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20110713

Un Novembre 2004 à l'envers

Justice !!! Rupert Murdoch l'amoral Faiseur de Rois noyé sous son propre torrent de boue, George W. Bush l'amoral Chief Torture Officer menacé de procès par Human Rights Watch...

Bien sûr, Murdoch et Dubya ne sont pas encore en prison à l'heure qu'il est (songez que même l'abominable Alberto Gonzales jouit d'une impunité totale !) mais au moins, les 'vainqueurs' des élections de 2004 se sont incontestablement rapproché de la catégogie des 'perdants'. Notez que le Parti Républicain avait déjà rejoint la case avant ce fichu scrutin de Novembre 2004*, déchiré entre le conservatisme classique et un cocktail explosif de theocons et d'ayatollahs du libre marché décidés à faire sauter les fondements mêmes de la République...

Bien sûr, les States demeurent en danger clair et imminent de banqueroute ou pire, d'une rechute dans la faillite morale des années noires. Bien sûr, la classe politique britannique demeure sous le joug de "Dirty Digger", David Cameron ayant remplacé Tony Blair comme Première Marionette de Murdoch. Mais au moins, les doigts accusateurs sont enfin pointés dans la bonne direction.

La France elle aussi a beaucoup changé depuis 2004. Mais certainement pas dans la bonne direction.

Vous vous souvenez de la France, cet allié fidèle des US, crucifié pour avoir mentionné le risque que la croisade illégale de Bush en Irak stimule le terrorisme international au lieu de le combattre (oui oui, la France, cet allié fidèle des dictateurs d'Afrique et du Moyen Orient) ? Vous vous souvenez de la France, ce héraut du respect mutuel qui dénonçait l'imposture du choc des civilisations (oui oui, la France, ce beau pays où seuls les sportifs peuvent réussir malgré une couleur de peau un peu trop foncée) ? Vous vous souvenez de la France, ce pays que les Armes de Désinformation Massive du père Murdoch ne parvenaient pas à atteindre, à part à travers une édition spéciale en Français du Sun tournant Chirac en dérision, ou le fameux épisode des Simpsons où le jardinier qualifiait les Frenchies de 'cheese eating surrender monkeys' (oui oui, la France, ce pays où les media d'investigation ne s'intéressent jamais à la face sombre des hommes politiques) ?

Et bien cette France a vécu.

Et pendant tout ce temps là, par un mimétisme remarquable, Nicolas Sarkozy a suivi à la lettre** le manuel du parfait fondamentaliste rédigé par George W. Bush :
- s'attaquer aux fondements de la république ? fait.
- étendre la sphère de l'exécutif au détriment des autres pouvoirs (législatif, media, justice...) ? fait.
- faire tout son possible pour abolir les frontières entre la politique et la religion et faire copain copain avec Ratzinger ? fait.
- accentuer toutes les divisions au sein de la nation, y compris au sein de son propre parti ? fait
- ...

Et maintenant, des élections pestilentielles que l'on dirait orchestrées par Karl Rove en personne.

Bon. Pour ce qui est de Dominique Strauss-Kahn, les fouille-merde de Sarko n'ont pas eu à creuser bien profond dans la fange : DSK savait parfaitement ce qui l'attendait, mais le bonhomme est visiblement trop atteint pour pouvoir se contrôler...

Mais pour leur nouvelle cible principale, ils n'ont pas ménagés leurs efforts. Martine Aubry ne serait pas la prochaine Angela Merkel mais une lesbienne et une alcoolo (je croyais sincèrement qu'ils allaient reserver cette seconde cartouche au père Borloo, c'est dire s'ils veulent flinguer la maire de Lille). Et son mari ? Un dangereux Islamiste prêt à dynamiter la Loi de 1905 depuis l'Elysée.

Naturellement, tout comme Bush en 2004, il est impossible que Sarkozy remporte les élections de 2012 : ce serait une insulte à la république et une tragédie pour le pays, la honte totale pour les électeurs français.

Well fool me once...

blogules 2011 (également sur blogules en V.O. : "2004 inverted")

* voir "
GOP - Time to split"
** voir "
Traître à la nation"

20090905

Ashcroft enfin face à la Justice

Message à l'attention de MM. BUSH, CHENEY, ROVE, RUMSFELD, GONZALES, ADDINGTON, YOO... : la Justice est en route, et ne comptez même pas sur tous les juges appointés par des Républicains pour y échapper.

Je n'ai pas oublié John Ashcroft dans cette liste : l'ancien ministre de la caricature de justice de W. avait la faveur des projecteurs hier. Et la Cour d'Appel du 9e Circuit a tranché : non seulement cet homme n'est pas protégé par l'immunité et peut donc être poursuivi (en l'occurence par Abdullah al-Kidd, victime de détentions arbitraire et d'abus), mais ce qui s'est passé pendant son mandat est ni plus ni moins "répugnant au regard de la Constitution, et un rappel pénible des chapitres les plus ignobles de notre histoire nationale"*.

Pire que le crime du siècle, il s'agit d'un crime tout simplement inconcevable "217 ans après la ratification du Quatrième Amendement de la Constitution"* (NB: contre les recherches et saisies abusives).

Certes, il y a eu débat, et le jugement n'a pas fait l'objet d'une unanimité : ces juges doivent leur position à des Républicains, et la voix discordante s'est même permis un petit clin d'oeil à Palin dans son topo... Mais pour des hommes de loi, ce n'est pas vraiment de la langue de bois.

Même Eric Holder et Barack Obama ont été moins directs dans leurs critiques. Parce que ces partisans de la séparation des pouvoirs ne cherchent pas à se substituer à la justice, simplement à la laisser s'exprimer (voir épisodes précédents).

La Justice a donc parlé, et lourdement insisté sur ce qu'il convient d'appeler des circonstances aggravantes : le crime a été perpétré par les personnes en charge de faire respecter la justice ! "C'est seulement le mauvais usage du statut, résultant dans la détention sans cause probable d'une personne à des fins d'investigation criminelle, qui est répugnant au regard du Quatrième Amendement."

Je retrouve mon leitmotiv depuis 2003-2004 : les pires insultes à la démocratie et à la justice ont été commises au nom d'une caricature de démocratie et de justice. Et le pire abus, c'est cette négation de la démocratie et de la justice, plus encore que ses abominables conséquences (torture, Abu Ghraib, enlèvements illégaux...).

Cet abus a un nom : la tyrannie.

Et ce nom, les juges du 9e Circuit l'ont prononcé clairement au début de leur conclusion : "le Quatrième Amendement a été écrit et ratifié, en partie, pour empêcher le gouvernement de notre alors jeune nation d'avoir accès à un tel générateur de potentielle tyrannie"**.


Je suis soulagé que ça sorte enfin. A fortiori de la part de juges a priori non hostiles aux Républicains : bonne nouvelle pour la démocratie en Amérique.

Change is coming !



blogules 2009
Initialement paru sur blogules en VO : "Republican Appointed Judges : John Ashcroft "repugnant to the Constitution"")



* Voir AL-KIDD v. ASHCROFT / "ABDULLAH AL-KIDD, Plaintiff-Appellee vs JOHN ASHCROFT, Defendant-Appellant" - ca9.uscourts.gov - 20090904) :

"We are confident that, in light of the experience of the American colonists with the abuses of the British Crown, the Framers of our Constitution would have disapproved of the arrest, detention, and harsh confinement of a United States citizen as a “material witness” under the circumstances, and for the immediate purpose alleged, in al-Kidd’s complaint.
Sadly, however, even now, more than 217 years after the ratification of the Fourth Amendment to the Constitution, some confidently assert that the government has the power to arrest and detain or restrict American citizens for months on end, in
sometimes primitive conditions, not because there is evidence that they have committed a crime, but merely because the government wishes to investigate them for possible wrongdoing, or to prevent them from having contact with others in the
outside world. We find this to be repugnant to the Constitution, and a painful reminder of some of the most ignominious chapters of our national history."

Al-Kidd v. Ashcrof : les points de départ :
"Al-Kidd asserts three independent claims against Ashcroft:
- First, he alleges that Ashcroft is responsible for a policy or practice under which the FBI and the DOJ sought material witness orders without sufficient evidence that the witness’s testimony was material to another proceeding, or that it was
impracticable to secure the witness’s testimony—in other words, in violation of the express terms of § 3144 itself—and that al-Kidd was arrested as a result of this policy (the § 3144 Claim).
- Second, al-Kidd alleges that Ashcroft designed and implemented a policy under which the FBI and DOJ would arrest individuals who may have met the facial statutory
requirements of § 3144, but with the ulterior and allegedly unconstitutional purpose of investigating or preemptively detaining them, in violation of the Fourth Amendment (the Fourth Amendment Claim).
- Finally, al-Kidd alleges that Ashcroft designed and implemented policies, or was aware of policies and practices that he failed to correct, under which material witnesses were subjected to unreasonably punitive conditions of confinement, in violation of the Fifth Amendment (the Conditions of Confinement Claim).
Ashcroft argues that he is entitled to absolute prosecutorial immunity as to the § 3144 and Fourth Amendment Claims. He concedes that no absolute immunity attaches with respect to the Conditions of Confinement Claim. He also argues that he is entitled to qualified immunity from liability for all three claims.
The complaint also quotes the public statements of a number of DOJ and White House officials implying or stating outright that suspects were being held under material witness warrants as an alternative means of investigative arrest or preventative
detention. In addition to this direct evidence, the complaint cites a number of press reports describing the detention of numerous Muslim individuals under material witness warrants.
The complaint further alleges that the policies designed and promulgated by Ashcroft have caused individuals to be “impermissibly arrested and detained as material witnesses even though there was no reason to believe it would have been impracticable to secure their testimony voluntarily or by subpoena,” in violation of the terms of § 3144."
Voir aussi "Ashcroft can be sued over arrests, appeals court rules" (LA Times 20090905)

** est-ce pour compenser leur mention des "abus de la Couronne Britannique" ? toujours est-il que les juges s'appuient sur une citation de Sir William Blackstone, un juriste britannique décédé en 1780, soit entre l'Indépendance des Etats-Unis et la rédaction de leur Constitution / Bill of Rights.


20090713

Scoop: Dick Cheney n'est pas démocrate... mais pourquoi ces 5 mois d'attente ?

Leon Panetta vient à la fois de sauver l'honneur de la CIA et d'envoyer Dick Cheney face à ses juges.

Dès qu'il a appris, le 23 juin dernier, l'existence d'un programme secret de contre-terrorisme au sein de la CIA, il y a sur le champ mis terme avant de briefer dès le lendemain les deux commissions chargées du renseignement au Congrès.

Le nouveau patron de l'Agence a pris soin de préciser que si ce programme a été mené pendant huit ans (je vous laisse deviner lesquels...) sans que le Congrès soit mis au courant de quoi que ce soit, c'est sous ordre expresse et direct du Vice Président Dick Cheney*.

Désormais, je vois mal comment Lobby Dick peut échapper à la justice. Ce sera sans doute l'occasion de l'interroger sur d'autres actes criminels**. Le tristement célèbre David Addington, déjà mis en cause sur les questions de torture, se retrouve sans surprise lui-aussi dans le collimateur...

Enfin, Eric Holder peut entamer son travail de nettoyage, et l'Amérique un examen sans fard de l'Héritage Bush***.

Ordoncques, Dick Cheney serait un criminel bientôt poursuivi, un ennemi de l'Etat et de la Démocratie, un adversaire acharné de la Constitution et de l'équilibre des pouvoirs... rien de nouveau sous le soleil.

Dans l'affaire, la vraie question me semble celle-ci : pourquoi l'équipe en charge du bébé a-t-elle attendu cinq mois avant de briefer Panetta, et que s'est-il passé entretemps ?

On savait depuis un moment que de nombreux agents de la CIA se renseignaient (comme il se doit) auprès d'experts en droit sur leurs chances d'éviter les poursuites judiciaires. A l'occasion de sa visite à Langley, VA en avril dernier, Barack Obama avait plus ou moins absoud les petites mains coupables d'avoir exécuté des ordres répréhensibles, en particulier dans le cadre d'interrogatoires musclés. Mais cela remonte déjà à près de trois mois...

Selon le porte-parole de la CIA Paul Gimigliano, "il n'entre pas dans les habitudes de l'agence de discuter de ce qui aurait ou n'aurait pas été dit lors un briefing classé secret défense. Lorsqu'une unité de la C.I.A. a porté le sujet à l'attention du Directeur Panetta, c'était avec la recommandation qu'il soit partagé de façon appropriée avec le Congrès. C'était également son point de vue, et il a agi de façon rapide et décisive pour la mettre en oeuvre."

Si Panetta a fait vite (dans cette version officielle tout du moins), l'unité a clairement pris tout son temps.

De deux choses l'une : soit les ordres de Dick Cheney portaient expressément au-delà du mandat du gouvernement Bush-Cheney, soit le programme a de son propre chef pris la liberté de faire durer le plaisir, ou le temps de peser le pour et le contre... quoi qu'il en soit ces Men in black auront sans doute l'occasion de s'expliquer.

Je vois peut-être une explication technique : le temps de résoudre quelques problèmes de bourrage à la salle des broyeurs ?



* voir "
Cheney Is Linked to Concealment of C.I.A. Project" (New York Times - Scott Shane -20090711)
** voir blogules précédents sur Dick Cheney,
en VF et surtout en VO - en particulier "Welcome on Waterboard", "Yoo got mail"... ou sur un mode plus léger "Lobby Dick tries to retire, fails to retract".
*** BTW: Holder considère sérieusement - il était temps - se pencher sur la question de la torture sous Bush (voir "
Independent's Day" - Newsweek).
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Initialement publié sur blogules V.O. : "
Scoop : Cheney is not a democrat... but why this 5 month delay ?".

20090515

Cher Karl,

Cher Karl,

Dans ta dernière livraison révisionniste bi-hebdomadaire*, tu a pointé ton gros doigt ensanglanté vers Nancy Pelosi : VOUS avez supporté le waterboarding et les EIT ("Enhanced Interrogation Techniques" ou "Techniques Avancées d'Interrogation"). VOUS avez encouragé ce que vous les Démocrates appelez de la 'torture'.

Avant toute chose, Karl : quoi qu'ait dit ou fait Pelosi, le waterboarding EST de la torture. Pas de la 'torture' entre guillemets, et certainement pas tes très édulcorées "EIT".

Deuxièmement : beaucoup d'Américains (parmi lesquels des Démocrates) ont soutenu le Patriot Act, applaudi l'invasion de l'Irak, et même voté pour George W. Bush en 2004. Mais cela ne veut pas dire qu'ils étaient en faveur du fascisme, de la torture, d'Abu Ghraib, ou de
ce dangereux fondamentaliste qui a dynamité les initiatives de paix internationales pendant 8 ans. Tu n'as sans doute pas oublié cet homme... Lui n'a cessé de louer tes bons et loyaux services à sa cause en qualité d'"Architect" ou, pour reprendre son registre plus intime et affectueux, en qualité de "Turd Blossom".

Ces votes et soutiens massifs prouvent une seule chose, Karl : l'efficacité de vos Armes de Désinformation Massive, ce système fondé sur les mensonges délibérés et une propagande éhontée. Vous avez délibérément menti à Pelosi comme à Bob Graham** et à tous les Américains, vous avez trahi non seulement les valeurs fondamentales de votre pays mais la confiance de votre peuple.

Bon là j'ai peut-être l'air un peu mécontent mais en réalité, je suis très très soulagé que tu aies évoqué le sujet.

Puisque tu as choisi de braquer les projecteurs dans cette direction, ce ne seront plus seulement les infâmies commises par l'Administration Bush qui seront exposées, mais aussi sa machine à broyer les consciences qui a rendu possible leur acceptation par un peuple supposé vivre dans une démocratie modèle.

Enfin... J'adore t'écouter donner des leçons de morale sur la torture (elles feront aussi beaucoup rire les historiens), mais je tiens également à te rappeler que l'heure est venue de t'expliquer sur tes propres crimes, et en particulier dans cette affaire d'éviction de procureurs***...

En te priant d'accepter, Cher Turd Blossom, l'expression de mon mépris le plus sincère


* voir "
Congress and Waterboarding" - Wall Street Journal (20090514) et le dossier "spam" de ma boîte à lettres
** "
Graham: CIA Gave Me False Information About Interrogation Briefings" - Sam Stein, Huffington Post (20090514)
*** "
Rove to Be Interviewed Over Attorney Firings" - David Johnston - New York Times (20090514)
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Initialement publié sur blogules en V.O. ("
Rove v. Pelosi v. Rove v. America")

20090115

De La Justice En Amérique - De La Démocratie En Israël

A quelques jours de l'Inauguration d'Obama, sa Dream Team poursuit ses auditions devant des comités plutôt coulants sur les parties les moins glorieuses des C.V. présentés : Hillary décrochera probablement son Secrétariat d'Etat malgré Bill, et Timothy F. Geithner son Secrétariat au Trésor en dépit de ses petits soucis avec les services du fisc et de l'immigration.

Mais les Républicains et en particulier les supporters de George W. Bush tenteront tout pour éviter la confirmation d'Eric Holder à la Justice. Ses liens avec Rod Blagojevich, sa permissivité sur les pardons accordés par Bill Clinton pendant les dernières heures de son second mandat... rien ne lui sera épargné.

Il faut dire que le programme de Holder a de quoi leur faire peur : au lendemain de la confirmation officielle d'actes de torture à Guantanamo, cette antithèse d'Alberto Gonzales ose proclamer ceci : "l'adhésion à la règle de la loi renforce la sécurité en privant les organisations terroristes de leurs meilleurs outils de recrutement" ("Adherence to the rule of law strengthens security by depriving terrorist organizations of their prime recruiting tools").

En d'autres termes : l'Administration Bush-Cheney a favorisé le développement du terrorisme en s'écartant des principes mêmes qu'elle était supposée défendre.

Rien de nouveau sous le soleil (cf "Universal Declaration of Independence from Fundamentalism"): le seul moyen de lutter contre le terrorisme et le fondamentalisme reste de lutter à leur source, contre la pauvreté, l'injustice, et les dérives de démocraties supposées modèles...

L'Amérique semble vraiment sur la bonne voie. Une fois de plus (cf "The Stolen Election"), elle n'a fait qu'une partie du chemin en élisant Obama et ne se rachètera vraiment qu'en traînant en justice ceux qui l'ont bafouée. Gonzales doit payer, Cheney doit payer, Rumsfeld doit payer. Bush tente désespérément de plaider l'innocence et de réécrire l'Histoire mais lui-aussi devra payer...

Pendant ce temps, Israël confirme ses mauvais choix (cf "Le 10 Février 2009, Israël vote Obama '08 ou Bush '04 ?") : en interdisant deux partis arabes de participer aux élections, le gouvernement affiche enfin clairement son mépris de la démocratie et sa volonté d'exclure de la nation ses citoyens non juifs.

Les Israéliens musulmans se posaient déjà sérieusement des questions : ils payent des impôts mais ne les voient pas vraiment employés à des projets bien positifs. Il représentent autour de 16% de la population, et c'est encore trop pour certains... En fait, les extrémistes des deux camps seraient ravis qu’ils déchirent leurs cartes d’électeurs et se radicalisent.

A ce stade, l'alibi Hamas ne tient plus. Le vrai conflit n'est pas entre Israël et le Hamas mais entre Israël et la justice, entre Israël et la démocratie. Les électeurs sont en droit de savoir où ce gouvernement souhaite réellement aller. Il n’est plus possible d’avancer comme si tout était permis ; c’est totalement suicidaire.

Israël ne peut plus faire l’économie d’une déclaration officielle sur sa définition même, sa nature, ses valeurs, son projet politique pour le nouveau millénaire.

Présenté à sa naissance comme l'Etat du peuple juif, ce pays a adopté la démocratie et la république, et sa population compte près de 20% de citoyens non-juifs.

Mais le projet de Constitution de 1948 a échoué à cause des divergences entre fondamentalistes et partisans de la laïcité, et le moins que l'on puisse dire est que rien n'a changé depuis.
Il est temps de jouer cartes sur tables : Israël veut-il devenir une démocratie comme les autres ou un pendant juif aux Républiques Islamiques ?

Si Israël préfère s'enfoncer dans une voie sans issue, elle n'a pas grand chose à faire : continuer à fouler aux pieds les principes et les droits les plus fondamentaux, à refuser de reconnaître la Cour Pénale Internationale, et bien sûr continuer à donner aux terroristes "leurs meilleurs outils de recrutement" en multipliant les exactions et l'usage de pratiques et d'armes interdites par le droit international...

... En s'en remettant comme d'habitude au droit de veto du grand frère Américain...

Obama s'engage à fermer Guantanamo et rétablir la justice dans son pays. J'espère sincèrement qu'il va aider la démocratie israélienne à se sauver au plus vite.

20080509

Propagande d'Etat - le Pentagone exposé

Maintenant que les Primaires US semblent sur le point de se boucler*, on peut retourner au devoir d'inventaire des années Bush vis à vis de l'Histoire.

Si sur l'échelle de Richter de l'infâmie, la propagande d'Etat (maintes fois dénoncée ici comme des Armes de Désinformation Massive) n'atteint pas les sommets d'Abu Ghraïb, elle reflète parfaitement la conception de la démocratie du ticket Bush-Cheney.

Devant l'insistance du New York Times et sous la surveillance du toujours vigilant Center for Media and Democracy, le Pentagone a été poussé à publier des documents relatifs à son programme d'analystes militaires.**

Dans la masse de ces "spécialistes" destinés dès le début 2002 à "vendre" l'idée d'une guerre en Irak aux media, aux décideurs et au-delà à l'opinion publique US, on notera la présence d'un conseiller de Hillary.***

Ce pays a effectivement besoin de changement...

* après l'humiliation d'avant hier (cf "
Obama - Pelosi vs Operation Chaos"), laissons HRC l'emporter en WV et au KY avant de jeter formellement l'éponge après le 20 mai - le 3/4 juin au plus tard
**
http://www.dod.mil/pubs/foi/milanalysts - sur le programme en question, excellente récap du CMD sur http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Pentagon_military_analyst_program. Pour rappel, le CMD nous avait déjà livré un excellent brûlot sur le sujet (cf "White blogule to The Best War Ever - Lies, damned lies, and the mess in Iraq" - 20060915)
*** un lecteur du PR Watch a levé le lièvre
http://www.prwatch.org/node/7299#comment-3005

20071216

Lopsichose 2 - mon royaume pour un cheval de troie

MAM présentera tout début 2008 sa seconde version de la Loi d'Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieure (Lopsi 2). Un volet important sera consacré à la nécessaire lutte contre la cybercriminalité et contre un crime organisé de plus en plus friand de nouvelles technologies. Dans le meilleur des mondes, la France pourrait bien se réveiller avec sa version locale du "Patriot Act" américain... dont les abus* constituent en eux-mêmes une nouvelle forme de cybercriminalité et de crime organisé. Contre le citoyen, mais bien au-delà contre la démocratie tout entière.

Nul ne peut contester la valeur potentielle des informations circulant sur le réseau pour résoudre certaines d'enquêtes criminelles, voire même pour empêcher un crime d'être commis. Le citoyen sent bien que l'explosion des technologies de l'information doit être accompagnée, qu'il est légitime d'équilibrer la balance des droits et des devoirs sur ces nouveaux media. Mais il doit rester ferme sur les conditions dans lesquelles ces réformes s'opèrent, et sur le maintien des nécessaires garde-fous. Le renforcement des contrôles doit bien comprendre le renforcement du contrôle des contrôleurs.

Et le temps presse.

Car les plombiers des futurs e-Watergate n'ont déjà plus à se déplacer pour placer leurs mouchards : il leur est possible d'activer la fonction micro d'ambiance d'un mobile à distance et à l'insu du plein gré de son propriétaire, et Lopsi 2 autoriserait même l'envoi de super spywares dans les ordinateurs ; des chevaux de troie dignes du plus vil pirate informatique ! Quant au bon vieux mouchard "hardware", il serait remis au goût du jour sous une forme de discret périphérique USB.

Que fait la police ? La question sera bien sûr posée, mais une autre brûle toutes les lèvres : la justice sera-t-elle capable de suivre ? On l'équipe de bornes interactives en même temps que l'on dote la police de commissariats virtuels, et les textes prévoient bien de donner le pouvoir suprême à la justice (Juge d'instruction ou Juge des Libertés et de la Détention), mais concrètement qui utilise quelle information et dans quelles conditions ?

Le dispositif serait limité au crime organisé, mais tout lecteur d'Astérix connait pertinement la relativité du concept de "bande". L'accord ne serait donné que dans le cadre d'affaires très graves (terrorisme, pédophilie, torture, meurtre, enlèvement...), mais où commence la torture et le terrorisme, et où s'arrête l'inventaire à la Prévert (l'aide à l'entrée et séjour d'un étranger figurerait déjà dans la liste) ?

Qu'advient-il de l'information ? Une copie de chaque donnée récoltée est-elle systématiquement sécurisée dans un espace non dépendant de l'exécutif et conservée au-delà de l'enquête, ou bien les écouteurs ont-ils la même capacité à détruire les preuves que ces agents de la CIA pour leurs séances d'interrogatoire les plus musclées ? Ce beau système est-il appelé à s'interfacer avec le réseau Echelon de la NSA** ?

On l'a vu, sous couvert de défendre la Liberté, la Justice et la Démocratie, le Patriot Act a essentiellement contribué à affaiblir ces piliers de la nation. Et sous couvert de protéger le pays de graves menaces extérieures, il a essentiellement contribué à la suppression méthodique de toutes ses défenses naturelles contre une menace intérieure bien pire encore : une Administration corrompue dirigée par un fondamentaliste rêvant de convertir la démocratie la plus puissante du monde en une théocratie belliqueuse***.

Dans notre pays, ces derniers temps, l'équilibre des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire, media...) fait pour le moins débat. Et l'équilibre exemplaire interconfessionnel (république laïque apaisée, sentiment d'appartenance à la communauté nationale avant la communauté religieuse...) subit de plus en plus d'assauts de l'intérieur et de l'extérieur permettant au fondamentalisme (à TOUS les fondamentalismes, en particulier Islamistes et Chrétiens) de prendre pied et de s'épanouir sur une terre jusqu'ici peu perméable à sa réthorique. Enfin, l'équilibre entre "soft" et "hard power" semble basculer, avec une nette primauté au registre martial dans les paroles (cf diplomatie façon Kouchner) comme dans les actes (cf nettoyage des banlieues façon Kärcher****).

J'ose espérer que nos dirigeants n'envisagent pas eux-aussi de convertir notre belle république en une théocratie belliqueuse... mais ces faits troublants doivent nous inviter à la plus grande précaution au moment d'ouvrir le cadeau du nouvel an du Ministère de l'Intérieur.


* petit florilège ? auprès du CMD / Sourcewatch, par exemple : http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Patriot_Act_abuses

** l'épisode des Blackberrys de l'Elysée nous rassurerait plutôt : la méfiance semble de mise

*** pour rappel sur la dérive fondamentaliste : "Universal Declaration of Independence From Fundamentalism" (20070809)

**** ce qui n'exclut pas un effort sur la parole... cf "De la voyoucratie en France" (20071204)

20071031

Scoop : une execution, ça fait mal

Contre l'avis de ses membres les plus conservateurs (Samuel A. Alito Jr. et Antonin Scalia), la Cour Suprême a décidé de suspendre l'exécution d'un condamné à mort au Mississipi en attendant de statuer sur un autre cas au Kentucky*. Pas sur le fond de la culpabilité du condamné, mais sur la forme de l'exécution : le cocktail chimique provoquant la mort par injection provoquerait des douleurs assimilables à une punition "cruelle et inhabituelle" et violerait ainsi le 8e amendement de la Constitution**.

Si je me réjouis naturellement de ce mini moratoire sur la peine de mort, il me semblerait tout aussi utile de se pencher sur d'autres cas de "cruel and unusual punishments" pratiquées par les Etats-Unis, en particulier dans le cadre de la prétendue lutte contre le terrorisme.

Le sulfureux Alberto Gonzales a décidément quitté à temps l'Administration Bush : si on commence à prendre des pincettes pour des criminels jugés en plus ou moins bonne et dûe forme par la justice américaine, que penser des anonymes enlevés illégalement, privés de tout droit et torturés aux quatre coins du monde avec la bénédiction des membres les plus éminents du gouvernement à commencer par un Commandeur en Chef anciennement Gouverneur du Texas et détenteur à ce titre des records d'exécutions capitales, avec le soutien sans faille de son conseiller de l'époque, un certain Alberto Gonzales ?

Envoyer des boys se faire déchiqueter en Irak au nom de la liberté et de la démocratie mais avec l'intention de renforcer la haîne, le terrorisme et le fondamentalisme, cela n'aurait rien de cruel et d'inhabituel ?

Exécuter l'esprit critique d'un peuple tout entier en lui diffusant Fox News ou Rush Limbaugh à longueur de journée, cela n'aurait rien de cruel et d'inhabituel ?

En attendant, la chaise électrique n'aurait pour sa part rien de cruel et d'inhabituel... il est vrai qu'à l'ère du S.U.V. roi, une petite pointe de consommation d'électricité ne change pas vraiment la donne.

* Baze vs. Rees, et non Raze vs. Bees. La piqûre fatale attendra donc (ô taon suspends ton vol).

** "Excessive bail shall not be required, nor excessive fines imposed, nor cruel and unusual punishments inflicted"

20070327

Le silence des agneaux - blogule rouge a l'Etat de Terreur

John M. Dowd est avocat, mais je ne suis pas certain qu'il agisse au mieux des intérêts de sa cliente. A supposer que ce soit effectivement elle qui paye l'addition. Au propre, puisque la cause semble entendue au figuré.
Suivant les précieux conseils de M. Dowd, Monica Goodling refuse de témoigner devant le Sénat américain à propos de son patron. Goodling assure la liaison entre la Maison Blanche et le DOJ (Ministère de la Justice), son patron est donc l'Attorney General Alberto R. Gonzales.
Or ces jours-ci, le Chief Torture Officer de Dubya se retrouve sur le grill. Non pas pour son implication dans les dérives de Guantanamo et d'Abu Ghraib, mais pour l'élimination non physique d'hommes de loi ne se reconnaissant pas dans la Justice à la sauce Bush*.
Selon Down, Goodling a peur d'être traitée comme un témoin dans une enquête criminelle.
Selon moi, elle a la trouille d'être traitée comme les autres fusibles de la Maison Blanche.
Elle sait de quoi ces gars sont capables. Elle connait la face cachée de 1600 Pennsylvania Avenue. Et cette Monica sait pertinement qu'elle risque de quitter les lieux avec une robe tâchée par le Président des Etats Unis. Des taches de sang, cette fois-ci.




* cf "George Pontius Pilate Bush lets Gonzales face justice - Red blogule to Our Dear Compassionate Leader" (20070315)

20061019

Blogule rouge au President qui "sauve des vies"

George W. Bush a fièrement signé le certificat de décès de l'Habeas Corpus sur un bureau décoré d'un splendide panneau "Protect Amerika" que n'aurait pas renié Joseph Goebbels. Dubya a même osé déclarer qu'il s'agissait d'"une rare occasion où un président peut signer une loi dont il sait qu'elle sauvera des vies américaines".
Va dire ça aux familles des 2.783 soldats américains "sauvés" d'une vie en Irak*. Je ne mentionne pas les victimes non décédées (entre 30 et 50.000 blessés graves) ni bien sûr les 43.937 à 48.783 civils irakiens tués à cause de l'invasion ordonnée par ce président compatissant**.
Le fait est que Mr Bush n'a jamais eu l'occasion de sauver des vies américaines. Au-delà de la sienne, comme il le fit brillamment pendant la
guerre du Vietnam.
Non seulement les vies américaines ne sont pas sauvées, l'âme de ce pays est répétitivement et délibérément torturée et violée par ce sulfureux gouvernement.
En ce qui me concerne, je ne sais pas trop si je dois revenir aux
Etats-Unis. J'aime ce pays mais je ne me sens pas très à l'aise quand je dois signer avant de débarquer un papier me faisant renoncer à mes droits. Je ne me sens pas trop en sécurité sous un régime fasciste où n'importe qui peut désormais être enlevé, n'importe où et n'importe quand, déporté, privé de tout droit et de toute justice, torturé et même, comble de l'ignominie, "supersized" puisque dans ces pays, même les résidents de Guantanamo deviennent obèses en raison de la malbouffe et du manque d'exercice.


* Iraq Coalition Casualty Count -
Icasualties.org.
**
IraqBodyCount.net. Le Président Bush a déclaré The Lancet "non crédible" pour avoir estimé à 650.000 le nombre total de morts parmi les Irakiens, mais ce journal était déjà "non crédible" pour promouvoir la science au détriment du créationisme, de l'intelligent design et d'autres théories révisionistes.

20060327

Blogule blanc aux memos - une trace pour l'Histoire

Verba volant, scripta manent.
Un autre lampiste va trinquer pour les abus d'Abu Ghraib - l'Histoire retiendra toutefois que l'usage de la torture en Irak, en Afghanistan, à Guantanamo et dans les pays tiers était une stratégie délibérée de l'Administration Bush avec la bénédiction écrite du futur ministre de la soi-disante justice.
Un autre mémo - Britannique, celui-ci - vient confirmer la détermination de Bush à envahir l'Irak à tout prix, même si sa résolution venait à passer à l'ONU, même si les inspecteurs venaient à ne pas trouver d'Armes de Destruction Massive.
Au fil d'une réunion digne d'un comptoir de pub, le duo Bush-Blair présente une affligeante absence de vision, à des années lumière du tandem Roosevelt-Churchill dont ils se réclament si souvent. L'après-guerre ne posera pas de gros problème (Condi y travaille), l'important est de pondre un scénario crédible pour la provoquer - en faisant descendre un piaf aux couleurs de l'ONU, par exemple (belle preuve d'attachement à la vie des soldats de la future soi-disante coalition).

Fidèle à lui-même, Bush ne montre aucun scrupule. Loin d'essayer de le dissuader, Blair se contente d'étaler toute sa grandeur d'âme sur un timbre poste : on va tout de même tâcher de ne pas remplacer Saddam par un autre dictateur, ça ferait désordre.
5 pages de synopsis pour l'Histoire. Les 2.500 morts des forces d'invasion et les 35.000 morts Irakiens auraient bien aimé lire le scénario à l'avance. Ces figurants savaient déjà qu'on utiliserait pas des balles à blanc.


* "Bush Was Set on Path to War, Memo by British Adviser Says" (20060327)

20060302

Blogule blanc a America vs Amerika - une action de classe

Récapitulons les épisodes précédents* :
. L'idée n'est pas encore venue aux Américains d'entamer une procédure d'impeachment (destitution) de leur Président, en dépit des efforts remarquables de ce dernier (guerre illégale, écoutes illégales, enlèvements illégaux, usage illégal d'armes interdites, négation du droit international, révisionnisme et fondamentalisme appliqués aux secteurs éducatif et scientifique, propagande d'état, falsification de rapports, torture...).
. Les Démocrates demeurent aux abonnés absents et le Congrès (à majorité Républicaine) se contente de tousser quand King Dubya signe avec l'Inde un accord sur le nucléaire en contradiction totale avec son discours tenu vis à vis de l'Iran et de la Corée du Nord**.
Bon.
Heureusement, la révélation de l'enregistrement du briefing sur Katrina par la FEMA vient prouver si besoin était la responsabilité du Président dans la mort de milliers de personnes. Aux citoyens de Louisiane de porter plainte contre le citoyen George W. Bush. Une telle class action constituerait (faux amis mis à part) une véritable action de classe.

Je suggère d'appeler ce cas d'école "America vs Amerika".


* cf
blogules de 2003 à 2006.
** Tous deux rescapés de l'Axe du Mal, c'est à dire qu'ils n'ont pas rejoint l'Irak du bon côté de la force (au bord de la guerre civile, après une invasion américaine responsable de 30.000 morts en trois ans).

20051226

Blogule rouge a 2005

Di Canio se déclare "fasciste mais pas raciste"
Dieudonné se déclare candidat à la présidentielle de 2007 mais simple humoriste
Delors se déclare confiant dans l'existence d'un plan B en cas de non à la Constitution Européenne mais sans préciser s'il s'agit du B de Bordel ou du B de Blair-Bush
Dubya se déclare opposé à la torture mais demande à y être autorisé par la loi
Décidément, une année
que l'on pouvait qualifier d'annus horribilis dès le 6 juillet ne mérite pas que l'on s'y attarde.

20050801

Blogule rouge a Baghdad-Hiroshima meme combat

J'ai hâte de voir comment l'Administration Bush va traîter l'anniversaire des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki. Plus de 150.000 civils ont été tués à Hiroshima en quelques jours. L'Irak se "contente" de 25.000 victimes en deux ans, qui plus est essentiellement tuées par les adversaires de l'armée américaine. Pourtant, un parallèle douteux risque d'être fait sur le thème "on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs" et "on a économisé des vies et du temps en frappant un grand coup", "c'est le prix à payer pour la démocratie", regardez Dresde.
Justement, Dresde. Comme avec Hiroshima et Bagdhad, les populations touchées nourrissent un légitime sentiment de victimes : le peuple paye pour ses dirigeants. La différence, c'est que le peuple allemand a reconnu sa culpabilité dans la dérive extrémiste du pays, pas le peuple japonais. Mais dans aucun cas, l'agresseur n'a admis la moindre faute ni même demandé pardon.
Il serait temps pour les Alliés de reconnaitre leur part de crimes de 1945. Si les Etats-Unis venaient à le faire, ils seraient obligés d'en faire de même pour leurs actions en Irak. Ce simple constat à l'amiable semble pourtant beaucoup demander à la plus grande puissance mondiale. Le pays a prouvé qu'il pouvait libérer des peuples, mais aussi des forces inhumaines sans se soucier des conséquences à long terme : l'arme atomique contre des civils avant-hier, l'arme chimique contre des armées hier, la torture contre des détenus privés de tout droit aujourd'hui.

20050313

Blogule rouge au Contra-terrorisme

Le scandale des Contras aura contribué à ternir les années Reagan, mais les Etats-Unis ont vite oublié cette époque (révolue ?) où ils sponsorisaient la torture et le terrorisme. L'ambassadeur au Honduras de l'époque a longtemps traîné ce boulet, mais tout le monde a le droit à l'erreur et John Negroponte aura moins essuyé de critiques pour sa nomination à la tête de la sécurité nationale que pour sa nomination aux Nations Unies. Le problème c'est que 3 autres hommes impliqués dans le scandale des Contras ont reçu d'importantes promotions depuis les élections de novembre :

  • John Poindexter : le nouveau directeur de l'Information Awareness au Pentagone avait été condamné à 5 reprises dont une pour avoir menti au Congrès.
  • Elliot Abrams : il plaida coupable avoir caché de l'information à propos du scandale, mais 5 ans après Bush Ier le réhabilita et maintenant Bush II l'a placé à la tête de sa division Moyen-Orient.
  • Otto Reich : il avait mené une propagande totalement illégale en faveur des Contras et il est maintenant en charge des affaires relatives à l'Occident.

Donc, dans cette merveilleuse Administration, le chef de la justice a assuré la promotion de la torture, et les personnes en charge du contre-terrorisme et de la diplomatie ont supporté des actions illégales de terrorisme et de torture. Vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous voulez une promotion.

20050112

Discussion (suite au blogule "le dictionnaire du tortionnaire")

(en reponse a la critique - on parle trop de cet épisode et pas des bien plus nombreuses violences au quotidien)
L'objet n'est pas de dénoncer les trop nombreux crimes impunis de par le monde, mais de dénoncer une administration qui commet la pire des insultes à ce qu'elle se vante de défendre (la liberté, la démocratie, la civilisation).
Il ne s'agit pas de "photos de potaches" mais d'un véritable système avéré et reproduit d'un pays a l'autre (Cuba puis Afghanistan puis Irak). Il ne s'agit pas d'une "simple" faute lourde conduisant à des crimes de guerre, mais de la négation pure et simple de valeurs fondamentales, en cohérence avec une vision du monde très cynique partagée par les dirigeants du pays le plus puissant de la planète. A côté de cela, le Watergate semble bien benin.

Stephane MOT

20050110

Blogule rouge a Gonzales - Le dictionnaire du tortionnaire

"Torture and abuse will not be tolerated by this administration", clame Gonzales, qui s'engage a respecter les Conventions de Geneve... tout en envisageant de les modifier.
C'est si simple. Il suffit de modifier le sens du mot "torture" ou du mot "abus" pour s'en sortir. Et qu'entend-on par "terroriste" ? Tout opposant au regime ?
Je partage le degout de nombreux americains devant le triste spectacle d'une belle democratie a la derive.

Stephane MOT

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