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20110726

Message personnel aux fans d'Anders Behring Breivik

Si Anders Behring Breivik est votre héros, quelques rappels utiles :

- Anders Behring Breivik n'est pas fou, même si son avocat joue la carte habituelle pour lui éviter un procès. Anders Behring Breivik est un dangereux psychopathe, nuance, et doit donc faire face à la justice.

- Nous nous sommes déjà rencontrés. Probablement pas face à face (qui sait ?), mais nous avons déjà croisé le fer sur la toile. Vous à assurer la promotion de discours de haîne comparables à celui de Breivik, moi à vous renvoyer le miroir de vos propres contradictions. Je connais votre laïus : l'Islam est en guerre contre l'Occident et doit être éradiqué d'Europe, le multiculturalisme signe la mort de l'identité européenne, l'habituelle imposture du prétendu "Choc des Civilisation".

- Anders Behring Breivik n'est pas un héros mais un loser qui s'est enfoncé dans une impasse par peur d'affronter sa propre crise d'identité, en se goinfrant de diatribes haîneuses pondues par le même genre d'imposteurs qui transforment des esprits fragiles en terroristes au Moyen Orient. Vous croyez naïvement que des gens comme Geert Wilders défendent l'Occident contre l'Islam alors que c'est VOUS leur cible prioritaire, pas les Musulmans.

- Demandez vous simplement pourquoi vous admirez Breivik, et vous trouverez probablement la même colère, le même désespoir, le même manque d'assurance en vous-même. Vous vous vantez d'avoir le "sang pur", mais êtes vous seulement à l'aise avec votre propre identité ?

- A propos : saviez-vous que vos parents étaient originaires d'Afrique ? Eh oui, nous les humains venons tous de ce beau continent. Même moi, le Caucasien blondasse aux yeux bleus, même moi, le Parigot à la nième génération, je suis un fier Africain. Et saviez-vous que les premières civilisations ont fleuri au Moyen Orient, que c'est grâce à des scientifiques musulmans qu'une grande partie du savoir antique de l'Europe a pu être sauvée ?

- Ne vous laissez pas avoir par les imposteurs : l'Islam n'est pas la menace, mais une autre victime des fondamentalismes*. Et souvenez-vous : le pire ennemi vient de l'intérieur, et aujourd'hui le pire ennemi de l'Europe c'est le fondamentalisme chrétien. Ne soyez pas votre propre pire ennemi.

blogules 2011 (également en VO : "To all Anders Behring Breivik wannabes")

* voir "
Universal Declaration of Independence from Fundamentalism"

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UPDATE 201108 - lien vers V.O., "Andreas" actual ID corrected

20110204

Le rideau de sable et la renaissance musulmane

Quelle que soit l'issue des mouvements démocratiques dans le monde arabo-musulman, cette décennie commence bien mieux que sa devancière : le nauséabond ping-pong entre fondamentalistes islamistes et chrétiens (voir "Universal Declaration of Independence from Fundamentalism") laisse enfin place à une expression franche et massive de la majorité jusqu'ici silencieuse - celle des modérés. Et plus que jamais, je suis confiant dans l'avènement d'une véritable renaissance musulmane : le retour d'un humanisme tolérant, ouvert sur les sciences, respectueux des droits des hommes et des femmes, et à l'origine d'un foisonnement culturel dans tous les domaines.

Le rideau de sable n'est pas encore tombé, et si ces mouvements proto-révolutionnaires rappellent la fin des années 80 en Europe de l'Est, les situations ne sauraient être plus différentes.

Cette fois il ne s'agit pas de l'effondrement transnational d'un système corrompu et d'une idéologie dépassée avec la bénédition "top down" d'un leader réformiste (Gorbachev), mais d'une succession de soulèvements "bottom up" / "grassroot" contre des despotes locaux, des régimes corrompus mais non fondés sur une véritable idéologie.

Le peuple est dans la rue, mais ses revendications sont universelles : le respect des droits des citoyens, la fin de la corruption et de la répression... Ce n'est donc pas le moment d'imposer une nouvelle idéologie et c'est bien pour cela que les Frères musulmans se la jouent profil bas au Caire : eux ont déjà sous le coude l'organisation parallèle solidement implantée dans le pays, et naturellement une idéologie peu compatible avec les aspirations de la majorité silencieuse.

Alors les Frères jouent la montre en avançant leurs pions : si l'immense majorité se contrefiche des idéologies et refuse le choix entre la dictature et le fondamentalisme, l'immense majorité préfère l'ordre au chaos, et pour peu que l'incertitude s'installe dans la durée ou que les cliques au pouvoir* jouent les prolongations...

Israel observe naturellement de très près ses "amis" dans la région en pleine tempête : la Jordanie et l'Egypte pourraient basculer avec la bénédiction des radicaux. Que ces radicaux soient Islamistes ou Sionnistes, naturellement : en réprimant violemment la fronde populaire sur ses terres, le régime Iranien a certes retardé l'inéluctable de quelques années, mais aussi renforcé les faucons à Tel Aviv... et ces jours-ci, les leaders israéliens verraient presque d'un bon oeil une Egypte moins conciliante. De quoi légitimer leur propre régime corrompu, fondé lui aussi sur une idéologie dépassée. Pas une dictature, certes, mais pas une bande de gars très bien non plus (voir "
Israel ouvertement sur la voie du fascisme" suivi de "Persiste et signe").

Barack Obama est un type plutôt bien. Malheureusement, ces jours-ci, le POTUS ne semble pas en charge des affaires étrangères des Etats-Unis, à en juger par le gouffre béant entre ce qu'il dit et ce que son pays fait. Et ce brave homme n'a même pas un guichet unique style Gorby auquel s'adresser pour demander à ce que ce fichu rideau de sable soit déchiré...

A quoi faut-il s'attendre ? Probablement à plus de troubles et d'incertitudes, mais quelque part cette période de transition a commencé après la Seconde Guerre Mondiale et les guerres d'indépendance, et nous nous situons donc plus près de la fin que du début. A terme, je serais plutôt optimiste : je vois émerger des sociétés enfin libérées des pires déviances politiques et religieuses, et rayonner cette renaissance musulmane que j'appelle de tous mes voeux à chaque fois qu'on me ressort cette imposture du choc des civilisations.

Dans l'immédiat, la plupart des dictateurs du globe doivent avoir reçu le message de ces soulèvements pacifistes à travers le monde arabo-musulman. Mais les supposées grandes démocraties doivent également en tirer quelques leçons : si elles applaudissent les mouvements démocratiques et l'auto-détermination des peuples comme au Sud Soudan, elles doivent se demander ce que signifie être une nation dans ce monde globalisé, ce qui fédèrera encore leurs propres membres dans ce millénium en réseau.

Quoi qu'il en soit et plus que jamais, chaque individu aspirera à plus d'universalité (en tant qu'être humain) et de personnalité (ce qui définit son identité).

blogules 2011 - également en VO

Ben Ali comme Moubarak étaient déjà des caïds en bout de course : au-delà de leur mort politique annoncée, il s'agit de nettoyer un entourage controlant l'essentiel du pouvoir et de la valeur produite dans le pays.

20091121

Herman van Rompuy, les haikus, l'humour et la religion

Le nouveau Président du Conseil européen est loué pour ses qualités de négociateur, son humour et son goût pour les haikus, mais ce qui m'intéresse avant tout de savoir, c'est quel a été le véritable critère de choix déterminant pour la nomination de Herman van Rompuy.

J'ai bien peur d'avoir la réponse.

Si je m'étais fortement opposé à une nomination de Blair à ce nouveau poste prestigieux, c'était moins pour son rôle dans l'invasion de l'Irak que pour son appartenance au clan des fondamentalistes Chrétiens qui, après avoir
contribué à mettre à feu et à sang le monde en partenariat avec leurs collègues islamistes, sont en train de mettre le grappin sur la politique continentale (voir "Tony Blair : un Fondamentaliste Président de l'Europe ?").

Or si HVR passe pour un modéré et "déteste les extrémistes", il a la fâcheuse tendance à prôner une relation fusionnelle entre politique et religion.

A la base, son appartenance au CD&V (Christen-Democratisch en Vlaams), le parti démocrate-chrétien flamand belge, signale un mélange des genres. Certes, les PDC européens présentent généralement des plateformes plutôt saines et équilibrées tant sur les plans politiques, économiques et sociaux... mais par construction, ils illustrent une vision de la politique soumise à une pensée religieuse, incompatible avec le principe même d'une démocratie républicaine laïque.

Difficile de parler de fondamentalisme à ce stade, je vous le concède volontiers. Je note toutefois que l'ami Van Rompuy, qui s'écharpe régulièrement avec Luc Van den Brande sur l'avenir politique de la Belgique, soutient son collègue du CD&V au niveau européen, là où cet ayatollah défend le plus efficacement la destruction de l'idéal démocratique en assurant la
promotion de l'Intelligent Design.

De plus, ce modéré qui "déteste les extrémistes" n'hésite pas à employer le discours des ultra-conservateurs fondamentalistes chrétiens partisans de la ligne dure en Europe. Les Turcs n'ont pas oublié sa sortie à l'occasion des débats sur l'entrée de leur pays dans l'Union : "les valeurs universelles de l’Europe, et qui sont aussi des valeurs fondamentales du christianisme, perdront de leur vigueur avec l’entrée d’un grand pays islamique tel que la Turquie".

Par ailleurs, le sieur Herman Van Rompuy ne montre son KUL que sous un certain angle : si tout le monde sait qu'il a été diplômé en économie à l'Université Catholique de Louvain (Katholieke Universiteit Leuven), moins nombreux sont ceux qui savent qu'il a aussi brillé en philosophie. Et que là aussi, il apprécie le mélange des genres.

En effet, si Monseigneur Van Rompuy affirme ne pas avoir fait campagne pour le poste de Président du Conseil européen, il donnait bien, en toute candeur, une conférence sur la dernière encyclique d'un certain Benoît XVI sur la Doctrine sociale de l’Eglise. Conférence qui ressemble bigrement à un examen de passage... le 19 Octobre 2009, un mois pile poil avant sa nomination.

Dans ce texte ("
Conférence de Herman Rompuy sur Caritas in Veritate", en ligne sur LaCroix.com), l'expert en économie et en philosophie Van Rompuy parle d'amour et d'humanisme, mais aussi et surtout, comme Benoît XVI, de politique :

. "Aucun régime politique, aucune organisation sociale et aucun système économique ne peut revendiquer la réalisation du salut ultime" - tout cela n'a aucune valeur face à la foi
. "Selon la Doctrine sociale, la communauté politique est au service de la société civile dont elle est née. Cette société civile représente l’ensemble des relations et des biens, culturels ou associatifs, qui sont relativement indépendants de la politique et de l’économie" - la politique ne saurait se placer au-dessus de tout, il existe quelque part le besoin de matérialiser un pouvoir supérieur
. "Le principe de subsidiarité est contraignant, chaque homme devant avoir la chance d’apporter sa contribution à la construction du bien-être et de la prospérité. La question difficile est cependant de savoir comment nous pouvons, aujourd’hui, réaliser ce principe au sein d’une Europe unifiée et dans un monde globalisé, où de plus en plus de décisions sont prises à un haut niveau inaccessible pour l’homme concret, sachant que, pourtant, elles sont déterminantes pour le bien-être et la prospérité de son environnement, de son travail et de sa responsabilité" - c'est marrant mais les religions sont à la fois pertinentes pour adresser ce sujet, et déjà organisées pour faire face à des contraintes de subsidiarité, au plus proche des individus.
. HvR prolonge très clairement l'appel de Benoît XVI, en reprenant les termes les plus directs de son encyclique : "Il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale telle qu’elle a déjà été esquissée par mon Prédécesseur, le bienheureux Jean XXIII".


Pour rappel, dans "Caritas in Veritate", Ratzie écrivait "Le développement intégral des peuples et la collaboration internationale exigent que soit institué un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale de type subsidiaire pour la gouvernance de la mondialisation et que soit finalement mis en place un ordre social conforme à l’ordre moral et au lien entre les sphères morale et sociale, entre le politique et la sphère économique et civile que prévoyait déjà le Statut des Nations Unies". J'ai déjà évoqué l'habileté du discours de ce fondamentaliste qui milite ardemment pour le retour de la religion au coeur de l'éducation, de la science et de la politique, les fondements de la démocratie (voir entre autres "Le mauvais plan de Benoît XVI"). Et il suffisait de le voir l'autre jour exulter à la tribune de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) pour comprendre ce qu'il entend par "une véritable Autorité politique mondiale" : une autorité politique où les autorités religieuses aient toute leur place. Il a dans cette perspective le soutien de Ban Ki-moon à l'ONU (discret sur sa propre foi mais militant acharné des dialogues inter-religieux dans le cadre des institutions dont il a la charge), et désormais de Herman van Rompuy au Conseil européen, en complément de sa dream team actuelle (Barroso, van den Brande & Co). Je suis curieux de savoir si ce "démocrate chrétien" sera plutôt "démocrate" ou "chrétien" au moment de défendre la Cour Européenne des Droits de l'Homme face aux prochaine attaques des fondamentalistes*...

Décidément un "Drôle de moine ce Van Rompuy", pour reprendre les termes de Paul Piret (in La Libre Belgique du 19/11/2009).

Maintenant, s'il n'était guère difficile de trouver le talon d'Herman Achille Van Rompuy, je n'ai pour le moment rien trouvé de bien suspect dans le profil de Cathy Ashton, alias Lady Catherine, a.k.a Baroness Ashton of Upholland, notre premier Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

blogules 2009

* voir "La Cour Européenne des Droits de l'Homme crucifie les fondamentalistes" puis "Traditions, conservatismes, obscurantismes et fondamentalismes"

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ADDENDUM

Dans la version Anglaise de ce post sur blogules en V.O. ("Herman van Rompuy, haikus, humor and religion"), je développe plus clairement le sujet, en particulier à travers un parallèle entre cette conférence de Van Rompuy pour Benoît XVI et celle de John McCain au Discovery Institute, en amont de sa campagne de séduction des theocons US.

SM

20091015

Sumatra mûre pour la guerre d'indépendance

Comme on pouvait le redouter au lendemain du tsunami*, l'île de Sumatra a sombré dans le fondamentalisme avec une facilité déconcertante.

La province d'Aceh, qui avait déjà adopté une partie de la Shariah en 2001, l'a récemment étendue à l'une de ses punitions les plus controversées : la lapidation pour adultère.

Dans son article dans l'International Herald Tribune**, Norimitsu Onishi évoque la peur des législateurs de passer pour des infidèles s'ils émettent la moindre critique sur cette pratique barbare et d'ailleurs logiquement dénoncée comme une forme de torture par Human Rights Watch. Il évoque aussi le malaise des leaders religieux : pas très bon pour l'image de la région, y compris auprès des fidèles.

De toute évidence cet étrange import provoque un choc culturel dans un pays autrefois célébré pour son Islam ouvert et tolérant. Les fondamentalistes font donc le dos rond et continuent à former les jeunes générations à leur doctrine radicale pour assurer leur avenir.

Dans ces conditions, l'avenir de Banda Aceh et de Sumatra au sein d'une Indonésie démocratique parait mal engagé.
Le fondamentalisme ne se fond pas dans la démocratie : il la dissoud.

Le pays tout entier file un sale coton - si l'on peut dire. Je l'ai connu sous la dictature Suharto, il y a pile poil vingt ans. La terreur était alors pratiquée au niveau de l'Etat, mais l'argent des wahhabites n'avait pas encore détruit l'héritage religieux / culturel, et les femmes n'étaient pas encore obligées de circuler sous un voile.

La principale nation musulmane au monde bascule, son fragile équilibre mis à mal par ceux qui par ailleurs continuent de miner les autres pays jusqu'ici pivots dans la résistance contre le prétendu choc des civilisations (une autre imposture des fondamentalistes, chrétiens ceux-là) : la Turquie ou la France.

Barack Hussein Obama serait inspiré d'en remettre une couche sur un pays qui lui a ouvert les yeux sur l'importance de l'apprentissage du respect mutuel entre religions dès le plus jeune âge.


blogules 2009

* "
Exploiteurs de la misère humaine - les trois plaies de Sumatra"
** "Strict Islam inches ahead in Indonesia" (IHT 20091015)

20090620

Non à la Burqa = Non au fondamentalisme... Chrétien y compris

Faut-il interdire le port de la Burqa dans les lieux publics en France ?

Cela me semble une évidence, et ce avant même d'aborder les questions, pourtant essentielles à ce titre, de religions ou de Droits de l'Homme*.

En France plus encore qu'ailleurs, le port de la burqa relève au-delà de la religion d'un acte politique. La burqa ne soustrait pas la femme aux regards des hommes pour la protéger : elle soustrait avant tout un individu au regard de la société et nie à celle-ci la légitimité, le pouvoir, et la responsabilité de connaître et protéger cet individu. Homme ou femme, peu importe là aussi... et de toute façon, il serait impossible de faire la distinction sous une telle chappe**.

Que cet individu soit consentant ne change rien sur le fond de cette évidence : fondamentalement - et le terme s'impose -, la burqa marque la négation absolue de la République en inscrivant un individu en-deçà ou au-delà des lois. A travers son autorisation, c'est bien au-delà de la femme asservie la République elle-même qui fait acte de soumission à une loi fondamentaliste par essence vouée à sa destruction. Ni Putes Ni Soumises, c'est aussi vrai pour Marianne.

Comme toujours ("
Universal Declaration of Independence from fundamentalism"), le coeur de l'imposture fondamentaliste consiste à faire passer un agenda politique pour de la religion. Et puisqu'il vise à se substituer au pouvoir de l'Etat, le fondamentalisme religieux sous toutes ses formes est tout bonnement anti-légal et anticonstitutionnel en France.

Peu importe donc ce que dit le Coran à propos de la burqa. Bon... Il me semble bien que le concept de burqa intégrale a été inventé au Pakistan des lustres après la mort du Prophète (le tristement célèbre chadri Afghan arrivant bien plus tard encore)... mais enfin passons. Loin de moi l'idée de vouloir (et a fortiori la légitimité pour) interprêter Le Livre*...

Une fois de plus, le choix n'est pas entre la religion et la république mais entre la religion et le fondamentalisme d'une part, la démocratie et le fondamentalisme d'autre part.

Par ses fonctions au sein du CFCM, Dalil Boubakeur se devait de prendre toutes les précautions pour dénoncer la recrudescence du phénomène burqa en France. Mais s'il déplore au départ le repli "identitaire" puis le "communautarisme", il n'hésite pas à évoquer la progression du "fondamentalisme".

Ceci vaut naturellement également pour le fondamentalisme Chrétien, en pleine offensive en Europe, comme on a pu le voir ("
N'ayez pas peur"), avec le soutien sans réserve de deux fondamentalistes déclarés (George W. Bush puis Benoît XVI), la complicité de gouvernements noyautés parfois au plus haut niveau... et un soin particulier pour l'exception laïque française. La France doit donc résister avec fermeté tout en évitant les pièges de la victimisation et des faux débats : comme toujours, les fondamentalistes cherchent à faire croire que la religion est en danger alors même que ce sont eux-même qui la menacent en priorité.

La propagation des burqas sur le territoire conforte naturellement les fondamentalistes Chrétiens et les partisans du "Choc des Civilisations", l'imposture théocon / néocon par excellence. Et quand le très peroxydé nazillon néerlandais Geert Wilders exige l'interdiction du port de la burqa, il ne cherche pas à protéger la démocratie mais bien au contraire à l'affaiblir en alimentant ce fameux "choc", en provoquant des fractures confessionnelles au sein de la société. Wilders demande tout simplement l'interdiction de l'ensemble des manifestations de l'Islam (la religion authentique, ses fidèles, ses mosquées...) en les amalgamant de façon délibérément mensongère avec les manifestations de l'imposture Islamiste (les signes extérieurs de fondamentalisme).

Alors oui, au Caire, Barack Obama a défendu les droits des femmes musulmanes à se couvrir les cheveux quand elles le voulaient vraiment (
"State of The World Union : The Obama Doctrine"). Et un jour ou l'autre, il sera bien obligé de se prononcer sur la question autrement plus délicate de la burqa. Mais comme on a hélas pu le déplorer trop souvent, la démocratie américaine est la moins bien armée pour résister au fondamentalisme, et sa constitution favorise l'émergence de mouvement radicaux à tous les niveaux, au-delà de la religion (voir encore récemment "Intelligence supremacy").

La France a la chance de pouvoir s'appuyer sur des textes sans ambigüité...
- Article X de la Déclaration des Droits de l'Homme : "Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi." Le droit administratif définit l'Ordre Public comme "le bon ordre, la sécurité, la salubrité et la tranquilité publique".
- Article IV de la Déclaration des Droits de l'Homme : "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi".
- Préambule de la Constitution : "La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme"
Article premier de la Constitution Française : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée."
- ...

... donc idéalement, on ne devrait pas avoir besoin de légiférer. Mais la tradition veut que l'on adresse sans délai chaque sujet avec une loi spécifique, quitte à alourdir encore plus une barque déjà impossible à manoeuvrer. Il convient donc de ne pas tergiverser et empêcher au plus vite les marchands de haîne de se nourrir du moindre flou ambiant. L'exemple Belge démontre la nécessité de légiférer au niveau national : l'intégrité de la République est du ressort de l'Etat et non des collectivités.

Naturellement, il faudra faire preuve de plus de tact, de diplomatie et de pédagogie que dans ces misérables lignes.

Naturellement, je n’ai aucune confiance en Nicolas Sarkozy pour sortir de lui-même la loi idéale. Jusqu’à présent, il a surtout démontré
sa capacité à faire le jeu des fondamentalistes, en particulier depuis que Chirac est sur la touche.

Mais c’est depuis la touche que les juges de ligne signalent les hors jeu. Et l’éternel oublié de la justice se retrouve reconverti gardien du temple laïc ! Alors en attendant que Le Petit Nicolas installe Emmanuelle Mignon au Conseil Constitutionnel, esperons que ce qu’il reste de media independants expose ses tentatives répétées - et pour le coup à peine voilées - pour faire tomber le bastion.

Bas les masques. Y compris en dehors des périodes de carnaval.


* rassurez-vous, il est toujours et plus que jamais question de défendre la liberté religieuse et les droits des femmes
** s'il n'occulte pas le reste du corps, le niqab relève de la même logique
*** je n'ai d'ailleurs lu le Coran qu'une fois en entier, il y a un quart de siècle, et dans une version française remontant qui plus est aux calendes grecques (1970)

20080915

Le mauvais plan de Benoît XVI

A en croire certains media, un gouffre béant se serait ouvert entre la "laïcité positive" version Saint Nicolas, Martyr du Jet de l’Huile sur le Feu, et l’apparent appel au calme entonné par Saint Bénito (pardon, Benedetto), patron des pompiers appelé à son chevet par la fille aînée de l’Eglise, affolée devant l’étendue du sinistre.

Il suffit de prendre un minimum de recul pour constater que ces deux compères oeuvrent de concert au développement d’une plateforme de plus en plus envahissante. Leur objectif commun ? Repositionner la religion au coeur du débat politique, culturel, philosophique et scientifique, pour mieux préparer le terrain aux fondamentalismes.

Ce week-end et à l’occasion de la visite du Pape en France, je faisais part à un ami Américain expert en fondamentalisme de mes inquiétudes pour l’Europe et la France (leur cible prioritaire puisque terre de laïcité), mais lui ne voyait pas de danger clair et immédiat pour notre pays, chiffres à l’appui (40% des Français se déclarent non croyants, seuls 18% vont à la messe, la majorité des Beurs n’est pas religieuse, et on est effectivement loin des US où 88% croient en Dieu et où les Evangélistes représentent peut-être 15% de l’électorat).
En réalité, nous avons tous les deux raison : les fondamentalistes constituent une minorité ne trouvant que peu d’écho en France, et ils ne deviendront pas majoritaires du jour au lendemain, mais ils n’en ont pas besoin pour affaiblir la démocratie, ils ont une stratégie très claire pour changer l’ordre des choses, et ils bénéficient du soutien inconditionnel d’un ami à la tête du pays.

C’est aujourd’hui que notre territoire, jusqu’à présent impropre à leur anti-culture, redevient fertile comme aux plus belles heures de l’obscurantisme médiéval. Et la visite du Pape ne fait que confirmer que tout le monde est en train de foncer tête baissée dans le piège des fondamentalistes, à commencer par les plus ardents défenseurs de la laïcité.
La stratégie des fondamentalistes en France est à la fois "top down" et "bottom up" :
  • Top down ? l’objectif est de rendre les choses possibles, d’ouvrir les vannes, de supprimer quelques verrous essentiels de la démocratie (ex l’obsession de Sarkozy de réformer la Loi de 1905), d’autoriser des cultes jusqu’à présent illégaux. Sarkozy a par ailleurs créé le Conseil Français du Culte Musulman pour offrir une tribune aux minorités radicales, une légitimité politique, et au-delà pour introduire le politique au coeur du religieux et inversement. Le résultat ? Alors qu’il n’y avait aucun débat public entre religion et fondamentalisme, la majorité silencieuse assiste à un déversement d’idées plus radicales, et le Conseil est au bord de l’implosion. La majorité écrasante des modérés est politiquement mise en péril pour la bonne et simple raison qu’elle ne se positionne pas sur le terrain politique alors que c’est la raison d’être du fondamentaliste*.
  • Bottom up ? Le fondamentalisme pur et dur gagne bien quelques adeptes à la marge (de bons soldats prêts à prêcher dans les banlieues ou l’arme au poing face aux troupes de l’Oncle Sam), mais l’essentiel se passe au grand jour. Je ne reviendrai pas sur "ces filles et ces fils de la République" délaissant cette grande ingrate au profit d’une religion plus stricte et protectrice de chacun de ses membres, ni sur les pressions communautaristes gagnant du terrain sur la dynamique d’intégration et creusant d’authentiques fossés inter et intragénérationnels, mais avant de pointer du doigt la montée des intégrismes même light au sein de l’Islam français, les Catholiques bon teint seraient inspirés de se demander sur quelle pente leur "nouveau" Pape veut les entraîner. Bien sûr, les Intégristes demeurent un club minoritaire, mais ils ont de nouveau leur couvert à la grande table. Et surtout, le prosélytisme agressif est de retour, et pas seulement pour résister à la concurrence jusqu’ici anecdotique des Evangélistes et Pentecôtistes (désormais florissants sur le territoire, en particulier dans la Capitale et parmi les communautés Africaines et Caraïbiennes)... Il ne s’agit plus de "vendre" le Christianisme apaisé post-Vatican II, mais un ersatz simplifié bourré d’agents conservateurs.

Le succès des fondamentalistes en France ne doit surtout pas se mesurer au nombre de convertis à leur idéologie. De toute façon, ces patients travailleurs de l’ombre en sont encore au stade du labourage, avec ci et là quelques semailles d’Organistes Génétiquement Modifiés... Mais de toute évidence (et avec, il est vrai, le "sacré" coup de pouce du fondamentaliste le plus puissant du monde), ils ont déjà totalement bouleversé le paysage.

La religion était un sujet sinon tabou du moins personnel, et la voilà au coeur de toutes les discussions. De plus en plus de personnes (parmi les pipoles comme parmi les gens que vous croisez au jour le jour) parlent ouvertement de la religion et de leur foi, et de plus en plus souvent "à l’Américaine" : non seulement de façon décomplexée, mais avec des accents de fierté et d’appartenance, dans le cadre d’un discours très basique exposant à la fois une connaissance très limitée du fond théologique, et une foule de repères plantés comme autant de piquets autour d’un noyau idéologique très resserré et plutôt conservateur.

Ces "born again light" présentent leur retour à la religion comme un enrichissement, mais dans la plupart des cas il apparaît comme un apauvrissement, une défaite intellectuelle : ce n’est pas une adhésion positive mais réactive, j’adhère à un courant porteur parce que je sens qu’il résonne en moi, mais au fond s’il résonne en moi c’est parce que je suis vide, tout juste bon à servir de caisse de résonnance, à répercuter un écho. Je ne réapprends pas ma culture : j’apprends à évoluer dans un espace plus réduit mais plus confortable puisque connu et contrôlé, j’apprends à désapprendre tout ce qui me rattache au vrai monde, un monde beaucoup plus riche et ouvert, mais aussi plus complexe, incertain, et d’autant plus effrayant qu’il est peint en des termes négatifs par les prosélytes.

Pris isolément, ces phénomènes marquent déjà une rupture. Mais l’on retrouve ce même phénomène au sein des trois grandes religions monothéistes, et l’on peut se demander s’il n’est pas déjà trop tard à voir les plus jeunes générations baigner dans cette soupe où naviguent toutes les idées et toutes les tendances. Ce n’est pas un melting polt multicultuel au sens stimulant et positif du terme du terme, mais un bouillon d’inculture réduisant à néant des siècles de progrès de la science et de la religion. Le véritable "relativisme", le voilà : en fait de "laïcité décomplexée", un revival médiéval où la foi trouve son mot à dire sur tout et sur rien, et où plus personne ne s’étonne d’entendre parler de religion à propos de politique, de science ou d’économie.

On le voit tous les jours, la République semble perdre la bataille sur le terrain. Certes, sur le front "top down", les défenseurs de la laïcité veillent au grain, et ils sont brillamment parvenus à sauver la République de l’abdication sur la Loi de 1905. Mais ils font totalement le jeu des fondamentalistes dès qu’ils entrent dans le faux débat entre laïcité et religion.

Il n’y a aucun conflit possible entre les deux pour la bonne et simple raison qu’ils n’évoluent pas sur le même plan : la laïcité relève de la politique et la religion du domaine de la foi. Le vrai conflit se joue en réalité entre ce que tout oppose :
- sur le plan politique : entre démocratie et théocratie, et
- sur le plan de la foi : entre religion et
fondamentalisme.

Pour rappel**, les fondamentalistes nous proposent exactement le même piège avec leur fameux "Intelligent Design" : là aussi, ils rallument artificiellement les faux débats du XIXe siècle, entre de prétendus opposés qui sont en fait pas sur le même plan. Et pendant que les esprits s’animent autour du faux débat entre science et religion ou entre Darwin et l’ID, les partisans de l’ID continuent leur travail de sape contre leur véritable ennemi : non pas le défenseur de Darwin, mais le défenseur de la religion libre et modérée.

En revanche, Nicolas Sarkozy et Benoît XVI se positionnent totalement sur le même plan, et leur dialogue est tout sauf un dialogue de sourds. Les media présentent leurs échanges sur le mode du débat, mais ce débat est une nouvelle imposture, un faux débat destiné justement à obtenir un maximum de retombées dans les media.

Sarkozy dénonce ce "relativisme qui exerce une séduction croissante", mais le véritable relativisme, c’est celui que je décrivais plus haut, le terreau fertile dont se nourrit et que nourrit le fondamentalisme, qui prive de leur essence le débat démocratique comme le débat théologique en s’invitant à leurs tables. Quand notre ancien Ministre des Faux-Cultes*** dit : "La laïcité positive, la laïcité ouverte, c’est une invitation au dialogue, à la tolérance et au respect. C’est une chance, un souffle, une dimension supplémentaire donnée au débat public", il ne dit rien d’autre que "la religion doit être au coeur du débat politique". Autrement dit : "ma laïcité positive, c’est la négation de la laïcité".

Pour sa part, Benoît XVI a semblé vouloir à tout prix désamorcer la bombe destinée à faire sauter la laïcité française : "l’Eglise ne revendique pas la place de l’Etat", et "Dans le cadre institutionnel existant et dans le plus grand respect des lois en vigueur, il faudrait trouver une voie nouvelle pour interpréter et vivre au quotidien les valeurs fondamentales sur lesquelles s’est construite l’idée de la nation"...

Autrement dit, il ne serait pas question de toucher à la Loi de 1905 ? On respire ! Mais... pas si vite : si je ne touche pas à la loi, c’est tout simplement parce que c’est inutile. Benoît XVI l’a répété à maintes reprises, nos petites lois issues de nos petites démocraties n’ont absolument aucune valeur au regard de celles qu’il représente. Et ce week-end, il a donné sa définition toute en subtilité de "l’Eglise : une société basée sur des convictions, qui se sait responsable de tout et ne peut se limiter à elle-même". Avec un panzer comme ça, il n’y a effectivement plus besoin de dynamite...

Et puis, qu’est-ce que c’est que cette "voie nouvelle" ?

Visiblement, Benoît XVI ne se contente pas du dialogue établi en 2002 entre l’Etat et l’Eglise. Et à ceux qui ont cru que, sur le perron de l’Elysée, il donnait à son hôte des leçons sur la séparation du politique et du religieux...

  • "De nombreuses personnes en France se sont arrêtées pour réfléchir sur les rapports de l’Eglise et de l’Etat. Sur le problème des relations entre la sphère politique et la sphère religieuse, le Christ avait déjà offert le principe d’une juste solution lorsqu’il répondit à une question qu’on Lui posait : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" (Mc 12, 17). L’Eglise en France jouit actuellement d’un régime de liberté. La méfiance du passé s’est transformée peu à peu en un dialogue serein et positif, qui se consolide toujours plus. Un nouvel instrument de dialogue existe depuis 2002 et j’ai grande confiance dans son travail, car la bonne volonté est réciproque. Nous savons que restent encore ouverts certains terrains de dialogue qu’il nous faudra parcourir et assainir peu à peu avec détermination et patience."
    "Vous avez d’ailleurs utilisé, Monsieur le Président, l’expression de "laïcité positive" pour qualifier cette compréhension plus ouverte. En ce moment historique où les cultures s’entrecroisent de plus en plus, je suis profondément convaincu qu’une nouvelle réflexion sur le vrai sens et sur l’importance de la laïcité est devenu nécessaire. Il est en effet fondamental, d’une part, d’insister sur la distinction entre le politique et le religieux,..."

... j’invite à lire la suite de son discours :

  • "... afin de garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l’Etat envers eux, et d’autre part, de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu’elle peut apporter, avec d’autres instances, à la création d’un consensus éthique fondamental dans la société".

Comme quoi, la "laïcité positive" à la sauce Ratzinger place bien la religion au coeur du dispositif pédagogique, et de toute discussion portant sur l’éthique. Le discours élyséen peut donc se résumer ainsi : "la laïcité à la française, c’est joli mais ça ne peut plus durer ; la religion doit être de nouveau présente au coeur du débat politique, du processus éducatif, et bien évidemment des questions portant sur l’éthique".

Manque à l’appel le domaine scientifique cher aux créationnistes, me direz-vous.

Pour ce morceau de choix, ou plutôt cette pièce de résistance, Benoît XVI a choisi le cadre des Bernardins et un parterre de brillants penseurs (agrémenté de la présence de sommités du calibre de Didier Barbelivien).

Dans son adresse marquée par la mantra "Quaerere Deum", le Pape nous a resservi un coup de billard à sept bandes pour défendre la présence de la religion dans le débat scientifique (comme toujours en jouant sur l’ambiguïté du mot "raison"), non sans rappeler le rôle fondamental du Christianisme dans la civilisation et la culture européenne****.

A peine remis de cette envolée lyrique, Ratzinger nous a livré les secrets de sa fameuse troisième voie, un havre de paix à mi-chemin entre "l’arbitraire subjectif" et "le fanatisme fondamentaliste" :

  • "Cette tension entre le lien et la liberté, qui va bien au-delà du problème littéraire de l’interprétation de l’Écriture, a déterminé aussi la pensée et l’œuvre du monachisme et a profondément modelé la culture occidentale. Cette tension se présente à nouveau à notre génération comme un défi face aux deux pôles que sont, d’un côté, l’arbitraire subjectif, de l’autre, le fanatisme fondamentaliste. Si la culture européenne d’aujourd’hui comprenait désormais la liberté comme l’absence totale de liens, cela serait fatal et favoriserait inévitablement le fanatisme et l’arbitraire. L’absence de liens et l’arbitraire ne sont pas la liberté, mais sa destruction."

Mais ne nous y trompons surtout pas : loin de marquer une nouvelle ère, cette "nouvelle" 3e voie de Benoît XVI ne fait que ressusciter le faux débat des années 1850 opposant le scientisme au créationisme. Par un tour de passe passe digne des illusions graphiques d’Escher, Ratzinger nous invite ni plus ni moins à bâtir en dur sur un pont impossible entre le plan scientifique et le plan théologique, et en opposant les caricatures des extrêmes de chaque plan, il essaye de nous fait croire que cette (im)posture est à la fois équilibrée, juste et raisonnable.

Quand il reprend le lendemain à Lourdes le fameux "Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout petits", il faut donc comprendre : "heureux les simples d’esprit, ils seront plus faciles à tromper. N’écoutez pas surtout pas ceux qui vous invitent à réfléchir par vous même". En quelques mois à peine, Ratzinger est parvenu à faire passer Vatican II à la trappe, et à renvoyer ses ouailles quelques siècles en arrière.

Décidément, l’Amérique a vraiment valeur à envoyer le bon message à la France et à l’Europe en Novembre prochain.


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* cf "En finir avec le fondamentalisme" et surtout "Universal Declaration of Independence from fundamentalism"

** cf "En finir avec l’Intelligent Design"

*** cf "N’ayez pas peur", "Blogule rouge au ministre des faux cultes"

**** pas un mot naturellement sur le côté obscur / obscurantiste de cette force, mais personne dans l’assistance n’était là pour soumettre ce Pontifiant Souverain à la Question :

  • "Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves. Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable"
    "en raison même de la recherche de Dieu, les sciences profanes, qui nous indiquent les chemins vers la langue, devenaient importantes"
    "L’école et la bibliothèque assuraient la formation de la raison et l’eruditio, sur la base de laquelle l’homme apprend à percevoir, au milieu des paroles, la Parole."
    "De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu’Il a Lui-même donnés est née la grande musique occidentale. Ce n’était pas là l’œuvre d’une « créativité » personnelle où l’individu, prenant comme critère essentiel la représentation de son propre moi, s’érige un monument à lui-même. Il s’agissait plutôt de reconnaître attentivement avec les « oreilles du cœur » les lois constitutives de l’harmonie musicale de la création, les formes essentielles de la musique émise par le Créateur dans le monde et en l’homme, et d’inventer une musique digne de Dieu qui soit, en même temps, authentiquement digne de l’homme et qui proclame hautement cette dignité"
    "La Parole de Dieu, en effet, n’est jamais simplement présente dans la seule littéralité du texte. Pour l’atteindre, il faut un dépassement et un processus de compréhension qui se laisse guider par le mouvement intérieur de l’ensemble des textes et, à partir de là, doit devenir également un processus vital. Ce n’est que dans l’unité dynamique de leur ensemble que les nombreux livres ne forment qu’un Livre. La Parole de Dieu et Son action dans le monde se révèlent dans la parole et dans l’histoire humaines."

20070902

Il y a six ans, une première tour s'effondre

Ahmed Chah Massoud est tombé le 9 septembre 2001. Une première victime vite oubliée sous le choc des attaques portées deux jours plus tard au coeur de l'hyperpuissance américaine. Avec Massoud disparait l'une des plus belles promesses de paix pour l'avenir d'un pays décidément peu épargné par la folie des hommes... et déjà privé de son passé par les mêmes méthodes expéditives (dynamitage des Bouddahs de Bamyan).

Désormais, le seul moyen de déloger les Talibans d'Afghanistan sera d'avoir recours à une puissance étrangère. Oussama ben Laden choisit ses ennemis et à un Musulman modéré et respecté de tous non seulement pour son courage et son humanité, mais aussi pour l'authenticité de sa foi et de l'amour de son pays, il préfère une armée occidentale plus en phase avec l'image qu'il souhaite donner à sa croisade... avec si possible à sa tête un digne héritier des croisés médiévaux les plus fanatiques.

Le 11 septembre 2001, ben Laden lance par voie des airs une invitation au fondamentaliste chrétien récemment porté à la tête des Etats-Unis. George W. Bush répondra au-delà de ses espérances en reprenant le registre de vocabulaire des croisades (1), et en proposant d'étendre leur terrain de jeu commun à de nouveaux horizons : non seulement j'accepte le rôle du Grand Satan, mais en plus je vous aide à faire basculer le monde musulman de votre côté. Et pour optimiser les dégats, je détruis tout espoir de résolution du conflit Israëlo-Palestinien et j'ouvre un nouveau front au coeur du Moyen-Orient ; au meilleur endroit pour attiser les haînes entre Sunnites et Chiites. En échange, vous m'aiderez à faire basculer mon pays sous mon autorité et à terme vers une théocratie plus garante de la pérennité de nos idéologies respectives, vous m'aiderez à faire rayonner ces idées dans un occident qui a depuis trop longtemps oublié les vertus de l'obscurantisme.

Bush ne reculera devant rien pour parvenir à ses fins en Irak : Armes de Désinformation Massive, fabrication de fausses preuves, élimination politique de témoins génants ou à charge (Wilson)... Encore aujourd'hui, une part importante de la population américaine demeure persuadée que Saddam Hussein était impliqué dans les attentats du 11 septembre.

Certes, Dubya a dû se résoudre à donner le change à la communauté internationale en s'occupant en priorité du cas Afghan... mais son aventure en Irak syphonera bien vite la plupart des ressources initialement prévues pour le sauvetage du pays martyr, et depuis le début des hostilités jusqu'à aujourd'hui, son administration n'aura de cesse de torpiller le travail de fond sur le terrain, quitte à saboter le travail de conquête des coeurs par ses "alliés" britanniques en multipliant les bombardements abusifs (2).

"Mission accomplie" pour le président préféré des fondamentalistes US (3) : les Talibans regagnent le terrain perdu en Afghanistan comme au Pakistan, la culture de pavot atteint des sommets records, Karzaï peine à contrôler une zône de la taille d'un timbre poste... et la collection automne-hiver redonne tout son éclat à la burqa bleu ciel.

Profitant de l'apathie de ses concitoyens et des derniers mois qui lui restent à la tête d'un pays supposé démocratie modèle (4), Bush s'apprête à réaliser l'oeuvre de sa vie : le déclenchement d'une guerre embrasant l'ensemble du Moyen-Orient autour de l'Iran et d'Israël et destinée, à en croire les fondamentalistes les plus fanatiques au sein des trois principales religions monothéistes, provoquer le retour du Christ et du Mahdi.

On pourrait en rire. Comme de ces aimables farfelus oeuvrant à la diffusion en Europe des théories néo-créationnistes de l'Intelligent Design. Comme de l'absurdité et de la confondante bêtise des thèses défendues par des intégristes de tous poils.

Mais c'est de survie qu'il est question. De la démocratie et de ses défenseurs. Nous n'avons pas sauvé Massoud au coeur des montagnes afghanes, serons-nous au moins capables d'aider les Mohamed Sifaoui qui risquent leur vie au quotidien au coeur de nos villes (5) ? Au lieu de faire le jeu des fondamentalistes en bâtissant des forteresses et autres murs de démarcation, saurons-nous repenser notre village global pour supprimer les injustices qui font leur lit ?

Les années qui viennent seront décisives. Soit nous parvenons à infléchir le cours imposé par les adversaires de la démocratie en redonnant la voix et le pouvoir aux modérés, soit nous acceptons pour les décennies qui viennent le retour à un ordre médiéval.



(1) "We will rid the world of the evil-doers (...) This crusade, this war on terrorism is going to take a while" - cf conférence du 16 septembre 2001 : www.whitehouse.gov/news/releases/2001/09/20010916-2.html
(2) "British Criticize Air Attacks in Afghan Region" : http://www.nytimes.com/2007/08/09/world/asia/09casualties.html
(3) cf épisodes précédents - "En finir avec le fondamentalisme" et "Universal Declaration of Independence From Fundamentalism"
(4) ... mais pratiquant l'enlèvement illégal de citoyens non-américains sur un sol étranger (ex. dernièrement des Iraniens en Irak ; typiquement le genre d'initiatives de paix dont la région a besoin)
(5) "Ces Musulmans qui disent non à l'Islamisme" mardi dernier sur Arte

20070723

Turquie : la révolution silencieuse

Couplé à la montée des nationalistes d'extrême droite (plus de 14% pour le MHP) et au renforcement des nationalistes kurdes (encore une vingtaine de députés pour le DTP), le triomphe de Recep Tayyip Erdogan (près de la moitié des suffrages pour l'AKP) ne laisse qu'une vingtaine de pourcent des suffrages au principal parti républicain. Et quand on voit ce CHP se cramponner à une caricature de kémalisme révisé, on peut se demander si la Turquie n'a pas tourné le dos pour de bon à son idéal de république laïque.

Comme on pouvait s'y attendre, les bien amicales pressions exercées par les fondamentalistes Chrétiens occidentaux sur la Turquie n'ont fait que renforcer les islamistes et les nationalistes, marginalisant les véritables défenseurs d'une démocratie exemplaire.

Erdogan a gagné grâce à ses résultats économiques et à l'indigence de son opposition. Et s'il demeure géné aux entournures par une clique militaire vieillissante, sa révolution islamiste est bien en marche et le temps joue en sa faveur (la démographie penche de son côté).

La Turquie s'affirme comme un nouveau modèle combinant modernisme économique et archaïsme religieux, où la femme n'a plus vraiment la même place, où le Bilim Arastirma Vakfi (BAV) peut librement distiller ses thèses créationistes, et où le changement se pilote depuis la base, par la pression socio-religieuse plus que par une loi qui tôt ou tard sera amenée à évoluer... sinon dans les textes du moins dans les faits.

La candidature à l'Europe prend désormais toute la saveur qu'attendaient d'elle les ennemis de la démocratie : un forum - caisse de résonnance pour toutes les haînes et toutes les peurs qu'ils orchestrent savamment depuis des années.

Aux peuples d'Europe d'éviter de rentrer dans ce jeu, aux électeurs de mettre hors jeu ceux qui jettent de l'huile sur le feu, de refuser le choc des civilisations qu'ils essayent de leur vendre. Envoyons à nos amis turcs un message d'exemplarité en refusant le retour de la religion dans la politique et du religieux dans le débat politique. A commencer par celui sur l'intégration de la Turquie en Europe.

20070627

En finir avec le fondamentalisme

Jamais depuis le Moyen-Age les fondamentalismes ne se sont aussi bien portés à travers le monde. En s’adaptant parfaitement à une société mondialisée et en réseau(x), des mouvements jusqu’alors marginaux sont parvenus à s’imposer comme quasi-dominants dans les media, régentant l’actualité à défaut de pouvoir contrôler le pouvoir réel. Un noyau d’initiés suffit désormais à animer des multitudes soigneusement maintenues dans l’ignorance grâce à une propagande efficace déclinant une idéologie simpliste autour d’une caricature de religion. L’argumentaire passe d’autant plus facilement que cette multitude subit au quotidien des injustices flagrantes, la moindre illusion d’espoir rendant plus supportable la misère absolue.

Ces phénomènes ne datent pas d’hier, mais la frustration a été récemment exacerbée par de trop nombreux espoirs déçus. Par incurie parfois, mais souvent aussi par le torpillage systématique des rares initiatives de résolution, ou encore l’élimination méthodique des rares personnes susceptibles de concrétiser un mince espoir de réconciliation. Ce n’est pas un hasard si Yitzak Rabin en Israël et Ahmed Chah Massoud en Afghanistan ont été assassiné par des courants supposés partager la même religion : le principal ennemi d’un fondamentaliste c’est le modéré dans ses rangs, certainement pas le fondamentaliste d’en face. Car le fondamentaliste d’en face, c’est le miroir qui renvoie de lui aux yeux du monde une image encore plus grande et plus belle. A eux deux, les fondamentalistes se faisant face captent toute la lumière, masquent leur desseins obscurantistes, et focalisent leurs rayons pour réduire en poussière tout ce qui ose bouger dans leur terrain de jeu commun...

Le coup d’envoi de la ligue mondiale nouvelle formule a été donné par Osama Ben Laden le 9 septembre 2001. Il n’en était certes pas à son coup d’essai mais cette fois-ci, il savait à quel genre de "wi(l)d receiver" il avait affaire : un "born again Christian" proche des cercles les plus fanatiques, comme ces fous furieux qui soutiennent les fondamentalistes Israëliens dans l’espoir de déclencher la guerre finale supposée provoquer le retour du Christ... un homme qui se présente comme le simple exécutant de la volonté divine, inscrivant dès le départ son mandat sous le signe de la théocratie.

L’accusé de réception n’a pas traîné : dès son premier discours suivant l’attentat, George W. Bush a lâché le signal que tous les Islamistes attendaient, et que les fondamentalistes Chrétiens appelaient de tous leurs voeux ; le mot "croisade".

On peut critiquer Bush sur de nombreux points, mais pas sur sa stratégie à l’international. Le bourbier et la partition de l’Irak, l’avènement d’un illuminé en Iran, le sinistre remake de la partition Pakistan-Bangladesh en Palestine ou le renforcement des extrémistes en Israël ne constituent pas des échecs mais des succès éclatants. Car George W. Bush n’a pas agi en Président des Etats-Unis dans l’intérêt de son pays, ni même en Républicain dans l’intérêt de son parti, mais avant tout en fondamentaliste dans l’intérêt du fondamentalisme. Et donc des fondamentalismes.

Ce Commandeur des Crédules a ainsi permis à des courants pour le moins alternatifs d’étendre durablement leurs congrégations sur l’ensemble du territoire américain et en particulier en son coeur, dans les régions en forte croissance démographique. Bush a également prêché par l’exemple en s’attaquant aux piliers de la démocratie au plus haut niveau de l’Etat : la justice, la science ou l’éducation ne doivent pas faire obstacle à l’avènement d’une authentique théocratie. Au niveau international, il aura systématiquement cherché à s’affranchir de toute contrainte ou interdépendance, à rendre caduques les accords de toute nature (de Kyoto à Genève), à vider de leur sens les véhicules de la communauté internationale (l’ONU, bien sûr, mais même l’OMC en lui substituant une raffale sans précédent d’accords bilatéraux de - plus ou moins - libre échange)...

Le maintien d’un état permanent de guerre et de terreur est essentiel pour le fonctionnement de la propagande et l’affirmation d’un pouvoir faisant parfaitement écho au Grand Satan d’en face, qualifié par un habile effet de miroir d’Islamo-fascisme. Les amis de Bush doivent toutefois lui conseiller régulièrement de ne pas trop en faire dans le maniement de l’épée : d’accord pour supprimer des ennemis communs, du menu fretin et des petites frappes élevées au rang de martyr par la propagande, mais attention à ne pas décapiter tout le monde... C’est d’abord Ben Laden qui lui rappelle que son ennemi n’est pas le peuple américain mais les musulmans corrompus par les infidèles, puis Mahmoud Ahmadinejad qui lui écrit pourquoi tant de haîne ? nous avons tant de choses en commun dans notre approche de la foi...

Certes, les Américains ont sanctionné le sanctifié de la Maison Blanche, mais essentiellement sur son bilan militaire, et la victoire Démocrate de 2006 demande confirmation. En attendant, les fondamentalistes US sont enfin montrés du doigt, et deviendraient presque moins fréquentables : aucun candidat cherchant leur soutien ne prendra le risque d’un "coming out" trop marqué... La déroute irakienne a par ailleurs provoqué le divorce neocons - theocons : ce sont les "religieux" de la Maison Blanche qui avaient vendu la guerre aux néocons, qui l’avaient à leur tour vendue aux grands lobbies économiques... ces derniers s’étaient alors logiquement retournés contre leurs vendeurs en constatant les vices cachés.

Le poids des fondamentalistes demeure cependant... fondamental. Et Démocrate ou Républicain, aucun candidat à la présidence en 2008 ne voudra se les mettre à dos.

Une chose est sûre : Bush ne sera pas réélu, et le mouvement a besoin de nouveaux leaders pour poursuivre la croisade.

Si Benoît XVI peut difficilement incarner l’avenir, il a déjà prouvé sa capacité à relayer le témoin sur quelques précieux mètres. Et en dépit des apparences, ce théologien possède lui aussi un sens aigü de la communication. De sa "malheureuse gaffe" de Ratisbonne, le commun des mortels n’aura retenu que la citation d’un texte critique envers Mahomet (Controverse de Manuel II Paléologue relative à la violence dans l’Islam), mais il ne s’agissait là que de la caisse de résonnance généreusement offerte aux prêcheurs radicaux derrière le "miroir d’en face". Le coeur de son message résidait dans la primauté de la religion sur la raison. La profession de foi d’un fondamentaliste à l’attention de fondamentalistes, discrètement formulée par un érudit à l’attention d’érudits... et au passage, une authentique bénédiction urbi et orbi accordée à ces révisionnistes de la science qui prônent l’imposture du Créationnisme et de l’Intelligent Design.

Tout ceci quelques jours après avoir réhabilité les traditionnalistes jusqu’ici considérés comme déviants et archaïques. Et quelques jours avant de rendre visite à la Turquie, cette clef de voûte de la laïcité au carrefour de l’Orient et de l’Occident, cette pierre que tant de fous souhaitent faire tomber, cette pierre sur laquelle tant de fous veulent construire leur caricature d’église...

Le fondamentalisme se nourrit du fondamentalisme et pour imposer des idées radicales, il n’est de meilleur allié qu’une idéologie radicale rivale. Les modérés sont trop longtemps restés silencieux et il est temps de faire tomber les miroirs et les masques, d’exposer les manoeuvres destinées à miner la société dans son ensemble et dans toutes ses composantes, d’exiger des représentants du peuple un engagement formel sur leur respect des principes de la démocratie. Il ne s’agit surtout pas de s’engager dans une contre-croisade, une chasse aux sorcières, ou d’interdire la religion pour satisfaire les ayatollahs de l’ultra-laïcité mais au contraire d’ouvrir les bras aux autres, de faire triompher le respect, la tolérance et surtout la transparence.

Dans ce contexte, le retrait d'un texte condamnant le Créationnisme de l'ordre du jour de l'Assemblée du Conseil de l'Europe sonne comme un bien inquiétant signal.

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addendum : ce texte a évolué dans sa version anglaise vers une "Universal Declaration of Independence From Fundamentalism".

20070227

Ijtihad - Blogule blanc a Mohammed Talbi

Le Tunisien Mohammed Talbi a fait bon usage de la tribune offerte par Le Monde des Religions sur un thème qui me tient à coeur : le réformisme dans l'Islam. Je me réjouis de ces moments si rares où un modéré s'exprime avec clarté et fermeté en plus de la douceur et de l'honnêteté ; avec une force de conviction plus que de persuasion. Face à l'Islamisme qui impose en abusant de l'ignorance des plus faibles, voici l'Islam authentique, qui propose en sollicitant l'intelligence et le bon sens de tous et de chacun. "L'Ijtihad (interprétation) par la confrontation intellectuelle : voilà la voie".

Ce n'est pas à mes lecteurs que je vais l'apprendre, les autres religions monothéistes sont également gangrénées par des Ijtihadistes déviants. Certains se retrouvent au carrefour du "Christian Zionism", comme ces fous furieux prônant l'invasion de l'Iran pour provoquer le retour du Christ**. Mais saviez vous que l'un de leurs théoriciens les plus éminents, à la source du rapprochement entre les fondamentalistes chrétiens US et les fondamentalistes d'Eretz Israel vers le milieu du XIXe siècle, s'appelait George Bush ?

Ce professeur d'Hébreu a publié "The Valley of Vision; or, The Dry Bones of Israel Revived" en 1844 et son frère, Timothy Bush, s'avère un ancêtre direct de deux George Bush plus célèbres, 41 et 43. Comme le monde est petit...

Cette oeuvre de George Bush the Elder avait déjà été mentionnée fin 2004 lors d'une exposition à la NYPL ("Jewes in America: Conquistadors, Knickerbockers, Pilgrims, and the Hope of Israel" - The New York Public Library). Je n'en ai pris connaissance qu'il y a quelques jours en lisant un très stimulant article*** faisant écho à la sortie d'un bouquin de Michael B. Oren sur les relations entre l'Amérique et le Moyen Orient : "
Power, Faith, And Fantasy: America in the Middle East, 1776 to the Present".

Au delà des anecdotes (ex la Statue de la Liberté devait initialement orner le Canal de Suez et représenter une femme voilée), quelques éclairages précieux sur un tumultueux passé et autant de confirmations pour notre turbulent présent.




*
Le Monde des Religions Hors Série n°4 : "20 clés pour comprendre l'Islam". Dans la série vulgarisation, on fait pire.
** cf mon blogule en VO "
Jesus vs Mahdi" Prophecy - Red blogule to Bush-Cheney's war on Iran" (20070122)
** "
Intimate Strangers" by By Christopher Dickey (Newsweek 20070219).

20060915

Blogule rouge a Benoit XVI - I smelled a Ratz

J'avais hélas raison de me méfier de la nomination du Cardinal Ratzinger à la tête du Vatican* : sa citation hier à Ratisbonne de la Controverse de Manuel II Paléologue (relative à la violence dans l'Islam) n'a absolument rien de fortuit et s'inscrit d'ailleurs dans le cadre du discours raisonné d'un théologien auprès d'érudits. Faire écho à une vision médiévale et réductrice de l'Islam à ce moment de l'Histoire, quelques jours à peine après avoir réhabilité des traditionalistes et à quelques semaines d'un déplacement en Turquie relève de la pure provocation. Inutile de préciser qu'à l'heure de lancer ses attaques sur la France le GSPC boit du petit lait.
Pour ceux qui en doutaient, l'Eglise a malheureusement fait le choix de la surenchère au moment où il était crucial (sans jeu de mot) de se démarquer du fondamentalisme. Au lieu de tendre la main aux modérés de toutes confessions, Benito XVI tend le bras vers les radicaux et attire délibérément sur l'Eglise les foudres des Islamistes.

Car comme pour Bush avec l'Irak, il ne s'agit pas une erreur stratégique mais bien d'un choix délibéré et totalement justifié de la part de fondamentalistes agissant contre les intérêts mêmes des peuples dont ils ont la responsabilité.

Non seulement je regrette d'avoir été baptisé, mais j'invite les catholiques du monde entier à exprimer leur indignation et à prendre leurs distances avec un Pape aussi dangereux pour la paix des peuples.



* "
Red blogule to the Red Army - I smell a Ratz" (20050420)

20060911

Blogule rouge a 5 ans de regression - 9/11 + 5

Au lendemain du 11 septembre 2001, le monde entier est derrière les Etats-Unis, victimes d'une attaque terroriste sans précédent par son ampleur. Le premier chef d'état étranger à survoler Ground Zero apporte tout son soutien au Président Bush, et l'expérience de cet homme peut s'avérer précieuse : Jacques Chirac a lui-même dirigé un pays sujet au terrorisme islamiste, un pays où les fanatiques ne parviennent cependant pas à faire basculer une majorité musulmane modérée.
Cinq ans plus tard, les Etats-Unis ont endossé le rôle de l'agresseur et affublé les terroristes de la prestigieuse cape des héros, intronisant eux-même dans leur frénésie médiatique les plus dangereux d'entre eux au panthéon des martyrs. Bush a finalement (et même pas poliement) refusé les conseils de Chirac pour suivre ceux de ses faucons et ainsi inviter le chaos et le terrorisme en Irak.
Cinq ans après 9/11, le terrorisme ne s'est jamais aussi bien porté et le Moyen-Orient jamais aussi mal. L'Afghanistan ? Revenu à ses bonnes pas si vieilles habitudes : surproduction de pavot, lapidations en public, restauration d'un Ministère des Vices et de la Vertu... Les extrémistes se rapprochent du pouvoir à chaque scrutin dans le monde musulman, et partout ailleurs les démocraties n'hésitent pas à opter pour des ultranationalistes ou des populistes. Le fondamentalisme a enfin pris pied en France et s'épanouit ailleurs en Europe et dans le monde ; la plus grande menace vient désormais des fils et des filles oubliées de nations fragilisées par la montée des extrémismes. Personne ne s'étonne de voir Le Pen favori pour le 1er tour des présidentielles de 2007, personne ne tique quand le parti nazi américain sponsorise une autoroute dans l'Oregon ou défile fièrement dans l'Ohio. Personne ne s'étonnera de voir l'Amérique du Sud, l'Afrique de l'Est ou l'Asie Centrale devenir les principaux pôles de croissance de la franchise al Qaeda.
Bush a trahi l'espoir que le monde avait placé dans sa démocratie la plus puissante, anéanti les fondements de toute justice, déshonoré son pays et tué une seconde fois les victimes du 11 septembre. C'était écrit* et pire encore, c'était voulu. Car une fois de plus, ce qui apparait comme une succession d'erreurs stratégiques à un observateur objectif n'est autre qu'une succession de choix pertinents aux yeux de ces fanatiques qui font la pluie et le mauvais temps au Bureau Ovale. Eux peuvent se frotter les mains en dressant le bilan de ces 5 ans de malheur : non seulement ils ont brillament réélu leur pantin en 2004, mais ils sont en prime devenus une composante incontournable de la vie politique, économique et sociale du pays et ce jusqu'au comté le plus reculé de ce que l'on a un jour appelé avec admiration les Etats Unis d'Amérique.



* cf blogules 2003-2004-2005.

20060311

Blogule blanc au Dr Wafa Sultan - les musulmans moderes enfin

Elle vient de Syrie mais vit à L.A.
Elle a parlé fort mais calmement sur Al Jazeera.
Le genre de discours que j'attendais depuis 5 ans (et que j'appelais de mes voeux depuis ce misérable blog depuis 3 ans) : la guerre la plus importante est celle que mènent les islamistes radicaux aux musulmans modérés, l'heure est venue de quitter le Moyen-Age pour affronter le XXIe siècle, l'heure est venue pour les modérés de se réveiller et de se faire entendre.
Elle a été menacée de mort (la seule réponse du fanatisme à l'amorce d'un débat qu'il sait perdu d'avance) mais il est peut-être déjà trop tard : aux medias de relayer sa voix, à d'autres de prendre le relais. Les radicaux minoritaire ne doivent plus saturer les ondes de leur discours de haîne.
Le Dr Wafa Sultan a été invitée en Israel parce qu'elle avait osé un parallèle entre les Juifs et les Musulmans. Cela pourrait l'aider à renforcer sa stature au sein du monde musulman, mais attention aux pièges que ne manqueront pas de lui poser les radicaux des deux religions.

20060203

Blogule blanc a la caricature - rouge a l'incitation a la haine

L'épisode des "Visages de Mahomet" nous renvoie à celui des Versets Sataniques de Rushdie. Il donne surtout au Hamas l'occasion de marquer son territoire en phase avec ses nouveaux sponsors iraniens.
J'ai aperçu de loin (illustrations sans commentaires) quelques uns des dessins du prophète initialement publiés par Jyllands-Posten, et ils me semblent couvrir un large spectre : du plus réaliste au plus caricatural, du plus anodin (un homme dans sa simplicité) au plus provoquant (un guerrier l'arme au poing, un terroriste la bombe au couvre-chef).
A mon sens et au même titre que le port du hijab, l'interdiction de représenter Mahomet (en tant que prophète comme en tant que personnage historique majeur) ne doit s'imposer qu'aux croyants qui l'acceptent comme un choix personnel et positif. Mais la loi laïque s'avère par ailleurs très claire sur l'incitation à la haîne raciale et religieuse, et certains de ces dessins m'ont immédiatement fait penser à une littérature foisonnante dans l'Europe des années 1933-1945...
Pour autant et dans le respect de cette loi, le droit à la caricature doit pouvoir s'appliquer, sans nécessairement prendre des pincettes (cf l'excellent Plantu dans Le Monde d'hier). Je regrette que Sarkozy soit le premier à dégainer dans ce sens, la Bouygues Broadcasting Corporation s'empressant dans la foulée de diffuser en boucle son TOC de triomphe ; une moue d'autosatisfaction de plus en plus dickcheynesque et têtaclaquoire...
Bon, je l'avoue, il m'arrive de pratiquer la caricature. Et de subir la critique de personnes dépourvues d'humour. Voire, pire encore, de subir la critique de personnes pourvues d'humour. Mais même si je me suis cogné des extrémistes, des fondamentalistes un révisionniste, jamais ma vie n'a été en jeu. Tout au plus mon amour propre.

On n'en meurt pas, mais ça peut faire mal.

20051016

Blogule rouge aux fascismes d'Orient et d'Occident

L'an dernier, j'avais osé un rapprochement entre la définition du fascisme par Benito Mussolini lui-même et l'exercice du pouvoir par l'Administration Bush (cf "let's face it, they're fascists"). Je m'attendais certes, en cas de réelection de Dubya, à un desserrement de la toute relative surveillance sur l'extrême droite US, mais je ne m'attendais pas à un tel boulevard ouvert aux néo-nazisme.
En janvier dernier, j'avais déjà modérément apprécié le "succès" du American National Socialist Movement (America's Nazi Party) à Salem, OR. Inutile de préciser que l'épisode d'hier à Toledo, OH ne me réjouit guère. En autorisant cette sinistre assemblée à défiler dans une ville politiquement sensible, les "autorités" ont sans surprise déclenché le chaos et offert à ces Nazis une publicité exceptionnelle (sans même mettre mes pesants - que dis-je, lourdissimes - blogules dans la balance !).
Je ne mettrais pas sur le dos du hasard l'usage par George W. Bush de l'expression "islamistes fascistes / islamisme fasciste" il y a quelques jours à peine. Il n'a pas inventé cette expression par ailleurs appropriée si l'on considère la frange la plus radicale des fondamentalistes, mais je dois avouer que cela m'avait surpris connaissant le soin apporté aux changements de registres de vocabulaire dans la Propagande Officielle. Pourquoi maintenant ?
Le coup de Toledo m'apporte la réponse : il s'agissait simplement d'un signal fort. De même que nous élevons le niveau d'alerte au terrorisme au point le plus élevé, nous avons décidé d'élever le niveau de permissivité pour donner plus de poids à notre Qaeda à nous. Afin de lutter à armes égales. En d'autres termes : je ne vous accorde peut-être pas la fondamentaliste le plus acharnée à la Cour Suprême, mais soyez assurés que le pays demeure plus que jamais entre de bonnes mains, les vôtres.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mon dégoût le plus total.

20050825

Blogule rouge a Ayatollah Pat Robertson

Que quelqu'un m'explique la difference entre les fondamentalistes chrétiens US et les fondamentalistes islamistes, maintenant que tous lancent leurs fatwahs.
D'après l'Ayatollah Pat Robertson, tuer Chavez "coûterait moins cher que de partir en guerre". Et le fanatique de préciser : "et je ne pense pas que les livraisons de pétrole soient stoppées".
Dubya, Grand Commandeur des Crédules, devrait prochainement lancer des fatwahs contre des canards comme The Lancet ou Nature, coupables de diffuser des théories blasphématoires sur l'origine du monde.
Pendant ce temps-là, Salman Rushdie en appelle à une réforme de l'Islam. On a envie de lui rappeler qu'elle a déjà eu lieu au 10e siècle mais que des siècles d'obscurantisme en ont eu raison.
Un peu comme ce qui est en train de se produire aux Etats-Unis.

20050619

Blogule rouge au ministre des faux cultes

Non content d'avoir caressé dans le sens du poil les fondamentalistes chrétiens US et ouvert les tribunes aux islamistes radicaux français, un ancien-et-nouveau-mais-toujours-aussi-ambitieux Ministre de l'Interieur bien connu (Sarkozy pour ne pas le nommer) se permet d'accorder d'étranges faveurs à une secte bien connue des hauteurs de Hollywood, CA (Scientologie pour ne pas la nommer) : surveillance relachée sur les pratiques douteuses et tapis rouge déroulé sur un acteur bien connu au nom et au profil de missile (Cruise pour ne pas le nommer).
L'ancienne épouse de cet acteur, un top model bien connu reconverti sans grand succès ni grand talent en actrice (Kidman pour ne pas la nommer), l'avait menacé au beau milieu de leur divorce de faire un film sur le danger des sectes avant de se rétracter. Grand bien lui en prit puisque du coup elle enchaîna les premiers rôles prestigieux, récoltant même la bien connue statuette dorée de la meilleure prothèse nasale (Academy Award pour ne pas la nommer - son ex joue tout aussi mal mais comme lui n'a pas besoin de prothèse nasale il peut toujours courir pour l'Oscar).
Moralité : il n'y en a pas en politique ni dans le cinéma, et c'est bien connu.

20050616

Blogule blanc a l'islam modere : aux urnes, citoyens !!!

Les elections au CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) donnent a la democratie Française l'occasion de se rattrapper ou de prendre une volee de bois vert islam, mais pas celui de l'espoir ; celui du fondamentalisme.
Si les radicaux venaient a reediter leur score de la derniere fois - ou pire l'emporter, la poussée de l'Union des Organisations Islamistes de France (UOIF) face à des modérés comme la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) n'etant sans doute pas pour rien dans l'explosion des mosquees inscrites - le pays serait reellement en crise.
Quel que soit le vainqueur, il conviendra de se poser des questions sur les criteres de la proportionnelle : la surface des mosquees compte plus que leur audience ou leur "zone de chalandise". Cela favorise theoriquement les grosses machines institutionnelles preferant generalement l'integration a l'integrisme, mais quelque part le systeme parait peu sain.
Quel que soit le vainqueur egalement, l'aprete de la campagne a d'ores et deja cristallise la fracture qui epargnait jusqu'ici le pays.

20050214

Discussion à propos du rapport de Freedom House sur la propagande wahhabite

(A propos du rapport "Saudi Publications on Hate Ideology Fill American Mosques" publié par Freedom House (The Center For Religious Freedom) Le financement par les Wahhabites de mosquées et de propagande radicale à travers le monde ne date pas d'hier mais le fait qu'il s'agisse du sol américain et de documents écrits (au lieu des habituels prêches ou videos) donne un poids plus intéressant à l'argumentaire.
Je m'inquiète de la récupération de cette étude dans la seule propagande des fondamentalistes des autres bords. Car si les Wahhabites ont déclenché la guerre mondiale des prosélytismes à laquelle nous assistons, ils ont rapidement été suivis par leurs "concurrents" (à mes yeux je parlerais presque de "partenaires" tant le fondamentalisme nourrit le fondamentalisme). Aux modérés de mettre à profit ce type de matériau pour dénoncer le climat de haîne dans son ensemble et mobiliser la population autour de valeurs de respect. Le succès des islamistes lors des récentes parodies d'élections démocratiques en Arabie Seoudite met en évidence le chemin à parcourir dans des pays où le choix se résume souvent à une dictature corrompue face à un fondamentalisme ultra-radical. Stephane MOT sur forum

20050117

(discussion suite au blogule "when Harry met nazis")

(en reponse a la critique les US n'ont rien a voir la dedans)
C'est parce que je respecte profondement les Etats-Unis que je m'inquiete lorsqu'ils tournent le dos a leurs valeurs. J'adore ce pays mais je n'aime pas du tout ce que j'y ai vu recemment.
Pour revenir a l'impact des elections : le 2 novembre 2004 a clairement ete interprete par les fondamentalistes US comme leur victoire. Ils la revendiquent et poussent leur agenda avec une force qui embarrasse meme ceux qui ont ouvert la boite de Pandore, Karl Rove en tete. Si le debat a deja ete nauseabond l'annee derniere, il promet d'etre violent cette annee. Des ligues se mettent en place dans la perspective des prochaines elections de 2006 afin de faciliter le succes de la ligne dure, des "labels" seront accordes aux candidats en fonction de leur programme et de leur bilan pour concentrer le financement des fondamentalistes, desormais courtises par trop de monde... que ce soit aux US, en Europe ou dans le reste du globe, puisqu'ils adoptent desormais la strategie expansionniste des Wahabbites. Eux aussi vont recruter chez les plus demunis tout en soutenant des personnalites avides de pouvoir.
Cet extremisme n'est evidemment pas nouveaux aux US, mais jamais il n'a atteint un tel niveau ni une telle influence au quotidien. Ce fougueux torrent s'est decomplexe au point de vouloir quitter l'"underground" pour s'imposer comme "mainstream".
Au-dela des fondamentalistes chretiens et des ultra-conservateurs US, la reelection de Bush conforte d'ailleurs les radicaux islamistes, tout heureux de voir leur meilleur "ennemi" en place. Jamais ils n'ont pu mobiliser avec tant de facilite - partout les moderes sont maintenus sous l'eteignoir et les discours radicaux tiennent le haut du pave. Sans aller jusqu'a Aceh, regardez combien la croisade de Bush a facilite le travail des immams fondamentalistes en France. Stephane MOT

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