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20110921

Etat Palestinien : la Jurisprudence DSK

Dimanche dernier, Benjamin Netanyahu paraissait très confiant : aucun vote sur la reconnaissance d'un Etat Palestinien n'allait avoir lieu cette semaine. Et de fait, le candidat Barack Obama semble faire en sorte d'épargner aux gouvernements Israélien et Etasunien l'humiliation d'une reconnaissance par la communauté internationale suivi du véto d'un supposé promoteur de l'accession de la Palestine au rang de nation.

Mahmoud Abbas a eu néanmoins raison de tenter le coup dans la foulée du Printemps Arabe. Puisqu'aucun dialogue n'est possible entre les factions radicales en place à Gaza et Tel Aviv, les modérés doivent rappeler à l'opinion publique l'injustice fondamentale au coeur de la région.

Mais ces derniers temps, New York n'est pas la meilleure destination pour obtenir justice, ni même obtenir l'attention de la justice. La Jurisprudence Dominique Strauss-Kahn a établi que la victime d'un viol n'a pas le droit à la considération du système pénal si elle n'est pas la Vierge Marie*, et c'est exactement le principe sur le point d'être appliqué pour la Palestine.

Remarquez, ça pourrait être pire : si le siège de l'ONU était en Géorgie, Mahmoud Abbas pourrait même partager le sort du pauvre Troy Davis.

blogules 2011 (également en VO : "Palestinian Statehood and the DSK Jurisprudence")

* voir "
DSK pas encore 'non coupable' - tout juste OJSimpsonisé" (en VO: "DSK is not 'not guilty' : US Justice's standards are poor")

20110822

Egypte - Israel : le dessous des cartes

Des attentats terroristes en provenance de Gaza, Bibi Netanyahu pratiquant l'escalade au quart de tour... malheureusement, sauf une surprise à quelques jours de l'offensive pacifiste de la Palestine à l'ONU : une fois de plus, les radicaux des deux bords relancent leur partie de ping-pong dès que les modérés menacent de faire entendre leur voix*.

Le gouvernement Israélien saute d'autant plus sur l'occasion qu'il est challengé de l'intérieur sur le front économique : les "indignés" israéliens défilent comme les autres peuples aux quatre coins du monde.

Il est peut-être aussi temps pour Netanyahu de revigorer le Hamas et le Hezbollah, ses meilleurs ennemis connaissant un petit coup de mou à l'image de leur sponsor syrien Assad. Pas d'inquiétude en revanche sur l'ex (futur ?) front Egyptien : la Muslim Brotherhood n'avait pas attendu ce meurtrier coup de pouce de Tel Aviv - une bavure plus que "regrettable" - pour reprendre des couleurs. Comme prévu, hélas**, les Islamistes gagnent du terrain dès que les révolutions populaires s'essoufflent en Egypte ou en Tunisie face aux réalités politiques (gabégie, corruption, inorganisation démocratique) et surtout aux réalités économiques.

Même espoir et inquiétude en Libye : Muammar al Gaddafi tombera bientôt, et l'avenir dira si le pays lui survivra.

Quoi qu'il arrive, on se dirige vers une redistribution des cartes au niveau mondial. Au sens fort, avec de nouveaux pays et de nouvelles frontières. Une nouvelle phase commence après un demi-siècle de post-colonisation, la notion de nation comme celle de peuple évolue à toute vitesse, de nouvelles communautés économiques et politiques se dessinent***, et sur le plan social l'humanité se découvre enfin une forme de vécu commun. Rien de bien précis à ce stade, mais je ne pense pas que cela prenne plusieurs décennies pour que l'on passe vraiment à quelque chose d'autre.

blogules 2011

* les "radicaux" étant également au pouvoir en Israel, pour rappel : "
persiste et signe"
** voir "
Le rideau de sable et la renaissance musulmane"
*** point positif : la notion de fair market (voir "
Mondialisation : du "free market" au "fair market".") progresse inexorablement

20091121

Herman van Rompuy, les haikus, l'humour et la religion

Le nouveau Président du Conseil européen est loué pour ses qualités de négociateur, son humour et son goût pour les haikus, mais ce qui m'intéresse avant tout de savoir, c'est quel a été le véritable critère de choix déterminant pour la nomination de Herman van Rompuy.

J'ai bien peur d'avoir la réponse.

Si je m'étais fortement opposé à une nomination de Blair à ce nouveau poste prestigieux, c'était moins pour son rôle dans l'invasion de l'Irak que pour son appartenance au clan des fondamentalistes Chrétiens qui, après avoir
contribué à mettre à feu et à sang le monde en partenariat avec leurs collègues islamistes, sont en train de mettre le grappin sur la politique continentale (voir "Tony Blair : un Fondamentaliste Président de l'Europe ?").

Or si HVR passe pour un modéré et "déteste les extrémistes", il a la fâcheuse tendance à prôner une relation fusionnelle entre politique et religion.

A la base, son appartenance au CD&V (Christen-Democratisch en Vlaams), le parti démocrate-chrétien flamand belge, signale un mélange des genres. Certes, les PDC européens présentent généralement des plateformes plutôt saines et équilibrées tant sur les plans politiques, économiques et sociaux... mais par construction, ils illustrent une vision de la politique soumise à une pensée religieuse, incompatible avec le principe même d'une démocratie républicaine laïque.

Difficile de parler de fondamentalisme à ce stade, je vous le concède volontiers. Je note toutefois que l'ami Van Rompuy, qui s'écharpe régulièrement avec Luc Van den Brande sur l'avenir politique de la Belgique, soutient son collègue du CD&V au niveau européen, là où cet ayatollah défend le plus efficacement la destruction de l'idéal démocratique en assurant la
promotion de l'Intelligent Design.

De plus, ce modéré qui "déteste les extrémistes" n'hésite pas à employer le discours des ultra-conservateurs fondamentalistes chrétiens partisans de la ligne dure en Europe. Les Turcs n'ont pas oublié sa sortie à l'occasion des débats sur l'entrée de leur pays dans l'Union : "les valeurs universelles de l’Europe, et qui sont aussi des valeurs fondamentales du christianisme, perdront de leur vigueur avec l’entrée d’un grand pays islamique tel que la Turquie".

Par ailleurs, le sieur Herman Van Rompuy ne montre son KUL que sous un certain angle : si tout le monde sait qu'il a été diplômé en économie à l'Université Catholique de Louvain (Katholieke Universiteit Leuven), moins nombreux sont ceux qui savent qu'il a aussi brillé en philosophie. Et que là aussi, il apprécie le mélange des genres.

En effet, si Monseigneur Van Rompuy affirme ne pas avoir fait campagne pour le poste de Président du Conseil européen, il donnait bien, en toute candeur, une conférence sur la dernière encyclique d'un certain Benoît XVI sur la Doctrine sociale de l’Eglise. Conférence qui ressemble bigrement à un examen de passage... le 19 Octobre 2009, un mois pile poil avant sa nomination.

Dans ce texte ("
Conférence de Herman Rompuy sur Caritas in Veritate", en ligne sur LaCroix.com), l'expert en économie et en philosophie Van Rompuy parle d'amour et d'humanisme, mais aussi et surtout, comme Benoît XVI, de politique :

. "Aucun régime politique, aucune organisation sociale et aucun système économique ne peut revendiquer la réalisation du salut ultime" - tout cela n'a aucune valeur face à la foi
. "Selon la Doctrine sociale, la communauté politique est au service de la société civile dont elle est née. Cette société civile représente l’ensemble des relations et des biens, culturels ou associatifs, qui sont relativement indépendants de la politique et de l’économie" - la politique ne saurait se placer au-dessus de tout, il existe quelque part le besoin de matérialiser un pouvoir supérieur
. "Le principe de subsidiarité est contraignant, chaque homme devant avoir la chance d’apporter sa contribution à la construction du bien-être et de la prospérité. La question difficile est cependant de savoir comment nous pouvons, aujourd’hui, réaliser ce principe au sein d’une Europe unifiée et dans un monde globalisé, où de plus en plus de décisions sont prises à un haut niveau inaccessible pour l’homme concret, sachant que, pourtant, elles sont déterminantes pour le bien-être et la prospérité de son environnement, de son travail et de sa responsabilité" - c'est marrant mais les religions sont à la fois pertinentes pour adresser ce sujet, et déjà organisées pour faire face à des contraintes de subsidiarité, au plus proche des individus.
. HvR prolonge très clairement l'appel de Benoît XVI, en reprenant les termes les plus directs de son encyclique : "Il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale telle qu’elle a déjà été esquissée par mon Prédécesseur, le bienheureux Jean XXIII".


Pour rappel, dans "Caritas in Veritate", Ratzie écrivait "Le développement intégral des peuples et la collaboration internationale exigent que soit institué un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale de type subsidiaire pour la gouvernance de la mondialisation et que soit finalement mis en place un ordre social conforme à l’ordre moral et au lien entre les sphères morale et sociale, entre le politique et la sphère économique et civile que prévoyait déjà le Statut des Nations Unies". J'ai déjà évoqué l'habileté du discours de ce fondamentaliste qui milite ardemment pour le retour de la religion au coeur de l'éducation, de la science et de la politique, les fondements de la démocratie (voir entre autres "Le mauvais plan de Benoît XVI"). Et il suffisait de le voir l'autre jour exulter à la tribune de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) pour comprendre ce qu'il entend par "une véritable Autorité politique mondiale" : une autorité politique où les autorités religieuses aient toute leur place. Il a dans cette perspective le soutien de Ban Ki-moon à l'ONU (discret sur sa propre foi mais militant acharné des dialogues inter-religieux dans le cadre des institutions dont il a la charge), et désormais de Herman van Rompuy au Conseil européen, en complément de sa dream team actuelle (Barroso, van den Brande & Co). Je suis curieux de savoir si ce "démocrate chrétien" sera plutôt "démocrate" ou "chrétien" au moment de défendre la Cour Européenne des Droits de l'Homme face aux prochaine attaques des fondamentalistes*...

Décidément un "Drôle de moine ce Van Rompuy", pour reprendre les termes de Paul Piret (in La Libre Belgique du 19/11/2009).

Maintenant, s'il n'était guère difficile de trouver le talon d'Herman Achille Van Rompuy, je n'ai pour le moment rien trouvé de bien suspect dans le profil de Cathy Ashton, alias Lady Catherine, a.k.a Baroness Ashton of Upholland, notre premier Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

blogules 2009

* voir "La Cour Européenne des Droits de l'Homme crucifie les fondamentalistes" puis "Traditions, conservatismes, obscurantismes et fondamentalismes"

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ADDENDUM

Dans la version Anglaise de ce post sur blogules en V.O. ("Herman van Rompuy, haikus, humor and religion"), je développe plus clairement le sujet, en particulier à travers un parallèle entre cette conférence de Van Rompuy pour Benoît XVI et celle de John McCain au Discovery Institute, en amont de sa campagne de séduction des theocons US.

SM

20091106

Mahmoud Abbas à Barack Obama : veux-tu notre sang sur tes mains ?

Abandonné par les USA, humilié par Benjamin Netanyahu, handicapé par son comportement ambigü pendant le pilonnage de Gaza, Mahmoud Abbas a annoncé qu'il n'avait "aucun désir de se présenter aux élections à venir".

Ce n'est pas un appel du pied à Ségolène Royal et son Désir d'Avenir, mais un appel au secours.

Difficile d'éviter le parallèle avec Yasser Arafat : les faucons de Tel Aviv ont mené exactement la même stratégie d'étouffement. Mais pour "Abu Mazen" la plus grande déception vient de Barack Obama, incapable d'empêcher l'extrême droite israélienne de mener son agenda radical (voir "
Israel accepted as true the choice between its security and its ideals").

Pourtant, Abbas n'a pas dit qu'il n'allait pas se présenter en 2010. Il y a toujours une chance, une envie de retrouver le "désir". Mais le message est limpide : mon "autorité" est une mascarade, seuls Israël et les Etats-Unis peuvent décider du futur de la Palestine. Ce sont eux qui ont porté le Hamas au pouvoir et castré le Fatah. Mon échec est leur échec. Les USA peuvent continuent à s'en laver les mains : si je crève comme "Abu Ammar", ce seront eux l'autorité responsable de mon martyre.

Avant ce discours, Mahmoud Abbas n'avait tout simplement aucune chance de gagner en 2010. Avec ces quelques paroles, il fait bouger les lignes : si Washington maintient le status quo ou laisse traîner, c'est comme si Hillary et Barack eux-même enfonçaient les clous dans la chair des Palestiniens.

Son vrai message n'est pas d'affirmer "j'abandonne", mais "je suis abandonné, dis-moi Barack, tu veux vraiment notre sang sur tes mains ?"

Une fois de plus (voir "Il est encore temps de sauver Israël"), si les Israéliens modérés veulent se faire entendre c'est maintenant : J Street commence à faire du bruit à Washington, les Nations Unies font pression pour que le rapport Goldstone donne lieu à des suites, et il existe toujours un espoir de paix.

Les Palestiniens ont besoin d'un espoir tangible. Si le Hamas triomphe, Netanyahu triomphe, et Israël perd son âme.

blogules 2009

initialement publié sur blogules en V.O. : "After Arafat, will Tel Aviv hawks terminate Mahmoud Abbas ?"

20090916

Il est encore temps de sauver Israël

Avant sa présentation du 29 septembre au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, la Mission d'établissement des faits sur le conflit à Gaza a livré ses conclusions.

Sans surprise, le Hamas et Israël sont accusés de crimes de guerre dans un rapport de plus de 500 pages couvrant 36 "incidents".

Pour rappel : entre décembre 2008 et janvier 2009 ou, plus précisément (voir "
Le 10 Février 2009, Israël vote Obama '08 ou Bush '04 ?"), pendant le no-top-man's land entre l'élection d'Obama et sa prise de pouvoir officielle, 13 Israéliens et plus de 1.400 Palestiniens ont été tués.

A charge contre les terroristes Palestiniens, le rapport a retenu les bombardements non ciblés mais n'a trouvé aucune preuve d'existence de "boucliers humains", mettant encore plus en évidence les exactions des faucons de Tel Aviv, accusés d'actions disproportionnées, de punissement collectif inique, d'usage d'armes interdites (bombes au phosphore)...

Pire : ces abominations ne sont pas le fait de soldats mal encadrés mais "le résultat de directives communiquées aux soldats" ou, comme Richard Goldstone le fruit de "politiques" délibérées. J'ai suggéré un autre terme pour cela dans "
Israel ouvertement sur la voie du fascisme", et remis une couche avec "Persiste et signe". Le rapport ne va pas si loin mais mentionne clairement des "crimes contre l'humanité".

La mission demande au Conseil de Sécurité des Nations Unies de poursuivre l'enquête et d'envisager le recours à la Cour Pénale Internationale. Mais même si les Etats-Unis ne font pas jouer leur droit de véto, cette initiative a peu de chances d'aboutir : Israël ne reconnait pas la CPI.

Le gouvernement israélien dénonce une mission injuste et biaisée et de fait, l'un de ses membres (Christine Chinkin) avait accusé Israël de crimes de guerre dans une tribune publiée en janvier dernier.

Mais ce n'est pas en critiquant le thermomètre que l'on soignera la grippe.

Et à mon sens, ces accusations sont plus qu'une bonne nouvelle pour la Palestine, une extraordinaire opportunité pour ceux qui veulent sauver Israël.

Car même après les embarrassantes révélations sur un militant israélien des droits de l'homme (Marc Garlasco de Human Rights Watch collectionne les souvenirs militaires Nazis !), les modérés sont plus que jamais
invités à se prononcer haut et fort contre leurs dirigeants.


blogules 2009

(initialement publié sur
blogules en V.O. : "Israel accepted as true the choice between its security and its ideals")

20061207

Blogule blanc a France 24 - en attendant mieux

Alain de Pouzilhac a beau venir de la pub, le logo de France24 craint un peu et son "look and feel" évoque plutôt ARD ou une chaîne de l'ex bloc soviétique que la BBC. Va pour le bleu et la sobriété, qu'importe le flacon pourvu que l'ivresse dépasse la dose prescrite par TV5...
L'idée est de faire rayonner la Francophonie en faisant entendre la voix de la France et en la matière Chirac pourra difficilement faire pire que Mitterrand : l'Afrique se souvient comment, moins versé dans la techno, le Sphynx s'était amusé à distribuer des machettes aux Rwandais...
Pour le moment, l'ex-CII joue la carte de la diplomacie au niveau de l'info (visite inédite des bureaux du Secrétaire Général de l'ONU) comme de la météo (la Turquie survolée sans commentaires après le Moyen-Orient et bien après l'Europe).
France 24 n'existe pour le moment que sur le web, et cela suffit à mon bonheur. Une chance de plus de zapper gratuitement depuis partout dans le monde après le mondrianoïde iTele et la telenovela BFMTV (où l'on tente de faire passer des acteurs de troisième catégorie pour des stars en exhibant leur gueule en tête de gondole).
La petite nouvelle diffuse en VF, en Anglais (mais avec tout de même 25% de Français et bientôt un décrochage de 4 heures en Arabe), et ce sans afficher la tronche de Sarko à tout bout de champ. S'il devient calife à la place du calife, Le Petit Nicolas se fera un plaisir de réparer cette injustice, et par la même occasion l'affront fait à son ami Martin Bouygues (LCI écarté dès les qualifs, TF1 avant le départ). Devant la montée en puissance de la concurrence et après la double claque TNT / TPS, le lider maximo de l'audiovisuel gaulois vient d'ailleurs de grimper juste au-dessous du seuil de véto dans le Groupe AB, un partenaire historique lui aussi peu versé dans les missions de service public.
Après France2, France3, France4 et France5, France Télévisions s'autorise certes un saut jusqu'à France24, mais d'ici à ce qu'elle concurrence XXL avec France69...

20061112

Blogule blanc aux Dems - la seule sortie possible de l'Irak

Sitôt Rumsfeld débarqué, Dubya a refilé la patate chaude irakienne aux Démocrates. Ceux-ci ont valeur à se dégriser vite fait de leur nette victoire aux élections de mi-mandat pour faire le ménage.

J'ai suggéré trois temps :

- une formulation claire d'excuses à l'attention de la communauté internationale et surtout du peuple irakien : l'Amérique a échoué parce qu'elle a renié sa propre identité, elle doit maintenant regagner le respect en redevenant respectueuse de ses propres valeurs. Les forces présentes en Irak ne doivent donc plus être considérées comme des forces d'occupation et d'invasion. Un mandat dans ce sens pourrait être à titre temporaire émis par le Congrès avec un appel du pied vers l'ONU - à défaut de renforts, une mini bénédiction permettrait de sauver la face et la vie des soldats sur place.

- ce délai sera mis à profit pour remettre à plat la stratégie, en commençant par la vision stratégique et la compréhension du contexte, de l'environnement, des dynamiques d'acteurs. Je vois bien un commando de congressmen faire la tournée des popotes (en excluant aucune partie ouverte au dialogue, y compris en Iran)*. Qui veut quoi, quels sont les éventuels terrains d'entente, où se situent précisément les différents, quels sont les scénarios... tout ceci entend un premier retrait d'Irak : le retrait de la méthode et de la doctrine Bush (vous êtes soit avec soit contre nous, je refuse de discuter avec l'"ennemi" que je cherche à détruire). Face à de nouveaux visages, même certaines têtes bien connues de Washington pourraient se dévoiler sous un autre jour. Cette démarche n'abaisse pas l'Amérique et lui permet au contraire de confirmer sa neutralité tout en mettant une pression amicale sur ses partenaires : les USA n'endossant plus le costume du bouc émissaire, les fronts vont pouvoir bouger et les véritables fauteurs de trouble seront contraints de jouer à découvert.

- cette démarche participative facilitera le 3e temps, celui de la mise en oeuvre d'une stratégie de sortie en Irak. Le peuple Américain doit cependant comprendre une chose : il lui sera impossible de quitter le pays avant d'avoir réparé les dégâts causés. La charge peut lui sembler immense mais il ne pourra pas dire qu'il n'ait pas été prévenu** des conséquences de cette guerre.

* James Baker n'avait aucun mandat populaire
** cf épisodes précédents (
2003, 2004, 2005...)

20061009

Blogule rouge a Kim Jong-il et aux 6

Sans surprise, la Corée du Nord a procédé à son premier essai nucléaire. Une flatulence souterraine de 4.2 sur l'échelle de Richter. Juste ce qu'il faut pour faire passer le message sans affoler les compteurs geiger. Pendant la visite de Abe en Corée du Sud, en pleine réunion du comité Chinois et à l'heure où Ban Gi-mun se voit conforter dans sa quête du secrétariat général de l'ONU.

Kim Jong-il est coupable. De maintenir son pays dans la terreur, la privation absolue de liberté et de droits, d'imposer famines, tortures, déportations et autres joyeusetés à un peuple ramené à l'époque médiévale sous le joug d'une secte totalitaire. De n'avoir d'autre objectif que le maintien de sa propre liberté au prix et mépris de tout le reste.

La Corée du Sud est coupable. De fermer les yeux sur les atteintes aux droits de l'homme de son voisin pour éviter qu'il ne se fâche. De freiner des quatre fers devant la tâche immense qui se présente à elle : une réunification aurait un coût économique, social et politique mille fois plus important que celle de l'Allemagne.

La Russie est coupable. D'avoir exporté le modèle Stalinien dans ce qu'il a de plus abject et d'avoir caressé dans le sens du poil un trublion bien commode dans une région sous influence américaine.

La Chine est coupable. De ne pas avoir profité de la situation et de la démission russe pour mettre au pas le régime du Nord au moment où il était le plus faible. D'avoir renforcé le militarisme au lieu d'encourager le réformisme. De vouloir annexer la Corée.

Le Japon est coupable. De tout faire depuis le début pour empêcher une réunification qui le relèguerait dans la périphérie du Nouvel Extrême Orient. De torpiller chaque avancée par des provocations aussi efficaces que celles de ses alliés américains.

Les Etats Unis sont coupables. De laisser leurs faucons anéantir chaque opportunité d'ouverture, de viser le pourrissement de la situation et renforcer à dessein le caractère le plus diabolique du régime. D'avoir provoqué la crise nucléaire et obtenu la diversion tant attendue juste avant les élections : "eh les gars, vous voyez ce qu'on vous a évité en déboulonnant Saddam ? Vous voyez ce qu'il arrive lorsque l'on laisse l'ONU ou l'IAEA s'occuper du contrôle de la prolifération des armes de destruction massive ?"

L'ONU est coupable. De dépendre des Etats Unis, de la Chine et de la Russie pour prendre toute décision.

Espérons que les essais de cette nuit marquent une nouvelle opportunité, à l'image des démonstrations de force entre Inde et Pakistan pour déclarer PAT au lieu d'échec et mat.

20060726

Blogule blanc a l'ONU - hommage collateral

J'ai de plus en plus de mal à lire Le Figaro ces jours-ci. Il faut vite zapper les six-sept pages à la gloire du Grand Candidat - Petit Nicolas, avaler quelques couleuvres néoconnes du style "Les Etats-Unis s'impliquent dans la quête d'une solution au Liban"*, et au final se retrouver avec un clone du Parisien entre les mains. Heureusement, on n'a pas encore droit aux cours de Scientologie ou aux exposés créationnistes. Mais hier, j'ai eu droit à cette jolie réponse d'Ehoud Olmert à la demande de cesser le feu de l'ineffable et très effaçable Philippe Douste-Blazy : "notre dilemme est le suivant : détruire le Hezbollah sans détruire le gouvernement libanais, dont le Hezbollah est membre. Vous avouerez que ce n'est pas simple !"

J'ai trouvé cela au contraire aussi simple que limpide, et surtout totalement en cohérence avec la doctrine Bush, qui vise à détruire l'
ONU dont sont membre quelques nations déviantes comme l'Iran et la Syrie. De fait et en écho à ces peu avouables bien que désormais avouées pensées, Israël a la nuit dernière bombardé une position de la FINUL au sud Liban.

Comme ça. Et par un heureux hasard, la veille de la première réunion de la dernière chance.

Soyons clairs. Ni Olmert ni Bush ne souhaitent une paix durable dans la région pour la bonne et simple raison que la paix signifierait la mort des faucons des deux camps. Une fois de plus, ce n'est pas la survie d'Israël qui est en jeu mais la survie des extrémistes qui y ont pris le pouvoir depuis l'assassinat de Rabin. De la même façon, il ne faut pas chercher au Moyen-Orient les raisons de la guerre en Irak : il s'agit avant tout d'une opération réussie de politique intérieure. La preuve ? L'Administration Bush a été réélue avec une confortable majorité et le fondamentalisme s'est fortement ancré dans les comtés les plus reculés des Etats-Unis.

Regardez d'ailleurs comment, avec la bénédiction de Tel Aviv et de Washington, Hassan Nasrallah est aujourd'hui érigé en icône avec la même efficacité qu'un Al Zarkaoui en Irak.



* Histoire d'éviter un jeu de mots du style de ceux proférés depuis le bunker lepeniste de Saint Cloud, je n'oserai pas demander s'ils la souhaitent finale... Mais je ne mets pas pour autant en doute la volonté de détruire le Liban (cf "
Blogule blanc au Liban - survivez je vous en prie" - 20060720). A mon sens, ce pays n'existe déjà plus et son dépeçage a d'ores et déjà commencé.

20060720

Blogule blanc au Liban - survivez je vous en prie

Israel fait le jeu des terroristes de la même façon que l'Administration Bush : au lieu de répondre intelligemment à d'authentiques agressions terroristes (9/11, les provocations du Hezbollah), d'accepter le soutien d'une communauté internationale compatissante et de marginaliser les extrémistes, les faucons jettent de l'huile sur le feu, attaquent aveuglement et unilatéralement, refusent obstinément toute solution politique, endossent sciemment la tunique de l'agresseur et apportent le chaos là où il n'était certainement pas nécessaire (Irak, Liban). Ici aussi, il n'est de solution que militaire ; on écarte toute option politique ou diplomatique et surtout on évite de respecter les règles élémentaires du droit international comme celles des droits de l'homme.
Cette fois-ci, ceux qui partent ne reviendront plus et j'ignore si le Liban pourra se relever. C'est pire que la guerre civile : une annihilation pure et simple d'une nation, la destruction massive d'une entité politique, économique et sociale. En à peine une semaine, sans avoir le moins du monde affaibli le Hezbollah, Israel a fait des centaines de victimes civiles (pour moitié des enfants) et jeté un demi million de Libanais sur les routes. Le pays se meurt mais qui s'en soucie ? Le Liban n'a d'intérêt que culturel et sa disparition ne fera que clarifier la situation dans une région plus que jamais livrée aux mains des radicaux...
Bush applaudit, l'Europe se tait, les pays arabes se drapent dans leur propre trouille de choper le virus et les Nations Unies sont aussi mortes que l'a voulu John Bolton. Bienvenue au Ground Zero de la diplomatie.

20060601

Blogule rouge a l'ONUSIDA - demobilisation generale ?

Drôle de façon de fêter les 25 ans et 25 millions de victimes du SIDA. Le rythme de progression de la pandémie ralentit enfin, nous dit-on. Mais cela veut aussi dire que le fléau continue de progresser et je doute que le grand public ait saisi cette subtilité, même si les médias tentent de l'expliquer. Oui, il est urgent d'agir là où la progression s'accélère (Europe de l'Est, Asie), mais pas au détriment des régions les plus touchées. L'Afrique ne va pas mieux : elle empire moins vite. Si les statistiques s'améliorent, c'est parce que la population de référence diminue. De loin, nous voyons le SIDA disparaître dans un pays là où le SIDA fait disparaître un pays. Ne laissons pas tomber ce continent sous prétexte qu'il est passé au stade terminal.
Ce satané rétrovirus a suffisamment fait son beurre sur de fausses bonnes nouvelles. Nous n'atteignons pas "le pic de la pandémie" ; nous touchons le fond dans sa pédagogie.

20060420

Blogule blanc a Ban Ki-moon - drapeau blanc sur Dokdo

Le Ministre sud-coreen des Affaires Etrangeres joue gros. Il en va de sa candidature au Secretariat General de l'ONU et plus fondamentalement de l'avenir de la diplomatie au sens noble du terme.
Si personne n'a tousse quand Ehud Olmert a illegalement investi une prison palestinienne pour garantir son election, Koizumi compte bien declencher des represailles internationales si la Coree venait a reagir legitimement a sa prochaine provocation.
La provocation en question ? Une pretendue mission d'etude scientifique japonaise dans l'espace maritime de l'archipel, avec une carte de la zone a etudier ou les bouts d'ile de Dokdo ont ni plus ni moins ete annexes. Depuis que Koizumi a restaure l'ultranationalisme d'Etat ayant conduit le pays a sa perte au siecle dernier, Tokyo revendique regulierement ce territoire Coreen et ne recule devant aucun scandale.

Dans son droit, la Coree a alerte l'opinion internationale sur ce nouveau coup de force, et fort logiquement envisage de regler militairement cette agression dans la mesure ou elle serait mise a execution. Rien de nouveau sous le soleil levant ; les Japonais se sont deja plusieurs fois arreter dans des circonstances comparables.
Cette fois ci, aucune election japonaise n'explique cette nouvelle provocation. Le remplacant de Koizumi comme son concurrent de l'opposition ont deja promis de prolonger la scandaleuse tradition des visites a Yakusuni. C'est de la candidature de Ban Ki-moon au poste de Secretaire General de l'ONU qu'il s'agit. Le Japon a deja du remettre a plus tard sa candidature a un poste au Conseil de Securite*, mais la nomination d'un Coreen constituerait une perte de face pour les ultranationalistes.

* cf "Blogule rouge au Japon - Pas de siège au conseil de sécurité de l'ONU pour les révisionnistes" (20050410)

20060327

Blogule blanc aux memos - une trace pour l'Histoire

Verba volant, scripta manent.
Un autre lampiste va trinquer pour les abus d'Abu Ghraib - l'Histoire retiendra toutefois que l'usage de la torture en Irak, en Afghanistan, à Guantanamo et dans les pays tiers était une stratégie délibérée de l'Administration Bush avec la bénédiction écrite du futur ministre de la soi-disante justice.
Un autre mémo - Britannique, celui-ci - vient confirmer la détermination de Bush à envahir l'Irak à tout prix, même si sa résolution venait à passer à l'ONU, même si les inspecteurs venaient à ne pas trouver d'Armes de Destruction Massive.
Au fil d'une réunion digne d'un comptoir de pub, le duo Bush-Blair présente une affligeante absence de vision, à des années lumière du tandem Roosevelt-Churchill dont ils se réclament si souvent. L'après-guerre ne posera pas de gros problème (Condi y travaille), l'important est de pondre un scénario crédible pour la provoquer - en faisant descendre un piaf aux couleurs de l'ONU, par exemple (belle preuve d'attachement à la vie des soldats de la future soi-disante coalition).

Fidèle à lui-même, Bush ne montre aucun scrupule. Loin d'essayer de le dissuader, Blair se contente d'étaler toute sa grandeur d'âme sur un timbre poste : on va tout de même tâcher de ne pas remplacer Saddam par un autre dictateur, ça ferait désordre.
5 pages de synopsis pour l'Histoire. Les 2.500 morts des forces d'invasion et les 35.000 morts Irakiens auraient bien aimé lire le scénario à l'avance. Ces figurants savaient déjà qu'on utiliserait pas des balles à blanc.


* "Bush Was Set on Path to War, Memo by British Adviser Says" (20060327)

20050916

Blogule rouge a l'essaimage OGM - Objectif Gouvernements iso-Maison Blanche en Europe

Ahurissant. Pendant que Dominique Villepin fait la claque et en prend une autre aux Nations Unies, Nicolas Sarkozy s'en va saluer un autre poulain de l'écurie Bush en campagne pour le nouvel ordre européen, Donald Tusk.
Tusk avait déjà reçu le soutien d'Angela Merkel, autre protégée de la Maison Blanche ainsi que de Lech Walesa, auquel le petit Nicolas n'a pas oublié de serrer la pince pour services rendus à la mère patrie : l'ancien ouvrier n'a plus de pouvoir mais bénéficie toujours de l'indéfectible Solidarnosc des cathos ultra-conservateurs US.
Merkel souffre mais devrait conserver une petite avance pour les élections à venir en Allemagne. Tusk se retrouve en revanche face à un boulevard, son principal adversaire Wlodziemierz Cimoszewicz ayant jeté l'éponge suite à une campagne de dénigrement si parfaitement menée qu'elle porte la griffe du Grand Architecte en la matière, Karl Rove. L'Architecte en question n'a pas eu à forcer son talent pour tirer la chasse au W.C. : les scandales pétroliers, il connaît.
Les groupes de presse du monde entier soupirent de soulagement : si celui qui était encore en tête il y a quelques semaines avait été porté au pouvoir, ils étaient bons pour investir dans plusieurs boîtes de Scrabble. En revanche, avec Tusk, ils auront fait plus de la moitié du chemin à chaque fois qu'ils écriront sur le pourfendeur de la "Vieille Europe", Donald Rumsfeld.

20050722

Blogule rouge a Ken Le Rouge

Quelques heures avant la replique du 7/7 (visiblement les terroristes avaient eu droit au meme training mais pas au meme artificier), le maire de Londres avait fortement critique la politique anglaise, Ken Livingstone poussant la clairvoyance jusqu'a remonter avant l'ere du Tonytertiaire (le fait est que la Grande Bretagne ne s'est pas couverte de gloire en contribuant activement a la creation de bombes a retardement comme les conflits Israelo-Palestiniens ou Indo-Pakistanais, sans oublier l'Irak en d'autres temps). Bien.
L'appel au retrait de Red Ken sonne en revanche assez faux, et pas seulement apres les attentats rates d'hier. L'Espagne ou l'Italie ont le droit de se retirer de l'Irak hier ou demain mais ni les Etats-Unis ni la Grande Bretagne, du moins tant qu'ils n'auront pas repare leurs degats et/ou assure une alternative durable. La Grande Bretagne a joue un role clef dans la tragedie Irakienne, apportant a elle seule une parodie de legitimite internationale a George W. Bush ? Elle doit donc assumer. Idem pour le peuple anglais qui a reelu Blair*. Idem naturellement pour ce dernier, piege devant l'Histoire par son allie hysterique. Quant a Dubya himself, le voici misant sur un retrait en 2006 suite a un remake du double 2004-2005 (triomphe electoral aux US, scrutin a succes en Irak).

A mon sens, la seule sortie honorable pour l'un comme pour l'autre de ces pays passerait par une procedure type impeachment a l'encontre de leur leader (Blair, Bush) puis, afin de gerer la transition, par un transfert de responsabilite vers l'ONU, etant entendu que les armees "fautives" fourniraient l'essentiel des moyens (un retrait sans retrait, en somme).
J'ignore jusqu'ou ira la fronde britannique, mais il ne m'etonnerait guere que Tony ne termine pas son mandat. Quant aux States, s'ils sont incapables de faire tomber Dubya avec toutes les casseroles qu'il traine, c'est peut-etre qu'il n'y a plus grand chose a en esperer. Le pays est de toute facon condamne a se trouver un nouveau souffle s'il ne veut pas se replier sur lui-meme. La dynamique de croissance des Etats-Unis, aujourd'hui encore fortement fondee sur l'exterieur, va progressivement se porter sur un marche interieur plus monolithique que jamais (langue, culture, politique) mais se suffisant a lui-meme grace a une poussee demographique soutenue.

* pas question pour autant, cela va de soi, de montrer la moindre compassion pour les terroristes, ni au contraire d'en manquer pour les victimes de leurs odieux attentats

20050607

Blogule rouge aux occasions perdues

A ceux qui se réjouissent de l'échec d'un "oui" signifiant à leurs yeux la vente des intérêts français à l'étranger, je réponds que leur "non" couronne parfaitement la vente du pays à ses destructeurs de l'intérieur, cette lente démission des gouvernements préférant acheter la paix sociale en abandonnant toute dynamique d'avenir. L'échec de 2005 est avant tout l'échec des années de non réforme 1955-2005.
Au-delà du bonnet d'âne européen, le gâchis de la décennie Chirac se résume à cinq ans d'échec outsourcé (le dogmatisme socialisme des 35 heures) et à cinq ans d'échecs personnels (deux immenses occasions perdues ; les majorités inexploitées de 1995 et 2002). La suite ne s'annonce guère plus brillante.
Si l'implosion du PS ne se traduit pas encore dans les structures, ce parti a d'ores et déjà vécu, faute de mener à bien l'impossible synthèse des "forces de progrès" ("le socialisme est mort mais il existe tout de même des pragmatiques de qualité dans l'assemblée") et des "forces réactionnaires" ("je me cramponne à la révolution sans évoluer, et puis c'est tellement plus simple de gagner des voix sur un discours négatif"). Fabius parade avec son nouveau bâton de maréchal sans se douter du ridicule de son camouflage. Si le XIXème et l'anti le fascinent tant, qu'il se fasse antiquaire comme son frère...
De son côté, l'UMP présente un avenir plus facilement améliorable puisqu'il ne se fonde pas sur des idées complexes mais sur des hommes basiques. Comme dans un document animalier, l'observateur embrasse toute la savanne du regard (personne ne se distingue par son QI) en se concentrant sur les actes fondamentaux (la chasse, la reproduction, la récupération). Ici, le vieux mâle dominant accepte déjà son futur exil et l'échec de son improbable successeur : si Villepin arbore une ravissante crinière, son rugissement se fait bien terne depuis son triomphe de l'ONU (p... deux ans déjà), et l'animal renâcle trop à sortir les griffes pour mener à bien les indispensables réformes. Suçant son ombre, une étrange hyène dont on ne sait trop si elle sera le prochain calife à la place du calife ou si elle se contentera de jouer aux charognards le moment venu.

20050531

Blogule rouge aux lundis

Le temps de me connecter (a 100 Mbps ça traine pas trop) et le score de la nuit me saute à la gueule. 55/45, c'est toujours mieux qu'un 51/49 porteurs d'interminables "et si" ou autres "si j'avais su"...
Bon, si Delors s'était contenté de lire l'Equipe au lieu de livrer le fond de sa pensee, la France pouvait encore se débiner sur les Pays-Bas mais non c'est non. Et plus que le résultat, c'est le fait d'être le premier qui compte. La carriere politique de Chirac est terminée mais ça on s'en doutait un peu. Sarko et Bayrou sortent paradoxalement indemnes : la droite républicaine a voté massivement oui, laissant le non a une improbable coalition des extrêmes et d'un PS dechiré (à propos de Pays-Bas, Hollande fait-il un beau perdant ?).
A vrai dire, je me contrefiche de ces politissonneries : le perdant, c'est le pays tout entier. Toute legitimite ravalée et toute honte bue, la France se retrouve dans le néant diplomatique au pire moment. Cet abus de notre droit de veto rappelle a tous l'aberration ONUsienne : quel rôle pouvons nous décemment revendiquer alors que l'autre grand machin prépare sa réforme ?

20050410

Blogule rouge au Japon - Pas de siège au conseil de sécurité de l'ONU pour les révisionnistes

Il serait inconcevable que le Japon obtienne un siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU sans que le pays ne fasse des excuses complètes pour ses erreurs passées et surtout pour son inacceptable comportement actuel, accordant aux thèses révisionnistes tous les dérapages sur l'ensemble des sujets (ex île de Dokdo, hommages répétés à Yasukuni, réécriture des manuels scolaires, fraudes archéologiques...).
L'Allemagne a montré le chemin et peut en être fière. Son comportement est digne d'une grande nation et d'un grand peuple, à la fois responsable et respectable.
Le gouvernement japonais, lui, est tout simplement dans l'erreur. Tout comme son ami Bush, Junichiro Koizumi émet en permanence les mauvais messages au mauvais moment et au mauvais endroit. Il ne comprend pas qu'en essayant de protéger la vieille garde d'une perte de face il fait perdre la face à son pays tout entier aux yeux du monde et de l'Histoire. Seule l'humilité peut les sauver de l'humiliation mais ce concept parait trop perturbant pour une telle assemblée de fanatiques.
Je soutiens totalement l'opposition actuelle à l'attribution d'un siège permanent pour le Japon au Conseil de Sécurité de l'ONU : la communauté internationale doit au contraire saisir l'occasion et montrer un exemple positif à tous en exigeant un véritable acte de contrition (sans la connotation religieuse). Loin de représenter un geste dégradant, cela constituerait un acte de grandeur digne d'un tel pays.
Stéphane MOT

20050331

Blogule rouge aux "hooligans" nord-coréens

La relative émeute du stade Kim Il-Sung à Pyongyang (suite à la défaite de la Corée du Nord face à l'Iran 0-2) peut être interprétée comme une bonne nouvelle dans la mesure où elle met en évidence la déliquescence du pouvoir.
Je doute sincèrement qu'il s'agisse d'une si bonne nouvelle.
La situation est comparable à l'Irak mais en bien pire : un changement de régime s'impose, mais le changement lui-même représente tant de dangers qu'il doit être préparé avec d'infinies précautions. Le chaos irakien risque de paraitre relativement calme comparé à ce qu'il pourrait se passer au nord de la DMZ et en particulier aux frontières (ex avec la Chine). Une rupture majeure se profile, et bien plus tôt que prévu : je ne serais pas surpris que la débâcle survienne avant la fin de l'année. Les voisins de la Corée du Nord devraient se tenir prêts, tout comme l'ONU, la seule institution susceptible d'être acceptée sur place en cas de crise. Stephane MOT

20050313

Blogule rouge au Contra-terrorisme

Le scandale des Contras aura contribué à ternir les années Reagan, mais les Etats-Unis ont vite oublié cette époque (révolue ?) où ils sponsorisaient la torture et le terrorisme. L'ambassadeur au Honduras de l'époque a longtemps traîné ce boulet, mais tout le monde a le droit à l'erreur et John Negroponte aura moins essuyé de critiques pour sa nomination à la tête de la sécurité nationale que pour sa nomination aux Nations Unies. Le problème c'est que 3 autres hommes impliqués dans le scandale des Contras ont reçu d'importantes promotions depuis les élections de novembre :

  • John Poindexter : le nouveau directeur de l'Information Awareness au Pentagone avait été condamné à 5 reprises dont une pour avoir menti au Congrès.
  • Elliot Abrams : il plaida coupable avoir caché de l'information à propos du scandale, mais 5 ans après Bush Ier le réhabilita et maintenant Bush II l'a placé à la tête de sa division Moyen-Orient.
  • Otto Reich : il avait mené une propagande totalement illégale en faveur des Contras et il est maintenant en charge des affaires relatives à l'Occident.

Donc, dans cette merveilleuse Administration, le chef de la justice a assuré la promotion de la torture, et les personnes en charge du contre-terrorisme et de la diplomatie ont supporté des actions illégales de terrorisme et de torture. Vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous voulez une promotion.

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