat existe en Israël même, et aux preuves de crimes de guerre d'Amnesty International s'ajoutent maintenant des accusations d'apartheid en provenance d'Afrique du Sud : l'ancien ministre Ronnie Kasrils, le Media Review Network, la Palestine Solidarity Alliance, et le Human Sciences Research Council souhaitent voir 70 Israéliens traduits en justice pour ce motif ("
Kasrils wants 'war criminals' prosecuted").


Q: AU FOND, VOUS NE SERIEZ PAS UN PEU ANTI-SEMITE OU BEAUCOUP ANTI-ISRAEL ?

- C'est parce que j'aime les Etats-Unis que j'ai critiqué le gouvernement qui voulait leur perte. De même, c'est parce que j'aime Israël que je demande aujourd'hui à ceux qui l'aiment vraiment de le sauver en refusant les dérives fascisantes de ses pires ennemis : ses propres dirigeants. J'ai été qualifié d'anti-américanisme primaire en 2004, je ne suis pas surpris de recevoir ce genre d'insultes déplacées aujourd'hui. Depuis plus de 6 ans que je tiens ce misérable blog, je renvoie dos a dos les extrêmes de tous bords, qui sont
plus souvent partenaires qu'adversaires les uns des autres. Et si je me fais traîter alternativement d'anti-américain et d'agent de Washington, de sionniste et d'islamiste par des personnes qui ont tendance à voir le monde en noir et blanc, cela ne m'empeche pas d'avoir des amis juifs et musulmans, Israéliens, Iraniens ou Pakistanais.

- Mes lecteurs réguliers le savent, je lutte régulièrement sur la toile contre des racistes, des antisémistes, et des révisionnistes mettant plus ou moins ouvertement en doute l'Holocauste. Mon argument se résume généralement à ceci : le racisme comme l'antisémitisme sont non seulement une abomination mais une négation de sa propre humanité... Si vous êtes raciste ou antisémite, c'est souvent que vous avez un problème avec votre propre identité.

- Je ne crois pas être raciste : à mes yeux, tous les humains appartiennent par définition à la même race, d'origine africaine : les humains. Chaque voyage me conforte dans le respect de la diversité et des échanges qui font la richesse et la beauté de notre planète, et je me réjouis d'apprendre chaque jour dans un climat résolument multiculturel.

- J'ai par nature un a priori positif pour tout le monde, et je m'efforce d'éviter les amalgames entre une nation, ses habitants, et ses dirigeants. J'adore le Japon, la Chine, la France, l'Iran, le Pakistan ou la Corée du Nord comme du Sud, mais cela ne m'empêche pas de réagir si quelque chose me fait... réagir. J'estime qu'Israël est aujourd'hui dirigé par des fascistes, je sais que les citoyens Israeliens ne sont pas fascistes, et j'attends d'eux qu'ils le fassent savoir. C'était le sens de mon billet.

- Je ne crois pas être antisémite. J'assume mon héritage culturel judéo-chrétien au même titre que toutes les autres composantes de mon être. Je visite une synagogue avec le même respect que je visite une église, un temple ou une mosquée. J'ai le même respect pour toutes les religions (
les déviances fondamentalistes relevant de politique et non de religion), et si la religion n'entre en aucune manière dans mes critères d'affinités relationnelles, il se trouve que je suis lié par le sang comme par l'amitié à des juifs de tous horizons. J'attache beaucoup d'importance au devoir de mémoire concernant la Shoah sur un plan privé (par exemple dans le cadre de mes voyages), comme dans ces misérables blogules (par exemple lorsque je déplore une résurgence du nazisme ou une faillite du devoir de mémoire).

- Je ne crois pas être anti-Israël. Sur un plan politique,
comme je l'ai expliqué, je suis plus J Street qu'AIPAC*. Ces deux organismes sont pro-Israéliens, mais les premiers souhaitent réellement la paix et savent bien que l'on n'y parviendra jamais avec des dirigeants qui fondamentalement refusent la paix et ont besoin de la guerre pour rester au pouvoir. Sur la question de l'Etat d'Israël, ma position est claire : je ne suis pas anti-Israël et pro-Palestine mais pro-Israël ET pro-Palestine. Israël et Palestine doivent coexister pacifiquement comme deux Etats souverains, et des concessions sont nécessaires de part et d'autre. Je crois en particulier que chacun doit être très clair sur sa propre nature et dans ses propres statuts. Je déplore les circonstances dans lesquelles l'Etat d'Israël a été créé. Tout le monde a perdu dans l'affaire : les Palestiniens bien sûr, mais aussi l'ensemble de la communauté internationale (et en particulier les membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, les vrais coupables sur le coup), et les Israéliens eux-même. Je ne remets pas en cause la légitimite de l'Etat, je remet en cause sa légitimité à aller au-delà de ce qui est légitime (et qui avait d'ailleurs été accepté), et je déplore surtout l'absence de constitution, qui a mon sens pose problème essentiel sur un plan interne et doit être réglé au plus vite. Israël ne peut plus faire l'économie d'une mise au clair : la fuite en avant n'est pas une solution durable, et le pays ne saurait se définir par rapport au seul Hamas.

- Ce n'est pas moi qui suis anti-Israël, mais les Benjamin Netanyahu et autres Avigdor Lieberman. Je ne veux pas condamner Israel mais au contraire qu'Israel se sauve pendant qu'il en est encore temps. On a pu mesurer l'impact de 8 ans de Bush-Cheney sur la paix dans le monde et sur le niveau d'anti-américanisme... Si l'on veut que le modèle démocratique se répande, il est essentiel que les rares démocraties de la region se montrent exemplaires.


Q: EN QUOI LES DIRIGEANTS ISRAELIENS JUSTIFIENT-ILS LE QUALIFICATIF DE "FASCISTES" ?

- Je renvoyais à la definition du fascisme selon Mussolini sachant que chaque pays, chaque époque a ses particularités. Aujourd'hui, le fascisme prend des formes nouvelles et très variées en raison d'innombrables paramètres, mais aucun continent n'est à l'abri (Italie, Japon, Israel, Russie, USA, Iran...), et l'on peut difficilement nier le regain fasciste au niveau global, en compagnie de / en synergie avec d'autres idéologies tout aussi nauséabondes.

- Israël n'est pas une dictature fasciste, mais une démocratie actuellement dirigée par des fascistes, et qui menace de s'engager plus loin encore sur la voie du fascisme. Israel n'est pas un pays fasciste, mais un pays dont le premier ministre peut se faire descendre parce qu'il prône la paix. Israël est une démocratie, mais une démocratie où deux partis arabes ont été interdits de participer aux dernières elections, où certains souhaiteraient aller jusqu'à enlever leur citoyenneté ou leur droit de vote aux Israéliens arabes ou non juifs, et où une colonisation extensive vise a fausser les réalites démographiques pour créer artificiellement une majorité ethnique (l'abandon de Gaza procède de la même logique comptable). Je ne suis pas sûr que tous les Israéliens se reconnaissent dans ces exactions iniques, ces bruits de bottes, l'anschluss de territoires Palestiniens ou la constitution de véritables ghettos. Si comme en 2003, la Cour Suprême a finalement annulé l'interdiction des partis arabes, il n'en demeure pas moins qu'au-delà du Likud et de Kadima, même le Parti Travailliste a poussé en faveur de cette interdiction proposée par l'extrême droite... ce qui en dit long sur le glissement loin du centre de l'ensemble du spectre politique local. Au passage, ici comme ailleurs, tout risque de basculer encore plus vite si la Cour Suprême évolue mal. Et comme aux States**, valeur à surveiller de très très près le moindre pet de travers des membres de la Cour Suprême israélienne.

- Le terme de fascisme est traditionnellement assumé par une partie de l'extrême droite israélienne depuis les années 30. Evidemment, à l'époque, le modèle était Italien et non Allemand, même s'il eut par la suite des échanges directs avec le régime Nazi. Le mouvement Brit Habirionim et son spin off Maximalisme Revisioniste cher à Abba Ahimeir (un proche de Benzion Netanyahu, père de qui vous savez) revendiquaient fièrement le label fasciste. Aujourd'hui encore, en Israël comme aux Etats-Unis, une frange radicale d'essence fasciste demeure active.

- Pour moi, l'élément clef dans l'Israël d'après Rabin est l'importance de la guerre : le conflit n'est plus seulement un moyen de défendre le territoire. Sans même évoquer l'"impérialisme" cher à Mussolini, et de conflits "justifiés" par des ambitions de conquête de nouveaux territoires (ou reconquête suivant le point de vue), c'est l'état permanent de conflit qui compte, comme un moyen de renforcer l'Etat, ou plutôt un certain idéal d'état et les dirigeants actuels d'une démocratie supposée basculer vers cet idéal. Dans le cas des faucons de Tel Aviv, l'Etat couvre un sens particulier et complexe, parfois au-delà de l'ultra-nationalisme, et il implique tous les individus qui y participent et y font corps. Mais s'il entretient l'état de conflit permanent et s'il présente des relents théocratiques, cet idéal ne ressemble pas à celui du tandem Bush-Cheney (d'autant que Yisrael Beiteinu, le parti de Lieberman, est plutôt laïc) : il obéit à une logique bien à lui, qui exclut à terme une partie des citoyens. De nos jours, un Etat ne peut se permettre de priver ouvertement des citoyens de leurs droits ou de leurs libertés aussi facilement que par le passé. Bush et Cheney y sont parvenus partiellement sous couvert de "guerre contre le terrorisme", Netanyahu aura plus de mal dans des circonstances pourtant proches. Parce qu'il ne peut pas tout se permettre dans le cadre d'une démocratie, son Gouvernement n'agit pas seulement directement en tant qu'Etat (déjà assez interventionniste et "instrumental" dans la radicalisation des rapports avec les Palestiniens, comme on peut le voir avec la construction du mur par exemple), mais plus souvent et de façon parfois encore plus efficace en soutenant des factions radicales non gouvernementales.

- Fondamentalement, les dirigeants actuels d'Israël sont fascistes parce qu'ils rejettent la démocratie actuelle (ils souhaitent redéfinir la notion de citoyenneté, affirmer une notion d'Etat incompatible avec le droit international), et surtout parce qu'ils ne veulent pas de la paix car sans la guerre et la haîne ils disparaissent. C'est pareil du côté du Hamas et d'ailleurs, les faucons de Tel Aviv ont tout fait pour assurer leur succès en Palestine afin de conforter leur propre pouvoir.

- En Israël, tout le monde sait que Netanyahu ne veut pas de la paix et fait tout pour l'empêcher. Il avait déjà fortement contribué à l'entreprise de torpillage d'Oslo, preparant le terrain aux fanatiques qui ont assassiné Rabin. Depuis, Israël n'a jamais été dirigé par quelqu'un qui fondamentalement souhaite la paix, Ehud Barak y compris (ce que confirme d'ailleurs son parcours depuis).


Q: Y'A PIRE AILLEURS, ET TOUS LES PALESTINIENS NE SONT PAS DES ENFANTS DE CHOEUR NON PLUS !

- Premièrement, mon propos porte avant tout sur une question de politique intérieure israélienne : indépendamment de l'Iran ou du Hamas, comment les citoyens Israéliens envisagent-ils leur avenir, qu'attendent-ils de leur propre pays et de leurs propres dirigeants, se reconnaissent-ils dans un idéal fascisant ? Si j'attends une réaction, ce n'est pas des habituelles escouades d'extrémistes des deux camps, mais de la majorité moderée israélienne. Je me doute bien que ce n'est pas facile de prendre du recul lorsqu'on reçoit une roquette tous les soirs mais c'est parfois nécessaire.

- Deuxièmement, je renvoie dos à dos les extrémistes des deux camps. Le Hamas ne reconnait pas Israël, mais le gouvernement d'Israël ne reconnait plus la Palestine. Tous deux sont coupables de refuser la paix et le compromis péniblement atteint par leurs prédécesseurs pacifistes. On peut faire le parallèle entre les fondamentalistes colons israéliens et les fondamentalistes du Hamas, les deux instrumentalisant d'ailleurs des enfants pour assurer la perennité de leurs idéologies de haîne par-delà les générations.

- Mais c'est déjà une question de posture. Tant que les fondamentalistes des deux camps s'entretiennent les uns les autres, on n'en sort pas. Il faut un changement de leadership avec une coupure claire pour marquer le coup. Meme si c'est de façon unilatérale pour commencer, cela déstabilise les radicaux adverses et les expose brutalement aux yeux du monde. De même, le discours d'Obama au Caire (voir "
State Of The World Union") et son message de Nowruz (voir "Beyond the Iranian people, Obama is addressing Israel") n'empechent pas Khamenei de s'enfoncer en refusant la main tendue, mais vont dans le bon sens et contribuent à marginaliser les marchands de haîne.

Un beau jour, un homme a clamé haut et fort "we reject as false the choice between our safety and our ideals ". J'attends la même chose des Israéliens et des Palestiniens... et qu'il n'y ait plus la moindre ambiguïté sur les "idéaux" en question.



* et plus Woody Allen que Paul Wolfowitz.

** Les USA ne sont pas un pays fasciste, mais ils sont vraiment passés tout près.

20090803

Israel ouvertement sur la voie du fascisme

Inutile de se cacher derrière son petit doigt, ce n'est pas dans le registre politiquement correct des diplomates que l'on trouvera les vocables les plus pertinents pour qualifier le régime actuellement au pouvoir à Tel Aviv.

Israël est désormais dirigé par des fascistes.

Les expulsions de ce week-end à Jérusalem en plein territoire Palestinien* ne font que confirmer le récent coup d'accélérateur donné à une colonisation par essence illégale, en dépit des avertissements très clairs formulés par Barack Obama lors de la visite de Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche.

Ces bruits de botte viennent réconforter au meilleur moment les partisans d'Avigdor Lieberman : la police souhaite voir le sulfureux Vice-Premier Ministre / Ministre des Affaires Etrangères traduit en justice pour corruption.

Mais la ligne jaune était déjà franchie depuis bien longtemps avant même l'arrivée au pouvoir du Gouvernement Netanyahu V2. Pilonnage du Liban et de Gaza, négation de droits de citoyens israéliens, anschluss du territoire palestinien, construction d'un mur illégal...

Israël est désormais dirigé par des fascistes, et j'assume le terme comme je l'ai fait il y a cinq ans à propos des Etats-Unis de Bush-Cheney, en me fondant sur la définition du fascisme par Benito Mussolini lui-même (voir "
Let's face it they're fascists").

Une fois de plus, il n'est pas question ici de religion, ni de l'existence d'Israël, mais de politique, et de la nature du régime politique souhaité par les Israéliens (voir "
De La Justice En Amérique - De La Démocratie En Israël").

Si des citoyens Israéliens ne se reconnaissent pas dans cette voie sans issue, qu'ils le disent haut et fort, et sans attendre les prochaines élections.

C'est tout de suite qu'il faut se faire entendre. Au-delà de l'avenir de la Palestine, c'est le futur d'Israël qui est en jeu.


* "
Police evict two Arab families in Sheikh Jarrah, sparking furious int'l reaction" (Haaretz 20080801)

20090302

Israël Année Zéro

Israël a donc choisi de voter Bush-Cheney*.

A sa décharge, il n’existait aucune alternative politique viable sur le marché le mois dernier : Avigdor Lieberman se situe à l'extrême droite de Benjamin Nettanyahu, qui se situe à la droite de Tzipi Livni, qui se situe à la droite d'Ehud Barak, qui est jugé trop à gauche parce qu'il a décidé de laisser debout quelques bicoques pendant son pilonnage de Gaza.

Partant de ce nouveau point bas (pour ne pas dire Ground Zéro - justement puisqu'il reste toujours quelque chose à détruire, et pas seulement côté palestinien), on peut tenter de positiver en se disant que de toute façon Nettanyahu est condamné à échouer, et de toute façon Israel est condamné à se redéfinir pour survivre*.

Dans ces conditions, la priorité à mes yeux consiste à d'une part éviter que le pire arrive d’ici aux prochaines élections anticipées, et d'autre part mettre cette nième période trouble à profit pour bâtir une alternative crédible.

Cela se fera a priori sur les bases du Labour, dont on doit applaudir la décision de prendre ses distances avec le pouvoir pour repartir de zéro et se poser les bonnes questions : qui suis-je, où vais-je... (NB : la bonne réponse à la question "et Dieu dans tout cela ?" est que Dieu ne doit surtout
rien avoir à faire dans un projet politique, surtout dans la région).

En dépit des déprimants sondages massivement en faveur de l'offensive sur Gaza, l'électorat israélien me paraît mûr pour un discours plus sain. Il a pu voir l'année dernière qu'une démocratie au bord de basculer du mauvais côté pouvait changer spectaculairement de cap (cf "
The Stolen Election"). Le gros problème demeure l'absence d'un leader sain pour concrétiser ce potentiel.

Les démocrates Israéliens ne doivent cependant pas attendre le Messie avant d'agir. Il leur faudra aller vite mais bien, en privilégiant au départ le fond sur la forme, la base sur le leadership, et Obama doit trouver un moyen de soutenir ce nouveau fragile écosysteme.

Discrètement, histoire de respecter le protocole diplomatique, mais pas trop, histoire de mettre la pression sur la droite israélienne. Avec un contrepoids à Hillary pour la jouer JStreet plus qu’AIPAC (cf "
AIPAC Hillary v. J Street Barack ").

* cf pour rappel, les épisodes précédents et en particulier : "
De La Justice En Amérique - De La Démocratie En Israël", "Le 10 Février 2009, Israël vote Obama '08 ou Bush '04 ?" et "A Christmas Gift for Fundamentalists ?"

20060816

Blogule rouge a la prochaine fois

"La prochaine fois - parce qu'il y aura une prochaine fois -, on fera mieux". Dans ce surréalite aveu d'échec devant la Knesset, Ehoud Olmert signe déjà sa lettre de démission. Il sera remplacé par un faucon encore pire que Nettanyahu mais c'était l'objectif visé. Le Hezbollah, organisation terroriste sponsorisée par des états, sera quant à elle remplacée par des clônes d'al Qaida, groupuscules informels incontrôlables et plus dangereux encore pour l'équilibre de la région, mais c'était là aussi l'objectif visé : pour survivre durablement, l'extrème droite israelienne a besoin d'ennemis terrifiants à ses portes.
Le bilan du liban était écrit d'avance : Israël passe pour la puissance de destruction et renforce le Hezbollah comme force de reconstruction. Désormais, même les Chrétiens le soutiennent dans le pays. Si au lendemain du meurtre d'Hariri les modérés étaient majoritaires dans le pays, nul doute qu'ils seront marginalisés à la prochaine consultation. Sans attendre que le gouvernement libanais se remette au travail, Nassan Nasrallah offre déjà $20.000 à quiconque souhaite reconstruire sa maison. Ce n'est certainement pas le genre de preuve de faiblesse qu'attendait l'opinion publique israëlienne... et d'ailleurs celle-ci commence enfin à réaliser l'ampleur de la contre-productivité de l'offensive menée par son gouvernement. Les pires ennemis d'Israël ? Ils se partagent le pouvoir depuis l'assassinat de Rabin et n'ont aucune intention de le lâcher.
De l'autre côté de l'Atlantique, le discours messianique de Saint George célébrant le cessez le feu résonne comme une nouvelle invitation "Bring'em on" lancée aux terroristes de tous horizons : venez passer vos vacances au Liban les gars, c'est là qu'il faut être, là qu'il faut se montrer. Sans rire, Dubya élève la déroute de Beyrouth au même plan que la débandade de Baghdad, au plus haut niveau des succès de sa diplomatie au Moyen-Orient. Voici un deuxième pôle de démocratie et de liberté où chaque individu sera enfin libre de choisir sa confession : le respect du fanatisme ou la tombe.

Dans ces conditions, on comprend mieux que dans un pays comme l'Egypte, même l'opposition modérée en vienne à souhaiter qu'Hosni Moubarak reste en bonne santé...

Copyright Stephane MOT 2003-2025 Welcome to my personal portal : blogules - blogules (VF) - mot-bile - footlog - footlog archives - Seoul Village - La Ligue des Oubliés - Dragédies - Kim Mudangnim - Citizen Came - Stephanemot.com - archives blogules - archives blogules (VF)
Copyright Stephane MOT - Attention: Armes de Désinformation Massive