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20090515

Cher Karl,

Cher Karl,

Dans ta dernière livraison révisionniste bi-hebdomadaire*, tu a pointé ton gros doigt ensanglanté vers Nancy Pelosi : VOUS avez supporté le waterboarding et les EIT ("Enhanced Interrogation Techniques" ou "Techniques Avancées d'Interrogation"). VOUS avez encouragé ce que vous les Démocrates appelez de la 'torture'.

Avant toute chose, Karl : quoi qu'ait dit ou fait Pelosi, le waterboarding EST de la torture. Pas de la 'torture' entre guillemets, et certainement pas tes très édulcorées "EIT".

Deuxièmement : beaucoup d'Américains (parmi lesquels des Démocrates) ont soutenu le Patriot Act, applaudi l'invasion de l'Irak, et même voté pour George W. Bush en 2004. Mais cela ne veut pas dire qu'ils étaient en faveur du fascisme, de la torture, d'Abu Ghraib, ou de
ce dangereux fondamentaliste qui a dynamité les initiatives de paix internationales pendant 8 ans. Tu n'as sans doute pas oublié cet homme... Lui n'a cessé de louer tes bons et loyaux services à sa cause en qualité d'"Architect" ou, pour reprendre son registre plus intime et affectueux, en qualité de "Turd Blossom".

Ces votes et soutiens massifs prouvent une seule chose, Karl : l'efficacité de vos Armes de Désinformation Massive, ce système fondé sur les mensonges délibérés et une propagande éhontée. Vous avez délibérément menti à Pelosi comme à Bob Graham** et à tous les Américains, vous avez trahi non seulement les valeurs fondamentales de votre pays mais la confiance de votre peuple.

Bon là j'ai peut-être l'air un peu mécontent mais en réalité, je suis très très soulagé que tu aies évoqué le sujet.

Puisque tu as choisi de braquer les projecteurs dans cette direction, ce ne seront plus seulement les infâmies commises par l'Administration Bush qui seront exposées, mais aussi sa machine à broyer les consciences qui a rendu possible leur acceptation par un peuple supposé vivre dans une démocratie modèle.

Enfin... J'adore t'écouter donner des leçons de morale sur la torture (elles feront aussi beaucoup rire les historiens), mais je tiens également à te rappeler que l'heure est venue de t'expliquer sur tes propres crimes, et en particulier dans cette affaire d'éviction de procureurs***...

En te priant d'accepter, Cher Turd Blossom, l'expression de mon mépris le plus sincère


* voir "
Congress and Waterboarding" - Wall Street Journal (20090514) et le dossier "spam" de ma boîte à lettres
** "
Graham: CIA Gave Me False Information About Interrogation Briefings" - Sam Stein, Huffington Post (20090514)
*** "
Rove to Be Interviewed Over Attorney Firings" - David Johnston - New York Times (20090514)
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Initialement publié sur blogules en V.O. ("
Rove v. Pelosi v. Rove v. America")

20090228

Un Leader Pour Ce Millénaire

Aujourd'hui, le monde semble enfin avoir réalisé la nature fondamentale d'une crise trop longtemps déniée, et la nécessité de repenser l'économie sur des bases plus saines. Nous devons accueillir avec soulagement les vifs débats de fond actuels, signes qu'à défaut de corriger le tir, les économistes ont enfin recommencé à s'interroger sur leur coeur de métier (cf "Du free market au fair market").

Mais les risques de crises systémiques encore plus violentes à court terme persistent. Et Obama n'a pas totalement rassuré ses détracteurs sur sa capacité à assumer une tâche chaque jour plus décourageante dans un environnement toujours aussi instable et incertain.

Certes, Barack Obama a triomphé en 2008 sur des qualités reconnues et fortement éprouvées au cours d'une campagne d'exception face à Hillary Clinton puis John McCain*. Sa façon d'appréhender l'effondrement du système financier de l'automne dernier a par ailleurs renforcé la conviction qu'il était le mieux armé pour répondre aux défis de ce jeune siècle.

Mais le jeune président se retrouve aujourd'hui face à un challenge sans commune mesure avec sa brillante campagne électorale : "autant Obama For America relevait de la belle start-up monoproduit, autant Barack se trouve aujourd'hui à la tête d'un conglomérat infiniment diversifié. Avec un casting d'enfer à potentiellement tous les sens du terme" (cf "
Obamatrice").

Pourtant, si Obama devait échouer, je doute que ce soit pour ses qualités de leader. Pour avoir eu le plaisir d'évoluer dans des contextes professionnels extrêmes (environnements ultra innovants et ultra instables, enjeux financiers monstrueux, paysage concurrentiel / coopétitif inextricable, incertitudes maximales, disruptions majeures à tous les niveaux...), je me suis fait ma petite idée sur le profil idéal du dirigeant capable de réussir une révolution en douceur dans ce type de conditions anormales de température et de pression*. Et ce qui me frappe le plus chez Obama, c'est la présence combinée de qualités à la fois rares et essentielles dans cette perspective :

. Un charisme "ouvert" : Obama a conscience de son pouvoir quasi magnétique et sait en user, mais à bon escient. Il se sait capable de mettre ses fans en transe, mais refuse le rôle du gourou infaillible. Son charisme n'aliène pas mais au contraire stimule l'initiative personnelle et collective. Ce leader n'impose pas une foi mais réveille l'espoir et la volonté de penser par soi-même, d'aller vers l'autre et d'échanger. S'il semble rayonner, c'est pour mieux donner à chacun et chacune l'envie et l'énergie de rayonner, chacun et chacune à sa façon, indépendamment de lui.

. Un manager de l'intelligence : mobilisateur d'hommes, d'idées et d'énergie, Obama sait faire en sorte que chacun donne le meilleur de lui-même et que le collectif apporte un effet positif multiplicateur, ce qui est l'essence même du management. Ce Président 2.0 mettra sans nul doute à profit les acquis du Candidat 2.0, en particulier pour démultiplier la dynamique de changement au plus près de chaque comté de l'Union (cf "
Change - Mobilization Has Started"). Mais Obama sait au-delà manager la connaissance et l'intelligence, et fonctionne en réseau au sens ouvert du terme. Sa grande force est moins l'intelligence que la capacité à la stimuler et la mettre au travail, avec en prime la curiosité de toujours vouloir repousser les limites. En d'autres termes : Obama n'est pas nécessairement un génie, mais il a la tête remarquablement bien faite et une sacrée volonté pour l'exploiter au mieux. Ce n'est pas un visionnaire, mais il a la capacité de prendre et de donner du recul, de faire émerger une vision. Comme pour le charisme, il a conscience de ses atouts et de ses limites, et il optimise l'efficacité de la communauté en se tournant vers les autres. Sa décision d'organiser deux fois par mois un cocktail à la Maison Blanche traduit de façon presque caricaturale sa peur panique de tarir la source dans le cocon présidentiel : on voit la logique de privilégier des échanges informels au protocole rigide des dîners placés... mais je doute que le maître des lieux tienne le pari dans la durée.

. Un décideur ferme, un pilote agile : dans ce genre de contexte, beaucoup seraient paralysés par l'enjeu ou les incertitudes. Mais comme le prouve l'accélération de la crise, procrastiner n'est pas une option. Le leader doit donc trancher vite et assumer ses décisions. Obama annonce d'ailleurs la couleur : il sait qu'il fera des erreurs, mais il est essentiel qu'il les repère au plus vite et qu'il tire les enseignements au fil de l'eau pour corriger le tir en permanence et maintenir le cap. Tout cela demande à la fois de la fermeté et de la souplesse, une flexibilité et un pragmatisme en rupture totale avec le dogmatisme obtus de son fondamentaliste de prédécesseur. Mais le plus difficile pour le leader est de faire percoler cette agilité à travers toute l'organisation. Parce que cette organisation est intelligente et apprenante, elle amènera vers de meilleures décisions, génèrera de nouveaux processus et de nouveaux instruments de pilotage sans cesse challengés pour bien suivre et mieux encore, bien anticiper les ruptures dans l'environnement. Parce que le leader assume ses décisions et ses erreurs, cette organisation osera et créera des opportunités tout en faisant front face aux risques.

. Un pédagogue respectueux et respectable : Obama joue la carte de la transparence, s'efforce de rendre simple la complexité, et assure un service avant-vente et un service après-vente de chaque décision bien au-delà de l'obligation contractuelle. On l'a vu échouer dans cet exercice périlleux, mais on le voit surtout essayer avec sincérité parce qu'il respecte sa charge et tous ceux qui seront impactés par ses décisions. "Respect" n'est pas vain mot chez cet homme : Obama respecte son environnement à tous les sens du terme et cela inclut bien au-delà de ses électeurs, ses collaborateurs, ses partenaires, ses concurents et coopétiteurs, l'Histoire, le monde dans toute sa diversité**... Barack Obama a beaucoup de défauts (et il ne serait jamais là où il est sans certains d'entre eux), mais il a une vision du monde saine et fondée sur le respect. Ses valeurs peuvent paraître presque conservatrices sur certains plans, mais les personnes qui comptent le plus pour lui sont des gens biens qu'il respecte pour leur intelligence, leur intégrité, et leur capacité à le remettre à sa place quand il le mérite. S'il est un leader hors normes, il le doit à 100% à Michelle, et à quelques pourcents supplémentaires à David Axelrod. On l'a vu pendant les Primaires face à Clinton puis sur la route de DC face à McCain*** : Obama a tendance à attirer les gentils et repousser les méchants, pendant que ses adversaires, incapables de trouver un angle d'attaque durable, finissent par se tirer une balle dans le pied en sombrant dans le dénigrement le plus stérile.

Bon. Tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, et j'ai toujours quelques sérieux doutes sur le casting (rien à faire, Geithner n'a ni la pointure ni la vision).

Mais quitte à avancer dans le brouillard, je préfère que ce soit avec un bonhomme comme Obama à la barre.

* étant entendu que je ne corresponds bien évidemment pas du tout à ce profil idéal... d'autant plus que, désolé, je prends plus mon pied dans la conception et l'introduction du changement que dans sa mise en oeuvre opérationnelle et sa conduite.
** voir aussi "
True v. False vs Good v. Evil"
*** ex face à Hillary (cf "
Dial Hillary for murder") : "To me it's a question of character and management : Obama sticked to his principles and kept his team focused on the campaign guidelines he set from the start. Good guys tend to follow him. That's the difference between a pack leader and a great leader". ex face à John : "Second débat : le XXIe siècle l'emporte sur le XXe" / "Debate # 2 : XXIst Century wins".

20071216

Lopsichose 2 - mon royaume pour un cheval de troie

MAM présentera tout début 2008 sa seconde version de la Loi d'Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieure (Lopsi 2). Un volet important sera consacré à la nécessaire lutte contre la cybercriminalité et contre un crime organisé de plus en plus friand de nouvelles technologies. Dans le meilleur des mondes, la France pourrait bien se réveiller avec sa version locale du "Patriot Act" américain... dont les abus* constituent en eux-mêmes une nouvelle forme de cybercriminalité et de crime organisé. Contre le citoyen, mais bien au-delà contre la démocratie tout entière.

Nul ne peut contester la valeur potentielle des informations circulant sur le réseau pour résoudre certaines d'enquêtes criminelles, voire même pour empêcher un crime d'être commis. Le citoyen sent bien que l'explosion des technologies de l'information doit être accompagnée, qu'il est légitime d'équilibrer la balance des droits et des devoirs sur ces nouveaux media. Mais il doit rester ferme sur les conditions dans lesquelles ces réformes s'opèrent, et sur le maintien des nécessaires garde-fous. Le renforcement des contrôles doit bien comprendre le renforcement du contrôle des contrôleurs.

Et le temps presse.

Car les plombiers des futurs e-Watergate n'ont déjà plus à se déplacer pour placer leurs mouchards : il leur est possible d'activer la fonction micro d'ambiance d'un mobile à distance et à l'insu du plein gré de son propriétaire, et Lopsi 2 autoriserait même l'envoi de super spywares dans les ordinateurs ; des chevaux de troie dignes du plus vil pirate informatique ! Quant au bon vieux mouchard "hardware", il serait remis au goût du jour sous une forme de discret périphérique USB.

Que fait la police ? La question sera bien sûr posée, mais une autre brûle toutes les lèvres : la justice sera-t-elle capable de suivre ? On l'équipe de bornes interactives en même temps que l'on dote la police de commissariats virtuels, et les textes prévoient bien de donner le pouvoir suprême à la justice (Juge d'instruction ou Juge des Libertés et de la Détention), mais concrètement qui utilise quelle information et dans quelles conditions ?

Le dispositif serait limité au crime organisé, mais tout lecteur d'Astérix connait pertinement la relativité du concept de "bande". L'accord ne serait donné que dans le cadre d'affaires très graves (terrorisme, pédophilie, torture, meurtre, enlèvement...), mais où commence la torture et le terrorisme, et où s'arrête l'inventaire à la Prévert (l'aide à l'entrée et séjour d'un étranger figurerait déjà dans la liste) ?

Qu'advient-il de l'information ? Une copie de chaque donnée récoltée est-elle systématiquement sécurisée dans un espace non dépendant de l'exécutif et conservée au-delà de l'enquête, ou bien les écouteurs ont-ils la même capacité à détruire les preuves que ces agents de la CIA pour leurs séances d'interrogatoire les plus musclées ? Ce beau système est-il appelé à s'interfacer avec le réseau Echelon de la NSA** ?

On l'a vu, sous couvert de défendre la Liberté, la Justice et la Démocratie, le Patriot Act a essentiellement contribué à affaiblir ces piliers de la nation. Et sous couvert de protéger le pays de graves menaces extérieures, il a essentiellement contribué à la suppression méthodique de toutes ses défenses naturelles contre une menace intérieure bien pire encore : une Administration corrompue dirigée par un fondamentaliste rêvant de convertir la démocratie la plus puissante du monde en une théocratie belliqueuse***.

Dans notre pays, ces derniers temps, l'équilibre des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire, media...) fait pour le moins débat. Et l'équilibre exemplaire interconfessionnel (république laïque apaisée, sentiment d'appartenance à la communauté nationale avant la communauté religieuse...) subit de plus en plus d'assauts de l'intérieur et de l'extérieur permettant au fondamentalisme (à TOUS les fondamentalismes, en particulier Islamistes et Chrétiens) de prendre pied et de s'épanouir sur une terre jusqu'ici peu perméable à sa réthorique. Enfin, l'équilibre entre "soft" et "hard power" semble basculer, avec une nette primauté au registre martial dans les paroles (cf diplomatie façon Kouchner) comme dans les actes (cf nettoyage des banlieues façon Kärcher****).

J'ose espérer que nos dirigeants n'envisagent pas eux-aussi de convertir notre belle république en une théocratie belliqueuse... mais ces faits troublants doivent nous inviter à la plus grande précaution au moment d'ouvrir le cadeau du nouvel an du Ministère de l'Intérieur.


* petit florilège ? auprès du CMD / Sourcewatch, par exemple : http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Patriot_Act_abuses

** l'épisode des Blackberrys de l'Elysée nous rassurerait plutôt : la méfiance semble de mise

*** pour rappel sur la dérive fondamentaliste : "Universal Declaration of Independence From Fundamentalism" (20070809)

**** ce qui n'exclut pas un effort sur la parole... cf "De la voyoucratie en France" (20071204)

20070420

Socialistes, ne votez pas pour Royal

Pendant la campagne présidentielle de 2004, j'avais appelé les électeurs républicains à ne pas voter Bush s'ils aimaient leur parti et s'ils adhéraient réellement aux valeurs républicaines. La guerre interne de 2006, clairement annoncée, ne sera probablement pas terminée à temps pour 2008.
Aujourd'hui, j'invite les socialistes qui croient aux valeurs de tolérance et de progrès à ne pas porter Ségolène Royal à la présidence : non seulement leur parti n'est pas en mesure de gouverner correctement dans son état actuel (et représente un danger pour la France - la relance annoncée provoquera les mêmes dégâts qu'il y a un quart de siècle), mais en plus ce candidat qui ne représente que lui-même a confirmé son incapacité à rassembler des forces contradictoires et à imposer une vision claire.
A l'heure où un candidat à la présidence doit affirmer ses convictions, Ségolène Royal se complaît dans une démagogie de proximité digne du 13h de TF1, et minimise sa surface radar en n'abordant que des questions de détail non polémiques : franchement, personne ne la contradira sur les dépenses de fonctionnement de l'Elysée mais s'agit-il vraiment d'une priorité de dernière semaine de campagne ?
Une fois de plus, les socialistes souhaitant une modernisation de leur parti doivent provoquer le necessaire schisme résultant du référendum européen (le PS est mort en 2005). Ils ne peuvent évidemment pas adhérer au programme à géométrie variable de Royal, un programme plus conservateur que réformateur, et doivent avoir le courage de ne pas cautionner ce vote futile. Pour les plus archaïques, le vote utile à gauche se situe clairement ailleurs en 2007.
En cas de victoire de Royal, la France sortirait perdante, mais aussi le Parti Socialiste - comme le Parti Républicain en 2004. Le seul vainqueur serait alors le couple Royal - Hollande. J'ai la faiblesse de croire à un sursaut républicain des socialistes.
A moins qu'ils ne se satisfassent de leur réputation de gauche la plus stupide d'Europe.

20061112

Blogule blanc aux Dems - la seule sortie possible de l'Irak

Sitôt Rumsfeld débarqué, Dubya a refilé la patate chaude irakienne aux Démocrates. Ceux-ci ont valeur à se dégriser vite fait de leur nette victoire aux élections de mi-mandat pour faire le ménage.

J'ai suggéré trois temps :

- une formulation claire d'excuses à l'attention de la communauté internationale et surtout du peuple irakien : l'Amérique a échoué parce qu'elle a renié sa propre identité, elle doit maintenant regagner le respect en redevenant respectueuse de ses propres valeurs. Les forces présentes en Irak ne doivent donc plus être considérées comme des forces d'occupation et d'invasion. Un mandat dans ce sens pourrait être à titre temporaire émis par le Congrès avec un appel du pied vers l'ONU - à défaut de renforts, une mini bénédiction permettrait de sauver la face et la vie des soldats sur place.

- ce délai sera mis à profit pour remettre à plat la stratégie, en commençant par la vision stratégique et la compréhension du contexte, de l'environnement, des dynamiques d'acteurs. Je vois bien un commando de congressmen faire la tournée des popotes (en excluant aucune partie ouverte au dialogue, y compris en Iran)*. Qui veut quoi, quels sont les éventuels terrains d'entente, où se situent précisément les différents, quels sont les scénarios... tout ceci entend un premier retrait d'Irak : le retrait de la méthode et de la doctrine Bush (vous êtes soit avec soit contre nous, je refuse de discuter avec l'"ennemi" que je cherche à détruire). Face à de nouveaux visages, même certaines têtes bien connues de Washington pourraient se dévoiler sous un autre jour. Cette démarche n'abaisse pas l'Amérique et lui permet au contraire de confirmer sa neutralité tout en mettant une pression amicale sur ses partenaires : les USA n'endossant plus le costume du bouc émissaire, les fronts vont pouvoir bouger et les véritables fauteurs de trouble seront contraints de jouer à découvert.

- cette démarche participative facilitera le 3e temps, celui de la mise en oeuvre d'une stratégie de sortie en Irak. Le peuple Américain doit cependant comprendre une chose : il lui sera impossible de quitter le pays avant d'avoir réparé les dégâts causés. La charge peut lui sembler immense mais il ne pourra pas dire qu'il n'ait pas été prévenu** des conséquences de cette guerre.

* James Baker n'avait aucun mandat populaire
** cf épisodes précédents (
2003, 2004, 2005...)

20061008

Blogule rouge aux Democrates - 2006 avant 2007 et 2008

En dépit d'une invraisemblable litanie d'insultes à la justice, à la démocratie et aux valeurs sur lesquelles elle est sensée avoir été bâtie, l'Amérique a massivement voté Bush en 2004 *.
En dépit d'une invraisemblable collection de scandales reléguant le Watergate, l'Irangate ou le Monicagate au rayon des faits divers les plus insignifiants, les Républicains semblent bien partis pour conserver leur majorité cette année.
Bien sûr, Ken Mehlman et Karl Rove pourront une fois de plus revendiquer leur rôle décisif dans ce nouveau forfait, mais l'Histoire retiendra également la désolante démission de Démocrates trop occupés à se crêper le chignon sur la Présidentielle de 2008 pour s'intéresser aux joutes de novembre prochain, pourtant critiques pour l'avenir de leur pays.

De la Démocratie en Amérique, passons à l'Europe où les grands démocrates mènent une lutte implacable contre les principaux ennemis de la patrie : les journalistes indépendants. En Russie, Vlad Poutine a fini par faire empaler Anna Politkovskaïa aussi efficacement que son voisin Belarus Alyaksandr Lukashenka avec Veronika Cherkasova. En France, le Petit Nicolas, tsar de tous les medias, avait eu plus symboliquement la peau du rédac chef de Paris Match. Aujourd'hui encore, les grands patrons de presse audiovisuelle et écrite dépendant des oligarches Sergei Marcelovitch, Arno Jeanlucovitch et Martin Francisovitch se lamentent off the record de devoir faire chaque jour des sujets à la gloire du futur nain de jardin de l'Elysée sous peine de licenciement pour faute grave.

En Belgique, le cordon sanitaire démocrate vise à empêcher l'extrême droite du Vlaams Belang de prendre le pouvoir. En France, il vise à empêcher Ségolène Royal de passer. Cette passionaria du néant idéologique ferait certes une présidente moins pire que Laurent Fabius, cet incompétent notoire reconverti dans l'imposture (de gauche, lui ?), mais à mon sens Dominique Strauss-Kahn incarne l'avenir le plus sain pour le PS parmi les trois candidats à la candidature au qu'en dira-t-on.

En guise de cordon sanitaire contre Le Pen, Sarkozy bourre Philippe de Villiers de signatures et lui promet un maroquin s'il remplit son office - même si pour cela, le Vendéen doit critiquer le Petit Nicolas plus vertement encore que le président du Front National, l'objectif étant de rassurer les électeurs les plus naïfs sur la distance séparant Sarko de l'extrême droite.

Quelque chose me dit que ni cet apprenti flamand ni la mère Hollande ne décrocheront le pompon.

Si les apprentis démocrates pouvaient nous éviter un Le Pen - Bové au second tour...



* voir épisodes précédents.

20050929

Blogule blanc au nettoyage ethique - impeachment please, et sans DeLay

Avec la mise en accusation de Tom DeLay pour un scandale de corruption remontant aux années Gouverneur du Texas de George W. Bush, le cercle se referme autour d'un homme qui ne doit un casier judiciaire vierge qu'à la puissante gomme de son puissant papa. Mais 41 ne pourra pas éternellement réparer les erreurs de 43bis*.
Désormais, aucun des aides du président n'a échappé à une mise en accusation, au feu nourri d'une commission ou (pour les plus faibles) au déshonneur de la démission. Plus que jamais, le pays est en faillite économiquement, socialement et moralement.
Un véritable samourai n'hésiterait pas une seconde : sepukku. Mais pour ce personnage amoral et sans scrupules, il n'existe qu'une issue : l'impeachment. Le plus tôt sera le mieux.

* pour ceux qui ont loupé les infos : la présidence d'Al Gore a été détournée en Novembre 2000 par GW Bush, et ce dangereux pirate de l'air a fait s'écraser le pays contre les tours jumelles de la honte et de l'infamie.

20050307

Blogule rouge aux gachettes faciles - L'Amérique tombe d'Abu Ghraib en Scylla

Y'a plus qu'à seppuku... Décicément, l'Amérique de Bush maîtrise parfaitement l'art de se tirer une balle dans le pied : une quinzaine de jours après avoir mitraillé une voiture bondée d'enfants, les boys font un carton sur le véhicule de l'Italienne Giuliana Sgrena à peine libérée de ses ravisseurs irakiens. Le responsable de la sécurité devient trop dangereux, mais pouvait-on espérer mieux de la part d'un chantre de la démocratie qui triche aux élections et d'un garant de la liberté et de la justice qui torture et prive des humains de tous leurs droits ? Saint George s'obstine à vouloir porter des habits trop grands pour lui. S'il veut terrasser le dragon et jouer aux modèles de vertu, qu'il commence par balayer devant sa porte.

20050112

Discussion (suite au blogule "le dictionnaire du tortionnaire")

(en reponse a la critique - on parle trop de cet épisode et pas des bien plus nombreuses violences au quotidien)
L'objet n'est pas de dénoncer les trop nombreux crimes impunis de par le monde, mais de dénoncer une administration qui commet la pire des insultes à ce qu'elle se vante de défendre (la liberté, la démocratie, la civilisation).
Il ne s'agit pas de "photos de potaches" mais d'un véritable système avéré et reproduit d'un pays a l'autre (Cuba puis Afghanistan puis Irak). Il ne s'agit pas d'une "simple" faute lourde conduisant à des crimes de guerre, mais de la négation pure et simple de valeurs fondamentales, en cohérence avec une vision du monde très cynique partagée par les dirigeants du pays le plus puissant de la planète. A côté de cela, le Watergate semble bien benin.

Stephane MOT

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