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20120226

Iran: on remet le couvert

Et nous voilà repartis pour un tour! Comme d'habitude, à mesure que s'approchent les élections aux Etats-Unis, les ultraconservateurs de Washington, Tel Aviv et Téhéran s'amusent à se renvoyer la balle pour faire monter la pression.

Cette fois-ci, tous partagent la même cible: Barack Obama. Et l'ami "44" a beaucoup moins de mouron à se faire du côté de Romney ou Santorum que de celui de ces fous furieux de tous horizons:

- Pour représenter l'Iran, j'appelle au perchoir Ali Khamenei et Mahmoud Ahmadinejad. Ce tandem infernal n'a pas oublié le message d'Obama au peuple Iranien, juste après son élection, à l'occasion du Nowruz*: le message est si bien passé qu'ils ont dû réprimer le premier soulèvement populaire non-palestinien de la région, perdant définitivement ce qui leur restait de crédibilité sur leurs propres terres**. Comme pour la Corée du Nord, les "progrès" affichés sur le dossier nucléaire ne parviennent pas à masquer la faillite du régime sur le fond (idéologie) comme sur la forme (propagande).

- Ce sont donc paradoxalement leurs partenaires extrémistes israéliens qui se retrouvent en position de force. Il y a quatre ans, les faucons de Tel Aviv ont parfaitement su exploiter la phase de transition entre Bush et Obama en déclenchant leur abominable opération sur Gaza pour gagner le vote de février 2009, puis en rajoutant régulièrement de l'huile sur le feu tout au long du mandat***. Avec Netanyahu de retour et les modérés totalement éradiqués du débat national, l'arrière garde est parvenue à survivre au Printemps Arabe en jouant à fond la carte de la menace au lieu d'encourager les modérés d'en face. N'attendez pas d'eux qu'ils relachent la pression, bien au contraire: Benjy & co. vont tout faire pour soutenir l'AIPAC face à J Street et s'assurer le soutien du Congrès US quoi qu'il advienne aux présidentielles de Novembre prochain. Bien sûr, les Démocrates ne peuvent pas se permettre d'exposer l'imposture. Une fois de plus, c'est aux défenseurs de la démocratie et de la république israélienne (s'ils existent encore) de se faire entendre. Pas facile quand les ultra-orthodoxes eux-même font la claque pour pousser le gouvernement à aller encore plus loin (à force de singer les wahabbites et les ayatollahs, les extrémistes de Tel Aviv devaient pourtant s'attendre à se faire eux aussi déborder par des fous encore plus furieux au sein de leur propre camp !!!).

- Mais comme précisément les pires ennemis sont toujours ceux qui viennent de l'intérieur, Barack Obama doit avant tout se méfier des marchands de haîne avançant déguisés sous la bannière étoilée. Leur frange la plus frappadingue n'a toujours pas abdiqué: une minorité de fondamentalistes chrétiens milite toujours en faveur d'une guerre entre Israel et l'Iran supposée déclencher le retour du Messie****, mais au moins ils n'ont plus l'un des leurs au Bureau Ovale. Autre grand classique: le Gang des Cassandre continue à brandir le spectre d'un Iran prêt à balancer un chapelet de bombes atomiques sur la région, mais ces lobbyistes cherchent avant tout à sécuriser le budget de la défense pour leurs clients habituels, et n'ont pas nécessairement besoin d'aller jusqu'à la guerre (l'aventure irakienne en a douché plus d'un et pourtant on n'a pas affaire à des vierges effarouchées). Les plus dangereux, dans l'histoire, restent les Frank Carlucci, Dick Cheney, Donald Rumsfeld, et autres Paul Wolfowitz: des êtres amoraux et prêts à tout pour parvenir à leurs fins, même si cela passe par l'humiliation de la nation ou la perte de milliers de vies. De préférence quand un Carter ou un Obama est au pouvoir, mais ça marche aussi pour aider un copain à conserver son poste (suivez mon regard).

Il n'est jamais très souhaitable de laisser longtemps ce genre de garnement jouer avec ce genre de jouets, et cette tragicomédie récurrente a déjà causé des dégats considérables, mais à court terme, pour se débarrasser d'Obama, tout ce beau monde pourrait se contenter d'une bonne petite rechute économique dans la dernière ligne droite avant les élections. La solution de facilité demeure le choc pétrolier: simple, efficace, et au passage on renfloue les coffres des copains. Pas très original, je sais, mais ces gars donnent plus souvent dans le créationnisme que dans la créativité...


blogules 2012 - voir sur blogules en V.O. ("
Deja vu all over again")
Armes de Desinformation Massive depuis 2003 (we also provide
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*et au-delà aux leaders israéliens ("
Beyond the Iranian people, Obama is addressing Israel")
**voir "
Khamenei sous pression" / "Khamenei's death wish"
***"
Bush's Farewell : Mission Accomplished... as Fundamentalist in Chief", "Netanyahu's al Aqsa intifada" / "Le rideau de sable et la renaissance musulmane"
****"
Iran : qui veut la guerre et pourquoi"

20090826

Afghanistan, morne plaine

Ordoncques, Hamid Karzai serait officiellement sorti vainqueur du blackout du 20 août dernier.

Car le jour des élections présidentielles et régionales en Afghanistan, tous les feux de la démocratie étaient éteints : aux techniques déjà mises en oeuvre quelques semaines plus tôt en Iran (manipulations, résultats bidonnés, bourrage d'urnes...) se sont ajoutées quelques florentineries typiquement locales (alliances contre nature et cadeaux législatifs de dernière minute sur fond de corruption éhontée...), les spectaculaires démonstrations de force des Talibans (intimidations, menaces, bombardements, meurtres, mutilation de femmes ayant voté...), et surtout la complicité totale des grandes démocraties occidentales (tout le monde s'est bouché les yeux, les oreilles et le nez, les observateurs n'ont rien vu, les media ont parfaitement respecté les consignes de ne pas relater les violences...).

Résultat : une parodie de démocratie marquée par une faible participation et l'anéantissement des dernières illusions du peuple Afghan.

Le gouvernement a commencé par tester des rumeurs d'élection au premier tour de Karzai avec 68% des scrutins, un score de toute évidence aussi trafiqué que celui d'Ahmadinejad (cf "No you can't Mr Ahmadinejad") alors que pourtant, Karzai était difficilement battable au second tour par Abdullah Abdullah.

Devant l'indignation internationale, il a rétropédalé pour annoncer des premiers résultats partiels moins scandaleux : légère avance du président sortant au vu de 10% des votes, les 10% suivants étant détaillés demain. De toute évidence, le pouvoir et les puissances étrangères se sont accordé quelques jours de sursis pour bâtir un scénario de sortie de crise avant qu'elle ne dérape à l'Iranienne.

En Afghanistan, même le ridicule tue.

blogules 2009

20090617

Khamenei sous pression

Comme prévu (voir "No You Can't, Mr Ahmadinejad"), le Leader Suprême Ali Khamenei se retrouve en première ligne et nu comme un ver pour avoir très mal géré le coup dans des élections à haut risque.

De même que l'Ayatollah Akbar Hashemi Rafsanjani ne s'était pas géné pour le prévenir de toute entourloupe, l'Ayatollah Hossein Ali Montazeri ne s'est pas géné pour dénoncer le caractère surréaliste des résultats officiels.

Khamenei a dû se résoudre à concéder un recomptage partiel des voix et théoriquement, personne ne voit comment le Conseil des Gardiens déjugerait son camp. Sauf que. En plus de gagner du temps, Khamenei s'offre une éventuelle porte de sortie pour sauver la face : à ce stade, il peut décider de finalement se débarrasser de son joker (Ahmadinejad), au lieu de sombrer avec lui.

Mais dans un cas comme dans l'autre, le système a failli...

=> le scénario officiel ne tient pas la route mathématiquement, ou alors l'équation paraît trop parfaite :
on l'a déjà vu sur de nombreux points, mais depuis certains se sont amusés à reprendre en abscisses et ordonnées les bulletins de Moussavi et d'Ahmadinejad tout au long de la soirée du vote, et les six annonces officielles de résultats partiels dessinent une droite parfaite. Farideh Farhi, de l'Université d'Hawaii, résume la situation en qualifiant ces résultats de "tirés d'un chapeau"*.

=> revenir sur le scénario officiel mettrait en évidence une faille dans le processus électoral qui rejaillirait négativement sur l'ensemble de la classe dirigeante du pays.

... et dans un cas comme dans l'autre, le Leader Suprême a failli. Dans son jugement comme dans son sens du timing et ça, ça ne se pardonne ni chez un politicien, ni chez une autorité religieuse... et encore moins sur l'autorité religieuse et politique suprême du pays. Cette évidence n'est sans doute pas passée inaperçue chez ses supporters et plus encore au sein du réseau d'influence qui lui doit ses pouvoirs.

Khamenei "has been", la cause semble entendue. Mais il a causé une rupture peut-être définitive au sein d'un pays dont l'unité est menacée tant au niveau de la population que des dirigeants.

Même Mousavi, appelé à l'aide pour sauver le pays du naufrage, aurait du mal à jouer le rôle d'Obama recollant les morceaux du puzzle démocrate après le passage de l'Ouragan Hillary.

Party Unity My Ayatollah ?


* cf "
Was Iran's election rigged? Here's what is known so far" (Christian Science Monitor 20090617).

20090614

No You Can't, Mr Ahmadinejad

Apparemment, Mahmoud Ahmadinejad a réalisé un score trop parfait pour être honnête en s'octroyant 62,63% des voix aux présidentielles iraniennes : suffisamment au-dessus de la majorite absolue pour éviter les polémiques sur la pertinence d'un second tour, et suffisamment au-dessous des standards "République Bananière".

Mais il lui fallait également concéder la réalité d'un combat serré et dans ces conditions, Mir-Hossein Moussavi ne pouvait décemment pas obtenir moins d'un tiers des voix. Accordé, de justesse : 33,75%.

Cette petite cuisine ne laisse que 1.73 et 0.85% aux deux autres candidats. Avec en gros le même ratio deux tiers / un tiers en faveur du candidat conservateur (Roshen Rezaee), pourtant attendu loin derrière le candidat réformateur (Mehdi Karroubi). Résultat des courses : ce dernier n'obtient que 300.000 voix. Il en avait obtenu plus de 5 millions aux présidentielles de 2005.

Voir arriver Ahmadinejad en tête n'est pas vraiment une surprise compte tenu de sa mainmise sur l'appareil d'Etat et l'organisation des élections. On pouvait s'attendre à une forte mobilisation par ses troupes dans les zones rurales où à moins de porter le maillot de régional de l'étape, aucun de ses concurrents ne bénéficie d'un tel avantage.

Mais cette participation record n'explique pas tout. Et à la conférence de presse du Ministre de l'Intérieur, diffusée en direct sur les chaînes internationales (NB: avantage à CNN devant la BBC pour la fluidité de l'interprête Farsi-Anglais), la forfaiture a éclaté au grand jour : d'un côté je donne les résultats nationaux à la voix près, et de l'autre je déclare que les résultats régionaux seront officiellement annoncés dans les jours à venir par chaque région, puisque cela relève de leur responsabilité.

Entre les lignes :
- laissez nous le temps de donner à ce décret "top down" une illusion de vraisemblance "bottom up"... et croyez moi, l'équation n'est pas si simple : autant expliquer la physique quantique à l'aide de la physique classique
- si d'aventure des incohérences venaient à apparaitre, ce serait à la marge, d'ordre local, et ne remettrait rien en cause au niveau national.

Le toujours vigilant Juan Cole* met déjà en avant quelques aberrations comme le caractère homogène des scores d'Ahmadinejad dans un pays habitué aux forts clivages régionaux, l'échec au Luristan de l'enfant du pays Karroubi, ou celui de l'Azeri Mir-Hossein Moussavi dans la région d'Azerbaïdjan. Le Ministre de l'Intérieur a néanmoins annoncé une victoire de Moussavi à Téhéran.

Sans surprise, l'opposition n'a pas laissé passer la forfaiture en prenant la rue dès l'annonce des résultats officiels. Scènes de violence, arrestations, censure...
en bon fondamentaliste, Ahmadinejad confirme que sa principale cible n'est ni Israël ni les Etats-Unis mais bien les modérés de son propre pays.

Sa victoire de 2005 était déjà entâchée d'irrégularités mais ici, la rupture parait bien trop forte. Plus encore qu'entre le Président et son peuple, elle affaiblit la légitimité des autorités religieuses ultra-conservatrices qui l'ont laissé faire et accroître son emprise sur l'Etat.

En fait, Ahmadinejad vient peut-être de mettre un terme à la Révolution de 1979 en engageant à travers la sienne, la légitimité du pouvoir suprême :
- par sa qualité d'ancien Premier Ministre de Khomeini, Moussavi pouvait paradoxalement prolonger la légitimité du régime tout en menant ses réformes
- en s'aliénant la jeunesse du pays, les chefs religieux sont désormais privés d'avenir, tributaires d'un seul homme qui n'est même pas l'un des leurs.

Le divorce entre ce Président et le pouvoir religieux semble donc inéluctable, mais ne se résoudra pas à l'amiable. Surtout si les Ayatollahs s'enferrent dans leur repli suicidaire. En fait, la victoire d'Ahmadinejad annonce la défaite du régime aussi certainement que le triomphe de Bush en 2004 annonçait l'implosion du Parti Républicain.

Mahmoud Ahmadinejad n'a jamais été aussi fort... et l'Iran aussi faible depuis 1979.

Au moment même où le monde a besoin d'un Iran stable et cohérent.

Bien sûr, la répression peut réussir sur le court terme. Mais il faudra peut-être bientôt choisir entre l'unité du pays et la survie d'un système. Dans l'immédiat, Ahmadinejad semble condamné à occuper d'une façon ou d'une autre le territoire du changement positif, et le chemin le plus facile semble sur la scène internationale.


* voir "Informed Comment"
"Stealing the Iranian Election"

20080510

Le Hezbollah invite Israël à se radicaliser encore plus

En guise de cadeau d'anniversaire pour les 60 ans d'Israël et alors qu'il frise l'asphyxie dans une sordide affaire de corruption, Ehud Olmert se voit offrir un bol d'air vicié par ses amis du Hezbollah : leur Coup d'Etat au Liban risque fort de provoquer l'arriver d'un nouveau dirigeant encore plus radical à la tête d'Israël.

Pour rappel : les fondamentalistes les plus forcenés des trois principales religions monothéistes rêvent d'une guerre finale dans la région*, Bush veut la déclencher impérativement avant la fin de son mandat, et à ses yeux Olmert n'est probablement plus l'homme de la situation après sa perte de face en 2006 face à Sayyed Hassan Nasrallah.

Ordoncques ce dernier lance une offensive destinée à causer une rupture définitive dans la région : saisissant le prétexte que son réseau téléphonique a été déclaré illégal par le gouvernement libanais, le mouvement radical chiite a brutalement mis la main sur l'ouest de Beyrouth et manqué de peu d'éliminer Saad Hariri. Peu importe : le Liban est déjà mort, son cadavre en décomposition avancée exposé depuis deux ans aux vautours qui ne supportaient pas l'idée d'une démocratie multiconfessionnelle au coeur de leur champ de bataille.

Comme d'habitude, légitime levée de boucliers de la communauté internationale.

Comme d'habitude, Tel Aviv et Washington accusent Téhéran et Téhéran accuse Tel Aviv et Washington. Le
Teheran Times évoque sans rire une proposition de médiation perse entre Libanais.

Ce n'est sans doute pas la priorité des priorités vu de Beyrouth mais le candidat Obama peut s'attendre à une nouvelle batterie de tests de la part de ses opposants.


* cf "
Iran : qui veut la guerre et pourquoi" (20070928) et "En finir avec le fondamentalisme" (20070627)

20080125

Le New York Times soutient Hillary

Le NYT a publié ses préférences pour les Primaires US : John McCain côté Républicain et Hillary Clinton pour les Démocrates.

Il ne devrait effectivement pas y avoir de photo pour McCain qui s'est élevé contre Bush, contre la torture, et en faveur de la démocratie. Et Romney a effectivement perdu toute crédibilité en disant oui à toutes les demandes de preuves de conservatisme pour glaner quelques voix de plus (il a ainsi rejoint sans scrupule le club des candidats en faveur de l'annulation de Roe vs Wade par la Cour Suprême).

Mais dans sa quête d'absolu, John McCain s'est un peu dispersé ces derniers temps, et même affiché aux côtés de son ancien ennemi Bush. Il a surtout vendu son âme au Discovery Institute, se déclarant même en faveur de l'enseignement des thèses de l'Intelligent Design à l'école.

A moins d'un coup de théâtre de dernière minute (Bloomberg ?), les Etats-Unis semblent donc condamnés à élire un Démocrate pour en finir avec leurs années noires.

Clinton et Obama feraient tout autant l'affaire l'un que l'autre, mais le New York Times a décidé de parier sur la plus conservatrice Hillary. Relativement tôt dans la campagne, mais à un moment clef et à la veille des primaires les plus importantes... Un coup de pouce potentiellement décisif pour la base des électeurs démocrates, et pas seulement dans le quart nord-est du pays.

Que Bill Keller, l'Executive Editor du NYT, apprécie le jugement d'Hillary ne me surprend guère : non seulement il a pondu un édito favorable à la guerre en Irak en 2003, mais il a laissé faire les campagnes de désinformation de Judith Miller et ouvertement soutenu le faucon Paul Wolfowitz au détriment de la "colombe" Colin Powell.

A propos : Wolfie est de retour à la Maison Blanche pour conseiller W. dans ses derniers mois au pouvoir. Dubya a sans doute besoin de son jugement hors pair pour faire avancer quelques projets lui tenant à coeur.

Bill Keller aurait-il l'intention de pondre un édito en faveur de la Guerre en Iran ?

20071015

L'Archiduc Poutine et la Troisieme Guerre Mondiale

Vous êtes cordialement invités à dénicher les "false flags" qui ne manqueront pas de se multiplier dans les jours, les semaines et les mois qui viennent. Cheney et tout ces fanatiques qui souhaitent la guerre entre l'Iran et Israël à tout prix n'ont de cesse de jeter de l'huile et du pétrole sur le feu*.

La très putative tentative d'assassinat contre Vladimir Poutine à l'occasion de sa prochain visite à Téhéran fait bigrement écho aux petites combines de la Bande à Dubya. Les fondamentalistes de tous horizons connaissent bien leur Histoire et se souviennent de l'incident ayant déclenché la Première Guerre Mondiale : le meurtre de l'Archiduc François Ferdinand à Sarajevo. A l'époque, les Balkans étaient l'endroit où l'on causait de guerre et l'endroit où l'on causait la guerre. De nos jours, c'est en Iran que ça se passe.

Vlad l'Empaleur sait parfaitement orchestrer la terreur, et son expertise en "false flags" force le respect des plus cyniques. Et ici, le prochain Premier Ministre à vie de la Russie a décidé de transférer habilement la pression des épaules de Mahmoud Ahmadinejad vers celles de Bush.

Car en sortant cette bombe, le Kremlin prévient le locataire de la Maison Blanche : je sais que tu trames quelque chose mais je ne sais pas quand ni où ni comment tu frapperas ; je sais que tu veux faire croire au grand public que c'est l'Iran qui déclenchera la guerre que tu souhaites de toute ton âme corrompue de fondamentaliste et je sais que tu veux que la Russie cesse de soutenir l'Iran, mais si quoi que ce soit arrive à moi ou à d'autres personnages-clef de cette sinistre comédie, tout le monde sera au courant qu'une manipulation de l'opinion était prévue depuis le départ, et c'est vers toi et les tiens que les accusations se porteront.



* cf "Iran : qui veut la guerre et pourquoi" (20070928)

20070928

Iran : qui veut la guerre et pourquoi

D'éminents leaders de la communauté internationale veulent voir l'Iran entrer en guerre avec Israël à n'importe quel prix et sous n'importe quel motif, mais pas n'importe quand : alors que cette guerre présente tous les risques et que rien ne justifie l'urgence et la précipitation, ils mettent tout en oeuvre pour qu'elle éclate avant la fin du second (et théoriquement dernier) mandat de George W. Bush. Après avoir longtemps rêvé de la déclencher avant la fin de l'année, ils semblent aujourd'hui résignés à attendre le printemps prochain.

Ne cherchez pas d'explication rationnelle à cette guerre, il n'y en a pas.

Comme pour l'Irak, la question des Armes de Destruction Massive n'est qu'un prétexte et ne présente aucune importance dans la motivation. Comme pour l'Irak, il ne s'agit pas non plus d'un projet néoconservateur de promotion de la démocratie par le renversement d'un dangereux dictateur. Comme pour l'Irak, l'argent et le pétrole ne constituent même pas le coeur du projet.

Sans surprise, on observe les mêmes phénomènes à l'approche du conflit : une opinion publique américaine manipulée par des Armes de Désinformation Massive présentant le pays comme un Empire du Mal gouverné par un "Nouvel Hitler", Dick Cheney travaillant sur des scénarios de type "false flag" pour "provoquer une provocation" et justifier le déclenchement des combats, des faucons fabricant des "preuves" irréfutables (mais réfutées par la communauté des renseignements) de trafics illégaux de matières radioactives via des pays au ban des nations (1), un danger d'holocauste nucléaire "clair et immédiat" selon les spin doctors, incertain et à horizon cinq à huit ans au plus tôt selon l'organisme d'inspection international... et naturellement les mêmes avertissements des experts en géopolitique : attention à cette guerre, elle présente tous les risques, il serait suicidaire d'agir dans la précipitation, et il est contre-productif de jeter de l'huile sur le feu - une telle guerre constituerait une erreur stratégique majeure, une tragédie pour l'Iran et son peuple comme pour l'avenir de la démocratie dans la région, un désastre pour la lutte contre le terrorisme international, et au contraire un coup de pouce décisif pour les fondamentalistes de tous poils et pour les ennemis de la démocratie partout dans le monde.

Comme pour l'Irak, la catastrophe annoncée aura lieu parce qu'il ne s'agira pas d'une erreur stratégique mais bien d'un choix délibéré, en connaissance de cause, par des fondamentalistes en faveur du fondamentalisme, par des fascistes en faveur du fascisme, par des promoteurs de la haîne et du climat de terreur en faveur de la haîne et du climat de terreur.

Comme pour l'Irak, la guerre de l'Iran est une guerre de religion. Pas un choc de civilisation entre Orient et Occident mais une guerre menée par les fondamentalistes d'orient contre les modérés d'orient et par les fondamentalistes d'occident contre les modérés d'occident. Ceux qui souhaitent le plus ardemment le conflit sont bien des fondamentalistes, et parmi les plus illuminés : des Islamistes persuadés que le conflit va provoquer le retour du Mahdi, des fondamentalistes Chrétiens convaincus qu'il entraînera la seconde venue du Christ. Leurs prophécies délirantes se rejoignent dans un scénario apocalyptique où le conflit final entre Israël et l'Iran débouche sur le Jugement Dernier et le règne ultime de Dieu. Pas le Dieu d'amour et de respect défendu par les grandes religions monothéistes, mais une caricature conçue par les esprits dérangés d'une minorité de fanatiques traditionnellement cantonnée dans l'underground religieux et depuis le 11 septembre 2001 plus présente que jamais dans les médias et les plus hautes sphères du pouvoir en Iran comme aux Etats-Unis et en Israël (2).

A la différence de l'Irak, cette farce tragique ne débouchera pas "que" sur quelques centaines de milliers de morts inutiles : un conflit entre Iran et Israël ne pourrait qu'entraîner des centaines de millions de victimes.

Confortablement vautrés dans leur canapé, John et Jane Smith observent sur leur petit écran des fous furieux jouer le rôle de leaders responsables agissant au service des peuples qui les ont porté au pouvoir : Ahmadinejad et Bush font la même prière et appellent de leurs voeux le même bain de sang pour des raisons similaires.

John et Jane Smith se plaignent de la façon dont Bush gère la guerre en Irak mais n'hésiteront pas à le suivre dans une nouvelle croisade mille fois plus suicidaire et meurtrière : leur révérend leur a dressé un portraît saisissant du grand satan perse dans un prêche très mobilisateur.

John et Jane Smith, horrifiés devant le spectacle d'un Président ayant une affaire avec une interne à la Maison Blanche, ne bronchent pas quand leur Président insulte régulièrement toutes les valeurs qui ont fait des Etats-Unis une démocratie modèle dans le passé. Il ne leur viendrait pas à l'esprit d'exiger une procédure de double impeachment contre le Président et le Vice Président de la propagande éhontée, des témoignages mensongers, des preuves fabriquées, des enlèvements illégaux, de la suppression de droits et du déni permanent de justice, du refus des conventions internationales et même de la torture officialisée.

John et Jane Smith ont le sort du monde entre leurs mains... mais ils ne les occupent qu'avec leur télécommande et leur bol de pop corn en attendant avec impatience les premières images du prochain feu d'artifice.

(1) un cas de transfert de technologie nucléraire volontaire à l'Iran a toutefois été prouvé, et le pays paria n'est autre que... les Etats-Unis. Dans une prétendue opération de désinformation, de faux secrets scientifiques ont été communiqués à des chercheurs Iraniens qui loin d'être entraînés sur de fausses pistes, ont au contraire gagné du temps.




(2) cf "En finir avec le fondamentalisme" (20070627)

20070918

Kouchner souhaite "le pire"

La diplomatie française est morte hier en direct sur LCI. Bernard Kouchner n'a pas sorti la bourde de trop mais la preuve ultime : Nicolas Sarkozy a bien pris le témoin des mains de George W. Bush l'été dernier* et s'est même proposé pour mener la fronde supposée déboucher sur la guerre de ses rêves**.

Le temps presse pour les faucons : il s'agit d'empêcher le retour des modérés au pouvoir en Occident, et si possible de sauver le soldat Bush en lui donnant un successeur belliciste.

Mais quand bien même ce conflit entre Iran et Israël venait à échouer, la France est d'ores et déjà menacée. Et c'est d'ailleurs l'objectif recherché : renforcer les tensions internes et externes, exacerber les haines, redonner un coup de pouce aux fondamentalistes Chrétiens, Juifs et Musulmans.

Attendons-nous au pire oui, mais d'abord et avant tout sur notre territoire.


* cf "
Burger Kings a l'heure de la priere " (20070814)
** cf "
Jesus vs Mahdi" Prophecy - Red blogule to Bush-Cheney's war on Iran" (20070122)

20070902

Il y a six ans, une première tour s'effondre

Ahmed Chah Massoud est tombé le 9 septembre 2001. Une première victime vite oubliée sous le choc des attaques portées deux jours plus tard au coeur de l'hyperpuissance américaine. Avec Massoud disparait l'une des plus belles promesses de paix pour l'avenir d'un pays décidément peu épargné par la folie des hommes... et déjà privé de son passé par les mêmes méthodes expéditives (dynamitage des Bouddahs de Bamyan).

Désormais, le seul moyen de déloger les Talibans d'Afghanistan sera d'avoir recours à une puissance étrangère. Oussama ben Laden choisit ses ennemis et à un Musulman modéré et respecté de tous non seulement pour son courage et son humanité, mais aussi pour l'authenticité de sa foi et de l'amour de son pays, il préfère une armée occidentale plus en phase avec l'image qu'il souhaite donner à sa croisade... avec si possible à sa tête un digne héritier des croisés médiévaux les plus fanatiques.

Le 11 septembre 2001, ben Laden lance par voie des airs une invitation au fondamentaliste chrétien récemment porté à la tête des Etats-Unis. George W. Bush répondra au-delà de ses espérances en reprenant le registre de vocabulaire des croisades (1), et en proposant d'étendre leur terrain de jeu commun à de nouveaux horizons : non seulement j'accepte le rôle du Grand Satan, mais en plus je vous aide à faire basculer le monde musulman de votre côté. Et pour optimiser les dégats, je détruis tout espoir de résolution du conflit Israëlo-Palestinien et j'ouvre un nouveau front au coeur du Moyen-Orient ; au meilleur endroit pour attiser les haînes entre Sunnites et Chiites. En échange, vous m'aiderez à faire basculer mon pays sous mon autorité et à terme vers une théocratie plus garante de la pérennité de nos idéologies respectives, vous m'aiderez à faire rayonner ces idées dans un occident qui a depuis trop longtemps oublié les vertus de l'obscurantisme.

Bush ne reculera devant rien pour parvenir à ses fins en Irak : Armes de Désinformation Massive, fabrication de fausses preuves, élimination politique de témoins génants ou à charge (Wilson)... Encore aujourd'hui, une part importante de la population américaine demeure persuadée que Saddam Hussein était impliqué dans les attentats du 11 septembre.

Certes, Dubya a dû se résoudre à donner le change à la communauté internationale en s'occupant en priorité du cas Afghan... mais son aventure en Irak syphonera bien vite la plupart des ressources initialement prévues pour le sauvetage du pays martyr, et depuis le début des hostilités jusqu'à aujourd'hui, son administration n'aura de cesse de torpiller le travail de fond sur le terrain, quitte à saboter le travail de conquête des coeurs par ses "alliés" britanniques en multipliant les bombardements abusifs (2).

"Mission accomplie" pour le président préféré des fondamentalistes US (3) : les Talibans regagnent le terrain perdu en Afghanistan comme au Pakistan, la culture de pavot atteint des sommets records, Karzaï peine à contrôler une zône de la taille d'un timbre poste... et la collection automne-hiver redonne tout son éclat à la burqa bleu ciel.

Profitant de l'apathie de ses concitoyens et des derniers mois qui lui restent à la tête d'un pays supposé démocratie modèle (4), Bush s'apprête à réaliser l'oeuvre de sa vie : le déclenchement d'une guerre embrasant l'ensemble du Moyen-Orient autour de l'Iran et d'Israël et destinée, à en croire les fondamentalistes les plus fanatiques au sein des trois principales religions monothéistes, provoquer le retour du Christ et du Mahdi.

On pourrait en rire. Comme de ces aimables farfelus oeuvrant à la diffusion en Europe des théories néo-créationnistes de l'Intelligent Design. Comme de l'absurdité et de la confondante bêtise des thèses défendues par des intégristes de tous poils.

Mais c'est de survie qu'il est question. De la démocratie et de ses défenseurs. Nous n'avons pas sauvé Massoud au coeur des montagnes afghanes, serons-nous au moins capables d'aider les Mohamed Sifaoui qui risquent leur vie au quotidien au coeur de nos villes (5) ? Au lieu de faire le jeu des fondamentalistes en bâtissant des forteresses et autres murs de démarcation, saurons-nous repenser notre village global pour supprimer les injustices qui font leur lit ?

Les années qui viennent seront décisives. Soit nous parvenons à infléchir le cours imposé par les adversaires de la démocratie en redonnant la voix et le pouvoir aux modérés, soit nous acceptons pour les décennies qui viennent le retour à un ordre médiéval.



(1) "We will rid the world of the evil-doers (...) This crusade, this war on terrorism is going to take a while" - cf conférence du 16 septembre 2001 : www.whitehouse.gov/news/releases/2001/09/20010916-2.html
(2) "British Criticize Air Attacks in Afghan Region" : http://www.nytimes.com/2007/08/09/world/asia/09casualties.html
(3) cf épisodes précédents - "En finir avec le fondamentalisme" et "Universal Declaration of Independence From Fundamentalism"
(4) ... mais pratiquant l'enlèvement illégal de citoyens non-américains sur un sol étranger (ex. dernièrement des Iraniens en Irak ; typiquement le genre d'initiatives de paix dont la région a besoin)
(5) "Ces Musulmans qui disent non à l'Islamisme" mardi dernier sur Arte

20070627

En finir avec le fondamentalisme

Jamais depuis le Moyen-Age les fondamentalismes ne se sont aussi bien portés à travers le monde. En s’adaptant parfaitement à une société mondialisée et en réseau(x), des mouvements jusqu’alors marginaux sont parvenus à s’imposer comme quasi-dominants dans les media, régentant l’actualité à défaut de pouvoir contrôler le pouvoir réel. Un noyau d’initiés suffit désormais à animer des multitudes soigneusement maintenues dans l’ignorance grâce à une propagande efficace déclinant une idéologie simpliste autour d’une caricature de religion. L’argumentaire passe d’autant plus facilement que cette multitude subit au quotidien des injustices flagrantes, la moindre illusion d’espoir rendant plus supportable la misère absolue.

Ces phénomènes ne datent pas d’hier, mais la frustration a été récemment exacerbée par de trop nombreux espoirs déçus. Par incurie parfois, mais souvent aussi par le torpillage systématique des rares initiatives de résolution, ou encore l’élimination méthodique des rares personnes susceptibles de concrétiser un mince espoir de réconciliation. Ce n’est pas un hasard si Yitzak Rabin en Israël et Ahmed Chah Massoud en Afghanistan ont été assassiné par des courants supposés partager la même religion : le principal ennemi d’un fondamentaliste c’est le modéré dans ses rangs, certainement pas le fondamentaliste d’en face. Car le fondamentaliste d’en face, c’est le miroir qui renvoie de lui aux yeux du monde une image encore plus grande et plus belle. A eux deux, les fondamentalistes se faisant face captent toute la lumière, masquent leur desseins obscurantistes, et focalisent leurs rayons pour réduire en poussière tout ce qui ose bouger dans leur terrain de jeu commun...

Le coup d’envoi de la ligue mondiale nouvelle formule a été donné par Osama Ben Laden le 9 septembre 2001. Il n’en était certes pas à son coup d’essai mais cette fois-ci, il savait à quel genre de "wi(l)d receiver" il avait affaire : un "born again Christian" proche des cercles les plus fanatiques, comme ces fous furieux qui soutiennent les fondamentalistes Israëliens dans l’espoir de déclencher la guerre finale supposée provoquer le retour du Christ... un homme qui se présente comme le simple exécutant de la volonté divine, inscrivant dès le départ son mandat sous le signe de la théocratie.

L’accusé de réception n’a pas traîné : dès son premier discours suivant l’attentat, George W. Bush a lâché le signal que tous les Islamistes attendaient, et que les fondamentalistes Chrétiens appelaient de tous leurs voeux ; le mot "croisade".

On peut critiquer Bush sur de nombreux points, mais pas sur sa stratégie à l’international. Le bourbier et la partition de l’Irak, l’avènement d’un illuminé en Iran, le sinistre remake de la partition Pakistan-Bangladesh en Palestine ou le renforcement des extrémistes en Israël ne constituent pas des échecs mais des succès éclatants. Car George W. Bush n’a pas agi en Président des Etats-Unis dans l’intérêt de son pays, ni même en Républicain dans l’intérêt de son parti, mais avant tout en fondamentaliste dans l’intérêt du fondamentalisme. Et donc des fondamentalismes.

Ce Commandeur des Crédules a ainsi permis à des courants pour le moins alternatifs d’étendre durablement leurs congrégations sur l’ensemble du territoire américain et en particulier en son coeur, dans les régions en forte croissance démographique. Bush a également prêché par l’exemple en s’attaquant aux piliers de la démocratie au plus haut niveau de l’Etat : la justice, la science ou l’éducation ne doivent pas faire obstacle à l’avènement d’une authentique théocratie. Au niveau international, il aura systématiquement cherché à s’affranchir de toute contrainte ou interdépendance, à rendre caduques les accords de toute nature (de Kyoto à Genève), à vider de leur sens les véhicules de la communauté internationale (l’ONU, bien sûr, mais même l’OMC en lui substituant une raffale sans précédent d’accords bilatéraux de - plus ou moins - libre échange)...

Le maintien d’un état permanent de guerre et de terreur est essentiel pour le fonctionnement de la propagande et l’affirmation d’un pouvoir faisant parfaitement écho au Grand Satan d’en face, qualifié par un habile effet de miroir d’Islamo-fascisme. Les amis de Bush doivent toutefois lui conseiller régulièrement de ne pas trop en faire dans le maniement de l’épée : d’accord pour supprimer des ennemis communs, du menu fretin et des petites frappes élevées au rang de martyr par la propagande, mais attention à ne pas décapiter tout le monde... C’est d’abord Ben Laden qui lui rappelle que son ennemi n’est pas le peuple américain mais les musulmans corrompus par les infidèles, puis Mahmoud Ahmadinejad qui lui écrit pourquoi tant de haîne ? nous avons tant de choses en commun dans notre approche de la foi...

Certes, les Américains ont sanctionné le sanctifié de la Maison Blanche, mais essentiellement sur son bilan militaire, et la victoire Démocrate de 2006 demande confirmation. En attendant, les fondamentalistes US sont enfin montrés du doigt, et deviendraient presque moins fréquentables : aucun candidat cherchant leur soutien ne prendra le risque d’un "coming out" trop marqué... La déroute irakienne a par ailleurs provoqué le divorce neocons - theocons : ce sont les "religieux" de la Maison Blanche qui avaient vendu la guerre aux néocons, qui l’avaient à leur tour vendue aux grands lobbies économiques... ces derniers s’étaient alors logiquement retournés contre leurs vendeurs en constatant les vices cachés.

Le poids des fondamentalistes demeure cependant... fondamental. Et Démocrate ou Républicain, aucun candidat à la présidence en 2008 ne voudra se les mettre à dos.

Une chose est sûre : Bush ne sera pas réélu, et le mouvement a besoin de nouveaux leaders pour poursuivre la croisade.

Si Benoît XVI peut difficilement incarner l’avenir, il a déjà prouvé sa capacité à relayer le témoin sur quelques précieux mètres. Et en dépit des apparences, ce théologien possède lui aussi un sens aigü de la communication. De sa "malheureuse gaffe" de Ratisbonne, le commun des mortels n’aura retenu que la citation d’un texte critique envers Mahomet (Controverse de Manuel II Paléologue relative à la violence dans l’Islam), mais il ne s’agissait là que de la caisse de résonnance généreusement offerte aux prêcheurs radicaux derrière le "miroir d’en face". Le coeur de son message résidait dans la primauté de la religion sur la raison. La profession de foi d’un fondamentaliste à l’attention de fondamentalistes, discrètement formulée par un érudit à l’attention d’érudits... et au passage, une authentique bénédiction urbi et orbi accordée à ces révisionnistes de la science qui prônent l’imposture du Créationnisme et de l’Intelligent Design.

Tout ceci quelques jours après avoir réhabilité les traditionnalistes jusqu’ici considérés comme déviants et archaïques. Et quelques jours avant de rendre visite à la Turquie, cette clef de voûte de la laïcité au carrefour de l’Orient et de l’Occident, cette pierre que tant de fous souhaitent faire tomber, cette pierre sur laquelle tant de fous veulent construire leur caricature d’église...

Le fondamentalisme se nourrit du fondamentalisme et pour imposer des idées radicales, il n’est de meilleur allié qu’une idéologie radicale rivale. Les modérés sont trop longtemps restés silencieux et il est temps de faire tomber les miroirs et les masques, d’exposer les manoeuvres destinées à miner la société dans son ensemble et dans toutes ses composantes, d’exiger des représentants du peuple un engagement formel sur leur respect des principes de la démocratie. Il ne s’agit surtout pas de s’engager dans une contre-croisade, une chasse aux sorcières, ou d’interdire la religion pour satisfaire les ayatollahs de l’ultra-laïcité mais au contraire d’ouvrir les bras aux autres, de faire triompher le respect, la tolérance et surtout la transparence.

Dans ce contexte, le retrait d'un texte condamnant le Créationnisme de l'ordre du jour de l'Assemblée du Conseil de l'Europe sonne comme un bien inquiétant signal.

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addendum : ce texte a évolué dans sa version anglaise vers une "Universal Declaration of Independence From Fundamentalism".

20070616

Palestine : le scenario Bangladesh-Pakistan

Ehud Olmert et ses amis faucons ont finalement réussi à livrer le Ghetto de Gaza aux mains des éléments les plus radicaux du Hamas. Ce succès majeur leur aura demandé des années d'humiliations et de privations de droits, l'enlèvement illégal de nombreux leaders modérés, et la destruction massive de chaque tentative de conciliation d'où qu'elle vienne.

En janvier 2006*, j'évoquais la probabilité d'un scénario Pakistan - Bangladesh pour le tandem Gaza - Cisjordanie, avec le premier sous le joug de radicaux islamistes et le second à la dérive, peuplé de malheureux trop occupés à survivre pour penser à faire du mal à d'autres (au moins le Bangladesh a-t-il la "chance" de souffrir plutôt d'une abondance d'eau...).

La vision d'Ariel Sharon n'a jamais été aussi près de se réaliser : au prix d'une infime concession territoriale, la cristalisation d'un Gaza-Pakistan écarte quasi définitivement la menace démographique tout en pérennisant la menace terroriste, assurant par la même le maintien des extrémistes au pouvoir en Israël... et le report aux calendes grecques du règlement de la question de Jérusalem Est et de la Cisjordanie (l'anschluss peut continuer).

Les extrémistes israëliens peuvent se féliciter du succès de leur stratégie, et du soutien crucial** d'un autre fondamentaliste, Chrétien celui-là : George W. Bush. Ils ne l'ont certes pas attendu pour se débarrasser d'Yitzhak Rabin, mais Dubya leur aura grandement facilité la tâche dans la destruction du processus de paix entamé avec Bill Clinton.

A son habitude, Shimon Peres se drappe dans les honneurs (la Présidence après le Prix Nobel) en évitant soigneusement de se battre pour la paix. Mieux encore : Ehud Barak rejoint le gouvernement avec l'étiquette d'un leader de l'opposition ! Expert reconnu dans l'art du camouflage, le nouveau Ministre de la Défense n'a pas hésité, par le passé, à se déguiser en femme pour liquider des membres de l'OLP. Plus tard, il n'a pas eu besoin d'aller aussi loin pour torpiller le sommet de Camp David en 2000, préparant soigneusement le terrain pour l'avènement de Sharon et plaçant les premiers clous sur le cercueil d'Arafat... Olmert lui offrira sans doute l'occasion de briller aussi fort que son prédécesseur travailliste Amir Peretz.

Je vois mal désormais comment les modérés peuvent gagner les élections en Israël, comment la propagation de la violence peut être évitée dans la région.

Les fondamentalistes ont donc gagné en Palestine et en Israël, comme aux Etats-Unis (malgré le sursaut de 2006) et dans des points clef du monde musulman. Les plus fanatiques partisans d'un clash final entre Israël et l'Iran (cf les sectes prévoyant un retour de Jésus ou du Mahdi pour cette année) noteront que dans cette partie de base ball les bases sont pleines (Israël-Palestine, Iraq, Iran) et qu'une impressionnante série de cogneurs se présente à la batte. Il suffit donc d'un pitch un peu foireux pour claquer un home run.

Le seul signal fort susceptible d'enrayer le processus, une procédure réussie d'impeachment contre le duo Bush-Cheney, parait malheureusement hautement improbable à un an des élections présidentielles US. Et ne comptons pas sur les candidats pour se lancer dans des critiques virulentes envers Israël à un moment aussi délicat de leur campagne.

* cf "
Red blogule to Ehud Olmert - the Bangladesh scenario" (20060125)
** no pun intended, Mel

20070607

Heiligendammned ! Blogule rouge au sommet Vladubya 2007

Vladimir Poutine et George W. Bush sont de grands démocrates.
Vlad fera élire l'année prochaine une marionette destinée à modifier la Constitution et tenir Sa place au chaud jusqu'à Son retour triomphal. Pharaon pourra alors renommer les planètes à Sa Gloire, ressusciter Gandhi pour avoir enfin quelqu'un de valable avec lequel discuter, et à l'occasion jouer avec Son kit de parfait petit chimiste (une goutte de Poutinium 210 sur une larme de journaliste ça donne quoi ?).
Dubya a obtenu les fonds nécessaires à ses emplettes en Irak. Gonflé à bloc, il envisage désormais de répandre un peu de démocratie en Iran (bombes à fragmentation, torture, propagande..., il a comme d'habitude le choix des armes interdites). Inch' Allah, les Perses n'auront plus à attendre le prochain tremblement de terre pour voir Bam et leurs autres trésors nationaux réduits en poussière. Les fondamentalistes sont grands et Bush est leur prophète.

Vladimir Poutine et George W. Bush sont de grands défenseurs de l'environnement.
Avec eux, défense de toucher aux sujets périphériques initialement prévus au programme de ce 33e G8 (lutte contre le réchauffement climatique, les abus des hedge funds...). Ces Lider Minimo ont décidé de changer l'agenda en dernière minute en ressortant des cartons les menaces de guerre nucléaire. Rien de tel qu'un bon vieux ennemi historique (Nazi, Soviet) pour reléguer au second plan les questions qui fâchent.
Les deux superpuissances du XXe siècle agissent comme si rien ne s'était passé depuis vingt ans. Le problème c'est qu'ils ne dictent plus l'agenda de ce monde ; ils se contentent de régner en dictateurs sur leur petit monde en faisant fi du reste.

20070315

Kurdistan, l'autre Irak - blogule rouge aux theocons US

"Kurdistan - The Other Iraq". Ce slogan relevé par le PRWatch sonne certainement mieux que "The Other Other Vietnam", mais je me demande si cela ne présage pas d'une désastreuse répétition des erreurs commises sur l'ensemble du pays. Erreurs qui, pour rappel, n'en étaient pas mais constituaient des choix délibérés.

A travers la Kurdistan Development Corporation, le gouvernement régional du Kurdistan irakien vient d'ouvrir un bureau de représentation à Washington avec à sa tête Qubad al-Talabani, le fils du président Jalal Talabani. Si officiellement, il s'agit de promouvoir les investissements et le tourisme dans la région, l'autonomie voire l'indépendance du Kurdistan figurent nécessairement au programme.
J'éprouve beaucoup de sympathie pour les Kurdes et je leur souhaite l'avenir paisible auquel ils aspirent depuis si longtemps, mais j'émets quelques doutes sur le type de soutien recherché à DC.

On se souvient de l'intense lobbying pro-Irakien mené entre les deux guerres, et surtout du choix délibéré par les theocons US des factions les mieux armées pour causer le maximum de dégats. La partition de l'Irak et le renforcement des fondamentalistes dans la région (et en particulier en Iran et en Israel) était non seulement prévus mais souhaités.

Si j'étais un fondamentaliste US, je ne laisserais certainement pas émerger un Kurdistan démocratique et pacifique au beau milieu de mon terrain de jeu. Au contraire, j'en profiterais pour créer un nouveau pôle d'instabilité dans la région irakienne la plus épargnée par le chaos ambiant. Surtout, j'en profiterai pour exacerber les nationalistes et les fondamentalistes turcs puisque, et nous le constatons chaque jour, la radicalisation de la Turquie constitue le meilleur vecteur de la renaissance du fondamentalisme chrétien en Europe.

Comme pour l'invasion de l'Irak, l'enjeu dépasse largement les champs pétrolifères de Kirkuk : l'objectif est ni plus ni moins de se débarasser de la laïcité en Turquie.

20070101

Blogule blanc a 2007 - bonne annee a vous tous

Bonne année à vous tous.

Vous ? Vous êtes plus de 100.000 à vous oxygéner les blogules depuis 2003.
Vous venez de Séoul, New York et Paris. Paris, France, mais aussi Paris, Texas et Paris, Tennessee. Vous venez également de Tanzanie et d'Azerbaïdjan, des Iles Cayman et de Guinée Equatoriale. Vous venez d'Iran, de Cuba et d'Irak.

En fait, vous venez de plus de 150 pays, et certains d'entre vous vont même jusqu'à représenter leur pays...

  • Ces misérables pages ont ainsi été admirées depuis quelques bureaux gouvernementaux de France (Premier Ministre, Ministères de la Défense, de l’Intérieur, de l’Agriculture, des Finances, de la Culture, de l’Education, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Secrétariat Général des Armées, Mission Interministerielle de Lutte Contre les Drogues et la Toxicomanie (!)...),
  • des Etats-Unis (au niveau fédéral - Secretary Of Defense, US Department Of Defense, US Department Of Transport, US Departement Of State, US Department of Veterans Affairs, US Centcom, USASOC / United States Army Special Operations Command , The National Ground Intelligence Center, Project and Contracting Office for Iraq, NASA, US House of Representatives, US Senate ... - comme au niveau des Etats - States of Indiana, Louisiana, Maryland, Mississipi, New Jersey, Ohio, Pennsylvania, Tennessee, Texas, Wisconsin...),
  • et de quelques autres pays, aussi : Abu Dhabi Investment Authority (UAE), Autorités Fédérales de la Confédération Helvétique (CH), Bundesregierung (DEU), Ministères des Finances, de la Santé...(BRA), Ministère de l'Industrie (CUB), Etat du Grand Duché du Luxembourg (LUX), Government of Malaysia (MLY), South African Government (RSA), UK Government, Ministry Of Defence... (UK), Ministerio de Defensa de Espana (ESP), Ministère des Finances et des Investissements Extérieurs (MAR), Ministère de l’Intérieur (BEL), Ministerie van defensie, Ministerie van Verkeer en Waterstaat (NED), Ministerul Economiei si Comertului (ROM), Ministry of Communications (KUW), (UK), Ministry Of Education (THA), Ministry Of Education (TWN), Ministry Of Education (SIN), Ministère de la Santé et des Services Sociaux, de l'Agriculture... (CAN), (USA), Senado (CHL), Ministerio da Saude (POR), Secrétariat d'Etat à la Recherche Scientifique et Technologique (TUN), Gouvernement du Brunei (BRU)...

... voire plusieurs pays à la fois...

  • Communauté Européenne (LUX), Union Européeenne (BEL), EUROCONTROL - European Organisation for the Safety of Air Navigation (BEL), EASA - European Aviation Safety Agency (DEU), ESA - European Space Agency (ESP et FRA), UNESCO (FRA), UNESCO-IHE Institute for Water Education (NED), INTAS (BEL), Institut d’Etudes de Securite de l’Union europeenne (FRA), OTAN / NATO (BEL), The North Atlantic Treaty Organization Consultation, Command and Control Agency (NED), OCDE (FRA), UNEP – United Nations Environment Program (KEN), UNEP – Energy Branch (FRA), UNLB - United Nations Logistics Base (ITA), UNMIK Kosova - United Nations Interim Administration Mission in Kosovo (KOS), WHO / OMS (CH), The World Bank Group (USA, DC), The United Nations Volunteers (DEU), The United Nations Organization (USA, NY)...

Ce media indépendant a enfin le plaisir d'accueillir quelques media plus ou moins indépendants sur ses lignes :

  • de France : AFP, Bayard Presse, Canal France International, Canal Plus, Editions Philippe Amaury SA, Editions Atlas, Editions Heimdal, Editis, L’Est Républicain, Eurosport, France 2, France Citevision, France Televisions, Groupe Contact, Groupe Express Expansion, Groupe Les Echos, Groupe Tests, Hachette Livre, Hachette Filipacchi Presse, International Herald Tribune (FRA), Mediamétrie, Milan Presse, Le Monde, Motor Presse France, Pearson Education France, Prisma Presse, Le Progrès, La Provence, Radio Campus, Radio France, Le Republicain Lorrain, La République du Centre, RTL France, Societe du Journal de l’Union, Sports Media et Stratégie, TF1, TPS, TV3V - Television des 3 Vallees, TV Rennes, 20 Minutes France, La Voix du Lyon ...
  • des USA : American Media Inc (FL), CBS Broadcasting (NY), CMP Media (TX), Deseret News (UT), Discovery (MD), Disney (CA), Elsevier Science Inc (NY), Educational and Professional Publishing Group of The McGraw-Hill Companies, Inc (IA), Forum Communications Company (ND), Fox Inc (NY), Fox Sports Interactive Media Inc (NE), HBO - Home Box Office, Inc (NY), MediaNews Group (CO), MSNtv (WA), The New York Times (NY), Nauticom Sports Network (PA), New Press Gazette Corp (MO), Perseus Books LLC (CO), The Providence Journal (RI), Saint Petersburg Times (FL), Sony Pictures Entertainment (CA), Star Tribune (MN), Time Inc (NY), Tower Productions Inc (IL), Turner Broadcasting System (GA), Viacom (NY), Warner Brothers Entertainment (CA), The Washington Times Corp (DC), WDAY TV (ND)...
  • mais aussi : Afrique du Sud (South African Broadcasting Corporation...), Algérie (TeleDiffusion d'Algérie...), Allemagne (RTL Plus Deutschland Fernsehen, Westdeutscher Rundfunk Köln...), Bangladesh (Prothom Alo...), Brunei (Radio Television Brunei...), Corée du Sud (Chosun Ilbo, dong A , Hanvit Broadcasting, SBS, Sudokwon Ilbo…), Canada (The Columbian, Corus Entertainment Inc...), Danemark (Aktieselskabet Dagbladet Politiken, Danmarks Radio, Ritzaus Bureau...), Espagne (Retevision...), Finlande (Helsinki Television Oy…), Hongrie (Sanoma Budapest Publishing Ltd...), Italie (Infostrada Sports, RAI...), Japon (Asahi Shimbun, Nippon Television Network Company, Sankei Shimbun, Nikkan Gendai...), Lituanie (UAB Balticum TV, Baltkom TV, Lietuvos Radijo ir Televizijos Centras...), Malte (Medialink Communications…), Norvège (Bohusläningens AB, Shibsted...), Pays Bas (Prosper Business Media BV, Security Press BV...), Royaume Uni (BBC, British Sky Broadcasting Group Plc, Discovery Europe, Elsevier Science Ltd, The PA Group, Independent News Media UK, LexisNexis, Pearson Plc, The Unique Broadcasting Company, Haymarket Publishing Group, VidZone TV...), Russie (Channel One Russia…), Suisse (Edipresse, Neue Zürcher Zeitung, Television Suisse Romande...), Thaïlande (Siam Sport...), Turquie (Kanal D...), Ukraine (Express Radio Network...)...

20061112

Blogule blanc aux Dems - la seule sortie possible de l'Irak

Sitôt Rumsfeld débarqué, Dubya a refilé la patate chaude irakienne aux Démocrates. Ceux-ci ont valeur à se dégriser vite fait de leur nette victoire aux élections de mi-mandat pour faire le ménage.

J'ai suggéré trois temps :

- une formulation claire d'excuses à l'attention de la communauté internationale et surtout du peuple irakien : l'Amérique a échoué parce qu'elle a renié sa propre identité, elle doit maintenant regagner le respect en redevenant respectueuse de ses propres valeurs. Les forces présentes en Irak ne doivent donc plus être considérées comme des forces d'occupation et d'invasion. Un mandat dans ce sens pourrait être à titre temporaire émis par le Congrès avec un appel du pied vers l'ONU - à défaut de renforts, une mini bénédiction permettrait de sauver la face et la vie des soldats sur place.

- ce délai sera mis à profit pour remettre à plat la stratégie, en commençant par la vision stratégique et la compréhension du contexte, de l'environnement, des dynamiques d'acteurs. Je vois bien un commando de congressmen faire la tournée des popotes (en excluant aucune partie ouverte au dialogue, y compris en Iran)*. Qui veut quoi, quels sont les éventuels terrains d'entente, où se situent précisément les différents, quels sont les scénarios... tout ceci entend un premier retrait d'Irak : le retrait de la méthode et de la doctrine Bush (vous êtes soit avec soit contre nous, je refuse de discuter avec l'"ennemi" que je cherche à détruire). Face à de nouveaux visages, même certaines têtes bien connues de Washington pourraient se dévoiler sous un autre jour. Cette démarche n'abaisse pas l'Amérique et lui permet au contraire de confirmer sa neutralité tout en mettant une pression amicale sur ses partenaires : les USA n'endossant plus le costume du bouc émissaire, les fronts vont pouvoir bouger et les véritables fauteurs de trouble seront contraints de jouer à découvert.

- cette démarche participative facilitera le 3e temps, celui de la mise en oeuvre d'une stratégie de sortie en Irak. Le peuple Américain doit cependant comprendre une chose : il lui sera impossible de quitter le pays avant d'avoir réparé les dégâts causés. La charge peut lui sembler immense mais il ne pourra pas dire qu'il n'ait pas été prévenu** des conséquences de cette guerre.

* James Baker n'avait aucun mandat populaire
** cf épisodes précédents (
2003, 2004, 2005...)

20060817

Blogule rouge a Olmert m'a tuer

L'entrée triomphale de l'armée régulière libanaise au Liban sud doit se savourer à sa juste mesure, mais le plus dur commence. La reconstruction doit se bâtir sur l'amour du Liban et non sur la haîne d'Israël et à entendre les populations locales découvrant le champ de ruines qui fut leur terre, la partie s'annonce délicate.
Plus probablement et grâce à l'attitude suicidaire du gouvernement Olmert, la reconstruction s'opèrera sur le respect d'un Hezbollah sorti vainqueur moral du conflit et donc sur le respect de valeurs prônées par l'Iran. Avec toute la bonne volonté de la force d'interposition FINUL 2.0, je vois mal comment on pourra éviter le dilemme suivant : soit le Liban sud sombre dans le chaos en devenant le nouveau terrain de jeu de l'internationale des terroristes nomades (ces drôles de gens du voyage bivouaquent actuellement du côté de Baghdad), soit il découvre les vertus de l'ordre mais au sens où l'entend Teheran...

De Charybde en Sylla, somme toute.

20060726

Blogule blanc a l'ONU - hommage collateral

J'ai de plus en plus de mal à lire Le Figaro ces jours-ci. Il faut vite zapper les six-sept pages à la gloire du Grand Candidat - Petit Nicolas, avaler quelques couleuvres néoconnes du style "Les Etats-Unis s'impliquent dans la quête d'une solution au Liban"*, et au final se retrouver avec un clone du Parisien entre les mains. Heureusement, on n'a pas encore droit aux cours de Scientologie ou aux exposés créationnistes. Mais hier, j'ai eu droit à cette jolie réponse d'Ehoud Olmert à la demande de cesser le feu de l'ineffable et très effaçable Philippe Douste-Blazy : "notre dilemme est le suivant : détruire le Hezbollah sans détruire le gouvernement libanais, dont le Hezbollah est membre. Vous avouerez que ce n'est pas simple !"

J'ai trouvé cela au contraire aussi simple que limpide, et surtout totalement en cohérence avec la doctrine Bush, qui vise à détruire l'
ONU dont sont membre quelques nations déviantes comme l'Iran et la Syrie. De fait et en écho à ces peu avouables bien que désormais avouées pensées, Israël a la nuit dernière bombardé une position de la FINUL au sud Liban.

Comme ça. Et par un heureux hasard, la veille de la première réunion de la dernière chance.

Soyons clairs. Ni Olmert ni Bush ne souhaitent une paix durable dans la région pour la bonne et simple raison que la paix signifierait la mort des faucons des deux camps. Une fois de plus, ce n'est pas la survie d'Israël qui est en jeu mais la survie des extrémistes qui y ont pris le pouvoir depuis l'assassinat de Rabin. De la même façon, il ne faut pas chercher au Moyen-Orient les raisons de la guerre en Irak : il s'agit avant tout d'une opération réussie de politique intérieure. La preuve ? L'Administration Bush a été réélue avec une confortable majorité et le fondamentalisme s'est fortement ancré dans les comtés les plus reculés des Etats-Unis.

Regardez d'ailleurs comment, avec la bénédiction de Tel Aviv et de Washington, Hassan Nasrallah est aujourd'hui érigé en icône avec la même efficacité qu'un Al Zarkaoui en Irak.



* Histoire d'éviter un jeu de mots du style de ceux proférés depuis le bunker lepeniste de Saint Cloud, je n'oserai pas demander s'ils la souhaitent finale... Mais je ne mets pas pour autant en doute la volonté de détruire le Liban (cf "
Blogule blanc au Liban - survivez je vous en prie" - 20060720). A mon sens, ce pays n'existe déjà plus et son dépeçage a d'ores et déjà commencé.

20060302

Blogule blanc a America vs Amerika - une action de classe

Récapitulons les épisodes précédents* :
. L'idée n'est pas encore venue aux Américains d'entamer une procédure d'impeachment (destitution) de leur Président, en dépit des efforts remarquables de ce dernier (guerre illégale, écoutes illégales, enlèvements illégaux, usage illégal d'armes interdites, négation du droit international, révisionnisme et fondamentalisme appliqués aux secteurs éducatif et scientifique, propagande d'état, falsification de rapports, torture...).
. Les Démocrates demeurent aux abonnés absents et le Congrès (à majorité Républicaine) se contente de tousser quand King Dubya signe avec l'Inde un accord sur le nucléaire en contradiction totale avec son discours tenu vis à vis de l'Iran et de la Corée du Nord**.
Bon.
Heureusement, la révélation de l'enregistrement du briefing sur Katrina par la FEMA vient prouver si besoin était la responsabilité du Président dans la mort de milliers de personnes. Aux citoyens de Louisiane de porter plainte contre le citoyen George W. Bush. Une telle class action constituerait (faux amis mis à part) une véritable action de classe.

Je suggère d'appeler ce cas d'école "America vs Amerika".


* cf
blogules de 2003 à 2006.
** Tous deux rescapés de l'Axe du Mal, c'est à dire qu'ils n'ont pas rejoint l'Irak du bon côté de la force (au bord de la guerre civile, après une invasion américaine responsable de 30.000 morts en trois ans).

20060203

Blogule blanc a la caricature - rouge a l'incitation a la haine

L'épisode des "Visages de Mahomet" nous renvoie à celui des Versets Sataniques de Rushdie. Il donne surtout au Hamas l'occasion de marquer son territoire en phase avec ses nouveaux sponsors iraniens.
J'ai aperçu de loin (illustrations sans commentaires) quelques uns des dessins du prophète initialement publiés par Jyllands-Posten, et ils me semblent couvrir un large spectre : du plus réaliste au plus caricatural, du plus anodin (un homme dans sa simplicité) au plus provoquant (un guerrier l'arme au poing, un terroriste la bombe au couvre-chef).
A mon sens et au même titre que le port du hijab, l'interdiction de représenter Mahomet (en tant que prophète comme en tant que personnage historique majeur) ne doit s'imposer qu'aux croyants qui l'acceptent comme un choix personnel et positif. Mais la loi laïque s'avère par ailleurs très claire sur l'incitation à la haîne raciale et religieuse, et certains de ces dessins m'ont immédiatement fait penser à une littérature foisonnante dans l'Europe des années 1933-1945...
Pour autant et dans le respect de cette loi, le droit à la caricature doit pouvoir s'appliquer, sans nécessairement prendre des pincettes (cf l'excellent Plantu dans Le Monde d'hier). Je regrette que Sarkozy soit le premier à dégainer dans ce sens, la Bouygues Broadcasting Corporation s'empressant dans la foulée de diffuser en boucle son TOC de triomphe ; une moue d'autosatisfaction de plus en plus dickcheynesque et têtaclaquoire...
Bon, je l'avoue, il m'arrive de pratiquer la caricature. Et de subir la critique de personnes dépourvues d'humour. Voire, pire encore, de subir la critique de personnes pourvues d'humour. Mais même si je me suis cogné des extrémistes, des fondamentalistes un révisionniste, jamais ma vie n'a été en jeu. Tout au plus mon amour propre.

On n'en meurt pas, mais ça peut faire mal.

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