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20160716

Urgence d'Etat

Cinq actes terroristes depuis le début de l'année, une courbe du chômage incapable de s'inverser, un président à 12% dans les sondages, un Front National requinqué par le Brexit et la panique sécuritaire, des Bleus éjectés de leur Euro... et pourtant, il y a pire ailleurs.

Si la France est dans la dèche, l'Irak abrite toujours une partie du territoire contrôlé par Daech, et a subi 22 attaques terroristes depuis le 1er janvier. Mais la communauté internationale s'en fout, donc pas de problème pour gérer les changements de hashtags et de profils Facebook. Et puis on ne parle même pas de 'terrorisme' : il suffit de dire 'Irak', et tout est dit. L'Histoire, elle, continue à s'écrire : sur un banc des accusés vidé depuis longtemps de l'ombre de Saddam est venu s'assoir Tony Blair, guidé par la plume de Sir John Chilcot.

Toujours au Royaume Uni, l'Histoire a déjà trouvé une place à David Cameron et sa désastreuse campagne contre le Brexit. A Theresa May d'assurer le service après vente, et aux leaders européens de montrer qu'ils sont capables de remettre de l'ordre dans leur grand machin. Par 'leaders européens' je ne veux pas dire les Junker ou les Tusk (encore moins les José Manuel Barroso - voir 'Constitutionless'), mais les Merkel et compagnie - une bien brillante 7ème compagnie en vérité, avec Hollande dans le rôle du bénêt Pithiviers, et Matteo Renzi dans celui d'un Tassin qui risque fort de se faire éjecter du char avec son référendum d'octobre sur la Constitution.


Avec Matteo Renzi et François Hollande, l'Europe est prête à corriger le tir
Si ça peut vous rassurer, il y a vraiment pire ailleurs. Regardez le Japon : les électeurs ont fini par donner à Shinzo Abe la majorité des deux tiers dans les deux chambres, et il ne leur reste plus qu'à lui accorder le rêve de sa vie, la fin de la démocratie dans l'archipel (voir "Japan ust voted for its Peacexit - or is it Democracexit").

Y'a pire ailleurs, je vous dis : Donald Trump a choisi Mike Pence comme co-listier. Pour donner le change (en pence, bien sûr) au Tea Party, mais aussi parce que le Gouverneur de l'Indiana est pro-invasion de l'Irak, pro-Guantanamo, anti-avortement, anti-gay, et qu'il qualifie le réchauffement climatique de 'mythe'.

Y'a pire ailleurs : depuis que Rodrigo Duterte a été élu, plus de 110 personnes ont déjà été tuées en dehors de tout cadre légal au nom de sa lutte contre la drogue (qui inclut une lutte contre les drogués). Ca peut donner dans la Mer de Chine méridionale, où ce fou furieux va vouloir faire respecter par une Chine pas du genre à se laisser marcher sur les pieds le jugement favorable de l'UNCLOS , avec comme garde-fous potentiels Shinzo Abe et Donald Trump.

Et les Nations Unies, ne les oublions pas. Des nations aussi unies que les Etats d'Amérique et le Royaume britannique.

De quoi nous plaignons nous, franchement, nous les Français ? Nous avons la chance d'avoir un meneur hors pair, un gagneur plein d'expérience. Alors suivons notre Didier Deschamps Elysées et marchons, marchons*, qu'un sang impur abreuve nos sillons.


14 Juillet 2016: après Polytechnique, HEC et l'Université de Nantes défilent sur les Champs

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* En Marche! dirait l'autre (voir "Macron - Le French Blair En Marche Forcee")

20090716

Tony Blair : un Fondamentaliste Président de l'Europe ?

Sans surprise, Tony Blair a fait son coming out comme candidat à la Présidence de l'Union Européenne.

Le problème c'est qu'auparavant, il a fait son coming out comme nouveau converti au Christianisme, et que pour certains (dont je fais partie), il a tout du "born again" fondamentaliste à l'Américaine.

Après avoir partagé ses visions illuminées et ses prières avec le très fondamentaliste George W. Bush, après avoir courtisé le très fondamentaliste Benoît XVI (voir "Tony Blair - la Cherry sur le Catho"), Le Très Honourable Anthony Charles Lynton Blair (ça jette un peu plus que son simple blase à la Pif le chien) va être accueilli à bras ouverts par le très fondamentaliste Luc van den Brande, qui avait réussi à censurer le rapport Lengagne sur le noyautage des gouvernements européens par le lobbie créationiste / Intelligent Design .

Alors le père Tony peut toujours faire campagne sur de nobles causes consensuelles (il vient de publier "Technology for a Low Carbon Future" sur son site tonyblairoffice.org), il n'abuse personne : cet homme a pour mission d'ouvrir les vannes pour les fondamentalismes en Europe, et de transformer le vieux continent en havre de paix pour les sectes et megachurches US.

Tony Blair, porteur de la voix de l'Europe ? J'entends surtout résonner son silence pendant les campagnes d'Olmert au Liban et à Gaza.

Il serait tout simplement dramatique que l'Europe soit représentée par un ticket Tony Blair - Jose Manuel Barroso.

Sinon, d'autres nouvelles "politiques" ? Le nouveau Président de l'Assemblée Européenne, Jerzy Buzek, est un ancien de Solidarnosc (ligne directe avec Ben 16) et fréquente l'Eglise Evangélique d'Augsburg.

Amen.

NB: initialement publié sur blogules en V.O.

20081126

Démocratie et conservatisme

(discussion sur la pertinence d'un nouveau clivage entre "démocrates" et "conservateur")

Opposer "démocrate" et "conservateur" n’a pas de sens : cela revient à mélanger deux plans au risque d’introduire de la confusion.

1) Pour sortir du schéma gauche / droite, j’avais proposé les distingos suivants : "Comme ce qui compte au fond, c’est la vision de l’avenir et la vision de l’homme, je suggère d’abandonner l’axe gauche / droite pour retenir les deux suivants : réformateur / conservateur et humaniste / déterministe.*" Cela permet de "mapper" les principaux partis en France et d’acter l’inéluctable** scission du PS, par exemple.

2) Ces nuances demeurent naturellement secondaires par rapport au clivage démocrate / théocrate, au coeur de la plupart des crises politiques de ce jeune siècle***. Les Etats-Unis viennent de faire un choix très positif (cf "The Stolen Election" ), mais la France doit rester particulièrement vigilante.

Et à l’instar du Parti Républicain (cf "GOP : time to split"), l’UMP pourrait à son tour imploser si Sarko venait à persister dans ses dérives bushiennes.

La chance de Sarkozy, c'est de ne pas avoir de rival capable de mobiliser les énergies positives comme Obama a su le faire si brillamment. Le Président a réussi à assassiner politiquement François Bayrou et à imposer par ses amis media interposés Ségolène Royal pour torpiller l'opposition. Je ne vois pas pour le moment de talent suffisamment prometteur à la fois au niveau des valeurs et du leadership.

La surprise pourrait venir de son propre camp pendant son second mandat, voire plus tôt s'il tente à nouveau d'attaquer la laïcité. Pour peu que la vague Obama emporte ses alliés européens comme Berlusconi ou Barroso, ce grand opportuniste pourrait finir par suivre le courant de l'Histoire et surfer sur la reprise de l'économie à temps pour les prochaines élections présidentielles de 2012.


* cf "De l’hémiplégie à la paralysie "
** pour rappel (cf "Blogule blanc a Michel Rocard - si six cent six scissions" ) : mai 2005 a marqué la mort du PS et la naissance du NPA. Les réformateurs n'en ont pas pris acte depuis, avec les résultats que l'on connait en 2007.
*** cf "Universal Declaration of Independence from fundamentalism"

20070615

Premier bilan sur la présidence de Ségolène

Dans la foulée de son triomphe du 6 mai et au lendemain du raz de marée rose des législatives, Ségolène Royal a d'ores et déjà profondément bouleversé le paysage politique français.

Rien ne semble vouloir résister à la nouvelle femme forte de la république, et ce depuis les premières heures de son mandat et ce voyage officiel à Bruxelles couronné de succès : "José Manuel Barroso a accepté sans concession ma proposition de faire immédiatement entrer en Europe et sans référendum la région Poitou - Charentes".


La mise en place de la TVA Sociale n'a pas plus soulevé de résistance de la part des partenaires sociaux : tous ont fini par jeter l'éponge au bout de 48 heures de monologue d'une présidente déterminée à s'engager à fond dans la mise en oeuvre de son pacte présidentiel.

Plus rapide encore, le Garde des Sceaux Henri Emmanuelli a réussi à rendre illégal le délit de sale gueule à l'instant même où il a hérité de son maroquin. Le Ministère des Relations Avec Les Jurys Populaires a en revanche décidé de prendre le temps de la réflexion, Régis Debray ayant chargé Jacques Vergès d'un benchmark avec la méthode Pol Pot. Le Ministre de l'Economie et des Finances doit également s'armer de patience et de pédagogues chevronnés pour parvenir à ses fins : DSK n'est toujours pas parvenu à faire comprendre à la présidente le concept de débit et de crédit, le concept d'intérêt et de dette, et pour commencer le concept d'économie.

Ministre d'Etat chargé de la Réforme du Parti Socialiste, Arnaud Montebourg a pour sa part livré la première mouture de son projet de VIe République : "la République des VI répartira équitablement les pouvoirs entre les Fabiusiens, les Strauss-Kahniens, les Royalistes, les Rocardiens, les Delanoïstes canal historique et les Delanoïstes tendance SM." Par ailleurs, Arnaud de Montebourg chapeautera désormais le Secrétariat d'Etat à l'Ouverture vers François Hollande, dont la première mission portera sur le recrutement du Secrétaire d'Etat. Le Premier Ministre verrait bien un baroudeur ayant déjà fait ses preuves sur des terrains hostiles, dans le genre Bernard Kouchner.

Rappelé sous les drapeaux, Jean-Pierre Chevènement peine encore à imprimer sa marque sur le nouveau Ministère de la Marseillaise, des Drapeaux Tricolores et des Camps des Jeunesses Ségolèniennes : "J'ai menacé de démissionner si l'on me refusait les modifications du couplet destinées à faciliter la remobilisation des sauvageons sur la voie républicaine ("qu'un son impur abreuve nos microsillons"), mais il parait que maintenant personne n'a de platines pour mes 78 tours, alors j'ai dû CD".

10 ans après, Bernard Tapie a également eu du mal à reconnaître la Santé : "marrant, la dernière fois les tauliers portaient pas de blouses blanches, mais question bouffe pas de doute, c'est toujours aussi dégueu". Moins dépaysé, Jack Lang a vite retrouvé ses repères au Ministère de la Cultitude, en paradant dans une chemise à col Hu Jintao qui lui valut un accueil triomphal pour son premier voyage officiel à Beijing, au même titre que ses félicitations adressées au pouvoir central pour avoir offert à tous les dissidents de ravissants costumes visiblement designés par Daniel Buren.

Les relations internationales sont clairement au beau fixe, comme en témoigne l'accueil chaleureux réservé à Ségolène Royale au G8. La présidente a conquis Vladimir Poutine en s'enthousiasmant devant l'efficacité de son système de nettoyage des rues moscovites : "si ça marche aussi bien pour les crottes de chiens que pour les joueurs d'échecs, il faut que j'en parle à Bernard". Elle a ensuite reçu le soutien de George W. Bush dans son projet de lutte contre le réchauffement climatique : pour s'habiller plus léger, les Africains bénéficieront de tarifs ultracompétitifs sur le coton américain. Seule ombre au tableau : le départ précipité de François Hollande juste avant le dîner des épouses du G8, furieux de constater que Joachim Sauer portait le même costume que lui. Le mari d'Angela Merkel a immédiatement minimisé l'incident en complimentant le Premier Sieur de France pour sa très élégante cravate rose.

Cette anecdote n'entâche en rien les premiers pas de Ségolène Royal dans ses nouvelles fonctions. Si les analystes s'inquiètent, c'est avant tout sur sa capacité à tenir le rythme pendant cinq ans. Rappelons qu'à raison de six à huit heures par jour et tous les jours, la Présidente - Premier Ministre s'adresse aux Français sur les ondes suivant la méthode éprouvée par Hugo Chavez et son modèle Fidel Castro. L'audience a sensiblement baissé depuis les premiers jours mais contrairement à son prédécesseur, le nouveau président de France Télévisions a décidé de laisser plus de temps à l'émission "La Femme Debout" pour s'imposer dans la grille.

Le sort de l'autre protagoniste du 6 mai suscite clairement plus d'inquiétudes : les medias sont toujours sans nouvelle de Nicolas Sarkozy depuis son départ le 7 mai au matin en croisière sur la barque 367 du lac du Bois de Boulogne. Selon certaines sources refusant d'être citées, ce confortable vaisseau à huit places équipé de deux rames et de deux authentiques dames de nage de la haute époque fin Pompidou début Giscard aurait été grâcieusement mis à la disposition du candidat malheureux par un gardien de nuit qui connaîtrait très bien la concierge de l'amant du chauffeur de Christian Clavier. Sur eBay, les invendus de "Qui connaît Nicolas Sarkozy ?" sont désormais bradés à vingt centimes d'euro par les éditions Maspero.

20050322

Blogule blanc au OUI, blogule rouge au NON

La constitution parfaite n'existe pas et comme celle de 1958, la constitution européenne a le mérite de permettre aux institutions de fonctionner sur une base durable, avec une répartition claire des pouvoirs et des devoirs. L'idée n'est pas de voter oui à un compromis, mais oui à une dynamique positive qui sorte ce grand machin du marasme et l'aide à décider plus vite dans un monde plus exigeant en réactivité et proactivité.
A l'instar de Villiers, les partisans du "non" tentent de positiver ce qui ne peut l'être : soit la France veut avancer avec l'Europe, soit elle décide de détruire cinquante ans de construction et d'offrir en pâture le marécage qui en résultera aux adversaires de l'Europe.
Certes, l'Europe n'est pas aidée par Barroso. S'il n'a pas réussi à nommer l'intégriste Rocco Buttiglione à la justice l'organisateur du sommet des Açores a placé une lobbyiste à la concurrence (Neelie Kros) et s'obstine à agiter en épouvantail l'ancien président de l'internationale libérale Frits Bolkestein. Si ce drôle de leader a une dette envers Bush qu'il le dise tout de suite mais sinon il serait inspiré de cesser de tirer contre son camp.
An attendant et trois ans après avril 2002, la France a besoin d'un nouveau sursaut républicain. Bayrou, Hollande et Sarkozy semblent motivés pour jouer ensemble mais le silence des anciens finalistes Chirac et Le Pen devient singulièrement assourdissant. Le premier ne devrait pas tarder à prendre ses responsabilités et le second à lui coller aux basques. L'entrée de Le Pen dans l'arène pourrait être le meilleur atout pour les partisans du OUI et c'est sans doute pour cela qu'il prend son temps.

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