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20120706

Mr Trierweiler, l'austère qui se marre

Mr Trierweiler a rempli ses promesses de campagne: virer Sarko de l'Elysée, remettre la croissance à l'ordre du jour en Europe, quitter le bourbier Afghan, rétablir la retraîte à 60 ans, regonfler les effectifs des profs dans le primaire, donner un coup de pouce au SMIC...


Bien sûr, tout cela c'est du vent:
- Ali Bongo a été reçu au Château, et Flanby au Redoutable,
- le volet "croissance" de l'Union a tout bonnement consisté à réemballer des dépenses déjà prévues dans un paquet cadeau pour éviter à la délégation française de perdre totalement la face de retour à la maison (l'Italie et l'Espagne n'ont pas laissé longtemps vacant le fauteuil de meneur poliment refusé par Hollande),
- la politique Française en Afghanistan n'a en rien été modifiée si ce n'est, de façon très marginale et purement symbolique, sur une partie du calendrier,
- seule une fraction tout aussi symbolique des retraîtés et des écoles primaires est concernée par les coûteuses opérations de com' accordées à l'aile gauche au printemps, et
- le relèvement tout aussi teinté d'idéologie du minimum salarial s'avère comme prévu totalement homéopathique et caduc au regard des impôts et taxes à venir.


Cela fait tout de même un peu cher payé pour du vent.


Concernant le passé, la Cour des Comptes a confirmé le montant de l'ardoise à régler, sans grosse surprise là aussi. Et le gouvernement va devoir déployer des trésors d'ingéniosité pour présenter ses futures 'solutions' comme des 'réformes' de fond cohérentes avec l'imposture marketing de la campagne.


Le déni et la fuite en avant continuent donc. Comme prévu, et comme acté dans les urnes dès le 22 avril (voir "La France dit non au changement").


Le bon côté de rétablir l'équilibre des pouvoirs dans la république, c'est que François Hollande peut envoyer son Ayrault au front assumer le message "La Rigueur C'est Maintenant" pour se consacrer pleinement au Salon de l'Agriculture et aux pince-fesses bruxellois (façon Chiraco-petit-père-de-la-nation plutôt que façon Sarko-petit-pair-des-pipoles). Peut-être ce Jospinien entame-t-il tout simplement sa phase "austère qui se marre".


Mais il ne fera rire personne. Et sa Valérie ne va pas toujours assurer le spectacle pour nous agiter les zygomatiques.

Décidément, ce quinquennat s'annonce hillarophobe au possible, et je m'étais d'ailleurs déjà épanché à ce sujet en prédisant "le plus triste dans l'histoire, c'est qu'au lendemain du 6 mai, on ne pourra même pas se dire "fini de rire": on n'aura jamais eu vraiment l'occasion de commencer"*.

Heureusement, la guéguerre de l'UMP, elle aussi annoncée de longue date, va nous occuper quelques mois, avec un duel Copé-Fillon arbitré par Alain 'Le Meilleur d'Entre Nous' Juppé, magistral dans le rôle de "l'homme au-dessus des miettes".


Est-ce ainsi qu'il convient d'appeler un "homme au-dessus des parties d'un parti"?


En parlant des parties de l'UMP, une institution bien peu respectueuse de la parité s'il en est, ça va de toute façon continuer à rigoler ferme grâce à nos 3 mousquetaires Nadine Morano, Rachida Dati, et Roselyne Bachelot. Au sabre, à l'épée ou au fleuret, au lancer du poids, du marteau ou du javelot, médailles et perles assurées.


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* voir "Aidez moi !"

20120311

De Dominique de Villepin à Nicolas de Villepinte

A quoi reconnait-on un perdant? On le reconnait à ce qu'il ne se reconnait pas lui-même comme perdant. Ou alors, on a vraiment affaire à un loser de chez loser, et ici, il est question de politique et d'égos sur-dimensionnés.

Mais même en politique, tous les perdants ne se valent pas.

Il y a le romantique, le tragique, seul contre tous, crinière blanche au vent et poème au bec. Le ci-devant Dominique de Villepin, par exemple.

Et puis il y a l'électrique, le comique, tout aussi pathétique, mais moins magnifique. Le ci-derrière Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, par exemple.

Ces perdants sont condamnés à perdre. Mais en politique, même un loser peut gagner.

Et cette année, je vous parie même qu'un loser va gagner. Je connais déjà son prénom, François, mais pas encore son nom de famille.

Une chose est sûre, si c'est Hollande, on aura une bonne soixantaine de millions de losers, bien au-delà des quelques gusses concernés par sa fameuse taxe à 75% (ceux qui hésitaient encore à mettre les voiles ne devraient plus traîner - la dissuasion massive a également renforcé les fuites de cerveaux moins riches mais plus jeunes et tout aussi importants pour le redressement du pays, demandez aux Grecs ce qu'ils en pensent).

Personne de sensé ne veut de Hollande pour président, personne de sensé ne veut reconduire Sarkozy pour 5 ans, personne de sensé ne veut porter Marine Le Pen au pouvoir. Je voterai donc pour François Bayrou, le seul loser maintenant le cap à la fois sur les valeurs républicaines, le projet social, et la viabilité économique.

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* voir "
Hollande pense a la Presidence en me rasant"

20111130

Ballots-Centre

Hervé Morin et François Bayrou ont donc officialisé leur candidature pour la présidentielle de 2012, le premier, fort de son charisme d'escargot petit gris, ayant pour mission d'affaiblir le second et de dissuader un éventuel troisième, puis de reporter ses quelques voix au deuxième tour à Nicolas Sarkozy, pour peu que ce dernier passe le cut.

François Hollande a aussitôt tendu une main en forme de baffe au Béarnais dans l'esprit "tu as une place dans mon gouvernement de dans 6 mois alors sois gentil ne nous fais pas une Eva Joly et ne me tape pas trop fort dessus". Je vois déjà le Nouveau Président de la République Anosognosique de Corrèze retoquer le futur accord PS-MoDem sur les questions d'orthodoxie budgétaire suite à un coup de fil de son aile gauche. Car Bayrou ne va sans doute pas se priver pour ressortir ses vieux discours de campagne insistant sur l'importance de résorber la dette de l'Etat.

Mais cette élection ne va pas se faire sur les questions économiques. Même le chômage, préoccupation pourtant essentielle des Français, passera au second plan. L'insécurité? Secondo-tertiaire. Le coeur du débat portera sur la République elle-même et sur la personnalité du président ou de la présidente.

A gauche, François Hollande ne fait rêver ni Eva, ni même la majorité du peuple de gauche. Il n'incarne en rien les valeurs républicaines, et sa complaisance sur les affaires DSK ou Guérini lui reviendra logiquement en pleine poire au pire moment. Plus que de Chevènement, il devra se méfier de Jean-Luc Mélenchon, à mon sens le défenseur le plus brillant de la laïcité à la Française, et bien sûr d'Eva Joly, passionaria de la république exemplaire (pour peu que les Verts la laissent porter leurs couleurs après les fêtes de fin d'année).

A droite, Nicolas Sarkozy ne semble toujours pas s'être rendu à l'évidence: les Français ne veulent plus de lui et ce n'est pas une question de programme mais de personnalité. Cette fois-ci, plus personne ne lui accordera le moindre crédit s'il se remet à cracher promis juré qu'il respectera les fondamentaux de la république laïque. Les cadres de l'UMP le savent bien et préparent déjà 2017, mais au moindre faux pas début 2012, les plus téméraires sauteront sur l'occasion.

Fondamentalement, les Français sont plus enclins à voter au centre droit qu'à gauche, surtout compte tenu du contexte économique. Or Borloo a jeté l'éponge (de toute façon, l'homme n'a pas besoin d'éponge, étant parfaitement capable d'absorber tout seul de très importants volumes de liquide), et Dominique de Villepin ne peut pas compter sur les élus de droite (plus que l'orateur de l'ONU, ils se souviennent amèrement de l'homme de la dissolution). Quant à Hervé Morin, j'ai déjà consacré beaucoup trop de place à ce sympathique pion.

Le néant, donc. Ou pire: Marine Le Pen joue à fond la carte de la république exemplaire et le rejet des partis historiques. Les électeurs se sont déjà fait prendre plusieurs fois à l'imposture, quitte à accorder leur voix à la négation même des valeurs républicaines.

Bayrou a donc l'opportunité de proposer une plateforme de gouvernement d'union nationale, mais pour cela il doit s'ouvrir plus largement à droite comme à gauche, positionner le MoDem comme une Union pour la Minorité Présidentielle, prêt à se dissoudre dans une fédéreration républicaine regroupant à droite les modérés ne se reconnaissant plus dans l'UMP sarkozo-copéenne et à gauche Les Gracques qui n'en finissent plus d'attendre une utopique réforme du PS.

blogules 2011

20111105

Angry Birds - Acropole

Les chefs d'Etat Européens peuvent-ils détruire le monument grec, battre leur record d'endettement, et passer au niveau suivant ? Cette édition du célèbre jeu "Angry Birds" semble plus qu'à la portée de la fameuse dream team :

- pour commencer vous avez le petit oiseau rouge, l'Union Européenne. Vous savez, le machin qui entoure la zone Euro et où l'on invite parfois David Cameron à faire un discours. Aucune puissance, mais à force de frapper à votre porte il peut finir par causer quelques dégats.

- ensuite vous avez l'oiseau jaune, Sarkozy. Pas très impressionnant avec sa petite taille et sa démarche claudicante, mais ce dangereux maniaque est capable d'accélérer brusquement tout droit, et de venir se fracasser la tête la première sur le premier obstacle. Sa gueule de méchant loup toute en angles fait peur aux petits cochons et il peut facilement pulvériser une maison en paille et même en bois, mais quand il faut s'attaquer à un vrai mur il rebondit comme une balle de ping pong.

- le gros oiseau rouge, c'est tout le contraire. Il s'appelle Merkel, a une bouille toute en rondeurs, bouge rarement et très lentement. Mais quand il se déplace, ce panzer écrase tout sur son passage.

- un autre oiseau capable de faire de gros dégats ? Le petit noir, Berlusconi. Il n'a pas les moyens de voler bien loin et finira tôt ou tard par atterrir. Une chose est sûre : quand il le fera, ou dès que quelque chose l'atteindra, il explosera. Et à ce moment-là plus grand chose ne restera debout.

- j'ai presque oublié le petit oiseau bleu : les Etats Baltes. Quand on le voit on se dit quel mignon petit bonhomme, puis on s'aperçoit qu'en fait ce sont des triplés. Pas la grosse force de frappe, mais toujours utiles si on veut enlever les vitres pour respirer l'air du Nord.

- enfin, l'oiseau qui a les plus grandes chances de gagner la partie en détruisant l'Acropole : le gros blanc, Papandréou. Cette tête d'oeuf semble un peu voler au-dessus de la mêlée, et puis soudain il largue une grosse bombe avant de dégerpir aussitôt à l'autre bout du monde.

Prochain niveau : Angry Birds - Colisée.

blogules 2011 - également sur blogules en VO: "Angry Birds - Acropolis"

20110817

Sarko : deux ans après Le Grand Emprunt, La Petite Lessive

En août 2009, notre hyper hype président adoré nous avait concocté un joli Grand Emprunt pour écoper les fuites de Bercy pendant l'été*. Deux ans après, Nico revient avec Angie en guest star pour nous essayer de nous fourguer un baril de lessive au prix de deux. Objectif : éviter à la France de perdre sa notation d'andouillette haut de gamme.

La vibrante déclaration de Valérie Pécresse à l'Assemblée la semaine dernière avait clairement annoncé la couleur :
- Les chiffres de la croissance ne vont pas être bons, mais
- Messieurs et Mesdames de S&P & co., soyez rassurés sur les priorités de notre Gouvernement : on restera dans les clous sur la dette quoi qu'il arrive
- on est prêts à tailler dans le vif si nécessaire, même sur 2012, quitte à sacrifier la sacrosainte règle d'or des coûteuses promesses de campagne (libre aux candidats aux primaires du PS de prolonger la tradition du demain on rase gratis**)

De fait, les chiffres de la croissance ne sont pas bons puisqu'il n'y a plus de croissance. Et ce zero pointé, presque flatteur, pourrait être corrigé à la baisse d'ici quelques mois, le temps pour l'opinion publique de se refaire à l'idée de vivre en récession.

Le pire, c'est que ça pourrait franchement être pire. On n'ose imaginer quelle note présenterait la nation si la réforme des retraîtes n'avait pas été bouclée, si le taux de renouvellement des fonctionnaires avait été maintenu, ou pire encore, si Sainte Ségolène des deux Cloches avait mené à bien son programme à géométrie variable de 2007.

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas de Tea Party pour torpiller ce qu'il reste de navire. Les premières mesures évoquées hier par Nico et Angie feraient bondir Michele Bachmann et ses amis : la délocalisation de Bercy à Bruxelles ou une taxe Tobin sur les transactions financières, pas très libéral tout ça.

Après l'échec cinglant de la carte sécuritaire (un tremplin gentillement mis à la disposition de Marine Le Pen), Sarko joue son avant-dernier atout pour 2012. Pas encore l'arme atomique, puisque le dernier atout en question reste l'état de guerre ou d'attaque terroriste majeure, mais du gros calibre tout de même : là aussi, la survie de la nation est en jeu.

Nico doit nous faire comprendre que c'est un job pour Superdupont. Pas pour la fille du père la rigueur Delors.

Le problème, c'est que Superdupont a perdu son bérêt (Lagarde partie sous d'autres cieux) et son triptyque baguette-camembert-pinard (Borloo en plein syndrôme d'Iznogoud). Aucun poids lourd, donc, mais un tandem Baroin-Pécresse en guise de pénultième fusible avant Fillon (l'éternel ultime recours), avec en prime Herman van Rompuy promu gardien du temple***...

Alors ce sera Sarko, seul, face à l'Anti-France, en grand pourfendeur de la dette****.

Impressionnant, mais au lieu de nettoyer les écuries d'Augias, Monsieur Propre se propose simplement de passer un petit coup de torchon sale sur les niches fiscales, histoire de grapiller une poignée de milliards d'Euros. Et pour rester dans les références mythologiques, les Français et les Allemands vont en profiter pour arrêter de remplir le tonneau des Danaïdes grecques parce que finalement, c'était pas une si bonne idée que ça d'y déverser ce qu'il nous restait de non-économies.


blogules 2011

* voir "
Sarkozy: le grand emprunt"
** notez le saut sémantique au rayon Gilette depuis 2007 et le fameux "j'y pense en me rasant"
*** décidément difficile de ne pas parler religion avec ce lascar (voir "
Herman van Rompuy, les haikus, l'humour et la religion")
**** ça sent l'album de la comtesse, mais cherchez plutôt du côté du mur du çon

20090827

Sarkozy: le grand emprunt

Françaises, Français,
Mes chers compatriotes,

J'ai décidé d'avoir recours à un Grand Emprunt National.

Pour votre plus grand plaisir, naturellement, puisque quand il y a de la GEN, il y a du plaisir à retrouver deux prestigieux anciens premiers ministres au service de la République.

C'est Barack Obama qui m'a donné l'idée d'une commission bi-partisane. Il m'a dit "si tu veux faire passer une réforme d'ampleur, appuie-toi sur des grands noms de chaque camp, des vieux lions comme Ted Kennedy ou John McCain".

Bon. Mon ambition n'est pas de faire passer une réforme d'ampleur mais de faire avaler une arnaque d'ampleur. Par ailleurs, le père Ted vient de casser sa pipe, le brave John McCain n'est plus très étanche, et des vieux lions ça ne court pas vraiment nos rues : VGE est grillé depuis que l'Europe est morte, Chirac pige que pouic aux questions financières depuis qu'il ne gère plus sa mairie et ses Méry... et la seule crinière blanche que j'aperçois à l'horizon est celle de ce fourbe de Villepin.

J'ai donc choisi en mon âme et conscience (c'est à dire sur un site de paris en ligne) Alain Juppé et Michel Rocard : ces deux croutons n'ayant aucun pouvoir législatif et parlant une langue qu'aucun Français ne comprend, ils chaponneront idéalement les 22 autres gusses que jusqu'à présent, je n'avais pas réussi à caser dans une commission bidon.

Pour encadrer la fine troupe, j'ai dépêché Christine Lagarde et Eric Woerth Michard : ces gardiens du temple ont pour mission de s'assurer que le dérapage budgétaire supplémentaire de 80 à 100 milliards d'euros soit avalé par Bruxelles.

Mes chers compatriotes, ma mission à moi, c'est de la faire avaler par vous.

Pour commencer, à quoi vont servir tous ces milliards ?

Il s'agit déjà de payer à leur injuste valeur les cabinets de conseil retenus par la commission pour dépanner les copains. Je compte également compenser la disparition de la taxe professionnelle, et j'ai même déjà trouvé un joli nom à cet effet : "lutte contre le déclassement", pas mal, non ? Je dois aussi offrir une nouvelle guitare à Carla en peau de pécari signée Berluti, mais ça c'est un secret.

Pour affecter les quelques millions restant, j'ai fixé à la Commission Juppé-Rocard trois directions politiquement consensuelles : l'économie de la connaissance, la compétitivité des entreprises, et les équipements industriels innovants - vous savez, ces nouvelles technos non virtuelles, qui plantent de belles cheminées et de beaux emplois au milieu de nos campagnes.

En fait, ce Grand Emprunt National reprend ce qui était déjà prévu au budget mais que l'on ne pouvait plus s'offrir après avoir laissé le déficit se creuser. Donc pour combler le trou j'en creuse un autre plus profond juste à côté, c'est pas plus compliqué que ça.

Je compte par ailleurs poursuivre les efforts dans le cadre de mes autres grands emprunts nationaux et dans les mois qui viennent, il n'est pas impossible que j'emprunte un ou deux nouveaux ministres au PS, ou que Henri Guaino emprunte quelques nouvelles figures historiques pour mes discours.

En vous remerciant pour votre incompréhension, je vous prie d'agréer, mes chers compatriotes, mon pied de nez le moins distingué.

Votre hyper hype président adoré,

Nicolas Sarkozy

Agence Fausse Presse - blogules 2009

20070925

La Faillite nous voilà

François Fillon a lâché un gros mot : "faillite". De quoi parle-t-on au juste ?

La France ne connait l’état de sa dette que depuis à peine un an... cela donne une petite idée de la façon dont le pays est géré.

L’équation est pourtant simple: d’un côté l’explosion des dépenses fonctionnelles, structurelles, et de l’autre la stagnation des recettes, une diversification qui ne s’opère que dans le sens de la multiplication des sources de taxation en aval sans chercher à multiplier les sources de richesses en amont.

Et tout au long de ces décennies, du pilotage à la petite semaine, l’accumulation de rustines par strates inutiles, ce qui fait que l’on glose des heures sur la couleur du prochain sparadrap sans se demander ce qu’il vient faire sur ce plâtre masquant une cautère sur une jambe de bois que les termites ont déjà bouffé depuis des lustres.

La véritable faillite, c’est l’absence de stratégie sur le long terme, l’absence de vision stratégique tout court.

Pour autant, l'heure n'est plus aux conducteurs de poids lourds type plans quinquennaux mais à un pilotage plus souple et agile, adapté à un environnement changeant.

Toute la difficulté, c'est de fixer des yeux une route semée d'embûches tout en gardant le cap sur le long terme et le regard dans le rétro pour éviter de faire deux fois les mêmes erreurs. Cela suppose une forme d'intelligence complexe, en réseau.

Le papillonnage hyperprésidentiel évoque plutôt le moustique qui finira scotché contre un phare ou vaporisé sur le radiateur.

20070212

Le paraitre et le neant - Blogule rouge a Segolene

Ségolène Royal est éminément prévisible. Tout de blanc vêtue lorsqu'elle joue la carte de la pureté, elle se pare de cuir noir pour feindre la dûreté. Elle ne pouvait choisir que le rouge pour séduire la base de gauche et ça n'a pas manqué.
Sur la forme, tous les codes ségoliens ont d'ailleurs été exploités hier. Comme lors des débats internes, elle signifie la détermination en élevant le ton et l'émotion en se tenant le ventre et en rappelant son statut de mère.
Et comme d'habitude, tout a sonné faux. Fabriqué. Même après cette démonstration supposée de force, je ne vois pas encore un candidat "habité" par ses convictions, alors que Bayrou, Sarko, ou même Buffet sont déjà clairement dans cette zone. Ne pas avoir convaincu sa propre base y contribue mais ne suffit pas à tout expliquer. Je ne vois toujours qu'un personnage de façade, et je suis toujours incapable de dire si cette façade masque un vide sidéral, un être manipulateur et inquiétant, ou un mélange des deux.
Nicolas Sarkozy continue à m'inquiéter mais pour d'autres raisons. Je ne doute pas de sa capacité à améliorer une situation économique que l'entourage de Ségolène a déjà prouvé sa capacité à gréver. Le Petit Nicolas a tout à fait le droit de rééquilibrer les relations internationales de la France avec les Etats-Unis et Israël, deux pays amis. Je crains toutefois qu'il ne prête une oreille trop généreuse à ces fondamentalistes dont j'ai si souvent dénoncé l'agenda dans ces lignes. Je n'apprécie pas plus ses tentatives de supprimer les garde-fous de la République contre le développement des sectes, ou pour la défense des principes de laïcité.
Mais je n'ai pas de doute sur la personnalité de Sarkozy, qui se lit comme un livre ouvert.
Hier, il attaquait son principal rival au premier tour sur son propre terrain : l'homme au-delà des partis et des clivages ne serait pas François Bayrou mais Saint Nicolas en personne. Il a en revanche contré Ségolène sur son point faible : les convictions. On connait les préférences du président de l'UMP en matière de fiscalité, d'Europe ou d'orthodoxie budgétaire, trois points soigneusement éludés par Sainte Ségo dans sa reconquête mitterrandienne du peuple de gauche.
La fiscalité ? Royal avait déminé le terrain la veille de son grand raout en recevant symboliquement une clef DSK des mains de USB, à moins que ce ne soit l'inverse. L'Europe ? Le sourire narquois de Fabius en disait long hier : ma présence contre ton silence, tu achètes ? L'orthodoxie budgétaire ? Terra Incognita de l'extrème gauche, à éviter comme la peste. Mieux vaut reprendre les termes, les promesses et même la gestuelle de Saint François, pour le coup un vrai maître dans l'art de l'imposture (le Sphynx, pas Flanby).

Hier, je n'ai pas découvert le programme de Ségolène Royal. J'ai simplement assisté à une parodie de caricature de remake de la prequel du 10 mai 1981.

20061220

Blogule blanc au debat sur la dette - s'il sort du piege ideologique

François Hollande apporte sa contribution au débat sur la dette en qualité de potentiel futur premier sieur de France*.
Il ne se contente pas de vouloir récupérer quelques pièces jaunes mais souhaite annuler les baisses d'impôts accordées par le mari de Bernadette qui lui, se verrait bien récupérer quelques pièces Johnnies.
Le landernau pipolitique français se trouve effectivement en émoi depuis la décision de Johnny Hallyday de se réfugier en Suisse pour fuir les taxes hexagonales. Le plus embarrassé dans l'histoire s'avère Le Petit Nicolas : Sarkozy doit déjà gérer le cas de son autre joker, Doc Gynéco, qui se réfugie régulièrement en Canabisse pour fuir sa propre connerie, elle aussi très nettement au-dessus des moyennes européennes.
Quoi qu'il en soit, Thierry Breton a fustigé Hollande pour sa tirade démagogique, alors que lui-même doit déjà avaler couleuvre sur couleuvre en validant régulièrement les affectations pour le moins exotiques des fameuses "cagnottes" budgétaires (qui pour rappel ne correspondent pas à des surplus budgétaires mais à des augmentations moins fortes que prévu des insondables déficits de l'Etat).
Le débat ne devrait pas se poser au seul niveau de la hausse ou la baisse de l'impôt mais à celui de l'Etat et de ses missions. Et là aussi, en évitant le piège idéologique libéralisme / socialisme et la question du périmètre, à mon sens secondaires compte tenu de l'urgence. Tout le monde doit se retrouver sur le fait que l'Etat est aujourd'hui trop faible.
Le montant de l'impot sur le revenu correspondant a peu pres au service de la dette, la question de la priorité à la réduction de la dette sur la réduction de l'impôt ne devrait pas se poser. Mais au-dela de la reduction de la dette, il s'agit de redonner a l'Etat les moyens d'assurer ses missions : s'il fait fuir les plus riches sans se redonner les moyens d'aider les plus pauvres il echouera lamentablement.
Reduire les depenses de l'Etat ne signifie pas necessairement moins d'Etat : la France a simplement besoin d'un Etat plus fort parce que mieux gere.
Augmenter les recettes de l'Etat ne signifie pas necessairement prelever plus en proportion des revenus : la France a simplement besoin d'encourager la création de valeur pour l'ensemble de la communaute, sans que personne ne soit négligé.
In fine, et sachant que le modèle libéral ne parviendra jamais à obtenir une majorité durable dans le pays, je crois que le meilleur moyen de tuer le fameux "modèle français" (fondamentalement un Etat fort) serait de revenir en arrière en affaiblissant encore les finances publiques avec une double hausse des dépenses et des taux d'imposition. A Ségo d'écarter Lolo, à Sarko d'écarter Adam Smith.


* je ne vois pas d'équivalent masculin plus littéral à la très sexiste expression "première dame de France".

20060608

Blogule rouge au projet du PS - on rase les murs gratis

Le SMIC à 1500 euros, les 35 heures pour tous, la couverture professionnelle universelle, la durée minimale de vie à 120 ans, une nouvelle constitution européenne et la victoire des Bleus en Juillet prochain, voilà en gros le programme peu commun des éléphants de Solférino.
Entre "pro-jet" et fuite en avant, après l'envolée Bushesque de Ségolène (il n'y a de solution que militaire à l'insécurité) et avant le "développement solidaire" de DSK, la rose arrose généreusement et défie la LCR de venir la chatouiller avec un mieux-disant encore plus invraisemblable.
Face à ce grand machin, le programme du Petit Nicolas brille par sa simplicité : à Sarko la Chancellerie et à Hortefeux la propagande. Gigoto ergo sum.

20060219

Blogule blanc a la cathedrale orthodoxe de Nice - chiche, Vlady ?

Les nostalgiques de la Grande Russie se réjouissent d'entendre de nouveau parler russe sur la Côte d'Azur - ce ne sont pas les occasionnels accents d'AK47 qui couvriront la douce mélodie des caisses enregistreuses ou l'envolée lyrique de l'immobilier.
Dans ces conditions, pourquoi s'offusquer de voir Poutine et ses vassaux réclamer la cathédrale orthodoxe Saint Nicolas de Nice ? Je ne vois aucun inconvénient à ce que le nouveau Tsar assume pleinement l'héritage de ses glorieux aînés.

Bien au contraire, c'est l'occasion idéale de mettre les pendules à l'heure : nous vous restituons avec plaisir vos coupoles en parfait état, mais la moindre des choses sera alors de nous rembourser les emprunts russes avec les intérêts.
Aux Etats-Unis, on appelle ça l'orthodoxie budgétaire. L'avantage, c'est qu'on évite les sujets qui fâchent (entre nous, pas de sang, pas de haîne, pas de Chéchènes) et même les sujets qui tâchent (tués dans l'oeuf, façon pétrole brut de Fabergé).

20051115

Blogule blanc a la nouvelle republique francaise

Le méchoui de Twingo peut avoir du bon : je ne serais guère surpris que les agences publicitaires parviennent enfin à vendre à leurs annonceurs des castings plus fidèles à la nouvelle république française. Au-delà, les investissements "sociaux" du pays pourraient enfin devenir productifs et non plus consacrés à l'achat de la paix sociale avec en guise de calumet, un joli barreau de chaise façon MonteCristo pour l'ami Blondel*.
La "révolution" de 1968 se voulait fondée sur la théorie, la résurrection de la république de 2005 repose sur la pratique, sur l'exercice : l'exercice de non-droit pour alerter mais au-delà et pour avancer, le plein exercice de droits fondamentaux ; ceux des "fils et des filles de la république".
La nouvelle république française, c'est eux et certainement pas Le Petit Nicolas (encore moins le gros Jean-Marie). La vraie réforme résidera dans la libération des énergies et de la dynamique interne de la république, cette chose publique que l'on a transformée en grand machin.


* Paradoxalement, pour dégager des marges de manoeuvres pour les investissements sociaux, deux mesures "libérales" s'imposent comme les seuls remèdes. Le budget doit profiter sur ses deux seuls leviers : le non renouvellement d'un pourcentage significatif des départs en retraîte dans la fonction publique et le rapatriement des citoyens les plus "dépensiers". Car si en France, les pauvres s'appauvrissent et les classes moyennes stagnent, les riches sont déjà partis. Seule une plus que politiquement incorrecte amnistie les ferait revenir. Je suggère en contrepoids des mesures favorisant l'investissement socialement productif au détriment de l'héritage.

20050628

Blogule rouge aux soldes d'été

+35°C : la valse des étiquettes d'accord, mais qu'on laisse le mercure à la cave.
+17% : entre 1997 et 2000, le pourcentage d'obèses est passé de 8,2 à 9,6% en France. Les Français(es) en surpoids représentent 36,7% de la population.
+24% (à propos de surpoids de la dette) : augmentation de l'emploi public entre 1982 et 2003.
+300% : passer aux 24 mois de période d'essai ? Je suggère que nous passions directement aux 1200 mois de période décès. C'est plus sain(t) que le préavis pour béatification de Jean-Paul II : 3 mois, avec pour seul miracle la multiplication des saints (1.280 bienheureux et 455 saints sur un total de 2.470 - tu parles d'une inflation - mais je laisserai à d'autres la question de l'inflation des saints, par respect pour Russ Meyer et Saint Téton, protecteurs de la Silicone Valley du Bois de Boulogne).
+1.289% : les morts de la coalition en Irak après la guerre (1.931 selon
Iraq Coalition Casualties dont 1.743 pour les USA et 139 pendant la fameuse "mission accomplie", sans oublier 12.855 blessés en prime et les 192 tombés en Afghanistan).
+239% : le même ratio pour les Irakiens selon
Iraq Body Count. Le pourcentage parait "faible" mais on parle de 22.563 à 25.560 victimes dont 7.530 pendant la "guerre propre" de Junior. Destruction massive en Irak en veux-tu en voilà...
+...% (10 à l'hyperpuissance infinie) : 16 à 20.000 ? Le nombre de djihadistes en Irak aujourd'hui. Avant l'invasion US : environ zéro. Franchement, ça fout les booleans.

20050210

Blogule Rouge aux chaises musicales irakiennes

Pour sortir du bourbier irakien, les Américains ne sont plus à une couleuvre près. Après avoir accepté la médiation de l'ONU et l'émission d'une fatwa d'un ayatollah iranien pour réussir les élections, il leur faudra peut-être avaler le retour en grâce d'Ahmad Chalabi, qui a fait son nid auprès des leaders religieux de la majorité chiite.
Aux dernières nouvelles, l'ancien chouchou des neocons avait quitté les faveurs de Bush & Co, les Américains menant une descente dans ses locaux - officiellement en raison de ses liens supposés (et avérés depuis) avec les Iraniens, mais surtout pour récupérer ses fiches sur les méfaits commis par les uns et par les autres autour de l'invasion de l'Irak.
Le visage souriant d'un habitué des couloirs du pentagone au costume bien coupé faisant meilleur effet dans l'opinion publique qu'un barbu enturbanné pour symboliser le succès de la démocratie en Irak, le jeu de ping-pong entre les frères ennemis Allawi et Chalabi reprendrait donc en faveur du second... pour peu que le premier se laisse faire, maintenant qu'il a la main sur les principaux leviers du pouvoir.
Peu importe pour Bush, qui a une autre guéguerre entre corrompus et fondamentalistes à gérer à domicile autour de son projet de budget. En tout cas, ce n'est pas le parti démocrate qui pourra le déranger : McAuliffe frise de plus en plus le ridicule à en juger par l'embarrassant appel à pétition que j'ai reçu l'autre jour par mail.

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