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20110822

Egypte - Israel : le dessous des cartes

Des attentats terroristes en provenance de Gaza, Bibi Netanyahu pratiquant l'escalade au quart de tour... malheureusement, sauf une surprise à quelques jours de l'offensive pacifiste de la Palestine à l'ONU : une fois de plus, les radicaux des deux bords relancent leur partie de ping-pong dès que les modérés menacent de faire entendre leur voix*.

Le gouvernement Israélien saute d'autant plus sur l'occasion qu'il est challengé de l'intérieur sur le front économique : les "indignés" israéliens défilent comme les autres peuples aux quatre coins du monde.

Il est peut-être aussi temps pour Netanyahu de revigorer le Hamas et le Hezbollah, ses meilleurs ennemis connaissant un petit coup de mou à l'image de leur sponsor syrien Assad. Pas d'inquiétude en revanche sur l'ex (futur ?) front Egyptien : la Muslim Brotherhood n'avait pas attendu ce meurtrier coup de pouce de Tel Aviv - une bavure plus que "regrettable" - pour reprendre des couleurs. Comme prévu, hélas**, les Islamistes gagnent du terrain dès que les révolutions populaires s'essoufflent en Egypte ou en Tunisie face aux réalités politiques (gabégie, corruption, inorganisation démocratique) et surtout aux réalités économiques.

Même espoir et inquiétude en Libye : Muammar al Gaddafi tombera bientôt, et l'avenir dira si le pays lui survivra.

Quoi qu'il arrive, on se dirige vers une redistribution des cartes au niveau mondial. Au sens fort, avec de nouveaux pays et de nouvelles frontières. Une nouvelle phase commence après un demi-siècle de post-colonisation, la notion de nation comme celle de peuple évolue à toute vitesse, de nouvelles communautés économiques et politiques se dessinent***, et sur le plan social l'humanité se découvre enfin une forme de vécu commun. Rien de bien précis à ce stade, mais je ne pense pas que cela prenne plusieurs décennies pour que l'on passe vraiment à quelque chose d'autre.

blogules 2011

* les "radicaux" étant également au pouvoir en Israel, pour rappel : "
persiste et signe"
** voir "
Le rideau de sable et la renaissance musulmane"
*** point positif : la notion de fair market (voir "
Mondialisation : du "free market" au "fair market".") progresse inexorablement

20100219

Borat à Dubai

Dans le cadre du meurtre du leader du Hamas Mahmoud Abu Al-Madbouh à Dubai, la police de l'Emirat pointe du doigt et des caméras les services secrets israéliens.

La question n'est bien évidemment pas de savoir si c'est le Mossad qui a fait le coup, mais de savoir dans quelle mesure cette institution part en quenilles.

C'est clairement le Rainbow Warrior puissance mille, mais autant on attend de l'amateurisme de la part de nos inspecteurs Clouseau, autant les exécuteurs israéliens des basses oeuvres nous avaient habitués à un peu plus de "professionnalisme" que cette bande de clowns (mention spéciale à l'imitateur de Borat dans son sketch de la perruque aux toilettes - après Rowan Atkinson au MI5, Sacha Baron Cohen au Mossad ?).

Remarquez, dommage que la videosurveillance n'ait pas existé du temps où Ehud Barak se travestissait en femme pour zigouiller des Palestiniens en plein Beirouth...

A bien chercher dans les bonnes armoires, il y aurait probablement de quoi animer plusieurs saisons d'"Israel's Funniest Away Videos".

blogules 2010 - également sur blogules en V.O. ("Israel's Funniest Away Videos")

20091106

Mahmoud Abbas à Barack Obama : veux-tu notre sang sur tes mains ?

Abandonné par les USA, humilié par Benjamin Netanyahu, handicapé par son comportement ambigü pendant le pilonnage de Gaza, Mahmoud Abbas a annoncé qu'il n'avait "aucun désir de se présenter aux élections à venir".

Ce n'est pas un appel du pied à Ségolène Royal et son Désir d'Avenir, mais un appel au secours.

Difficile d'éviter le parallèle avec Yasser Arafat : les faucons de Tel Aviv ont mené exactement la même stratégie d'étouffement. Mais pour "Abu Mazen" la plus grande déception vient de Barack Obama, incapable d'empêcher l'extrême droite israélienne de mener son agenda radical (voir "
Israel accepted as true the choice between its security and its ideals").

Pourtant, Abbas n'a pas dit qu'il n'allait pas se présenter en 2010. Il y a toujours une chance, une envie de retrouver le "désir". Mais le message est limpide : mon "autorité" est une mascarade, seuls Israël et les Etats-Unis peuvent décider du futur de la Palestine. Ce sont eux qui ont porté le Hamas au pouvoir et castré le Fatah. Mon échec est leur échec. Les USA peuvent continuent à s'en laver les mains : si je crève comme "Abu Ammar", ce seront eux l'autorité responsable de mon martyre.

Avant ce discours, Mahmoud Abbas n'avait tout simplement aucune chance de gagner en 2010. Avec ces quelques paroles, il fait bouger les lignes : si Washington maintient le status quo ou laisse traîner, c'est comme si Hillary et Barack eux-même enfonçaient les clous dans la chair des Palestiniens.

Son vrai message n'est pas d'affirmer "j'abandonne", mais "je suis abandonné, dis-moi Barack, tu veux vraiment notre sang sur tes mains ?"

Une fois de plus (voir "Il est encore temps de sauver Israël"), si les Israéliens modérés veulent se faire entendre c'est maintenant : J Street commence à faire du bruit à Washington, les Nations Unies font pression pour que le rapport Goldstone donne lieu à des suites, et il existe toujours un espoir de paix.

Les Palestiniens ont besoin d'un espoir tangible. Si le Hamas triomphe, Netanyahu triomphe, et Israël perd son âme.

blogules 2009

initialement publié sur blogules en V.O. : "After Arafat, will Tel Aviv hawks terminate Mahmoud Abbas ?"

20090916

Il est encore temps de sauver Israël

Avant sa présentation du 29 septembre au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, la Mission d'établissement des faits sur le conflit à Gaza a livré ses conclusions.

Sans surprise, le Hamas et Israël sont accusés de crimes de guerre dans un rapport de plus de 500 pages couvrant 36 "incidents".

Pour rappel : entre décembre 2008 et janvier 2009 ou, plus précisément (voir "
Le 10 Février 2009, Israël vote Obama '08 ou Bush '04 ?"), pendant le no-top-man's land entre l'élection d'Obama et sa prise de pouvoir officielle, 13 Israéliens et plus de 1.400 Palestiniens ont été tués.

A charge contre les terroristes Palestiniens, le rapport a retenu les bombardements non ciblés mais n'a trouvé aucune preuve d'existence de "boucliers humains", mettant encore plus en évidence les exactions des faucons de Tel Aviv, accusés d'actions disproportionnées, de punissement collectif inique, d'usage d'armes interdites (bombes au phosphore)...

Pire : ces abominations ne sont pas le fait de soldats mal encadrés mais "le résultat de directives communiquées aux soldats" ou, comme Richard Goldstone le fruit de "politiques" délibérées. J'ai suggéré un autre terme pour cela dans "
Israel ouvertement sur la voie du fascisme", et remis une couche avec "Persiste et signe". Le rapport ne va pas si loin mais mentionne clairement des "crimes contre l'humanité".

La mission demande au Conseil de Sécurité des Nations Unies de poursuivre l'enquête et d'envisager le recours à la Cour Pénale Internationale. Mais même si les Etats-Unis ne font pas jouer leur droit de véto, cette initiative a peu de chances d'aboutir : Israël ne reconnait pas la CPI.

Le gouvernement israélien dénonce une mission injuste et biaisée et de fait, l'un de ses membres (Christine Chinkin) avait accusé Israël de crimes de guerre dans une tribune publiée en janvier dernier.

Mais ce n'est pas en critiquant le thermomètre que l'on soignera la grippe.

Et à mon sens, ces accusations sont plus qu'une bonne nouvelle pour la Palestine, une extraordinaire opportunité pour ceux qui veulent sauver Israël.

Car même après les embarrassantes révélations sur un militant israélien des droits de l'homme (Marc Garlasco de Human Rights Watch collectionne les souvenirs militaires Nazis !), les modérés sont plus que jamais
invités à se prononcer haut et fort contre leurs dirigeants.


blogules 2009

(initialement publié sur
blogules en V.O. : "Israel accepted as true the choice between its security and its ideals")

20090812

Persiste et signe

Au vu des nombreuses réactions au blogule précédent "Israël ouvertement sur la voie du fascisme" (sur blogules en V.O. : "Israel openly embraces fascism"), quelques rappels semblent s'imposer, en particulier à l'attention des lecteurs peu familiers avec mes billets d'humeur.

Je vais tenter de les regrouper sous forme de macro questions-réponses mais auparavant, cette précision importante :

Je persiste et signe :

- Je persiste. Je maintiens ce que j'ai écrit : mon objectif est d'interpeler la majorité des modérés Israéliens pour qu'elle se réveille et se désolidarise de ses dirigeants, que je considère comme fascistes, ainsi que des minorités extrémistes dangereuses pour leur avenir comme celui du monde. Les Etats-Unis y sont parvenus en 2008 et je ne désespère pas de voir Israël en faire de même. Rien de neuf sous le soleil : j'avais émis la même accusation de fascisme envers l'administration Bush-Cheney avant les élections de 2004 (
"Let's face it they're fascists"), et sérieusement préparé le terrain en comparant Israel 2009 et USA 2004 avant les élections de février dernier ("Come Feb. 10th, Will Israel Embrace History Or Vote Bush-Cheney 2004 ?").

- Je signe. Comme toujours, de mon vrai nom. Sans me réfugier derrière un pseudo ni un nom de plume. J'assume mes opinions en toute transparence et en toute indépendance. Leur formulation laisse souvent à désirer, et il m'arrive de heurter des sensibilités comme de pondre des inepties, mais jamais de vouloir de mal à quelqu'un. Lorsque je veux voir quelqu'un croupir en prison, c'est avant tout parce que je tiens à ce que justice soit faite.

Je ne reprends donc pas la plume pour me défendre mais pour enfoncer le clou.


Q: LES TERMES EMPLOYES NE SONT-ILS PAS EXCESSIFS ? LES ISRAELIENS NE SONT TOUT DE MEME PAS DES NAZIS !

- Avant tout je parle de fascisme et non de nazisme. En m'appuyant sur les éléments constitutifs du fascisme tel que définis par Bénito Mussolini lui-même (j'y reviens par la suite). Les Israéliens ne sont évidemment pas des Nazis, et il n'est nullement question ici de revenir sur la page la plus sombre de l'humanité.

- Deuxièmement je critique la politique des dirigeants d'Israël. Ni le pays, ni son peuple... à part peut-être pour son apathie devant les dérapages de ses gouvernants. J'ai également publié cette tribune sous le titre plus pointu "Les citoyens Israéliens souhaitent-ils réellement être dirigés par des fascistes ?"

- Troisièmement, le caractère "excessif" est assumé et c'est tout le sens du préambule du
blogule en question : devant les excès commis, vient un moment où l'on est obligé d'employer des termes forts. Mon registre de vocabulaire n'est pas innocent : l'objectif n'est pas de jeter de l'huile sur le feu mais de réveiller la majorité silencieuse israélienne, qui en a en moins autant besoin que les Americains il y a quelques années. En 2003, j'ai compris une chose : défendre les modérés n'est pas incompatible avec un discours fort, bien au contraire. En particulier au moment où les extrêmes des camps opposés trustent les antennes, il est urgent de réveiller les modérés en exposant en pleine lumière les impostures dont ils sont victimes. Moderation ne veut pas dire neutralité : quand des extrémistes mettent en danger l'ensemble de la communauté, il ne faut pas les laisser gagner la moindre parcelle de terrain (à ce titre, je souhaite qu'on en finisse avec l'imposture fondamentaliste qui hélas menace tout autant les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans). Le modéré a le devoir d'ouvrir sa gueule, ne serait-ce que pour clamer "ce n'est pas le locataire du sixième qui est anti-fasciste, c'est le fascisme qui est anti-locataire du sixième". Ce n'est pas la critique du fascisme qu'il convient de rejeter vigoureusement, mais le fascisme lui-même.

- Quatrièmement, ce registre est employé par d'autres, et pas seulement en Iran ou en Palestine. Ce débat existe en Israël même, et aux preuves de crimes de guerre d'Amnesty International s'ajoutent maintenant des accusations d'apartheid en provenance d'Afrique du Sud : l'ancien ministre Ronnie Kasrils, le Media Review Network, la Palestine Solidarity Alliance, et le Human Sciences Research Council souhaitent voir 70 Israéliens traduits en justice pour ce motif ("
Kasrils wants 'war criminals' prosecuted").


Q: AU FOND, VOUS NE SERIEZ PAS UN PEU ANTI-SEMITE OU BEAUCOUP ANTI-ISRAEL ?

- C'est parce que j'aime les Etats-Unis que j'ai critiqué le gouvernement qui voulait leur perte. De même, c'est parce que j'aime Israël que je demande aujourd'hui à ceux qui l'aiment vraiment de le sauver en refusant les dérives fascisantes de ses pires ennemis : ses propres dirigeants. J'ai été qualifié d'anti-américanisme primaire en 2004, je ne suis pas surpris de recevoir ce genre d'insultes déplacées aujourd'hui. Depuis plus de 6 ans que je tiens ce misérable blog, je renvoie dos a dos les extrêmes de tous bords, qui sont
plus souvent partenaires qu'adversaires les uns des autres. Et si je me fais traîter alternativement d'anti-américain et d'agent de Washington, de sionniste et d'islamiste par des personnes qui ont tendance à voir le monde en noir et blanc, cela ne m'empeche pas d'avoir des amis juifs et musulmans, Israéliens, Iraniens ou Pakistanais.

- Mes lecteurs réguliers le savent, je lutte régulièrement sur la toile contre des racistes, des antisémistes, et des révisionnistes mettant plus ou moins ouvertement en doute l'Holocauste. Mon argument se résume généralement à ceci : le racisme comme l'antisémitisme sont non seulement une abomination mais une négation de sa propre humanité... Si vous êtes raciste ou antisémite, c'est souvent que vous avez un problème avec votre propre identité.

- Je ne crois pas être raciste : à mes yeux, tous les humains appartiennent par définition à la même race, d'origine africaine : les humains. Chaque voyage me conforte dans le respect de la diversité et des échanges qui font la richesse et la beauté de notre planète, et je me réjouis d'apprendre chaque jour dans un climat résolument multiculturel.

- J'ai par nature un a priori positif pour tout le monde, et je m'efforce d'éviter les amalgames entre une nation, ses habitants, et ses dirigeants. J'adore le Japon, la Chine, la France, l'Iran, le Pakistan ou la Corée du Nord comme du Sud, mais cela ne m'empêche pas de réagir si quelque chose me fait... réagir. J'estime qu'Israël est aujourd'hui dirigé par des fascistes, je sais que les citoyens Israeliens ne sont pas fascistes, et j'attends d'eux qu'ils le fassent savoir. C'était le sens de mon billet.

- Je ne crois pas être antisémite. J'assume mon héritage culturel judéo-chrétien au même titre que toutes les autres composantes de mon être. Je visite une synagogue avec le même respect que je visite une église, un temple ou une mosquée. J'ai le même respect pour toutes les religions (
les déviances fondamentalistes relevant de politique et non de religion), et si la religion n'entre en aucune manière dans mes critères d'affinités relationnelles, il se trouve que je suis lié par le sang comme par l'amitié à des juifs de tous horizons. J'attache beaucoup d'importance au devoir de mémoire concernant la Shoah sur un plan privé (par exemple dans le cadre de mes voyages), comme dans ces misérables blogules (par exemple lorsque je déplore une résurgence du nazisme ou une faillite du devoir de mémoire).

- Je ne crois pas être anti-Israël. Sur un plan politique,
comme je l'ai expliqué, je suis plus J Street qu'AIPAC*. Ces deux organismes sont pro-Israéliens, mais les premiers souhaitent réellement la paix et savent bien que l'on n'y parviendra jamais avec des dirigeants qui fondamentalement refusent la paix et ont besoin de la guerre pour rester au pouvoir. Sur la question de l'Etat d'Israël, ma position est claire : je ne suis pas anti-Israël et pro-Palestine mais pro-Israël ET pro-Palestine. Israël et Palestine doivent coexister pacifiquement comme deux Etats souverains, et des concessions sont nécessaires de part et d'autre. Je crois en particulier que chacun doit être très clair sur sa propre nature et dans ses propres statuts. Je déplore les circonstances dans lesquelles l'Etat d'Israël a été créé. Tout le monde a perdu dans l'affaire : les Palestiniens bien sûr, mais aussi l'ensemble de la communauté internationale (et en particulier les membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, les vrais coupables sur le coup), et les Israéliens eux-même. Je ne remets pas en cause la légitimite de l'Etat, je remet en cause sa légitimité à aller au-delà de ce qui est légitime (et qui avait d'ailleurs été accepté), et je déplore surtout l'absence de constitution, qui a mon sens pose problème essentiel sur un plan interne et doit être réglé au plus vite. Israël ne peut plus faire l'économie d'une mise au clair : la fuite en avant n'est pas une solution durable, et le pays ne saurait se définir par rapport au seul Hamas.

- Ce n'est pas moi qui suis anti-Israël, mais les Benjamin Netanyahu et autres Avigdor Lieberman. Je ne veux pas condamner Israel mais au contraire qu'Israel se sauve pendant qu'il en est encore temps. On a pu mesurer l'impact de 8 ans de Bush-Cheney sur la paix dans le monde et sur le niveau d'anti-américanisme... Si l'on veut que le modèle démocratique se répande, il est essentiel que les rares démocraties de la region se montrent exemplaires.


Q: EN QUOI LES DIRIGEANTS ISRAELIENS JUSTIFIENT-ILS LE QUALIFICATIF DE "FASCISTES" ?

- Je renvoyais à la definition du fascisme selon Mussolini sachant que chaque pays, chaque époque a ses particularités. Aujourd'hui, le fascisme prend des formes nouvelles et très variées en raison d'innombrables paramètres, mais aucun continent n'est à l'abri (Italie, Japon, Israel, Russie, USA, Iran...), et l'on peut difficilement nier le regain fasciste au niveau global, en compagnie de / en synergie avec d'autres idéologies tout aussi nauséabondes.

- Israël n'est pas une dictature fasciste, mais une démocratie actuellement dirigée par des fascistes, et qui menace de s'engager plus loin encore sur la voie du fascisme. Israel n'est pas un pays fasciste, mais un pays dont le premier ministre peut se faire descendre parce qu'il prône la paix. Israël est une démocratie, mais une démocratie où deux partis arabes ont été interdits de participer aux dernières elections, où certains souhaiteraient aller jusqu'à enlever leur citoyenneté ou leur droit de vote aux Israéliens arabes ou non juifs, et où une colonisation extensive vise a fausser les réalites démographiques pour créer artificiellement une majorité ethnique (l'abandon de Gaza procède de la même logique comptable). Je ne suis pas sûr que tous les Israéliens se reconnaissent dans ces exactions iniques, ces bruits de bottes, l'anschluss de territoires Palestiniens ou la constitution de véritables ghettos. Si comme en 2003, la Cour Suprême a finalement annulé l'interdiction des partis arabes, il n'en demeure pas moins qu'au-delà du Likud et de Kadima, même le Parti Travailliste a poussé en faveur de cette interdiction proposée par l'extrême droite... ce qui en dit long sur le glissement loin du centre de l'ensemble du spectre politique local. Au passage, ici comme ailleurs, tout risque de basculer encore plus vite si la Cour Suprême évolue mal. Et comme aux States**, valeur à surveiller de très très près le moindre pet de travers des membres de la Cour Suprême israélienne.

- Le terme de fascisme est traditionnellement assumé par une partie de l'extrême droite israélienne depuis les années 30. Evidemment, à l'époque, le modèle était Italien et non Allemand, même s'il eut par la suite des échanges directs avec le régime Nazi. Le mouvement Brit Habirionim et son spin off Maximalisme Revisioniste cher à Abba Ahimeir (un proche de Benzion Netanyahu, père de qui vous savez) revendiquaient fièrement le label fasciste. Aujourd'hui encore, en Israël comme aux Etats-Unis, une frange radicale d'essence fasciste demeure active.

- Pour moi, l'élément clef dans l'Israël d'après Rabin est l'importance de la guerre : le conflit n'est plus seulement un moyen de défendre le territoire. Sans même évoquer l'"impérialisme" cher à Mussolini, et de conflits "justifiés" par des ambitions de conquête de nouveaux territoires (ou reconquête suivant le point de vue), c'est l'état permanent de conflit qui compte, comme un moyen de renforcer l'Etat, ou plutôt un certain idéal d'état et les dirigeants actuels d'une démocratie supposée basculer vers cet idéal. Dans le cas des faucons de Tel Aviv, l'Etat couvre un sens particulier et complexe, parfois au-delà de l'ultra-nationalisme, et il implique tous les individus qui y participent et y font corps. Mais s'il entretient l'état de conflit permanent et s'il présente des relents théocratiques, cet idéal ne ressemble pas à celui du tandem Bush-Cheney (d'autant que Yisrael Beiteinu, le parti de Lieberman, est plutôt laïc) : il obéit à une logique bien à lui, qui exclut à terme une partie des citoyens. De nos jours, un Etat ne peut se permettre de priver ouvertement des citoyens de leurs droits ou de leurs libertés aussi facilement que par le passé. Bush et Cheney y sont parvenus partiellement sous couvert de "guerre contre le terrorisme", Netanyahu aura plus de mal dans des circonstances pourtant proches. Parce qu'il ne peut pas tout se permettre dans le cadre d'une démocratie, son Gouvernement n'agit pas seulement directement en tant qu'Etat (déjà assez interventionniste et "instrumental" dans la radicalisation des rapports avec les Palestiniens, comme on peut le voir avec la construction du mur par exemple), mais plus souvent et de façon parfois encore plus efficace en soutenant des factions radicales non gouvernementales.

- Fondamentalement, les dirigeants actuels d'Israël sont fascistes parce qu'ils rejettent la démocratie actuelle (ils souhaitent redéfinir la notion de citoyenneté, affirmer une notion d'Etat incompatible avec le droit international), et surtout parce qu'ils ne veulent pas de la paix car sans la guerre et la haîne ils disparaissent. C'est pareil du côté du Hamas et d'ailleurs, les faucons de Tel Aviv ont tout fait pour assurer leur succès en Palestine afin de conforter leur propre pouvoir.

- En Israël, tout le monde sait que Netanyahu ne veut pas de la paix et fait tout pour l'empêcher. Il avait déjà fortement contribué à l'entreprise de torpillage d'Oslo, preparant le terrain aux fanatiques qui ont assassiné Rabin. Depuis, Israël n'a jamais été dirigé par quelqu'un qui fondamentalement souhaite la paix, Ehud Barak y compris (ce que confirme d'ailleurs son parcours depuis).


Q: Y'A PIRE AILLEURS, ET TOUS LES PALESTINIENS NE SONT PAS DES ENFANTS DE CHOEUR NON PLUS !

- Premièrement, mon propos porte avant tout sur une question de politique intérieure israélienne : indépendamment de l'Iran ou du Hamas, comment les citoyens Israéliens envisagent-ils leur avenir, qu'attendent-ils de leur propre pays et de leurs propres dirigeants, se reconnaissent-ils dans un idéal fascisant ? Si j'attends une réaction, ce n'est pas des habituelles escouades d'extrémistes des deux camps, mais de la majorité moderée israélienne. Je me doute bien que ce n'est pas facile de prendre du recul lorsqu'on reçoit une roquette tous les soirs mais c'est parfois nécessaire.

- Deuxièmement, je renvoie dos à dos les extrémistes des deux camps. Le Hamas ne reconnait pas Israël, mais le gouvernement d'Israël ne reconnait plus la Palestine. Tous deux sont coupables de refuser la paix et le compromis péniblement atteint par leurs prédécesseurs pacifistes. On peut faire le parallèle entre les fondamentalistes colons israéliens et les fondamentalistes du Hamas, les deux instrumentalisant d'ailleurs des enfants pour assurer la perennité de leurs idéologies de haîne par-delà les générations.

- Mais c'est déjà une question de posture. Tant que les fondamentalistes des deux camps s'entretiennent les uns les autres, on n'en sort pas. Il faut un changement de leadership avec une coupure claire pour marquer le coup. Meme si c'est de façon unilatérale pour commencer, cela déstabilise les radicaux adverses et les expose brutalement aux yeux du monde. De même, le discours d'Obama au Caire (voir "
State Of The World Union") et son message de Nowruz (voir "Beyond the Iranian people, Obama is addressing Israel") n'empechent pas Khamenei de s'enfoncer en refusant la main tendue, mais vont dans le bon sens et contribuent à marginaliser les marchands de haîne.

Un beau jour, un homme a clamé haut et fort "we reject as false the choice between our safety and our ideals ". J'attends la même chose des Israéliens et des Palestiniens... et qu'il n'y ait plus la moindre ambiguïté sur les "idéaux" en question.



* et plus Woody Allen que Paul Wolfowitz.

** Les USA ne sont pas un pays fasciste, mais ils sont vraiment passés tout près.

20090302

Israël Année Zéro

Israël a donc choisi de voter Bush-Cheney*.

A sa décharge, il n’existait aucune alternative politique viable sur le marché le mois dernier : Avigdor Lieberman se situe à l'extrême droite de Benjamin Nettanyahu, qui se situe à la droite de Tzipi Livni, qui se situe à la droite d'Ehud Barak, qui est jugé trop à gauche parce qu'il a décidé de laisser debout quelques bicoques pendant son pilonnage de Gaza.

Partant de ce nouveau point bas (pour ne pas dire Ground Zéro - justement puisqu'il reste toujours quelque chose à détruire, et pas seulement côté palestinien), on peut tenter de positiver en se disant que de toute façon Nettanyahu est condamné à échouer, et de toute façon Israel est condamné à se redéfinir pour survivre*.

Dans ces conditions, la priorité à mes yeux consiste à d'une part éviter que le pire arrive d’ici aux prochaines élections anticipées, et d'autre part mettre cette nième période trouble à profit pour bâtir une alternative crédible.

Cela se fera a priori sur les bases du Labour, dont on doit applaudir la décision de prendre ses distances avec le pouvoir pour repartir de zéro et se poser les bonnes questions : qui suis-je, où vais-je... (NB : la bonne réponse à la question "et Dieu dans tout cela ?" est que Dieu ne doit surtout
rien avoir à faire dans un projet politique, surtout dans la région).

En dépit des déprimants sondages massivement en faveur de l'offensive sur Gaza, l'électorat israélien me paraît mûr pour un discours plus sain. Il a pu voir l'année dernière qu'une démocratie au bord de basculer du mauvais côté pouvait changer spectaculairement de cap (cf "
The Stolen Election"). Le gros problème demeure l'absence d'un leader sain pour concrétiser ce potentiel.

Les démocrates Israéliens ne doivent cependant pas attendre le Messie avant d'agir. Il leur faudra aller vite mais bien, en privilégiant au départ le fond sur la forme, la base sur le leadership, et Obama doit trouver un moyen de soutenir ce nouveau fragile écosysteme.

Discrètement, histoire de respecter le protocole diplomatique, mais pas trop, histoire de mettre la pression sur la droite israélienne. Avec un contrepoids à Hillary pour la jouer JStreet plus qu’AIPAC (cf "
AIPAC Hillary v. J Street Barack ").

* cf pour rappel, les épisodes précédents et en particulier : "
De La Justice En Amérique - De La Démocratie En Israël", "Le 10 Février 2009, Israël vote Obama '08 ou Bush '04 ?" et "A Christmas Gift for Fundamentalists ?"

20090109

Le 10 Février 2009, Israël vote Obama '08 ou Bush '04 ?

Avant même le début des bombardements sur Gaza, il était possible de prévoir la suite : une attaque terrestre, la menace d'une nouvelle Intifada en Palestine, d'un nouveau front au Nord avec le Hezbollah, et bien sûr d'un embrasement dans le monde musulman avec en prime le retour en grâce des marchands de haîne, sur la sellette depuis le 4 Novembre.

Le tout, bien sûr, suffisamment avant le 20 Janvier et l'arrivée aux manettes d'Obama, histoire de rafler une large majorité radicale le 10 Février aux élections pour la 18e Knesset 1.

Une dizaine de jours avant l'intronisation de Barack, force est de constater que les extrémistes frôlent la "perfection" (on a même eu droit aux habituels débordements anti-sémites en France, un triste rituel dans ce type de circonstances...).

Mais leur triomphe n'est pas une fatalité.

Et la sensation de déjà vu nous projette bien avant le fiasco de l'IDF au Liban en 2006 : comment ne pas faire le parallèle entre l'Israël de 2009 et les Etats-Unis de 2003-2004 ?

- Une prétendue "guerre contre le terrorisme" en réalité délibérément menée pour
répandre de l'huile sur le feu, renforcer les fondamentalismes, affaiblir la démocratie, et assurer la victoire politique durable d'une idéologie subtilement fascisante

- L'alibi fallacieux du renversement d'un régime "diabolique" ; en réalité un partenaire bien pratique pour mobiliser l'extrême droite religieuse... et pour montrer aux autres que finalement, si l'on se permet quelques libertés avec les conventions internationales, il y a toujours pire ailleurs

- L'adhésion massive d'un peuple traumatisé, mais manipulé par une propagande savamment orchestrée par des spin doctors et des media au pire complices, au mieux privés de toute image contradictoire.

- La vaine gesticulation de l'ONU et même - tout arrive ! - de l'Etat Français (pour Sarkouchner, l'occasion unique de se redorer le blason façon Chirac-Villepin ?).

- ...


Bien sûr, Obama et Clinton auront trois semaines entre le 20 Janvier et le 10 Février pour tenter, s'ils y tiennent vraiment, de sauver Israël de son pire ennemi : celui qui le mine de l'intérieur, celui qui détruit méthodiquement tout espoir de paix, celui qui a eu la peau de Rabin et aura les os de ce qu'il reste de Cisjordanie.

Mais ce n'est pas le silence, logique, d'Obama qui m'inquiète ; c'est celui, assourdissant, des modérés Israéliens, c'est l'absence d'opposition politique dans un pays dont le centre de gravité a fortement basculé à droite (entre Ehud Barak et le Likoud...). Elle finira bien par émerger un jour, mais l'incontournable implosion n'est pas pour demain 2.

Sincèrement, je ne pensais pas, après le 2 Novembre 2004, que l'Amérique allait
se recentrer aussi vite et se racheter aussi spectaculairement.

Mais pour tout le monde, il serait franchement préférable que le 10 février 2009, Israël dise tout de suite "Yes we can" à l'Histoire au lieu de voter pour Bush-Cheney 2004.



1- voir blogules en V.O. "
Come Feb. 10th, Will Israel Embrace History Or Vote Bush-Cheney 2004 ?" et "A Christmas Gift for Fundamentalists ?"
2- "Happy new year 2010", mais pas de "guerre civile" pour le moment...

PS : quand des mouvements néo-nazis commencent à applaudir Israël, c’est que quelque chose ne tourne pas rond : "Neo-Nazis For Israel?"... Tout aussi significatif : le très conservateur et AIPACien WSJ publie une tribune de George E. Bisharat intitulée "Israel Is Committing War Crimes"... is change coming ?

20070718

Retour a Ground Zero

"Ben Laden déterminé à frapper les US".

Pour passer du mémo interne à la conférence de presse du Department of Homeland Security, il aura fallu attendre six ans, laisser des milliers de civils américains périr le 9 septembre 2001, et faire mourir des milliers de militaires américains et des centaines de milliers de civils irakiens dans une guerre hors sujet...

Comme prévu dès le départ, cette guerre contre le terrorisme est un échec total : l'Administration Bush a délibérément aidé les islamistes à recruter des millions de nouveaux sympathisans et des milliers de nouveaux terroristes. Elle leur a même fourni un nouveau terrain d'entraînement grandeur nature : que les troupes US quittent l'Irak ou non, ces brillants élèves se feront un plaisir de mettre en oeuvre ces leçons culturelles sur l'Irak au profit glorieuse nation Amerikastan (et pendant qu'on y est de toutes les nations). Cela sera peut-être moins spectaculaire que l'attaque aérienne de 9/11 mais beaucoup plus efficace pour une vraie terreur au quotidien.

Comme prévu dès le départ, au lieu de mener la guerre juste aux sources du terrorisme (pauvreté, injustices...), l'Administration Bush a délibérément alimenté la haîne, renforcé les injustices, et anéanti tout espoir de paix au Moyen-Orient, en particulier entre Israël, la Palestine et leurs voisins.

L'imposteur en charge de cette prétendue guerre au terrorisme propose maintenant de parler de la paix, avec le discours de paix qui le caractérise depuis le début : êtes vous avec ou contre nous ? êtes vous bon ou diabolique ? allez-vous fuir comme des lâches ou nous aider à déloger du pouvoir ce Saddam ou ce Hamas que nous avons tout fait pour mettre au pouvoir ?

20070616

Palestine : le scenario Bangladesh-Pakistan

Ehud Olmert et ses amis faucons ont finalement réussi à livrer le Ghetto de Gaza aux mains des éléments les plus radicaux du Hamas. Ce succès majeur leur aura demandé des années d'humiliations et de privations de droits, l'enlèvement illégal de nombreux leaders modérés, et la destruction massive de chaque tentative de conciliation d'où qu'elle vienne.

En janvier 2006*, j'évoquais la probabilité d'un scénario Pakistan - Bangladesh pour le tandem Gaza - Cisjordanie, avec le premier sous le joug de radicaux islamistes et le second à la dérive, peuplé de malheureux trop occupés à survivre pour penser à faire du mal à d'autres (au moins le Bangladesh a-t-il la "chance" de souffrir plutôt d'une abondance d'eau...).

La vision d'Ariel Sharon n'a jamais été aussi près de se réaliser : au prix d'une infime concession territoriale, la cristalisation d'un Gaza-Pakistan écarte quasi définitivement la menace démographique tout en pérennisant la menace terroriste, assurant par la même le maintien des extrémistes au pouvoir en Israël... et le report aux calendes grecques du règlement de la question de Jérusalem Est et de la Cisjordanie (l'anschluss peut continuer).

Les extrémistes israëliens peuvent se féliciter du succès de leur stratégie, et du soutien crucial** d'un autre fondamentaliste, Chrétien celui-là : George W. Bush. Ils ne l'ont certes pas attendu pour se débarrasser d'Yitzhak Rabin, mais Dubya leur aura grandement facilité la tâche dans la destruction du processus de paix entamé avec Bill Clinton.

A son habitude, Shimon Peres se drappe dans les honneurs (la Présidence après le Prix Nobel) en évitant soigneusement de se battre pour la paix. Mieux encore : Ehud Barak rejoint le gouvernement avec l'étiquette d'un leader de l'opposition ! Expert reconnu dans l'art du camouflage, le nouveau Ministre de la Défense n'a pas hésité, par le passé, à se déguiser en femme pour liquider des membres de l'OLP. Plus tard, il n'a pas eu besoin d'aller aussi loin pour torpiller le sommet de Camp David en 2000, préparant soigneusement le terrain pour l'avènement de Sharon et plaçant les premiers clous sur le cercueil d'Arafat... Olmert lui offrira sans doute l'occasion de briller aussi fort que son prédécesseur travailliste Amir Peretz.

Je vois mal désormais comment les modérés peuvent gagner les élections en Israël, comment la propagation de la violence peut être évitée dans la région.

Les fondamentalistes ont donc gagné en Palestine et en Israël, comme aux Etats-Unis (malgré le sursaut de 2006) et dans des points clef du monde musulman. Les plus fanatiques partisans d'un clash final entre Israël et l'Iran (cf les sectes prévoyant un retour de Jésus ou du Mahdi pour cette année) noteront que dans cette partie de base ball les bases sont pleines (Israël-Palestine, Iraq, Iran) et qu'une impressionnante série de cogneurs se présente à la batte. Il suffit donc d'un pitch un peu foireux pour claquer un home run.

Le seul signal fort susceptible d'enrayer le processus, une procédure réussie d'impeachment contre le duo Bush-Cheney, parait malheureusement hautement improbable à un an des élections présidentielles US. Et ne comptons pas sur les candidats pour se lancer dans des critiques virulentes envers Israël à un moment aussi délicat de leur campagne.

* cf "
Red blogule to Ehud Olmert - the Bangladesh scenario" (20060125)
** no pun intended, Mel

20060703

Blogule rouge a l'Operation Pluie d'Ete - la paix noyee sous la mousson

Ce n'est pas en humiliant l'adversaire qu'Israel obtiendra une paix durable. A l'image de l'Amerique de Bush, l'Israel de Sharon et maintenant Olmert se moque ouvertement du droit international, exacerbe la haîne, fait le jeu des extrémistes et des radicaux et perd toute crédibilité et toute respectabilité aux yeux des modérés.
Elle pourra venir à bout du Hamas comme elle a fini par liquider Arafat mais qu'importe puisqu'elle se fabrique de nouveaux ennemis pour demain en torpillant dans l'oeuf toute initiative constructive aujourd'hui.
Et tout ça pour quoi ? Pour maintenir artificiellement en vie une minorité d'ultra-conservateurs et de fondamentalistes nécessairement voués à l'extinction dans un monde en paix.

20060624

Blogule blanc au Axis of Wiesels - Elie Wiesel - Abdallah II de Jordanie

Elie Wiesel sait se faire mousser mais sur le coup c'est justifié : en un petit déjeuner, il est arrivé à regonfler le moral de Mahmoud Abbas, soigner l'image d'Ehud Olmert et offrir une porte de sortie au Hamas (si l'attentat suicide devient un crime contre l'humanité, y renoncer et écarter les plus radicaux du mouvement devient plus facile).
L'homme fort de cette rencontre, Abdallah II de Jordanie, offre quant à lui un profil plus clean et durable que Hosni Mubarak pour mener le monde arabe vers la paix. A lui de poursuivre l'effort et mobiliser les bonnes volontés.

20060203

Blogule blanc a la caricature - rouge a l'incitation a la haine

L'épisode des "Visages de Mahomet" nous renvoie à celui des Versets Sataniques de Rushdie. Il donne surtout au Hamas l'occasion de marquer son territoire en phase avec ses nouveaux sponsors iraniens.
J'ai aperçu de loin (illustrations sans commentaires) quelques uns des dessins du prophète initialement publiés par Jyllands-Posten, et ils me semblent couvrir un large spectre : du plus réaliste au plus caricatural, du plus anodin (un homme dans sa simplicité) au plus provoquant (un guerrier l'arme au poing, un terroriste la bombe au couvre-chef).
A mon sens et au même titre que le port du hijab, l'interdiction de représenter Mahomet (en tant que prophète comme en tant que personnage historique majeur) ne doit s'imposer qu'aux croyants qui l'acceptent comme un choix personnel et positif. Mais la loi laïque s'avère par ailleurs très claire sur l'incitation à la haîne raciale et religieuse, et certains de ces dessins m'ont immédiatement fait penser à une littérature foisonnante dans l'Europe des années 1933-1945...
Pour autant et dans le respect de cette loi, le droit à la caricature doit pouvoir s'appliquer, sans nécessairement prendre des pincettes (cf l'excellent Plantu dans Le Monde d'hier). Je regrette que Sarkozy soit le premier à dégainer dans ce sens, la Bouygues Broadcasting Corporation s'empressant dans la foulée de diffuser en boucle son TOC de triomphe ; une moue d'autosatisfaction de plus en plus dickcheynesque et têtaclaquoire...
Bon, je l'avoue, il m'arrive de pratiquer la caricature. Et de subir la critique de personnes dépourvues d'humour. Voire, pire encore, de subir la critique de personnes pourvues d'humour. Mais même si je me suis cogné des extrémistes, des fondamentalistes un révisionniste, jamais ma vie n'a été en jeu. Tout au plus mon amour propre.

On n'en meurt pas, mais ça peut faire mal.

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